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samedi 5 mars 2016

Déficits : dites Michel Sapin, elles sont où les promesses ?

Michel Sapin ...

Mais comment peut-il encore être Ministre de l'Économie et des Finances ?

Souvenons-nous du fait que Michel Sapin (comme ses autres collègues ministres socialistes) se dit fier d'appartenir à une majorité qui "tient ses promesses".

Or, qu'avait promis Hollande, en 2012 ?
Certes, il y avait "les emplois d'avenir". Mais il y avait aussi la réduction des déficits.

Souvenons-nous : le 7 septembre 2012, François Hollande, chef de l’Etat, disait : «Je confirme l'engagement pris par la France de ramener le déficit à 3% fin 2013» devant la Cour des comptes. 


Peut-on considérer que quand le Président de la République française s'exprime et formule un engagement, sa parole l'engage, surtout quand il dit que "le ralentissement économique rend cette politique encore plus nécessaire" (1) ? 

La Constitution dit que le Président de la République, sur la proposition du Premier Ministre, nomme les autres membres du Gouvernement et met fin à leurs fonctions. François Hollande a donc le pouvoir de mettre fin aux fonctions de Michel Sapin, son pote de promo à l'ENA et Ministre de l'Économie et des Finances.

Etant donné que le Président de la République a à cœur de ne pas passer pour un menteur ou pour un incapable, comment imaginer qu'il puisse accepter de son ministre des finances des vérités successives ? 
Nous ne comptons plus les réécritures successives du discours sur les déficits (2). C'est digne du Ministère de la Vérité. 
Penchons nous seulement sur deux élements : d'une part, des propos de Jérome Cahuzac, d'autre part la déclaration de Michel Sapin du . 
L'ancien ministre du budget, Jérome Cahuzac, a tenu, en 2013, des propos qui auraient mérité plus de commentaires. Il a dit : 

"On me dit que j'ai menti sur ma situation personnelle. Cela veut dire quoi ? Qu'il y aurait des mensonges indignes et d'autres qui seraient dignes ? Quand on ment sur ordre, et pour des raisons politiques, à l'Assemblée, est-ce digne ? A ce compte-là, j'ai menti devant l'Assemblée, sur la possibilité de réaliser 3% de déficit en 2013." (3)

Quand à Michel Sapin, il a dit : "En 2016, la France fera mieux que 3,8 % en 2015" (4) ... le 4 mars 2016.
Depuis 2012, Michel Sapin n'a pas arrêté de se chercher des excuses, pour ne pas dire mentir. 
Quand ce n'est pas "les dépenses supplémentaires occasionnées par la sécurité", c'est "l'héritage lié à la droite" (5). Mais, en 2014, donc avant les attentats de Charlie Hebdo puis ceux du 13 novembre, où étaient "les dépenses supplémentaires occasionnées par la sécurité" ? Et en 2015, où était la prise en compte de la baisse de l'euro, du pétrole et des taux d'intérêts (6) ? 

Certes, au delà des chiffres, même s'ils sont extraits d'un traité que la France est censée respecter, il y a une réalité : comment faire passer le déficit de 32% à 0% ? (Préférons parler de déficit de 32% des recettes par rapport aux dépenses (7), comparer un déficit par rapport à un PIB n'a qu'une signification macro économique). La réalité, c'est l'absence de volonté de réfléchir au périmètre de l'Etat, préalable à la baisse de la dépense publique, Du coup, la seule politique souhaitable, la baisse des dépenses publique, n'est jamais clairement mentionnée comme étant une option possible. Les déficits progressent donc, puisque malgré la hausse des prélévements obligatoires, les dépenses publiques croissent encore plus rapidement.

Juste une question : que peut-on penser d'une équipe gouvernemental qui fait du mensonge un mode de management "normal" ? 



(1) Public Sénat François Hollande - Déficits : la France vise les 3% 7 septembre 2012
(5) Le Figaro Déficit 2016: "objectifs inchangés" (Sapin) 26 novembre 2015
(6) L'Opinion Déficits : Sapin, Sarko, Mosco, l’hôpital et la charité 4 février 2016
(7) Nouvelles de France Les politiques ne l’avoueront jamais : le déficit public est de 32% et non de 4% ! 10 décembre 2014

samedi 20 février 2016

La possibilité du Brexit, la réalité du quasi Frenchxit

Quel magnifique jeu de rôles nous ont offert les chefs d'Etat de l'UE à 28 réunis à Bruxelles, hier !
A commencer par le président Hollande. 
En effet, par la voix du chef de l'Etat, la France a rejeté la possibilité du Brexit, la sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne, et a insisté sur le respect des règles communes (1), fédérales aurait-on envie de dire. 

Mais,  au fait, ce n'est pas la France anti-fédérale, le passager clandestin de l'UE ? 

En effet, qu'est ce que l'Union Européenne ? 
Les traités européens sont le fondement de l'Union européenne: toute action entreprise par l'UE découle de ces traités, qui ont été approuvés librement et démocratiquement par tous les États membres, nous dit l'Union Européenne (UE). 

Quand au traité fondateur de l'UE, il est clair. Il précise que les états membres sont "DÉTERMINÉS à établir les fondements d'une union sans cesse plus étroite entre les peuples européens". 

Autrement dit, l'idée de l'UE est claire : il s'agit d'aller vers un Etat fédéral.  Et les étapes intermédiaires sont le respect des traités, comme l'Acte Unique de 1986 (achèvement du marché commun par l'instauration des 4 libertés : libre circulation des marchandises et des services, libre prestation et liberté pour une entreprise de s'installer dans le pays de son choix.
libre circulation des personnes et libre circulation des capitaux ) ou le traité de Maastricht.

La référence est claire : il y a quelques exemples de pays fédéraux dans le monde, comme la Suisse, le Canada ou même l'Allemagne, mais le modèle de l'UE, c'est bien les Etats-Unis d'Amérique. D'ailleurs, Jean Monnet a manifestement été très influencé par ses contacts américains. 

Notons la contradiction entre l'idéal fédéral (capitale à Bruxelles, fonctions régaliennes comme l'armée ou la diplomatie centralisées, principe de subsidiarité, notamment au niveau régionalisé/landerisé pour le non régalien) et la réalité intergouvernementale de l'UE (les Etats sont les principaux acteurs de la politique Européenne), ambiguïté qui permet à chacun de dire "c'est de la faute du Bruxelles" plutôt que "nous avons mal négocié". 

Or, que c'est-il passé hier ? 
Il existe un fort courant au Royaume-Uni (RU) anti UE, y compris au sein des Conservateurs, le parti de David Cameron. D'ailleurs, Margaret Thatcher n'était pas, euphémisme, une grande fédéraliste. 
Mais face à la poussée de UKIP, David Cameron a décidé, sage décision, de laisser le peuple britannique décider. 
Cependant, comme Cameron est manifestement contre la sortie du RU de l'UE, il est quand même aller négocier à Bruxelles des aménagements. 

Et voila comment le premier ministre Britannique présente les choses : le Royaume-Uni ne fera jamais parti d'un ensemble supranational type super Etat Européen. 





Aux britanniques à décider maintenant ! Et d'après les sondages, rien n'est gagné d'avance. On se demande juste quand même quel est le projet que David Cameron va présenter à nos amis et voisins britanniques. De quelle Europe parle t-il, sachant que le rejet de l'UE au Royaume-Uni n'est pas qu'un problème comptable, mais bien une question culturelle ?

Mais le plus drôle, ce ne sont pas les contradictions de Cameron, ce sont les remarques de Hollande, qui a donc déclaré : "La Grande-Bretagne doit rester dans l’Union européenne, c’est ma volonté. Mais en même temps, il faut que l’Union puisse avancer. Aucun pays ne doit avoir un droit de veto, aucun pays ne doit se soustraire à des règles communes ou à des autorités communes"(2).




Conférence de presse à l'issue du Conseil Européen par elysee



Si on a bien compris ce que nous raconte l’exécutif de la République Française,

la France est :

  • déterminée à ce que la politique monétaire, décidée par la Banque Centrale Européenne puisse être cohérente avec les politiques budgétaires ("celle que chacun des pays mène dans le respect du pacte de stabilité  (3) ")
  • engagée à ce que l'UE continue à payer la Turquie pour lutter contre l'immigration en provenance de Syrie et d'Irak
  • soucieuse de faire respecter les règles communes
  • désireuse de faire avancer le projet Européen 

On croit rêver !

Est-ce que le Président de la République ne se moquerait pas de nous ?


  • Quel est le pays qui a partiellement rétabli les contrôles aux frontières
  • Quel est le pays qui se soustrait à la nécessité de maintenir la protection des Droits de l'Homme, et a prévenu le Conseil de l'Europe qu'il risquait de déroger à la Convention européenne des Droits de l'Homme ? 
  • Quel est le pays qui se montre incapable de respecter le traité de Maastricht, et revendique même le fait de ne pas suivre la règle de 3% de déficit par rapport au PIB
  • Quel est le pays qui n'hésite pas à subventionner certaines de ses entreprises, en totale infraction vis-à-vis de l'Acte Unique ? 
  • Quel est le pays qui s'éloigne des valeurs démocratiques de l'UE et de l'état de droit et fait voter l'état d'urgence, une mesure qui pérennise un état d'exception ? 
  • Quel est le pays qui déclare la guerre à des pays ou à des groupes terroristes, de manière unilatérale et sans même faire voter son parlement ou prévenir les 27, et qui place ensuite ses 27 partenaires au sein de l'UE devant le fait accompli en leur demandant de payer ? 


Autrement dit, qui est en situation dérogatoire par rapport aux règles communes ? Et toujours autrement dit, quelles leçons pouvons-nous donner aux britanniques alors que nous-même sommes très loin d'être en ligne avec les règles communes de l'UE, règles pour lesquelles le président Hollande a toujours personnellement milité ? 

Il semble, au vu des faits, que si les britanniques s'interrogent, la France, elle, est déjà à l'étape suivante : elle pratique allègrement la politique de l'Europe à la carte, très loin de l'option fédérale. 

Si la France de Hollande est vraiment favorable au fédéralisme Européen, qu'elle commence par respecter le Pacte de Stabilité et de Croissance, l'Acte Unique ou la Convention européenne des Droits de l'Homme. Ensuite, qu'elle prenne une initiative forte comme la fermeture du Balardgone et du Quai d'Orsay et le transfert de leurs pouvoirs à Federica Mogherini, la commissaire Européenne en charge des affaires extérieures. 




(2) Elysee La Grande-Bretagne doit rester dans l'Union européenne. 18 février 2016
(3) Elysee Conférence de presse Conseil européen 18 décembre 2015

dimanche 14 février 2016

Remaniement : excellent coup de Hollande

Comment ?? La nomination d'Emmanuelle Cosse, le retour de Jean-Marc Ayrault ou l'arrivée de Jean-Michel Baylet, un excellent coup de Hollande ?

Partons du principe, déjà exposé (1) et probablement vrai au vu de la capacité de l'ex conseiller général de Correze à s'être hissé jusqu'à l'Elysée, que Hollande n'est pas le stupide benêt que ses amis socialistes décrivaient (souvenez vous la "fraise des bois" de Fabius, le "il ne fout rien" d'Aubry" ou "il n'a jamais rien décidé" de Royal).

Partons plutôt de l'idée que Hollande est un fin politicard, doué pour la gestion des intrigues de cour et, in fine, au top de la capacité à, non pas régler les problèmes de la France, le cadet des soucis des politiciens, mais à conquérir et garder le pouvoir.





Donc, passons sur le chômage, la dette, les déficits, le quasi défaut de paiement des collectivités territoriales, et concentrons-nous sur la position personnelle de Hollande.
Quelle est-elle ?

Elle se caractérise avant tout par une défiance record au sein de l'opinion publique, y compris au sein du fameux "peuple de gauche" :

Il faut dire que même ceux qui, y compris à gauche, n'attendaient rien de l'ex premier secrétaire du PS, sont décus.


Du coup, afin de gagner du temps, qu'a donc fait le président Hollande ? 

1/ détourner l'attention 

Oui, Hollande a très bien joué avec ce remaniement : l'attention est à présent attirée sur les sous-fifres plutôt que sur le boss. 
Parle t-on, dans le cadre de l'affaire Cahuzac, de la réunion qui s'est tenue autour du président de la République (2) le 16 janvier 2013 ? 
Non, on ne mentionne désormais plus que l'invention du Secrétariat d'Etat à "l'égalité réelle", de celui à l'aide aux victimes ou celui de la biodiversité.
Bien joué !
La presse, déjà fortement accro au cadre étatique car ultra subventionnée, sera t-elle encline à critiquer l'action gouvernementale ? On peut en douter, comme le montre la Une de la Dépèche du Midi, le journal de Baylet.

Et quid de Notre-Dame-des-Landes (3) ? Du grand art !


2 / Exposer le cynisme d'une certaine gauche dite alternative

Pourquoi Hollande a t-il tenu à donner des ministères à des anciens responsables d'Europe Ecologie les Verts ? Certes, on peut penser qu'il s'agit d'un échec, puisque Cosse s'est fait virer d'EELV. Mais nommer secrétaire d'Etat une personne qui a publiquement affirmé que ses vues étaient à l'opposé de celles du Président de la République, n'est ce pas montrer à qui veut le voir que même au sein de la gauche dite radicale, on sait taire ses divergences en échange des avantages liés à des fonctions ministérielles ? 
A ce titre, Emmanuelle Cosse place la barre très haut. Non contente de devenir Ministre du Logement et de l'Habitat durable (!), l'ex dirigeante d'EELV tient aussi à cumuler avec son mandat de conseillère régionale en Ile de France.


3/ On ne parle plus des vrais sujets

La révision constitutionnelle et l'inscription dans le temps de l'état d'urgence ? Un vieux sujet ! Et ce même si les ONG comme Amnesty International ou les think tank type Génération Libre nous informe sur les dérives.



Le terrorisme persistant au Mali malgré la guerre de Hollande (4) ? Pas important !
Les accusations de viol en Centrafrique par des militaires français (5) ? A la trappe. 
FATCA ? La Hadopi ? La Loppsi ? La Loi de Programmation Militaire ? La fin programmée de l'argent liquide ? Rien de tout ca ne fait la Une.




Bravo ! Même si le remaniement consacre l'hégémonie de la politique spectacle et du cynisme, soyons persuadés que Hollande saura en retirer quelque avantage.
Le Titanic France coule est en faillite ? La classe politique dirigiste actionnera les machines dirigistes jusqu'à ce que l'eau ait envahi la cale, surtout si cela lui rapporte quelque chose, que ce soit du pouvoir, de l'argent,ou les deux.







(1) Le Parisien Libéral Tout le monde a sous-estimé François Hollande 24 mai 2013

dimanche 7 février 2016

Montebourg accuse le PS de devenir libéral, et il se trompe

Non, le paysage politico-médiatique français n'en a pas fini avec Arnaud Montebourg. Après tout, pourquoi pas, la liberté d'expression fait partie des valeurs fondamentales du pays, y compris quand on raconte des bétises des contrevérités.

Ainsi, on apprend que le PS (gouvernemental, au pouvoir) deviendrait libéral (1). 








Sacré Montebourg !

Passons sur la relation que le vice président développement d'Habitat, anti libéral donc, doit entretenir avec ses patrons et employeurs.

Non, concentrons nous sur l'analyse de l'ancien ministre de Hollande. 

Comment peut-on renvoyer dos à dos les deux formations UMP/ les Républicains et Parti Socialiste, «des partis dirigés par une sorte de bourgeoisie d'Etat, haut fonctionnarisée, qui mènent exactement les mêmes politiques, en connivence avec Bruxelles» ou évoquer un «sarkhollandisme économique», et ensuite parler de libéralisme au Parti Socialiste ? 

Pour le «sarkhollandisme économique», il n'y a pas de surprise. Les libéraux savaient, dès 2012, qu'il n'y aurait pas de changement majeur entre l'étatisme de Nicolas Sarkozy et l'étatisme de Hollande. 










Tout au plus pouvait-on deviner que François Hollande, poussé par ses hommages au communisme lors de sa campagne électorale en 2012, serait encore plus enclin à se montrer ultra étatiste et dirigiste. 

Quand à dénoncer la "haute bourgeoisie d'Etat, haut fonctionnarisée, qui mènent exactement les mêmes politiques, en connivence avec Bruxelles", c'est certes noter qu'il importe relativement peu que le pays soit dirigé par l'UMP/Les Républicains ou le PS quand l'administration (et donc le périmètre de l'Etat) ne change pas, mais pourquoi y associer Bruxelles, quand la France se montre incapable de respecter le traité de Maastricht (2) ou la Convention Européenne des Droits de l'Homme (3) ? Pour un pays soit-disant sous la coupe de Bruxelles, que d'écarts vis-a-vis des traités signés par la France et défendus, à l'époque, durant les années 90, par des gens comme François Hollande ou Manuel Valls !

Les libéraux, monsieur Montebourg, en ont assez d'être insultés par des gens qui, pourtant, ont dû suivre, dans leur cursus universitaire, un cours des idées politiques. Montebourg n'a t-il vraiment  pas lu Frédéric Bastiat, Jean-Baptiste Say ou Turgot ? 

Le libéralisme, c'est quoi (4) ? 
Le libéralisme est un ensemble de courants de philosophie politique visant à faire reconnaître la primauté des principes de liberté et de responsabilité individuelle sur l'autorité du souverain (que ce souverain soit un monarque ou le peuple). le libéralisme est une opposition à la dictature de l'absolutisme du souverain. Le libéralisme est une théorie du droit.
Les valeurs libérales sont la liberté individuelle, la créativité individuelle, la responsabilité individuelle, l'indépendance personnelle, le respect des droits individuels. On définit souvent le libéralisme par ces quelques principes, que l'on retrouve dans la Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen :
• l'égalité en droit;
• la liberté individuelle et la responsabilité qui en découle;
• la propriété privée ;
• le droit de résistance à l'oppression;
• la recherche du bonheur et la sûreté.
Actualisée avec les problématiques françaises d'aujourd'hui, le libéralisme a pour priorité la redéfinition du rôle de l'Etat (limité à ses fonctions régaliennes), la restauration du libre choix de dépense de la part du contribuable (et donc la baisse de la fiscalité), et le respect du préambule de la Constitution et de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 (dont la liberté d'opinion par exemple). C'est la base du programme du seul parti libéral en France, le Parti Libéral Démocrate.

Il existe de nombreux auteurs et essayistes français plus contemporains que Locke ou Bastiat, qui permettent de prendre conscience de ce qu'est le libéralisme. 









Quelle a été la politique menée par le Parti Socialiste depuis 2012, alors qu'il contrôle l'Elysée, les principaux ministères régaliens et, avant ses défaites électorales récentes, la majorité des collectivités territoriales ? 

  • dépense publique : elle a progressé en valeur absolue. Depuis 2012, il y a eu plus d’impôts, plus de dépense publique. 
  • périmètre de l'Etat : aucune mission publique n'a été remise en cause
  • démocratie : les parlementaires n'ont même pas le droit de se prononcer pour ou contre les guerres de Hollande, au Mali ou en Syrie. 
  • libertés civiles : la Loppsi est maintenue, la Hadopi aussi, l'extension du champs d'application du secret défense aussi, la Loi Renseignement est passée, ainsi que la Loi de Programmation Militaire

Human Rights Watch (5), l'Index of Economic Freedom (6), la Ligue des Droits de l'Homme (7) ou l'association Contribuables Associés (8) sont formels : les libertés reculent en France.
On peut donc logiquement en conclure que puisque les libertés reculent, Valls n'est pas un libéral. C'est un autoritaire (9)

Oui, on peut placer le Parti Socialiste et les Républicains sur le même plan. Mais ce plan n'est certainement pas libéral, Monsieur Montebourg !







(1) Tribune de Genève Montebourg accuse le PS de devenir libéral 7 février 2016
(4) Wikiberal Libéralisme
(5) Human Rights Watch France : Les pouvoirs liés à l’état d'urgence risquent de porter atteinte aux droits humains 24 novembre 2015
(6) Heritage Foundation France
(7) Ligue des Droits de l'Homme Etat d'urgence : l'urgence d'en sortir 3 février 2016
(8) Contribuables Associés La mère des réformes, c'est la baisse de la dépense publique 28 janvier 2016
(9) Le Point Un Fouché en imper noir 5 février 2016

lundi 18 janvier 2016

2017 : Juste une question sur les velléités de Hollande

une question, qui est appuyée par deux illustrations

La première, c'est l'évolution de la fameuse courbe du chômage depuis que Hollande est au pouvoir



La deuxième, c'est la comparaison européenne


Ajoutons le vrai taux de chômage français



Question : comment l'homme qui, en 2012, reprochait à son prédécesseur ses piètres résultats en matière de chômage, comment l'homme qui disait qu'il ne pouvait pas se représenter si la courbe n'était pas inversée, comment cet homme ose t-il seulement penser à se représenter ? 

Espère t-il, en un an et trois mois, soit d'ici au mois d'avril 2017, faire baisser le nombre de chômeurs de 700 000,soit la hausse constatée depuis le 6 mai 2012, et encore en ne prenant en compte que la catégorie A en métropole (on s'en moque, des DOM TOM, non, l'INSEE ?) ? 



jeudi 31 décembre 2015

Déchéance de nationalité : victoire de l'extrême droite avec Hollande ?

Le bloggeur Hervé Torchet (1) fait une excellente analyse de la "dérive" de François Hollande, qui a commencé avec l'usage du terme, autrefois lepéniste, de français de souche (2), et qui se poursuit aujourd'hui avec le débat sur la déchéance de nationalité (3), débat qui, rappelle Daniel Cohn-Bendit, fait dire n'importe quoi au premier ministre de la république française (4). Tant pis si cet activisme gouvernemental masque l'absence de vraie stratégie contre le risque terroristee, risque qui, au passage, menace en réalité moins que les risques d'accident de la route, les coups mortels portés aux femmes battues ou les accidents domestiques.

A dire vrai, il n'y a aucune surprise à cette dérive des socialistes (5). Le socialisme n'est cohérent que dans un cadre national, même si, pour parvenir à survivre, le socialisme est bien content que l'étranger nous fasse profiter de taux d'intérêts bas, de produits low cost Made in Asia ou de travailleurs à bas coûts, rappelez-vous les travailleurs détachés du congrès du PS.

Non, il n'y a pas de surprise, car le PS nous a répété pendant des années, au sujet de Marine le Pen "tel père, telle fille". Si on accepte une telle assertion, comment Hollande, et d'autres membres du PS, peuvent-ils échapper au "tel père, tel fils" ? Le père de Hollande n'était pas qu'acquis aux idées d’extrême droite. Il les a soutenu jusqu'à se présenter à des élections. Il faut croire que son fils a retenu la leçon, et les a habillé de la robe de la technocratie énarchienne ? 

Quelque soit l'origine de cette dérive, toujours est-il qu'elle est à combattre, puisque lutter contre l'extrême droite, c'est lutter contre les gens d'extrême droite, mais aussi et surtout contre leurs idées.Peu importe que l'état d'urgence soit mis en oeuvre par Marine le Pen ou par Manuel Valls. C'est la restriction des libertés publiques qui importe, pas le commanditaire. 

Sur ce constat sombre d'une - pauvre - France au mains d'un pouvoir détestable pour encore au moins 1 an et demi, sauf miracle, bonne Saint Sylvestre !



(1) Jour pour jour Hollande ne veut que des "Français de souche" 26 décembre 2015
(5) Le Parisien Libéral La logique dérive nationaliste du Parti Socialiste 24 février 2015

jeudi 26 novembre 2015

Pavoiser aux couleurs Bleu Blanc Rouge, en hommage aux victimes du 13 nov 2015 ?

De manière assez surprenante, qui montre qu'en politique, il n'y a pas vraiment de limites au cynisme et à la récupération, le président Hollande a appelé les français à pavoiser aux couleurs du drapeau national (1), à l'occasion de l'hommage qui sera rendu aux victimes des attentats parisiens du 13 novembre 2015. 
Le zèle avec lequel les propagandistes de la Hollandie (2) défendent une telle idée fait partie du sketch, mais évidement, cela ne trompe pas tout le monde (3). Le retournement de veste a t-il des limites ? 

On peut parler de récupération car les français n'ont pas attendu le chef de l'Etat pour pavoiser, en témoigne le mouvement spontané sur Facebook (4). On peut également évoquer la surprise car jusqu'à il y a quelques semaines, afficher un drapeau bleu blanc rouge était perçu de manière assez sulfureuse et provocatrice. On a en mémoire les qualificatifs usés par les socialistes en ce qui concerne le meeting de Sarkozy au Trocadero le 1er mai 2012 ou toutes les réticences que le drapeau Bleu Blanc Rouge suscite toujours à gauche et à l'extrême gauche (5). 

Qui plus est, il n'est même pas certain que cette demande présidentielle soit pertinente. En effet, comme l'écrit Michel Schiffres dans l'Opinion, quel sens y a t-il à pavoiser (6) ? Que fêtons nous ? Nos drapeaux en devraient-ils pas plutôt être en berne ? 

Enfin, il y a quelque chose d'indécent, de la part du chef de l'Etat, à se prévaloir d'un patriotisme des plus rigoureux quand, dans le même temps, il reproche à l'Union Européenne (7) de ne pas s'impliquer assez dans nos guerres (8), comme les guerres que Valls et Hollande ont décidé seuls (le Mali par exemple), sans en référer au préalable à nos 27 partenaires au sein de l'UE.





Alors, s'il y a des couleurs à afficher demain, ne seraient-ce pas celles de l'Union Européenne, et de préférence, en berne ?






(2) Bruno Roger-Petit / Challenges Quand Hollande rend à la gauche le drapeau tricolore pris par Sarkozy et le FN 26 novembre 2015
(6) L'Opinion Pavoiser vraiment ? 25 novembre 2015


mercredi 11 novembre 2015

Pourquoi on ne veut pas Hollande vs Sarkozy en 2017

Alors comme ça, pour la première fois depuis 2012, l'ancien président de la République a accepté une invitation de son successeur, afin d'être présent dans une cérémonie officielle ?


Il parait qu'Hollande et Sarkozy ont besoin l'un de l'autre. L'un, en dépit des sondages qui le donne perdant dans tous les cas (1), pense que le rejet que suscite Sarkozy, y compris à droite, y compris chez es patrons, lui permettra quand même de s'assurer une victoire au deuxième tour, et l'autre imagine que rappeler son ancien rôle de président de la République (ce que Hollande, obsédé par son ancien adversaire, ne cesse de faire (2), au lieu de travailler et d'appliquer son programme de 2012) lui permettra de gagner la primaire de l'UMP les Républicains, et donc d'être en situation d'être l'adversaire de la droite face au PS. 

Pourtant, dans leur petit jeu, tous les deux, aussi bien François Sarkozy que Nicolas Hollande, ont juste oublié un "petit" détail, les français ne veulent plus d'eux, ni maintenant, ni en 2017 (3), et ce pour plusieurs raisons :

Échec de l'un

Si Sarkozy a perdu en 2012, c'est parce qu'il a été au pouvoir entre 2007 et 2012, et que les français ont donc eu 5 ans pour juger. Et qu'ont-ils vu ? Du socialisme de droite : hausse de la dépense publique, création ou relèvement de 51 taxes et impôts, des milliers de lois votées, parfois contradictoires, certaines liberticides. En outre, en 5 ans, la diplomatie a été brouillonne, et en dépit de la gestion unanimement reconnue de la crise géorgienne ou de la présidence française de l'UE, les français n'ont pas compris où Sarkozy voulait emmener la France. Il faut dire que quand on essaie de trouver un point d'équilibre entre Henri Guaino et Christine Lagarde, c'est mission impossible. 
Même sur les domaines sur lesquels Sarkozy se présentait comme étant un champion, la sécurité par exemple, l'échec était patent.
On peut donc clairement parler d'échec de Sarkozy. Et qu'il ne vienne pas nous dire que la crise de 2009 explique pourquoi la France a vu sa dette publique exploser et ses dépenses progresser. D'autres pays voisins, comme l'Allemagne, le Royaume Uni, la Pologne, les Pays Bas, la Suisse
ou même l'Espagne ont su faire des efforts et s'abstenir de se demander ce qu'auraient fait Keynes, Jaurès ou Marx.

Mensonges de l'autre

Hollande, le maire de Tulle, le secrétaire général du Parti Socialiste, n'était pas le candidat préféré du PS. Ses camarades et "amis" Fabius, Royal, Valls ou Aubry le tenaient en piètre estime ("il ne fout rien", "c'est flou, il y a un loup", "qu'a t-il fait en 30 ans"). Mais à la faveur des événements, il est quand même devenu le candidat de la gauche. Et qu'a t-il fait, pendant sa campagne ? Il a menti. Il a d'abord menti à la gauche, en affirmant que la finance était son ennemie, pendant que le trésorier de campagne gérait ses investissements aux Caïmans. 
Il a ensuite menti aux français, leur promettant un pays apaisé, alors qu'il rendait hommage aux communistes, préparait le mariage pour tous ou avait en tête des lois liberticides (Loi Renseignement). Il a aussi menti en affirmant qu'il allait tourner la page du bling bling et du sarkozysme. 3 ans plus tard, on sait ce qu'il en est. Une actrice se sert de l'Elysée pour ses rendez-vous professionnels, la Lanterne a bien été annexée par le locataire de l'Elysée, qui se sert de Air Sarko One pour voyager, quand il ne se rend pas dans des restos hors de prix à coté duquel le Fouquet's est un kebab de quartier. Quand au changement, on repassera : non seulement la France est toujours dans l'OTAN, mais le chef de l'Etat est tout simplement celui qui aura lancé les armées françaises dans un nombre record de pays. Coté économie, nul besoin de commenter, entre la courbe du chômage pas inversée, ou la croissance atone en dépit du fameux "alignement des planètes". 

Incompétence des deux

Il apparaît clairement que tant Hollande que Sarkozy se montrent donc incapables d'affronter le réel (la France dépense trop d'argent, il faut réduire la dépense publique). Ils se montrent également peu désireux de répondre à l'idéal de liberté des français, qui veulent de plus en plus que l'Etat leur fiche la paix, tout simplement. Enfin, dans le cadre de l’exécution de leur politique, pour peu qu'on admettent qu'ils croient à leur promesses, les deux ont souffert d'un problème de cohérence de majorité.
Division de leurs camps

Comment peut-on trouver dans le même parti Nadine Morano et Philippe Douste-Blazy ? Benoit Hamon et Malek Boutih ? Henri Guaino et Hervé Novelli ? Martine Aubry et Christophe Caresche ? Tant que, pour des raisons d'allégeance tactique à une écurie présidentielle, conséquence directe de la prééminence du chef de l'Etat en France, des politiciens choisiront de travailler pour les partis politiques dont ils ne partagent pas les valeurs, comment voulez-vous que des Présidents de la République, qui doivent. bien s'appuyer sur une majorité, puissent gouverner de manière cohérente ? Notons que cette absence de clarification ne concerne pas que l'UMP Les Républicains ou le Parti Socialiste. On a aussi du mal à voir le rapport entre Marine Le Pen et Marion Maréchal le Pen, ou entre les différentes factions de l'extrême gauche. 



Mais alors, puisque Hollande et Sarkozy sont nuls, tant du fait de leurs qualités propres que du fait du système politique, qui pour 2017 ? 
Soit on se place dans la perspective de la pertinence de ce duel hors sujet, soit on la rejette. Dans le premier cas, les candidats ne manquent pas. A droite, tout n'est pas à rejeter. Malgré son lourd passif en tant que premier ministre pendant 5 ans (création de la soviétique exit tax, par exemple ?), François Fillon a enfin pris conscience de la nécessité d'un choc Thatchérien pour la France. Quand à Hervé Mariton, russophone mais pas Poutinolatre, polytechnicien mais pas pédant, fidèle dans ses valeurs (Plutôt libéral en économie, conservateur sociétalement), il mérite tout simplement de représenter les Républicains, de par sa parfaite adhésion aux valeurs conservatrices. N'oublions pas, également, Christine Lagarde, ou même Valérie Pécresse (adoubée par les élites mondiales). 
Au PS aussi, il y a des personnalités intéressantes et qui méritent de porter les couleurs de leur parti : Bertrand Delanoé, l'ancien maire de Paris, en fait parti, ainsi que Malek Boutih, lui qui a un discours vraiment intéressant, notamment sur la jeunesse et l'entrepreneuriat. Et quid de Daniel Cohn Bendit, s'il arrive à faire oublier les taches de son parcours (c'est pas gagné). 
Plutôt que ce mauvais film, le remake de 2012,  Hollande vs Sarkozy, pourquoi ne pas imaginer un deuxième tour des présidentielles opposant Christine Lagarde à Marine le Pen ? 

Dans le deuxième cas, la France réalise que le poison présidentiel dénature tout le processus politique, comme l'a si bien analysé la journaliste Ghislaine Ottenheimer (4). Une des limites de la Ve République, c'est le fait qu'un seul homme concentre entre ses mains trop. de pouvoirs (de la gestion des affaires internes de son parti à celle de la diplomatie du pays), ce qui relève plus de la monarchie absolue que d'autre chose. 
L'exception culturelle française, c'est que le chef de l'Etat est aussi de facto le chef du gouvernement (tendance accélérée avec le quinquennat), alors que chez nos voisins, par ailleurs très souvent des monarchies constitutionnelles (Belgique, Luxembourg, Pays Bas, Royaume Uni, Suède, Espagne), le souverain n'a que peu de pouvoirs, et le premier ministre gouverne après avoir mené un parti à la victoire aux législatives.
Dans ce deuxième cas, il y a plusieurs options. La plus radicale serait que nous devenions à nouveau une monarchie. Les modalités pratiques d'un tel changement (approbation de la modification de la Constitution), sans parler de la querelle dynastique entre les Orleanistes et les Légitimistes, rendent l'idée peu réalise. L'autre option serait que les français cessent d'adhérer à l'idée d'un ou d'une président(e) de la République omnipotent pour qui l'élection au suffrage universel direct équivaut au Sacre de Reims. Dès lors, les français pourraient se tourner vers des personnalités centristes pour qui l'objectif n'est pas l’accaparement de tous les pouvoirs mais au contraire le respect du principe de subsidiarité, la recherche de la proportionnelle au parlement et la quête d'un équilibre entre des régions fortes et une Europe fédéralisée. Des personnalités. comme Hervé Morin, François Bayrou ou Sylvie Goulard sont en mesure de porter un tel projet.


On dit souvent que les peuples ont les politiciens qu'ils méritent. Dans un cadre malgré tout démocratique, comme celui de la France, c'est donc d'autant plus vrai. En effet, ni Hollande ni Sarkozy ne sont tombé du ciel. Il y a bien eu des gens pour voter pour eux, à un moment. La première étape, pour éviter un Hollande vs Sarkozy en 2017, est donc de récupérer le pouvoir que nous avons abandonné au politique. 






lundi 3 août 2015

Les socialistes auront tout de même mis 34 ans pour passer de 1981 à 1984

610 retweets pour cette excellente analyse qui dit tout



Franchement,n'est-il pas comique de constater que, alors que nos politiciens, tout particulièrement ceux de gauche (mais la droite, c'est pareil) vantent la retraite par répartition à 60 ans ou après 40 ans de carrière, nous avons au pouvoir :


  • François Hollande, 60 ans, déjà à l'Elysée en 1981
  • Laurent Fabius, 68 ans, déjà 1er ministre en 1984
  • Ségolène Royal, 61 ans, déjà à l'Elysée en 1981
  • Anne Hidalgo, 56 ans, qui cumule son emploi de maire de la capitale avec sa retraite (1)
  • Jean-Yves le Drian, 68 ans ...

Plus triste est le fait que la gauche, celle qui combattait la Hadopi ou l'extension du champ d'application du secret défense, a fait adopté non seulement la dernière LPM mais aussi et surtout la Loi Renseignement, que même le Conseil Constitutionnel n'aura pas bloqué (2). 

Comment en avons-pu arriver au fait que le pays des Droits de l'Homme soit maintenant critiqué par un grand nombre d'associations  (3) (Ligue des droits de l'Homme, Amnesty International, Reporters sans frontières, Syndicat de la magistrature, Quadrature du Net...), mais aussi par l'ONU (4) ? 

Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas que le Parti Socialiste vient de valider la mise en place d'une loi qui ridiculise le contrôle que la RDA ou l'URSS avaient sur leurs populations
Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas que, alors que les Etats-Unis reviennent enfin sur le Patriot Act, notamment du fait des activistes libertariens comme Rand Paul (5), la France, qui donne des leçons de démocratie  au monde entier, se dote d'une législation qui légalise des pratiques autrefois illégales. 
Nous ne pourrons pas dire, quand l'amalgame entre mouvements sociaux, contestation de la politique du gouvernement et terrorisme sera effectué, que nous ne pouvions pas deviner que la restriction de la liberté d'expression concernerait bien plus que les bad guys officiels identifiés comme tels par le gouvernement. 

Mais qui a bien pu mettre dans la tête de ces politiciens ultra étatistes, de gauche comme de droite, que 1984 de George Orwell, devait être pris pour un manuel d'instruction ? 




(2) Liberté, libertés chéries Loi renseignement : "Filtrer le moustique et laisser passer le chameau" 24 juillet 2015
(5) The Economist Rand Paul's libertarian street cred 1er juin 2015
(6) Wikiberal 1984 

mardi 28 juillet 2015

Au vu des chiffres du chômage, Hollande devrait démissionner

Comment le président Hollande peut-il envisager si, en ce qui concerne la prochaine présidentielle en 2017, il y a encore matière à réflexion ?
En ce qui concerne sa candidature, les choses sont claires : il ne devrait même plus y penser ! Explications.

Souvenons-nous. Lors du débat du 2 mai 2012, le candidat Hollande avait reproché, à juste titre, à l'ancien président de la République, de se trouver des excuses (La crise, m'sieurs dames !) pour expliquer pourquoi il n'avait pas fait baissé le chômage :

«Avec vous c'est très simple, ce n'est jamais de votre faute , vous avez toujours un bouc-émissaire», accuse François Hollande qui charge le bilan de Nicolas Sarkozy en matière de chômage. (1)


Une fois élu, pour en finir avec le sarkozysme (guerres de l'OTAN, bling bling, échec en économie, scandales politico-financiers), le président Hollande avait fait une promesse très claire, le 9 septembre 2012 : "inverser la courbe "d'ici un an" (2).
Cette promesse a été réitérée le 3, le 21 et le 31 décembre 2012, puis le 23 février et le 3 mai 2013.

Mieux : le 6 novembre 2014, le Président Hollande disait qu'à moins d'une baisse du chômage, il ne se représenterait pas.


Preuve s'il en fallait du fait qu'il croyait (?) en ses propos ?

Nous sommes en Juillet 2015. Pour les guerres de l'OTAN, c'est raté, la France est engagée sur un nombre record de théatres d'opérations, sans que cela ne fasse l'objet du moindre débat au parlement, alors qu'il y a 7 ans, Hollande déposait des motions de censure contre la politique de son prédécesseur en la matière (3).
Pour le bling bling, n'en parlons pas. La Lanterne est désormais un squatt présidentiel (4), Air Sarko One tourne à plein régime au lieu d'avoir été revendu (5), l'Elysée, un bâtiment public, sert toujours à régler des affaires privées (6),
Les scandales politico-financiers ? Ils seront la marque de fabrique du quinquennat. Faut-il rappeler Cahuzac, Andrieux, Guerini, Augier ou Morelle ? 

Mais en matière d'économie, et plus particulièrement sur le chômage, les chiffres sont encore plus implacables. 
Il y avait 2,9 millions de chômeurs catégorie A en France en mai 2012, il y en a actuellement 3,5 millions, toujours en catégorie A (6 millions toutes catégories confondues) et ce malgré les radiations de Pole Emploi ou malgré les révisions des méthodes de calcul (7). 


Autrement dit, il n'y a pas d'inversion de la courbe, et à moins qu'au moins 600 000 emplois soient crées en France d'ici à 2017, il n'y aura toujours pas d'inversion de la courbe.

Dans ce contexte, comment le président Hollande peut-il avoir l'outrecuidance de penser qu'il pourrait être candidat à la présidentielle de 2017 (8) ?
On se rappelle ce que disaient les socialistes avant 2012, un peu à l'image de ce tweet de Ségolène Royal.




Puisque la France n'est ni présidée, ni gouvernée, peut être que celles et ceux qui jouent aux ministres et au président de la république devraient démissionner ?





dimanche 12 juillet 2015

A propos de la deutsch-französische Freundschaft ...

Grande nouvelle ! L'Union Européenne a perdu 25 membres ! Il n'y en a plus que 3 : la France la Grèce et l'Allemagne !
Pourtant, il parait que nous sommes 28 au sein de l'Union Européenne.


Mais comme certains l'ont oublié, alors ils en profitent pour réduire le problème Grec à un problème Allemand, et pire encore, à un problème Merkel.

Ce faisant, ils oublient plusieurs petites choses.

D'une part, la chancelière Angela Merkel n'est pas à la Bundesrepublik Deutschland ce que François Hollande est à la République Française.
En Allemagne, Merkel doit non seulement tenir compte de l'avis des allemands, mais aussi de celui de ses différents partenaires politiques. D'ailleurs, qui peut parler de la position des allemands, alors que, manifestement, Schauble pour ne citer que lui, a un avis bien plus tranché sur la question ?

D'autre part, si la Grèce quittait l'Euro, elle ne quitterait pas l'Union Européenne pour autant : les 28 membres de l'UE ne sont pas tous membres de l'eurozone (pensons à la Suède ou au Royaume Uni par exemple);
D'ailleurs, tous les pays Européens ne sont pas membres de l'UE tout court (Suisse ?)



A ce sujet, n'est-il pas bluffant de de constater que ceux qui appelaient à voter non au TCE en 2005 (c'est à dire : non à l'approfondissement avant l'élargissement) sont maintenant parmi ceux qui défendent à tout prix le maintien de la Grèce dans l'eurozone ?

Enfin, ceux qui pensent que le président Hollande doit à la fois préserver l'appartenance de la Grèce au coeur de l'ensemble des institutions de l'UE et l'amitié franco-allemande feraient mieux de comprendre que les allemands, manifestement, ne mélangent pas amitié et travail. Mais force est de constater qu'ils ne sont pas seuls.




Peut-etre que les méchants Allemands n'ont pas le bon ton.
Mais ils soulèvent une vraie question : si les Grecs veulent de l'autonomie budgétaire totale (liberté au niveau national), pourquoi veulent-ils s’embêter avec l'euro, un instrument monétaire (imparfaitement) fédéral ?
Comme le dit le Duffl'UE est une construction bancale qui hésite éternellement entre une Europe des Nations et un super état empire. 
Il est temps de choisir, et ce n'est pas qu'une question d'amitié franco-allemande !
Jamais le président Hollande ne nous a dit si il était prêt à sortir de l'Europe des Nations pour transférer les budgets de la défense et de la diplomatie à Bruxelles, par exemple.

samedi 6 juin 2015

Il y a un an, Hollande recevait Poutine sur les plages de Normandie pour le #DDay70 ...

Aujourd'hui, c'est le 6 juin, et comme tous les ans, nous nous souvenons du sacrifice des jeunes soldats anglo-américains (ainsi que de la poignée de français, de polonais, de néerlandais) qui sont venus libérer la France du joug de la Wehrmacht et du Parti National Socialiste Ouvrier allemand. 
Mais, souvenez-vous, il y a un an. A l'occasion du DD70, et parce que Hollande se voyait en faiseur de paix, le président de la fédération de Russie, Vladimir Poutine, était invité à Omaha Beach.
Le message du Président Hollande était multiple, et pour d'obscurs motifs diplomatico-médiatiques, François Hollande avait réussi à embrouiller un message pourtant limpide à la base : les Français remercient les Anglo-Américains d’avoir combattu les nazis en Normandie (1).

Qu'est ce que Poutine faisait en Normandie ? Les soviétiques avaient-ils débarqué, il y a 70 ans, à Juno, Omaha, Utah et Sword ?

Et surtout, un an après, quel est le bilan ? Le voici :

  • une guerre diplomatique oppose la France et l'UE à la Russie (2)
  • nous devons plusieurs milliards d'euros à la Russie pour cause de non livraison de matériel militaire (3)
  • des agriculteurs et industriels français qui misaient sur le marché russe sont en difficulté
Bravo, brillant !

En réalité et au delà de l'ironie, ce qui est en cause, ce sont les hésitations du président Hollande en matière diplomatique, ou plus exactement les décisions contradictoires prises depuis 2012 (4). 

Les médias n'y reviennent plus, mais ne peut-on pas s'étonner du fait que Hollande, qui a aussi été battu en réaction au supposé atlantisme de Sarkozy,s'est en réalité révélé être le président qui aura lancé l'armée française dans le plus de guerres aux cotés ou au nom de l'OTAN ? Comment se fait-il que le PS né réagisse même pas à la contradiction qui consiste à déposer une motion de censure contre le retour de la France dans le commandement intégré de l'OTAN (5), puis, parce qu'au pouvoir, poursuit la politique Sarkozyste ? 

Hollande a, jusqu'à présent en tout cas, raté le quinquennat en matière d'économie (notamment, absence d'inversion de la courbe ...). Moi Président aura également échoué à ramener de la morale en politique (Cahuzac, Morelle, trésorier actif aux Bermudes, etc). Il n'aura même pas réussi à sortir de la peopolisation et du bling bling (la Lanterne ? Trierweiler ? Le scooter ? Air Sarko One ? Les jets privés pour aller voter). Il aura divisé la France avec sa politique sociétale controversée et incohérente. 

Mais on pourrait encore admettre tout cela si celui qui voulait "redresser la France" avait au moins un minimum de cohérence en matière de défense et de diplomatie. L'évolution de la relation franco-russe tend à prouver qu'il n'en est rien. On dit souvent que la crise que traverse la France n'est pas qu'économique, mais qu'elle serait liée à un manque de cap. Le Président Hollande ne contribue pas à rendre la situation plus lisible.