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mercredi 30 mars 2016

Et si on sortait du "débat" Clinton - Trump ?

Comme le faisait très justement remarquer le blog le Taurilon, par la force des choses, on parle plus, en Europe de Donald Trump, Hillary Clinton ou Bernie Sanders que des affaires européennes (1).En effet, le milliardaire new yorkais, l'épouse du 42eme président des Etats Unis (également une multi millionnaire new yorkaise), le sénateur du Vermont ou même le phénomène des Primaires Américaines ne sont-ils désormais pas plus connus, de ce coté ci de l'Atlantique que Donald Tusk (président du Conseil européen), la présidence néerlandaise de l'UE ou Martin Schulz, député (socialiste) Allemand à Bruxelles et président du Parlement européen ?
Ceci est peut être soit la faute aux séries TV type House of Cards, soit celle du focus des journalistes sur les affaires internes aux US (2).

En tout cas, plus personne n'ignore le fait qu'Hillary Clinton sera probablement investie, cet été, par le Parti Démocrate pour les représenter à la présidentielle cet automne, et que l'avance de Donald Trump lui donne de très sérieuses chances de s'imposer aux Républicains.

Oui, ils se connaissent. (Peut-être même qu'ils sont amis)
Une présidentielle Clinton-Trump, c'est mieux qu'un duel Jeb Bush-Hillary Clinton. 

Mais la faiblesse de l'offre saute aux yeux. 

Hillary Clinton dit de voter pour elle parce qu'elle serait la première femme présidente des Etats Unis, mais même la militante féministe Susan Sarandon hésite à voter Hillary Clinton, même face à Donald Trump (3). 
Quand à Donald Trump, le cauchemar américain (4), il propose de voter pour lui "to make América great again", comme si les Etats Unis n'étaient plus la première puissance économique et militaire de la planète. 

Mais force est de constater que Donald Trump séduit, y compris en dehors des Etats-Unis, et y compris chez certains libéraux français. 
Il est vrai qu'il y a, au niveau mondial, un constat largement partagé, l'arrogance des élites Davos (5) -Bilderberg, et un phénomène global, la fatigue, pour ne pas dire le vif ressentiment vis a vis de ces mêmes élites ultra interventionnistes. C'est ce que traduit assez justement Charles Gave, de l'Institut des Libertés, qui explique pourquoi Donald Trump a mis le doigt à un endroit qui fait très mal, et qu'il y a un coté réjouissant à cela (6).

Qu'Hillary Clinton séduise l'élite américaine, pourquoi pas. Mais il est quand même étonnant qu'une représentante du lobby militaro industriel parvienne au même résultat en Europe.
Hillary Clinton, pour ne parler d'elle, ancienne secrétaire d'Etat sous Obama, c'est à dire ministre des affaires étrangères, n'est-elle pas directement comptable de la guerre des drones lancée par les Etats-Unis contre un certain nombre de pays ? Comment les "humanistes" comme le blogueur "La France centriste" peut-il soutenir Clinton (7) ? 
Soutiennent-ils vraiment le droit du plus fort, tel que la "diplomate" Victoria Nuland l'a clairement exprimé (8), sans qu'elle ne se fasse désavouer par Hillary Clinton ? 

On ne sait pas ce que Trump ferait, notamment en politique étrangère. Un jour il parle de mur avec le Mexique (mur qui, au passage, existe déjà partiellement), le lendemain il formule l'intéressante idée d'en finir avec le néoconservatisme (9), le surlendemain il formule l'idée que la série 24h constituera une trame pour les interrogatoires.
En revanche, on sait ce que Clinton fera. 

Face à cette alternative, heureusement, d'autres options existent. A commencer par le refus de l'enfermement dans le bipartisme.

Par exemple, qui mentionne le fait que Gary Johnson, le candidat libertarien, est à 11% dans les sondages (10) ? 

La route est encore très longue jusqu'en novembre 2016. Et bien que Rand Paul ait choisi d'abandonner l'idée de conquérir la Maison Blanche, on voit bien que le courant libertarien jouera un rôle dans cette présidentielle. 



(2) Views of the world Everything’s Changing: A World of News 5 août 2013
(4) Le Parisien Liberal Donald Trump, le cauchemar américain ? 27 aout 2015
(5) Wall Street Journal-Washington Wire Clinton or Trump? How Executives at Davos See Their Chances 20 janvier 2016
(6) Institut des Libertés  A propos du Donald 28 mars 2016

jeudi 18 février 2016

La géométrie variable des journalistes vis-à-vis du Pape François

Les médias ont tous rapporté avec gourmandise la déclaration du Pape François, qui est de retour du Mexique.
Le pape François a déclaré "qu’une personne qui veut construire des murs et non des ponts n’est pas chrétienne" (1) et chacun y a compris qu'on parlait de Donald Trump, qui fait campagne notamment sur la lutte anti immigration mexicaine aux États-Unis.




Les journalistes, unanimement anti Trump, ont applaudi cette déclaration. Pourquoi ? Parce Trump est tout ce que des journalistes français détestent :

  • il veut représenter le Parti Républicain
  • il confond l'Allemagne et la France (2) (combien de journalistes européens placeraient correctement l'Illinois et le Kentucky sur une carte ? Allez savoir)
  • il est pour le port d'armes généralisé, comme l'a rappelé le chanteur du groupe Eagles of Death Metal, Jesse Hugues, "plus si cool que ça" (3)
  • il aime l'argent/c'est un promoteur immobilier/il a l'air un peu stupide/il est une star de la téléréalité/il est raciste/il est beauf etc etc, souvenez-vous la Une de Libé du 27 août 2015 (4)

Évidemment, toutes ces raisons sont peu pertinentes. Trump, s'il faut le critiquer, c'est plutôt parce qu'il présente un programme protectionniste et donc anti libéral. Quand à la politique d'immigration, Trump est plus proche de Clinton (femme et mari) que de Reagan, et ça aussi c'est dommage. Mais ces critiques n'entrent pas dans le champ culturel de la presse française.

Mais comme le Pape François, par ailleurs perçu comme une sorte de "progressiste" (comme si l'Eglise catholique entrait dans ce type de grille de lecture), critique Trump, alors les journalistes applaudissent. 

Toutefois, le Pape François a aussi tenu des propos beaucoup moins cools.
Il a aussi réaffirmé que "L'avortement n'est pas un mal mineur, c'est un crime" et là, forcément, chez les progressistes, ça passe moins bien. 
On a même lu chez certaines publications "les déclarations choc du Pape" (5), comme si on parlait de petites phrases d'un quelconque animateur TV qui clasherait ses confrères ou des propos de tel ou tel ministre qui ferait le buzz en trahissant ses convictions. 
Pourtant, si il y a bien un domaine où l'on peut signaler la constance de la Papauté moderne, post Vatican 2, c'est bien sur la question du rapport à la vie sous toutes ses formes, et notamment sur la problématique de l'avortement. Mais à chaque sortie du Pape, la presse s'étonne, comme elle s'étonne même de le voir prier (6) !

Le Pape, semble t-il, n'est pourtant, qu'avant tout un responsable religieux, et plus spécifiquement l'un des responsables d'une organisation à la gestion hiérarchisée et centralisée, sur le plan temporel. 

Alors, puisque l’évêque de Rome est avant tout un religieux, pourquoi ne pas ramener ses propos à ce qu'il devrait être, c'est à dire un message du leader des catholiques à l'attention des catholiques, ce qui, en ce qui concerne la France, ne représente pas plus de 3 millions de personnes (5% des français) ? Ce qui a de pratique, dans les pays type Europe ou États-Unis, chrétiens culturellement donc laïcs, c'est que la religion est une option, même là où on prête serment sur la Bible ou même là ou le souverain est aussi le chef de l’Église, comme chez nos amis et voisins britanniques. Dans ce contexte, on se demande bien pourquoi les propos du Pape ont autant d'écho et sont autant rapportés par les journalistes, surtout dans un pays aussi déchristianisé que la France. 

Accessoirement, les murs ne sont pas l'apanage de Trump (7).




Par exemple, il semble qu'Obama n'ait pas démantelé le mur qui existe déjà entre la Californie et le Mexique ?





(1) France TV Info Le pape François estime que Donald Trump n'est "pas chrétien" 18 février 2016
(2) L'Indépendant Donald Trump situe-t-il Paris en Allemagne ? 7 janvier 2016
(3) Le Point Eagles of Death Metal : Jesse Hughes n'est pas si cool que ça 3 décembre 2015
(4) LPL Donald Trump, le cauchemar américain ? 27 aout 2015
(5) Huffington Post Virus Zika, avortement, pédophilie... Les déclarations chocs du pape François 18 février 2016
(6) Le Figaro L'énigme de la longue prière silencieuse du pape devant la Vierge de Guadalupe 14 février 2016
(7) The Economist Boundary walls and fences worldwide 7 janvier 2016

mercredi 6 janvier 2016

Les larmes d'Obama : la ficelle est un peu grosse

Les images ont fait le tour du monde


Barack Obama en train de verser des larmes, pensez donc !

A t-il aussi eu une larme au sujet des exécutions extrajudiciaires exécutées par drones, sous sa responsabilité, lui le prix Nobel de la Paix ?
A t-il pleuré pour ne pas avoir fermé Guantanamo ?

Le port d'armes est garanti par la constitution des Etats Unis. Respectons les valeurs de ce pays. point final.





Sur le meme sujet, lire l'article d'Edouard H, sur Contrepoints Armes à feu : Obama pleure, l’hypocrisie est à son comble

mardi 10 juin 2014

Affaire #BNPParibas : la haine de l’Amérique plus forte que celle de la finance ?

(merci à "Letaulier" pour avoir inspiré le titre !)
Egalement publié sur Contrepoints

Avant toute chose, rendons hommage à BNP Paribas, une belle entreprise, non pas Française, mais Européenne. En effet, BNP Paribas n'est pas juste une banque opérant en France avec des capitaux français, mais une banque à la fois Italienne, Belge, Luxembourgeoise et Française, avec des activités à l'international.
Salutations à tous les lecteurs de ce blog qui travaillent chez BNP Paribas, ils sont nombreux, et à tous ceux qui ont un compte bancaire chez BNP Paribas, ils sont plus nombreux encore !

Cependant, permettons nous de rire !

Oui, c'est risible de voir tous ces gens qui vouaient aux gémonies la finance et qui maintenant défendent BNP Paribas, alors qu’ils ne contestent même pas que cette banque fait commerce avec des pays sous embargo …


En effet, rappelons les principaux points de l'affaire BNP Paribas :
  • 9 banques, dont 8 Européennes sont formellement accusées par le U.S. Treasury’s Office of Foreign Assets Control d'avoir violé des lois fédérales US sur l'embargo envers l'Iran, le Soudan et Cuba (1)
  • Un procureur de l'Etat de New York propose une amende contre BNP Paribas de 10 milliards de dollars, soit près de 10 fois le montant des actifs concernés

Aussitôt le montant de l'amende proposée connu, les réactions ont commencé à pleuvoir en France, du Front National au Front de Gauche, en passant par le PS et même des centristes d'habitude modérés (2) comme l'Hérétique, sur le mode :

  • Les Etats Unis pratiquent une justice extra territoriale
  • Les Etats Unis en veulent à la France et rackettent BNP Paribas
  • Les Etats Unis protègent leurs banques et détruisent l'Europe
  • BNP Paribas fait partie du patrimoine national 
  • Obama doit faire pression sur la justice américaine

Ces critiques font rire. Quand les politiciens français font pression sur Credit Suisse pour que cette dernière adopte la vision française du secret bancaire et de la fraude fiscale, c'est normal. Mais quand la justice US demande à BNP Paribas, une banque active aux Etats Unis, de se conformer aux lois américaines, ce n'est pas normal ? 
Quand à la demande qu'Obama fasse pression sur la justice américaine, elle est hallucinante. 
D'une part, on peut quand même se féliciter du fait que l’exécutif américain et le judiciaire ne fonctionne pas main dans la main, surtout quand, comme nous, on est le ressortissant d'un pays qui a donné les travaux de Montesquieu au monde. 

D'autre part, quand la justice française condamne les chefs d'Etats africains pour des biens mal acquis (avec de l'argent détourné chez eux) grâce à leurs biens immobiliers en France (3), ce n'est pas une justice extra territoriale menée en toute indépendance du monde politique français ? 

Il est donc parfaitement heureux, à ce titre, que non seulement Obama a renvoyé Hollande à ses études (4) mais qu'en plus la justice US ne se laisse pas influencer et propose au contraire d'augmenter le montant de l'amende (5). On a en effet trop tendance à penser que les pays et leurs administrations (au sens large), c'est la même chose. Pourtant, que penserait-on si un chef d'état africain demandait à Hollande de faire pression sur un juge pour qu'il laisse tomber une enquête ? 


Imaginons qu'il y ait vraiment un complot américain pour détruire la finance française. Déjà, Hollande et ses amis de gauche et d'extrême gauche devraient être contents. Ils avaient promis, un certain jour de 2012, de lutter contre cet ennemi sans visage. Mais surtout, qu'est ce qui empêche des citoyens Européens de porter plainte contre Citigroup, Goldman Sachs ou JP Morgan, si quelques faits puissent leur être reprochés ? Que ces mêmes citoyens Européens n'oublient pas d'inclure Laurent Fabius et François Hollande dans leur plainte car, sauf preuve du contraire, la France soutient les embargos contre Cuba, l'Iran et le Soudan.

Certes, l'affaire BNP Paribas montre que les politiciens des Etats Unis jouent le même jeu que la France et les autres pratiquent, à savoir le droit du plus fort visant à étendre sa souveraineté au détriment des autres (voir les réflexions de Charles Gave (6) à ce sujet sur son blog Institut des Libertés). Nos voisins et amis Suisses s'en étaient déjà rendus compte, et on avait pas entendu Fabius ou Hollande défendre UBS, elle aussi menacée de retrait de licence à Wall Street (7).  Mais la convergence entre  la volonté politique d'un pays démocratique et une décision de justice montre que c'est surtout contre l'étatisme et le capitalisme de connivence, de part et d'autre de l'Atlantique, qu'il faut lutter !

Les choses sont en réalité très simples : une poignée de cadres de BNP Paribas, une banque qui est aussi américaine, ont pratiqué des transactions illégales. BNP Paribas a déjà commencé à prendre des sanctions, et la justice US s'en mêle.

Dès lors, plusieurs attitudes sont possibles : soit on admet que la classe politique française prenne la défense de BNP Paribas, ce qui implique que nous ne croyons pas à l'indépendance de la justice US et que nous rejetons aussi les choix diplomatiques de notre pays, la France, soit on laisse la justice US faire son boulot. 

Mais, en France, manifestement, la haine de l’Amérique semble décidément plus forte que celle de la finance  (8) !





Edit : hypothèse alternative. Partant du principe que le Président Hollande est loin d'etre stupide et qu'il a quand même une petite idée du fonctionnement des Etats Unis, alors cet ancien Young Leader de la French American Foundation serait volontairement intervenu, sachant très bien que cela allait accroître la détermination de la justice US à punir BNP Paribas ? Ainsi, le Président Hollande ferait faire un sale boulot par d'autres ?






(1) Wall Street Journal BNP Paribas In Probe by NY, Federal Investigators 13 février 2014
(2) L'Hérétique BNP : les Américains méritent une méga-claque dans la gueule 29 mai 2014
(3) Le Monde Les "biens mal acquis" africains gênent la France 9 juin 2011
(4) Wall Street Journal Obama Says He Has No Role In Any BNP Paribas Penalties 5 juin 2014
(5) Atlantico BNP Paribas : l'amende serait en réalité de 16 milliards de dollars 6 juin 2014
(6) Institut des Libertés A propos de l’ affaire BNP et de mes certitudes 8 juin 2014
(7) Le Parisien Libéral Secret bancaire : les Suisses ne doivent pas céder ! 5 septembre 2011
(8) Démystifier la finance BNP Paribas. La leçon de gouvernance du Professeur Obama 8 juin 2014

vendredi 11 avril 2014

Qui décide aux Etats-Unis ?

Il y a maintenant une semaine, voila ce qu'on pouvait lire dans la presse.


Dans un monde idéal, à la base, Boeing ni aucune autre entreprise n'aurait jamais du être interdit de vendre ce qu'il voulait à qui il voulait. Mais dans le monde réel du droit du plus fort et des gouvernements interventionnistes, "les Etats-Unis" avaient réussi à imposer un programme de sanctions contre l'Iran. 

Déjà, on peut, jusqu'à présent, se demander de quoi on se mêle quand on interdit à tel ou tel pays de se doter de bombes nucléaires, alors qu'on en possède soi-même. 

Mais surtout, on se souvient du fait que les autorités américaines (une tierce partie, donc) avaient réussi à imposer à Peugeot Citroen SA de ne plus vendre en Iran, un marché sur lequel cette firme avait de bonnes parts de marché. 

Questions : 
  • qu'est ce qui justifie ce revirement soudain dans la politique américaine, et ce alors que l'on parle toujours d'"aller bombarder l'Iran" ? 
  • Puisque Boeing peut vendre des pièces détachées en Iran, PSA va t-il pouvoir reprendre ses affaires la bas, avec ou sans autorisation de quiconque, d'ailleurs ? 
Il y a, de manière plus générale, de plus en plus de voix qui veulent remettre en cause l'atlantisme français, c'est à dire la coopération automatique, d'Etat à Etat. La nouveauté est qu'elles n’émanent plus uniquement de l'extrême gauche communiste. La dernière en date est la tribune de Jean Arthuis, un centriste, qui a écrit :  "7 bonnes raisons de s'opposer au traité de libre-échange transatlantique" (1). Certains de ses arguments semblent frappés au coin du bon sens. 

Tout ceci renvoie au manque de clarté de la diplomatie américaine et à la confusion de la politique étrangère du Président Obama qui, d'un coté, a échoué à combattre le complexe militaro industriel qui dirige vraiment les Etats-Unis (2) et, de l'autre, a renoncé à revenir sur la patriotactisation des Etats-Unis, initiée par W. Bush. Comment les autorités américaines peuvent ne pas comprendre qu'elles n'ont pas, par exemple, de juridiction en dehors de leurs frontières et qu'évaluer la sécurité d'une usine Suisse ne semble pas de leur ressort ? 




Aux Etats-Unis comme ailleurs, il faut que les gens reprennent le pouvoir sur des Etats devenus complètement fous, et hors de contrôle. 
Si les libertariens, derrière Ron Paul, ne prennent pas le contrôle du pays, on peut s'attendre à d'autres actions liberticides du genre de celles que dénoncaient Edward Snowden. Ne laissons pas, ici comme outre Atlantique, les liberticides gagner la guerre contre les libertés. 


(2) La Chronique Agora L’Etat profond s’est installé aux Etats-Unis 1er Avril 2014


vendredi 13 septembre 2013

Et maintenant, Mr le Président ?

Le Président Hollande "sort" d'une phase compliquée : sa volonté de jouer les va-t-en-guerre, en s’immisçant dans la terrible guerre civile Syrienne, a abouti au fait que la France, en tant que voix diplomatique, a été ridiculisée. Le pouvoir socialiste est curieusement apparu comme étant à la botte d'un atlantisme surprenant, avant de se faire recaler par la démocratie, celle qu'ont exercé les parlements américains et anglais.


Syrie: vers la destitution d'Obama? par Bertrand11111

Les anglo-américains nous montrent que l'on peut encore croire en la démocratie. Voila des pays où, in fine et malgré leurs énormes imperfections, des élus peuvent envisager de destituer le président ou de dire non au premier ministre. Et chez nous ? 

Et maintenant, que va faire le Président Hollande ? Pourquoi pas une guerre contre les Etats-Unis ? Après tout, entre l'usage de phosphore blanc à Fallujah (1), lors de la guerre d'Irak, et les menaces contre les libertés de citoyens Européens (espionnage massif et généralisé de la NSA (2), FATCA (3), directive PNR (4)), il y aurait de quoi intervenir, si on s'en tenait aux discours sur les menaces que le pouvoir socialiste français tient. Pas besoin de guerre, les libertariens américains se chargent de dénoncer et combattre ce qui ne va pas chez eux (5). 

Par contre, qui protège les français des décisions ineptes du pouvoir ? Il n'y a malheureusement, à ce jour et mêle en voulant être constructif, absolument rien de bon dans la politique que mènent les socialistes, y. compris chez ceux dont le style tendraient à faire croire qu'ils sont actifs. 



Délinquance en explosion, chômage en hausse, fiscalité étouffante, le tout sur fond de dissensions au sein de la majorité et d'absence totale de cap, tant la politique intérieure qu'extérieure amène à dire que le bilan est sans appel. 

Il appelle une décision et une seule : la dissolution de l'Assemblée Nationale.



(1) RFI L’armée américaine aurait utilisé des armes chimiques 9 Novembre 2005
(2) France Info TV Espionnage d'internet : le Quai d'Orsay cible de la NSA 9 Septembre 2013
(3) Trend Le Vif FATCA, ou la coopération fiscale forcée avec tous les pays d'Europe? 10  Septembre 2013
(4) Réseau Universitaire Européen Le rejet de la proposition de directive « PNR » par la Commission des libertés civiles du Parlement européen : l’impossible alchimie entre lutte contre le terrorisme et protection des droits fondamentaux ?
(5) Repeal FATCA Letter to Treasury Secretary Geithner from Senators Rand Paul, Jim DeMint, Mike Lee, and Saxby Chambliss 14 Aout 2013

mardi 3 septembre 2013

L'Amérique de Bush n'a rien à voir avec celle d'Obama #Pompili

Vous avez entendu cette petite phrase, hier ? L'Amérique de Bush n'a rien à voir avec celle d'Obama, signé Barbara Pompili, députée EELV de la Somme.
Barbara Pompili,
députée EELV

La cécité qui peut parfois caractériser des responsables politiques qui savent pourtant lire est surprenante. 

Que l'on déteste W. Bush, un fils à papa qui a fait fortune dans le pétrole, pourquoi pas. Mais qu'on définisse tout un pays fédéral, composé de 50 Etats, par le profil sociologique de son président, faut-il aller jusque là ? 
De même, on peut être admiratif du symbole Obama, ou même de son parcours qui l'a mené de Harvard à la Maison Blanche, faut-il pour autant penser que le Président des Etats Unis d'Amérique fait l'Amérique ? 

Obama a eu un prix Nobel de la paix, certes le prix Nobel le plus prestigieux, mais dont il se serait bien passé. En effet, le Président des Etats Unis, une nation qui était en guerre en 2008 et qui l'est toujours, ne pourra jamais être (en tout cas dans un futur proche) Jésus. Il sera toujours, au mieux, Ponce Pilate, à moins qu'il adopte une politique activement isolationniste, comme Ron Paul le proposait, ce qui lui sera du coup reproché par le monde entier. 

Est-ce que le Président Obama a fermé la base militaire de Guantanamo Bay ? Non. A t-il aboli le
Président des Etats-Unis, avant tout
Patriot Act ? Non. A t-il infléchi le programme de drones tueurs de gens, y compris potentiellement américains, sans procès ? Non. 
Que faut-il pour que les gens comprennent qu'on peut être un ancien travailleur social dans les quartiers défavorisés de Chicago et pour autant ne pas hésiter à faire espionner les diplomates de l'ONU ? 

On se doute que quand la gauche oppose "l'Amérique de Bush à celle d'Obama", elle oppose en réalité la France de Sarkozy à celle de Hollande. En Juillet dernier, alors que Hollande était au pouvoir depuis un an, le gouvernement Ayrault n'en n'était-il pas réduit à sortir son fameux CEstLaFauteASarkozy, lors des séances de questions au gouvernement notamment, pour justifier ses propres échecs ?

Ce faisant, Barbara Pompili et les autres oublient deux choses. D'une part, en France comme aux Etats-Unis, le bipartisme a des limites, et la moitié de la population ne vote pas et/ou ne se reconnait pas dans le concept de gauche/droite. D'autre part, un pays, n'importe lequel, est le résultat du travail de ses habitants, le politicien n'étant qu'un facilitateur ou un organisateur. C'est d'autant plus vrai de l'Amérique. Les Etats-Unis, ce sont les gens qui ont bâti ce pays, pas juste Obama (ou Bush, à l'époque). La révolution énergétique ? Elle est menée par des raiders, des capitalistes qui, comme T Boone Pickens, investissent leur propre argent.



La révolution des transports ? La Tesla a été crée par une entreprise privée californienne, pas par un politicien de Washington.



On pourrait multiplier les exemples à l'infini, tant dans le coté positif que du coté négatif. Mais ce qui est sûr, c'est qu'il serait bon de sortir de l'admiration béate que certains portent aux Etats Unis au même type que du Amérique bashing. 

Ainsi, on pourrait réfléchir calmement à la nature des relations diplomatiques et commerciales que nous souhaitons entretenir avec les Etats-Unis, mais aussi au type de politique économique et sociale que nous souhaitons mener ici, chez nous, en Europe et à la façon dont la politique, en appliquant par exemple la devise des libéraux démocrates allemands (So viel Staat wie nötig, so wenig Staat wie möglich!, autant d'Etat que nécessaire, aussi peu que possible) pourrait redonner du pouvoir aux gens. 

jeudi 4 juillet 2013

ID4 ?


Puissent les américains épris de sécurité y compris au dépend de la liberté (y compris la NSA, le FBI et la CIA), se souvenir, en ce 4 juillet, du fait que malgré le Patriot Act, le monde n'est pas plus sûr (euphémisme) depuis le 11/9.




mardi 25 juin 2013

Edward Snowden, un sacrifice pour rien ?

ses révélations sur Prism servent surtout à alimenter l'anti américanisme. Cette sentence est inexacte.
DJ assimile la critique de la politique américaine à de l'anti américanisme. 

Or, des critiques contre les atteintes aux libertés civiles proviennent avant tout des Etats-Unis. C'est par exemple Steve Wozniak qui ce matin, dans le Guardian, regrette qu'avec le Patriot Act, les Etats Unis deviennent un peu une nouvelle URSS. Or, qui peut nier que le cofondateur d'Apple a bien plus contribué à ce que sont les Etats Unis que quasiment quiconque ? 

Les libertariens aussi (voir le blog du Libertarian Party), critiquent Prism. Et ils sont pourtant loin d'etre anti américains, puisque la presse Européenne leur reproche en général, par le biais d'un angle de lecture quasi systématiquement ethnocentrique et américanophobe, d'être des ultra nationalistes isolationnistes. 

En fait, de manière plus générale, il faudrait cesser de confondre systématiquement peuple, nation et Etat. Ce sont trois notions assez différentes. On le voit bien en France, critiquer Hollande n'est pas faire du France bashing, par exemple. C'est juste faire du Hollande bashing. Un peuple et une Nation ont une réalité bien différentes de celle d'un Etat, y compris quand, comme aux Etats-Unis, une majorité de citoyens supportent les actions liberticides de l'Etat. 

"Not in our name", chantaient les militants anti guerre du Golfe sous Bush. Où sont-ils passés, alors que Obama a gardé le Patriot Act et les drones ? 

Par contre, la où DJ a entièrement raison, c'est quand il souligne le paradoxe à ce qu'un défenseur de  la liberté aux Etats-Unis doive faire appel à la Russie et autres grandes démocraties. Peut-être que le problème vient du fait que les démocraties, ou en tout cas les Etats qui font la guerre à d'autre au nom de la démocratie, n'ont pas émis de protestations très vives vis-à-vis des Etats-Unis ...
A croire qu'ils veulent vraiment que les terroristes gagnent leur guerre, celle menée contre nos libertés civiles. 

mardi 11 juin 2013

Justice et séparation des pouvoirs

Le fait que des démocraties bafouent allègrement les règles de traitement équitable, proportionné et consistant  des gens et des situations est absolument catastrophique.

Hier, on apprenait que les Hommen, qui avaient perturbé la finale de Roland Garros (lire le blog Le Parisien Libéral ou Agoravox). Mais qu'estce qui justifie le fait de garder à vue des jeunes gens pendant 24 heures (si on en croit les intéressés et leurs amis qui s'expriment sur Twitter) ? 
Les Femen ont-elles été gardées à vue suite à leur profanation de Notre Dame de Paris ? 

Hier toujours, on "apprenait" que les Etats-Unis avaient un gigantesque programme de surveillance de l'ensemble des communications électroniques mondiales (lire Scandale des écoutes : l'inquiétante politique américaine sur Contrepoints et Menaces sur nos libertés sur Libertarien Blog). 

Cette nouvelle survient quelques semaines après qu'on apprenne que l'IRS, le fisc américain, avait diligenté des contrôles approfondis envers les personnes ou organisations proches du Tea Party et des mouvements libertariens (lire Watergate, Iran-gate, Monica-gate... A quand un Obama-gate ? sur Atlantico). 

On peut mettre des guillemets à "apprendre" car il n'y a en réalité rien de neuf dans cette nouvelle, hormis l'extraordinaire courage d'Edward Snowden, le jeune consultant qui a dénoncé les pratiques de la NSA. Rien de neuf car, et les médias n'en parlent pas, aucune des mesures liberticides de Bush n'avait été abrogées
après 2008. Le Patriot Act ? Toujours en vigueur. Guantanamo Bay ? Pas fermée. La NSA ? Renforcée.
On peut à 100% comprendre que fermer Guantanamo Bay n'est pas si simple. Mais le Patriot Act ? C'est facile. Il suffit de décider qu'il est illégal, pour le gouvernement, d'écouter et de surveiller ses citoyens.

Nous ne pouvions pas dire que nous n’étions pas prévenus, ceci étant. La littérature et le cinéma, y compris grand public, nous tiennent informés. Mais surtout, les politiciens ne se cachent même plus. 

Est-ce que ce mouvement anti libertés civiles correspond à une demande du public, auquel cas il n'y aurait rien à dire ? 

Même pas, et c'est là où la situation est dommageable. En effet, tout le monde commence à comprendre que même le fait de vivre dans une ville archi vidéosurveillée comme à Londres n'empêche pas de se faire trancher la gorge en pleine rue. De plus, il parait que les démocraties occidentales ont une mission, celle de propager l'Etat de droit dans le monde. Y avons-nous renoncé ? Si c'est le cas, n'allons pas donner des leçons aux despotes de tout poil, de la Turquie à la République Populaire de Chine. Mais si la mission est toujours d'actualité, alors balayons devant notre porte avant.

Nous, citoyens, devons juste nous rappeler que le gouvernement et ses agents n'est pas bon par nature, et que "seul le pouvoir arrête le pouvoir". Cette maxime édictée par Montesquieu est un principe constitutionnel, dans des démocraties comme la France et les Etats Unis d'Amérique. Aidons les politiciens à ne pas abuser du pouvoir qui leur est confié. Mobilisons nous en faveur d'un Etat aussi restreint et juste que possible mais aussi étendu que nécessaire. 

samedi 15 décembre 2012

Tuerie du Connecticut

Personne ne peut rester insensible au drame de l'école de Newton, Connecticut. Comme le Président Obama, chacun associera ses prières aux familles touchées par le drame. 

Néanmoins, ne ne trompons pas de procès. Ce qui a tué dans le Connecticut, ça n'est pas le deuxième amendement mais un jeune homme qui a pressé sur une détente.

La législation sur le port d'armes est bien plus stricte chez nous en France qu'aux Etats Unis, pourtant, la ville de Marseille notamment, ou la Corse, sont régulièrement endeuillées par des drames impliquant des armes à feu. Inversement, des pays démocratiques et surarmés peuvent être des coins tranquilles. C'est bien la preuve que les problèmes sont liées non pas à la présence d'armes mais bien à leurs utilisateurs.

Pour les libéraux,. les choses sont claires :  L'État, qui est le plus grand acheteur (ou vendeur) d'armes, bombes, missiles, avions de chasse, etc., est mal placé d'un point de vue moral pour défendre une telle interdiction. Et Comme dans le cas de l'interdiction de la drogue, la prohibition ne profite qu'à ceux qui ne la respectent pas (marché noir, trafics), tandis que ceux qui se conforment docilement à la loi sont les premières victimes (voir Wikilibéral).

Ce ne sont pas les armes qui sont dangereuses mais ceux qui les manient.



voir aussi 

vendredi 16 novembre 2012

Friendly furchtbaren Couac !

7 novembre 2012

"La lettre adressée par François Hollande n'a pas manqué de faire réagir. Non pas tant par son contenu que par la formule de politesse, écrite de la main du président français, qui la conclut. François Hollande a effectivement employé un simple "Friendly" dans sa lettre, visible sur la page Facebook officielle de l’Élysée."



15 novembre 2012

"Par erreur, Jean-Marc Ayrault évoque l'"effroyable dialogue" franco-allemand. Lors d'un colloque à Berlin, le Premier ministre français, par ailleurs professeur d'allemand, a dit le contraire de ce qu'il voulait dire. Le premier ministre français a fait un lapsus au moment où il évoquait les relations franco-allemandes.. Au lieu de prononcer les mots "fruchtbaren Austausch" qui signifient "dialogue fructueux", il a parlé de " furchtbaren Austausch", soit "effroyable dialogue", rapporte Europe 1. Venant d'un ancien professeur d'allemand, cette erreur ne pouvait passer inaperçue. Elle n'a sans doute pas échappé aux entrepreneurs réunis dans une salle berlinoise par le quotidien Süddeutsche Zeitung".

source : BFM TV


Grave ? Non. Ces deux petites erreurs, qui ne font juste que détériorer l'image des français à l'étranger, confirment quand même une chose : la compétitivité du pays, c'est nous tous qui la feront, et non pas quelques technocrates franco-français. 

Un exemple : le rapport Gallois. Son vrai titre, c'est le rapport sur la compétitivité de l'industrie française. Certes, comme le rapporte Pierre de Lauzun chez Contrepoints, il constitue un électrochoc salutaire. Mais, avez-vous remarqué que 7 travailleurs sur 10 de ce pays ne travaillent pas dans l'industrie ? Le gros de notre économie (marchande), ce sont les services. Et la France a quand même encore un peu d'avance dans une industrie particulière : le tourisme. On ne délocalisera pas tout de suite la Tour Eiffel, Disneyland, le Chateau de Versailles et la Cote d'Azur.

Alors que nous avons les sites touristiques parmi les plus attractifs au monde, la dépense par touriste étranger chez nous est pourtant inférieure à son potentiel. Pourquoi ? Parce que par rapport à l'Espagne ou aux Etats Unis, nous ne sommes pas compétitifs. Il serait pourtant simple de faire de la France une vraie terre d'accueil pour les touristes, pour qu'ils aient plaisir à dépenser chez nous. Et gagner en compétitivité dans ce domaine ne dépend pas de la réglementation sur les heures de travail ou du montant des charges sociales.

Nous pouvons tous apprendre à sourire ou à parler quelques mots (corrects) d'anglais. cela dépend de nous, et non pas du gouvernement. D'ailleurs, pour mieux accueillir les touristes, les initiatives sont la : la nouvelle signalétique des taxis parisiens ou les nouvelles boutiques d'Orly et de Roissy en sont deux exemples. Mais si les élites socialistes , pourtant instruites, ne font pas l'effort de suivre le mouvement, l'image d'une France pourtant ouverte sur le monde ne s'améliorera pas.  

mercredi 7 novembre 2012

"Un choix clair en faveur d'une Amérique ouverte"

Comme on pouvait s'y attendre, les socialistes français (de gauche comme de droite) rivalisent de ridicule en matière de félicitations adressés au Président Obama.


  • Prenez Anne Hidalgo :
"Depuis #Paris, toutes mes félicitations à @barackobama pour cette victoire méritée! Félicitations également à @ambrivkin!
— Anne Hidalgo (@Anne_Hidalgo) Novembre 7, 2012"

Question : pourquoi mettre l'ambassadeur US en France dans la boucle ? Etait-il un militant ? Où bien Anne Hidalgo essaye de faire ami-ami ? ;-). Que Anne Hidalgo relise plutôt les dossier Wikileaks montrant à quel point les politicards français type Marie-Ségolène Royal deviennent ridicules à certains moments.  


  • Prenez le Parti Socialiste et Harlem Désir:  
"La réélection de Barack Obama est une grande victoire pour le parti démocrate et les forces progressistes qui se battent aux Etats-Unis pour plus de justice fiscale, la protection sociale, les réformes de société comme le droit au mariage pour tous, la coopération internationale et la paix face à la droite ultra-réactionnaire qui soutenait le Républicain Mitt Romney. (...) Au cours de son premier mandat, face à la crise économique, à la montée du chômage et de la pauvreté, le Président Obama a mis en oeuvre des mesures de régulation du système bancaire, un soutien de l'Etat à l'industrie automobile pour sauver les emplois et une réforme historique du système de santé pour accorder une sécurité sociale à des millions d'Américains qui en étaient dépourvus. Il a tourné la page de l'ère Bush et impulsé un tournant majeur dans la politique étrangère américaine avec la fin de la guerre en Irak et le refus d'une politique de choc des civilisations". 

On ne peut que pouffer de rire, surtout quand BNP Paribas, CACIB et SocGen seront définitivement évincées par JP Morgan, Goldman Sachs et Citigroup du marché des matières premières. 

Le spectre politique US est à ce point différent du notre que l'UMP et le PS peuvent utiliser quasiment les mêmes mots pour féliciter Obama : 

Le PS «souhaite des relations de coopération fortes entre la France, l'Europe et les Etats-Unis sur les grands défis internationaux que sont la régulation de la finance mondiale , la création d'une taxe sur les transactions financières internationales [NDLR : taxe crée par Sarkozy et Fillon, ne l'oublions pas], l'aide au développement, la lutte contre le changement climatique et la paix au Proche-Orient».

François Fillon, ex-Premier ministre UMP, s'est réjouit que «la communauté internationale, l'Europe, la France (puissent) compter sur le dynamisme et le pragmatisme de Barack Obama afin de faire face aux défis de notre temps». Nous devrons joindre nos efforts pour apporter des solutions pérennes à la crise financière, au changement climatique et parvenir à une paix durable au Proche-Orient» (source : le Parisien) .

Mêmes mots, mêmes souhaits dirigistes, à gauche comme à droite. 

Le summum est atteint quand nos socialistes projettent leurs fantasmes.




De quelle Amérique ouverte parle t-il ? De celle du Patriot Act ?

Ne vous y trompez pas, les libéraux ne sont pas tombés dans l'anti-américanisme. Les libéraux sont toujours des Atlantistes convaincus pour la plupart. Il convient juste de se souvenir que l'élection du président des Etats-Unis : 

  • ne peut pas être l'élection d'un homme de paix, au vu de l'engagement actuel des Etats-Unis dans divers conflits
  • ne change rien aux lois, votées par états fédérés et non pas au niveau fédéral, comme la peine de mort ou l'avortement
  • est limitée par le fait que la séparation des pouvoirs est stricte, aux Etats-Unis à la différence de chez nous où Couacman joue le 1er Ministre et le président du Conseil Constitutionnel
  • est relativisée par, hélas, le poids du lobby militaro-industriel
  • n'a pas vraiment d'impact, heureusement, sur ce qui fait vraiment l'Amérique, ses créateurs, ses inventeurs, de Mark Zuckerberg à Georges Lucas, en passant par Steve Jobs, John Galt ;-) ...
Il y a un monde entre l'Amérique d'Ayn Rand, de Ron Paul, de Peter Thiel ou de Kelly Clarkson d'une part, et celle de Joseph Stiglitz (le keynesien qui n'a pas vu venir la crise), de Harry Reid (le démocrate raciste refoulé), de John Surma (PDG de US Steel) ou de Jay-Z d'autre part. 

Si les socialistes ne l'ont pas compris, c'est normal, c'est parce qu'ils pensent que l'identité des individus est subordonnée à leur catégorisation administrative, dont la nationalité est le premier niveau. 
Enfin, puisque Hollande est persuadé que tout va bien dans le meilleur des mondes, pourquoi ne demande t-il pas : 
  • l'abolition de l'interdiction de transporter des liquides lors de trajets en avion 
  • la suspension de la directive PNR (chaque fois que vous voyagez, votre dossier est transmis in extenso à on ne sait qui).  

Congratulations, Mister President !

C’est reparti pour Four More Years !

Congratulations, Mister President !

Mais, comme disaient Aurélien Véron et les libéraux, qui rappelle que Guantanamo est toujours ouvert, et le Patriot Act toujours en vigueur ? Qui nous éclaire sur le renforcement récent du National Defense Authorization Act qui autorise dorénavant l’arrestation de tout citoyen américain suspecté de comploter pour une durée indéfinie et sans aucun droit de faire appel à un avocat ? Qui parle des drones assassinant des citoyens américains sans procès à l’autre bout du monde ? Le Président sortant a non seulement poursuivi la politique de son prédécesseur, mais il lui a donné une ampleur inégalée jusqu’ici. Est-ce ça, l’idéal des Obamaniaques, une bureaucratie centralisée qui place ses citoyens sous surveillance où qu’ils soient dans le monde, et qui se déclare prête à les incarcérer pendant des années sans droits, voire à les abattre sans procès ? 

Dommage pour les Républicains, ils ont préféré envoyer Mitt Romney (qui avait pratiqué au niveau local ce qu'il critiquait au niveau fédéral  à savoir creer une Securité Sociale dans le Massachussets), plutot que Ron Paul, un vrai libéral (au sens Européen du terme, c'est à dire libertarian). Mitt Romney n'était pas Ronald Reagan non plus.

Cependant, félicitations à Barack Obama, après tout c'est le seul dirigeant post Lehman réélu. Ca n'est pas une mince performance !


mercredi 31 octobre 2012

Au coeur du Tea Party - Arte

Après que Telerama ait caricaturé Ayn Rand la semaine dernière, y compris avec des jeux de mots douteux (montée de Ayn... ), Arte schématise le Tea Party !





Quand les médias de la gauche Bac +8 française étudient le phénomène libéral (au sens Européen) américain, les barrières sautent !

Il n'y a qu'à lire la présentation du reportage par Arte : 

Bienvenue à Nashville, capitale du Tennessee et coeur battant d'un mouvement qui veut tirer le parti républicain vers la droite. Qui sont ses militants ? Ben Cunningham se bat depuis des années contre les hausses d'impôts et pour la défense du droit de propriété tandis que Ken Marrero et sa femme préfèrent faire cours eux-mêmes à leurs enfants plutôt que de les envoyer à l'école publique. De leur côté, après le 11-Septembre, Tess Saint Clair et Ralph Weber ont acheté un camping-car pour se mettre à l'abri en cas de nouvelle attaque terroriste. La voix des déçus Américain blanc, de sexe masculin, âgé de 50 ans ou plus, ayant un emploi et appartenant à la classe moyenne : tel se présente le partisan lambda du Tea Party. Mais Astrid Schult a aussi rencontré de nombreux déçus de tous bords, qui ne font plus confiance à la classe politique pour améliorer leur vie et défendre leurs intérêts. Le mouvement, qui met au pinacle les valeurs traditionnelles et l'indépendance de l'échelon local vis-à-vis de Washington, séduit et élargit ainsi sa base. Pèsera-t-il dans l'élection présidentielle ?

carte des membres du caucus Tea Party par Etat
Commençons par le commencement : bienvenue à Nashville. Déjà, sur 61 représentants Tea Party (lire Members, 112th Congress sur Wikipedia), seuls 2 viennent  du Tennessee. Pourquoi ne pas être allé au Texas ? Mystère. Un peu comme si, pour comprendre le FN, on interrogeait Arnatu (une élue FN au conseil régional d'Ile de France) au lieu d'aller à Orange ou Vitrolles. 

Continuons sur le bienvenue à Nashville. Le Tennessee est un état pauvre et rural. Pourquoi essayer de comprendre l'Amérique à partir de ce cas particulier où les démocrates et les républicains y sont aussi plus marqués par la réalité locale d'une histoire raciste, sudiste et sécessionniste ?  Quand les journalistes Américains débarquent pendant des émeutes dans une banlieue de Seine Saint Denis et tirent des conclusions d'ordre général, les Français hurlent et ils ont raison. Arte ne se permet pas ce genre de précautions. Si Arte avait poussé son reportage jusqu'au bout, ils auraient vu que le Tennessee a 9 représentants au Congrès à Washington, et que sur ces 9, deux sont démocrates (le parti d'Obama). L'un deux, Jim Cooper, est un ami de la NRA, la célèbre association pro armes. On montre un reportage de gens surarmés en disant voila le Tea Party, mais on oublie que dans le Tennessee, tout le monde est armé. Voila la déontologie et la rigueur journalistique d'Arte. 

Ensuite, les valeurs du Tea Party. Contre les hausses d'impôts/pour la défense du droit de propriété/faire cours eux-mêmes à ses enfants plutôt que de les envoyer à l'école publique. En effet, quel extrémisme ! Que ce soit des valeurs compatibles avec la Constitution US ne semble pas important. Mais même du point de vue de la gauche Européenne dont Arte est un bon représentant, comment peuvent-ils approuver sans réserves les hausses d'impôts et les atteintes au droit de propriété ? Comment peut-on en même temps critiquer une Amérique ultra interventionniste, qui part faire la guerre aux 4 coins du monde, et ostraciser ceux qui ne veulent pas que l'Etat fédéral prenne de plus en plus de poids, grâce aux impôts notamment ? Pourtant, en bonne gauchiste, la réalisatrice de "Au coeur du Tea Party" veut aussi être aussi une "humaniste" prenant le temps de verser une larme sur la souffrance des GI's de retour de combat (voir Dokumentar : Der innere Krieg sur le site du Zeit). 

sondage Gallup
La voix des déçus Américain blanc, de sexe masculin, âgé de 50 ans ou plus, ayant un emploi et appartenant à la classe moyenne, c'est ça le Tea Party ? Mais comment peut-on, une fois de plus, tirer des conclusions de portée générale à partir de micro trottoirs ? D'abord, les blancs représentent 86% de la population du Tennessee. Il est donc logique d'en retrouver dans les partis politiques. Un sondage de Gallup d'Avril 2010 montre qui sont les sympathisants du Tea Party. Leur profil n'est pas éloigné de celui de l'ensemble de la population. Les hommes y sont 55% (contre 49% dans l'ensemble de la population), ce qui est plus que la moyenne mais pas écrasant.

Allen West, Tea Party
Autrement dit, la thèse qui consiste à confondre le Tea Party avec le Ku Klux Klan ne tient pas la route, même s'il y a forcément des racistes au sein du Tea Party, comme chez les Démocrates et les Républicains. Evidemment, la réalisatrice de "Au coeur du Tea Party" qui ne doit lire que le Spiegel, le Monde et le Guardian n'a probablement jamais entendu parlé d'Andre Carson, Lenny McAllister, Lloyd Marcus, Deneen Borelli, Allen West et autres "non white persons who support the Tea Party movement".

Michele Bachmann, Tea Party
Est ce que le Tea Party pèsera dans l'élection ? Probablement pas. Sa faiblesse réside justement dans le fait que le représentant républicain qui, quand il était gouverneur du Massachusetts, a appliqué au niveau local les idées d'Obama. Certes, Ryan Paul est présent dans la course. Mais si Ron Paul ou Michele Bachmann avaient été choisis par les Républicains, les idées du Tea Party auraient été mieux représentées. 




Alors, pour suivre cette élection présidentielle sans suspense (c'est encore un diplômé de Harvard qui va gagner ;-)  ), pensez à suivre les scores de Gary Johnson (candidat Libertarien), car, oui, contrairement à ce que les médias laissent penser, il y a plus que deux candidats à cette Présidentielle US 2012 (http://en.wikipedia.org/wiki/United_States_presidential_election,_2012). Il y a même une écolo !  Que le Président Obama séduise par son charisme et son parcours personnel hors des sentiers battus, o.k. Mais ne nous laissons pas abuser : Guantanamo n'est pas fermée, les GI's sont toujours aux 4 coins du monde, la FED fait toujours n'importe quoi, la TSA pelote en toute impunité, les libertés civiles reculent aux Etats Unis, le Patriot Act n'a pas été aboli. 

Egalement sur Contrepoints - 

Le Tea Party selon Arte

http://www.contrepoints.org/2012/11/02/102916-le-tea-party-selon-arte

mardi 23 octobre 2012

Obama ou Romney ?


Il parait, selon les derniers sondages, qu'Obama est légèrement en tête. Cette élection se jouera donc sur la ligne finale. En attendant, qui "choisir" ?

Obama - Romney

Pour Charles Beigbeider, Arnaud Dassier, Philippe Karsenty, Aurélien Véron et Thomas Zlodowski, alias le Bureau national du Parti Libéral Démocrate, le choix est clair : c'est Romney. Pourquoi ? "parce que Barack Obama aura été un mauvais président des Etats-Unis. Mais surtout parce que Romney et Ryan ont effectué le bon diagnostic et qu’ils proposent des solutions inventives et libérales pour sortir l’Amérique du déclin économique." (Lire leur tribune dans Libération). 
C'est une analyse que partagent D.J et liberté, ou Guy Millière (seul contre tous à "ce soir ou jamais" du 9 octobre 2012). Libertarien ajoute qu'Obama n'a réglé aucun problèmes en 4 ans. 

Pourtant, il est difficile d'être enthousiasmé par Mitt Romney. Il n'y a quasiment pas de différences idéologiques entre Mitt Romney et Barack Obama. Mitt Romney n'a rien d'un Ronald Reagan. 

Bush - Kerry
D'un coté, nous avons un diplômé de Harvard  âgé de 65 ans, qui parle français, ancien financier à Wall Street et qui a dirigé le Massachusetts, de l'autre nous avons un diplômé de Harvard âgé de 51 ans et qui est au pouvoir à la Maison Blanche depuis 4 ans. Est ce que, comme Bush et Kerry, d'autres anciens de la même fac, ils sont également membres des Skulls & Bones ;-) ?  

La première vraie différence vient de leurs vice présidents potentiels.

Ryan - Biden

 D'un coté, un lecteur de Ayn Rand, de l'autre, un professionnel de longue date de la politique politicienne américaine (lire le profil Wikipedia de Joe Biden). 

change we can believe in
Mais sur le fond, qu'est ce qui pourrait différencier Obama de Romney ? Vous vous souvenez de "hope" et  "change we can believe in". Obama a remplacé W. Bush. Est ce que les guerres dans lesquelles l'armée américaine est engagée ont cessé ? Un petit tour sur le site officiel de l'armée américaine permet de soulever quelques doutes, et ce malgré le Prix Nobel de la Paix (un prix hélas impossible à décerner à un président des Etats Unis en exercice). Est-ce que le Patriot Act a été abrogé ? La prison de Guantanamo Bay a t-elle été fermée ? Hélas, non, les choses ne sont pas si simples. Comme en Europe, en plus de se voir imposer une Sécurité Sociale obligatoire, les américains doivent maintenant composer avec des forces policières au sens large (telles que la TSA) dotées de larges pouvoirs dont la constitutionnalité est l'objet de débats, aux Etats Unis. 

Ron Paul
Il est toujours difficile de vouloir analyser le spectre politique Américain avec un regard Européen, encore plus si on est français, car on a du mal à comprendre que le Parti Démocrate a un programme proche de celui de l'UDI, c'est à dire pas vraiment ultra interventionnisme comme nos socialistes savent le faire. Mais il est encore plus difficile de vouloir parler de Ron Paul. Déjà, de manière globale, les Européens en général et les français en particulier ont tendance à reprocher des choses contradictoires aux Américains : on leur reproche d'intervenir (Vietnam, Somalie, FYROM, Irak, Lybie) mais aussi de ne pas intervenir (Corée du Nord, Bosnie, Palestine, Syrie). On dit qu'ils ont une culture impérialiste (CNN, Disney) et on dit qu'ils n'ont pas de culture. Ron Paul a une solution à ce problème d'anti américanisme, ainsi qu'à celui de déficits budgétaires et déficits de libertés civiles : vraiment moins de gouvernement, la fin des interventions armées extérieures (comme les Suisses), un audit de la FED, la fin de la guerre contre la drogue, bref une politique vraiment libertarienne.

Michele Bachmann
C'est bien ce qui manque à Romney. Il n'est pas vraiment un libéral (au sens Européen du terme) mais plus un centriste qui, quand il était gouverneur du Mass., pratiquait au niveau local ce qu'Obama voulait faire au niveau national. Obama était le roi du téléprompteur, Romney sera le roi du Powerpoint !

Les Républicains avaient Ron Paul ou, dans un autre genre, Michele Bachmann, ils ont préféré prendre Mitt Romney, qui cristallise sur lui la haine du monde entier vis à vis de la finance. Choix courageux. Résultat d'ici 3 semaines. On verra si David  Palmer  fera une nouvelle saison ou bien si Gordon Gekko arrivera au pouvoir. Les deux sont de bons personnages de fiction.