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jeudi 18 février 2016

La géométrie variable des journalistes vis-à-vis du Pape François

Les médias ont tous rapporté avec gourmandise la déclaration du Pape François, qui est de retour du Mexique.
Le pape François a déclaré "qu’une personne qui veut construire des murs et non des ponts n’est pas chrétienne" (1) et chacun y a compris qu'on parlait de Donald Trump, qui fait campagne notamment sur la lutte anti immigration mexicaine aux États-Unis.




Les journalistes, unanimement anti Trump, ont applaudi cette déclaration. Pourquoi ? Parce Trump est tout ce que des journalistes français détestent :

  • il veut représenter le Parti Républicain
  • il confond l'Allemagne et la France (2) (combien de journalistes européens placeraient correctement l'Illinois et le Kentucky sur une carte ? Allez savoir)
  • il est pour le port d'armes généralisé, comme l'a rappelé le chanteur du groupe Eagles of Death Metal, Jesse Hugues, "plus si cool que ça" (3)
  • il aime l'argent/c'est un promoteur immobilier/il a l'air un peu stupide/il est une star de la téléréalité/il est raciste/il est beauf etc etc, souvenez-vous la Une de Libé du 27 août 2015 (4)

Évidemment, toutes ces raisons sont peu pertinentes. Trump, s'il faut le critiquer, c'est plutôt parce qu'il présente un programme protectionniste et donc anti libéral. Quand à la politique d'immigration, Trump est plus proche de Clinton (femme et mari) que de Reagan, et ça aussi c'est dommage. Mais ces critiques n'entrent pas dans le champ culturel de la presse française.

Mais comme le Pape François, par ailleurs perçu comme une sorte de "progressiste" (comme si l'Eglise catholique entrait dans ce type de grille de lecture), critique Trump, alors les journalistes applaudissent. 

Toutefois, le Pape François a aussi tenu des propos beaucoup moins cools.
Il a aussi réaffirmé que "L'avortement n'est pas un mal mineur, c'est un crime" et là, forcément, chez les progressistes, ça passe moins bien. 
On a même lu chez certaines publications "les déclarations choc du Pape" (5), comme si on parlait de petites phrases d'un quelconque animateur TV qui clasherait ses confrères ou des propos de tel ou tel ministre qui ferait le buzz en trahissant ses convictions. 
Pourtant, si il y a bien un domaine où l'on peut signaler la constance de la Papauté moderne, post Vatican 2, c'est bien sur la question du rapport à la vie sous toutes ses formes, et notamment sur la problématique de l'avortement. Mais à chaque sortie du Pape, la presse s'étonne, comme elle s'étonne même de le voir prier (6) !

Le Pape, semble t-il, n'est pourtant, qu'avant tout un responsable religieux, et plus spécifiquement l'un des responsables d'une organisation à la gestion hiérarchisée et centralisée, sur le plan temporel. 

Alors, puisque l’évêque de Rome est avant tout un religieux, pourquoi ne pas ramener ses propos à ce qu'il devrait être, c'est à dire un message du leader des catholiques à l'attention des catholiques, ce qui, en ce qui concerne la France, ne représente pas plus de 3 millions de personnes (5% des français) ? Ce qui a de pratique, dans les pays type Europe ou États-Unis, chrétiens culturellement donc laïcs, c'est que la religion est une option, même là où on prête serment sur la Bible ou même là ou le souverain est aussi le chef de l’Église, comme chez nos amis et voisins britanniques. Dans ce contexte, on se demande bien pourquoi les propos du Pape ont autant d'écho et sont autant rapportés par les journalistes, surtout dans un pays aussi déchristianisé que la France. 

Accessoirement, les murs ne sont pas l'apanage de Trump (7).




Par exemple, il semble qu'Obama n'ait pas démantelé le mur qui existe déjà entre la Californie et le Mexique ?





(1) France TV Info Le pape François estime que Donald Trump n'est "pas chrétien" 18 février 2016
(2) L'Indépendant Donald Trump situe-t-il Paris en Allemagne ? 7 janvier 2016
(3) Le Point Eagles of Death Metal : Jesse Hughes n'est pas si cool que ça 3 décembre 2015
(4) LPL Donald Trump, le cauchemar américain ? 27 aout 2015
(5) Huffington Post Virus Zika, avortement, pédophilie... Les déclarations chocs du pape François 18 février 2016
(6) Le Figaro L'énigme de la longue prière silencieuse du pape devant la Vierge de Guadalupe 14 février 2016
(7) The Economist Boundary walls and fences worldwide 7 janvier 2016

mercredi 10 février 2016

Bon Carême à toutes et à tous !

En ce mercredi des cendres, bon carême à toutes et à tous.

Comme le rappelle l'Eglise Catholique, pendant les 40 jours du Carême, de ce Mercredi des Cendres, 10 février, au dimanche de Pâques, 27 mars 2016, les catholiques du monde entier préparent leur cœur à la fête de la résurrection du Christ, le jour de Pâques. Ils sont invités à changer de vie, à se “convertir”, au sens littéral du terme, c’est-à-dire à “se tourner vers” Dieu et vers autrui, en pratiquant la prière, le partage et le jeûne.

Autrement dit, c'est pas évident. Sans doute plus une question de chemin que de destination, dira t-on ...!

samedi 15 août 2015

15 Août : bonne fête de l'Assomption à toutes et à tous !


Et en ce jour où l'Europe, de Paris à Częstochowa, et de l'Espagne à la Croatie, va fêter l'Assomption (1) de Marie, ayons une pensée à la fois sur le chemin parcouru mais aussi sur celui qui reste à parcourir pour tenter de faire coïncider les valeurs de l'Europe avec celles liées à ses racines chrétiennes. Cette fête de  l’Assomption de la Vierge, l’une des quatre fêtes catholiques légalement chômées en France (avec Noël, l’Ascension et la Toussaint), manifestant que Marie, au terme de sa vie terrestre a été "élevée à la gloire du ciel" (2). est aussi l'occasion de rappeler que la Vierge Marie est en effet la source d'inspiration du drapeau de l'Europe (3). 
A ce titre, l'Europe et plus spécifiquement l'Union Européenne à 28, dont nous sommes toujours membres malgré les tentations nationalistes des politiciens, a une responsabilité particulière.

Que les responsables politiques tentent de donner aux législations un engagement en terme de Droits de l'Homme, de responsabilité et de liberté que d'aucuns ont perçu par leurs lectures de la Bible, et notamment des Évangiles. Citons à ce titre Nathalie MP, Charles Gave, Thierry Jallas ou encore Marché Gris.

Enfin, saluons l'engagement de l'Eglise en faveur des Chrétiens d'Orient, les héritiers directs des premiers disciples du Christ. Pour les aider, de nombreuses organisations non gouvernementales telles que la Croix Rouge ou l'UNICEF collectent des fonds. 


(1) Eglise Catholique Qu’est-ce que l’Assomption ? 
(2) catholiques à Paris  Fête de l’Assomption de la Vierge

jeudi 23 avril 2015

Migrants de Méditerranée ? halte à l'hypocrisie !

Un bateau d'immigrés qui chavire, la médiatisation qui s'en suit, et ça y est, la planète politique s’émeut. Enfin, la planète politique ... toute ? Non. Car un village peuplé d'irréductibles gens d'extrême droite résiste encore et toujours en restant fidèles à leurs principes.

Mais au moins, quand les nationaux socialistes disent "coulez les bateaux", ont-ils le mérite de ne pas tomber dans l'insupportable hypocrisie dont le Parti Socialiste nous abreuve.


Déjà, un petit rappel : non, il n'y a pas de vague migratoire qui nous submergerait. Quand bien même un million d'arabes et d'africains débarqueraient sur les cotes Européennes (nous sommes 500 millions au sein de l'UE ...), cela ne représenterait que 0.09% du milliard et quelques d'Africains. 
Les africains, comme la plupart des gens sur cette planète, ne rêvent pas tous de migrer. Ils rêvent de vivre en paix et avec un minimum, chez eux. 
Et quand ils migrent, ils ne se dirigent pas tous vers l'Europe. Ils vont d'abord vers des pays africains voisins ou vers le Golfe (1), en dehors du cas du Maghreb qui, lui, a des liens avec la France. 

Ensuite , sur le cas spécifique des migrants de Méditerranée, dont la traversée signifie le plus souvent la mort, qui peut vraiment dire, parmi les responsables politiques des pays européens, que nous ayons réellement envie de les sauver ? Qu'ils se noient dans un cas sur deux arrange bien tout le monde, à commencer par les autorités italiennes qui, elles, pour le coup, sont submergées par le phénomène, et ce alors que l'Italie n'est souvent pas la destination finale des migrants. 

La plupart des états européens, à commencer par la France et les etats membres de l'UE les plus socialistes, sont dans un dilemme. 
Citons Serge Federbusch (2), il a parfaitement résumé la situation, on ne saurait mieux dire :

"Cette triste situation nous renvoie à l'incohérence fondamentale des politiques migratoires. Si l'on prétend, comme la gauche française et une partie de la droite, défendre un modèle social fondé sur la solidarité nationale, avec des lois protectrices, des transferts et des aides en tout genre, alors l'immigration doit être strictement et sévèrement contrôlée. Il faut en finir avec le regroupement familial et tout ce qui permet l'entrée sur nos territoires autrement qu'au compte-goutte. 

L'alternative que peu envisagent mais qui est pourtant cohérente serait de laisser l'Europe ouverte aux mouvements de population. Ceux qui veulent tenter leur chance peuvent s'y installer. Que le meilleur et le plus travailleur gagne ! Mais il faut alors être logique : cela implique la fin de l'Etat providence et de tous les systèmes de législation protectrice de la main d'oeuvre puisque, bien évidemment, de très nombreux migrants seront prêts à travailler sans salaire minimum ni droits sociaux et qu'il sera vite impossible de réprimer leurs employeurs. De même, il ne doit y avoir aucun système d'assistanat qui puisse créer une incitation à l'émigration. La logique de "gauche", libérale en matière migratoire, implique en réalité un ultra libéralisme économique que la gauche, incohérente, vomit. "

La France socialiste de Nicolas Hollande et de François Sarkozy n'a pas envie de voir débarquer des migrants prêts à bosser pour moins que le SMIC, voila la réalité ! Et elle ne peut pas non plus supporter plus de gens qui ne travaille pas, étant donné l'état des comptes sociaux du pays. 

Alors, quand est-ce qu'on remettra en cause le système social à la Française ? 
Et quand est-ce qu'on cessera de donner une prime aux passeurs, en autorisant tout simplement les migrations ? 
Quand les anglais, les français, les allemands ou les hollandais ont débarqué du Mayflower et des bateaux suivants, il n'y avait ni service de l'immigration pour les accueillir, ni service de la sécurité sociale pour leur garantir une vie sans travail. Ils ont bâti ce que sont devenus les Etats-Unis avec leur travail (volontaire des européens mais aussi forcé des esclaves africains). Alors pourquoi, en Europe en 2015, ne pas également autoriser chacun à avoir sa chance ? 

Reste, disent les identitaires, le problème de la compatibilité culturelle. En effet, a priori, nous sommes peu nombreux à vouloir voir s'installer une république islamiste en France. Mais est-ce qu'un pays où seulement 4% des habitants pratique la religion qui a un historique de plus de 1000 ans sur le territoire peut se plaindre de la progression d'autres religions ? Si les catholiques "non pratiquants" désertent les églises, pourquoi regrettent-ils ensuite l'installation de mosquées ? Tout en disant très clairement aux migrants quelles sont les règles en vigueur dans ce pays, et notamment la laïcité, héritage du christianisme (3), ce qui implique que ceux qui ne sont pas prêts à les accepter ne sont pas forcés de rester, peut être pouvons nous ouvrir le dossier de notre propre rapport au sacré ?

Quelques soient les décisions que nous prendrons pour régler ce problème de migrations trans-Méditerranée, il faudra qu'elles soient marquées du sceau de la cohérence. Soit nous voulons être une Corée du Nord, ultra socialiste, où personne ne migre, soit nous voulons être une Suisse, libérale. Le fait que nos voisins supportent un taux d'étrangers bien plus élevé que chez nous montre que manifestement, nos problèmes proviennent peut être non pas de Lampedusa mais de Bercy. 

Oh, one last thing, comme disait Steve J. Puisque le sujet du racisme est connexe, quand est-ce qu'on cessera d'idéaliser les pays de transit des migrants, pour enfin dénoncer les violences dont sont victimes les immigrés au Maroc (4) ou en Lybie ? Pas politiquement correct ? C'est toute cette question de gestion de l'immigration qui ne l'est pas. Mais tant que la France refusera d'amender son système social, mais aussi ses lois anti racistes (qui génèrent en fait plus de racisme), les non dits de l'immigration continueront à générer de la frustration (euphémisme ...) chez les citoyens !



jeudi 19 février 2015

Carême : les politiciens ont oublié quelque chose ?

Hier, c'était le mercredi des cendres, date d'entrée des chrétiens en Carême (1). Le Carême, qu'est ce que c'est ? Le carême est un temps de préparation à la fête de Pâques, une période qui dure 40 jours. (2). Le carême passe par un temps de prière, et par un effort sur soi, qui peut prendre la forme du jeûne. 

Le catholicisme et le protestantisme ne sont pas les seules religions qui connaissent de telles périodes de jeûne. L'autre religion largement pratiquée en France, l'islam, est notamment connue pour le "ramadan". 

Question : étant donné que la religion, au sens large, dans un pays laïc comme la France, relève de la sphère privée, les chrétiens auraient-ils du attendre des politiques qu'ils se joignent à leurs prêtres pour leur souhaiter une bonne entrée en Carême ? 

La réponse est dans la question. Non seulement  Hollande, Valls, Cazeneuve et Hidalgo ont raison de ne pas se mêler de religion, mais en plus la liberté d'expression dont nous bénéficions en France permet à la christianophobie d'être légale. De plus, le Carême ne doit pas être démonstratif, alors que les politiciens l'oublient, quelque part, c'est tant mieux.

Egalement publié sur Contrepoints

Du coup, symétriquement, est-il logique que le ramadan fasse l'objet d'une communication particulière de la part des autorités politiques (3) et que les fêtes religieuses musulmanes soient financées, notamment à Paris, par l'ensemble des contribuables (4) ? 

La encore, la réponse devrait être non. Les hommes et femmes politiques devraient laisser la religion aux prêtres et aux imams, et s'abstenir, sous prétexte de vouloir créer du vivre ensemble ou de lutter contre telle ou telle erreur historique, de discriminer en faveur de tel ou tel groupe. N'ont-ils pas à gérer les finances publiques qui sont dans un état catastrophique, ou s'occuper de faire fonctionner les services publics régaliens ? 




(1) Diocèse de Paris Mercredi des Cendres 18 février 2015 
(2) Contrepoints Le mercredi des Cendres, jour d’entrée en Carême 18 février 2015

dimanche 4 novembre 2012

Mariage gay: l'Église "pas dans son rôle" ?

David Assouline, porte-parole du Parti socialiste, juge que l'Église "n'est pas vraiment dans son rôle" quand le cardinal André Vingt-Trois s'oppose au mariage homosexuel, "d'autant qu'il s'agit du mariage civil dans la République laïque". 
Le sénateur de Paris rappelle que l'ouverture du droit au mariage et à l'adoption pour les couples homosexuels était un engagement de campagne de François Hollande, le 31e de ses "60 engagements pour la France". Or,  Le cardinal André Vingt-Trois a fustigé hier la mariage homosexuel, "une supercherie qui ébranlerait un des fondements de notre société".

 

Il est temps que ce débat sur le mariage des gays se termine.

D'une part, en ce qui concerne ses opposants, il s'agit d'un combat perdu d'avance puisque les socialistes sont majoritaires à l'Assemblée Nationale. Le projet de loi sera donc adopté. (Lire Le mariage gay va être adopté, cessez de vous en préoccuper !, un post du 15 septembre 2012)

D'autre part, des propos christianophobes resurgissent ici et la à l'occasion de ce débat. Quand on lit sur le blog de par ailleurs sympathiques personnes qu'elles envisagent de se faire débaptiser parce que l'Eglise Catholique fermerait les yeux sur le scandale des prêtres pédophiles, ces mêmes personnes oublient de parler du silence des ministres de l'Education Nationale vis-à-vis des instituteurs et enseignants pédophiles. Les employés de l'Education Nationale sont pourtant amenés à transmettre les valeurs de la République. Educsol.education.fr nous informe que l'École transmet les valeurs de la République : liberté, égalité, fraternité ; laïcité ; refus de toutes les discriminations. Si on s'accorde à dire que les curés pédophiles doivent être lourdement sanctionnés parce qu'ils sont censés transmettre les valeurs du bien, alors cela doit aussi être le cas des profs. Le Pape a officiellement communiqué sur ce scandale et a présenté ses excuses. Quid de Vincent Peillon, ministre de l'Eucation Nationale ?


Pretres pédophiles: excuse du pape Benoit 16 par every-videos

Qui plus est, ce focus sur les propos d'André XXIII, Mgr Barbarin & co est un excellent prétexte saisi par certains socialistes pour ne pas avoir à s'exprimer sur 
Comme il est plus facile car légal d'etre cathophobe/christianophobe que de s’élever contre les propos de représentants d'autres religions, pourtant plus influentes que le catholicisme (rappel : il n'y a que 4.5% des français qui sont des catholiques pratiquants), alors certains socialistes s'engouffrent sur le créneau. 

Enfin, il est quand même curieux de dénier à l'Eglise Catholique le droit de s'exprimer sur certains sujets de société mais d'autoriser le CFCM à s'exprimer sur ces mêmes sujets de société ou de ne pas voir les socialistes s'exprimer quand l'égalité devant des examens publics est brisée, pour cause de fêtes religieuses. 

Il existe pourtant une solution simple : supprimer le mariage civil, et autoriser quiconque en émettant le souhait de s'unir civilement à tout(es) autre(s) personnes adulte et consentante à pouvoir le faire. 

C'est d'ailleurs la où on voit que les socialistes et les gays ne sont pas toujours les progressistes qu'ils disent être. En effet, quand on voit les partisans du mariage des gays protester contre "l'amalgame" entre suppression de la référence à la différence des sexes dans le mariage et possible évolution future vers la polygamie, non seulement on a envie de leur rappeler qu'il s'agit d'une évolution logique de leur réflexion, mais qu'en plus ces propos sur le trouple/polyamour ont été amenés par des personnes ou des médias proches de la sphère "LGBT" (Tetu, Les Inrocks, Elle). 
Soit il y a le modèle traditionnel (un homme + une femme et la plupart du temps, des enfants), soit toutes les combinaisons sont possibles. Il n'y a pas de raisons que les gays refusent à d'autres minorités ce qu'ils revendiquent pour eux.

C'est bien pour cela que les libéraux et les libertariens sont pour les unions civiles gays : chacun devrait avoir le droit de vivre comme il veut, avec qui il veut, selon ses valeurs, qu'elles fussent influencées par l'Eglise Catholique ou par autre chose. Mais ne mélangeons pas tout. Rebaptisons le mariage civil en contrat d'union civil. Quand aux droits des enfants, pourquoi la loi devrait s'en méler, alors que des avocats et des notaires ont les compétences et la légitimité pour rédiger des contrats ? On pourrait très bien vivre dans un pays où le droit commun (deux parents hétéros ont des droits sur leurs enfants) cohabiterait avec d'autres droits. Après tout, en ce qui concerne le seul cas de l'héritage, pourquoi voulez-vous que la seule règle d'égalité entre frères et soeurs et l'impossibilité de déshériter ses enfants subsiste ? Cette règle ultra jacobine, héritée de la Révolution Française, est en contradiction avec la diversité historique des systèmes familiaux telle que Emmanuel Todd l'a analysé. Les socialistes ne vont quand même pas nous dire qu'ils n'ont pas lu les écrits de ce  démographe et idéologue de gauche ? 

Finalement, David Assouline et les autres socialistes ont peut-être raison. Il est plus simple de critiquer l'Eglise Catholique que de mesurer toutes les implications de l'ouverture de boites de Pandore révolutionnaire. Après le mariage des gays, il y aura forcément le débat sur la procréation médicalement assistée, la gestation pour autrui, la filiation, etc. Les socialistes ne sont pas prêts à affronter ces débats, surtout avec 10% de chomeurs, 90% de dette/PIB et une armée française engagée au Tchad, au Liban et bientôt au Mali.