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mercredi 2 mars 2016

Non, il n'y a pas trop d'Europe

En ces temps de crise des réfugiés et d'exaspération des agriculteurs, il est de bon ton de faire de l'Europe bashing, comme si c'était des CRS bruxellois qui rasaient le camp de Calais, comme si c'était quelqu'un d'autre que le président Hollande qui avait poussé en faveur du boycott de la Russie.

Pourtant, certaines choses laissent à penser qu'a contrario des idées reçues, on manque d'Europe, ce pays qui, rappelons le, a moins de fonctionnaires que la seule ville de Paris (Tout en ayant à l'esprit qu'il y a également 2,5 fois plus de fonctionnaires à Paris qu’à Londres). 

Exemple de manque d'Europe illustré : les propos d'un des dirigeants de l'entreprise francilienne d'agro-alimentaire, Michel & Augustin, qui voudrait bien faire de l'Europe son marché naturel.




Oui, l'Europe n'existe pas économiquement parlant. Il y a encore 28 pays, 28 marchés séparés, chacun avec leurs exigences. 
Certes, il y a le facteur linguistique, encore que ce ne soit pas une vraie excuse, puisque nos voisins Suisses prouvent qu'un pays confédéral peut parfaitement vivre avec plusieurs langues. 

Mais c'est surtout l'aspect réglementaire, le problème. 

En 1789, les héritiers des physiocrates, pro business pourrait-on dire si on ne craignait pas l'anachronisme, disaient, à l'instar de l'économiste Vincent de Gournay : «laissez faire les hommes, laissez-passer les marchandises», en mettant l'accent sur l'intérêt d'abaisser les barrières aux échanges (douanes intérieures, routes en piètre état).
Peut-être qu'une révolution utile à l'Europe serait justement, outre le fait de rappeler l'Acte Unique de 1986, de promouvoir de manière active le Laissez Faire. 

Mais les drogues ? Les clandestins ?  Les terroristes, direz-vous ? 
Oui, c'est hélas la contrepartie de la liberté d'échange, tout comme, après la Révolution Française, la France n'a pas qu'exporté la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, elle a aussi exporté les pillages, les viols, les exactions. Nos voisins, qu'ils soient Allemands, Suisses ou Espagnols (voir les tableaux de Goya) s'en souviennent. 
Lutter contre les effets indésirables du libre-échange est évidemment souhaitable et même bienvenu, mais il s'agit d'une question d'organisation de la justice et de définition de droits de propriété. 

Quoi qu'il en soit, il faudra à un moment qu'on fasse un choix : soit on veut du fédéralisme, soit on veut le "souverainisme". Mais cet entre-deux qui permet à la classe politique (politocarde, aurait-on envie de dire) de critiquer Bruxelles au lieu de se remettre en question devient insupportable
Sans forcément aller jusqu'à dire comme Sylvie Goulard que c'est soit l'Europe, soit le chaos, car on pourrait très bien imaginer un modèle alternatif, il faut quand même avouer que l'achèvement du marché unique ferait du bien aux PME de l'ensemble de l'Union, y compris les PME françaises, donc.
Non, il n'y a pas trop d'Europe. Il y a trop d'interférence entre les tentatives fédérales et la réalité intergouvernementale. 
Et il y a avant tout trop d'étatisme et de socialisme, notamment ici, chez nous, en France, mais aussi à Bruxelles. Si, par exemple,l'UE commençait par supprimer la PAC, cette soviétisation de l'agricuture européenne ? 

samedi 20 février 2016

La possibilité du Brexit, la réalité du quasi Frenchxit

Quel magnifique jeu de rôles nous ont offert les chefs d'Etat de l'UE à 28 réunis à Bruxelles, hier !
A commencer par le président Hollande. 
En effet, par la voix du chef de l'Etat, la France a rejeté la possibilité du Brexit, la sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne, et a insisté sur le respect des règles communes (1), fédérales aurait-on envie de dire. 

Mais,  au fait, ce n'est pas la France anti-fédérale, le passager clandestin de l'UE ? 

En effet, qu'est ce que l'Union Européenne ? 
Les traités européens sont le fondement de l'Union européenne: toute action entreprise par l'UE découle de ces traités, qui ont été approuvés librement et démocratiquement par tous les États membres, nous dit l'Union Européenne (UE). 

Quand au traité fondateur de l'UE, il est clair. Il précise que les états membres sont "DÉTERMINÉS à établir les fondements d'une union sans cesse plus étroite entre les peuples européens". 

Autrement dit, l'idée de l'UE est claire : il s'agit d'aller vers un Etat fédéral.  Et les étapes intermédiaires sont le respect des traités, comme l'Acte Unique de 1986 (achèvement du marché commun par l'instauration des 4 libertés : libre circulation des marchandises et des services, libre prestation et liberté pour une entreprise de s'installer dans le pays de son choix.
libre circulation des personnes et libre circulation des capitaux ) ou le traité de Maastricht.

La référence est claire : il y a quelques exemples de pays fédéraux dans le monde, comme la Suisse, le Canada ou même l'Allemagne, mais le modèle de l'UE, c'est bien les Etats-Unis d'Amérique. D'ailleurs, Jean Monnet a manifestement été très influencé par ses contacts américains. 

Notons la contradiction entre l'idéal fédéral (capitale à Bruxelles, fonctions régaliennes comme l'armée ou la diplomatie centralisées, principe de subsidiarité, notamment au niveau régionalisé/landerisé pour le non régalien) et la réalité intergouvernementale de l'UE (les Etats sont les principaux acteurs de la politique Européenne), ambiguïté qui permet à chacun de dire "c'est de la faute du Bruxelles" plutôt que "nous avons mal négocié". 

Or, que c'est-il passé hier ? 
Il existe un fort courant au Royaume-Uni (RU) anti UE, y compris au sein des Conservateurs, le parti de David Cameron. D'ailleurs, Margaret Thatcher n'était pas, euphémisme, une grande fédéraliste. 
Mais face à la poussée de UKIP, David Cameron a décidé, sage décision, de laisser le peuple britannique décider. 
Cependant, comme Cameron est manifestement contre la sortie du RU de l'UE, il est quand même aller négocier à Bruxelles des aménagements. 

Et voila comment le premier ministre Britannique présente les choses : le Royaume-Uni ne fera jamais parti d'un ensemble supranational type super Etat Européen. 





Aux britanniques à décider maintenant ! Et d'après les sondages, rien n'est gagné d'avance. On se demande juste quand même quel est le projet que David Cameron va présenter à nos amis et voisins britanniques. De quelle Europe parle t-il, sachant que le rejet de l'UE au Royaume-Uni n'est pas qu'un problème comptable, mais bien une question culturelle ?

Mais le plus drôle, ce ne sont pas les contradictions de Cameron, ce sont les remarques de Hollande, qui a donc déclaré : "La Grande-Bretagne doit rester dans l’Union européenne, c’est ma volonté. Mais en même temps, il faut que l’Union puisse avancer. Aucun pays ne doit avoir un droit de veto, aucun pays ne doit se soustraire à des règles communes ou à des autorités communes"(2).




Conférence de presse à l'issue du Conseil Européen par elysee



Si on a bien compris ce que nous raconte l’exécutif de la République Française,

la France est :

  • déterminée à ce que la politique monétaire, décidée par la Banque Centrale Européenne puisse être cohérente avec les politiques budgétaires ("celle que chacun des pays mène dans le respect du pacte de stabilité  (3) ")
  • engagée à ce que l'UE continue à payer la Turquie pour lutter contre l'immigration en provenance de Syrie et d'Irak
  • soucieuse de faire respecter les règles communes
  • désireuse de faire avancer le projet Européen 

On croit rêver !

Est-ce que le Président de la République ne se moquerait pas de nous ?


  • Quel est le pays qui a partiellement rétabli les contrôles aux frontières
  • Quel est le pays qui se soustrait à la nécessité de maintenir la protection des Droits de l'Homme, et a prévenu le Conseil de l'Europe qu'il risquait de déroger à la Convention européenne des Droits de l'Homme ? 
  • Quel est le pays qui se montre incapable de respecter le traité de Maastricht, et revendique même le fait de ne pas suivre la règle de 3% de déficit par rapport au PIB
  • Quel est le pays qui n'hésite pas à subventionner certaines de ses entreprises, en totale infraction vis-à-vis de l'Acte Unique ? 
  • Quel est le pays qui s'éloigne des valeurs démocratiques de l'UE et de l'état de droit et fait voter l'état d'urgence, une mesure qui pérennise un état d'exception ? 
  • Quel est le pays qui déclare la guerre à des pays ou à des groupes terroristes, de manière unilatérale et sans même faire voter son parlement ou prévenir les 27, et qui place ensuite ses 27 partenaires au sein de l'UE devant le fait accompli en leur demandant de payer ? 


Autrement dit, qui est en situation dérogatoire par rapport aux règles communes ? Et toujours autrement dit, quelles leçons pouvons-nous donner aux britanniques alors que nous-même sommes très loin d'être en ligne avec les règles communes de l'UE, règles pour lesquelles le président Hollande a toujours personnellement milité ? 

Il semble, au vu des faits, que si les britanniques s'interrogent, la France, elle, est déjà à l'étape suivante : elle pratique allègrement la politique de l'Europe à la carte, très loin de l'option fédérale. 

Si la France de Hollande est vraiment favorable au fédéralisme Européen, qu'elle commence par respecter le Pacte de Stabilité et de Croissance, l'Acte Unique ou la Convention européenne des Droits de l'Homme. Ensuite, qu'elle prenne une initiative forte comme la fermeture du Balardgone et du Quai d'Orsay et le transfert de leurs pouvoirs à Federica Mogherini, la commissaire Européenne en charge des affaires extérieures. 




(2) Elysee La Grande-Bretagne doit rester dans l'Union européenne. 18 février 2016
(3) Elysee Conférence de presse Conseil européen 18 décembre 2015

vendredi 22 janvier 2016

Europe : le gouvernement socialiste français pompier pyromane

Egalement publié sur Agoravox
La vie politique française tend parfois à faire croire, comme dirait le blogueur H16, (1) que "ce pays est foutu" (c).

Quand les journalistes commentent la pilosité de Macron (2) ou la blondeur de Pamela Anderson, quand les politiques légifèrent pour autoriser les selfies devant le viaduc de Millau (!) (3) ou pour interdire l'usage de liens hypertextes sur Internet (!!), quand nous même, les électeurs et contribuables, ne disons rien face aux violentes hausses d’impôts ou aux restrictions de libertés induites par la prolongation de l'état d'urgence, il y a de quoi se poser des questions. 

Mais il y a aussi des moments de sourire, pour ne pas dire des moments franchement risibles. Regardez ces photos, en ayant à l'esprit que le chef de l'Etat n'aime pas les riches, que le PS, pour être élu, a rendu hommage aux valeurs communistes et que la gauche a (à juste titre) critiqué le coté bling-bling de l'ancien président de la République. 

Oui, c'est bien Valls et Bono, de U2

Oui, cette table fait passer le Fouquet's pour un infâme PMU de quartier

Oui, c'est bien la maire de Paris, que les journalistes qualifient de "frondeuse"

Vous avez bien vu, ils sont tous la, de Fabius à Touraine

C'est bien l’exécutif socialiste de France, en direct de Davos. Mais si au moins ils y allaient pour y tenir un langage de vérité, notamment sur leur (ir)-responsabilité à la tête du pays depuis plus de 3 ans. Mais non ! Il faut en plus qu'ils jouent les pompiers pyromanes.

Prenons, par exemple, les propos de Valls



Valls a notamment déclaré (4) :

  • « L’Europe peut sortir de l’histoire »
  • « Le projet européen peut mourir très vite si nous ne trouvons pas les moyens de lutter contre le terrorisme »
  •  il faut « plus d’Europe »
  • « Ce serait un drame si la Grande-Bretagne quittait l’Europe. Nous devons tout faire pour qu’elle reste »
  • En pleine vague de terrorisme et de crise des réfugiés, « il n’y aurait rien de pire que de voir un pays partir, cela risquerait de provoquer une montée des populismes ». 
  • « Nous avons une responsabilité collective »


Question : est-ce que le Premier Ministre français, Manuel Valls, ne se moquerait pas un peu du monde ?

  • Quel est le pays européen qui décide d'aller faire la guerre aux quatre coins du monde et n'en avertit qu'après coup ses 27 partenaires de l'UE ? 
  • Lier lutte contre le terrorisme et possibilité de suspendre Schengen, qui l'a fait ? Un parti populiste d'extrême droite, originaire de Saint Cloud, ou bien un parti socialiste au pouvoir et soit-disant Européen ? 
Contrôles douaniers rétablis à la frontière franco-belge

  • Qui ne cesse de dire à l'Europe de ne pas se mêler des affaires, notamment budgétaires, de la France ? Qui est en retard sur ses transcriptions de directive ? Qui freine la libéralisation du rail proposée par l'UE ? 
  • Quel pays, en proposant l'état d'urgence, se dote d'outils dont rêvent les "populistes" de tout poil ? 
  • Quelle responsabilité exerce t-on quand on est même pas capable d'équilibrer le budget de l'Etat ? 
Couche supplémentaire de cynisme : le président Hollande veut lui aussi "préserver la zone euro" (5) et se prononce pour un approfondissement de la zone euro.

Oui, vous avez bien lu. Le président de la République qui, le 29 mai 2013, a déclaré La Commission n'a pas à nous dicter ce que nous avons à faire, se prononce pour un approfondissement de la zone euro.

Mais c'est quoi, la zone euro, si ce n'est des traités (dont celui promu par Hollande, notamment, en 2005, mais aussi surtout celui de Maastricht) que la France de Hollande est incapable de respecter ? 

Quand à l'Europe, qu'est ce que c'est, si ce n'est, outre des traités, un corpus de valeurs fondamentales à respecter, telles que les Droits de l'Homme ? Or, n'est ce pas la France de Hollande qui a déclaré qu'elle pourrait renonce à la Convention européenne des droits de l'homme (6) ?

Pour parler du risque de dislocation de l'Union Européenne, on évoque souvent le comportement des citoyens britanniques, enclins à voter le Brexit, l'attitude de l'Etat hongrois et ses opérations de surveillance antiterroriste, la politique de l’exécutif Polonais, qui crée de nuit une sorte d'ORTF, ou les velléités autrichiennes de réguler par eux-même l'immigration de réfugiés du Moyen Orient. Mais pourquoi ne mentionne t-on jamais le fait que la France, pays cofondateur de l'UE, pays des Droits de l'Homme, pays coeur de l'UE, est déjà en train d'avancer vers le Frenchxit (de facto, nos finances publiques sont une menace pour l'euro), tout en bafouant les Droits de l'Homme pour cause de terrorisme ? Finalement, la France donne des leçons qu'elle ne s'applique pas à elle-même !

Au vu de ces quelques points, force est de constater que si l'Europe est en crise, c'est aussi à cause de notre gouvernement ! Alors, si le bon air de Davos, plus pur qu'à Paris (7), pouvait aider Valls et son gouvernement à y voir plus clair, pussions-nous espérer que l'executif français revienne de Suisse avec la conclusion suivante : la rupture avec le socialisme et le nationalisme devient plus qu'urgente !



(1) H16 Ce pays est foutu 18 mars 2009
(2) RTL Emmanuel Macron : Bernard Cazeneuve plaisante sur la barbe du ministre et évoque sa "radicalisation" 6 janvier 2016
(3) Liberation La liberté de faire des selfies devant le viaduc de Millau reconnue à l'Assemblée 21 janvier 2016
(4) Le Monde « L’Europe peut sortir de l’histoire » : l’avertissement de Valls à l’UE 21 janvier 2016
(5) Tribune de Genève François Hollande veut préserver la zone euro 21 janvier 2016
(6) France 24 État d'urgence : la France va déroger à la Convention européenne des droits de l’Homme 27 novembre 2015
(7) France 3 Paris Ile de France Pollution dans l'air... Le stationnement gratuit reconduit jeudi à Paris 20 janvier 2016

vendredi 9 octobre 2015

La liberté de port d'armes a trouvé le pire avocat possible : Louis Sarkozy


Il y a vraiment des interviews que certains devraient s'abstenir de donner, y compris dans le but de protéger les causes qu'ils défendent. 
Par exemple, grâce à BFM TV, on a des nouvelles du petit Louis, Louis Sarkozy, et plus précisément, on apprend que "Loin de l'Elysée, il évoque sa vie américaine et sa passion pour les armes" (1). 


Passion pour les armes ? Dans un pays tel que la France, autant avouer sa fascination pour Hitler ou Staline (encore que la seconde, l'admiration des crimes du communisme, n'est jamais sanctionnée). 

On a beau être un pays qui a (aussi) fait la Révolution de 1789 afin que les paysans puissent chasser librement, un pays dans lequel le Comte de Mirabeau avait proposé : « Tout citoyen a le droit d’avoir chez lui des armes et de s’en servir, soit pour la défense commune, soit pour sa propre défense, contre toute agression illégale qui mettrait en péril la vie, les membres ou la liberté d’un ou plusieurs citoyens » (2) , un pays, enfin, dans lequel plus de 3 millions d'armes déclarées circulent (3), le sujet semble toujours sulfureux.


Quand on parle de liberté du port d'armes, immédiatement des clichés surviennent, et Louis Sarkozy, du haut de ses 18 ans, ne parvient pas à les éviter. En France, qui dit passion des armes dit républicain américain qui se montre le digne héritier des cow boys du far west, armés de Smith & Wesson.
Jamais ne surviennent les images plus proches de nous, de la Finlande (4), de la Corse (5), d'Israel (6) ou de la Suisse (7). 
Jamais, de plus, on explique que les Etats-Unis, c'est 50 états différents, et donc 50 législations sur les armes à feu différentes, tout comme entre la France, la Roumanie ou la Suède, il n'y a pas non plus exactement les mêmes lois.

Les journalistes entretiennent l'idée que la liberté du port d'armes aboutirait forcément à un carnage en France. Les gens, forcément, s’entre-tueraient. 
Seulement, on attend  toujours une statistique fiable qui montrerait que, effectivement, il y a plus de morts aux Etats-Unis (à 50 états) par armes à feu, par rapport à l'Europe (à 28 états). Par exemple, comment expliquent-ils la fusillade de l'Ile Saint Denis de ce jour (8) ? Et la fusillade de l'agence Pole Emploi de Bobigny du 17 septembre (9) ? Et les nombreux incidents qui émaillent la vie de la cité phocéenne ? C'est un excès de liberté du port d'armes, qui explique tous ces morts, ici chez nous en France ? Ou bien tout simplement la constatation que les délinquants, eux, ne s'encombrent pas de formalités administratives ? 

Enfin, peut-on se permettre de penser que les 16 et 17 juillet 1942, ou le 6 mars 2015, les milliers de juifs arrêtés par la police française (10) ou Amadou Koumé (11), mort dans un commissariat du Xeme arrondissement à la suite d'une interpellation par la B.A.C, seraient peut-être encore en vie s'ils avaient pu opposer au "monopole de la violence légitime" une résistance, armée ? 




(2) Union Française des Amateurs d'armes Armes : un droit constitutionnel ! 4 novembre 2008
(4) Slate Why do Finns own so many guns? 31 décembre 2009
(10) Wikipedia Rafle du Vel d'Hiv

samedi 5 septembre 2015

Réfugiés : le Parti Socialiste place de la République, la palme du ridicule

Cette après-midi, un peu partout en Europe, de Dublin (1) à Zurich (2), des citoyens manifestaient pour :
  • dire aux réfugiés, de Syrie notamment, qu'ils étaient les bienvenus en Europe ("refugees : welcome")
  • dire que les politiques répressives anti immigration n'étaient pas conduites en leur nom ("not in our name").
En ce qui concerne Paris, la manifestation se tenait place de la République et elle devait être apolitique

Or, à cette manif, qu'y avait-il ?





Certes, il y avait des citoyens non encartés, comme des avocats pro droits de l'homme par exemple, ou des gens proches du mouvement "no borders", mais il y avait aussi des militants politiques, de l'extrême gauche anti libérale aux centristes du Modem, en passant par les écolos et ... des socialistes !



Oui, vous ne revez pas, des socialistes, élus pour certains, manifestaient autour des mots d'ordres mentionnés plus haut !! Et puis si on peut tweeter en rappelant qu'il y a des élections régionales à la fin de l'année, c'est encore mieux.

Rappelons quand même que le Président de la République, le ministre de l'intérieur, le premier ministre, le président de l'Assemblée Nationale sont membres du même parti qu'eux . En théorie, ces manifestants soutiennent la politique gouvernementale, notamment celle qui consistait à refuser la proposition européenne de répartition des migrants par pays de l'UE, en fonction de la population et de la richesse de celui-ci (3). 

Rappelons quand même que ce Parti Socialiste, il y a moins de 3 mois, a approuvé une opération policière digne de Pasqua consistant à démanteler des campements sauvages de migrants sans papiers ou clandestins ou en attente d'asile, en plein Paris.




Il parait que contrairement à "la droite", le PS agit avec "humanité". Croyons les, puisque c'est la gauche ...


La situation dramatique des migrants de Méditerranée, cela fait des mois qu'elle existe. Cela fait des mois que les citoyens s'organisent entre eux, et que des mouvements comme l'Eglise Catholique agissent.
Alors qu'aujourd'hui, le sénateur parisien (PS) David Assouline ou la conseillère régionale Ile de France (PS) Marie-Pierre de la Gontrie manifestent, c'est quand même un peu fort de café. 
Comme le note un twittos, pourquoi manifester ?


Pourquoi ne pas plutôt passer un coup de fil à Valls ? Quel était le but de la participation d'élus socialiste à cette manifestation ? Peser pour que le PS, au pouvoir, abolisse enfin les lois Pasqua-Debré ? Amener à modifier les conditions de demande d'asile au sein de l'Union Européenne ? Demander au PS, au pouvoir, de ne plus envoyer les forces de police contre les migrants ? Promouvoir la liberté de circulation des personnes au sein de l'espace Schengen, qu'elles soient migrantes réfugiées, riches entrepreneurs fuyant le fisc français ou travailleurs détachés roumains ?

Il y a enfin une question que les manifestants, socialistes notamment, n'ont pas posé : est-ce que le premier ministre socialiste Manuel Valls suivrait l'exemple de son homologue libéral de Finlande ? Ce dernier propose d'héberger des migrants chez lui, dans sa maison.


Peut-être que nos manifestants socialistes français ont eu peur de la réponse potentielle de Valls, ayant en tête sa supposée aversion, (selon le Canard Enchainé) envers les SDF et autres Roms qui saliraient les rues du 11eme arrondissement  (4) ? 





lundi 24 août 2015

Thalys : le pire est-il à venir avec Vidalies et Royal ?

C'était presque à prévoir. Après l'affaire de l'acte terroriste manqué dans le Thalys, les politiciens, experts en propos de circonstance et autres lois de réactions à l'actualité.

Deux exemples : Ségolène Royal et Alain Vidalies.

La ministre de l'écologie, qui a toujours voté en faveur des traités européens, a, en une phrase, signalé qu'elle ignorait la différence entre l'appartenance à la zone Schenghen (le cas du Benelux) et la non appartenance à la zone Schenghen (le cas du Royaume Uni).


Au passage, quelqu'un peut-il signaler à Ségolène Royal qu'elle confond les contrôles douaniers liés au franchissement d'une frontière avec les contrôles de sécurité liés à l'usage d'un long tunnel sous-marin ?

Dans le cas de la ministre de l'écologie, on peut donc clairement parler de propos de type café du commerce.
Ceux du secrétaire d'Etat aux transports sont autrement plus inquiétants.





Que n'aurions-nous entendu si des responsables de droite avaient tenu des propos pareils ?  "Le risque de discrimination existe mais ne doit pas nous empêcher d'agir en matière de contrôles aléatoires [au faciès]".

Est-ce que le but du gouvernement socialiste français est-il vraiment de transformer notre pays et de donner raison aux terroristes, tout en étalant leur haine des libertés ? 

Plutôt que de laisser les terroristes gagner leur guerre, les libéraux comme Ulrich Genisson (1) ou la rédaction de Contrepoints proposent que les français reprennent en main la défense de leurs libertés, notamment en les autorisant à être armés, mais certainement pas un renforcement des pouvoirs de l'Etat liberticide et inefficace. 



Mention spéciale aux fédéralistes de l'UMP/les Républicains ou de l'UDI, bien absents. C'est maintenant que la liberté de circulation des marchandises, des capitaux, des idées mais aussi des hommes a besoin de soutiens !


(1) Radio X Quebec Genisson: Il faut armer les Français !



Sur le même sujet, lire

Le Parisien Libéral Thalys : si vis pacem, para bellum ? 22 août 2015
H16 Thalys : heureusement, l’État nous protège bien ! 23 août 2015

samedi 15 août 2015

15 Août : bonne fête de l'Assomption à toutes et à tous !


Et en ce jour où l'Europe, de Paris à Częstochowa, et de l'Espagne à la Croatie, va fêter l'Assomption (1) de Marie, ayons une pensée à la fois sur le chemin parcouru mais aussi sur celui qui reste à parcourir pour tenter de faire coïncider les valeurs de l'Europe avec celles liées à ses racines chrétiennes. Cette fête de  l’Assomption de la Vierge, l’une des quatre fêtes catholiques légalement chômées en France (avec Noël, l’Ascension et la Toussaint), manifestant que Marie, au terme de sa vie terrestre a été "élevée à la gloire du ciel" (2). est aussi l'occasion de rappeler que la Vierge Marie est en effet la source d'inspiration du drapeau de l'Europe (3). 
A ce titre, l'Europe et plus spécifiquement l'Union Européenne à 28, dont nous sommes toujours membres malgré les tentations nationalistes des politiciens, a une responsabilité particulière.

Que les responsables politiques tentent de donner aux législations un engagement en terme de Droits de l'Homme, de responsabilité et de liberté que d'aucuns ont perçu par leurs lectures de la Bible, et notamment des Évangiles. Citons à ce titre Nathalie MP, Charles Gave, Thierry Jallas ou encore Marché Gris.

Enfin, saluons l'engagement de l'Eglise en faveur des Chrétiens d'Orient, les héritiers directs des premiers disciples du Christ. Pour les aider, de nombreuses organisations non gouvernementales telles que la Croix Rouge ou l'UNICEF collectent des fonds. 


(1) Eglise Catholique Qu’est-ce que l’Assomption ? 
(2) catholiques à Paris  Fête de l’Assomption de la Vierge

mardi 11 août 2015

Vive les exilés fiscaux !

Il y a de plus en plus d'exilés fiscaux (1), et c'est une bonne nouvelle !
Certes, l'expression "exil fiscal" ne décrit pas exactement la réalité, puisque parmi les gens qui partent, tous ne sont pas riches.
Mais ces forces vives ou retraitées qui ont choisi d'habiter Genève, Bruxelles, Luxembourg ou Londres sont autant de votes avec leur pieds de français qui n'en peuvent plus de la façon dont notre pays fonctionne, et qui refusent, parce qu'ils en ont les moyens financiers, intellectuels ou psychologiques, de couler avec lui.

Un enseignement pour la "droite" française : le socialisme de droite n'a pas marché. Les départs ont commencé à s’accélérer sous Fillon, vous savez, celui qui a tenté d'élever le mur de Berlin fiscal qui cerne la France, en créant l'exit tax. Quand on crée une taxe sur le patrimoine de ceux qui partent, les départs ne ralentissent pas, au contraire. 
Autre fait à noter : les migrants et autres réfugiés, quand ils le peuvent, s'installent en Allemagne ou surtout en Angleterre (2). Il faut croire que eux aussi ne croient pas plus que ça aux vertus du socialisme à la française.

Que peut-faire le gouvernement ? D'ailleurs, devrait-il faire quelque chose ? S'il considère qu'à long terme, les départs de jeunes, d'étudiants, d'entrepreneurs ou de grosses fortunes fait peser sur le pays le même risque que le départ des Huguenots, alors le pouvoir devrait agir. De plus, on peut aussi ajouter qu'on ne peut pas faire vivre un pays uniquement avec des professions réglementés, des fonctionnaires, des chômeurs, des capitalistes de connivence ou des retraités. Il faut aussi tous ceux qui, par leur énergie, créent de la richesse.
Mais le plan que le gouvernement est à la fois simple et compliqué : il s'agit de démentir l'idée que les impôts ne peuvent qu'augmenter (puisque la France, en déficit chronique, ne prélève pas assez de richesse pour faire fonctionner ses services publics et financer le social, ou alors dépense trop) et mettre fin à l'idée ancrée que l'instabilité juridique et fiscale ne cessera jamais.

Autrement dit, il faudrait qu'Emmanuel Macron parvienne à convaincre ses collègues Valls, Eckert et Sapin que la France aurait à gagner en préférant le programme du Parti Libéral Démocrate à celui du Parti Socialiste. Bon courage à lui ! En attendant, dans un pays qui refuse de voir la réalité, le vote avec les pieds des exilés fiscaux est la meilleure réponse possible face à un Etat hors de contrôle. 



vendredi 7 août 2015

Crise Grecque : heureusement qu'Angela Merkel existe !

Des jobs à fort défi, il en existe beaucoup. Cela va de  gestionnaire des 10  milliards d'euros de déficit de la Sécurité Sociale à chargé de communication à la SNCF, un jour de départ en vacances. 

Mais celui qui présente le challenge le plus fort du moment, c'est probablement publicitaire en charge du dossier allemand. 
Quelque soit la justesse de l'analyse d'Angela Merkel dans le dossier Grec, force est de constater que, comme le pense Juergen Habermas,  le gouvernement Merkel a peut-être anéanti un demi-siècle d'efforts de reconstruction de la réputation allemande (1), en tout cas chez un grand nombre d'observateurs français ou au sein de la gauche européenne.

On voit refleurir, en effet, des propos anti allemands, voire complètement germanophobes, des plus posés et argumentés, chez Coralie Delaume notamment (2), aux plus outranciers (Merkel traitée de nazie). Et tout ça pour quoi ? Parce que l'Allemagne (mais pas uniquement elle) a demandé que les traités, signés par les Etats membres de la zone euro, soient respectés.

Le point de départ de la crise de la zone euro réside dans l'impressionnante liste des travers qui caractérise la construction Européenne. Tout est sujet à question :
  • pourquoi a t-on laissé se créer l'euro alors qu'il n'y a aucun mécanisme de sanction crédible en cas de non sanction de non respect des traités ? 
  • pourquoi, par romantisme, accepter l'entrée d'un pays dans la zone euro, alors que son économie n'est pas adaptée ? 
  • pourquoi accepter que l'intergouvernemental (les états, au sein du conseil européen) aient plus de poids dans les affaires européennes que les quelques instances à caractère un tant soi peu fédéral ? 
La question que se posent tous les souverainistes, c'est pourquoi la Grèce (ou la France) ne seraient pas libres, si leurs peuples en ont décidé ainsi, de ne pas suivre les règles européennes en matière d'équilibre budgétaires et ne pourraient pas plutôt, souverainement, décider de leur politique budgétaire, seuls. 

Ces questions sont légitimes, mais l'adhésion à l'euro (un régime de change totalement fixe entre les membres de la zone euro) suppose le respect du traité de Maastricht, Pourquoi ? 


Le triangle d’incompatibilité ou triangle de Mundell, démontre que on peut attendre deux mais pas trois des points suivants en même temps : 
  • Fixité des taux de change entre les monnaies de la zone
  • Mobilité des capitaux entre les pays de la zone
  • Autonomie des politiques monétaires des pays de la zone

Milton Friedman avait prévenu que l’intégration monétaire à marche forcée provoquerait la désunion politique et serait un désastre économique, et c'est pourquoi le Royaume Uni, le Danemark ou la Suède ont choisi de conserver leur monnaie, afin de pouvoir avoir une autonomie nationale en matière de choix économiques (au niveau monétaire et budgétaire). 

Pourquoi n'y a t-il pas pas eu la convergence économique souhaitée ? Tout simplement parce que les peuples n'ont pas suivi les plans des architectes de l'euro, tout autant que les gouvernements n'ont pas respecté leur parole. L'euro aurait du accélérer non seulement la réparation du toit par beau temps (les efforts d'équilibre budgétaires en période de croissance, entre 2002 et 2007) mais aussi la mobilité accrue des européens, notamment les chômeurs, d'un pays à l'autre. 
Au contraire, on a vu des déficits et des dettes s'accumuler, et aujourd'hui, il faut bien que quelqu'un paye. 

En l'absence d'euro, les Grecs se seraient moins endettés. Ils n'auraient pas emprunté des milliards pour acheter de l'armement, batir des autoroutes, embaucher des fonctionnaires ou organiser les Jeux Olympiques 2004. Leurs taux d'intérets seraient restés au niveau de ceux du début des années 90, ce qui les auraient dissuadé. 


Autrement dit, les Grecs (et d'autres) ont eu les bénéfices de l'euro, sans les contraintes, du moins pendant quelques années. 

La position qu'Angela Merkel a développé le mois dernier lors des sommets de l'UE consacrés à la Grèce a fait consensus en Europe : il y a une majorité d'Etats, et peut être de contribuables citoyens européens pour dire qu'il est normal que la Grèce rembourse ses dettes et qu'il serait anormal qu'elle bénéficie d'une remise de dette.
Il n'est pas sur que le sujet Grec soit reglé. Il reviendra même très certainement assez vite sur le devant de la scène, quand on prendra conscience du fait que, décidément, une faillite partielle de la Grèce est nécessaire (3). 

Mais en attendant, comme Guy Sorman, on peut dire Merci Madame Merkel (4) ! Oui merci à Madame Merkel de pousser à l'interrogation sur les origines de la crise financière de l’Etat grec et sur l’identité de ceux qui l’ont provoquée.

En France, ce qui nous interpelle particulièrement, c'est, en ce qui concerne la Grèce, à la fois la constatation que décidément, le socialisme, ça ne marche pas et la crainte d'avoir un jour à faire les efforts que les Grecs ont du faire, notamment en terme d'abandon d'"acquis" sociaux payés à crédit. Alors, oui,  cessons de faire de l'Allemagne la cause facile et universelle de tous nos maux (5) et commençons à réfléchir aux moyens à mettre en oeuvre pour eviter de se retrouver dans la situation de la Grèce !



(3) Génération Libre Grèce : une faillite partielle est nécessaire 29 juillet 2015
(4) Guy Sorman Merci Madame Merkel 17 jullet 2015
(5) L'hérétique Allemagne, cause facile et universelle de tous nos maux 24 juillet 2015



vendredi 17 juillet 2015

Pourquoi il faut arrêter avec la repentance

Nous sommes le 17 juillet.

Il y a 73 ans (ce n'est pas si vieux, soixante-treize ans, il y a encore des témoins de cette époque en vie), la police française, de son propre chef, raflait des français, de confession juive, pour les mettre dans les trains à destination des camps d'extermination des nationaux socialistes allemands. 


A l'époque, un doute pouvait subsister sur la destination finale des convois, puisque la réalité des camps était encore inconnue. En revanche que les autorités françaises aient agi par pur antisémitisme, une opinion répandue et légale à l'époque, ne fait aucun doute. Depuis, et parce que 1945 est passé par là, avec la découverte de l'ampleur du processus d'assassinat de masse de gens parce que de telle religion, la France a eu deux attitudes. 


Dans un premier temps, la France s'est dissociée de ces crimes, en arguant du fait que Vichy, ce n'était pas la France, et que de toute façons, la France ne s'excuse pas de son histoire. C'était la position de Mitterrand. Puis, dans un second temps, avec Chirac, on a admis l'idée que, même si Vichy, ce n'était pas la France, il fallait quand même que la Veme République endosse les crimes commis par la police nationale en 1942. Mais surtout, la Shoah a fait l'objet de réparations, financières notamment, comme on l'a encore vu avec l'exemple de la SNCF qui a choisi de verser de l'argent à des victimes américaines (1). 

Pourtant, il n'est pas certain que d'assortir la reconnaissance de certains génocides de compensations financières soit une bonne idée. 

D'une part, le préjudice de la Shoah, comme de tout génocide, est incalculable. Au delà des biens appartenant à des juifs qui furent "aryanisés", comment calculer de manière réaliste le cout d'une vie gâchée, voire détruite ? Comment évaluer, des années après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, ce qui aurait du être, à la place que ce qui fut ? 

D'autre part, l'argent n'achète pas tout. Dans le cas spécifique de la SNCF, on peut même parler de dépense qui n'aidera pas l'entreprise. Si des stakeholders influents dans le processus de décision des transports aux Etats-Unis estiment qu'in fine, la SNCF de 2015, ses hommes, ses femmes, restent comptables des actes commis par leurs prédécesseurs, pourquoi voulez-vous que 60 millions de dollars effacent quoi que ce soit ? De toutes façons, la réussite économique d'Hugo Boss (fournisseur d'uniformes de l'armée allemande et du parti national socialiste) ou de BMW montrent qu'une telle tache n'est manifestement pas un obstacle au commerce. 

Enfin, la repentance et les réparations laissent l'impression d'un traitement à géométrie variable des crimes. Or, l'idée du deux poids deux mesures est précisément l'un des facteurs qui alimente le ressentiment (2) de certains. Est-ce que les français de 2015 ont à payer, moralement ou financièrement, pour la Shoah, le Rwanda (3) ou le génocide Camerounais (4) ?  Pourquoi continuer à alimenter la fort logique concurrence victimaire ? 

Avoir une réponse claire, cohérente et définitive à cette question permettait aussi au président Hollande d'éviter les "maladresses" quand il parle de la "dette" de la France envers Haiti (5) ou encore à Fabius de pouvoir reprendre les propos de bon sens de la députée Européenne Sylvie Goulard, en disant une fois pour toute à Alexis Tsipras que la Grèce, membre de l'UE, n'est pas fondée à demander des réparations à l'Allemagne, membre de l'UE .


Grèce, Allemagne : dette et paix par sgoulard




(2) Ligue des Droits de l'Homme L'antisémite Dieudonné condamné pour son hommage à Faurisson 27 octobre 2009

dimanche 12 juillet 2015

A propos de la deutsch-französische Freundschaft ...

Grande nouvelle ! L'Union Européenne a perdu 25 membres ! Il n'y en a plus que 3 : la France la Grèce et l'Allemagne !
Pourtant, il parait que nous sommes 28 au sein de l'Union Européenne.


Mais comme certains l'ont oublié, alors ils en profitent pour réduire le problème Grec à un problème Allemand, et pire encore, à un problème Merkel.

Ce faisant, ils oublient plusieurs petites choses.

D'une part, la chancelière Angela Merkel n'est pas à la Bundesrepublik Deutschland ce que François Hollande est à la République Française.
En Allemagne, Merkel doit non seulement tenir compte de l'avis des allemands, mais aussi de celui de ses différents partenaires politiques. D'ailleurs, qui peut parler de la position des allemands, alors que, manifestement, Schauble pour ne citer que lui, a un avis bien plus tranché sur la question ?

D'autre part, si la Grèce quittait l'Euro, elle ne quitterait pas l'Union Européenne pour autant : les 28 membres de l'UE ne sont pas tous membres de l'eurozone (pensons à la Suède ou au Royaume Uni par exemple);
D'ailleurs, tous les pays Européens ne sont pas membres de l'UE tout court (Suisse ?)



A ce sujet, n'est-il pas bluffant de de constater que ceux qui appelaient à voter non au TCE en 2005 (c'est à dire : non à l'approfondissement avant l'élargissement) sont maintenant parmi ceux qui défendent à tout prix le maintien de la Grèce dans l'eurozone ?

Enfin, ceux qui pensent que le président Hollande doit à la fois préserver l'appartenance de la Grèce au coeur de l'ensemble des institutions de l'UE et l'amitié franco-allemande feraient mieux de comprendre que les allemands, manifestement, ne mélangent pas amitié et travail. Mais force est de constater qu'ils ne sont pas seuls.




Peut-etre que les méchants Allemands n'ont pas le bon ton.
Mais ils soulèvent une vraie question : si les Grecs veulent de l'autonomie budgétaire totale (liberté au niveau national), pourquoi veulent-ils s’embêter avec l'euro, un instrument monétaire (imparfaitement) fédéral ?
Comme le dit le Duffl'UE est une construction bancale qui hésite éternellement entre une Europe des Nations et un super état empire. 
Il est temps de choisir, et ce n'est pas qu'une question d'amitié franco-allemande !
Jamais le président Hollande ne nous a dit si il était prêt à sortir de l'Europe des Nations pour transférer les budgets de la défense et de la diplomatie à Bruxelles, par exemple.

lundi 6 juillet 2015

Le berceau de la démocratie

Alors, comme ça, les Grecs ont dit non aux propositions de la Troïka (1) ? 
Que le FMI se mèle des finances publiques d'un pays, c'est bon pour les africains, mais certainement pas pour les Grecs, quand bien même ceux-ci aient prouvé leur capacité à être très éloignés des standards européens ? 
On peut concevoir cela, mais dans ce cas, comment les Grecs peuvent-ils vouloir le fait que les contribuables européens paient pour faire fonctionner les services publics Grecs ? 

Quoi qu'il en soit, on comprend à quel point le fait de vouloir à tout prix que la Grèce, berceau de la civilisation occidentale, fasse parti de l'Union Européenne et de ses quelques institutions vaguement et imparfaitement fédérales, est une hérésie : si les Grecs, ou les 27 autres, ne veulent pas des contraintes du fédéralisme, ils ne peuvent pas non plus vouloir être éligibles à ses bénéfices. 

A court terme, le non ne change rien (2) : la Grèce est en faillite, et ils ont besoin d'argent, la, tout de suite, pour fonctionner un minimum. Le plus cruel est que les gouvernements nationaux des 27 autres, pas plus que les institutions européennes, ne demanderont notre avis pour savoir s'il faudra donner aux Grecs une aide d'urgence. 
Mais à plus long terme, il y a un peu d'espoir dans ce vote, si chacun va au bout de sa logique. On va enfin savoir si l'Europe veut etre fédérale ou non. 
Si elle veut l'être, il semble évident que la justice, la diplomatie et l'armée des 28 doivent être gérées par Bruxelles, avec un impot fédéral, et que tous les autres services publics doivent être privatisés.
Enfin, on va enfin pouvoir commencer à réfléchir sur les éventuels bénéfices du renversement de l'élargissement. 

Qu'on arrête de nous dire que, parce que la Grèce est le berceau de la démocratie, alors elle est membre de droit de l'UE. Ce sont d'ailleurs les Grecs qui nous ont légué le débat sur la démocratie (3), non ? 




(2) H16 Grèce : un non qui ne change rien 6 juillet 2015
(3) Philosophie La démocratie chez Platon et Aristote 12 octobre 2010

jeudi 28 mai 2015

Brexit : pourquoi ne pas laisser les britanniques quitter l'UE, s'ils le veulent ?

Nous avons décidemment un président de la république extraordinaire ! Le Président Hollande, à l'occasion de la visite de David Cameron (1), le brillant vainqueur des dernières législatives britanniques (2), ne s'est-il pas permis de donner des conseils au peuple anglais ?

Hollande a en effet affirmé que La France souhaite que la Grande-Bretagne reste dans l'Union européenne ...



Ça devient gênant, cette propension, liée aux dérives de la démocratie représentative, de croire que les gouvernants sont autorisés à parler en notre nom. Non, la France ne souhaite pas que la Grande-Bretagne reste dans l'Union européenne .... Le président Hollande le veut, mais les français, eux, soutiennent le Brexit !



Que veulent les britanniques ? On le verra au moment du referendum. Mais 10 ans après le "non" au referendum de 2005 portant sur le traité constitutionnel européen (3), peut etre que les gouvernants de tout poil pourraient faire un peu profil bas quand à leur mépris des opinions du peuple, quand elles divergent de ce qu'ils pensent, eux.

Hervé Mariton  se demande si on pouvait profiter de l'initiative de David Cameron pour changer l'Europe (4); c'est bien, mais ce n'est pas le point prioritaire auquel la France devrait s'atteler. Avant de critiquer l'Euro scepticisme croissant de nos voisins et amis britanniques, peut etre que nous pourrions balayer devant notre porte.

Hollande aime rappeler qu'en Europe, il y a des règles ? Pourquoi ne commence t-il pas par rappeler au gouvernement de Valls qu'il est impératif (c'est dans les traités) que la France ait des finances qui respectent les critères de Maastricht ?
Hollande ne veut pas des relents xénophobes qui pourraient se loger dans telle ou telle déclaration anti immigration bulgare au Royaume Uni ? Pourquoi ne rappelle t-il pas à Manuel Valls encore, que refuser des quotas de migrants suggérés par Bruxelles, c'est avoir le même point de vue, à tort ou à raison, que l'extrême droite qu'il dit combattre ?

Bref, on l'aura compris, avant de critiquer le souverainisme des britanniques, peut etre que nous pourrions nous interroger, nous, sur notre prise de distance vis a vis du fédéralisme Européen. La paille et la poutre ...




(1) Atlantico David Cameron en visite à Paris pour renégocier l'Europe 28 mai 2015
(2) Le blog du Duff La réélection triomphale de David Cameron est une leçon et pas seulement à la droite française 8 mai 2015
(3) L'Arene Nue 10 ans : le référendum volé de 2005 ou le passé qui ne passe pas 27 mai 2015
(4) Le Figaro Hervé Mariton : et si on profitait de l'initiative de David Cameron pour changer l'Europe ? 28 mai 2015


Sur le même sujet 

Le Parisien Libéral La Commission n'a pas à nous dicter ce que nous avons à faire ? 29 avril 2013

jeudi 19 mars 2015

Valls : face au terrorisme, «l'armée européenne existe, c'est la France». Vraiment ?

Est-ce que le premier ministre a perdu un pari, pour tenir un propos aussi insensé  contestable que celui rapporté par le Figaro (1) de ce jour, à savoir "face au terrorisme, «l'armée européenne existe, c'est la France»" ?


Ou bien, réalité des chiffres aidant, la panique gagne Matignon et l'Elysée ? 

Car les chiffres, les voici : d'une part, la France a un budget en déficit de 85,6 milliards d'euros en 2014 (2), soit 32% de déficit (86 Mds de déficit /273 Mds de recettes). 





Nous nous montrons incapable, depuis le début des années 80, de présenter un budget en équilibre (à la différence de nos voisins et amis allemands (3), dont le budget est en équilibre).  

Sur nos 364 milliards d'euros d'argent dépensés en 2014, le ministère de la défense en a consommé 42,2 milliards ,soit 13,8 % du budget général de l’Etat (4). 
Est ce que ces 42,2 milliards ont été dépensés entièrement en opérations extérieures (OPEX) de lutte contre le terrorisme ? Bien sur que non. Déjà, il y a 250 000 militaires en France. Mais 2300 d'entre eux sont impliqués dans l'opération Serval (Mali). Les OPEX coûtent d'ailleurs un peu plus d'un milliard d'euros par an. 
Evidemment, 1 milliard d'euros, c'est beaucoup trop pour un pays qui vit à crédit. Mais cela ne représente que moins de 2% du déficit total. 
En imaginant donc que nos 27 partenaires européens nous donnent 1 ou 2 milliards d'euros, il nous resterait à trouver 84 milliards d'euros pour boucler notre budget. 
Est-ce que Manuel Valls va aussi accuser les terroristes de nous pousser à dépenser trop (et mal) en éducation, en santé, en transports en commun, en subventions diverses et variées ? 

De plus, quand est-ce que Manuel Valls va cesser d'insulter nos partenaires européens ? Les Belges se sont impliqués dans Serval (5), ainsi que les Allemands (6). Est ce que c'est une bonne méthode de négociation, que d'admonester des participants potentiels ? Est-ce que les Allemands, les Polonais ou les Luxembourgeois se sont plaint du fait que l'armée française ait quitté, sur décision unilatérale de François Hollande, l'Afghanistan et l'ISAF (forces de l'OTAN) ? 

Et puis, les mots sont important :  "face au terrorisme, l'armée européenne existe, c'est la France". Si il n'y avait pas tous ces morts liés au terrorisme, à Paris, à Copenhague, et maintenant à Tunis, on aurait envie de rire ! Le respect que l'on doit aux personnes décédées nous pousse plutôt à hurler contre l'ineptie d'une telle sentence. 
Manuel Valls, premier ministre de la république française, pas forcément sur-éduqué (il n'est titulaire que d'une licence d'histoire) mais suffisamment instruit et informé pour comprendre ce qu'il dit, essaye de nous persuader du fait que contre le terrorisme, il faut une armée, d'une part, et que les interventions militaires françaises effectuées sous couvert de "lutte contre le terrorisme" tiennent lieu et place d'opérations sous bannière Européenne. 

Y a t-il besoin d'être un expert militaire formé à Saint Cyr pour comprendre que face à un Kouachy ou un Coulibaly qui font un carnage en région parisienne, équipés d'armes qui se négocient quelques centaines d'euros en banlieue, l'armée française, ses Rafale, son porte avion, ses bombes nucléaires, son état major, auront vraiment du mal ? 

Est-ce que Manuel Valls pourrait au moins avoir la décence de nous dire que la guerre du Mali est menée par la France tout simplement parce que nous, la France, avons des accords de coopération technique ou des accords de défense avec les pays de la région ? Passons sur le fait que cette guerre du Mali est justifiée par une interprétation vraiment plus que limite de l'article 50 de la charte des Nations Unies.



Alors, Manuel Valls nous explique que quand la France intervient au Mali, ou ‎au Liban, ou en ‎Côte d'Ivoire , ou au ‎Tchad, c'est au nom de l'Europe. 
La encore, on ne peut que rire devant une telle affirmation. Elle revient à dire que, déjà, les OPEX sont validées par les français. C'est évidemment faux. On attend toujours les débat à l'Assemblée Nationale pour chacune des guerres engagées par le président Hollande, puisque la Constitution de 1958 nous dit :
  • "La déclaration de guerre est autorisée par le Parlement.
  • Le Gouvernement informe le Parlement de sa décision de faire intervenir les forces armées à l'étranger, au plus tard trois jours après le début de l'intervention. Il précise les objectifs poursuivis. Cette information peut donner lieu à un débat qui n'est suivi d'aucun vote.
  • Lorsque la durée de l'intervention excède quatre mois, le Gouvernement soumet sa prolongation à l'autorisation du Parlement. Il peut demander à l'Assemblée nationale de décider en dernier ressort."

A défaut d'avoir informé les représentants du peuple français pour chacune de leurs guerres, le président Hollande et Manuel Valls ont-ils au moins informé Federica Mogherini, Haut Représentant de l'Union Européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité (chef de la diplomatie européenne), afin de recueillir son aval, pour ne pas dire son approbation ? 
Si ce n'est pas le cas, que Manuel Valls ne vienne pas nous dire que l'armée européenne existe, c'est la France. Une armée, c'est par essence un instrument de souveraineté. Une armée européenne doit nécessairement avoir un financement et un commandement fédéral, pas national. 
L'armée européenne, les socialistes français de la SFIO l'ont refusé en 1954 (7), et continuent à la refuser aujourd'hui, par leur nationalisme forcené, en totale opposition avec une quelconque option fédérale. 


Egalement publié sur Agoravox




(1) Le Figaro Valls : face au terrorisme, «l'armée européenne existe, c'est la France» 19 mars 2015
(2) Boursorama France-Déficit budgétaire de l'Etat estimé à 85,6 mds en 2014 15 janvier 2015
(3) La Croix Allemagne: équilibre budgétaire de l'Etat pour la 1ère fois depuis 1969 13 janvier 2015
(4) Ministere de la Défense Budget
(5) RTBF Mali: la Belgique retire ses C-130 mais maintient ses hélicoptères 18 février 2013
(6) Deustche Welle German military on Mali mission 23 mars 2013
(7) Le Monde Comment fut rejeté en 1954 le projet d'une Communauté européenne de défense 9 juin 2004