Toutes nos pensées vont aux victimes.
Hélas, nous sommes très proches du moment où les terroristes vont gagner leur guerre.
En effet, que veulent les terroristes ?
Certes, ils veulent tuer des gens, et ils y parviennent.
Mais leur objectif ultime n'est-il pas que nous en finissions avec la démocratie libérale, la liberté de circulation et un haut (mais perfectible) niveau de respect des Droits de l'Homme ?
De Loi Renseignement en PNR, de rétablissement des contrôles aux frontières en déchéance de nationalité, en passant par les fouilles à l'embarquement du Thalys, force est de constater que le terrorisme djihadiste de Daech a déjà eu un impact sur l'Europe.
Vous verrez que dans quelques jours, Sapin ressortira son projet de suppression de l'argent liquide, pour lutter contre le terrorisme bien sûr.
Si ce soir nous pouvions formuler deux voeux, ils seraient : d'une, une pensée pour les victimes, et d'autre part, un appel à la vigilance quand aux dérives liberticides que les politiciens ne manqueront pas de proposer.
En attendant, prions pour la Belgique et pour Bruxelles
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mardi 22 mars 2016
samedi 19 mars 2016
Et maintenant ? On bombarde Molenbeek ?
La police belge a arrêté Salah Abdeslam, suspecté d'être partie prenante des attentats du 13 Novembre à Paris. C'est une bonne chose.
C'est d'autant plus une bonne chose qu'il a été arrêté vivant. A la différence du GIGN français, la police belge tire dans les jambes, afin que le suspect appréhendé puisse être amené devant un tribunal, et jugé.
Le procès de Salah Abdeslam permettra, on l'espère tous, d'avoir des réponses sur ce qui s'est exactement passé le 13 novembre.
Notons également, comme le remarque le blogueur Maitre Eolas, que la Belgique a arrêté Abdeslam et 4 autres personnes, et tout ça sans état d'urgence, ce régime d'exception adopté par la France et qui donne plus de pouvoirs à la police, au détriment de la justice.
Maintenant, en attendant que les justices belges et françaises fassent son travail, si on se repenchait un peu sur l'intervention militaire française en Syrie ?
Tout comme W. Bush avait choisi, suite aux attentats du 11 septembre, d'envahir l'Irak, François Hollande a décidé de bombarder Raqqa, en Syrie.
L'instant M : Yves de Kerdrel (Valeurs... par franceinter
| Egalement publié sur Contrepoints |
Le procès de Salah Abdeslam permettra, on l'espère tous, d'avoir des réponses sur ce qui s'est exactement passé le 13 novembre.
Notons également, comme le remarque le blogueur Maitre Eolas, que la Belgique a arrêté Abdeslam et 4 autres personnes, et tout ça sans état d'urgence, ce régime d'exception adopté par la France et qui donne plus de pouvoirs à la police, au détriment de la justice.
La Belgique a arrêté Abdeslam et 4 autres personnes, et tout ça SANS ÉTAT D'URGENCE. À croire qu'on a des leçons à en tirer.— Maitre Eolas ✏️ (@Maitre_Eolas) 18 mars 2016
Maintenant, en attendant que les justices belges et françaises fassent son travail, si on se repenchait un peu sur l'intervention militaire française en Syrie ?
Tout comme W. Bush avait choisi, suite aux attentats du 11 septembre, d'envahir l'Irak, François Hollande a décidé de bombarder Raqqa, en Syrie.
Notons bien : la France n'a pas reconnu l'Etat Islamique en Irak et au levant (Daech) comme étant un vrai état. Donc quand nous bombardons Daech, c'est bien en Syrie que nous sommes impliqués.
Et si nous bombardons en Syrie, c'est parce que "L'attentat a été organisé, pensé, planifié depuis la Syrie". C'est Manuel Valls, premier ministre, qui l'a déclaré.
Depuis le début des bombardements en Syrie, l’enquête a progressé.
Les quelque 6 000 procès-verbaux de l’enquête sur les attentats du 13 novembre, dont Le Monde a pris connaissance, ont, par exemple, permis de retracer avec une grande précision la préparation et le déroulement des attaques. Ils ont révèlent surtout, toujours d'après le Monde, que les trois commandos du 13 novembre ont été coordonnés en temps réel depuis la Belgique (2).
Un article du quotidien le Parisien (qui ne passe pas non plus pour un obscur blog conspirationniste) du 9 janvier 2016 nous explique également que "la galaxie terroriste qui a planifié la tuerie ou aidé les assassins du 13 novembre 2015 est basée en Belgique" (3).
Du coup, puisque la politique de la France est, si on suit bien l’exécutif, de bombarder les endroits où se trouvent des gens qui s'attaquent à la France et aux Français, faudra t-il reconsidérer la demi-plaisanterie du polémiste Eric Zemmour, à savoir bombarder Molenbeek ?
Du coup, puisque la politique de la France est, si on suit bien l’exécutif, de bombarder les endroits où se trouvent des gens qui s'attaquent à la France et aux Français, faudra t-il reconsidérer la demi-plaisanterie du polémiste Eric Zemmour, à savoir bombarder Molenbeek ?
Vous direz : il y a une différence entre la Syrie et la Belgique. La Belgique est notre alliée, notre amie et notre partenaire au sein de l'UE et de l'OTAN et sa justice et sa police collaborent avec les nôtres.
C'est vrai.
Mais la Syrie n'a t-elle pas cherché à collaborer, également, avec la France ?
Yves de Kerdrel,directeur de la publication de Valeurs actuelles, a interviewé Bernard Squarcini. ancien directeur de la DCRI. Cet ancien des renseignements affirme que les services secrets syriens ont la liste des combattants djihadistes français opérant en Syrie et que Manuel Valls a refusé de la prendre en compte.
L'instant M : Yves de Kerdrel (Valeurs... par franceinter
Vous l'aurez bien compris : la question n'est pas de bombarder Molenbeek. La question, c'est la guerre contre le terrorisme dans laquelle l'executif français nous implique.
Sommes-nous vraiment en guerre, et si oui, contre qui ? Contre d'autres français (comme Brahim Abdeslam), ceux qui ont choisi de tuer des français le 13 novembre ? Contre les opposants à Bachar el Assad qui ont été nos alliés, comme remarquait Claude Goasguen ? Avons-nous vraiment envie, nous français, de nous engager dans la voie suivie par W.Bush et Obama ? Bombarder à l'étranger, nous engager dans une politique ultra sécuritaire et liberticide de surveillance généralisée et qui fait passer le Patriot Act pour un brouillon ?
L'arrestation de Salah Abdeslam montre que la prétendue war on terror guerre contre le terrorisme passe avant tout par le respect du travail des forces de police et de renseignement, pas par l'escalade technologique liberticide (5) et inefficace (6) ou par les régimes d'exception.
Encore bravo à la police belge, et que nous en tirions des leçons, ici, chez nous,en France.
(1) RTL Manuel Valls : "L'attentat a été organisé, pensé, planifié depuis la Syrie" 16 novembre 2015
(2) Le Monde Comment les attentats du 13 novembre ont été coordonnés depuis la Belgique 30 décembre 2015
(3) Le Parisien La galaxie belge des attaques du 13 novembre 9 janvier 2016
(4) Valeurs Actuelles Bernard Squarcini : “Nous sommes entrés dans la terreur et le terrorisme de masse” 20 novembre 2015
(5) Contrepoints Loi Renseignement : Big Brother à la tête de la Ligne Maginot 7 octobre 2015
(6) Le Point Bug inquiétant du système d'écoutes de la police 14 mars 2016
jeudi 26 novembre 2015
Pavoiser aux couleurs Bleu Blanc Rouge, en hommage aux victimes du 13 nov 2015 ?
De manière assez surprenante, qui montre qu'en politique, il n'y a pas vraiment de limites au cynisme et à la récupération, le président Hollande a appelé les français à pavoiser aux couleurs du drapeau national (1), à l'occasion de l'hommage qui sera rendu aux victimes des attentats parisiens du 13 novembre 2015.
Le zèle avec lequel les propagandistes de la Hollandie (2) défendent une telle idée fait partie du sketch, mais évidement, cela ne trompe pas tout le monde (3). Le retournement de veste a t-il des limites ?
On peut parler de récupération car les français n'ont pas attendu le chef de l'Etat pour pavoiser, en témoigne le mouvement spontané sur Facebook (4). On peut également évoquer la surprise car jusqu'à il y a quelques semaines, afficher un drapeau bleu blanc rouge était perçu de manière assez sulfureuse et provocatrice. On a en mémoire les qualificatifs usés par les socialistes en ce qui concerne le meeting de Sarkozy au Trocadero le 1er mai 2012 ou toutes les réticences que le drapeau Bleu Blanc Rouge suscite toujours à gauche et à l'extrême gauche (5).
Qui plus est, il n'est même pas certain que cette demande présidentielle soit pertinente. En effet, comme l'écrit Michel Schiffres dans l'Opinion, quel sens y a t-il à pavoiser (6) ? Que fêtons nous ? Nos drapeaux en devraient-ils pas plutôt être en berne ?
Enfin, il y a quelque chose d'indécent, de la part du chef de l'Etat, à se prévaloir d'un patriotisme des plus rigoureux quand, dans le même temps, il reproche à l'Union Européenne (7) de ne pas s'impliquer assez dans nos guerres (8), comme les guerres que Valls et Hollande ont décidé seuls (le Mali par exemple), sans en référer au préalable à nos 27 partenaires au sein de l'UE.
Alors, s'il y a des couleurs à afficher demain, ne seraient-ce pas celles de l'Union Européenne, et de préférence, en berne ?
(1) Atlantico Hommage solennel vendredi : François Hollande appelle les Français à "pavoiser" leur domicile de drapeaux tricolores 25 novembre 2015
(2) Bruno Roger-Petit / Challenges Quand Hollande rend à la gauche le drapeau tricolore pris par Sarkozy et le FN 26 novembre 2015
(3) RMC Brunet & Neumann: L'appel aux drapeaux tricolores de François Hollande est-il sincère ? 26 novembre 2015
(4) Rue 89 « Changez votre photo de profil » : Facebook et le bleu-blanc-rouge en un clic 17 novembre 2015
(5) Le Figaro Hollande et le drapeau tricolore : une idée de Royal critiquée par la gauche en 2007 26 novembre 2015
(6) L'Opinion Pavoiser vraiment ? 25 novembre 2015
(7) Le Point Sylvie Goulard : Hollande trop lapidaire avec l'Europe 17 novembre 2015
(7) La Croix La France demande à l’Europe une riposte collective 18 novembre 2015
dimanche 22 novembre 2015
Soutenir un pays, c'est y payer un max d'impôts ?
A l'occasion des attentats qui ont secoué la capitale la semaine dernière, une vague de solidarité sans précédent s'est manifestée à travers le monde. Certains ont twitté leurs condoléances, d'autres ont mis un drapeau bleu blanc rouge en photo de profil Facebook.
Mais, on a également vu resurgir deux débats.
D'une part, pour certains, le fait qu'en "période de guerre" implique qu'il ne soit plus possible de continuer à voter avec ses pieds (c'est l'appel de Marc Simoncini (1) qui voudrait que ses amis entrepreneurs habitent en France plutôt qu'à Londres, Bruxelles ou Genève).
D'autre part, d'autres reprochent aux GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) de ne pas payer assez d’impôts en France (2).
Alors, puisque la France est en guerre, les contribuables, à commencer par les net entrepreneurs, devraient-ils se montrer solidaires et désireux de financer Bercy, Brienne, le Quai d'Orsay et Matignon, plutot que Her Majesty's Revenue and Customs ou les équivalents Suisses, Belges ou Luxembourgeois ?
Reprenons le message de Marc Simoncini : il dit "Nous sommes en guerre. Et le nerf de la guerre, c’est l’argent [...]. La France n’a plus les moyens d’assurer sa sécurité. Les effectifs et les moyens de l’armée ont été drastiquement réduits. La police œuvre avec du matériel antique. La SNCF met 400 millions d’euros pour son budget de sécurité et quand on voit l’attaque avortée dans le Thalys fin août, on se dit qu’il faudrait plus du double! Voilà pourquoi tous les entrepreneurs, qui ont de l’intelligence, des idées, qui créent les richesses, qui sont les forces vives du pays doivent rester et rentrer en France. Il faut impérativement s’unir tous d’abord pour payer des impôts, faire rentrer l’argent nécessaire mais aussi pour peser politiquement, se faire entendre, imposer une meilleure allocation des ressources budgétaires. "
Le message de Simoncini est intéressant, mais très éloigné du réel. Des entrepreneurs qui tentent de peser politiquement, se faire entendre, imposer une meilleure allocation des ressources budgétaires, il y en a, notamment au Parti Libéral Démocrate avec Arnaud Dassier ou chez Nous Citoyens avec Denis Payre. En ce qui concerne le PLD, il compte certes quelques élus locaux, mais il n'est pas encore suffisamment fort pour s'imposer dans le débat public. Quand à Nous Citoyens, rappelez-vous la réaction d'On est pas couchés face à Denis Payre quand il rappelait que lui avait crée 7000 emplois en France.
- Aymeric Caron : "peu importe le nombre d'emplois que vous avez crée, Monsieur Payre".
Voila pour ce qui est de vouloir se faire entendre.
Voila pour ce qui est de vouloir se faire entendre.
Alors, que des entrepreneurs profitent du fait que la France soit en Europe pour tenter de préserver leurs intérêts, quoi de plus normal ? Rappelons quand même que selon l'article 14 de la DDHC de 1789, « tous les citoyens ont le droit de constater par eux-mêmes, ou par leurs représentants la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée ». et que, selon les traités européens, les citoyens se voient garantir la liberté de circulation et d'installation dans les pays membres.
Autrement dit, si après avoir constaté que les représentants de la Nation, qu'ils soient de gauche ou de "droite", ne reflètent pas le point de vue de ceux qui veulent moins d’Impôts et donc moins de dépense publique, pourquoi ne pas signifier son absence de consentement par un départ, tout simplement ?
Autrement dit, si après avoir constaté que les représentants de la Nation, qu'ils soient de gauche ou de "droite", ne reflètent pas le point de vue de ceux qui veulent moins d’Impôts et donc moins de dépense publique, pourquoi ne pas signifier son absence de consentement par un départ, tout simplement ?
Notons qu'il ne s'agit même pas d'une question de patriotisme. Quand des contribuables français déménagent d'une ville à forte taxe d'habitation à une municipalité appliquant des taux plus cléments, quand d'autres investissent dans les DOM-TOM, quand d'autres refusent de voir leur indemnité de frais de représentation de mandats fiscalisée, on voit bien qu'il n'y a pas que les français de Bruxelles ou de Genève qui cherchent à payer moins d’impôts.
En ce qui concerne l'accusation contre les GAFA, rappelons que l'optimisation fiscale est légale, et elle est pratiquée y compris par ces sociétés du CAC 40 dans lesquelles l'état a des intérêts, comme EDF, Engie ou Renault. Il n'y a rien de criminel à cela, il s'agit de bonne gestion, et les PME auraient tout intérêt à utiliser ces techniques tant que l'on reste dans le domaine du légal, évidemment.
Il y a trop de dépenses en France. Ne tombons pas dans le piège de communication du gouvernement qui voudrait nous faire surestimer le cout des OPEX. Le surcout de 600 millions d'euros récemment annoncé correspond à un montant epsilonnesque du déficit de 72 milliards prévus pour l'année prochaine.
Ne tombons pas également dans le piège qui consisterait à croire que nous avons besoin de plus de moyens financiers pour résoudre les problèmes qui se posent à la France, y compris le risque terroriste. La tentative d'attentat du Thalys a été réglée par trois militaires affûtés, pas par des Rafale coûtant quelques milliers d'euros l'heure de vol.
Si on veut lutter contre le terrorisme en France, il faut certes que nous ayons des forces de police correctement équipées, mais nous avons aussi besoin de citoyens alertes et formés aux techniques de défense.
Si on veut lutter contre le terrorisme en France, il faut certes que nous ayons des forces de police correctement équipées, mais nous avons aussi besoin de citoyens alertes et formés aux techniques de défense.
Tous les contribuables ne peuvent pas ou même ne veulent pas partir. Mais difficile de reprocher aux quelques rares contribuables qui le peuvent d'avoir lu, compris et appliqué la Grève, d'Ayn Rand. Après, rien n'est définitif. La France a toujours le choix de dérouler un tapis rouge pour les entrepreneurs, notamment en promouvant une politique de stabilité juridique et fiscale. Ca tombe bien, c'est un corollaire du nécessaire recentrage de l'Etat sur ses seules missions régaliennes (police, justice, armée et diplomatie). En attendant ce recentrage, les GAFA et les net-entrepreneurs sont les porte-paroles des contribuables pris au piège par une classe politique française qui dépense toujours plus, à crédit en plus de la progression constante des recettes fiscales.
1. Challenges Pour Marc Simoncini, "les entrepreneurs n'ont plus le droit de voter avec leurs pieds" 17 novembre 2015
2. Marianne Facebook, Google, Apple : merci, mais la solidarité, c'est payer ses impôts en France 20 novembre 2015
samedi 21 novembre 2015
Qui attaque vraiment le mode de vie français ?
Dans son discours à l’Assemblée nationale jeudi 19 novembre pour l’examen du projet de loi sur l’état d’urgence, le Premier ministre Manuel Valls a déclaré:
«Le terrorisme a frappé la France, pas pour ce qu’elle fait en Irak, en Syrie ou au Sahel, mais pour ce qu’elle est».
C'est vrai que s'attaquer à la liberté d'aller et venir des parisiens, les empêcher de profiter comme avant des terrasses de café ou de salles de concert, c'est bien s'attaquer à un mode de vie.
Mais,qu'est-ce que la France ? Dans notre pays, l'Etat et la Nation sont confondus. Mais en ce qui concerne l'Etat, le mode de vie ne réside t-il pas avant tout dans la séparation des pouvoirs et dans l'Etat de Droit ?
Les lycéens français de première (1) apprennent que les conditions de l’Etat de droit impliquent trois dispositifs essentiels :
- L’existence d’une Constitution et d’un contrôle de la constitutionnalité des lois.
- La séparation et l’équilibre des pouvoirs.
- La garantie de la protection de l’espace privé contre les ingérences du pouvoir administratif.
Le site public "La Vie Publique (2)" ajoute que l’État de droit peut se définir comme un système institutionnel dans lequel la puissance publique est soumise au droit. Certes, comme le note Jean-Philippe Delsol, la France, et bien d'autres États avec elle, ont une fâcheuse tendance à confondre, de plus en plus, l'état de droit avec le droit de l’État. L'idée qui tend à prévaloir est que ce qui est bon pour l’État est juste (3).
Mais globalement, jusqu'à présent, on pouvait se dire que, malgré les quelques ratés (4), le contrôle de constitutionnalité garantissait la présence de garde-fous contre les potentielles dérives autoritaires. Or, dans le cadre de l'adoption de l'état d'urgence, le premier ministre, conscient du fait que sa proposition de loi pouvait receler quelques dispositions inconstitutionnelles (donc opposées aux valeurs fondamentales françaises ...), n'a pas hésité à déclarer, devant des élus de la République : «Je suis dubitatif sur l’idée de saisir le Conseil constitutionnel, Car il y a toujours un risque. Si le Conseil répondait que la loi révisée est inconstitutionnelle sur un certain nombre de points, cela peut faire tomber 786 perquisitions et 150 assignations à résidence déjà faites ».
.@manuelvalls : "Il y a un risque à saisir le @Conseil_Constit." #étatdurgence #directsénat https://t.co/ZTQGLUxDsz
— Senat_direct (@Senat_Direct) 20 Novembre 2015
Autrement dit, Manuel Valls admet ne pas respecter la Constitution.
Daesh s'est attaqué au mode de vie des parisiens et des français. Faut-il vraiment que le gouvernement français suive sur ce terrain ?
Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas.
EDIT
Une version de la liberté est attaquée par l’ennemi, et une autre version est restreinte par l’Etat https://t.co/OVRlY4UKSZ
— aurelien_veron (@aurelien_veron) 22 Novembre 2015
(1) Academie de Bordeaux Enseigner «L'Etat de droit» en classe de Première
(2) Vie Publique Qu’est-ce-que l’Etat de droit ?
(3) Wikiberal État de droit
(4) Le Point Loi renseignement : le Conseil constitutionnel nous livre à la surveillance 24 juillet 2015
(5) Numerama Valls demande de ne pas saisir le Conseil constitutionnel sur l’état d’urgence 20 novembre 2015
vendredi 20 novembre 2015
Attentats de Paris : l'émotion a gagné
Nous avons tous été touchés par les attentats du 13 novembre 2015. C'est normal : on a tous pu vérifier la théorie des 6 degrés. Les 129 morts du Bataclan et des terrasses des cafés des 10eme et 11eme arrondissements visés par les terroristes, nous connaissons tous, au minimum, une personne impactée. Et comme nous avons refusé de voir les signes avant coureur, nous avons d'autant plus été surpris que de tels actes puissent se tenir ici, à Paris, en Occident.Nous avons oublié Madrid, Londres, sans parler de Beyrouth (1).
Nous sommes touchés car les 129 morts des attentats de Paris n'étaient ni des politiciens va-t-en-guerre, ni des militaires, ni aucune partie prenante dans les guerres de la France en Afrique et au Moyen Orient. C'était juste des parisiens qui voulaient profiter d'une soirée pour prendre un verre en terrasse ou écouter un concert de rock.
Nous sommes touchés car les 129 morts des attentats de Paris n'étaient ni des politiciens va-t-en-guerre, ni des militaires, ni aucune partie prenante dans les guerres de la France en Afrique et au Moyen Orient. C'était juste des parisiens qui voulaient profiter d'une soirée pour prendre un verre en terrasse ou écouter un concert de rock.
L'impact est sérieux : les analystes prévoient un effet potentiellement récessif (2) (quel touriste serait assez fou pour venir visiter une capitale que le Premier Ministre désigne comme la cible potentielle d'un attentat à l'arme chimique ou bactériologique ?) et la RATP a déjà enregistré une baisse du trafic (3).
Mais c'est également au niveau politique que l'émotion a gagné : l'Assemblée Nationale a voté à l'unanimité (moins 5 voies) la prolongation de l'état d'urgence, et là, c'est plus inquiétant que la légitime émotion qui touche le peuple parisien.
L'Etat d'urgence, c'est quoi ? L’état d’urgence est mis en œuvre par le ministre de l’Intérieur et les préfets. Il permet d’interdire la circulation, autorise les perquisitions à domicile de jour comme de nuit sans le contrôle d’un juge. La presse peut être mise sous contrôle ainsi que les radios.
Si on part de l'idée que Daesh cherche moins à nous vaincre militairement qu'à détruire la démocratie en France, l'adoption de l'état d'urgence ne constitue t-il pas un début de victoire pour l'Etat Islamique en Irak et au Levant ?
L'adoption de l'état d'urgence, outre le fait qu'il semble répondre au vil opportunisme de la classe politique (4), ressemble à la caricature de la politique spectacle : il fallait bien faire quelque chose et répondre à Daesh, disent les politiciens. Et c'est vrai que les français sont en attente de "réponses visibles", tout comme ils attendent, en cas d'inondation ou autre catastrophe naturelle, que les politiciens se déplacent par eux mêmes pour voir les dégâts. Mais tout comme la présence du Président de la République dans un village dévasté par le débordement d'un fleuve ne changera rien à la vie des habitants (au contraire, sa présence gène, en détournant les forces de sécurité de leur mission), l'intervention de la lourde main visible des politiciens interventionnistes en cas d'attentat ne change rien à la résolution du risque terroriste.
La lutte contre le terrorisme nécessite des forces de police qui infiltrent des milieux louches et fermés, pas des opérations spectacles taillées sur mesure pour 66 Minutes, Zone Interdite ou Envoyé Spécial.
De plus, ne peut-on pas se montrer inquiet des conditions d'adoption de l'état d'urgence ? Quand un Premier Ministre de la Veme République reproche à des députés, des législateurs, de s'attacher à des points de droit, ne peut-on pas légitimement affirmer que l'Etat de droit semble quelque peu en danger ?
Enfin, l'adoption de l'état d'urgence, dont on nous dit qu'il durera 3 mois, a toutes les caractéristiques du provisoire appelé à durer. Tout comme le plan Vigipirate (initié en 1991) ou la CSG (une taxe provisoire crée pour rembourser un déficit de la Sécu qui devait se résorber vite), il n'y a pas de raison que le plan d'urgence disparaisse du jour au lendemain, puisqu'en plus, il donne objectivement des résultats (des arrestations facilitées depuis quelques jours).
Or, le pouvoir actuel nous dit lutter contre l'extrême droite. On comprend par extrême droite, les idées et le programme de l'extrême droite, plus que les hommes et femmes d'extrême droite. Or, si le PS et l'UMP approuvent des mesures que l'extrême droite demandait il y a quelques semaines encore, où est la lutte ? Et surtout, en 2017, quand Marine le Pen arrivera au pouvoir, qui pourra dire qu'elle ne respecte pas les valeurs démocratiques et surtout républicaines, puisqu'elle pourra se contenter d'appliquer les lois décidées par les actuels représentants de la République ?
Difficile de dire où on va. Mais le chemin que Valls, Cazeneuve et Hollande tracent ressemble plus à la War on Terror que Bush a initié qu'à la recherche d'un équilibre entre la nécessaire réaffirmation de l'Etat régalien (5) et la préservation des libertés civiles.
Va t-on mettre 10 ans, comme les américains, à nous débarrasser de notre Patriot Act et de notre War on Terror à nous ?
L'Etat d'urgence, c'est quoi ? L’état d’urgence est mis en œuvre par le ministre de l’Intérieur et les préfets. Il permet d’interdire la circulation, autorise les perquisitions à domicile de jour comme de nuit sans le contrôle d’un juge. La presse peut être mise sous contrôle ainsi que les radios.
Si on part de l'idée que Daesh cherche moins à nous vaincre militairement qu'à détruire la démocratie en France, l'adoption de l'état d'urgence ne constitue t-il pas un début de victoire pour l'Etat Islamique en Irak et au Levant ?
L'adoption de l'état d'urgence, outre le fait qu'il semble répondre au vil opportunisme de la classe politique (4), ressemble à la caricature de la politique spectacle : il fallait bien faire quelque chose et répondre à Daesh, disent les politiciens. Et c'est vrai que les français sont en attente de "réponses visibles", tout comme ils attendent, en cas d'inondation ou autre catastrophe naturelle, que les politiciens se déplacent par eux mêmes pour voir les dégâts. Mais tout comme la présence du Président de la République dans un village dévasté par le débordement d'un fleuve ne changera rien à la vie des habitants (au contraire, sa présence gène, en détournant les forces de sécurité de leur mission), l'intervention de la lourde main visible des politiciens interventionnistes en cas d'attentat ne change rien à la résolution du risque terroriste.
La lutte contre le terrorisme nécessite des forces de police qui infiltrent des milieux louches et fermés, pas des opérations spectacles taillées sur mesure pour 66 Minutes, Zone Interdite ou Envoyé Spécial.
De plus, ne peut-on pas se montrer inquiet des conditions d'adoption de l'état d'urgence ? Quand un Premier Ministre de la Veme République reproche à des députés, des législateurs, de s'attacher à des points de droit, ne peut-on pas légitimement affirmer que l'Etat de droit semble quelque peu en danger ?
Manuel Valls à qq députés PS qui insistent sur des points de droit. « Pas de juridisme, avançons! » #directAN #etatdurgence
— Mathieu Magnaudeix (@mathieu_m) 19 Novembre 2015
Enfin, l'adoption de l'état d'urgence, dont on nous dit qu'il durera 3 mois, a toutes les caractéristiques du provisoire appelé à durer. Tout comme le plan Vigipirate (initié en 1991) ou la CSG (une taxe provisoire crée pour rembourser un déficit de la Sécu qui devait se résorber vite), il n'y a pas de raison que le plan d'urgence disparaisse du jour au lendemain, puisqu'en plus, il donne objectivement des résultats (des arrestations facilitées depuis quelques jours).
Or, le pouvoir actuel nous dit lutter contre l'extrême droite. On comprend par extrême droite, les idées et le programme de l'extrême droite, plus que les hommes et femmes d'extrême droite. Or, si le PS et l'UMP approuvent des mesures que l'extrême droite demandait il y a quelques semaines encore, où est la lutte ? Et surtout, en 2017, quand Marine le Pen arrivera au pouvoir, qui pourra dire qu'elle ne respecte pas les valeurs démocratiques et surtout républicaines, puisqu'elle pourra se contenter d'appliquer les lois décidées par les actuels représentants de la République ?
Difficile de dire où on va. Mais le chemin que Valls, Cazeneuve et Hollande tracent ressemble plus à la War on Terror que Bush a initié qu'à la recherche d'un équilibre entre la nécessaire réaffirmation de l'Etat régalien (5) et la préservation des libertés civiles.
Va t-on mettre 10 ans, comme les américains, à nous débarrasser de notre Patriot Act et de notre War on Terror à nous ?
EDIT : ayons une pensée pour toutes les victimes du terrorisme, de Paris à Beyrouth, en passant par le Kenya ou, apprend on ce matin, au Mali (le pays dans lequel nous intervenons pour lutter contre le terrorisme)
(1) L'Obs Paris-Beyrouth : la compassion à géométrie variable 15 novembre 2015
(2) La Tribune Attentats : quel impact pour l'économie ? 17 novembre 2015
(3) BFM Business Attentats: le trafic de la RATP en chute de 10% 19 novembre 2015
(4) Nathalie MP « Vendredi 13 » : sous la grandeur, l’opportunisme 18 novembre 2015
(5) Contrepoints Attentats de l’EI : l’État doit se concentrer sur ses fondamentaux 18 novembre 2015
(5) Contrepoints Attentats de l’EI : l’État doit se concentrer sur ses fondamentaux 18 novembre 2015
jeudi 19 novembre 2015
Dead or alive : 2012 vs 2015
Si je comprends bien le RAID n'est donc pas capable en 30 h d'aller chercher un individu seul dans un appartement ?
— Jean-Jacques Urvoas (@JJUrvoas) 22 Mars 2012
Abdelhamid Abaaoud, cerveau présumé des attentats, a été formellement identifié parmi les terroristes tués https://t.co/qVDpzefOkM
— BFMTV (@BFMTV) 19 Novembre 2015
lundi 16 novembre 2015
Libertés civiles : pourquoi le pire est-il toujours certain, avec Hollande ?
Cette après-midi, les parlementaires se sont réunis au Congrès de Versailles : on s'attendait au pire ... et on a pas été déçu, hélas !
Tout avait commencé par une constatation partagée par de nombreux journalistes, dont Françoise Fressoz, du Monde : après les attentats de Paris, les « faucons » mènent la danse (1). Avant même les attentats du 13 novembre, le président Hollande avait proposé l'adoption d'une mesure, le retour des controles aux frontières, comme un moyen de lutter contre le risqué lié à de possibles actions hostiles pendant la COP 21, reprenant une idée mise en avant par l'extrême droite. C'est drôle, on pensait que ce que proposait le FN, c'était forcément mal, et on pensait aussi que, d'après les dires de le Guen, Valls, Hidalgo & co, il n'y avait pas de lien entre le socialisme et le national socialisme.
Tout s'est poursuivi avec la réunion du Congrès, le Sénat et l'Assemblée Nationale, à Versailles. Sur la forme, la encore, il y avait matière à rire. En effet, cette disposition qui permet au Président de la République de s'exprimer devant les parlementaires est issue d'une révision constitutionnelle faite de justesse en 2008. La gauche, celle qui est au pouvoir, aujourd'hui, en France avait sévèrement critiqué cette réforme des institutions, qui accroissait selon elle la présidentialisation du régime (2).
Quand au fond, il est juste pitoyable. Ce week-end, en plus de frappes de représailles à Raqaa (Etat Islamique en Irak et au Levant) tout comme W. Bush avait lancé des frappes après le 9/11, on avait l'annonce de l'état d'urgence (3), dont on rappellera juste qu'il permet certes de faire perquisitions à domicile de jour comme de nuit sans le contrôle d’un juge mais aussi d'interdire des manifestations ou de contrôler la presse.
Aujourd'hui, on a eu droit à un discours que, encore une fois, W. Bush, celui qui a tant été critiqué en France, n'aurait pas renié. Ecoutez Hollande dire (4) :
- "Nous ne sommes pas engagés dans une guerre de civilisation, car ces barbares n'en représentent aucune"
- "Le terrorisme, nous le combattons partout là où des Etats sont menacés pour leur survie même. C’est ce qui a justifié la décision que j’avais prise d’intervenir au Mali et encore en ce moment même la présence de nos militaires au Sahel là où Boko Haram massacre, enlève, viole, tue."
- "J’ai demandé au ministre de la Défense de saisir dès demain ses homologues européens au titre de l’article 42-7 du traité de l’Union qui prévoit que lorsqu’un Etat est agressé, tous les Etats membres doivent lui apporter solidarité face à cette agression car l’ennemi n’est pas un ennemi de la France, c’est un ennemi de l’Europe"
- "J’ai donné l’ordre à dix chasseurs-bombardiers français de larguer leurs bombes sur le fief de Daech à Raqqa".
- "J’estime en conscience que nous devons faire évoluer notre Constitution pour permettre aux pouvoirs publics d’agir, conformément à l’état de droit, contre le terrorisme de guerre. "
- "Car nous avons prolongé, vous allez prolonger l’état d’urgence au-delà des 12 jours pour trois mois mais après l’état d’urgence, nous devons être pleinement dans un état de droit pour lutter contre le terrorisme. "
- "Dans ma détermination à combattre le terrorisme, je veux que la France puisse rester elle-même"
Ce qui se résume de la sorte :
Passons sur l'usage du vocable "civilisation". Sans tomber dans le relativisme culturel et même en ayant en tête que l'Occident, malgré ses limites, c'est l'égalité hommes-femmes, la (presque toujours) liberté d'expression ou la rule of law, on peut parier sur le fait que les barbares de l'Etat Islamique en Irak et au Levant (ou, en tout cas, leurs dirigeants) se considèrent comme une civilisation eux-aussi, et supérieurs à nous.
Non, ce qui est frappant, c'est ce mélange de propositions liberticides et de propos contradictoires. Commençons par les contradictions : Hollande dit qu'il veut que nos partenaires Européens se montrent solidaires de la France, militairement parlant, mais il décide seul, sans consulter Federica Mogherini (la ministre Européenne des affaires extérieures) de l'envoi d'avions et de porte avions en Syrie.
Ou alors, il critique la décision de certains pays de rétablir leurs frontières, alors que lui-même fait de même.
Quand aux mesures liberticides, nous n'avons que l'embarras du choix. D'abord, notons la contradiction du Parti Socialiste qui nous explique, par la voix de Jean-Jacques Urvoas (5), que, le 13 novembre, la Loi Renseignement (liberticide) n'est pas encore totalement appliquée car les décrets n'ont pas été publiés. Pourtant, ce même Urvoas, il y a quelques mois, disait que la Loi Renseignement ne faisait que légaliser des pratiques déjà existantes.
Aujourd'hui, Hollande veut aller plus loin encore, comme si la réponse au déficit de sécurité résidait dans plus d'Etat, plus de police, plus de surveillance. Jamais il ne se dit que plus d'implication individuelle dans la protection de chacun, notamment par le biais du port d'armes, pourrait constituer une réponse. Le débat est tabou. Pourtant, tout le monde peut comprendre que, d'une part, seul un individu armé peut arreter une personne équipée d'une Kalachnikov, et que, d'autre part, il n'y aura jamais assez de policiers pour surveiller toutes les salles de concert, tous les cafés, toutes les églises, toutes les synagogues, tous les stades.
En ce qui concerne l'état d'urgence, posons nous simplement la question de savoir si, suite au 11/3/2004 à Madrid ou suite au 7/7/2005 à Londres, nos voisins ont adopté des mesures similaires. Pourquoi, au moment où les américains reviennent sur le Patriot Act, faut-il que nous allions sur cette voie ?
Hollande, depuis vendredi, a décidé de s'en tenir à l'adoption de cette réthorique guerrière qu'il arbore depuis quelques mois. Tous les français ne sont pas d'accord avec l'idée que la lutte contre le terrorisme soit une guerre.
Ce n'est pas la guerre mais du terrorisme. Soyons fermes sur nos valeurs menacées, impitoyables dans la riposte pic.twitter.com/6xbmCA992R
— aurelien_veron (@aurelien_veron) 14 Novembre 2015
On peut même, à l'instar de l'écrivain David Van Reybrouck, se dire « Monsieur le Président, vous êtes tombé dans le piège ! » (6).
Du coup : au vu de tous ces éléments, une question demeure, en ce qui concerne cet état d’urgence : jusqu’où aller trop loin (7) ?
(1) Le Monde Après les attentats de Paris, les « faucons » mènent la danse 14 novembre 2015
(2) BFM TV Quand la gauche critiquait le discours de Sarkozy au Congrès en 2009 16 novembre 2015
(3) Contrepoints Attentats à Paris : qu’est-ce que l’état d’urgence ? 14 novembre 2015
(4) Elysée iscours prononcé par le président de la République devant le Parlement réuni en Congrès 16 novembre 2015
(5) France Inter Nous ne légiférons pas dans l'urgence. 16 novembre 2015
(6) Le Monde Monsieur le Président, vous êtes tombé dans le piège !
(7) H16 État d’urgence : jusqu’où aller trop loin ? 16 novembre 2015
(6) Le Monde Monsieur le Président, vous êtes tombé dans le piège !
(7) H16 État d’urgence : jusqu’où aller trop loin ? 16 novembre 2015
dimanche 15 novembre 2015
Et si on empêchait les terroristes de gagner leur combat ?
Le cauchemar qui a frappé les Xeme et XIeme arrondissements de Paris, ainsi que le stade de France, vendredi soir, aura déclenché des réactions variées.
Mais, pour la plupart, elles sont inquiétantes, et elles ne vont même pas dans le sens d'une réaction appropriée face au terrorisme. Pire, dans certains cas, elles aboutissent à valider le combat que mènent les terroristes.
Que veulent les terroristes de Daesh, l'Etat Islamique en Irak et au Levant ?
Est-ce que, comme Claude Robert, on peut penser que "peut-être payons-nous également le côté « va-t-en-guerre » de notre Président, qui, bien que totalement tétanisé à l’idée d’engager la moindre réforme désagréable sur le plan économique, n’a pas hésité une seconde à se lancer dans des aventures militaires au Mali et en Syrie… Des aventures d’autant plus dangereuses que la France s’y trouve plus ou moins seule… (1)
Ou bien au contraire, faut-il se dire, comme Nathalie MP, que "ni Hollande, ni Obama, ni Merkel, ne sont coupables d’avoir, par leurs politiques maladroites au Moyen-Orient ou en Afrique, déclenché la réaction en chaîne du terrorisme islamiste qui nous frappe" (2) .
La réponse importe, car, dans un cas, nous sommes dans le cadre d'une réponse à une attaque alors que dans l'autre, on a affaire à des individus non rationnels. Mais dans les deux cas, il y a une chose que l'on sait : le mode de vie des civils occidentaux attise leur haine. Quand des imams, ici en France, disent, par exemple, que la musique est la créature du diable, (3) ou quand l'objectif affiché de Abou Bakr al-Baghdadi est d'établir un califat entre l'Irak et la Syrie, on se dit que, clairement, leur vision du monde, et la notre, sont clairement incompatibles.
Du coup, puisque malgré le fait que nous vivons, comme le rappelle Nathalie MP, dans une société ouverte. Imparfaite (lois mémorielles, loi Renseignement, magouilles politiciennes) mais ouverte, faut-il que nous acceptions que la France glisse doucement mais surement vers le type de société dont rêvent les leaders de Daesh ?
Faut-il rappeler à certains politiciens français, de droite comme de gauche, qui saluent l'état d'urgence ou rêvent d'emprisonnement préventif, qu'en France, on ne met pas les gens en prison de manière préventive, car notre pays n’est pas la Corée du Nord ou Cuba.
Etant donné que nous sommes, malgré tout, attachés à divers degrés, à la démocratie, on doit admettre que notre liberté a un prix, c'est celui du risque. Il n'y a que dans les états policiers que la sécurité est totale.
A chaque fois que nous votons des Loi Renseignement, à chaque fois que nous envoyons notre armée bombarder des pays étrangers sans même avoir demandé l'avis du parlement, n’abandonnons pas nos valeurs ?
Un autre point : le mythe de l'unité nationale. Il parait qu'au nom de celle-ci, nous sommes censés abandonner tout esprit critique et approuver sans réserves les décisions de Hollande et Valls.
Pourtant, vendredi, et bien que nul ne puisse dire si quelque chose aurait pu empêcher les attentats de survenir, étant donné la détermination des terroristes prêts à mourir, souvenons-nous quand même du fait que non seulement Valls disait, il y a peu : « La France a désormais un cadre sécurisé contre le terrorisme » et que tout récemment, Hollande voulait renforcer les contrôles aux frontières. Le fait est que, manifestement, les autorités se sont lourdement trompées d'outils de lutte contre le terrorisme en assignant à l'armée des taches de vigile (5), en mettant les. citoyens sous surveillance généralisée ou en refusant le débat sur la liberté du port d'armes.
Les faits sont la. La France a été attaquée. Mais il est temps de passer de l'émotion à la réflexion. Et avant cela, associons nos prières en direction des familles et amis des victimes (6)
(1) Contrepoints Attentats à Paris : l’échec sécuritaire de l’État 15 novembre 2015
(2) Le blog de Nathalie MP « Vendredi 13 » : Violence, conscience et liberté 15 novembre 2015
(3) Le JDD Pour un imam de Brest, "la musique est la créature du diable" 25 septembre 2015
(4) H16 Valls : « La France a désormais un cadre sécurisé contre le terrorisme » 15 septembre 2015
(5) L'Opinion Opération Sentinelle: la ligne Maginot de la sécurité intérieure 15 novembre 2015
(6) Diocèse de Paris Homélie du cardinal André Vingt-Trois - Messe à l’intention des victimes des attentats du 13 novembre 2015 15 novembre 2015
(6) Diocèse de Paris Homélie du cardinal André Vingt-Trois - Messe à l’intention des victimes des attentats du 13 novembre 2015 15 novembre 2015
jeudi 15 octobre 2015
Tuer préventivement : Eduardo @Rihan_Cypel et @fhollande d'accord avec W.Bush
Que le représentant du Parti Socialiste parle comme W Bush, ça ne choque personne ?
Rihan Cypel n'est même pas capable, dans son bel exercice de double think, de dire si l'Etat Islamique en Irak et au Levant est un Etat.
Rihan Cypel n'est même pas capable, dans son bel exercice de double think, de dire si l'Etat Islamique en Irak et au Levant est un Etat.
vendredi 11 septembre 2015
Il y a 14 ans ... 9/11
Nous n'oublions pas les attentats, certes, mais nous ne pouvons également pas oublier la terrible tentation de régression des libertés civiles qui a suivi.
Fait plus étonnant en ce qui concerne notre pays : alors que les américains se posent enfin des questions sur le Patriot Act, c'est au tour de la France de se doter de législations liberticides et inefficaces, comme la Loi Renseignement.
A croire que les politiciens ultra étatistes n'apprennent rien, à moins que leur but soit vraiment de ramener l'Occident au niveau de l'Arabie Saoudite.
mercredi 26 août 2015
Alors comme ça, Claude Guéant prend le RER ?
Si vous voulez rire un peu (ou pleurer), allez voir l'interview de Claude Guéant, reprise par Le Lab Europe 1
Guéant sur les contrôles dans les trains... par BFMTV
(1) Le Lab Europe 1 Sécurité dans les trains : Claude Guéant raconte ce jour où il a été contrôlé dans le RER 24 août 2015
(2) Sud Ouest Affaire Claude Guéant : un système occulte de primes ? 4 mai 2013
(3) Le Monde Alain Vidalies accusé d’encourager le « délit de sale gueule terroriste » 25 aout 2015
(4) Atlantico Taxis en folie et vols gouvernementaux peu justifiés : ce que pourrait nous révéler un audit global des "menues" dépenses de la fonction publique 18 juin 2015
(5) Le Figaro Le PS gêné par un élu coupable d'agression sexuelle 13 juin 2011
(6) Mediapart Jean-Marie Le Guen a minoré de 700 000 euros son patrimoine 27 juin 2014
(7) Libération Peine aggravée en appel pour la députée ex-PS Sylvie Andrieux 23 septembre 2014
(8) Le Parisien Pédophilie : un élu des Yvelines piégé par l'émission «Les Inflitrés» 7 avril 2010
(9) Le Parisien Violences conjugales : Yacine Chaouat, un secrétaire national du PS forcé de démissionner 21 juin 2015
(10) L'Express Ces élus condamnés et réélus 22 juin 2009
(11) Le Monde Claude Guéant mis en examen pour « faux » et « blanchiment de fraude fiscale » 6 mars 2015
Guéant sur les contrôles dans les trains... par BFMTV
L'ancien ministre (UMP) de l'intérieur, celui qui a avoué qu'il existait des primes en liquide (2) alors que les fonds secrets avaient été soi-disant supprimés, est venu au secours du ministre Front National Parti Socialiste Alain Vidaliès.
En effet, nouveauté, à gauche, on pense désormais que la discrimination, c'est pas si grave (3). Alors, logiquement, les socialistes de droite de l'UMP/Les Républicains comme Claude Guéant ne peuvent qu'approuver.
En plus d'être d'accord avec le gouvernement, Claude Guéant nous livre une autre information capitale : il a déjà pris le RER ! Oui, un train du réseau express régional d'Ile de France !
Claude Guéant, ancien préfet un peu partout en France métropolitaine et dans les DOM TOM, puis directeur de cabinet et enfin ministre, a donc pris le RER, et il a été contrôlé.
S'agissait-il d'un contrôle d'identité, ou bien d'un simple contrôle de titre de transport (dont les parisiens usagers des transports savent qu'ils sont de plus en plus assistés de forces de police et même de militaires Vigipirate) ? L'histoire ne le dit pas, pas plus que Claude Guéant ne nous expliquera pourquoi il utilise le RER au lieu de faire comme ses collègues hauts fonctionnaires, prendre des taxis (4). D'ailleurs, y a t-il un RER à Boulogne, la ville dans laquelle Guéant a tenté, en vain, d'être parachuté ? Pas que l'on sache.
Alors, juste quelques trucs pour Claude Guéant : costume cravate ou pas, tout le monde subit des contrôles de titre de transport dans le métro. Tous ceux qui prennent le RER à la Défense en savent quelque chose.
De plus, en imaginant qu'il y ait des portiques de sécurité dans les gares françaises (bon courage pour filtrer les centaines de milliers d'usagers quotidiens de la Gare du Nord ...), en quoi cela aurait-il empêché l'incident du Thalys ? Il semble que la France n'ait pas encore annexé Bruxelles, gare de départ du terroriste présumé. Bruxelles, c'est bien en Belgique.
Enfin, sur sa petite phrase "Certains ont plus une allure de délinquants que d’autres", elle a effectivement un fond de vrai. Les politiciens, UMP comme PS, ont plus souvent une tête de délinquant que les autres français. En effet, quand on voit le casier judiciaire des ministres actuels ou passés, on se dit que Claude Guéant devait forcément penser à son propre milieu, au risque de valider la thèse du tous pourris ? En tout cas, quand un citoyen et contribuable voit un politicien, il a hélas tendance à voir un délinquant (au choix : violeur (5), fraudeur fiscal (6), vendeur de sang contaminé, adepte de l'abus de bien social, raciste, fraudeur aux subventions (7), conducteur fou amateur d'excès de vitesse, pédophile (8), époux violent (9), bénéficiaire d'emploi fictif, acheteur compulsif de tableaux, faites votre choix (10)). C'est quand même dommage, non ?
On savait, avec cette affaire d'attaque terroriste déjouée dans le Thalys, qu'on allait assister à un festival de petites phrases clownesques, facepalmesques. Force est de constater que jusqu'à présent, la compétition fait rage. On souhaite bon courage à Claude Guéant. On imagine qu'il préférera peut-être le RER pour se rendre à Nanterre (11) ...
(1) Le Lab Europe 1 Sécurité dans les trains : Claude Guéant raconte ce jour où il a été contrôlé dans le RER 24 août 2015
(2) Sud Ouest Affaire Claude Guéant : un système occulte de primes ? 4 mai 2013
(3) Le Monde Alain Vidalies accusé d’encourager le « délit de sale gueule terroriste » 25 aout 2015
(4) Atlantico Taxis en folie et vols gouvernementaux peu justifiés : ce que pourrait nous révéler un audit global des "menues" dépenses de la fonction publique 18 juin 2015
(5) Le Figaro Le PS gêné par un élu coupable d'agression sexuelle 13 juin 2011
(6) Mediapart Jean-Marie Le Guen a minoré de 700 000 euros son patrimoine 27 juin 2014
(7) Libération Peine aggravée en appel pour la députée ex-PS Sylvie Andrieux 23 septembre 2014
(8) Le Parisien Pédophilie : un élu des Yvelines piégé par l'émission «Les Inflitrés» 7 avril 2010
(9) Le Parisien Violences conjugales : Yacine Chaouat, un secrétaire national du PS forcé de démissionner 21 juin 2015
(10) L'Express Ces élus condamnés et réélus 22 juin 2009
(11) Le Monde Claude Guéant mis en examen pour « faux » et « blanchiment de fraude fiscale » 6 mars 2015
lundi 24 août 2015
Thalys : le pire est-il à venir avec Vidalies et Royal ?
C'était presque à prévoir. Après l'affaire de l'acte terroriste manqué dans le Thalys, les politiciens, experts en propos de circonstance et autres lois de réactions à l'actualité.
Deux exemples : Ségolène Royal et Alain Vidalies.
La ministre de l'écologie, qui a toujours voté en faveur des traités européens, a, en une phrase, signalé qu'elle ignorait la différence entre l'appartenance à la zone Schenghen (le cas du Benelux) et la non appartenance à la zone Schenghen (le cas du Royaume Uni).
.@RoyalSegolene "le #Thalys pourrait installer des portiques, car ce sont des trains qui franchissent les frontières, comme l'Eurostar"
— iTELE (@itele) 24 Août 2015
Au passage, quelqu'un peut-il signaler à Ségolène Royal qu'elle confond les contrôles douaniers liés au franchissement d'une frontière avec les contrôles de sécurité liés à l'usage d'un long tunnel sous-marin ?
Dans le cas de la ministre de l'écologie, on peut donc clairement parler de propos de type café du commerce.
Ceux du secrétaire d'Etat aux transports sont autrement plus inquiétants.
Nous avons annoncé le renforcement des contrôles aléatoires sur les bagages, qui est un outil important de dissuasion. 1/3
— Alain Vidalies (@AVidalies) 24 Août 2015
Dès qu'on parle de contrôle aléatoire il est opposé le risque de discrimination. Ce risque existe mais ne doit pas nous empêcher d'agir. 2/3
— Alain Vidalies (@AVidalies) 24 Août 2015
Que n'aurions-nous entendu si des responsables de droite avaient tenu des propos pareils ? "Le risque de discrimination existe mais ne doit pas nous empêcher d'agir en matière de contrôles aléatoires [au faciès]".
Est-ce que le but du gouvernement socialiste français est-il vraiment de transformer notre pays et de donner raison aux terroristes, tout en étalant leur haine des libertés ?
Plutôt que de laisser les terroristes gagner leur guerre, les libéraux comme Ulrich Genisson (1) ou la rédaction de Contrepoints proposent que les français reprennent en main la défense de leurs libertés, notamment en les autorisant à être armés, mais certainement pas un renforcement des pouvoirs de l'Etat liberticide et inefficace.
Retrouvez notre dossier "Dérive Sécuritaire", faisant suite à l'attentat du #Thalys. http://t.co/o5oVLqPdLT pic.twitter.com/qxfAZIyfbl
— Contrepoints (@Contrepoints) 24 Août 2015
Mention spéciale aux fédéralistes de l'UMP/les Républicains ou de l'UDI, bien absents. C'est maintenant que la liberté de circulation des marchandises, des capitaux, des idées mais aussi des hommes a besoin de soutiens !
(1) Radio X Quebec Genisson: Il faut armer les Français !
Sur le même sujet, lire
Le Parisien Libéral Thalys : si vis pacem, para bellum ? 22 août 2015
H16 Thalys : heureusement, l’État nous protège bien ! 23 août 2015
samedi 22 août 2015
Thalys : si vis pacem, para bellum ?
Deux militaires américains qui voyageaient dans un Thalys entre Amsterdam et Paris ont réussi à désarmer un présumé terroriste et à empêcher ce qui aurait pu être un véritable carnage.
Si tout ceci se confirme, cela montrera deux choses.
D'une part, la loi renseignement, liberticide, ne sert à rien pour lutter contre le terrorisme. Chaque jour, des centaines de trains, des RER aux TGV, circulent en France. On ne pourra jamais surveiller toutes les cibles potentielles des terroristes.
D'autre part, il semble que l'utilité des compétences militaires soit établie. Mais si nous sommes en guerre, au lieu d envoyer des troupes au Mali, et si nous devenions, à l'instar de nos amis Suisses ou Israéliens, un pays de gens (mieux) formés aux problématiques d'auto défense, armée ou non ? Sans forcement rétablir le service militaire, il ya une réflexion urgente à mener.
Bref, et si nous préparions la guerre, afin d'avoir la paix ?
La pire réaction possible aux incidents survenus hier dans le Thalys serait une annonce du renforcement des moyens alloués a la police. La meilleure serait la promotion des techniques de self defense, assortie d'une réflexion sur la "guerre contre le terrorisme" de Hoĺlande. Qu'on ne vienne pas nous dire qu'il faille des contrôles d'identité ou des détecteurs de métaux dans les Thalys la où nous avons juste besoin de plus de citoyens aussi affûtés et réactifs que les deux Marines d'hier.
Si tout ceci se confirme, cela montrera deux choses.
D'une part, la loi renseignement, liberticide, ne sert à rien pour lutter contre le terrorisme. Chaque jour, des centaines de trains, des RER aux TGV, circulent en France. On ne pourra jamais surveiller toutes les cibles potentielles des terroristes.
D'autre part, il semble que l'utilité des compétences militaires soit établie. Mais si nous sommes en guerre, au lieu d envoyer des troupes au Mali, et si nous devenions, à l'instar de nos amis Suisses ou Israéliens, un pays de gens (mieux) formés aux problématiques d'auto défense, armée ou non ? Sans forcement rétablir le service militaire, il ya une réflexion urgente à mener.
Bref, et si nous préparions la guerre, afin d'avoir la paix ?
La pire réaction possible aux incidents survenus hier dans le Thalys serait une annonce du renforcement des moyens alloués a la police. La meilleure serait la promotion des techniques de self defense, assortie d'une réflexion sur la "guerre contre le terrorisme" de Hoĺlande. Qu'on ne vienne pas nous dire qu'il faille des contrôles d'identité ou des détecteurs de métaux dans les Thalys la où nous avons juste besoin de plus de citoyens aussi affûtés et réactifs que les deux Marines d'hier.
dimanche 26 juillet 2015
#JeSuisMaroua, ou bien ?
Et si le traitement médiatiques des attentats qui ont secoué la ville de Maroua, dans le nord du Cameroun, donnaient raison à ceux qui, pour des raisons différences, ont dénoncé le Charlysme, je "#JeSuisCharlie" de janvier dernier ?
Rappelez-vous. En janvier dernier, la capitale a été secoué par deux événements, l'un, abusivement appelé attentat, en réalité une vendetta anti Charlie Hebdo dirigée par des musulmans qui protestaient contre les caricatures du prophète Mahommet, et l'autre, une prise d'otage, attentat antisémite, dans la supérette Hypercasher de la Porte de Vincennes.
Suite à ces événements, le pays qui s'était massivement mobilisé en faveur de la liberté d'expression (et non pas en restriction de celle ci ...) et le gouvernement avait alors habilement joué de la confusion que certains tentent d'imposer entre la France (le pays) et la République (le régime) pour faire admettre l'idée que nous étions Tous Charlie.
Quelques voies s'étaient bien élevées ça ou là pour dire qu'elles n'étaient pas Charlie, notamment chez certains "jeunes de banlieue" ou au sein des médias alternatifs (1), mais une impressionnante coalition gauche/droite politiciens/journalistes (2) s'était chargée du rappel à l'ordre. Et gare à ceux qui, pour une quelconque raison, se sentaient "Charlie Coulibaly" (3). L'heure n'était ni à la provocation, ni aux blagues de mauvais gout. Et tant pis si les journalistes et dessinateurs de Charlie Hebdo détestaient, pour diverses raisons la encore, les institutions, de Manuel Valls au Nasdaq, qui les soutenaient alors.
Par la suite, les actes terroristes n'ont pas cessé. Il y a eu Copenhague en février 2015 (4) et d'autres encore.
Aujourd'hui, il y a Maroua.
Aujourd'hui, il y a Maroua.
#Cameroun > Au moins une vingtaine de personnes ont été tuées hier soir dans un attentat à la bombe contre un bar de #Maroua dans le nord
— iTELE (@itele) 26 Juillet 2015
Cet attentat suit un autre, survenu également cette semaine, dont personne n'a parlé. Comme se demande le blogueur et politicien lyonnais Romain Blachier, "Médiatiquement, les camerounais sont-ils une race inférieure " ? (5)
Alors, certes, il y a les règles journalistiques des morts/kilomètre (6) et de la reprise d'une information par d'autres médias, de préférence dit de référence. On préférera toujours parler du décès par accident d'un pilote de Formule 1 des Alpes Maritimes que du décès de 20 personnes sur un marché en Afrique, c'est ainsi, tout comme on parlera toujours plus d'un fait divers qui se passe quelque part aux Etats-Unis plutôt que de la découverte par le CERN d'une nouvelle particule (7).
Il y a aussi l'évident manque de leadership médiatique des dirigeants politiques africains, qui, dictateurs ou non, ont défilé le 11 janvier à Paris ou à l'Elysée. Leur age, leur décalage vis a vis de leurs pays et leur attachement manifeste à la Françafrique que le président Hollande a reconstitué, en dépit des promesses de campagne, constituent probablement les facteurs explicatifs de l'absence de mobilisation autour de slogans tels que Je Suis Maroua ?
Il y a aussi gène, chez nous, autour de notre politique étrangère. Il y a deux semaines, le président Hollande était au Cameroun. Est-ce que les médias en ont parlé ? Pas vraiment. C'était la canicule, il fallait parler des propos de Ségolène Royal qui suggérait de boire de l'eau quand il fait chaud. Et puis surtout, cela aurait forcé les journalistes à demander à François Hollande si Moi Président compte continuer à inviter des dictateurs à l'Elysée (8), s'il compte expliquer quel sera le rôle du Cameroun dans la guerre contre l'islamisme (9) et si, aujourd'hui, ce pays est victime d'une représailles.
Bref, puisque nous ne sommes pas Maroua, peut être que tous ceux qui ne se sentaient pas Charlie avaient raison ?
Quoi qu'il en soit, ayons une pensée pour les victimes du terrorisme, qui qu'elles soient, où qu'elles soient.
Quoi qu'il en soit, ayons une pensée pour les victimes du terrorisme, qui qu'elles soient, où qu'elles soient.
(1) Boulevard Voltaire Gabrielle Cluzel : "Non, je ne suis pas Charlie !" 7 janvier 2015
(2) Mediapart Repérer et traiter ceux qui ne sont pas "Charlie" : la traque est ouverte. La France est mûre, les médias en ordre de bataille. 13 janvier 2015
(3) Le Monde « Je me sens Charlie Coulibaly » Dieudonné 4 février 2015
(4) The Guardian Francois Hollande says France shares pain of Copenhagen shootings 16 février 2015
(5) Romain Blachier Médiatiquement les camerounais sont une race inférieure 22 juillet 2015
(6) Le blog du communicant Massacres au Nigeria & Journalisme : Pourquoi la règle « mort-kilomètre » persiste dans les médias ? 18 janvier 2015
(7) SwissInfo CERN: première observation concluante de pentaquarks 14 juillet 2015
(8) Lui Président Invitation de dictateurs à Paris
jeudi 9 juillet 2015
"Lutte contre le terrorisme" : la détestable baseline de notre AngSoc (*)
Pas besoin de revenir sur l'état global du pays, on connait tous les chiffres. Mais, comme nous sommes en 2015, il devient très difficile pour l'actuelle majorité d'accuser la précédente. Vous vous souvenez que depuis 3 ans, le Parti Socialiste au pouvoir fait le coup de l'héritage. C'est vrai que le précédent président de la République, et sa politique de socialisme de droite, nous a légué 600 milliards d'euros de dette publique supplémentaire, 51 taxes et impôts créés ou relevés, aucune baisse significative du nombre de fonctionnaires, etc.
| Egalement publié sur Contrepoints |
Mais, au vu des chiffres que chacun peut observer depuis 2012, le Parti Socialiste est obligé de changer de discours. Il ne peut plus seulement accuser la gestion de l'UMP.
Il est vrai que quand on prend le bilan, il n'est pas fameux : en ce qui concerne la dette publique, elle a progressé de 236 milliards d’euros depuis mai 2012 (1) . Quand au chômage : il n'y a pas eu d'inversion de la courbe, puisque fin 2014, il y avait déjà 600 000 chômeurs de plus depuis 2012.
Face à cela, que font nos voisins ? Ils parviennent manifestement à combiner baisse du chômage et baisse de la dépense publique. En France, le chômage augmente, à l'inverse de tout ce qui se passe partout ailleurs en Europe (3)
En Allemagne, (4.7% de chômage), les comptes publics sont en équilibre, grâce à la bonne santé économique et grâce à la politique menée par Angela Merkel (4).
En Pologne (7.9% de chômage), dirigée de 2007 à 2014 par le libéral Donald Tusk, la loi de finances pour 2015 prévoit un déficit des finances publiques inférieur à 3.3 % du PIB en 2015 et 2.6% en 2016 (5)
Au Royaume Uni (5.5% de chômage), le gouvernement conservateur vise 10 milliards de livres excédent en 2020 (6)
Ce jeudi matin, François Kalfon, secrétaire national au travail, à l'emploi et à la formation professionnelle du Parti Socialiste, était invité à commenter, sur BFM Business, les politiques de nos voisins.
Voici en résumé les principaux points de son intervention :
- Les conservateurs allemands de la CDU ne peuvent pas diriger l'Europe
- Les retraités allemands imposent leur point de vue aux autres
- C'est dommage qu'il n'y ait pas de gouvernement économique de l'Europe
- La Grande Bretagne n'est pas un pays industriel, mais reste un paradis fiscal avec la City
- La France ne veut pas de contrats zéro heures comme au Royaume Uni
- Le modèle britannique n'est pas le modèle de société dans lequel nous voudrions vivre
- Chez nous, en France, il y a des hopitaux et une armée à faire tourner
Il y a donc tous les poncifs d'une certaine gauche antilibérale et parfois germanophobe, et qui ignore que l'Allemagne n'est pas un pays du tiers monde, que le Royaume Uni produit plus d'automobiles que la France, et que chez nous aussi, il y a des contrats zéro heures, ça s'appelle le chômage.
Mais c'est l'un des derniers points de l'intervention de François Kalfon qui est intéressant.
Il a expliqué que, contrairement à d'autres, la France "assume ses responsabilités au sein de l'union Européenne" et que du coup, la France "se tape le sale boulot" en allant faire la guerre contre le terrorisme au Mali. En conséquence, c'est nous, les français, qui faisons face à une vague de terrorisme sans précédent.
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François Kalfon réalise t-il la portée de ses propos ?
Première information : le cofondateur de "la Gauche Pop", le supposé "frondeur" (7), adhère donc à la vision de Manuel Valls : la France mène une guerre contre le terrorisme, au nom de l'Europe.
Relisez plutôt ce que disait Valls le 13 janvier 2015 suite à la tuerie de Charlie Hebdo et à l'attentat de l'Hypercasher de la Porte de Vincennes :
"À cette menace terroriste, la République apporte et apportera des réponses sur son sol national. Elle en apportera aussi là où les groupes terroristes s’organisent pour nous attaquer, pour menacer nos intérêts comme nos concitoyens.
C’est la raison pour laquelle le Président de la République a décidé d’engager nos forces au Mali, un 11 janvier, le 11 janvier 2013, le jour où tombait notre premier soldat dans ce conflit, Damien Boiteux. Et la même nuit, monsieur le ministre de la défense, trois membres de nos services tombaient en Somalie. Le Président de la République a pris une telle décision pour venir en aide à un pays ami, menacé de désintégration par des groupes terroristes, le Mali, pays musulman.
Le Président de la République a décidé de renforcer notre présence aux côtés de nos alliés africains avec l’opération Barkhane. C’est un gros effort qu’assume la France, au nom, notamment, de l’Europe et de ses intérêts stratégiques, un effort coûteux : la solidarité de l’Europe doit être dans la rue, elle doit être aussi dans les budgets à nos côtés." (8)
Vous direz : le domaine de compétence du conseiller régional qu'est François Kalfon ne s'étend peut-être pas jusqu'à l'analyse des tenants et aboutissants de la politique étrangère française. On ne peut apparemment pas être un spécialiste des joutes publiques (9) et de la diplomatie. Mais en tout cas on a compris que la fronde du PS ne s'étend pas aux questions de fond comme la politique étrangère.
Deuxième information, François Kalfon adhère à l'idée selon laquelle la France, alors qu'elle est censée faire partie d'un ensemble partiellement fédéral ou supranational, peut décider seule d'aller faire la guerre au Mali, en partant par ailleurs d'une interprétation contestable de l'article 50 de la charte des Nations Unis, sans même en référer au préalable aux 27 partenaires de l'UE, ou au moins au Haut Représentant de l'Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité (Auparavant Catherine Ashton, actuellement Federica Mogherini), et seulement après, aller présenter la note à l'Union Européenne.
Mais admettons que tout comme Georges Bush est allé faire la guerre en Afghanistan, il faut que nous approuvions les intervention militaires françaises au Mali, en Centrafrique ou en Irak, le coeur du quadrilatère des territoires disputés de 1984, de George Orwell,. Est ce que ces interventions militaires, dites OPEX, expliquent l'Etat catastrophique des finances publiques françaises, et leur absence, la bonne santé des finances publiques allemandes ?
C'est la dernière idée : François Kalfon fait semblant de ne savoir ni lire ni compter. En effet, comment peut-il ignorer ces informations pourtant aisément accessibles, à savoir la hausse des dépenses militaires allemandes (10), la participation du Royaume Uni ou de l'Allemagne au même type d'opérations militaires que celles que nous menons en Afrique ou encore le poids non négligeable mais loin d’être décisif des dépenses militaires françaises dans le poids de l'ensemble de la dépense publique française.
En effet, imaginons que nos partenaires Européens, l'Allemagne, le Royaume Uni, mais aussi la Pologne, l'Espagne ou le Luxembourg adhèrent à l'idée qui consiste à dire que pour lutter contre le terrorisme, il faut aller faire la guerre en Afrique ou au Moyen Orient.
Première question : puisque le Royaume Uni (11), la Pologne et l'Allemagne, mais aussi le Luxembourg ont participé à l'ISAF (la force multinationale qui a combattu en Afghanistan aux cotés des Etats-Unis) vont-ils demander à la France de Hollande, celle qui s'est retirée prématurément de ce pays, contre toute logique militaire et même financière, mais en lien avec des problématiques de politique intérieure, que nous leur payons une partie de leurs dépenses militaires ? Le Kenya a récemment rejoint la liste des pays victimes d'un attentat islamiste. L'armée française n'est pas au Kenya, mais l'armée britannique, si. Faut-il que Cameron envoie une facture à Manuel Valls et aux 26 autres premiers ministre d'Europe ?
On voit bien que le genre de comptabilité que le PS tente d'imposer n'a pas beaucoup de sens si il oublie de mettre dans la colonne débit toutes les guerres menées par toutes les armées européennes.
Deuxième question : imaginons que, malgré tout, nos partenaires décident de couvrir le cout de nos OPEX. Quel serait l'impact sur nos finances publiques ?
Déjà, n'oublions pas que si la France a dépensé 35 milliards d'euros en 2011 et 31 milliards en 2014 (12), une partie de ces dépenses correspondent en fait à de la police (fonctionnement de la gendarmerie). Les milliards d'euros de la défense ne correspondent pas tous à des dépenses de guerre au Mali ! Et la totalité des 113.000 militaires actifs (13) de l'armée de terre ne sont pas sur le terrain ! Les OPEX concernent moins de 10.000 hommes et femmes.
Si nos partenaires nous donnaient le 1.1 milliard d'euros que nous coutent nos OPEX (14), il ne nous resterait plus qu'à trouver 84.5 milliards pour combler le déficit de 85.6 milliards d'euros que nous avons constaté en 2014. Nous serions donc toujours largement en dehors des clous de Maastricht.
Qu'inventerions-nous alors ? Que l'Education Nationale lutte contre le terrorisme et protège la jeunesse non seulement de France mais également d'Europe, et qu'à ce titre, il faut que nos partenaires payent nos profs ? Rappelons quand même que
Dans 1984, une guerre extérieure à laquelle personne ne comprend rien (puisque son récit est réécrit en fonction des enjeux changeants), permet à Big Brother d'asseoir son pouvoir totalitaire, quand ce ne sont pas les deux minutes de la haine qui permettent de ressouder le peuple.
L'existence de l'ennemi intérieur et extérieur et la menace contre l'AngSoc justifie l'existence d'un système policier qui traque les opposants (15).
Est-ce vraiment le rêve du Parti Socialiste que de tout justifier, de l'adoption de lois liberticides (16) à l'absence de contrôle des dépenses publiques, par l'existence du terrorisme ?
Ne pourrait-il pas, plus simplement, expliquer que nos dépenses sociales sont trop élevées, et que nos guerres, au Mali ou ailleurs, qu'elles soient justifiées ou non, pèsent bien peu à coté de ce que nous coûte la Sécurité Sociale, pour ne citer qu'elle ?
Première information : le cofondateur de "la Gauche Pop", le supposé "frondeur" (7), adhère donc à la vision de Manuel Valls : la France mène une guerre contre le terrorisme, au nom de l'Europe.
Relisez plutôt ce que disait Valls le 13 janvier 2015 suite à la tuerie de Charlie Hebdo et à l'attentat de l'Hypercasher de la Porte de Vincennes :
"À cette menace terroriste, la République apporte et apportera des réponses sur son sol national. Elle en apportera aussi là où les groupes terroristes s’organisent pour nous attaquer, pour menacer nos intérêts comme nos concitoyens.
C’est la raison pour laquelle le Président de la République a décidé d’engager nos forces au Mali, un 11 janvier, le 11 janvier 2013, le jour où tombait notre premier soldat dans ce conflit, Damien Boiteux. Et la même nuit, monsieur le ministre de la défense, trois membres de nos services tombaient en Somalie. Le Président de la République a pris une telle décision pour venir en aide à un pays ami, menacé de désintégration par des groupes terroristes, le Mali, pays musulman.
Le Président de la République a décidé de renforcer notre présence aux côtés de nos alliés africains avec l’opération Barkhane. C’est un gros effort qu’assume la France, au nom, notamment, de l’Europe et de ses intérêts stratégiques, un effort coûteux : la solidarité de l’Europe doit être dans la rue, elle doit être aussi dans les budgets à nos côtés." (8)
Vous direz : le domaine de compétence du conseiller régional qu'est François Kalfon ne s'étend peut-être pas jusqu'à l'analyse des tenants et aboutissants de la politique étrangère française. On ne peut apparemment pas être un spécialiste des joutes publiques (9) et de la diplomatie. Mais en tout cas on a compris que la fronde du PS ne s'étend pas aux questions de fond comme la politique étrangère.
Deuxième information, François Kalfon adhère à l'idée selon laquelle la France, alors qu'elle est censée faire partie d'un ensemble partiellement fédéral ou supranational, peut décider seule d'aller faire la guerre au Mali, en partant par ailleurs d'une interprétation contestable de l'article 50 de la charte des Nations Unis, sans même en référer au préalable aux 27 partenaires de l'UE, ou au moins au Haut Représentant de l'Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité (Auparavant Catherine Ashton, actuellement Federica Mogherini), et seulement après, aller présenter la note à l'Union Européenne.
Mais admettons que tout comme Georges Bush est allé faire la guerre en Afghanistan, il faut que nous approuvions les intervention militaires françaises au Mali, en Centrafrique ou en Irak, le coeur du quadrilatère des territoires disputés de 1984, de George Orwell,. Est ce que ces interventions militaires, dites OPEX, expliquent l'Etat catastrophique des finances publiques françaises, et leur absence, la bonne santé des finances publiques allemandes ?
C'est la dernière idée : François Kalfon fait semblant de ne savoir ni lire ni compter. En effet, comment peut-il ignorer ces informations pourtant aisément accessibles, à savoir la hausse des dépenses militaires allemandes (10), la participation du Royaume Uni ou de l'Allemagne au même type d'opérations militaires que celles que nous menons en Afrique ou encore le poids non négligeable mais loin d’être décisif des dépenses militaires françaises dans le poids de l'ensemble de la dépense publique française.
En effet, imaginons que nos partenaires Européens, l'Allemagne, le Royaume Uni, mais aussi la Pologne, l'Espagne ou le Luxembourg adhèrent à l'idée qui consiste à dire que pour lutter contre le terrorisme, il faut aller faire la guerre en Afrique ou au Moyen Orient.
Première question : puisque le Royaume Uni (11), la Pologne et l'Allemagne, mais aussi le Luxembourg ont participé à l'ISAF (la force multinationale qui a combattu en Afghanistan aux cotés des Etats-Unis) vont-ils demander à la France de Hollande, celle qui s'est retirée prématurément de ce pays, contre toute logique militaire et même financière, mais en lien avec des problématiques de politique intérieure, que nous leur payons une partie de leurs dépenses militaires ? Le Kenya a récemment rejoint la liste des pays victimes d'un attentat islamiste. L'armée française n'est pas au Kenya, mais l'armée britannique, si. Faut-il que Cameron envoie une facture à Manuel Valls et aux 26 autres premiers ministre d'Europe ?
On voit bien que le genre de comptabilité que le PS tente d'imposer n'a pas beaucoup de sens si il oublie de mettre dans la colonne débit toutes les guerres menées par toutes les armées européennes.
Deuxième question : imaginons que, malgré tout, nos partenaires décident de couvrir le cout de nos OPEX. Quel serait l'impact sur nos finances publiques ?
Déjà, n'oublions pas que si la France a dépensé 35 milliards d'euros en 2011 et 31 milliards en 2014 (12), une partie de ces dépenses correspondent en fait à de la police (fonctionnement de la gendarmerie). Les milliards d'euros de la défense ne correspondent pas tous à des dépenses de guerre au Mali ! Et la totalité des 113.000 militaires actifs (13) de l'armée de terre ne sont pas sur le terrain ! Les OPEX concernent moins de 10.000 hommes et femmes.
Si nos partenaires nous donnaient le 1.1 milliard d'euros que nous coutent nos OPEX (14), il ne nous resterait plus qu'à trouver 84.5 milliards pour combler le déficit de 85.6 milliards d'euros que nous avons constaté en 2014. Nous serions donc toujours largement en dehors des clous de Maastricht.
Qu'inventerions-nous alors ? Que l'Education Nationale lutte contre le terrorisme et protège la jeunesse non seulement de France mais également d'Europe, et qu'à ce titre, il faut que nos partenaires payent nos profs ? Rappelons quand même que
Dans 1984, une guerre extérieure à laquelle personne ne comprend rien (puisque son récit est réécrit en fonction des enjeux changeants), permet à Big Brother d'asseoir son pouvoir totalitaire, quand ce ne sont pas les deux minutes de la haine qui permettent de ressouder le peuple.
L'existence de l'ennemi intérieur et extérieur et la menace contre l'AngSoc justifie l'existence d'un système policier qui traque les opposants (15).
Est-ce vraiment le rêve du Parti Socialiste que de tout justifier, de l'adoption de lois liberticides (16) à l'absence de contrôle des dépenses publiques, par l'existence du terrorisme ?
Ne pourrait-il pas, plus simplement, expliquer que nos dépenses sociales sont trop élevées, et que nos guerres, au Mali ou ailleurs, qu'elles soient justifiées ou non, pèsent bien peu à coté de ce que nous coûte la Sécurité Sociale, pour ne citer qu'elle ?
(1) L'Opinion La dette publique : +236 milliards d’euros depuis mai 2012 6 juillet 2015
(2) Le Monde Chômage : pourquoi 2014 a été une nouvelle année noire 26 décembre 2014
(3) Le Parisien Le chômage baisse en Europe, sauf en France 30 avril 2015
(4) Le Monde L'Allemagne parvient à l'équilibre budgétaire en avance 13 janvier 2015
(5) BNP Paribas Pologne Q1 2015
(6) BBC Budget 2015: Osborne offers country 'new contract' 9 juillet 2015
(7) Le JDD Le texte et la liste des 90 frondeurs du PS 5 avril 2014
(8) Assemblée Nationale Compte rendu intégral 13 janvier 2015
(9) Le Huff Post François Kalfon (PS) gifle un élu UDI et lui propose une "joute" sur Twitter 14 avril 2015
(10) Le Figaro L'Allemagne dope son budget de la Défense de 8 milliards d'euros pour 2016 18 mars 2015
(11) British Army The British Army in Afghanistan
(12) Le Monde, En euros constants, le ministère de la défense a perdu 20 % de son budget en 25 ans 30 avril 2015
(13) Défense Les effectifs de l'armée de terre
(14) Le Figaro Défense: 1,1 milliard € pour les Opex en 2014 1 octobre 2014
(15) Wikiberal 1984 (roman)
(16) Economie Matin Loi Renseignement : une loi liberticide pour les Français13 mai 2015
(*) ANGSOC : Le personnage principal de 1984, Winston Smith, vit en Océania, un ensemble de pays dominé par une idéologie, l'AngSoc. La finalité de l'AngSoc, c'est le pouvoir pour le pouvoir. Big Brother est la personification de l'AngSoc.
(7) Le JDD Le texte et la liste des 90 frondeurs du PS 5 avril 2014
(8) Assemblée Nationale Compte rendu intégral 13 janvier 2015
(9) Le Huff Post François Kalfon (PS) gifle un élu UDI et lui propose une "joute" sur Twitter 14 avril 2015
(10) Le Figaro L'Allemagne dope son budget de la Défense de 8 milliards d'euros pour 2016 18 mars 2015
(11) British Army The British Army in Afghanistan
(12) Le Monde, En euros constants, le ministère de la défense a perdu 20 % de son budget en 25 ans 30 avril 2015
(13) Défense Les effectifs de l'armée de terre
(14) Le Figaro Défense: 1,1 milliard € pour les Opex en 2014 1 octobre 2014
(15) Wikiberal 1984 (roman)
(16) Economie Matin Loi Renseignement : une loi liberticide pour les Français13 mai 2015
(*) ANGSOC : Le personnage principal de 1984, Winston Smith, vit en Océania, un ensemble de pays dominé par une idéologie, l'AngSoc. La finalité de l'AngSoc, c'est le pouvoir pour le pouvoir. Big Brother est la personification de l'AngSoc.
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