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dimanche 9 août 2015

#LoiRenseignement : un attentat aux libertés, par @edwyplenel (#Mediapart) / #PJLRenseignement

Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas. 



Source : Mediapart
Le projet de loi relatif au renseignement, dont le vote final est prévu le 5 mai, instaure une surveillance généralisée de la population, sans contrôles efficaces ni contre-pouvoirs forts. Comme l’ensemble des défenseurs des libertés, des associations et professions concernées, des autorités administratives impliquées, des acteurs de la révolution numérique, Mediapart dit non à cette loi scélérate. Et vous donne rendez-vous en ligne lundi 4 mai pour une journée de mobilisation.
Un attentat à nos libertés fondamentales est en cours. Ses auteurs sont ceux qui nous gouvernent, tous embarqués aux côtés de l’auteur principal, le premier ministre, jusqu’à celle qui devrait protéger nos droits et nos libertés, la garde des Sceaux, dont le profond silence vaut approbation. Leurs complices sont ceux qui nous représentent, droite et gauche confondues, empressés, à quelques rares et courageuses exceptions, d’approuver ce crime officiel, au point de l’aggraver par leur zèle législatif.
Des amendements cosmétiques n’y changeront rien : cette loi instaure une société de surveillance généralisée. Profitant des potentialités techniques de la révolution numérique et des opportunités politiques de l’émotion sécuritaire, elle autorise l’État profond, cette part d’ombre du pouvoir exécutif qui, à l’abri du secret-défense, n’a pas de visage et ne rend jamais de compte, à espionner tout un chacun, n’importe qui, n’importe quand, n’importe où.
L’avènement de cette loi signifiera qu’en France, désormais, de façon légale, l’État de police l’emportera sur l’État de droit. Que le pouvoir en place pourra faire surveiller des citoyens et leurs entourages sans restrictions solides, sans contrôles indépendants, sans autorisations judiciaires. Que le soupçon remplacera la preuve. Que des opinions deviendront des délits. Que des fréquentations s’avéreront coupables. Que des curiosités se révéleront dangereuses. Que des différences ou des dissidences à l’égard des pensées dominantes ou des politiques officielles seront potentiellement criminelles.
Il suffit de lire l’avis circonstancié que vient de rendre à l’unanimité la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) pour en être convaincu (il est ici sur Mediapart). De ne pas se laisser rebuter par sa longueur ni par son juridisme pour entendre l’alarme inquiète qui l’habite derrière son langage précautionneux. Ce texte fait litière radicale de la vulgate gouvernementale selon lequel ce projet de loi, d’une part, donnerait enfin un cadre légal respectable aux activités occultes des services de renseignement et, d’autre part, instaurerait un contrôle efficace de ces mêmes activités.
D’emblée, la CNCDH souligne au contraire que la façon dont ce projet de loi a surgi en dément totalement les intentions vertueuses proclamées. Elle souligne que ce texte est passé en conseil des ministres « à peine deux mois » après les crimes terroristes de janvier et « quelques jours seulement avant la tenue d’élections cantonales dont la campagne a été marquée par une forte présence du populisme et de l’extrémisme ». Qu’il a, de plus, été élaboré quelques mois après l’entrée en vigueur d’une énième loi antiterroriste, « consécutive à l’affaire Nemmouche », elle-même faisant suite à deux autres lois antiterroristes récentes, « consécutives, elles, à l’affaire Merah ».
Tandis que chômage, précarité, insécurités sociales et injustices économiques, mal-vivre et mal-être sont relégués en fond de décor de notre vie publique, sans urgences ni priorités de nos gouvernants, plus de vingt-cinq lois relatives à la sécurité intérieure ont été adoptées ces quinze dernières années, entre 1999 et 2014. Déplorant « cette prolifération de textes législatifs relevant davantage de l’opportunité politique que du travail législatif réfléchi », la CNCDH « rappelle l’importance d’une politique pénale et de sécurité pensée, cohérente, stable et lisible, dont la qualité ne se mesure pas à son degré de réactivité aux faits divers et aux circonstances du moment ».
Traduite par la procédure accélérée imposée par le gouvernement, la « plus grande précipitation » a été voulue pour ce projet de loi, selon les mots de la CNCDH qui rappelle sa « ferme opposition » à cette procédure. Aucune urgence effective ne la justifie. C’est en fait une arme de pouvoir, un moyen de faire taire les oppositions, de prendre de court les protestations, d’entraver le fonctionnement normal du Parlement, de restreindre « considérablement le temps de réflexion et de maturation nécessaire au débat démocratique ».
Cette procédure arbitraire dévoile l’intention de ses promoteurs : jouer sur l’émotion pour imposer la régression. Le pouvoir exécutif réclame un chèque en blanc pour l’État profond, de surveillance et de police, sans expertise ni bilan, sans critique ni autocritique. Aucun débat préalable, aucune enquête parlementaire, aucune audition contradictoire pour évaluer les récents fiascos sécuritaires des services chargés de la lutte antiterroriste, alors même que les itinéraires de Merah, de Koulibali et des frères Kouachi le justifieraient amplement, révélant des failles de surveillance et des manques de vigilance.
Pis, la CNCDH relève « la pauvreté » de l’étude d’impact qui accompagne le projet de loi, son caractère succinct, ses formulations vagues, sa façon de procéder « par simple affirmation en s’exonérant de toute référence documentaire ». Car cette loi n’est pas seulement un mauvais coup, elle est aussi de mauvaise qualité, mal rédigée, imprécise ou incomplète. Voulu, ce flou cache évidemment mille loups : c’est un moyen d’échapper à l’exigence d’extrême précision pour toute disposition permettant de porter atteinte au droit au secret privé et familial, une ruse pour ne pas se plier à l’encadrement rigoureux d’un pouvoir de surveillance qui, toujours, s’accompagne du risque de l’arbitraire.
Appelant en conclusion à des « amendements du Gouvernement et du Parlement[qui] permettent de renforcer la garantie des libertés publiques et des droits fondamentaux », la CNCDH ne va pas jusqu’au terme logique de son réquisitoire : le retrait ou la suspension de cette loi attentatoire à nos droits fondamentaux, au respect de nos vies privées et familiales, à nos libertés d’opinion, d’expression et d’information, à notre droit de savoir et de communiquer.
Car c’est bien « une surveillance de masse », écrit-elle, qu’autorise ce projet, par la collecte généralisée et la conservation durable de données collectées sur nos ordinateurs, nos téléphones, nos tablettes, tous les instruments électroniques qui, désormais, sont le quotidien de nos vies. À plusieurs reprises, son avis affirme que le dispositif de la loi contient « une violation flagrante de l’article 8 » de la Convention européenne des droits de l’homme énonçant le « droit au respect de la vie privée et familiale ».
« Le risque d’un “État panoptique” est à prendre au sérieux », ajoute-t-elle, autrement dit d’un État ayant à sa libre disposition des instruments technologiques qui lui donnent accès à une transparence totalitaire sur la vie privée des individus, leurs pensées secrètes, leurs personnalités intimes. Pis, en étendant le recours aux techniques de renseignement jusqu’aux intérêts de la politique étrangère comme aux intérêts économiques et industriels, sans compter la surveillance préventive des violences collectives, le projet de loi offre un champ « potentiellement illimité » aux curiosités intrusives des services de renseignement.
Quant à la « Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement » que la loi entend instaurer, son indépendance, son impartialité, sa technicité et sa compétence sont radicalement mises en doute par la CNCDH pour qui elles « ne sont pas garanties ». Son contrôle, conclut-elle, « risque fortement de ne pas être effectif ».
Ultime reproche, et non des moindres, de cette commission qui réunit l’ensemble des acteurs français de la promotion et de la défense des droits humains : en faisant basculer dans le champ de la police administrative des mesures répressives qui devraient bénéficier de garanties judiciaires, ce projet de loi« porte atteinte au principe de la séparation des pouvoirs ».

Faire payer à la liberté les frais d’une sécurité menteuse

Autrement dit, ce projet de loi est anticonstitutionnel, violant notre loi fondamentale, celle dont le président de la République est normalement le gardien. « Toute Société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution », énonce l’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Comment François Hollande ou Christiane Taubira, qui ni l’un ni l’autre ne sont juristes, peuvent-ils rester inertes face à ce réquisitoire aussi rigoureux qu’implacable de la CNCDH, commission éminemment représentative de la société dans sa diversité dont l’efficace présidente, Christine Lazerges, est de ces professeurs de droit qui se font fort de « raisonner la raison d’État » ?
Si, d’une manière ou d’une autre, ils ne se mettent pas en travers de ce coup d’État à froid contre nos droits fondamentaux, leurs noms resteront définitivement associés à la pire régression de nos libertés individuelles et collectives depuis l’État d’exception de l’aveuglement colonial, ces pouvoirs spéciaux imposés à leur majorité par, déjà, des gouvernants de gauche. L’auraient-ils oublié ? Une République en est morte, gangrénée par des factieux et des tortionnaires, des hommes qui se voulaient gardiens sans contrôle d’une sécurité devenue un absolu au mépris de la liberté, promue fin en soi quels qu’en soient les moyens.
Voulu par le premier ministre Manuel Valls, qui s’en est fait symboliquement le rapporteur devant l’Assemblée, porté par le député socialiste Jean-Jacques Urvoas, qui se comporte en représentant des services bien plus qu’en élu de la Nation, ce projet de loi est bien un Patriot Act français tant ses intentions et la méthode pour les imposer sont similaires à celles des néoconservateurs américains en 2001, après le 11-Septembre. Il s’agit bien d’autoriser une surveillance étatique de la société sans limites sérieuses ou solides en jouant sur l’affolement provoqué par les attaques terroristes.
Avec ses mots feutrés, la CNCDH souligne ce chantage dont la représentation nationale et l’opinion publique sont actuellement l’objet : « Tout se passe comme si la simple invocation d’une plus grande efficacité pouvait justifier l’adoption, sans aucune discussion, des mesures les plus attentatoires aux libertés. » C’est pourquoi elle prend la peine de « réaffirmer avec force que les États ne sauraient prendre, au nom d’intérêts considérées à juste titre comme primordiaux, n’importe quelle mesure ». « La plus grande victoire des ennemis des droits de l’homme (terroristes ou autres), ajoute-t-elle, serait de mettre en péril l’État de droit par l’émergence et la consolidation d’un État prétendu de sécurité qui se légitimerait par l’adoption de mesures de plus en plus sévères et de plus en plus attentatoires aux droits et libertés fondamentaux. »
Nous y sommes, et c’est pourquoi, d’ici le 5 mai, toutes les bonnes volontés doivent converger pour faire échouer ce projet de loi. Et, s’il est néanmoins adopté, continuer sans relâche à se mobiliser pour qu’il échoue sur d’autres obstacles, le Conseil constitutionnel, la Cour européenne des droits de l’homme ou, tout simplement, la société elle-même, soulevée par ce « droit de résistance à l’oppression » que lui reconnaît, depuis 1789, l’article 2 de la Déclaration des droits de l’homme.
Car, outre l’abandon par la gauche de gouvernement du terrain des libertés, de leur élargissement et de leur conquête, le plus stupéfiant dans cette régression démocratique est le spectacle d’un pouvoir qui prétend défendre la société contre elle-même. Il n’y a en effet aucune voix discordante parmi tous les acteurs sociaux : des avocats aux magistrats, des journalistes aux blogueurs, des Autorités administratives indépendantes au Défenseur des droits, des associations de défense des droits de l’homme aux organisations syndicales, des acteurs du numérique aux réseaux sociaux, etc., tous ont fait part unanimement de leur refus d’une loi liberticide (lire ici).
Mais, pour les sachants qui prétendent nous gouverner, leurs cabinets et leurs communicants, cette expertise citoyenne ne compte pas, y compris quand elle s’exprime jusqu’à l’Assemblée nationale, au sein d’une commission sur le droit et les libertés à l’âge du numérique composée de parlementaires et de représentants de la société civile (lire là son avis). Pour eux, la société qui proteste a forcément tort. Elle est mal informée, mal éduquée, mal intentionnée. Il y a là une pédagogie antidémocratique au possible, où les représentants ignorent superbement ceux qu’ils sont supposés représenter, où le pouvoir exécutif s’affirme comme le tuteur autoritaire d’une société ignorante ou menaçante, dans tous les cas mise à distance et sous contrôle.
« La France a connu à plusieurs reprises, au cours de ce siècle, ces paniques provoquées par certains attentats, savamment exploitées par la réaction et qui ont toujours fait payer à la liberté les frais d’une sécurité menteuse. » Ainsi commence, en 1899, l’article du fondateur de la Ligue des droits de l’homme, Francis de Pressensé, contre les lois d’exception votées en 1893 et 1894 sous le choc des attentats anarchistes qui ensanglantaient alors la Troisième République.
Il s’intitulait « Notre loi des suspects », et s’en prenait à ceux qui, en l’ayant adoptée, abaissaient la République, son idéal et ses principes : « Un Président-parvenu qui joue au souverain, un premier ministre sournoisement brutal qui essaye d’adapter à sa lourde main la poignée du glaive de la raison d’État, un Parlement où tout est représenté, sauf la conscience et l’âme de la France. »Forgés par la haute bataille du dreyfusisme qui les occupait alors, Francis de Pressensé et ses pareils, dont Jean Jaurès, en concluaient qu’il revenait à la société, aux citoyens qui la composent, bref au peuple souverain, de relever cette conscience et cette âme, abandonnées et meurtries par la politique professionnelle.
Nous avons tous rendez-vous aujourd’hui avec la même exigence : le devoir de nous dresser contre ce crime légal, officiel, gouvernemental et, peut-être, parlementaire, puis présidentiel si la loi est adoptée puis promulguée. Un devoir qu’au temps des combats fondateurs de la République, à la fin du XIXe siècle, avait rejoint un jeune conseiller d’État qui, à la suite de Francis de Pressensé, dressait un réquisitoire contre les lois de 1893-1894 aussi informé que celui de la CNCDH contre le projet de loi qui nous occupe. Par obligation de réserve, il signait anonymement « Un Juriste ». Mais l’on sait, depuis, qu’il s’agissait de Léon Blum, le futur leader du socialisme français, l’homme du Front populaire, dont c’était le premier acte politique.
« Telle est l’histoire des lois scélérates, concluait-il avec des mots que nous n’hésitons pas à reprendre aujourd’hui : il faut bien leur donner ce nom, c’est celui qu’elles garderont dans l’histoire. Elles sont vraiment les lois scélérates de la République. J’ai voulu montrer non seulement qu’elles étaient atroces, ce que tout le monde sait, mais ce que l’on sait moins, avec quelle précipitation inouïe, ou quelle incohérence absurde, ou quelle passivité honteuse, elles avaient été votées. » 
Mesdames et Messieurs les députés, d’ici le 5 mai, vous avez le choix entre la honte ou l’honneur. La honte d’être complices d’un attentat aux libertés. L’honneur d’être fidèles à la République véritable.
Edwy Plenel.

samedi 21 décembre 2013

Soutenons tous @Mediapart s'ils se montrent cohérents

Tout d'abord, avouons notre admiration (sincère) envers la très belle aventure entrepreneuriale qu'est Mediapart. Ce média en ligne a été crée il y a plusieurs années déjà, avec des journalistes expérimentés (comme Edwy Plénel, Laurent Mauduit, Martine Orange ou l'excellent Philippe Ries (1)), qui se sont lancés dans la création d'une entreprise originale, un journal 100% en ligne et qui plus est payant (à la différence de Contrepoints et Atlantico, qui eux sont gratuits).

Depuis, Mediapart et ses journalistes se sont caractérisés par des très bonnes enquêtes, sur les affaires Takkiedine ou Cahuzac par exemple. 

Au sujet de cette dernière affaire, souvenez-vous, par exemple, de arrogance d'une journaliste de France Inter, Pascale Clark, qui interrogeait avec mépris Edwy Plenel, il y a un an, sur les preuves dans l'affaire Cahuzac. 



Aujourd'hui, Mediapart est, comme beaucoup d'autres entreprises, victime d'un contrôle fiscal. On sait que, outre les entrepreneurs individuels qui sont traditionnellement harcelés par le fisc (avec de nombreux cas de suicide jamais médiatisés (2)), Bercy a lancé une vague de contrôles cette année, portant notamment sur l'usage du crédit impôt recherche (3). Pourquoi ? Par méchanceté et par hargne des gens de Bercy ? Peut-être du coté de quelques syndicalistes fous et partisans, mais ce n'est pas la vraie explication. La vérité c'est que comme la France dépense 1,25 euro d'argent public quand elle collecte 1 euro de taxes et impôts, alors l'Etat est à la recherche, par tous les moyens, de chaque euro à récupérer.

Le problème spécifique de Médiapart est lié à la TVA. Mediapart applique un taux de TVA de 2.1%, comme les journaux qui ont un taux de TVA dit super réduit, alors qu'ils devraient, selon la loi française, appliquer un taux de TVA de 19.6% (bientôt 20% alors que le PS avait fait campagne sur la non-hausse de la TVA ... mais c'est une autre histoire). Ce débat sur la TVA, il avait déjà été soulevé par Enquête & Débat, un autre média en ligne. Edwy Plénel avait opposé le droit à la loi (4).



Edwy Plenel estime que Médiapart ne fraude pas... par enquete-debat


Aujourd'hui, Edwy Plénel communique sur ce débat.


L'interview d'Edwy Plénel est intéressante mais elle contient des éléments contestables. Le directeur de Mediapart nous dit "La presse n'est pas une marchandise comme les autres, parce qu'elle est au service du public". Evidemment, c'est exagéré. Déjà, la presse n'est pas la seule à se considérer comme un produit "pas comme les autres". Il y a aussi les médicaments, les produits agricoles, les livres, l'eau, les trains, l'éducation, etc, si on en croit certains, qui sont des produits pas comme les autres, à se demander ce qu'est un produit comme les autres. Mais, n'en déplaisent aux journalistes de Mediapart, même s'ils influent sur le débat public, ils doivent quand même leur rémunération à l'argent de leurs actionnaires et à la confiance de leurs clients. La presse est bien un produit comme les autres.

Mediapart se considère comme le concurrent des journaux papier. C'est évidemment faux. Ce n'est pas dans ces canards boiteux que sont les journaux papiers qu'on a une chance de trouver des enquêtes un peu fouillées, sur Cahuzac notamment. Les lecteurs de Mediapart sont prêts à payer pour de la valeur ajoutée.

Mediapart mentionne le fait qu'au Royaume Uni, la TVA est à 0% sur les journaux en ligne. Ils mentionnent aussi le fait que l'Etat est hors la loi depuis 2011 car il n'applique pas une directive européenne qui devrait forcer la France à aligner la TVA applicable à la presse en ligne et à la presse papier. 
C'est là où les affirmations républicaines de Mediapart ("nous sommes prêts à payer nos impots") trouvent leur limite.

En France, nous sommes censés appliquer et respecter les lois même si elles sont stupides ou injustes. Combien d'automobilistes sont forcés à rouler à 50km/h sur des quasi autoroutes, par exemple ? Et combien de directives européennes ne sont pas traduites en droit français ? 

Oui, il faut soutenir Mediapart, mais il faudrait qu'Edwy Plenel soutienne aussi les milieux libéraux qui, non seulement veulent moins d’impôts, moins et mieux d'Etat, mais aussi que la France s'inscrive enfin dans un cadre européen et fédéral. 
Exemple concret la directive Européenne qui abolit le monopole de la Sécurité Sociale (5): C'est en application de la directive 92/49/CEE qu’en Allemagne les caisses publiques d’assurance-maladie sont en concurrence depuis janvier 1996.
Cette directive, importante, aucun journal n'en parle, et elle fait même l'objet d'une censure toute renforcée, récente (lire Je quitte la secu (6)). Or, si Mediapart réclame l'application d'une directive européenne, il devrait réclamer l'application de toutes les directives européennes, par cohérence de la hiérarchie des normes.

De manière plus globale encore, Mediapart devrait soutenir la réduction du rôle de l'Etat, préalable indispensable à la baisse des impôts et dont l'absence justifie de la part du fisc toutes les dérives, y compris l'illégalité (7) ou le recours à un arsenal liberticide (8) (article 13 de la LPM qui fera des agents de Bercy des gens mieux armés que ceux de la NSA).

La TVA à 19.6%, elle sert à faire fonctionner tous ces servics publics dont l'utilité voire la légitimité est contestable.

Avons-nous besoin d'un Etat qui prélève une redevance TV pour faire fonctionner France Inter (Pascale Clark ...) ou France 2 (Sophia Aram ...) ? ou bien de liberté de choix et d'abonnements librement consentis à Mediapart ou de dons librement décidés à d'autres pure players comme Contrepoints ?

Avons-nous besoin d'un Etat qui prélève des milliards pour se montrer incapable de faire fonctionner une éducation nationale à la dérive ou bien ne vaudrait-il pas mieux que les parents s'organisent librement dans des communautés éducatives de quartier ?

Mediapart, comme une partie non négligeable de la gauche, est (éditorialement parlant) dans un entre-deux idéologique peu confortable. En effet, il est malaisé de défendre des idéaux qualifiables d'interventionnisme tout en demandant plus de libertés. La gauche peut et doit redevenir libérale. Il n'y a aucun caractère de science fiction dans cela, c'est la mission que s'est donnée la gauche liberale (9).
Alors, à quand une distribution de Bonnets Rouges chez Mediapart ? 

dimanche 8 décembre 2013

Vive la «BFMisation » de la vie politique !

Il y a quelques semaines déjà, le gouvernement s'en prenait à BFM (1) au lieu de remettre en cause sa politique de taxes à tout va et d'ultra étatisation du pays, sans oublier les manquements individuels des membres du gouvernement ou de leur famille et autres scandales politico-financiers qui touchent le PS.

Maintenant, c'est le vénérable quotidien du soir, le Monde, qui s'interroge, en faisant une "Enquête sur la « BFMisation » de la vie politique". Mieux, au delà de BFM, le Monde parle d'alertes, de tweets, de retweets et et de démentis, mettant en fait en cause tout l'écosystème qui comprend la blogosphère, les médias en ligne, twitter et les applis médias pour tablettes et autres alertes infos Iphone. 

Que veut dire le Monde ? Qu'ils regrettent le temps où eux seuls étaient les analystes de la vie politique ?  S'il ne s'agissait que de cela, ce serait symptomatique d'un monde passé où on n'allait pas faire ses courses chez Monoprix après 21 heures.

Mais l'interrogation est plus large. Le Président Hollande, qui est loin d'être stupide, a bien compris qu'un des problèmes de Sarkozy est d'avoir été le premier président français de l'ère Facebook (3). Que le Monde, sympathique mais néamoins actif relais médiatique du parti socialiste (puisque le Monde est internationalement référencé comme étant de "centre gauche", selon Press Europa 4) reprend l'interrogation de la « BFMisation » de la vie politique est néanmoins inquiétant. Pourquoi ?

Parce que cela témoigne de la panique des élites baby boomeuses habituées à la bienséance jacobine vis-à-vis d'un monde dont on ne peut plus dire qu'il vient d'émerger : Facebook a 9 ans, BFM TV  8 ans, Twitter 7 ans. Dénoncer la  Vive la «BFMisation » de la vie politique, c'est regretter ce bon vieux temps de l'ORTF où le ministère de la communication choisissait ce qu'il était important de dire ou de cacher au public, et où le Monde était clairement identifié comme étant la seule source de "décryptage".

Pourtant, à chacun son métier.
Que BFM fasse de l'anecdotique est parfaitement utile; Ainsi, quelques semaines après son élection à la présidence de la République, François Hollande montre son vrai visage en considérant les dépassements de limitation de vitesse sur l'autoroute Paris-Caen comme peu importants. 




C'est beaucoup plus révélateur que n'importe quel long discours puisque le public aura directement compris que la présidence de Hollande ne differerait pas fondamentalement des excès du sarkozysme en terme de république du deux-poids-deux-mesures. 

Quand au fond que le Monde et le PS semble regretter, toute une série de médias en ligne, comme Contrepoints ou Mediapart, s'en chargent, en pratiquant de vrais enquêtes, sur Cahuzac (5) ou sur l'ISF du Président de la République (6).  

Donc, oui, vive la «BFMisation » de la vie politique ! Ou plus exactement, vive la dissémination de l'information et le pluralisme des médias. BFM TV, à la différence de bien d'autres groupes médias, ne dépend ni de l'Etat directement, ni d'une industrie autre (BTP, armement, etc). Quand à leur métier, ils le font dans un univers de concurrence.

Que le Monde, ancien et installé, ou le PS, ultra archi dominant, s'inquiètent d'une chaine TV qui fait 2% de l'audimat français en dit long sur la conscience qu'ont les élites du manque d'adhésion du peuple à leur projet.



vendredi 5 avril 2013

Cahuzac député ? Mais pourquoi pas ?

En juin dernier, le franç-maçon Cahuzac (source Challenges) a été élu très largement (61.48% des voix) député de la 3eme circonscription de Lot & Garonne (source l'Express). 
Ce médecin spécialisé en chirurgie esthétique, fan de montres, comme son ami Moscovici (source Challenges) est ensuite devenu ministre du budget. 

Suite à cela, Cahuzac a été amené à démissionner de son poste de ministre parce qu'il avait menti au Président de la République et aux députés en affirmant que, contrairement à ce qu'affirmait Mediapart et un ex agent du fisc, il n'avait jamais possédé de compte chez UBS à Genève. 

Jérome Cahuzac n'étant plus ministre, il est en droit de redevenir député, si son suppléant quitte son poste. 

Certains socialistes appellent Cahuzac à ne pas solliciter son retour à l'Assemblée Nationale (source : Libération). C'est vrai que si nous étions en Norvège, l'appel de ces socialistes aurait un sens. Mais nous sommes en France. 
Est-ce que les socialistes ont demandé à Sylvie Andrieux (accusée par la justice de détournements de fonds publics pour un montant de 700 000 euros) de rester chez elle plutôt que d'attendre d'être innocentée par la justice tout en allant voter des lois à l'Assemblée Nationale ? 
Combien de temps ont-ils attendu, après la condamnation de Jacques Mahéas à 4 mois de prison avec sursis (source le Parisien) pour agression sexuelle (pas très cher payé ...) pour lui demander de démissionner du Sénat ? Ah, ils ne lui avaient rien demandé, en 2008 ? 

En appellant Cahuzac à ne pas solliciter son retour à l'Assemblée Nationale, les socialistes font une triple erreur. D'une part, ils confondent leur rôle législatif avec celui, théoriquement indépendant, du pouvoir judiciaire. D'autre part, ils oublient de faire la lumière sur l'ensemble des condamnations qui pèsent sur les membres du gouvernement ou les parlementaires. Enfin et surtout, ils nous prennent pour des idiots, en évitant de répondre à la question suivante : qu'ont-ils attendu, entre le 15 décembre 2012, et aujourd'hui ? 




Affaire Cahuzac: pour Gonelle, Hollande avait... par BFMTV


Ne serait-ce que parce que des personnes responsables mais non coupables de diffusion de produits sanguins contaminés ou des personnes coupables de nombreux délits et crimes (voir la liste sur le blog de Pierre Parillo) ont connu par la suite une belle carrière politique, Cahuzac doit rester à l'Assemblée Nationale, et rappeler à qui veut l'entendre la parabole de la paille et de la poutre.
Sauf preuve du contraire, Cahuzac n'a mis en danger la vie de personne, ni par action ni par omission, et il n'a pas volé d'argent public. Il n'a pas été non plus sujet d'actes de trafic d'influence ou de népotisme, toujours sauf preuve du contraire.

C'est ça la France. Nous en sommes à chercher le moins corrompu et le moins condamné/condamnable des élus.


mercredi 3 avril 2013

François Hollande s'exprime sur l'affaire Cahuzac : décevant




Flamby Mollande François Normal 1er Hollande s'est exprimé en réaction à l'affaire Cahuzac. 

Voici son texte (il a fait une déclaration enregistrée)


"J'ai appris, hier, avec stupéfaction et colère les aveux de Jérôme CAHUZAC devant ses juges.
Il a trompé les plus hautes autorités du pays : le chef de l’Etat, le Gouvernement, le Parlement et, à travers lui, tous les Français.
C’est une faute, c’est une faute impardonnable. C'est un outrage fait à la République. D'autant que les faits reprochés sont eux-mêmes intolérables : détenir, sans le déclarer, un compte à l’étranger.
Donc, toute la lumière sera faite.
Et c’est la Justice qui poursuivra son travail jusqu’au bout et en toute indépendance.
J’affirme, ici, que Jérôme CAHUZAC n’a bénéficié d’aucune protection autre que celle de la présomption d'innocence. Et il a quitté le Gouvernement, à ma demande, dès l’ouverture d’une information judiciaire.
C’est un choc ce qui vient de se produire parce que c’est un grave manquement à la morale républicaine. Je suis, donc, amené à prendre trois décisions qui vont dans le sens des engagements que j’avais pris devant les Français :
D’abord, renforcer l’indépendance de la Justice : c’est le sens de la réforme du Conseil Supérieur de la Magistrature. Cette réforme sera votée au Parlement dès cet été. Elle donnera aux magistrats les moyens d’agir en toute liberté, en toute indépendance, contre tous les pouvoirs.
Ensuite, lutter de manière impitoyable contre les conflits entre les intérêts publics et les intérêts privés et assurer la publication ainsi que le contrôle sur les patrimoines des ministres et de tous les parlementaires. Le Gouvernement, là encore, soumettra au Parlement, dans les semaines qui viennent, un projet de loi dans cette direction.
Enfin, les élus condamnés pénalement pour fraude fiscale ou pour corruption seront interdits de tout mandat public.
La République, c’est notre bien le plus précieux. Elle est fondée sur la vertu, l’honnêteté, l’honneur.
La défaillance d’un homme doit nous rendre encore plus exigeants, plus intransigeants, et je le serai parce que je sais ce que cela représente pour les Français cette blessure. L’exemplarité des responsables publics sera totale.
C'est mon engagement.
Je n’en dévierai pas et les Français doivent en être certains."
Si on peut se permettre de réagir aux propos de Normal 1er, alors disons clairement que sa réaction tombe un peu à coté de la plaque. D'abord, le problème ici n'est pas l'indépendance de la justice, même s'il s'agit d'une question très importante. Il ne pouvait pas y avoir de problème d'indépendance de la justice puisque pour le moment, l'affaire Cahuzac n'existe que sur le plan médiatique et non pas sur le plan judiciaire. Le problème serait plutôt l'aplomb de Cahuzac quand il menacait sur twitter ou à l'Assemblée Nationale saisir la justice envers quiconque osait relayer les interrogations de Mediapart, un journal en ligne qui n'a jamais perdu un procès en diffamation. 


C'est plutôt la surdité de l'exécutif et l'indépendance de la presse subventionnée, le problème. Comment Hollande, Valls et Ayrault, les gens les mieux informés de France ont pu passer à coté de ça ? 

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Hollande, Valls et Ayrault ont fait adopter, en Octobre 2012, une loi qui renforce les pouvoirs de la police notamment en matière d'écoutes, dans le cadre, notamment, de la loi anti-terroriste. Le problème, il est là : on fait toujours plus de lois pour restreindre les droits et libertés des gens ordinaires, on les traque, on les surveille, et ces lois ne s'appliquent pas aux élites. 

Ensuite, Hollande nous dit que les élus condamnés pénalement pour fraude fiscale ou pour corruption seront interdits de tout mandat public. Pourquoi juste les les élus condamnés pénalement pour fraude fiscale ou pour corruption seront interdits de tout mandat public ? Parce que s'il avait affirmé : les élus condamnés, tout court, seront interdits de tout mandat public, trop d'élus, de gauche comme de droite, devraient se chercher une autre occupation professionnelle ? Est ce que la fraude fiscale est pire que d'autres crimes et délits dont sont coupables d'autres élus ? 

La République, c’est notre bien le plus précieux. Elle est fondée sur la vertu, l’honnêteté, l’honneur.

Fort bien. Dans ce cas, quid d'autres propos que l'on peut qualifier de mensonges ? 






Et puis, est-ce que Hollande pense vraiment que les français ont oublié :


  • le refus, par les députés socialistes (mais pas que eux) d'adopter l'amendement Charles de Courson sur la fiscalisation de l'IRFM (lire Impots Utiles)
  • les affaires de députés qui utilisent cette IRFM pour se payer des vacances, comme ce député de l'Ardèche dont parlait Médiapart ou Marianne (lire le Monde)
  • l'absence de réaction politique quand on a appris que Cahuzac avait pour 100 000 euros de montres (juste de MONTRES) chez lui ?
  • le fait que Hollande ne sache plus très bien combien il gagne, et qu'il ne paye que 9000 euros d'impots tout en étant dans le top 1% des revenus de ce pays ? 
Le vrai souci, dans cette affaire, est que l'on voit le gap qui existe entre les propos des socialistes qui disent qu'il faut toujours plus d’impôts et de taxes, et la réalité de leurs actes, toujours avides de défiscalisation en ligne ou non avec la Loi. 

Nous serions tous des Cahuzac, si nous en avions les moyens et le talent : nous aussi, nous préférerions ouvrir un compte chez UBS à Genève et cesser de financer cet état dispendieux et toujours plus dépensier. Les élus socialistes qui lachent maintenant Cahuzac ne s'en tireront pas à si bon compte. 

Il y avait deux mesures intelligentes à annoncer : flat tax à 15% sur tous les revenus, puis dissolution de l'Assemblée Nationale. Hollande n'a annoncé ni l'une ni l'autre. 

Affaire Cahuzac : hommage à Mediapart

Une chose frappante dans l'interview du premier sinistre ministre hier, c'est le fait de dire qu'ils (au gouvernement) ne savaient pas. 
Voulait-il dire que les 30 et quelques personnes qui jouent au ministre ne savent pas lire ? N'entendaient-ils pas les affirmations sourcées d'Edwy Plénel ? 

Apparemment, Mediapart n'a jamais perdu un procès en diffamation. Nous sommes loin du modèle classique de la presse. Si vraiment le gouvernement n'avait eu aucun doute au sujet de l'innocence de Mediapart, n'auraient-ils pas usé de tous les moyens légaux ou illégaux pour atomiser Mediapart et ses journalistes ? 

La France peut être fière de l'équipe de Mediapart. 
Quel dommage que cette équipe soit trotskyste. D'une manière plus générale, heureusement que la presse en ligne existe, que ce soit Contrepoints, Atlantico ou Nouvelles de France, sans parler de la blogosphère (Delanopolis, Opposition Républicaine ... Où, en dehors du Canard Enchainé, pourrions nous avoir de vraies nouvelles sur ce pays et ses dérives ? 

lundi 12 novembre 2012

Charles de Courson récompensé par Anticor

Charles de Courson
Tous pourris ? Non.


L'action à l'Assemblée Nationale de Charles de Courson, est salué par l'association Anticor qui va lui remettre un prix de l'éthique. Ce sont ses actions en faveur de la création d'une institution de contrôle quant à l'utilisation par les députés de leur l'IRFM (Indemnité représentative de frais de mandat d'un montant mensuel brut de 6 412 €) qui sont saluées.

Charles de Courson est député (Nouveau Centre/UDI) de la Marne. Il a soulevé cet été la question de l'utilisation par les députés de leur l'IRFM. UMP et PS se sont ligués contre cette volonté de transparence. 

A titre d'exemple : Pascal Terrasse, député (socialiste) de l'Ardèche, a été accusé par Mediapart d'utiliser son IRFM pour se payer ses vacances. Seule réponse de ce député : porter plainte contre Mediapart ... pour vol de relevé bancaire ! Rassurons nous, ce député est toujours en poste, un peu comme Sylvie Andrieux, qui n'est, après tout, que mise en examen depuis juillet 2010, devant un tribunal correctionnel pour détournement de fonds publics (700 000 euros, lire le Point).

Tout ceci interroge quand même sur les priorités du PS, qui exclue le soldat Falorni, qui a battu à la loyale Marie-Ségolène Royale (condamnée par la justice) mais ne cherche pas à communiquer outre mesure sur les accusations très précises qui entachent la Fédé. du Pas de Calais.
C'est ce même PS qui combat la fraude fiscale en excluant Florence Lamblin (EELV) du conseil municipal du XIIIeme arr parce qu'elle est simplement accusée mais ne se demande pas si Lyne Cohen-Solal est digne de représenter les Parisiens.

N'en jetons plus, laissons travailler la justice sur les cas Andrieux (Bouches du Rhone), Aubry (Nord), Bonrepaux (Ariège), Guerini (Bouches du Rhone), Kucheida (Pas de Calais), Seve (Hauts de Seine) ...NB : soyons juste, à l'UMP, ca n'est guère plus brillant (Tiberi etc). Mais alors qu'on attend pas grand chose de l'UMP, le PS, lui, a pris des engagements précis suite à la présidentielle et aux législatives 2012 (cf Mediapart)

Et encore bravo à Charles de Courson. 


mardi 18 octobre 2011

Scandale du Sénat : écrivez à votre sénateur (de gauche donc démocrate)

Médiapart, vous connaissez ?
Ce média trotskyste a le mauvais goût d'alimenter la chronique des affaires qui, pas de chance, nuisent à l'UMP (de droite donc soit-disant libéral).
Le fait est que le Sénat a porté plainte contre Médiapart. Pourquoi ? Parce que les journalistes de ce média en ligne ont dénoncé
Du coup, le Sénat a porté plainte pour vol de documents et cherche quelles sont les sources, en interne au Sénat, des journalistes de Médiapart, puisque fatalement, ce sont des secrétaires, des comptables, des balayeurs ou autres qui ont transmis des infos sur ces cas choquants.

En France, il parait qu'il y a une loi, l'article 40 du Code de Procédure Pénale qui dit "Toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l'exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d'un crime ou d'un délit est tenu d'en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs." et une autre, qui protège le secret des sources des journalistes.

Jean-Marc Pastor, sénateur socialiste, père d'une gérante de restaurant un peu cher, a juste remboursé ses notes de frais litigieuses (source Rue89, France Info, la Dépèche du Midi) après avoir fait un faux communiqué de presse à entête du Sénat. Il est toujours Sénateur. Imaginez la même chose dans une entreprise !!. C'est le risque de se faire licencier (Capital) des amendes et de la prison avec sursis (974infos). Au UK, c'est du ferme pour les députés. (le Figaro).

Par contre, le Sénat, (de gauche donc démocrate), a maintenu sa plainte contre Médiapart, alors qu'ils font juste leur boulot de contrepouvoir. Ecrivons à notre sénateur (de gauche donc démocrate) pour exiger :
  • le retrait de la plainte contre Mediapart
  • le licenciement pour faute lourde des sénateurs pris la main dans le sac de vol d'argent public
H16 Hashtable a raison : on peut économiser 600 millions par an et faire 65 millions d’heureux http://h16free.com/2011/09/06/9883-comment-economiser-600-millions-par-an-et-faire-65-millions-dheureux.

A leur échelle, les Grecs l'ont fait ou seront contraints de le faire rapidement.


Ca tombe bien, dans le XVIeme arr, on a une sénatrice de gauche donc démocrate.

Liste des sénateurs parisiens

jeudi 14 avril 2011

Droits de l'Homme : réponse du berger à la bergère ?

Mettre en cohérence les valeurs et les actes devrait être un souci permanent pour les politiciens, spécialement en Occident, notamment en France ou aux Etats Unis.

Deux exemples tirés de l'actualité.

Le premier est lié au rapport de la Chine sur les Droits de l'Homme aux Etats Unis. Certes, il est particulièrement surréaliste que la Chine se permettre de critiquer la situation des Droits de l'Homme dans un autre pays.
Mais quand la République Populaire de Chine critique les bavures policières ou le système carcéral Etats-Uniens, elle s'appuie sur les faits : tout ne va pas pour le mieux outre Atlantique. Le constat serait un peu similaire en France. Bien que ni les Etats-Unis ni la France n'aient atteint le niveau de non-liberté d'expression auquel sont soumis les Chinois, on doit bien admettre que l'Internet Switch, Hadopi, Loppsi et autres lois liberticides sont une première étape vers 1984. L'Occident mérite mieux. Si nous allons nous battre en Afghanistan ou en Lybie, battons nous aussi chez nous.

Le deuxième exemple est relatif aux différences de traitements pratiquées au plus haut niveau de l'Etat, entre les religions. Le même jour, on apprend que
- des sessions de concours d'entrée aux grandes écoles d'ingénieurs seraient aménagées en fonction des contraintes religieuses posées par le judaisme (source Mediapart)
- une expo à Avignon présentant un crucifix plongé dans de l'urine passe sans problèmes
- la profanation du cimetière de Mende n'a toujours pas fait l'objet d'une "ferme condamnation" par le gouvernement actuel
La encore, il faut être cohérent. Soit les religions sont une affaire privée et dans ce cas, l'Etat ne s'en mèle pas du tout, à chacun de s'organiser, ou alors c'est une affaire publique et dans ce cas on comprend mal les différences de traitement. Le Vendredi Saint n'est pas férié en France, alors pourquoi adapter des calendriers d'examens aux fêtes religieuses juives, si Mediapart dit vrai ?

La liberté d'expression, d'aller et de venir, de pratiquer un culte, d'entreprendre, etc... et l'égalité de traitement sont des valeurs importantes en France comme aux Etats Unis. L'Occident mérite mieux que les arrangements d'arrière cuisine. Ne nous faisons pas prendre en flagrant délit de contradiction.

dimanche 2 janvier 2011

Le G20 contre la civilisation

C'est parti, la France va présider le G vain vingt.

Or; notre pays a 3 objectifs, sur cette mission :
  • réformer le système monétaire international
  • lutter contre la volatilité du prix des matières premières
  • réformer la gouvernance mondiale
Penchons nous sur le deuxième objectif , lutter contre les spéculateurs, dont la Tribune reprend les tenants et aboutissants. La spéculation, Michel Barnier la trouve "scandaleuse", notamment quand elle concerne les aliments et le fruit du travail des agriculteurs. Il semble en cela d'accord avec Eva Joly, qui appelle carrément à changer de civilisation , "pour un monde où des renards domestiqués monteraient la garde devant le poulailler" (Interview sur Mediapart).

Pourtant, ni Eva Joly ni Michel Barnier ne seraient prêts à nier l'apport de la Grèce Antique à la "civilisation" actuelle., qu'ils disent vouloir défendre. Or, la Grèce compte nombre d'auteurs qui ont structuré la pensée d'alors et de maintenant, dont Thales de Millet.

Que nous raconte Aristote , au sujet de Thales de Millet ?

"(...). Il s'agit d'une opération financière qu'on lui attribue à cause de son renom de sagesse, mais qui inclut un principe d'application générale. Comme on lui reprochait, à cause de sa pauvreté, l'inutilité de son amour de la science on rapporte qu'ayant prévu, grâce à ses connaissances astronomiques, qu'il y aurait une abondante récolte d'olives, il employa dès l'hiver le peu d'argent dont il disposait à verser des arrhes pour louer tous les pressoirs d'huile de Milet et de Chios ; en l'absence de tout enchérisseur, il les afferma à bas prix. La saison venue, comme on recherchait en même temps et sans délais, beaucoup de pressoirs, il les loua au prix qu'il voulut ; grâce à la grande fortune qu'il amassa, il prouva qu'il est facile aux amants de la science de s'enrichir quand ils le veulent mais que ce n'est pas là l'objet de leur passion. "

• Aristote, La Politique, Livre I. Traduction de Jean Aubonnet, Collection des universités de France, Paris,
1968, page 33.

Autrement dit, un éminent philosophe Grec a aussi été un brillant spéculateur.
Laissons les défenseurs auto-proclamés de la Civilisation en tirer leur propres conclusions.

mardi 14 décembre 2010

Prix de l'humour politique pour le Figaro

Accordons un Prix de l'humour politique au Figaro ! Hier lundi 13 décembre, la société des journalistes du Figaro s'est réunie, suite à un sondage envoyé aux 281 journalistes du Fig, nous dit Médiapart. Il parait qu'Etienne Mougeotte a déclaré "Le Figaro est un « journal d'opinion de tradition libérale proche de la droite et du centre et qu'il allait continuer à l'être »."

Ah ah quelle bonne nouvelle ! Parce qu'entre le soutien à la prime à la casse, l'absence de questionnement sur les buts et moyens de la politique de sécurité, les sondages biaisés sur les Roms, on ne voit pas très bien où est le libéralisme au Figaro.
De manière plus globale, des journalistes libéraux, il y en a très peu en France.

Si vous voulez une opinion un peu divergente de ce que vous entendez sur FrancetéléFiglibéInfos, suivez Philippe Ries, sur Mediapart (paradoxalement !), ou lisez la presse étrangère. De bons journaux francophones sont imprimés de l'autre coté de la frontière, avec les excellents éditos de Emmanuel Garessus (le Temps).



En France, le groupe BFM La Tribune est de loin le meilleur compromis.