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jeudi 31 décembre 2015

Déchéance de nationalité : victoire de l'extrême droite avec Hollande ?

Le bloggeur Hervé Torchet (1) fait une excellente analyse de la "dérive" de François Hollande, qui a commencé avec l'usage du terme, autrefois lepéniste, de français de souche (2), et qui se poursuit aujourd'hui avec le débat sur la déchéance de nationalité (3), débat qui, rappelle Daniel Cohn-Bendit, fait dire n'importe quoi au premier ministre de la république française (4). Tant pis si cet activisme gouvernemental masque l'absence de vraie stratégie contre le risque terroristee, risque qui, au passage, menace en réalité moins que les risques d'accident de la route, les coups mortels portés aux femmes battues ou les accidents domestiques.

A dire vrai, il n'y a aucune surprise à cette dérive des socialistes (5). Le socialisme n'est cohérent que dans un cadre national, même si, pour parvenir à survivre, le socialisme est bien content que l'étranger nous fasse profiter de taux d'intérêts bas, de produits low cost Made in Asia ou de travailleurs à bas coûts, rappelez-vous les travailleurs détachés du congrès du PS.

Non, il n'y a pas de surprise, car le PS nous a répété pendant des années, au sujet de Marine le Pen "tel père, telle fille". Si on accepte une telle assertion, comment Hollande, et d'autres membres du PS, peuvent-ils échapper au "tel père, tel fils" ? Le père de Hollande n'était pas qu'acquis aux idées d’extrême droite. Il les a soutenu jusqu'à se présenter à des élections. Il faut croire que son fils a retenu la leçon, et les a habillé de la robe de la technocratie énarchienne ? 

Quelque soit l'origine de cette dérive, toujours est-il qu'elle est à combattre, puisque lutter contre l'extrême droite, c'est lutter contre les gens d'extrême droite, mais aussi et surtout contre leurs idées.Peu importe que l'état d'urgence soit mis en oeuvre par Marine le Pen ou par Manuel Valls. C'est la restriction des libertés publiques qui importe, pas le commanditaire. 

Sur ce constat sombre d'une - pauvre - France au mains d'un pouvoir détestable pour encore au moins 1 an et demi, sauf miracle, bonne Saint Sylvestre !



(1) Jour pour jour Hollande ne veut que des "Français de souche" 26 décembre 2015
(5) Le Parisien Libéral La logique dérive nationaliste du Parti Socialiste 24 février 2015

lundi 2 novembre 2015

Unité de facade de la gauche parisienne

Il y a quand même quelque chose de curieux à présenter comme évident une union entre le Parti Socialiste, l'extrême gauche (PCF, Front de Gauche et autres) et les écologistes. 
Il parait qu'ils ont des valeurs communes ...
Pourtant, rien n'est moins sur. 

Prenez le conseil municipal du XVIIIeme arrondissement, ce soir. Au menu du jour, le stade Championnet, du coté de la Porte de Saint Ouen. 
Cela fait des mois qu'un collectif appelé "pas touche le stade" se bat pour en empêcher la transformation en logements (1).

C'est ça aussi, l'alliance gauche - extrême gauche (bien réelle, elle, à l'inverse de l'union fantasmée entre l'UMP-Les Républicains et le Front National) : on est élus donc on déroule le rouleau compresseur, peu importe les revendications des citoyens, de Championnet à Roland Garros. 

Dans ce contexte, EELV fait entendre sa différence. Une élue locale Europe Ecologie les Verts, Douchka Mir Markovic, n'est tout simplement pas d'accord avec la vision des communistes en terme de densification d'un arrondissement et d'une zone déjà très peuplée.



Que veulent les communistes ? Bétonner, et construire des logements (HLM, on parie). Il faut croire que 80 ans de soviétisme et l'impact que cela a eu sur l'état écologique de l'URSS ne leur a pas suffit. 

A l'heure de la COP21, si la droite se donnait la peine d'ouvrir les yeux, elle réaliserait que l'écologie pourrait être la vraie base du conservatisme (au sens positif du terme). Il n'y a qu'à voir la plateforme éléctorale de l'élu local londonien Zac Goldsmith. 
En tout cas, il n'y a vraiment rien d'inscrit au fait que l'ont trouve des écologistes uniquement aux cotés de la gauche, et un certain nombre de dossiers locaux parisiens (3) le prouve. Et il en revanche honteux que la majorité socialiste parisienne accepte de travailler avec les héritiers des régimes totalitaires qui ont généré 100 millions de morts.



Sur le meme sujet 

Contrepoints Tour Triangle, symbole de l’inanité de l’accord PS-Verts à Paris ? 12 novembre 2014


(2) Municipales 2014 à Paris 75018 - Stade Championnet : EELV pas d'accord avec la position du PCF 2 novembre 2015
(3) EELV Paris Manifestation aux Serres d'Auteuil  21 mars 2015 

dimanche 1 novembre 2015

Valls colistier de Bartolone en Ile de France ?

Comme le rappelle le blogueur l'Hérétique (1), qui a fait l'effort d'analyser le programme de Valérie Pécresse (UMP-les Républicains) et de Claude Bartolone (PS) (2), il y a des élections régionales, dans un peu plus d'un mois, les 6 et 13 décembre 2015. 
Les nombreux étrangers qui viendront en France à l'occasion du sommet de la COP 21 (du 30 novembre au 11 décembre 2015) pourront prendre une leçon de démocratie. 

Enfin, nombreux étrangers, pas forcément tant que ça. Il parait que le gouvernement craint à la fois l'immigration de gens venus des pays du sud (3), et les attaques de Black Bloc , et du coup, on va limiter la délivrance de visa et rétablir les contrôles aux frontières (4) en suspendant la libre-circulation des citoyens de l’Union européenne. Maudits étrangers (5) ! A croire que c'est le parti dont il ne faut pas prononcer le nom qui pourrait avoir raison !

Quand à la leçon de démocratie, peut-être que les visiteurs seront un peu chagrinés par le mélange des genres pratiqué du niveau gouvernemental. 

En effet, quand Manuel Valls fait des propositions pour l'Ile-de-France, dans le respect de tradition planificatrice de la classe politique actuelle, quand il propose de créer 6 quartiers sur le modèle de la Défense, que fait le premier ministre, si ce n'est être le candidat surprise d'Ile-de-France, comme le dénonce le Parti Libéral Démocrate (6) ?



Question : est ce que les interventions du gouvernement vont être ajoutées au compte de campagne des candidats PS en région, à commencer par ceux de Claude Bartolone, qui fait lui-même campagne en utilisant les moyens de l'Assemblée Nationale (7) ? 

Quand est-ce que les socialistes vont enfin mettre en cohérence leurs propos et leurs pratiques ? Manuel Valls va t-il cesser de faire ce que le PS dénonçait en 2010, quand Pécresse était ministre ? Et Claude Bartolone, qui confond la station de RER Auber et la ville d'Aubervilliers, va-t-il enfin aller sur le site ratp.fr pour réaliser qu'il peut se rendre de son luxueux logement des Lilas (8) aux studios de BFM TV, Porte de Versailles, en métro (en 50 mn) ?  
C'est là où il comprendra que l'avenir, ce n'est certainement pas plus de transports en commun (on ne pourra de toutes façons jamais mettre une station de métro au pied de l'immeuble de chaque francilien), mais au contraire la fin annoncée des transports publics en Ile-de-France ? 



(2) L'Hérétique Transports et environnement : Bartolone-Pécresse 30 octobre 2015
(6) Parti Libéral Démocrate Manuel Valls candidat surprise d'Ile-de-France ? | 16 octobre 2015
(9) Le Huffington Post La fin annoncée des transports publics en Ile-de-France 20 octobre 2015

lundi 26 octobre 2015

Les "contraintes" du budget 2016 de la ville de Paris

Le conseil municipal de Paris discute du budget 2016, et Anne Hidalgo, pour préparer ses électeurs à des lendemains qui déchantent, a envoyé le message suivant : "La situation dans laquelle s’élabore le budget pour 2016 est marquée par des contraintes inédites". Ce message est accompagné de l'infographie suivante :



On croit rêver ! Anne Hidalgo dénonce la "baisse sans précédent des dotations de l'Etat".

Est-ce qu'on parle de la maire socialiste de Paris qui a codirigé avec Bertrand Delanoé la ville, et a donc accepté, non seulement de manière générale le bilan de 12 ans de mandature (2001-2013), mais aussi plus précisément la décision de renoncer à la dette de l'Etat envers la ville de Paris ? (1)
Qu'est devenu le milliard d'euros des parisiens réclamé au gouvernement ? Anne Hidalgo et Bertrand Delanoé n'ont-ils pas explicitement subordonné une dette à une couleur gouvernementale ? 

Qui plus est, cette semaine, on a appris que non seulement, depuis la fin de l'ère Tiberi, l'enveloppe des subventions accordées aux associations a explosé de plus de 60 %, mais qu'en plus, Hidalgo a ainsi distribué 242 millions d'euros en 2014 et 246 millions en 2015 (2). 

Est-ce qu'on parle bien de la ville a qui il manquait 400 millions d'euros pour boucler le budget 2015 (3), et a qui il manque toujours 400 millions en 2016 ? 

Les parisiens ne pourront pas dire qu'ils n'étaient pas au courant. Aurélien Véron, le président du Parti Libéral Démocrate, les avaient prévenu du fait que les finances de la ville étaient en danger (4), contrairement à ce qu'affirmait le pourtant sérieux Institut Montaigne. Les parisiens avaient aussi à disposition les analyses Serge Federbusch, qui note depuis des années que le budget de la ville de Paris, structurellement plombé par le clientélisme immobilier de la mairie, ne repose que sur la bulle immobilière et ses droits de mutations (5). Cette analyse est d'ailleurs corroborée par d'autres observateurs, comme le blogueur Social Nec Mergitur (6). 

N'est ce pas comique ? Afin de lutter contre les baisses de dotations de l'Etat, conséquence directe des besoins croissants de l'Etat en argent public (qui découlent directement de la politique socialiste menée), la majorité parisienne, socialiste, se transforme en promoteur immobilier qui spécule. C'est en effet la dernière option avant la hausse de toutes les taxes possibles, et la baisse des prestations de services publics qui seront rendus. 

Tout en se gardant bien de tomber dans l'anti socialisme primaire, force est de constater qu'avec le socialisme, c'est toujours la même histoire : il fonctionne tant que le mur de la réalité n'est pas percuté de plein fouet. Les excuses, c'est bie, même si il faut aller les chercher du coté du gouvernement duquel on est censé être solidaire, mais assumer sa politique, c'est mieux !
Alors, du coup, anecdotiquement, la ville de Paris va t-elle renoncer à dépenser 60 millions d'euros uniquement pour sa candidature aux JO 2024 ? Et sur le fond, va t-elle abandonner son objectif de soviétisation du parc immobilier ? 




(4) Les Echos Paris, finances en danger, par Aurélien Véron 17 décembre 2013

mardi 20 octobre 2015

Militant socialiste, révolte toi !

Militant socialiste, 

comment peux tu accepter cette mascarade qui a tenu lieu de référendum, dont l'objet était " l’unité de la gauche et des écologistes aux élections régionales " (1)  ? 

Ton très controversé chef explique que si le PS et EELV rompent le contrat de gouvernement qui les lie au niveau régional aussi bien que national, c'est "la porte ouverte à la droite, voire au FN". 

Comment peux tu accepter de te faire traiter de la sorte ? 

Revenons à la source des problèmes, l'élection de François Hollande à la présidentielle en 2012. De cet anachronisme (nous sommes l'un des rares pays d'Europe à élire au suffrage universel direct pour le chef de l'Etat et non pas juste le gouvernement) est né le malaise que tu ne dois pas manquer de ressentir. 
En effet, comme le vil camelot de foire qui lui servait de concurrent au 2eme tour, Hollande a fait assaut de démagogie pour être élu, y compris avec des voix extrémistes. Ce faisant, il a fait trois erreurs impardonnables :
  • (se) mentir sur situation budgétaire et financière de l'Etat 
  • tenter, lors de la campagne, de réconcilier les valeurs de gauche ("sociale démocrate) et de l'extrême gauche anti libérale et anti capitaliste
  • faire des promesses qu'il n'avait pas l'intention de tenir. 
En effet, qui peut croire que l'ancien chef de l'opposition (dirigeant du PS, un des principaux partis politiques de France), une personne à la formation de top niveau (Sciences Po, HEC, ENA) dont le cv ne pouvait que l'amener à la connaissance du pays (Cour des comptes, député) n'était pas au courant, d'une part, en 2012, de la dureté de la crise économique qui sévissait, et, d'autre part, de la réalité des finances de l'Etat, des collectivités locales et du système de Sécurité Sociale ? François Hollande ne lisait-il pas les journaux ? Les rapports de la Cour des Comptes ? 
Et comment une personne qui croit (à tort) au rôle de l'Etat peut-elle reprocher à son prédécesseur d'avoir endetté la France alors que la politique menée entre 2007 et 2012 était parfaitement socialiste, interventionniste et keynésienne ? Plutôt que de réduire la dépense publique et de diminuer le rôle de l'Etat, la précédente majorité, socialiste de droite, a préféré "préserver le modèle social français". D'ailleurs, Martine Aubry l'a reconnu, elle n'aurait pas fait autrement, elle aurait fait plus. 

En plus de vouloir cacher la réalité des chiffres, Hollande a commis une deuxième erreur inacceptable (en tout cas, du point de vue démocrate), tenter de faire croire que puisque son adversaire au deuxième tour glissait vers l'extrême droite, lui pouvait glisser vers l'extrême gauche. Comment, en effet, analyser le discours du Bourget et son très populiste appel à "lutter contre la finance sans visage", elle qui permet pourtant à la France de maintenir son niveau de vie ? Comment comprendre cet hommage aux valeurs communistes (2), alors qu'elles ont généré 100 millions de morts ? Si Sarkozy a bien entendu le discours Maurrassien, il s'est abstenu de rendre hommage aux valeurs du national socialisme (En admettant qu'il y ait un point commun entre le maurrassisme et le nazisme, ce qui n'a rien d'évident).
De plus, cette concession aux valeurs de l'extrême gauche n'est pas qu'un problème purement moral. Elle a aussi une conséquence très pratique : la déception, et la colère qui va avec, d'Air France au referendum de "la vraie gauche".

Enfin, Hollande a fait des promesses catégorielles qu'il n'avait manifestement pas l'intention de tenir, alors qu'il en avait les moyens. En ce qui concerne l'économie, chacun comprendra que Hollande a menti de bonne foi, en regardant droit dans les yeux ses électeurs moins informés que lui, et qui pensent que le président de la république peut appuyer sur un bouton pour réduire le chômage. Mais le droit de vote des étrangers ? La proportionnelle ? L'arrêt des contrôles de police au faciès ? La fermeture de Fessenheim ? Toutes ces promesses, Hollande aurait pu les tenir dans les premiers mois de son mandat, quand il avait la majorité et au Sénat et à l'Assemblée Nationale. Hollande ne peut pas accuser l'opposition (elle n'a pas de pouvoirs) ou les frondeurs (ils n'existaient pas en 2012) ou même l'opposition interne au PS (elle a été réduite au silence pendant le mariage pour tous).

Cambadélis dit : il ne faut pas confondre le sujet des régionales 2015 avec celui de la critique du gouvernement. 
Soit.
Alors parlons des sujets locaux !

Quand Anne Hidalgo achète des bus diesel, il est où, le respect du contrat entre le PS et EELV ?
Quand Bernard Cazeneuve autorise une opération de police, boulevard de la Chapelle, digne de la droite de 1997, elle est où, la cohérence avec la critique systématique de la politique du RPR-UMP-LR par la gauche avant 2012 ?
Quand Manuel Valls décide, contre l'avis des riverains concernés, y compris une de ses ministres, de l'extension de Roland Garros, elle est où, la démocratie participative et renouvelée ?
Quand la municipalité socialiste accentue son programme de vidéo surveillance de la capitale, il est où le respect de la vie privée ?
Quand la ministre de la justice ferme les yeux sur les bavures policières à Saint Denis ou dans le Xeme, elle est où l'exemplarité ?

Militant socialiste, réveille toi !
Tu es en train de soutenir un gouvernement qui a fait voter la Loi Renseignement, loi qui a été dénoncé par la Ligue des Droits de l'Homme, Amnesty, les avocats, un des syndicats de la police et bien d'autres organisations.
Tu acceptes qu'un député parle en ton nom en approuvant la nouvelle doctrine française d’exécutions extra judiciaires, pratique inaugurée par Bush et amplifiée par Obama.

Au delà des magouilles politiciennes et des petits calculs, Europe Ecologie Les Verts a doublement raison de vouloir se présenter seul aux régionales face au PS : d'une part, nous ne sommes pas dans un pays de parti unique, et d'autre part, le compte n'y est pas, avec le PS, qui n'affiche guère de différences avec Les Républicains.

Maintenant, puisque les Régionales 2015 sont l'occasion de lancer un débat plus large que le rôle des régions (3), pourquoi ne pas t'intéresser, non pas aux étiquettes, mais aux programmes, comme celui d'Aux Actes Citoyens, par exemple ? Et pourquoi, également, ne pas se demander si les nouvelles régions, qui ne correspondent à rien, seront vraiment des sources d'économie ? 



(1) Le blog de Nathalie MP PS : Cambadélis et son référendum de pacotille 17 octobre 2015
(2) Libertarien TV François Hollande rend hommage au communisme
(3) L'Hérétique Régionales en île de France : vous y comprenez quelque chose, vous ? 16 octobre 2015
(4) Parti Libéral Démocrate Aux actes citoyens 30 septembre 2015

mardi 28 juillet 2015

Au vu des chiffres du chômage, Hollande devrait démissionner

Comment le président Hollande peut-il envisager si, en ce qui concerne la prochaine présidentielle en 2017, il y a encore matière à réflexion ?
En ce qui concerne sa candidature, les choses sont claires : il ne devrait même plus y penser ! Explications.

Souvenons-nous. Lors du débat du 2 mai 2012, le candidat Hollande avait reproché, à juste titre, à l'ancien président de la République, de se trouver des excuses (La crise, m'sieurs dames !) pour expliquer pourquoi il n'avait pas fait baissé le chômage :

«Avec vous c'est très simple, ce n'est jamais de votre faute , vous avez toujours un bouc-émissaire», accuse François Hollande qui charge le bilan de Nicolas Sarkozy en matière de chômage. (1)


Une fois élu, pour en finir avec le sarkozysme (guerres de l'OTAN, bling bling, échec en économie, scandales politico-financiers), le président Hollande avait fait une promesse très claire, le 9 septembre 2012 : "inverser la courbe "d'ici un an" (2).
Cette promesse a été réitérée le 3, le 21 et le 31 décembre 2012, puis le 23 février et le 3 mai 2013.

Mieux : le 6 novembre 2014, le Président Hollande disait qu'à moins d'une baisse du chômage, il ne se représenterait pas.


Preuve s'il en fallait du fait qu'il croyait (?) en ses propos ?

Nous sommes en Juillet 2015. Pour les guerres de l'OTAN, c'est raté, la France est engagée sur un nombre record de théatres d'opérations, sans que cela ne fasse l'objet du moindre débat au parlement, alors qu'il y a 7 ans, Hollande déposait des motions de censure contre la politique de son prédécesseur en la matière (3).
Pour le bling bling, n'en parlons pas. La Lanterne est désormais un squatt présidentiel (4), Air Sarko One tourne à plein régime au lieu d'avoir été revendu (5), l'Elysée, un bâtiment public, sert toujours à régler des affaires privées (6),
Les scandales politico-financiers ? Ils seront la marque de fabrique du quinquennat. Faut-il rappeler Cahuzac, Andrieux, Guerini, Augier ou Morelle ? 

Mais en matière d'économie, et plus particulièrement sur le chômage, les chiffres sont encore plus implacables. 
Il y avait 2,9 millions de chômeurs catégorie A en France en mai 2012, il y en a actuellement 3,5 millions, toujours en catégorie A (6 millions toutes catégories confondues) et ce malgré les radiations de Pole Emploi ou malgré les révisions des méthodes de calcul (7). 


Autrement dit, il n'y a pas d'inversion de la courbe, et à moins qu'au moins 600 000 emplois soient crées en France d'ici à 2017, il n'y aura toujours pas d'inversion de la courbe.

Dans ce contexte, comment le président Hollande peut-il avoir l'outrecuidance de penser qu'il pourrait être candidat à la présidentielle de 2017 (8) ?
On se rappelle ce que disaient les socialistes avant 2012, un peu à l'image de ce tweet de Ségolène Royal.




Puisque la France n'est ni présidée, ni gouvernée, peut être que celles et ceux qui jouent aux ministres et au président de la république devraient démissionner ?





dimanche 7 juin 2015

Fouquet’s, Rolex et Karcher

A votre avis, qui a dit : « la devise de la République est liberté, égalité, fraternité, ce n’est pas Fouquet’s, Rolex, Karcher. » 
C'est Jean-Christophe Cambadélis (1), toujours très intelligent, à l'occasion de son discours de clôture du Congrès du PS à Poitiers.
Est-ce que les militants UMP-Les Républicains réalisent à quel point, en élisant Nicolas Sarkozy à la tête de leur parti, ont fourni au Parti Socialiste la meilleure occasion non seulement de tuer le débat politique, mais aussi de fournir au PS un flot intarissable de propos dénués de fond ? 

Les militants UMP Les Républicains disent "Nicolas Sarkozy nous représente", malgré son bilan catastrophique en tant que président de la république et son manque de consistance idéologique, alors qu'ils pouvaient choisir soit la consistance, la cohérence et la sincérité totalement conservatrice (Hervé Mariton) ou le renouveau plutôt centriste (Bruno Le Maire).
Ils ont surtout oublié que Nicolas Sarkozy traîne une désastreuse une image bling bling qui annihile tout débat de fond. 
Pourtant, en matière de Fouquet’s, Rolex et Karcher, les socialistes de gauche en connaissent un rayon : 
  • François Hollande a son Fouquet's, le Laurent (2). Ce restaurant est au Fouquet's ce qu'un Hippopotamus est au kebab du coin : pas la même catégorie de prix, ni le même standing. 
  • Les montres de prix, les socialistes, frondeurs ou non, connaissent bien. N'était-ce pas Cahuzac qui avait 100 000 euros de montres chez lui (3) ? Et Moscovici, Dray, Jospin ou Fabius, ils ne sont plus socialistes (4) ? 
  • En matière de karcher, il semblerait que même si Tourcoing, Marseille ou la Seine Saint Denis ne sont pas complètement sous contrôle, Valls et Cazeneuve ne se débrouillent pas trop mal contre les Roms ou les sans-papiers (5) ? 


Il n'y a aucune différence majeure sur la politique étatiste, dirigiste et liberticide menée entre les socialistes de droite (2002-2012) et celle à l'oeuvre depuis 2012, et ça, Jean-Christophe Cambadélis ne peut pas l'ignorer. Valls s'est glissé dans les habits de Sarkozy, Cazeneuve a repris les dossier d'Hortefeux, et Sapin est aussi inconséquent que Baroin.




Alors, il attaque sur l'anecdotique, en pratiquant une sorte de racisme social qui ne dit pas son nom, en dénigrant un parvenu. La stratégie est risquée : en procédant de la sorte, Cambadelis rappelle l'ascendance Neuilléenne d'un certain nombre de socialistes de premier plan ou leur membership dans des clubs comme le Siècle.
Etre riche ou de bonne famille comme peut l'être l'actuel président de la République est-il un crime ? Non, assurément, pas plus qu'aimer les bons restaurants, les montres suisses et les nettoyeurs haute pression made in Germany n'est condamnable. 

Cambadelis préfère deviser sur les goûts, plutôt bas de gamme (pour du luxe), de Sarkozy, plutôt que commenter l'usage du pavillon de la Lanterne à Versailles par la copine du président de la République (6) ou les trajets Poitiers-Berlin en jet privé pour aller voir un match de foot (7). C'est son choix. Pas sur que cela relève le niveau du débat politique en France, surtout à un moment où nos libertés sont menacées, comme le rappelait encore ce soir le bâtonnier de Paris. 







(2) Contrepoints François Hollande a son Fouquet’s 30 avril 2012

vendredi 5 juin 2015

Roland Garros, ou la vision de la démocratie, par Manuel Valls et Anne Hidalgo

Roland Garros est bientôt fini, la productivité va pouvoir remonter ! :-)
Enfin, bientôt fini, pas exactement.

Comme dirait Alexandre Gady, le président de la Société pour la protection des paysages et de l'esthétique de la France, «C'est la guerre!» (1).

Voyez plutôt !



Qu'est-ce qui rend la maire de Paris, le maire du Xeme, le maire du IIIeme et le président de l'Assemblée Nationale si guillerets ?

Ils se sont rendus à Roland Garros, et en plus, ils en ont profité pour montrer à Manuel Valls à quel point ils sont content de la décision du gouvernement, prise hier : Le premier ministre va signer les permis d’extension de Roland-Garros sur les Serres d’Auteuil . (2)

Souvenez-vous : le tournoi de Roland Garros a un problème : il dispose d'une surface trop petite (3), et pour pouvoir rester compétitif, il dispose de deux options : s'agrandir ou déménager. Pour le déménagement, apparemment, c'est exclu. La très chic FFT juge que les villes de Gonesse, Evry, Marne la Vallée et même Versailles, oui, Versailles, ne sont pas dignes d'accueillir l'open de France.




C'est le 16eme ou rien (4) !

Quand à l'agrandissement, il y avait, la encore, deux options : une qui consistait à couvrir un bout d'autoroute, la A13, afin de gagner de la surface utile (5), ou d'étendre le stade sur un espace vert voisin et classé, les Serres d'Auteuil.

D'aucuns, à commencer par Anne Hidalgo, maire de Paris, et Manuel Valls, premier ministre, diront : on peut bien sacrifier les Serres d'Auteuil si cela sert le fameux intérêt général, vous savez, celui qui a couvert le pays de lignes TGV déficitaires, et la dette qui va avec.
Mais, en même temps, Anne Hidalgo n'est-elle pas la maire qui a déclaré "nous présentons dès le début de la mandature une somme de mesures destinées à favoriser la participation de nos concitoyens. Parce que les Parisiens ont toute légitimité à prendre part aux débats portant sur l’avenir de leur ville, je veux leur donner les moyens d’une expression libre et élargie. (6)" ? N'est-elle pas la maire qui crie au "recul démocratique" (7) quand  les députés votent, contre son avis, la création de "zones touristiques internationales", en particulier à Paris, où les commerces pourront ouvrir les dimanches et soirs ?

Autrement dit, la démocratie, pour Manuel Valls et Anne Hidalgo, c'est être d'accord avec les décisions déjà actées par la mairie de Paris et l’exécutif ?

C'est à souhaiter que les ZADistes de Notre Dame des Landes plantent leurs tentes Porte d'Auteuil ! Le dialogue fondé sur les arguments de droit et la demande de respect de l'opinion des riverains pèse peu lourd face à la volonté du PS de construire un pôle de sport business dans le sud du XVIeme, en total accord avec la vision jacobine des socialistes, et contre tout bon sens.


Egalement publié sur Contrepoints






vendredi 29 mai 2015

LVMH étend son emprise sur la capitale ?

Des bizarreries qui émaillent la vie politique parisienne, il y en a. Par exemple, on peut citer cette alliance contre-nature entre le Parti Socialiste et Europe Ecologie les Verts (1) , qui a volé en éclat hier (2) avec le vote sur Roland Garros (encore que ce n'était pas une surprise puisque les écolos avaient toujours dit qu'ils n'étaient pas d'accord (3) avec le PS). 

Mais une qui est plus drôle encore, c'est cet amour du PS pour Louis Vuitton Moet Hennessy. 

Vous direz, qu'y a t-il de mal à apprécier un des symboles de l'excellence du luxe à la française et qui, de plus, est non seulement basé à Paris, mais a de plus son histoire profondément inscrite dans le terroir parisien d'hier (4) à aujourd'hui (5) ? Et puis, qui n'aime pas une bonne flûte de champagne, des jolies montres hors de prix, des parfums luxueux ou des fringues exclusives ? 

Le Président Hollande, Bernard Arnault, Anne Hidalgo, Fleur Pellerin
source Pure People

Enfin, le rôle de l’exécutif municipal n'est-il pas d'aider les entreprises présentes sur son territoires, quelles que soient ces entreprises, surtout quand on fait face à une problématique de fuite de sièges sociaux (6) ? 

Alors, qu'y a t-il de mal à voir Anne Hidalgo rester silencieuse sur le projet de rachat du quotidien francilien le Parisien par LVMH, après avoir défendu LVMH sur le dossier la Samaritaine ou accepté une modification des règles d'urbanisme en vigueur dans le bois de Boulogne pour permettre l'installation du (joli et spectaculaire) musée de la fondation Louis Vuitton ? 

La réponse, c'est la distinction entre les principes et le cynisme que la poursuite du but autoriserait. Quand on donne en permanence, comme le fait le Parti Socialiste, des leçons sur tout, sur les riches, sur le bling bling, sur l'ultra libéralisme méga capitaliste qui ravagerait la France (lol ...), peut-on, au nom du but légitime de la localisation des emplois, se permettre ce grand écart entre les mots et les actes ? 
Canal Plus prend avec humour le projet de rapprochement entre le Parisien et LVMH. 

L'Opinion voit même un réel rationale à l'opération (7), notant que ce deal est un mariage publicitaire entre Les Echos (déjà possédé par LVMH) et Le Parisien.  

Mais qui peut raisonnablement penser que le Parisien, une fois dans le groupe LVMH, continuera à parler de la Samaritaine (8), de Sephora ou du deux poids deux mesures quand le PS parle des expatriés fiscaux (9) ? 

Vous direz : si le Parisien n'informe plus, alors cela libérera de la place pour un nouveau média (à créer)  désireux de tenir les parisiens au courant des affaires qui pourraient ou non concerner LVMH, la mairie de Paris ou toute autre institution, et vous auriez raison. Le pluralisme, notamment sur Internet, existe. 

Simplement, il ne faudra plus qu'on vienne nous dire que "les libéraux sont les alliés du grand capital", ce cliché si répandu (10). la vérité c'est que le PS s'en charge bien !





(4) Exponaute Exposition Louis Vuitton et Paris 13 octobre 2010
(5) Ville de Paris Découvrez la Fondation Vuitton 21 mai 2015
(10) Gauche Libérale Les libéraux sont les alliés du grand capital 11 juillet 2010

vendredi 10 avril 2015

Loi Macron, #PJLRenseignement : cette droite qui assume totalement son antilibéralisme

Le libéralisme, c'est quoi ? Le libéralisme est un ensemble de courants de philosophie politique (1) visant à faire reconnaître la primauté des principes de liberté et de responsabilité individuelle sur l'autorité du souverain (que ce souverain soit un monarque ou le peuple). Depuis plusieurs siècles maintenant, le libéralisme a instauré la démocratie, fondée notamment sur le principe de séparation des pouvoirs et l'existence de contre-pouvoirs, et a  rendu possible le développement d'une économie libre, fondée sur les droits de propriété et la concurrence. Quels que soient leurs nuances et leurs débats, les libéraux s'accorderont tous à dire que la base de tout, c'est l'individu, et le respect de ses droits naturels (la liberté, l'égalité, la propriété, la sûreté, la résistance à l'oppression, tous contenus dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen (2)).
Les philosophies étatistes, elles, prônent exactement l'inverse. Elles n'accordent aucune importance à l'individu. Par exemple, pour le socialisme, il n'y a pas d'individus avant tout, il y a d'abord une "société" (3), et pour le national socialisme, la société doit se confondre avec son état, un peu comme quand on explique que la nation française et l'état français, c'est la même chose. 

Depuis 1789, les principes libéraux ont été largement altérés par une progression continue de l'intervetionnisme public, dans toutes les sphères, à tous les niveaux. Mais on aurait pu croire que cet interventionnisme ne serait pas défendu par tous et que le jeu de la démocratie permettrait de présenter sur le spectre politique des opinions alternatives au "toujours plus d'Etat" qui semble si ancré en France. 
Il n'en n'est rien. 
Les médias disent fréquemment que les différents courants de la droite, y compris le Sarkozysme, sont libéraux, et que quand le PS s'éloigne de son extrême gauche pour aller vers le Vallsisme, il devient "social libéral". Mais la encore, il n'en n'est rien. 
Il y a une conséquence fabuleuse au bipartisme qui découle des institutions de la Veme république : les députés se retrouvent à devoir voter contre ce qu'ils pensent. C'est vrai de la gauche, qui se voit obligée de voter des projets de loi en totale contradiction avec le discours du Bourget de François Hollande, par exemple, mais c'est vrai aussi de la droite, qui pinaille sur la loi Macron, mais valide la loi sur le renseignement ...
Mais dans le cas de la droite française, il est vrai que les institutions ne sont pas seules en cause. Elles agissent, en ce qui concerne certains, comme un véritable révélateur de l'antilibéralisme qui anime en réalité l'esprit d'un grand nombre de députés UMP et UDI. Ne parlons même pas du Front National, il est aligné sur son alter ego le Front de Gauche. 

Ainsi, il y a deux gros projets de loi qui devraient, en ce moment, retenir toute notre attention. Ils semblent un peu plus important que les affaires internes à la famille le Pen, ou le fait que telle tenniswoman soit enceinte. 
Le premier de ces projets de lois, c'est le projet de loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques (dit loi Macron) (4). 
Le second de ces projets de lois, c'est le Projet de loi renseignement:
On pourrait ajouter à cette liste le projet de loi santé (dit loi Touraine). 
Ces projets de loi n'ont pas la même philosophie, même s'ils émanent tous d'un gouvernement socialiste. 

Macron souhaite transcrire dans le droit français certaines des conclusions du rapport Attali, celui qui était censé servir de livre de chevet à l'ancien président de la République. Certes, il ne s'agit absolument pas d'un big bang comme aurait pu le faire Margaret Thatcher, mais le Parti Libéral Démocrate (5) aussi bien que Jean-Christophe Fromantin (UDI) (6) l'affirment : c'est un pas dans la bonne direction. 
Alors quand on voit des élus de droite et du centre comme Morin-Desailly, Estrosi ou Huygues amender la loi Macron pour "encadrer le moteur de recherche Google" (7), rejeter la privatisation des aéroports régionaux, être plus à gauche que le gouvernement sur le don du sang (comme si sa libéralisation était un danger (8)) et défendre les professions réglementées (9), on voit bien ce qu'il en est : au delà des postures politiciennes, la droite n'est, à quelques exceptions prêt (Hervé Mariton, Frédéric Lefevre) pas vraiment prête à une révolution libérale. Mention spéciale, dans ce contexte, à leur chef qui se déclare maintenant contre les auto entrepreneurs, pourtant l'une des rares mesures libérales du précédent quinquennat  !
Voila où en est l'UMP : à rejeter une loi qui vise, dans l'ensemble, à commencer à libérer un peu l'économie française de son carcan, elle qui, en 10 ans, n'a su ni réformer les professions réglementées, ni supprimer les 35 h, ni mettre en concurrence la Sécurité Sociale, ni supprimer le code du travail. 

Le socialiste Jean-Jacques Urvoas , rapporteur du projet de loi renseignement, et le ministre de l'intérieur, Bernard Cazeneuve, tous deux membres du PS, sont eux dans une tout autre optique qu'Emmanuel Macron. Le but explicite du projet de loi renseignement (10), un piratage informatique légalisé et généralisé, est de renforcer les moyens d'action des services de renseignement via l'usage d'outils de surveillance, sans l'aval d'un juge, dès lors que cette quête répond « aux intérêts publics suivants » :
  • La sécurité nationale
  • Les intérêts essentiels de la politique étrangère
  • Les intérêts économiques et scientifiques essentiels de la France
  • La prévention du terrorisme
  • La prévention de la reconstitution ou du maintien de groupement dissous
  • La prévention de la criminalité et de la délinquance organisées
  • La prévention des violences collectives de nature à porter gravement atteinte à la paix publique.

Le principe de base de ce projet de loi, c'est que les "honnêtes gens" n'ont rien à cacher, et qu'il faut sacrifier nos libertés au profit de plus de sécurité. 


Ce projet de loi a été dénoncé par un grand nombre d'organisations dont le souci est la protection des droits de l'homme (11): Amnesty International, la Quadrature du Net, Reporters sans frontière, le Syndicat de la Magistrature (!), la ligue des droits de l'homme, la CNIL, Charlie Hebdo. Au niveau politique, le Parti Pirate, le Parti Libéral Démocrate (12), le Parti de Gauche s'opposent aussi à ce projet de loi, mais en revanche, l'UMP, elle, "votera le texte". 



Protéger les libertés civiles, c'est faire de la politique politicienne ?  Étrange raisonnement de la part de quelqu'un qui est obligé de téléphoner sous pseudo avec des mobiles prépayés pour parler à son avocat et qui sait, de par son vécu personnel, que l'Etat use de moyens à la légalité douteuse à des fins politiciennes, notamment en écoutant des conversations entre un avocat et son client.
Nul ne pourra dire qu'il ne savait pas, même les députés UMP. Et les mêmes qui défendent le projet de loi renseignement aujourd'hui, sont aussi ceux qui vont nous parler de cabinet noir ou d'acharnement du public sur la transparence quand leur vie privée sera étalée demain ?

Y a t-il une opposition libérale en France aujourd'hui, qui soutiendrait le gouvernement quand il desserrerait le carcan étatique qui enserre l'économie mais le rappellerait à l'ordre quand ce même gouvernement serait tenté par des mesures liberticides ? En dehors de quelques rares députés qui parfois se distinguent à droite (*), on peut dire que non. L'UMP est totalement alignée sur l'ultra étatisme de la gauche socialiste, celle qui, comme les conservateurs de droite, rejettent la loi Macron mais soutiennent le projet de loi renseignement. Que la presse cesse donc de parler du supposé (ultra) libéralisme de la droite.
En attendant que le Parti Libéral Démocrate ait des élus au Palais Bourbon, nous semblons enfermés dans un dialogue entre étatistes et dirigiste pour qui la libre concurrence et la séparation des pouvoirs ne sont pas des concepts importants. 





(1) Wikilibéral Libéralisme 
(3) Parti Socialiste Nos valeurs
(4) Assemblée Nationale projet de loi pour la croissance et l’activité. 11 décembre 2014
(5) Parti Libéral Démocrate Encourageons Macron à aller plus loin 6 janvier 2015
(6) Jean-Christophe Fromantin Loi Macron : ce n’est pas une révolution mais avançons … 16 février 2015
(8) Le French Libertarien Libéralisation du don du sang 12 février 2015
(9) Sans langue de bois Loi Macron : l'UMP soigne ses professions réglementées 30 janvier 2015
(12) Parti Libéral Démocrate La loi sur le renseignement mettra fin à la vie privée des français 17 mars 2015
(*) Si ce n'est déjà fait, suivez et encouragez Laure de la Raudière sur Twitter et  Facebook.

lundi 10 novembre 2014

Tour Triangle (75015) : symbole de l'inanité de l'accord PS-EELV à Paris ?

Les électeurs qui ont tenté de comprendre quelque chose à la campagne des municipales Paris 2014 avaient bien remarqué quelque chose : la sortante Anne Hidalgo, au pouvoir aux cotés de Bertrand Delanoé depuis 2001, était opposée à tout une série d'opposants, de l'extrême droite non résidente à Paris (Wallerand de Sant Just) à l'extrême gauche (Danielle Simonnet), en passant par NKM, les centristes (Christian Saint-Etienne) et les écolos (Christophe Najdovski).
Or, au vu de la campagne et des amabilités que s'étaient échangées les militants socialistes et les écologistes durant des mois, il était apparu pour le moins étrange qu'Hidalgo et Najdovski parviennent, quelques heures après la fin du premier tour, à un accord de fusions de listes entre le PS et EELV (1). Les points de désaccords fondamentaux ou de frictions étaient en effet nombreux : le tram sur les berges de Seine, le péage urbain, la lutte contre les particules fines (2) ...  la question de la Tour Triangle n'était pas la moindre. D'ailleurs, l'allié écolo d'Anne Hidalgo n'a jamais caché sa position sur la Tour Triangle (3), position qui n'a jamais variée chez les écolos parisiens (4)

La Tour Triangle, c'est ce projet architectural qui vise à construire, Porte de Versailles, le long de l'Avenue Ernest Renan, une tour de forme triangulaire de 180 m de hauteur et 42 étages (la tour Montparnasse en fait 210 m), sur un terrain appartenant à Unibail Rodamco. 

Cette tour attire une très forte opposition, émanant de groupes variés aux motifs divergents :
  • les riverains, qui ne veulent pas subir les désagréments tels que l'ombre portée de la tour ou les 5000 travailleurs qui vont venir encombrer la ligne 12 du métro matin et soir (5)
  • l'extrême gauche, opposée par principe à un projet qui a une tête de capitalisme (même si c'est la Mairie qui pilote ...
  • les écolos, contre la consommation énergétique que cette tour pourrait générer
  • les centristes (6), qui expliquent que les 90 000m² de bureaux sont en retrait du projet initial
  • l'UMP et NKM, qui reprennent l'avis de l'Unesco (7) en mettant en avant l'impact architectural
On trouve même des arguments qui sortent du champ politique rationnel, puisque des "anti illuminatis" (8) et autres "anti francs maçons"(9) voient en la tour Triangle une preuve de l'influence (néfaste ?) qu'auraient ces groupes sur la vie politique parisienne. 

Et ne parlons pas du Canard Enchainé qui, le vilain, voit des montages financiers douteux partout !




Seuls le Parti Socialiste Parisien et le MEDEF parisien semblent se prononcer en faveur de la tour Triangle. 

Après les déclarations de Jean-Louis Missika (adjoint PS d'Hidalgo) la semaine dernière (10), c'est au tour de Christophe Girard, le maire PS du IVeme, de s'exprimer dans la presse (11. Que dit-il ? D'une part, qu'il est fier du fait que Jacques Herzog et Pierre de Meuron "mettent en œuvre tout leur talent au bénéfice de notre Capitale", et qu'opposer la préservation du patrimoine et l’innovation urbaine est, pour sa part, un non-sens

Autrement dit, les électeurs du XVeme qui, de toute bonne foi, ont voté pour Anne Hidalgo au 2eme tour après avoir voté EELV au premier tour se trouvent relativement floués, puisqu'ils se retrouvent avec le sujet du retour des tours (de bureaux) à Paris.

Il serait pourtant simple de trancher. Plutôt que de négocier dans les coulisses du conseil municipal pour débaucher des élus centristes et UMP, qui pourraient voter oui, en remplacement des élus EELV, pourquoi ne pas organiser un referendum au niveau du XVeme arrondissement et d'Issy les Moulineaux, voire au niveau de l'ensemble de la capitale ?

En vérité, le vrai problème, c'est que la campagne d'Anne Hidalgo, qui a préféré parler de fontaines d'eau pétillante, a esquivé deux sujet majeurs : l'exode des sièges sociaux de Paris vers la banlieue, et l'absence de plan d'extension de Paris, en dehors des bricolages de type intercommunalité. 

L'un des problèmes de Paris, c'est que la Défense est entre Courbevoie, Puteaux et Nanterre, et non pas dans le 1er arrondissement, à Châtelet les Halles.
Pourquoi est-ce un problème ? D'une part, parce que le modèle fiscal parisien, de taxation relativement faible des habitants, ne tient que parce qu'il y a une énorme base taxable d'entreprises. Or, si les entreprises déménagent (notamment faute de locaux disponibles et accessibles), il sera de plus en plus dur de financer le programme socialiste de soviétisation progressive du logement (objectif de 30% de HLM, vous vous souvenez ?) et Paris pourrait rapidement devenir Bruxelles : un centre pauvre et des banlieues riches, et séparatistes.
D'autre part, il se trouve que Châtelet les Halles est desservi par 3 lignes de RER et 5 lignes de métro. Sans tomber dans les excès de l'inacceptable Plan Voisin, il aurait été judicieux de profiter de cette centralité pour faciliter l'acheminement des gens qui travaillent dans des tours.
Girard a raison de rappeler qu'une tour peut être joliment dessinée. Est-ce le cas de la tour Triangle, ça se discute. Mais l'exemple de la City de Londres montre qu'on peut mettre des tours au cœur d'un quartier historique. 

En ce qui concerne la volonté du PS de faire bouger Paris à travers la tour Triangle, sous prétexte que "Tokyo, Séoul, Shanghaï, Singapour, Jakarta ou New-York" bougent au niveau architectural, ça n'a pas de sens. Encore une fois, on ne peut pas comparer les 105 km² de Paris avec New York, mais éventuellement New York et la Petite Couronne (75+92+93+94) comme l'a bien montré le dessinateur Vahram Muratyan .

Source Huffington Post


Le candidat centriste, Christian Saint-Etienne, avait montré qu'en parallèle de la question du Grand Paris (jusqu'au Havre), il fallait réouvrir le dossier des frontières de Paris intra muros. Elles n'ont plus bougé depuis Napoleon III ! Les densités comparées de Paris et d'autres capitales sont nettement en défaveur de la ville lumière. Si les habitants du XVeme ne veulent pas de la tour Triangle, c'est peut être parce qu'à la différence de la City of London où personne n'habite, il y a 21 000 habitants au km² à Paris !
Pourquoi Anne Hidalgo est-elle incapable de proposer aux habitants de Montrouge, Saint Denis, Boulogne ou Montreuil de devenir des nouveaux arrondissements parisiens, ce qui permettrait d'envisager l'aménagement métropolitain autrement ? Ainsi, le PS parisien arrêterait de réfléchir seul dans son coin, et gérerait Paris à une autre échelle. 

Evidemment, pour cela, il aurait fallu un programme qui aille au delà des petits accords de circonstance, et artificiels, entre états-majors politiques ...



(1) Municipales 2014 à Paris L'accord #PS-#EELV attire les moqueries des twittos 24 mars 2014
(9) Tour Triangle & Secte Maçonnique La « Tour Triangle », une pyramide maçonnique… 2 septembre 2013 
(10) Delaponolis Tour Triangle : qui veut passer à la tringle ? 3 novembre 2014

mardi 1 juillet 2014

République vs démocratie : même les députés PS commencent à comprendre

Jusqu'à présent, il était admis que, malgré toutes les imperfections de la pratique politique, la France était une démocratie (représentative) appliquant le principe de séparation des pouvoirs :

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  • le peuple élit des représentants, un corps législatif qui fait la Loi, à commencer par la plus importante, la loi de finance
  • le gouvernement exécute, c'est à dire dispose de l'administration pour mettre en oeuvre les politiques voulues par les représentants du peuple
  • les juges s'occupent de faire en sorte que les lois soient respectées.
Mais ça, c'était avant. 

Hier, le 30 juin 2014, l'Assemblée Nationale discutait d'amendement sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS). Le sujet est d'importance, surtout au moment où les patrons font savoir leur impatience (1) et où tous les indicateurs sont au rouge écarlate (2000 milliards de dette, 5 millions de chômeurs (2), croissance atone ...). 
Or, le gouvernement et les députés ne sont manifestement pas d'accord. A tort ou à raison, notamment 41 députés socialistes ne veulent pas de la politique que le gouvernement voudrait mettre en oeuvre, à savoir baisser la pression fiscale sur les entreprises. Au moment de passer au vote, le gouvernement a suspendu la procédure (3), pour ne pas avoir à se battre amendement par amendement. C'est une initiative "étonnante" (4) (euphémisme ...) que seul le bruit généré par la coupe du Monde de football a pu couvrir ... !



Bien sûr, qu'on ne peut que regretter le fait que les 41 députés socialistes frondeurs pensent ce qu'ils pensent. Mais, attention, au moment où, rappelons le, la France a des forces armées un peu partout en Afrique pour se battre "pour la démocratie", est-il acceptable que, ici, chez nous en France, notre gouvernement se moque bien d'un principe aussi fondamental en démocratie que la séparation des pouvoirs ? 
Les chefs du parti socialiste, Jean-Marie le Guen (celui qui sous évalue son patrimoine de 700 000 euros) ou Bruno Leroux, en vrais chefs de gang, menacent les élus frondeurs en leur disant :

  • quand on est dans une majorité, on vote ce que le gouvernement dit de voter
  • il n'y a pas de députés de droit divin, vous avez été élus grâce à Hollande et à votre étiquette PS
  • le risque, c'est la dissolution, et vous ne serez pas réélu.
Au delà de leurs menaces, le Guen et Leroux soulèvent de vraies questions, celles du quinquennat ou de la nature du mandat des élus, impératif ou non. Si on poursuit la logique de Le Guen et Leroux, alors pourquoi ne pas ressortir une promesse de Hollande, la proportionnelle, assortie de scrutins de listes nationales, plutôt que l'actuel système de scrutin uninominal majoritaire ? Comme ça, le nom du député importera peu, et chaque élu sera attaché à une seule circonscription, la France ? 

Même si les 41 frondeurs contribuent à ne pas aller dans la bonne direction (pour ne pas dire :à couler la France !), ils ont raison de rappeler qu'ils ne sont pas aux ordres de l'Elysée et de Matignon !
De plus, nul ne peut prédire avec certitude le résultat d'une dissolution. Si Hollande démissionnait, c'est clair, il ne serait pas réélu, c'est évident. Mais quelle majorité se dégagerait d'une élection législative ? Mystère. L'état de décomposition de l'UMP (5) et la désorganisation de l'UDI ne garantissent nullement que l'actuelle opposition gagne des sièges, quand au FN, le système à deux tours fait que même si l'extrême droite est peut être la première opinion politique en France, elle a du mal à attirer 50% d'électeurs.  Autrement dit, une dissolution pourrait amener à un statu quo, voire à une gauchisation accrue de l'Assemblée Nationale. Et si c'était les 41 frondeurs qui avaient raison (sur la forme, et non pas sur le fond) ? 

En tout cas, ce qui est certain, c'est que le socialiste Manuel Valls affiche ses priorités : c'est la république avant la démocratie. Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas (6) !



(1) L'Opinion Le ras-le-bol des entreprises contre l'Etat 29 juin 2014
(5) Authueil L'étrange écroulement 24 juin 2014