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dimanche 28 février 2016

De l'optimisme : Peter Thiel et les fondamentaux du libertarianisme

Pendant que François Hollande se prend en pleine face les conséquences de ses ambiguïtés et mensonges, que la gauche se bat pour savoir s'il faut travailler 35h ou 32h par semaine, et que la droite fait le concours du politicien le plus mis en examen, heureusement, quelques individus à la frontière entre la politique version Ron Paul et le post politique ouvrent le débat.

Par exemple, ils nous rappellent que, bien que les politiciens et les Etats posent bien souvent plus de problèmes qu'ils n'apportent de solutions, la technologie et la créativité des individus font que nous ne sommes pas forcément condamnés à un futur ultra étatiste.

Peter Thiel est un des ces individus.







Peter Thiel est un entrepreneur de la Silicon Valley. Avec Max Levchin et Elon Musk, Thiel a cofondé PayPal. Il est actuellement le président de Clarium Capital Management LLC, un hedge fund, et un partenaire dans The Founders Fund, un fonds de capital risque.
Peter Thiel a lu, notamment, le Seigneur des anneaux, Ayn Rand et Alexandre Soljenitsyne pendant ses années de lycée, avant d'étudier la philo à Stanford.

Ce libertarien, à l'occasion de son séjour à Paris la semaine dernière (1), a rappelé quelques vérités utiles à diffuser :



  • Il n’y aura pas d’avenir enviable sans progrès technologiques.
  • on parle de nos nations comme des "pays développés", comme s’il n’y avait plus rien à inventer.
  • Nous ne vivons pas en démocratie. Les gouvernements élus ne représentent pas vraiment le peuple. Et la plupart des décisions sont prises pas ces bureaucraties compliquées non élues, parce que les questions sont de plus en plus compliques. Mais ces administrations ont tendance à avoir la main trop lourde sur la régulation. Si bien que nous n’avons ni liberté, ni démocratie !
  • c’est intéressant de réfléchir à la manière de bâtir un nouveau pays à partir de zéro (*)
  • Il y a une différence qualitative dans les risques d’abus entre les multinationales les plus puissantes type GAFA et les états. Pour moi, les états sont beaucoup plus puissants : ils ont des armées, une police, des prisons. Ils font usage de la violence, ils peuvent tuer les gens.
  • La principale critique libertarienne du gouvernement américain, c’est toutes ces interventions militaires, ces guerres extérieures coûteuses dans lesquelles il se lance.

Fait extraordinaire, ce message a été repris par des médias aussi franco-français (donc pro états ou en tout cas défenseur de l'ordre établi) que Canal Plus ou L'Obs.
Si les followers de ces medias mainstream analysent la situation française, alors ils réaliseront que l'Etat, pris en otage par la classe politico-fonctionnaire, est le problème, pas la solution.
Sommes nous plus en sécurité depuis que nous sommes en guerre au Mali ? L'avalanche de lois et de normes a t-il un quelconque impact positif sur nos vies ? Demandez aux agriculteurs ce qu'ils pensent de cet excès de normes. Et Google, Apple, Facebook ou Amazon ont-ils plus ou moins contribué à la diffusion des valeurs de liberté que les différents états qui disent se battre partout dans le monde pour la démocratie ? 








(*) Un peu comme l'initiative Liberland, le Free State Project européen

mercredi 12 mars 2014

Etudiants, relisez donc Frédéric Bastiat que #NKM remet à l'honneur dans sa campagne #Paris2014

Si ce n'est pas encore fait, lisez "Municipales : NKM propose la « gratuité » des transports pour les étudiants" sur Contrepoints, et ensuite Frédéric Bastiat.



Oui, il n'y a rien de gratuit, et si les étudiants parisiens ne paient pas leur Pass Navigo, alors ce sont d'autres personnes qui paieront, car les chauffeurs de la RATP ne travaillent pas gratuitement, les saoudiens ne livrent pas de pétrole pour rien et l'électricité du métro a un coût. 
Ceux qui paieront, ce sont les contribuables. Pas grave, direz-vous, ils ont les moyens de payer ? Oui, jusqu'à un certain point. Jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de contribuables riches, en fait. 

Fausse menace, que la fuite des contribuables, dirons certains qui pensent que Atlas Shrugged d'Ayn Rand n'est qu'une mauvaise fiction ? Pas si sûr. En 13 ans de gestion Delanoé-Hidalgo, la ville de Paris a perdu la plupart des sièges sociaux du CAC 40. Il n'en reste plus que 3. Certes, ces entreprises ne sont pas parties aux Bahamas, mais à la Défense ou à Saint Denis. Mais c'est autant de recettes fiscales en moins pour Paris. La prochaine étape, on la connait. Elle a commencé tout doucement, avec le transfert de quelques fonctions stratégiques d'un grand groupe pétrolier avec une énorme tour à la Défense, vers Londres, ou le départ du top management du numéro un français de l'équipement électrique vers Hong Kong. 

Oui, à court terme, il y a aura toujours des Xavier Niel et des Zlatan Ibrahimovic pour payer. Mais à moyen terme ? 

Etudiants, si vous n'avez pas les moyens d'étudier à Paris, ville parmi les plus chères au monde, notamment au niveau immobilier, étudiez les alternatives : 

En ce qui concerne l'élection municipale, évidemment il s'agit de voter pour le candidat le moins lolesque. NKM n'est pas la pire, à ce niveau. 


mercredi 24 juillet 2013

La radicalisation d'une droite de type Tea Party" en France, selon Hollande ?

Selon le Président Hollande, on assisterait à une radicalisation d'une droite de type "Tea Party" en France (source le Lab Europe 1 (1)). 

Le chef de l'Etat appuie son raisonnement sur l'affaire Bourdouleix et les propos du député-maire de Cholet sur les gens du voyage ou sur la radicalisation à l'occasion du débat sur le mariage dit pour tous. [NB : il est possible d'avoir un point de vue alternatif sur cette affaire, comme Breizh Journal (2)]

Le Président de la République, un homme cultivé, intelligent et bien formé, est très certainement dans l'ironie lorsqu'il effectue des comparaisons aussi approximatives, à moins qu'il ne cherche à renforcer son statut de chef de la majorité, en définissant des éléments de langage grossiers et caricaturaux.

D'abord, rappelons ce que le Tea Party (la Tea Party, en fait). La Boston Tea Party, c'est une révolte fiscale des colons anglais de Nouvelle Angleterre, en 1773. Le parlement britannique avait voulu lever des taxes, les locaux se sont rebellés. Le mouvement lancé a conduit à l’Indépendance des Etats Unis d'Amérique. 

Le Tea Party, aujourd'hui, est un mouvement hétéroclite qui se confond partiellement avec le mouvement politique libertarien US. Il est très difficile de classifier le Tea Party, car certains de ses membres défendent des thèmes de la droite du Parti Républicain ("christian values", "stopper l'immigration des Mexicains"), d'autres, plus cohérents, s'en tiennent au libertarianisme de Ayn Rand et sont proches de Ron Paul (qui est pourtant catholique alors que Ayn Rand est ultra athée). Politiquement parlant, le Tea Party  est donc à mi chemin entre le Parti Républicain et le Parti Libertarien, opposé à Obama, parfois par racisme pur, et le plus souvent sur des problématiques fiscales. 
Après tout, ce n'est pas être insultant que de rappeler que les Américains, tous migrants, n'ont pas traversé des océans pour avoir une Sécurité Sociale.

Du coup, est ce qu on peut dessiner ne serait-ce qu'un parallèle entre la droite française et le Tea Party ? Bien sur que non. La droite française, conservatrice, n'est inspirée ni par le libéralisme économique ni par le libertarianisme politique et sociétal. Très souvent, la droite française s'en tient aux thèmes classiques du socialisme de droite (Toujours plus d’impôts, plus de lois, plus d'Etat (3). Mais ce qui est sûr, c'est que le terme Tea Party est plutôt insultant, du point de vue (journalistique et politique) français. 

Peut-on tirer des conclusions de portée générale de l'affaire Bourdouleix ? Non, évidemment. Ou alors, il faudrait se demander si le Parti Socialiste, en 2007 (affaire Frêche) ressuscitait le national socialisme qui a tant coûté à l'Europe des années 30 et 40, en faisant des distinguo entre hommes et sous-hommes (4). 


Il faudrait se demander si Bourdouleix est un individu, et non pas l'ensemble de la droite et du centre, tout comme Frêche ou le maire de Noisy ne sont que des individus, et non pas l'ensemble de la gauche ?

Il faudrait se demander si, quand le ministre Arnaud Montebourg, tellement porté sur le nationalisme économique, nomme du nom de Colbert un logiciel du Ministère de l'Economie, faisant mine d'oublier que le ministre de Louis XIV était l'organisateur de l'esclavagisme (5) et de l'expulsion des Juifs des Antilles (6), en plus d'être un protectionniste, le PS favorise la résurgence d'une gauche réactionnaire et antisémite qui rêve de retour au bon vieux temps des colonies. 

Il faudrait se demander si, quand le PS fait tout pour faire élire Marion Maréchal le Pen (7), quand il organise des rafles de sans papiers à Barbès (8), quand il ne ferme pas la ZAPI 3 de Roissy (9), quand il expulse des Roms et des gens du voyages à Lille, Paris ou Nantes (10), quand il prend par principe la défense de policiers (11) potentiellement violents et peut-etre racistes à Trappes (12), il n'est pas, justement, dans cette continuité qui, depuis les années 40, lui a permis de s'exonérer de la responsabilité qu'il détient dans la. montée du national socialisme, puis dans la Seconde Guerre Mondiale, puis dans la répression algérienne, bref, dans ce climat qu'il s'empresse maintenant d'attribuer à une certaine droite qui, elle aussi, ferait mieux de mesurer ses propos, pour ne pas dire se tenir à carreaux. 

Non, on ne peut pas croire à une tentative de récupération aussi minable. Cela serait vraiment fort peu digne d'un personnage qui doit faire à des tensions entre armée et population en Corrèze (13), à la crise de la dette en zone Euro (14), au scandale d'une BAC peut-être coupable de racisme à Trappes, à des problèmes avec la centrale nucléaire de Fessenheim (15), aux affaires Dalongeville, Andrieux, Guerini et Cahuzac et à la plainte d'un contribuable pour ISF non payé. 

C'est sans doute le Lab Europe 1 qui sur-interprète la pensée du chef de l'Etat. 

Quand à la question du mariage dit pour tous (dit, car, jusqu'à présent, les revendications des Mahorais de rétablissement de la polygamie sont restées lettres mortes (16)), il serait quand même judicieux de rappeler qu'il ne s'agissait pas d'un débat gauche droite puisque des élus de gauche étaient contre le principe (17) et des élus de droite y étaient très favorable (18), d'une part, et que, d'autre part, les manifestants qui sont venus défiler à Paris ont surtout protesté contre la PMA et la GPA à venir. L'article de France TV Infos de ce jour pourrait leur donner raison (19). 

Faute de consistance sur le fond, le Parti Socialiste a besoin d’épouvantails. Gageons que d'ici à 2014, il y aura d'autres extrémistes norvégiens arrêtés au petit matin et d'autres affaires Bourdouleix.  C'est le rôle des démocrates, de l'UDI notamment, que de ramener la politique vers les sujets importants : baisse des impôts et de la dépense publique, intégration Européenne, diplomatie des Droits de l'Homme, préservation des libertés civiles et limitation du rôle de l'Etat. 
Le PS doit cesser de se radicaliser en rendant hommage au communisme (18), en se dédouanant de son passé, en adoptant des mesures populistes (pour ne pas dire plus) et en recevant les leaders d'extrême gauche. 


(3) Libertarien TV : Sarkozy, le président des taxes
(14) City A.M. : Euro crisis flares up
(17) Le Point : de gauche et contre le mariage gay : Jérôme Lambert, Bernadette Laclais (Savoie), Patrick Lebreton (Réunion), Gabrielle Louis-Carabin (Guadeloupe), Marie-Françoise Bechtel (Aisne), Jean-Luc Laurent (Val-de-Marne), Dominique Potier (Meurthe-et-Moselle), Jean-Philippe Mallé (Yvelines), Nestor Azerot ...
(18) de droite et du centre et pour le mariage gay : Jean-Louis Borloo, Franck Riester, Jacky Madja, Roselyne Bachelot ...
(19) France TV Info : PMA et GPA: l'enquête secrète de l'Académie de médecine




mardi 8 janvier 2013

Suite au post de Laurent de Boissieu intitulé "Comment ne pas mépriser les déserteurs fiscaux ?" écrit en réaction du départ de Depardieu en Russie, un débat s'installe sur le blog "ipolitique" relatif à la notion d'humanisme. 

Les ultra étatistes de tout poil, Laurent de Boissieu (d'obédience plutôt démocratie chrétienne), mais aussi Laurent Pinsolle et Nicolas Dupont-Aignan (gaullistes), Andrée Roger ou Communisme Ouvrier (communistes, alors que le mur de Berlin s'est effondré), Sarkofrance (socialiste), Actupol, Seb Musset, Neobonapartiste, tous ont le même avis unanime : il existe un concept appelé solidarité nationale qui emplique qu'en ce moment, en ces temps de "crise", alors chacun doit contribuer plus, surtout les riches. 

(Parenthèse : il est difficile de trouver sur la toile ce que pensent les militants clairement identifiés UMP). 

Est ce que nos amis ultra étatistes se rendent compte des faiblesses de leur raisonnement ? 

D'abord, les mots ont un sens, ils demandent à être clairement définis. Jusqu'où doit aller la solidarité nationale exactement ? Et pourquoi nous parle t-on de crise ? Du point de vue des finances publiques (impôts et dépenses), la crise dure depuis 30 ans et quelques. La génération X et la génération Y N'ont jamais connu autre chose.

Ensuite, qu'est ce que l'argent des français ? Le reste du monde existe t-il dans la tête de nos ultra étatistes ? Les autres pays doivent-ils acheter notre production ? Pourquoi se réjouir quand des français exportent des produits Made in France (payés avec l'argent de nos partenaires commerciaux, donc) et regretter que de l'argent reparte à l'étranger ?

De plus, que font nos ultra étatistes de la libre circulation des hommes, des capitaux, des marchandises et des idées que nous avons collectivement voulu, au moins au niveau communautaire ? 


Quand à la notion de solidarité nationale qui implique que le modèle social français comprenne le caractère public et non dérogatoire de l'Education Nationale, de la Sécurité Sociale, de la production d'électricité, de services postaux et de télecoms, d'automobile, de services de santé ou la régulation du marché du travail, les ultra étatistes ne comprennent-ils donc pas les limites du raisonnement ? Si l'Etat doit vraiment être en charge de tout ce qui est indispensable, pourquoi nos ultra étatistes ne demandent-ils pas la nationalisation de Danone, Nestlé France, Unilever France, Auchan, Carrefour, Leclerc, Kaufman & Broad, Maisons France Confort, Hestia, Laforet, de Particulier à Particulier ou Seloger.com ? 
Dans l'ordre absolu des priorités pour vivre, avoir à manger et à boire d'abord, puis un toit ensuite, est 1000 fois plus vital que de bénéficier d'hopitaux ou de bureaux de poste. Personne ne peut le nier. Pourtant, les ultra étatistes ne réclament ni l'attribution arbitraire (par tirage au sort, par exemple) d'une surface unique de logement, quelque part sur le territoire national, ni la distribution centralisée d'une quantité de nourriture égale par personne. Pourquoi ? 
Parce qu'ils savent bien que malgré les imperfections du système qui fait que certains vivent dans la rue et d'autre dans 300m², le marché libre reste le meilleur système pour que chacun ait à manger et un toit, en fonction de ses capacités, de ses envies et de ses opportunités. 

De toutes façons, osons même l'affirmer : l'égalité, non pas devant la loi mais de situation, les français n'en veulent pas. On ne peut pas reprocher à Depardieu de fuir et en même temps passer son temps à rechercher des niches fiscales et des exonérations diverses et variées. Veut-on un système fiscal juste et efficace ? Adoptons une flat tax de 15% sur l'ensemble de nos revenus, du 1er au dernier euro gagné, dans ce cas.

En fait, la vérité c'est que les ultra étatistes ne sont pas humanistes. Ce sont des égoïstes comme les autres, et on ne peut pas leur reprocher cela. Les libéraux sont les vrais humanistes dans le sens où ils pensent que les individus sont bien mieux placés que quiconque pour faire leurs choix et savoir ce qui es bon pour eux. Les ultra étatistes, et nul ne peut le reprocher, évacuent leurs peurs en faisant passer les solutions adoptées pour du bon sens de solidarité nationale. Mais ce faisant, ils ne réalisent pas (ou pas) qu'ils ne font que transmettre les désidérata de la classe du baby boom qui a pris en otage le pays. Le SMIC qui crée du chômage chez les jeunes et les non qualifiés, les hôpitaux ou les aéroports  utilisés par des gens aisés ou CSP + du point de vue intellectuel, l'Education Nationale qui, même du point de vue sociologique gauchiste Bourdieusien, n'est qu'une plaisanterie (exemple : un étudiant sur 2 à Polytechnique a au moins un parent prof), tous ces mécanismes publics qui sont financés par les contribuables ne sont que des machines à transmettre du capital à un groupe (et ses alliés) qui pense que la situation exceptionnelle de la France et de l'Occident entre 1950 et 1975 est un dû.

Faut-il approuver les choix de Depardieu ? Non. Autant aller en Belgique, c'est à dire en Europe, avait du sens, autant déménager en Russie est un pied de nez du plutôt mauvais goût. Mais les goûts et les couleurs ... Par contre, que les ultra étatistes cessent de brandir cet étendard de solidarité nationale qui n'est en réalité qu'un habillage, sympathique ou pas, d'une prise en otage. Si il y a des fuyards fiscaux, c'est que nous sommes donc dans une prison fiscale, non ? 

Ce qui se passe actuellement a déjà été décrit, notamment par Ayn Rand dans la Grêve (Atlas Shrugged). Heureusement, il existe une solution à cette impasse qu'est la solidarité forcée. Ce qui fonctionne pour le Téléthon ou la Croix Rouge est reproductible, ce sont les solidarités volontaires, bien plus efficaces que la coercition. Ou pourrait même suivre les pas du philosophe allemand Peter Sloterdijk sur l'impot remplacé par le don.

Lire aussi "Exil : l'idéologie de la prison fiscale" sur Gauche Libérale, Contrepoints ou Rue89.


lundi 17 décembre 2012

"Dumping" fiscal Belge : balayons devant notre porte

Chers et chers soldats de ce pays en guerre qu'est la France, 

vous avez lu ce week end la violence des réactions des ministres qui sont venus à la rescousse de Jean-Marc Ayrault : elles sont terribles par ce qu'elles traduisent de la conception de l'économie et du vivre ensemble selon le Parti Socialiste. Comme le dit la Tribune, La lettre de Depardieu à Ayrault scandalise le gouvernement : 
Michel Sapin (Normale Sup, ENA, Grand Orient de France, membre du club le Siècle) voit dans la décision de l'acteur de rendre son passeport "une forme de déchéance personnelle". 
Aurélie Filippetti  (Normale Sup) pense que "la citoyenneté française c'est un honneur, ce sont des droits et des devoirs aussi, parmi lesquels le fait de pouvoir payer l'impôt" et affirme que "quand on abandonne le navire, quand on déserte, car nous sommes en guerre économique, on ne vient pas en plus donner des leçons de morale aux autres".

Les choses sont très claires pour ces hiérarques socialistes : la France est une bergerie, les français sont du bétail et le gouvernement est le bon berger qui lui seul sait ce qui est bon pour les montons-tribuables. La réalité est la : le berger a inventé le mythe du renard, pour qu'il soit le seul à manier le couteau et à décider où et quand égorger tel ou tel mouton.
Nous l'avons écrit à plusieurs reprises : il est cohérent et logique que les socialistes entrent dans une démarche nationaliste. Il ne peut y avoir de socialisme en économie ouverte. 

voir 

Pourtant, sommes-nous, en tant que français, si bien placés pour donner des leçons ? 

Non, bien sur. Ce que nous appelons dumping fiscal n'est que la conséquence de la liberté qu'ont nos partenaires Européens de faire leurs propres choix fiscaux, tout comme en France, nous faisons les nôtres.

On peut, comme les socialistes, fantasmer un monde où chaque pays serait aligné sur la France et où il y aurait deux sortes de Nations : celles, d'une part, qui taxeraient plus et auraient donc l'obligeance d'être fiscalement moins compétitives que nous, et celles d'autres part, qui taxeraient moins et auraient donc l'outrecuidance d'être fiscalement plus compétitives que nous.

Or, en l'absence de flat tax, ça n'est pas si simple. L'entrepreneur qui se débrouille bien peut vivre en France, paradis fiscal. Vous ne voulez pas être taxé pendant 5 ans ? Il y a les Zones Franches Urbaines ou les Zones de Revitalisation Rurale. Vous ne voulez pas payer le prix de vos investissements ? Faites comme Amazon, appelez Montebourg et promettez de vous installer dans une circonscription socialiste en créant beaucoup d'emplois. Vous ne voulez pas payer trop de charges sociales ? Recrutez des stagiaires. Votre ISF est un peu élevé ? Investissez aux Antilles ! Etc Etc.

Jamais il ne viendrait à l'esprit que le SMIC français, plus bas que celui du Luxembourg, est une forme de dumping social des français vis-à-vis de nos voisins du Grand Duché de Luxembourg. Mais jamais il ne viendrait non plus à l'esprit du gouvernement de dire que la Corse fait du dumping non seulement par rapport à la Sardaigne mais aussi par rapport aux 21 autres régions métropolitaines françaises. Alors pourquoi nos voisins n'auraient-ils pas le droit de faire ce que nous faisons ? 

Comme Ordre Spontané, soyons solidaires, non pas de Depardieu, ce n'est pas le personnage qui est en cause, mais de la démarche de Depardieu, un exil qui n'est pas que fiscal, note Authueil. 
Et reprenons les mots du Parti Libéral Démocrate : "Le pouvoir politique, extrapolant son rôle légitime dans un régime démocratique, s'imagine propriétaire des coeurs et des passeports de ses concitoyens. Il est temps de lui rappeler que les libertés individuelles (de mouvement, de propriété...) sont au fondement de notre République".

En attendant que Le gouvernement le plus socialiste depuis 1794, dixit Franck Boizard revoit sa logique fiscale, rejoignez tous le groupe Facebook "Soutien à Gérard Depardieu". Le gouvernement socialiste a un peu de mal à comprendre le monde dans lequel on vit ? Qu'il lise "la grève", d'Ayn Rand, et qu'il consulte Arthur Laffer. 

ZeroHedge a lu Atlas Shrugged. Et Bercy ? 

mercredi 31 octobre 2012

Au coeur du Tea Party - Arte

Après que Telerama ait caricaturé Ayn Rand la semaine dernière, y compris avec des jeux de mots douteux (montée de Ayn... ), Arte schématise le Tea Party !





Quand les médias de la gauche Bac +8 française étudient le phénomène libéral (au sens Européen) américain, les barrières sautent !

Il n'y a qu'à lire la présentation du reportage par Arte : 

Bienvenue à Nashville, capitale du Tennessee et coeur battant d'un mouvement qui veut tirer le parti républicain vers la droite. Qui sont ses militants ? Ben Cunningham se bat depuis des années contre les hausses d'impôts et pour la défense du droit de propriété tandis que Ken Marrero et sa femme préfèrent faire cours eux-mêmes à leurs enfants plutôt que de les envoyer à l'école publique. De leur côté, après le 11-Septembre, Tess Saint Clair et Ralph Weber ont acheté un camping-car pour se mettre à l'abri en cas de nouvelle attaque terroriste. La voix des déçus Américain blanc, de sexe masculin, âgé de 50 ans ou plus, ayant un emploi et appartenant à la classe moyenne : tel se présente le partisan lambda du Tea Party. Mais Astrid Schult a aussi rencontré de nombreux déçus de tous bords, qui ne font plus confiance à la classe politique pour améliorer leur vie et défendre leurs intérêts. Le mouvement, qui met au pinacle les valeurs traditionnelles et l'indépendance de l'échelon local vis-à-vis de Washington, séduit et élargit ainsi sa base. Pèsera-t-il dans l'élection présidentielle ?

carte des membres du caucus Tea Party par Etat
Commençons par le commencement : bienvenue à Nashville. Déjà, sur 61 représentants Tea Party (lire Members, 112th Congress sur Wikipedia), seuls 2 viennent  du Tennessee. Pourquoi ne pas être allé au Texas ? Mystère. Un peu comme si, pour comprendre le FN, on interrogeait Arnatu (une élue FN au conseil régional d'Ile de France) au lieu d'aller à Orange ou Vitrolles. 

Continuons sur le bienvenue à Nashville. Le Tennessee est un état pauvre et rural. Pourquoi essayer de comprendre l'Amérique à partir de ce cas particulier où les démocrates et les républicains y sont aussi plus marqués par la réalité locale d'une histoire raciste, sudiste et sécessionniste ?  Quand les journalistes Américains débarquent pendant des émeutes dans une banlieue de Seine Saint Denis et tirent des conclusions d'ordre général, les Français hurlent et ils ont raison. Arte ne se permet pas ce genre de précautions. Si Arte avait poussé son reportage jusqu'au bout, ils auraient vu que le Tennessee a 9 représentants au Congrès à Washington, et que sur ces 9, deux sont démocrates (le parti d'Obama). L'un deux, Jim Cooper, est un ami de la NRA, la célèbre association pro armes. On montre un reportage de gens surarmés en disant voila le Tea Party, mais on oublie que dans le Tennessee, tout le monde est armé. Voila la déontologie et la rigueur journalistique d'Arte. 

Ensuite, les valeurs du Tea Party. Contre les hausses d'impôts/pour la défense du droit de propriété/faire cours eux-mêmes à ses enfants plutôt que de les envoyer à l'école publique. En effet, quel extrémisme ! Que ce soit des valeurs compatibles avec la Constitution US ne semble pas important. Mais même du point de vue de la gauche Européenne dont Arte est un bon représentant, comment peuvent-ils approuver sans réserves les hausses d'impôts et les atteintes au droit de propriété ? Comment peut-on en même temps critiquer une Amérique ultra interventionniste, qui part faire la guerre aux 4 coins du monde, et ostraciser ceux qui ne veulent pas que l'Etat fédéral prenne de plus en plus de poids, grâce aux impôts notamment ? Pourtant, en bonne gauchiste, la réalisatrice de "Au coeur du Tea Party" veut aussi être aussi une "humaniste" prenant le temps de verser une larme sur la souffrance des GI's de retour de combat (voir Dokumentar : Der innere Krieg sur le site du Zeit). 

sondage Gallup
La voix des déçus Américain blanc, de sexe masculin, âgé de 50 ans ou plus, ayant un emploi et appartenant à la classe moyenne, c'est ça le Tea Party ? Mais comment peut-on, une fois de plus, tirer des conclusions de portée générale à partir de micro trottoirs ? D'abord, les blancs représentent 86% de la population du Tennessee. Il est donc logique d'en retrouver dans les partis politiques. Un sondage de Gallup d'Avril 2010 montre qui sont les sympathisants du Tea Party. Leur profil n'est pas éloigné de celui de l'ensemble de la population. Les hommes y sont 55% (contre 49% dans l'ensemble de la population), ce qui est plus que la moyenne mais pas écrasant.

Allen West, Tea Party
Autrement dit, la thèse qui consiste à confondre le Tea Party avec le Ku Klux Klan ne tient pas la route, même s'il y a forcément des racistes au sein du Tea Party, comme chez les Démocrates et les Républicains. Evidemment, la réalisatrice de "Au coeur du Tea Party" qui ne doit lire que le Spiegel, le Monde et le Guardian n'a probablement jamais entendu parlé d'Andre Carson, Lenny McAllister, Lloyd Marcus, Deneen Borelli, Allen West et autres "non white persons who support the Tea Party movement".

Michele Bachmann, Tea Party
Est ce que le Tea Party pèsera dans l'élection ? Probablement pas. Sa faiblesse réside justement dans le fait que le représentant républicain qui, quand il était gouverneur du Massachusetts, a appliqué au niveau local les idées d'Obama. Certes, Ryan Paul est présent dans la course. Mais si Ron Paul ou Michele Bachmann avaient été choisis par les Républicains, les idées du Tea Party auraient été mieux représentées. 




Alors, pour suivre cette élection présidentielle sans suspense (c'est encore un diplômé de Harvard qui va gagner ;-)  ), pensez à suivre les scores de Gary Johnson (candidat Libertarien), car, oui, contrairement à ce que les médias laissent penser, il y a plus que deux candidats à cette Présidentielle US 2012 (http://en.wikipedia.org/wiki/United_States_presidential_election,_2012). Il y a même une écolo !  Que le Président Obama séduise par son charisme et son parcours personnel hors des sentiers battus, o.k. Mais ne nous laissons pas abuser : Guantanamo n'est pas fermée, les GI's sont toujours aux 4 coins du monde, la FED fait toujours n'importe quoi, la TSA pelote en toute impunité, les libertés civiles reculent aux Etats Unis, le Patriot Act n'a pas été aboli. 

Egalement sur Contrepoints - 

Le Tea Party selon Arte

http://www.contrepoints.org/2012/11/02/102916-le-tea-party-selon-arte

mercredi 24 octobre 2012

Votez égoiste ?

Télérama s'intéresse à Ayn Rand ... c'est pas triste !

On avait déjà eu droit Pourquoi tant de Ayn ? le 26 avril 2011 mais la, en terme de haine, on franchit un nouveau cap.

Alors, posons juste trois questions à Juliette Cerf, la journaliste spécialisée en littérature et cinéma mais ni en philosophie, manifestement, ni en civilisation américaine :


  • Quand les français votent, au hasard, socialiste, ils votent par altruisme ou par égoisme ? (indice : 30% des salariés du secteur public ont donné leur voix à François Hollande au 1er tour de 2012. Source : trop-Libre.fr)
  • Les américains sont tous des migrants. Ont-ils traversé l'Atlantique ou le Pacifique pour retrouver en Amérique la Sécurité Sociale à l'Européenne ou le collectivisme Asiatique ou bien sont-ils partis chercher une terre de liberté ? Lire Ils sont fous ces Américains! sur le blog de Guy Sorman.
  • Ayn Rand est née en Russie en 1902 et est arrivée aux Etats Unis en 1926. Ayn Rand est-elle plus ou moins qualifiée de Juliette Cerf pour juger le communisme ?  




Ne faites pas comme Telerama, approfondissez le sujet, en allant par exemple sur le blog de Nicomaque lire Atlas Shrugged, part II ou sur le blog de l'Institut Turgot.

Sur le même sujet
Atlas shrugged (La grève), de Ayn Rand un post du 5 octobre 2012

vendredi 5 octobre 2012

Atlas shrugged (La grève), de Ayn Rand

Pourquoi le monde semble-t-il se détraquer ? Pourquoi, sans raison apparente, un sentiment de désespoir et de frustration se répand-il partout ? Pourquoi, dans les pires moments, entend-on ce nom, sans visage et sans origine ? Tel est le point de départ d'Atlas Shrugged, d'Ayn Rand, traduit en français sous le titre la Grève et édité par les Belles Lettres. 

Alain Laurent - les belles lettres
Ce roman a été écrit en 1957 par une philosophe américaine d'origine Russe, qui sait : 
  • non seulement ce qu'est le communisme (pas celui à qui Hollande rend hommage, le vrai, celui qui a fait 100 millions de morts au XXeme siècle) 
  • mais a aussi la prescience de penser que même les démocraties libérales à économie de marché ne sont pas immunisées contre les tentations collectivistes de tout poil. 
Stéphane Soumier a parlé de la Grève ce matin, sur BFM. Pourquoi ? Tout simplement parce que, toutes proportions gardées, 2012 ressemble au monde de la Grève. Avec le mouvement des #geonpi et même en tenant compte des limites et contradictions de ce collectif d'entrepreneurs, on a des créateurs d'entreprises qui prennent conscience et veulent signaler leur rôle et leur importance. Avec un gouvernement qui prépare un projet de loi sur la vente forcée de sites de production jugés rentables, on fait un pas vers la renonciation au droit de propriété (pourtant constitutionnel et moral, art 17 de la DDHC). 

Tous les entrepreneurs du net ne sont pas des Steve Jobs, des Hank Rearden en puissance. Le marché, c'est à dire les clients, décidera s'ils sont bons ou non. Mais les start-ups ont bien plus contribué à changer le monde que 30 et quelques ministres qui dépensent des milliards en dépit du bon sens. Kiala (crée par Denis Payre) a donné de l'activité supplémentaires à 7000 commerçants. Meetic (crée par Marc Simoncini) a permis a des millions de gens de trouver l'amour. Free (crée par Xavier Niel) a fait plus pour le pouvoir d'achat que toutes les lois sur le blocage du prix de l'essence ou la TVA à taux réduit. Vente Privée (crée par Jacques-Antoine Granjon) a révolutionné le concept de destockage. Kelkoo (crée par Pierre Chappaz) a permis au consommateur de s'informer bien plus que n'importe quel organisme public. Et puis il y a toutes ces start ups plus ou moins inconnues, comme AKD, Melty, Tiki'Mee ou Wiseed, Elles seront peut-être des grandes demain mais elles créent dès aujourd'hui des nouveaux produits, de l'activité et des emplois. D'autre part, même les symboles de la France publique, rappelons le, ont pour origine un entrepreneur. Le chemin de fer doit tout aux frères Peireire (juifs portuguais) et rien à l'Etat, la Sécurité Sociale peut dire merci à J.J.Lablé (luxembourgeois), des mines de Maxeville. La Poste doit tout à une initiative des Valois. En ce qui concerne l'électricité, l'Etat s'est juste contenté d'observer pendant longtemps.

A la lecture de la Grève, certains diront que Paris n'est pas Washington et que aucun français ne fuit dans le Colorado ? Certes. Mais la vague de départ est là ! Des riches Français vendent leurs logements pour partir à l'étranger, titre l'AFP. Peut-être que ces riches français sont des corpocrates surpayés ou des héritiers oisifs. Peut-être aussi que, malgré tout, ils sont consommateurs de biens où la France est bien positionnée (produits de luxe) et qu'ils contribuent aussi à créer des emplois pour tous, qualifiés (avocats fiscalistes, garagistes Bugatti) ou non (nounou, pressing).

Il est temps que le gouvernement entende le message des entrepreneurs, avant que ceux-ci ne se mettent en grève. 


Pour lire des critiques de la Grève d'Ayn Rand, il y a



lundi 30 juillet 2012

Qu'est devenue la protection des minorités, toutes les minorités ?

11 décembre 1905 : Publiée au Journal officiel, la loi entre en vigueur au 1er janvier 1906. 

La loi affirme la neutralité de l’État dans les questions religieuses. L’article 2 met fin au régime des cultes reconnus et subventionnés par le budget de l’État. La liberté de conscience et la liberté collective de pratiquer une religion sans entraves sont garanties par la loi.



Depuis 1905, les autorités politiques ont décidé de mettre l'accent sur les attaques contre les minorités, religieuses notamment. 



Incendiée ce jeudi, la mosquée de Montbéliard a subi sa deuxième attaque en moins d'un mois. Dans l'indignation générale, les responsables du culte musulman craignent une montée de la violence raciste.
Martine Aubry en a profité pour « condamner fortement l'incendie d'une salle de prière musulmane à Montbéliard tout en refusant de parler de banalisation du racisme ». La première secrétaire du Parti Socialiste a rajouté que cet incendie était « un acte odieux et inadmissible. Il allonge la longue liste des dégradations de lieux de culte musulmans recensées cette année »

source : France Soir 12 Novembre 2011


Incendie du local associatif et de l’église de Belleroche : une enquête est ouverte

IncendieVers 06h45, hier matin, les locaux associatifs et l’église du quartier de Belleroche ont été touchés par les flammes.


Publié le 22/07/2012 à 06:00


(A ce jour, pas de réaction du PS ni de condamation)


Il y a deux conclusions à tirer :
  • pour les socialistes (mais pas uniquement pour eux), les musulmans sont une race, et non pas une option religieuse
  • pour avoir droit à la mobilisation des pouvoirs publics, il faut être créditeur au compteur de la culpabilité d'Etat. Les catholiques sont manifestement débiteurs. Ils n'ont donc droit ni à une protection policière des Eglises ni aux appels à la fin des actes christianophobes. Tant que les français ne discuteront pas de la guerre d'Algérie et des violences anti arabes et/ou anti musulmanes qu'ils y ont commis, certains musulmans activistes pourront tirer parti de la situation, aidés par toutes les filles à papa de Saint Cloud et les Anders Breivik du monde.
Question : qu'est devenue la protection des minorités, toutes les minorités, y compris, donc, les catholiques ?


Puisque, pour paraphraser Ayn Rand aussi bien que les laïcards les plus intransigeants de France, la religion est une affaire privée dans laquelle l'Etat n'a rien à faire, ce qui est bien vrai, alors les catholiques devraient demander l'égalité de traitement de toutes les religions devant la politique : fin des protestations émanant de partis politiques en cas d'attaques contre un édifice religieux, suppression des rondes policières devant tout édifice religieux.

jeudi 10 mai 2012

Dictionnaire du libéralisme - Mathieu Laine

Dictionnaire du libéralisme Sous la direction de Mathieu Laine 


Au coeur de tous les débats, le libéralisme suscite polémiques et controverses. Souvent caricaturé, il s’avère largement méconnu. D’aucuns affirment qu’il domine le monde, alimente les crises et nous mène à la ruine. D’autres, qu’il n’a jamais été pleinement mis en oeuvre et qu’il est la meilleure alternative à l’interventionnisme croissant de l’État dans tous les domaines. 
Certains le perçoivent comme un vent mauvais, venu d’Angleterre et des États-Unis, qui s’accompagne de l’obsession de l’argent, du profit et de l’atomisation de la société. D’autres rappellent qu’il est né en France pour défendre les hommes et les femmes contre l’arbitraire du pouvoir politique et qu’il est un système moral fondé sur les valeurs suprêmes que sont la liberté et la responsabilité. 

Ce dictionnaire offre pour la première fois une vision complète du libéralisme et permet au lecteur de découvrir, derrière l’étiquette de « libéral », une variété d’écoles et d’approches. Occasion unique de mieux comprendre cette philosophie contestée, cet ouvrage traite, en près de 300 entrées, de sujets tels que l’action humaine, l’anarchie, le chômage, le conservatisme, la dette, l’entrepreneur, la grève, l’impôt, le libertinisme, le nationalisme, la paix, le principe de précaution, le racisme… 

On y croise également des auteurs aussi différents que Aron, Friedman, Hayek, Kant, Keynes, Nietzsche, Rothbard, Say, Smith ou Tocqueville. M. Laine écrit dans un entretien publié dans Atlantico le 12 avril 2012 : « J’ai rassemblé dans cet ouvrage les meilleurs spécialistes du sujet. 

En présentant, dans chaque entrée, ce que pensent les différentes écoles libérales (des socialistes libéraux aux anarcho-capitalistes en passant par les enfants de Aron, de Tocqueville, de Hayek ou de Rand), nous apportons au débat public une occasion de se réinventer et de découvrir que, sur toutes les grandes questions contemporaines, de la politique monétaire à l’éducation en passant par la guerre, la démocratie, le chômage, le maternage, l’ordre spontané ou le rôle de l’entrepreneur, les libéraux ont une multitude d’idées innovantes et pertinentes. Je crois pouvoir dire que nous avons réussi à faire un ouvrage qui n’a pas son pareil en langue française : c’est un concentré, référencé mais accessible, sur la pensée libérale dans sa totalité. » .



Mathieu Laine
Mathieu Laine a créé et anime le séminaire de Sciences Po « Introduction à la pensée libérale ». Il dirige le cabinet de conseil en stratégie Altermind. Il est également membre du comité de rédaction de la revue Commentaire et auteur de plusieurs essais, dont La Grande Nurserie et Post-politique. Spécialistes reconnus dans leurs domaines respectifs, les 65 auteurs du Dictionnaire du libéralisme sont économistes, juristes, philosophes, sociologues, psychiatres ou historiens.


mercredi 18 janvier 2012

Imagine a world without free knowledge

On entend souvent dire que les libertariens sont des démolisseurs, des casseurs qui n'apportent rien à la "société" (même si, there is no such thing as society, disait Maggie Thatcher). On entend aussi que la liberté c'est bien, mais heureusement qu'il existe un corps et une administration des Ponts et Chaussées pour construire les routes, une inspection des finances pour garantir la levée de l’impôt, un contrôle aérien public, etc etc ...

Les libertariens et ceux qui se réclament de ce courant de pensée n'ont pas à rougir du manque supposé de réalisations qu'on leur attribue. Prenez Wikipedia. C'est un produit crée par Jimmy Wales, un chef d'entreprise inspiré par Ayn Rand et Friedrich von Hayek. Maintenant que Wikipedia existe, son principe et son intérêt apparaissent évident mais on se rappelle tous de ces encylopédies Universalis qui coutaient cher, prenaient de la place et étaient datées donc périmées dès leur sortie. Prenez Paypal, développé par Peter Thiel, soutien de Ron Paul (lire le portrait au vitriol que Causeur fait de lui). Paypal est aujourd'hui l'un des principaux fournisseurs de services de paiement en ligne, et bientôt leur carte bancaire permettra de faire des achats en magasin, (avec de la Facebook money, qui sait ?).

C'est pourquoi on ne peut que sourire, avant de s'inquiéter, quand les états comme le gouvernement fédéral américain proposent des lois comme SOPA et PIPA (non, pas Middletown). Lire ici en français l'explication de SOPA. C'est la version locale de nos bonnes vieilles Hadopi, Loppsi et autres lois dans lequel l'organisme régulateur est en même temps le juge. 
En France, le (non) débat est le même. Avez vous vu/lu/entendu Hollande/Mélenchon/Villepin/fille à papa de Saint Cloud dire qu'il fallait jeter l'Hadopi à la poubelle ? Seuls les centristes (Bayrou, Morin) se sont prononcés contre. 

Au delà de l'Hadopi chez nous, ou de Sopa et Pipa aux Etats Unis, imaginons effectivement un monde sans accès libre au savoir. On aimerait entendre les socialistes (de gauche comme de droite) qui ont toujours le principe d'"égalité républicaine" et d'école non marchande à la bouche, s'exprimer sur le sujet.



jeudi 8 décembre 2011

Acheter français, bonne idée ...

... a priori. Mais dans la réalité, ca pose quelques problèmes. Passons sur le cas spécifique des oranges, du pétrole ou des I-Phones.
Produire et acheter Français, c'est la grande idée de nos amis du Modem, comme vous pourrez le voir sur le blog de l'Heretique ou celui d'Okan Germiyan.
Mais produire français peut aider à résoudre le problème de déficit, ou celui de l'emploi, mais pas les deux en même temps, et pas celui du pouvoir d'achat.

On travaille et on produit pour se payer le choses que nous désirons et dont on pense qu'elles constituent une réponse à nos besoins. Mais si nous pouvions ne pas travailler , la plupart d'entre nous le ferions. De même, quitte à avoir la contrainte d'aménager un environnement de travail dans nos vies et dans nos paysages, nous préférons qu'il soit agréable plutôt qu'une caricature d'usine de sidérurgie du XIXeme siècle, ce qui, si on en croit l'iconographie soviétique, est pourtant la quintessence du travail.

Pourquoi des pays relativement désindustrialisés comme les Etats Unis s'en sont plutôt sortis jusqu'à présent ? C'est parce que l'économie de la connaissance ne se matérialise pas forcément par des usines ou des mines à ciel ouvert, mais permet à un créateur de bénéficier de revenus de brevets. Les Etats Unis sont en déficit commercial ? Ils importent trop des produits qu'ils consomment ? OK, mais Britney Spears, Christina Aguilera, Justin Bieber et autres ne drainent-ils pas vers eux des revenus tirés du monde entier ? Century 21 ou Mc Donald's importent du boeuf argentin ou du blé ukrainien mais ne touchent ils pas aussi des revenus de leurs franchisés du monde entier ?

Ce sont bien les revenus des gens, et non pas les emplois salariés des gens stricto sensu, qui permettent de consommer.

En plus, on a un autre problème en France. Imaginons que produire une Clio nous demande 18 heures et deux ouvriers et leurs machines (exemple fictif et simplifié), et qu'en Chine, une Geely soit produite en 20 heures avec 4 ouvriers. Même en équilibrant notre balance commerciale, une voiture exportée pour une importée, le solde d'emploi reste négatif. Alors, on fait quoi ? On demande aux entreprises d'être moins productives ?

Rapatrier la production de la Clio à Sandouville, c'est bien. Mais c'est loin d'être suffisant, surtout si, fait le plus important, les deux autres soldes invisibles, le solde de la valeur ajoutée, et le solde des heures de travail manufacturier par produit, sont eux négatifs. Dans un pays comme la France, attachée à juste titre à un niveau de vie elevé en comparaison de ce qui se fait dans nombres pays de la planète, ce sont les bons salaires qui nous aideront, plus que les emplois chez nous à tout prix. La priorité est donc de libérer les entrepreneurs et non pas de chercher à les enchainer à un territoire. Seuls des gens astucieux type feu Steve Jobs (Apple) ou Peter Thiel (Paypal) sont capables, de manière non planifiable, de créer les emplois à haute valeur ajoutée.

NB : L'autre priorité est de lire la Grève, de Ayn Rand.

mardi 26 juillet 2011

La Revolte d'Atlas - Ayn Rand



La Revolte d'Atlas (Atlas Shrugged) French Translation - Ayn Rand
Disponible en téléchargement sur Internet Archive.org

Vous ne connaissez pas Ayn Rand ? Il s'agit d'une philosophe et romancière américaine  dont vous pourrez lire le profil sur Wikilibéral ou sur Catallaxia.
La presse française la découvre progressivement. Ces derniers mois, Télérama (1), Médiapart (2), le Monde (3) ou la Tribune (4) en ont parlé, sur un mode assez critique.
L'Institut Coppet ou Contrepoints la présente de manière plus posée. Vous pouvez également en discuter sur liberaux.org

(1) Pourquoi tant de Ayn ? Telerama
(2) Ayn Rand, l’égérie du Tea Party Mediapart
(3) Prendre le thé avec Ayn Rand Le Monde
(4) Les causes de la crise : cherchez la femme ! La Tribune

vendredi 24 décembre 2010

Largo Winch 2 - Preview

Pour changer de la neige, de la pluie et des courses de Noël, transportons nous à Hong Kong où Largo Winch semble avoir quelques problèmes.



Ce volet 2 est déconnecté du scénario de la BD (Largo Winch veut vendre le groupe W pour se lancer dans l'humanitaire !) mais Jean Van Hamme, le scénariste de la BD (et fan de Ayn Rand !), a validé.

Sortie prévue en février 2011.

lundi 22 novembre 2010

Décès de David Nolan

David Nolan, cofondateur du Parti Libertarien des Etats Unis, est decédé dimanche à l'age de 66 ans; à Tucson, Arizona.
David Nolan est célèbre pour avoir inventé le diagramme qui porte son nom, le Nolan Chart. Il sert à montrer que l'axe gauche droite est largement insuffisant pour expliquer la vie politique.

Vous avez un exemple du Nolan chart sur Wikipedia, sur le site d'Alain Cohen-Dumouchel, sur celui d'Emmanuel Prost ou bien sur le Parisien Liberal.

David Nolan était très influencé par Ayn Rand, une auteure encore largement inconnue en France (retrouvez une bio plus détaillée sur Wikiliberal) mais qui savait de quoi elle parlait quand elle disait que l'étatisme et le communisme n'étaient pas des options souhaitables.