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mercredi 10 décembre 2014

Les LGBT sur la voie de la concurrence victimaire ?

Hier soir, France 2 diffusait un reportage intitulé "Homos, la haine". En effet, selon le dernier rapport de l’association SOS Homophobie, les actes homophobes ont augmenté de 78% et les agressions physiques ont doublé en un an.

Comme toutes les atteintes à l'intégrité physique et morale de quiconque, les violences qui touchent les homosexuels sont à déplorer et à punir. 



Cependant, il semble que l'émission "Homos, la haine" n'ait pas su éviter un énorme cliché : penser que les agressions subies par les homosexuels sont forcément des actes homophobes. En effet, quand on lit que d'après Libération, "Homos, la haine" intègre le témoignage de Wilfried, dont la photo du visage tuméfié après une agression avait fait le tour des réseaux sociaux l’an dernier, on comprend que le reportage a une tonalité accusatrice et partisane qui l'éloigne d'un travail explicatif et pertinent. 

Or, on le sait maintenant, Wilfried n'a pas été agressé parce qu'il est gay, mais parce qu'il était juste une personne bien portante, à l'air bobo, et  de type européen, se promenant un soir porte de la Villette. Wilfried n'a pas été agressé par des "LMPT", mais par des racailles "ordinaires", les mêmes qui font que, à tort ou à raison, 11 millions de français (surtout des françaises, d'ailleurs) se sentent en insécurité. Il est à ce titre fort dommage que ce factchecking soit fait uniquement par la fachosphère. 


Est-ce que la prochaine étape de mobilisation sera, comme le suggère la socialiste parisienne Caroline Mecary, la comparaison entre l'homophobie et l'antisémitisme et l'escalade sur la route de la concurrence victimaire ?  


Notez, il ne s'agirait pas d'un inédit.

D'autres groupes ont décidé de se mobiliser sur une base religieuse ou ethnique, à tel point que même le site web phare de la fachosphère a décidé de poser la question de l'organisation de la communauté blanche de France, en ligne avec les thèses de Zemmour et autres. 

Bref, si le vivre ensemble est encore un objectif de notre pays, alors peut-être serait-il temps que, d'une part, l'une des missions régaliennes de l'Etat, soit assurée correctement et avec justice, et que, d'autre part, le législateur abroge toutes les lois qui donnent lieu à une escalade de revendications communautaristes et victimaires. 

A ce titre, il est comique d'entendre Manuel Valls et les socialistes de la génération SOS Racisme dénoncer les faits et gestes du comique Dieudonné, alors que ce dernier est le fruit des contradictions de cet environnement victimaire. 
La balle est donc dans le camp du gouvernement socialiste, celui qui nous promettait une France apaisée. Evidemment, il est plus facile de faire des amalgames douteux que d'essayer d'analyser les choses rationnellement. Non, il n'y a pas de lien clair entre les manifs anti mariage gay et la hausse de l'homophobie. Les millions de français qui ont manifesté contre la loi Taubira ne sont pas tous prêts à se comporter comme une minorité de gens pour qui, finalement, peu importe le prétexte.


Egalement publié sur Agoravox

dimanche 5 octobre 2014

PMA, GPA, la très hypocrite méthode du gouvernement Valls

Alors comme ça, Manuel Valls est contre la GPA (1) ?

Le premier ministre doit avoir un sacré kiné !

Comment peut-on pratiquer une volte-face pareille sans se froisser un ou plusieurs muscles ?

Quand Manuel Valls parle à l'un des médias de la communauté gay, il affirme "Contrairement à ce que disent ceux qui sont par principe hostiles à la GPA, je crois que si celle-ci est maîtrisée, elle est acceptable, et j’y suis donc favorable" et " Je comprends que certains au PS aient peur d’une dérive vers une marchandisation du corps des femmes qui pourrait se révéler immaîtrisable. Mais au-delà de ces précautions, c’est une évolution qui est incontournable"(2).

Quand il parle à l'un des médias de la communauté catholique, il dit, au contraire "la GPA est et sera interdite en France. C’est le choix très ferme du président de la République et de son gouvernement. La France n’a jamais varié sur ce sujet. Elle est opposée à la légalisation de la GPA qui est, il faut le dire, une pratique intolérable de commercialisation des êtres humains et de marchandisation du corps des femmes".(3)

Manuel Valls n'illustre t-il pas la navigation à vue de ce gouvernement auquel il est impossible d'accorder la moindre crédibilité ? 

Souvenons-nous : pourquoi des gens qui n'avaient jamais manifesté auparavant, y compris contre le matraquage fiscal, avaient choisi, il y a un an, de défiler dans les rues de la capitale ?
Peut-être qu'une minorité était motivée par la haine de l'homosexualité. 
Mais pour la majorité, celle qui n'avait rien contre le fait que les gays vivent leur vie, ils affirmaient que leurs craintes concernaient la filiation, sujet qui, précisément, mobilisait les militants LGBT.

Car, rappelons le, jusqu'à l'adoption de la loi du mariage pour tous, seul un des deux parents gays bénéficiaient des attributs tels que l'autorité parentale. 

En France, pays où l'Etat se mêle de tout, y compris de définir le mariage, l'union de deux individus donne des droits de parentalité. Toucher au mariage, c'était donc redéfinir ce qu'est une famille, personne ne pouvait l'ignorer. 

Or, ils se trouve qu'aujourd'hui, la gestation pour autrui, une des pommes de discorde entre la Manif Pour Tous et les militants LGTB, est de facto légalisée. Pourquoi ? 

Début septembre, la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) avait déclaré que la France ne pouvait pas ne pas retranscrire les actes de naissance des enfants nés de GPA à l'étranger. (4)

Autrement dit, si la GPA est interdite en France, elle ne l'est pas partout ailleurs, et donc les français qui y ont recours à l'étranger, ne peuvent pas être sanctionnés, puisque les enfants existent.
Il suffit donc aux gens qui veulent des enfants et qui veulent avoir recours à la GPA d'aller à l'étranger. C'est d'autant plus facile que des sociétés viennent démarcher les clients potentiels, en France (5).

Il y a donc toutes les raisons pour qu'on continue à penser, si on est contre la GPA, qu'il faille manifester contre la loi du mariage pour tous.

 

Et, une fois de plus, le Parti Socialiste se retrouve pris dans ses contradictions.

Il est évident que si on pense que l'égalité doit pouvoir aller jusqu'au fait d'être égaux devant le potentiel de parentalité, alors il faut légaliser la PMA pour les couples de femmes et la GPA pour les couples d'hommes, puisque jusqu'à preuve du contraire, les couples d'hommes ne peuvent pas faire d'enfants.
Or, cette idée de légaliser la GPA se heurte à une autre idée typiquement socialiste : protéger les individus y compris contre les contrats qu'ils signent librement. Au PS, nombreux sont ceux qui pensent, comme au sein de la Manif Pour Tous, que la GPA est une exploitation du corps des femmes et que ces petites choses fragiles sont exploitées, incapables de décider par elles mêmes.

L'hypocrisie du gouvernement Valls consiste à se prononcer contre la GPA en France alors qu'elle est accessible dans certains pays voisins ou lointains.
Pourtant, Hollande et Valls auraient pu faire appel de la décision de la CEDH, comme le demandaient certains, notamment socialistes, soucieux de primauté du droit interne (6). Ils ne l'ont pas fait. Valls et Hollande se réfugieront derrière l'avis d'une instance européenne pour justifier de l'impossibilité de ne pas interdire les conséquences de la GPA en France, tout comme ils se réfugient derrière les injonctions de Bruxelles pour expliquer qu'il faudra bien réformer la dépense publique en France.

Quelle hypocrisie ! Voila un gouvernement incapable d'assumer son point de vue, appuyé par l'avis d' Homosexualité Et Socialisme (HES) (7), les militants LGBT, les associations pro GPA ... bref par des gens qui ont voté pour Hollande.

En ne faisant pas appel de la décision de la CEDH, Valls et Hollande ont accepté qu'en droit, les conséquences des actes, l'existence des enfants, soient plus importantes que l'acte lui même. C'est normal, les militants LGBT ont décidé que les soit-disant "fantômes de la République" devaient être régularisés.

Dans ce torrent d'hypocrisie, la seule force du gouvernement a consisté à faire croire que le débat sur la GPA était un débat gentille gauche/méchante extrême droite, taisant l'avis des socialistes qui s'opposent à la GPA (8), voire au mariage gay tout court.

En ce qui concerne la question de la GPA comme pour d'autres, on ne peut espérer que deux choses : de la cohérence, et de l’honnêteté. Le Parti Socialiste semble manquer des deux. On ne peut pas refuser aux gays la GPA, surtout si elle existe et qu'elle est déjà employée, après avoir accordé le mariage gay. 

En revanche, si des conservateurs devaient revenir au pouvoir, ils ne devraient pas arrêter à l'abolition de la loi Taubira. Ils auront aussi à interdire la PMA, y compris pour les couples "hétéros" infertiles. Le droit à l'enfant ne peut pas être à périmètre variable.

Evidemment, la voix libérale, elle, demeurera souverainement ignorée ...



(4) Yagg GPA: La France ne conteste pas la décision de la CEDH 26 septembre 2014
(5) Le Figaro GPA: Offres d'ovocytes à 300 m de l'Assemblée 3 octobre 2014
(6) Atlantico GPA : "Pourquoi nous demandons à François Hollande de faire appel de la décision de la CEDH" 25 septembre 2014
(7) http://www.afmeg.info/spip.php?article232
(8) La Croix Dix députés PS s’élèvent contre la GPA 23 septembre 2014
(9) La Provence Marseille : un mariage homo annulé sur l'autel d'une discrimination ? 2 octobre 2014




Sur le même sujet

Le Parisien Libéral Gestation pour autrui (GPA) : ils font rire, ces socialistes ... 30 janvier 2013
Contrepoints PMA, GPA : les socialistes contre l’égalité 4 février 2014
Contrepoints Abandon de la PMA pour les couples gays : entre-deux gouvernemental 30 avril 2014

mardi 29 avril 2014

Abandon de la PMA pour les couples gays : stupide entre-deux du gouvernement

Hypocrites socialistes !
Egalement publié sur Contrepoints

Après avoir généré une quasi-guerre civile à l'occasion de laquelle des français ont accusé d'autres de "fascisme" parce qu'ils ne partageaient pas leurs opinion, le gouvernement socialiste abandonne l'idée d'ouvrir la PMA aux couples gays (1). 

C'est une situation intermédiaire qui, en vérité, ne peut évidemment satisfaire ni les personnes qui se sont battues pour l'extension des droits des couples homosexuels, ni les gens qui privilégient une vision conservatrice de la famille.

Que dit Marisol Touraine ou Laurence Rossignol ? 

  • "La question de la PMA n’est pas la question qui préoccupe de façon majoritaire les Français" (2)

  • "le projet n'est pas à l'ordre du jour".
De qui se moque le gouvernement ?

Déjà, si des centaines de milliers de français étaient descendus manifester dans la rue l'an dernier, c'était, à part une minorité d'homophobes convaincus, non pas pour empêcher les gays de vivre en couple, mais précisément pour lutter contre les conséquences du mariage pour tous sur l'adoption et la filiation, dont la PMA reste un développement quasi certain. Or, puisque le mariage pour tous existe, on ne pourra pas empêcher l'accès à la PMA, comme le note Christine Boutin (3).
C'est logique ! En France, le mariage donne accès à la parentalité. Donc si le mariage est accessible aux couples gays, il n'est pas logique qu'ils soient privés de droits liés à la parentalité. De plus, les techniques de PMA et de GPA existent, à l'étranger notamment.

On comprend que la Manif pour Tous reste en alerte.

D'ailleurs, la circulaire Taubira (accès à la nationalité française d'enfants nés par gestation pour autrui (GPA) à l'étranger alors que la technique est illégale en France) n'est pas abrogée. Il est donc toujours possible pour les riches, ceux que le Parti Socialiste est censé détester, d'aller à l'étranger pour trouver une surrogate mother prête à porter un enfant pendant neuf mois.

On voit donc clairement que le Parti Socialiste, à commencer par le Président Hollande, n'a poussé le mariage pour tous que dans une démarche purement communautariste et opportuniste, sans aucune conviction derrière, et qu'il a trompé les personnes pour qui le mariage gay correspond à une vision philosophique. 

Nous soulignions, le 30 janvier 2013 (4), à quel point il était illogique de créer le mariage gay et, dans le même temps, de refuser la PMA et la GPA sur des critères moraux ou éthiques ("non à la marchandisation"), surtout après avoir promis, comme Christiane Taubira le faisait, un "changement de civilisation".  

Ce qu'on peut dire, c'est que le gouvernement socialiste se trompe lourdement s'il pense que sa position actuelle va apaiser les tensions, tant du coté des associations militantes pro mariage pour tous que du coté de la Manif pour Tous. En effet, les unes ont le sentiment légitime d'avoir été trompées (mais sont-elles les seules ? François Hollande a trompé 16 millions d'électeurs). Les autres savent que la situation n'est pas définitive.

Quand on pense que le gouvernement aurait pu économiser tant d'énergie en supprimant le mariage civil et en laissant les gens s'organiser par eux-mêmes (5) en signant des contrats qui ne regardent qu'eux ...


(4) Le Parisien Libéral Gestation pour autrui (GPA) : ils font rire, ces socialistes ... 30 janvier 2013
(5) Collectif Antigone Retour du mariage au sein de la société 22 août 2012

jeudi 3 avril 2014

" L'homosexualité est une abomination"


Christine Boutin a encore fait fort. Elle a déclaré à un magazine inconnu au bataillon (1) : "Je n'ai jamais condamné un homosexuel. L'homosexualité est une abomination. Mais pas la personne. Le péché n'est jamais acceptable, mais le pécheur est toujours pardonné. (...) Je suis dans le péché, moi aussi, je suis une pécheresse, mais vous ne me verrez jamais faire l'apologie d'un péché". 
L'entretien a été repris par l'Express (2). 

Pourquoi en parler ? 

Déjà, parce que la petite phrase a été abondamment reprise sur twitter. 

Ensuite parce qu'elle donné lieu à des commentaires christianophobes. 
Enfin parce que des responsables de l'UMP,  Florian Silnicki, délégué et membre fondateur de la Nouvelle Donne, et Sébastien Chenu, fondateur de Gaylib, condamnent (3). 

Condamner ? pourquoi faire ? 

D'une part, parce que la France est laïque. Les lois sont votées par les députés, pas par les religieux.
(Enfin, quand ca arrange. Le
repos dominical fait l'objet d'un étrange consensus entre gauchistes, CGTistes et. pratiquants religieux).

Dautre part, au vu du passé récent où les homosexuels ont été l'objet de discriminations et de violence, la France s'est engagée dans une politique de lutte contre l'homophobie. Autrement dit, le corpus législatif et l'état d'esprit des lois ne laisse aucune place aux mesures de discrimination.

Tout ceci est bien, et tous les humanistes contestent avec force les propos de Boutin, mais ne tombons ni dans l'hystérie ni dans le piège communautariste.

Dire " L'homosexualité est une abomination", ce n'est ni être d'extrême droite, ni être un provocateur. Cela ne devrait être qu'une opinion (que d'aucuns jugeront stupide ou intelligente, c'est selon). 


Le vrai problème du lobby LGBT est que C n'est pas du tout la seule à penser que l'homosexualité est une abomination. La Torah aussi le dit (4). 

Or, avez-vous, pendant la période du débat sur le mariage pour tous, lu la moindre remarque sur un quelconque conservatisme des juifs ? A t-on, à gauche comme à droite, évoqué "l'homophobie" (au sens LGBT du terme) de la Torah ? Nulle part.

Le poids de la concurrence victimaire, ou son refus, s'imposent de plus en plus dans le débat public. Les gays (ou plus exactement : DES gays) l'ont bien compris, la gauche socialiste ne l'a pas encore bien perçu. On l'a vu pendant les municipales, où l'approche communautariste du PS (et de l'UMP) vis à vis des arabes et des noirs s'est heurtée à deux courant dont on sous-estime l'importance en France : le phénomène Farida Belghoul (5), et la croissance des églises protestantes évangéliques (6). 


Oui, des tas de gens en France et ailleurs pensent que l'homosexualité est une abomination, soit parce qu'ils l'ont lu dans un livre, soit pour une autre raison. 
Evidemment, en matière de commentaires sur les LGBT, il est plus facile de condamner Christine Boutin et les catholiques, catégorisés une fois pour toutes comme oppresseurs (et ce alors que les chrétiens sont une minorité opprimée dans le monde) que d'autres aspirants à la victimisation (comme les juifs). Mais on est bien dans le "deux-poids-deux-mesures" dont le ridicule ne peut plus être caché. 

Face à cette impasse : les libéraux (et plus spécifiquement les libertariens) proposent une sortie par le haut : la liberté, la freedom of speech, pour que chacun soit libre de penser et de dire ce qu'il veut tout en continuant à vivre ensemble, ou plus exactement à cohabiter. 

Oui, Christine Boutin devrait pouvoir être libre de tenir des propos homophobes, tout comme les arabes devraient pouvoir être libres de tenir en public des propos racistes. 


Interdire de prononcer des mots n'a jamais supprimé les pensées. On l'a vu en matière de racisme : 40 ans de lois Gayssot Pleyven n'ont pas supprimé le racisme et les discriminations.

Alors pourquoi ne pas cesser de condamner, symboliquement ou judiciairement, les propos qui heurtent les consciences individuelles ou collectives ?

Face à des hiérarchies de valeurs absolument irréconciliables, revenons à l'essence de la loi, celle de rendre possible la coexistence des gens. 





lundi 3 février 2014

#LGBT : les socialistes contre l'égalité

Egalement publié sur Agoravox
Hier, ce n'est pas la Manif pour Tous qui aurait du manifester dans la rue, mais les électeurs de François Hollande, notamment ceux qui tiennent à l'égalité entre couples hétérosexuels et homosexuels. Explication. 

Puisque la lutte contre la délinquance est en berne, (mais surtout "parce que le précédent gouvernement a mal fait son boulot"(1)), et comme l'actuelle équipe au pouvoir a transformé la promesse d'inversion de la courbe du chômage en simple "volonté de s'engager sur la voie de la stabilisation", revenons sur les fameux sujets de société, ceux que le PS agite de temps à autre pour distinguer les bons (la gauche, les républicains) des super gros méchants de droite, ces sales fascistes.
Egalement publié sur Contrepoints

Parmi ces sujets, il y a toute une liste de sigles (IVG, PMA, GPA) et de mots (euthanasie). Mais s'il y a un sujet qui fait "rire", c'est sur les hésitations de la gauche socialiste sur l'égalité.

En effet, d'où vient tout ce débat sur le mariage pour tous qui agite tant depuis 2 ans ?
Dans la vision classique des choses (vision "rétrograde", diront certains), l'altérité sexuelle est la base de la constitution de la famille : un homme et une femme font des enfants, dans le cadre du mariage ou de plus en plus hors mariage.

Or, il se trouve que la réalité actuelle est plus diverse. Des couples homosexuels, dont les choix privés, qu'ils soient génétiques ou culturels sont de leur ressort strictement personnels et que personne n'a à juger, ont également des enfants. Comment ? Pourquoi ?

  • Soit parce qu'un des partenaires anciennement hétérosexuel et parent dans son précédent couple a amené son enfant dans un couple homosexuel
  • Soit parce que l'une des partenaires hétérosexuelles a rencontré un géniteur, d'un soir ou pas, de diverses façons (après tout, le phénomène des "mères célibataires" est-il rare ?)
  • Soit par adoption initiée par un des deux partenaires, puisque de part la loi ou de par la tradition, dans la plupart des pays, n'adoptent que des couples, ou des célibataires hétérosexuels.
Le fait est que des parents gays élèvent des enfants. Or, sur le plan juridique notamment, la situation n'était pas très satisfaisante pour les personnes concernées, tout comme la situation des beaux parents est, sur le plan juridique, peu satisfaisante, ceux-ci n'ayant aucun droit. On peut penser, notamment, au cas des sorties d'école, quand le nouveau parent, beau-père ou belle mère, vient chercher l'enfant.

Hollande, poussé par les militants gays, est arrivé avec un projet simple : assurer l'égalité de droits entre adultes consentants voulant se marier civilement tout en sortant de l'hypocrisie qui consiste à laisser adopter des enfants par des adultes célibataires mais pas par des adultes gays.



Nous sommes à présent en Février 2014. La loi no 2013-404 du 17 mai 2013 ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe dite "Taubira" est adoptée. Les couples gays peuvent se marier et adopter.

La loi n'a pas encore modifié la biologie : deux homosexuels ne peuvent avoir d'enfants ensemble. Mais la science permet de pallier cet inconvénient. Deux hommes doivent adopter (trouver une génitrice), ou deux femmes doivent trouver un géniteur (un papa au sens classique du terme). C'est la gestation pour autrui, et la procréation médicalement assistée. Ces deux techniques ne sont d'ailleurs pas liées à la communauté gay. Elles existent, en France pour la PMA, pour les couples qui rencontrent des problèmes de fertilité, ou à l'étranger pour la GPA, pour les couples hétérosexuels dont la femme ne veut pas ou ne peut pas porter un enfant pendant 9 mois.

C'est pourquoi l'égalité entre couples gays et couples hétéros passe par l'ouverture de la PMA et de la GPA, et c'est une demande des associations militantes. Par exemple : Homosexualité Et Socialisme (HES) propose de dépénaliser la gestation pour autrui (3).

Mais la GPA est un point de discussion entre les différentes composantes de la gauche (4). Pourquoi ? Parce que la gauche se défini aussi comme étant "anti capitaliste" et ne veut donc pas voir, pour une partie d'entre elle, de "marchandisation du corps des femmes".

C'est pourquoi le gouvernement a fait évoluer le statut du mariage mais pas celui des accès médicalisés à l'enfant.


Autrement dit, le gouvernement, qui a porté le projet de loi du mariage pour tous, ne veut pas aller au bout de la logique de l'égalité, celle que Pierre Bergé ou Elisabeth Badinter (5) ont décrit.



Il n'y a pas de projet de loi sur la table qui propose d'introduire la PMA ouverte aux couples gays et la GPA dans le droit français. La Manif Pour Tous d'hier a donc manifesté contre une virtualité, certes possible (de nombreux élus veulent changer cela) mais pour le moment non avérée.

En revanche, le gouvernement, par le biais de Valls, Bertinotti ou Belkacem, a dit et répété que la quête d'égalité s’arrêtait la, pour le moment.

Autrement dit : ce  sont les électeurs de François Hollande, notamment ceux qui tiennent à l'égalité entre couples hétérosexuels et homosexuels qui auraient du manifester, hier, dans les rues de Paris. 


Sur le même sujet : 

Le Parisien Libéral Gestation pour autrui (GPA) : ils font rire, ces socialistes ..., un post du 30 Janvier 2013



dimanche 4 novembre 2012

Mariage gay: l'Église "pas dans son rôle" ?

David Assouline, porte-parole du Parti socialiste, juge que l'Église "n'est pas vraiment dans son rôle" quand le cardinal André Vingt-Trois s'oppose au mariage homosexuel, "d'autant qu'il s'agit du mariage civil dans la République laïque". 
Le sénateur de Paris rappelle que l'ouverture du droit au mariage et à l'adoption pour les couples homosexuels était un engagement de campagne de François Hollande, le 31e de ses "60 engagements pour la France". Or,  Le cardinal André Vingt-Trois a fustigé hier la mariage homosexuel, "une supercherie qui ébranlerait un des fondements de notre société".

 

Il est temps que ce débat sur le mariage des gays se termine.

D'une part, en ce qui concerne ses opposants, il s'agit d'un combat perdu d'avance puisque les socialistes sont majoritaires à l'Assemblée Nationale. Le projet de loi sera donc adopté. (Lire Le mariage gay va être adopté, cessez de vous en préoccuper !, un post du 15 septembre 2012)

D'autre part, des propos christianophobes resurgissent ici et la à l'occasion de ce débat. Quand on lit sur le blog de par ailleurs sympathiques personnes qu'elles envisagent de se faire débaptiser parce que l'Eglise Catholique fermerait les yeux sur le scandale des prêtres pédophiles, ces mêmes personnes oublient de parler du silence des ministres de l'Education Nationale vis-à-vis des instituteurs et enseignants pédophiles. Les employés de l'Education Nationale sont pourtant amenés à transmettre les valeurs de la République. Educsol.education.fr nous informe que l'École transmet les valeurs de la République : liberté, égalité, fraternité ; laïcité ; refus de toutes les discriminations. Si on s'accorde à dire que les curés pédophiles doivent être lourdement sanctionnés parce qu'ils sont censés transmettre les valeurs du bien, alors cela doit aussi être le cas des profs. Le Pape a officiellement communiqué sur ce scandale et a présenté ses excuses. Quid de Vincent Peillon, ministre de l'Eucation Nationale ?


Pretres pédophiles: excuse du pape Benoit 16 par every-videos

Qui plus est, ce focus sur les propos d'André XXIII, Mgr Barbarin & co est un excellent prétexte saisi par certains socialistes pour ne pas avoir à s'exprimer sur 
Comme il est plus facile car légal d'etre cathophobe/christianophobe que de s’élever contre les propos de représentants d'autres religions, pourtant plus influentes que le catholicisme (rappel : il n'y a que 4.5% des français qui sont des catholiques pratiquants), alors certains socialistes s'engouffrent sur le créneau. 

Enfin, il est quand même curieux de dénier à l'Eglise Catholique le droit de s'exprimer sur certains sujets de société mais d'autoriser le CFCM à s'exprimer sur ces mêmes sujets de société ou de ne pas voir les socialistes s'exprimer quand l'égalité devant des examens publics est brisée, pour cause de fêtes religieuses. 

Il existe pourtant une solution simple : supprimer le mariage civil, et autoriser quiconque en émettant le souhait de s'unir civilement à tout(es) autre(s) personnes adulte et consentante à pouvoir le faire. 

C'est d'ailleurs la où on voit que les socialistes et les gays ne sont pas toujours les progressistes qu'ils disent être. En effet, quand on voit les partisans du mariage des gays protester contre "l'amalgame" entre suppression de la référence à la différence des sexes dans le mariage et possible évolution future vers la polygamie, non seulement on a envie de leur rappeler qu'il s'agit d'une évolution logique de leur réflexion, mais qu'en plus ces propos sur le trouple/polyamour ont été amenés par des personnes ou des médias proches de la sphère "LGBT" (Tetu, Les Inrocks, Elle). 
Soit il y a le modèle traditionnel (un homme + une femme et la plupart du temps, des enfants), soit toutes les combinaisons sont possibles. Il n'y a pas de raisons que les gays refusent à d'autres minorités ce qu'ils revendiquent pour eux.

C'est bien pour cela que les libéraux et les libertariens sont pour les unions civiles gays : chacun devrait avoir le droit de vivre comme il veut, avec qui il veut, selon ses valeurs, qu'elles fussent influencées par l'Eglise Catholique ou par autre chose. Mais ne mélangeons pas tout. Rebaptisons le mariage civil en contrat d'union civil. Quand aux droits des enfants, pourquoi la loi devrait s'en méler, alors que des avocats et des notaires ont les compétences et la légitimité pour rédiger des contrats ? On pourrait très bien vivre dans un pays où le droit commun (deux parents hétéros ont des droits sur leurs enfants) cohabiterait avec d'autres droits. Après tout, en ce qui concerne le seul cas de l'héritage, pourquoi voulez-vous que la seule règle d'égalité entre frères et soeurs et l'impossibilité de déshériter ses enfants subsiste ? Cette règle ultra jacobine, héritée de la Révolution Française, est en contradiction avec la diversité historique des systèmes familiaux telle que Emmanuel Todd l'a analysé. Les socialistes ne vont quand même pas nous dire qu'ils n'ont pas lu les écrits de ce  démographe et idéologue de gauche ? 

Finalement, David Assouline et les autres socialistes ont peut-être raison. Il est plus simple de critiquer l'Eglise Catholique que de mesurer toutes les implications de l'ouverture de boites de Pandore révolutionnaire. Après le mariage des gays, il y aura forcément le débat sur la procréation médicalement assistée, la gestation pour autrui, la filiation, etc. Les socialistes ne sont pas prêts à affronter ces débats, surtout avec 10% de chomeurs, 90% de dette/PIB et une armée française engagée au Tchad, au Liban et bientôt au Mali.