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mercredi 24 juin 2015

La Tour Triangle défie House of Cards

Il y a une semaine, le RER A a été totalement paralysé vers 8h du matin, au moment où il est le plus utile, c'est à dire quand des centaines de milliers de travailleurs l'utilisent pour se rendre au travail (1). Parmi ces voyageurs, on trouve notamment tous les employés qui travaillent dans l'un des gros poles de bureaux répartis le long de la ligne A, à commencer par la Défense (Plus de 100.000 personnes y travaillent) ou la Gare de Lyon.
Coup de "chance" : la ligne A est en partie doublée par la ligne 1 du métro, ce qui permet malgré tout de pouvoir se déplacer. 

Les franciliens seront donc d'accord avec cette idée simple : dans une période de répression de la conduite automobile, les lignes de transport en commun semblent utiles pour aller au travail. 

C'est exactement un des arguments qui font que l'on peut douter de l'utilité du projet de la Tour Triangle, dans le sud du XVeme arrondissement.

La Tour Triangle, on pourrait croire qu'il s'agisse d'un "beau projet architectural" et de la volonté de doter Paris de bureaux du XXIeme siècle, mais la genèse du projet, rappelons le, c'est une compensation offerte à Unibail Rodamco, respectable foncière membre du CAC 40.  
En effet, si la mairie de Paris, Bertrand Delanoé puis Anne Hidalgo, cherchent à rendre le projet de Tour Triangle possible, c'est manifestement dans le cadre d'une compensation proposée par la mairie de Paris envers Unibail Rodamco (2), gestionnaire du Forum des Halles (3). Si le conseil municipal décide de rendre constructible un petit bout de terrain situé sur le parc des expositions de la porte de Versailles, Unibail Rodamco s'engage à construire une tour dite "Tour Triangle".


Etant donné que cette tour comportera des bureaux (jusqu'à 5000 emplois, nous dit Anne Hidalgo) (4), est-ce qu'on pense vraiment que la ligne 12, dont chacun peut constater les limites lorsqu'il se rend au Salon de l'Agriculture ou à la Foire de Paris, va être suffisante pour convoyer tous ces travailleurs ? 

Un vote est donc nécessaire au conseil de Paris. Or, malgré toutes les magouilles et limites des élections municipales parisiennes (Quand on pense que Anne Hidalgo n'a même pas été élue dans son arrondissement ...), les citoyens essayent quand même de se doter de représentants censés refléter leurs idées et opinions, au niveau de chaque arrondissement ou au niveau de la ville.

Jusqu'à présent, et sur le sujet précis de la Tour Triangle, le contrat a été respecté. Les écolos d'EELV, par exemple, d'accord sur rien avec le PS (5) mais alliés quand même, ont toujours affiché leur opposition à la Tour Triangle (mais aussi à d'autres projets comme l'extension de Roland Garros sur les Serres d'Auteuil). Anne Hidalgo ne peut pas dire qu'elle ignorait que son "allié" Christophe Najdovski était opposé à la Tour Triangle.
De même,  Nathalie Kosciusko-Morizet, malgré tout ce qu'on peut lui reprocher, a au moins pour elle la constance en ce qui concerne la Tour Triangle : le 4 octobre 2013 par exemple, NKM affirmait son opposition au projet (6). 

C'est pour ça qu'Anne Hidalgo a essuyé un échec majeur en conseil municipal : ni ses alliés EELV, ni l'opposition UMP - Les Républicains et UDI ne sont pour.

Or, manifestement, les élus parisiens, des personnes majeures, libres et responsables et titulaires de fonctions électives qui découlent de la volonté des parisiens (enfin, théoriquement), sont manifestement susceptibles de devoir rendre des comptes à un avocat des Hauts de Seine ou à un cumulard de Seine Saint Denis. Le grand Paris avant l'heure !

L'ancien président de la République a affirmé son soutien au projet de la Tour Triangle (7). C'est bien son droit de citoyen libre que de s'exprimer sur le sujet, après tout. Le plus drôle est qu'Anne Hidalgo salue son avis et invite la droite parisienne à le suivre.
Plus problématique est le changement possible d'opinion (mais pas encore avéré) de quelques élus UDI (8) du XVeme (dont Eric Azière, pour ne pas le nommer), ce qui pourrait faire basculer la majorité.


Une hypothèse est que le PS a négocié quelque chose avec Jean-Christophe Lagarde, le député maire de  Drancy, en échange de sa capacité à faire pression, avec des moyens qui nous échappent, sur les élus UDI parisiens.

L'autre hypothèse, c'est que dans le contexte de la surprenante alliance électorale entre l'UDI et Les Republicains aux régionales 2012 (les UDI vont-ils vraiment faire campagne pour Wauquiez ??), Nicolas Sarkozy a réussi, on ne sait pas trop comment, à faire passer l'idée qu'il aille aider Anne Hidalgo à avoir son vote, fin juin, sur la Tour Triangle.

Autrement dit, si, dans quelques années, le stationnement dans le quartier de la Porte de Versailles est encore plus difficile qu’aujourd’hui et si les métros de la ligne 12 sont encore plus remplis, sans même évoquer tous les autres problèmes que la Tour Triangle pourra entraîner, ce sera non seulement potentiellement lié à d'obscurs plans de carrière d'un leader centriste mais aussi aux relations et accords qu'il aura su nouer avec le PS et les Républicains.

Si tel est le cas, on est vraiment à des années lumières d'élus qui ne seraient que les porte-paroles des électeurs ...

Centristes et habitants du XVeme, vous saurez pour qui ne pas voter la prochaine fois !

En attendant, la mairie de Paris a toujours le choix d'organiser un referendum, auprès des électeurs du XVeme. Ne serait-il pas plus sage, dans cette affaire de Tour Triangle, d'avoir recours à la démocratie ? 





(2) Collectif Contre Triangle canard enchainé 

lundi 17 novembre 2014

La conception de la démocratie selon Anne Hidalgo, maire socialiste de Paris

Si vous êtes parisien (et même si vous ne l'êtes pas :-) ), alors vous savez que le conseil municipal de la capitale délibérait, ce lundi 17 novembre 2014, sur un point "purement technique", à savoir la délibération 2014 DU 1117 proposant le déclassement de l’assiette de la Tour Triangle et la signature d’une promesse de bail et d’un bail à construction relatif à la réalisation de la Tour Triangle, dans le 15eme arrondissement (1).

En général, en démocratie (et la France en est encore une), quand on vote, l'organisateur du scrutin accepte par avance le résultat. 

Pas à la mairie de Paris !

Les élus se sont prononcés, contre le projet de la tour Triangle, défendu par l’exécutif, par 83 voix contre 78. Mais Anne Hidalgo, maire (PS) de Paris a considéré le vote comme « nul » !
Hidalgo a décidé de contester le résultat du vote, sur le prétexte que certains conseillers ont montré leur bulletin sur Twitter et devant les caméras, alors qu'il s'agissait d'un vote secret, une fois que le résultat était connu, et non pas quand les incidents avaient eu lieu. Du coup, Anne Hidalgo conteste le vote.

C'est ça, la démocratie selon Hidalgo ? Soit vous êtes avec moi, soit vous êtes hors la loi ? 



On croit rêver ! Le même parti socialiste qui nous dit qu'il est sain que la France s'engage dans des guerres "contre le terrorisme" et "pour la démocratie" (3) aux quatre coins du monde, est le même parti qui, à Paris, dénie la légitimité démocratique des élus ? Est-ce qu'il faut que l'ONU donne un mandat à l'armée malienne pour qu'elle vienne expliquer la démocratie à Anne Hidalgo et libérer Paris ? 

En réalité, Anne Hidalgo devrait au contraire remercier ses opposants !

D'une part, le rejet du projet par une coalition conservatrice (UMP), centriste (UDI) et écolo (EELV) est une bonne nouvelle pour la démocratie : pour une fois, les élus font ce à quoi ils se sont engagés durant une campagne. L'UMP, l'UDI et EELV n'ont jamais caché être contre le projet de la Tour Triangle (4). Un vote en conscience, individuel, sera toujours mieux qu'un vote de coalition, répondant à une oukaze tombée d'en haut. 

D'autre part, Anne Hidalgo pourra s'appuyer sur le vote de son opposition pour expliquer à Bertrand Delanoé (vous savez, l'ancien maire qui a toujours un bureau et un secrétariat à l'Hotel de Ville (5), celui qui a avancé ce projet) et à Unibail Rodamco que tout ça, c'est pas sa faute, c'est juste la faute à la démocratie. En effet, ce projet de tour sur un bout de terrain dans le sud du XVeme semble furieusement ressembler à du capitalisme de connivence. En effet, si on en croit l'analyse du Delanopolis (5), le deal de la Tour Triangle a pour contexte le don à Unibail Rodamco de la pleine propriété du centre commercial des Halles et le renouvellement de sa concession du parc des expositions de la porte de Versailles. Certes, il n'y a pas un sou d'argent public dans le projet Tour Triangle. Mais l'alliance entre cette respectable société du CAC 40 et la Mairie de Paris a t-elle clairement été expliquée à l'électeur socialiste ? 

Enfin, le rejet de la Tour Triangle permettra à Anne Hidalgo de penser, enfin, à une stratégie pour Paris, et à une politique de coopération avec les communes de banlieue. On nous dit : Paris manque de surfaces de bureaux (ce qui est drôle, c'est quand c'est Ian Brossat, le communiste qui veut 30% de HLM dans Paris qui le dit !), mais la majorité municipale parisienne a t-elle remarqué qu'à quelques stations du périf, on construit ou on cherche à écouler des mètres carrés vides ? Hidalgo (qui cumule pourtant au Conseil Régional Ile de France) et Brossat sont-ils si coupés du monde pour qu'ils n'aient jamais entendu parlé de la Défense (7), de la Plaine Saint Denis, de Roissypole ou du futur aménagement du plateau de Saclay ? Ah oui, mais la taxe professionnelle  contribution économique territoriale, elle, est touchée par ville et non pas par région. Ah, oui, aussi, c'est la ville de Paris qui a un énorme souci de budget (il manque 400 millions ? (8)), de dettes impayées par l'Etat (le milliard d'euros des parisiens offert par Hidalgo et Delanoé à l'Etat socialiste ? (9)) et de départ des entreprises ? C'est exact ! 

Du coup, à Anne Hidalgo d'expliquer qu'en fait, son projet politique de soviétisation de l'immobilier parisien (10) ainsi que l'héritage de la double mandature Delanoé (11), ont elle faisait parti, vont rendre les conditions d’exécution du budget parisien très difficiles ces prochaines années ou, autrement dit, qu'après avoir fait n'importe quoi pendant 12 ans, Anne Hidalgo a menti (au moins par omission, au pire par incompétence) pour être élue, sachant que son programme était dangereux et néfaste. 

Pourquoi Anne Hidalgo n'explique t-elle pas tout cela, au lieu de convoquer l'Etat, via le préfet, et la justice dans les affaires parisiennes ?





(2) L'Opinion Hidalgo - NKM : 0 - 1 17 novembre 17 novembre 2014
(9) Municipales 2014 à Paris Dossier qui fache : le milliard d'euros des Parisiens 2 mars 2013
(12) Libération Tour Triangle : un vote hostile pas vraiment carré 17 novembre 2014

lundi 10 novembre 2014

Tour Triangle (75015) : symbole de l'inanité de l'accord PS-EELV à Paris ?

Les électeurs qui ont tenté de comprendre quelque chose à la campagne des municipales Paris 2014 avaient bien remarqué quelque chose : la sortante Anne Hidalgo, au pouvoir aux cotés de Bertrand Delanoé depuis 2001, était opposée à tout une série d'opposants, de l'extrême droite non résidente à Paris (Wallerand de Sant Just) à l'extrême gauche (Danielle Simonnet), en passant par NKM, les centristes (Christian Saint-Etienne) et les écolos (Christophe Najdovski).
Or, au vu de la campagne et des amabilités que s'étaient échangées les militants socialistes et les écologistes durant des mois, il était apparu pour le moins étrange qu'Hidalgo et Najdovski parviennent, quelques heures après la fin du premier tour, à un accord de fusions de listes entre le PS et EELV (1). Les points de désaccords fondamentaux ou de frictions étaient en effet nombreux : le tram sur les berges de Seine, le péage urbain, la lutte contre les particules fines (2) ...  la question de la Tour Triangle n'était pas la moindre. D'ailleurs, l'allié écolo d'Anne Hidalgo n'a jamais caché sa position sur la Tour Triangle (3), position qui n'a jamais variée chez les écolos parisiens (4)

La Tour Triangle, c'est ce projet architectural qui vise à construire, Porte de Versailles, le long de l'Avenue Ernest Renan, une tour de forme triangulaire de 180 m de hauteur et 42 étages (la tour Montparnasse en fait 210 m), sur un terrain appartenant à Unibail Rodamco. 

Cette tour attire une très forte opposition, émanant de groupes variés aux motifs divergents :
  • les riverains, qui ne veulent pas subir les désagréments tels que l'ombre portée de la tour ou les 5000 travailleurs qui vont venir encombrer la ligne 12 du métro matin et soir (5)
  • l'extrême gauche, opposée par principe à un projet qui a une tête de capitalisme (même si c'est la Mairie qui pilote ...
  • les écolos, contre la consommation énergétique que cette tour pourrait générer
  • les centristes (6), qui expliquent que les 90 000m² de bureaux sont en retrait du projet initial
  • l'UMP et NKM, qui reprennent l'avis de l'Unesco (7) en mettant en avant l'impact architectural
On trouve même des arguments qui sortent du champ politique rationnel, puisque des "anti illuminatis" (8) et autres "anti francs maçons"(9) voient en la tour Triangle une preuve de l'influence (néfaste ?) qu'auraient ces groupes sur la vie politique parisienne. 

Et ne parlons pas du Canard Enchainé qui, le vilain, voit des montages financiers douteux partout !




Seuls le Parti Socialiste Parisien et le MEDEF parisien semblent se prononcer en faveur de la tour Triangle

Après les déclarations de Jean-Louis Missika (adjoint PS d'Hidalgo) la semaine dernière (10), c'est au tour de Christophe Girard, le maire PS du IVeme, de s'exprimer dans la presse (11. Que dit-il ? D'une part, qu'il est fier du fait que Jacques Herzog et Pierre de Meuron "mettent en œuvre tout leur talent au bénéfice de notre Capitale", et qu'opposer la préservation du patrimoine et l’innovation urbaine est, pour sa part, un non-sens

Autrement dit, les électeurs du XVeme qui, de toute bonne foi, ont voté pour Anne Hidalgo au 2eme tour après avoir voté EELV au premier tour se trouvent relativement floués, puisqu'ils se retrouvent avec le sujet du retour des tours (de bureaux) à Paris.

Il serait pourtant simple de trancher. Plutôt que de négocier dans les coulisses du conseil municipal pour débaucher des élus centristes et UMP, qui pourraient voter oui, en remplacement des élus EELV, pourquoi ne pas organiser un referendum au niveau du XVeme arrondissement et d'Issy les Moulineaux, voire au niveau de l'ensemble de la capitale ?

En vérité, le vrai problème, c'est que la campagne d'Anne Hidalgo, qui a préféré parler de fontaines d'eau pétillante, a esquivé deux sujet majeurs : l'exode des sièges sociaux de Paris vers la banlieue, et l'absence de plan d'extension de Paris, en dehors des bricolages de type intercommunalité. 

L'un des problèmes de Paris, c'est que la Défense est entre Courbevoie, Puteaux et Nanterre, et non pas dans le 1er arrondissement, à Châtelet les Halles.
Pourquoi est-ce un problème ? D'une part, parce que le modèle fiscal parisien, de taxation relativement faible des habitants, ne tient que parce qu'il y a une énorme base taxable d'entreprises. Or, si les entreprises déménagent (notamment faute de locaux disponibles et accessibles), il sera de plus en plus dur de financer le programme socialiste de soviétisation progressive du logement (objectif de 30% de HLM, vous vous souvenez ?) et Paris pourrait rapidement devenir Bruxelles : un centre pauvre et des banlieues riches, et séparatistes.
D'autre part, il se trouve que Châtelet les Halles est desservi par 3 lignes de RER et 5 lignes de métro. Sans tomber dans les excès de l'inacceptable Plan Voisin, il aurait été judicieux de profiter de cette centralité pour faciliter l'acheminement des gens qui travaillent dans des tours.
Girard a raison de rappeler qu'une tour peut être joliment dessinée. Est-ce le cas de la tour Triangle, ça se discute. Mais l'exemple de la City de Londres montre qu'on peut mettre des tours au cœur d'un quartier historique. 

En ce qui concerne la volonté du PS de faire bouger Paris à travers la tour Triangle, sous prétexte que "Tokyo, Séoul, Shanghaï, Singapour, Jakarta ou New-York" bougent au niveau architectural, ça n'a pas de sens. Encore une fois, on ne peut pas comparer les 105 km² de Paris avec New York, mais éventuellement New York et la Petite Couronne (75+92+93+94) comme l'a bien montré le dessinateur Vahram Muratyan .

Source Huffington Post


Le candidat centriste, Christian Saint-Etienne, avait montré qu'en parallèle de la question du Grand Paris (jusqu'au Havre), il fallait réouvrir le dossier des frontières de Paris intra muros. Elles n'ont plus bougé depuis Napoleon III ! Les densités comparées de Paris et d'autres capitales sont nettement en défaveur de la ville lumière. Si les habitants du XVeme ne veulent pas de la tour Triangle, c'est peut être parce qu'à la différence de la City of London où personne n'habite, il y a 21 000 habitants au km² à Paris !
Pourquoi Anne Hidalgo est-elle incapable de proposer aux habitants de Montrouge, Saint Denis, Boulogne ou Montreuil de devenir des nouveaux arrondissements parisiens, ce qui permettrait d'envisager l'aménagement métropolitain autrement ? Ainsi, le PS parisien arrêterait de réfléchir seul dans son coin, et gérerait Paris à une autre échelle. 

Evidemment, pour cela, il aurait fallu un programme qui aille au delà des petits accords de circonstance, et artificiels, entre états-majors politiques ...



(1) Municipales 2014 à Paris L'accord #PS-#EELV attire les moqueries des twittos 24 mars 2014
(9) Tour Triangle & Secte Maçonnique La « Tour Triangle », une pyramide maçonnique… 2 septembre 2013 
(10) Delaponolis Tour Triangle : qui veut passer à la tringle ? 3 novembre 2014

lundi 31 mars 2014

#Paris2014 : passé la déception, l'espoir

Oui, c'est quelque part une déception que de voir un profil aussi médiocre que celui d'Anne Hidalgo gagner Paris, surtout face à NKM. En effet, entre l'inspectrice du travail au ton désagréable et à la carrière à l'image de sa retraite de la fonction publique, et la polytechnicienne ancienne ministre de l'environnement, il n'y aurait pas dû y avoir de match, s'il s'était agit d'un match de tennis. Simplement, il s'agissait d'un match de foot, dans lequel la sélectionneuse en chef de droite a mal construit son équipe ?

Les parisiens ont préféré la descendante de conquistadors à la princesse polonaise. Respectons leur choix, avec toutes les bizarreries que le mode de scrutin parisien permet (Anne Hidalgo à 30% dans le XVeme ?). 

Mais passé la déception, demeure le sourire et l'espoir. 

Les sourires viendront très vite (mais à notre détriment de parisiens) quand on va voir les "écolos" d'EELV affronter Anne Hidalgo sur les bus diesel, la Tour Triangle ou la destruction des Serres d'Auteuil. 
Les sourires viendront vite (toujours à notre détriment d’intérêt de parisien) quand Didier le Reste (CGT) et Ian Brossat (Parti Communiste) proposeront encore plus de fonctionnaires à embaucher alors que la Ville de Paris en emploie déjà bien plus que l'ensemble de toutes les administrations de l'Union Européenne.
Les sourires viendront vite quand Anne Hidalgo ne réclamera pas au prochain gouvernement le milliard d'euros des parisiens qu'elle a abandonné à Ayrault alors qu'elle les réclamait à Fillon au titre de la dotation de l'Etat. 
Les sourires viendront encore plus vite quand les habitants du XVIIIeme, XIXeme et XXeme réaliseront que derrière les sourires, les exigences de la compétition scolaire révéleront très vite le vrai (et compréhensible) visage des bobos, "de gauche", qui ne veulent pas de mixité sociale et surtout pas d'arabes et de noirs dans les classes de leurs enfants.

Mais s'il ne s'agissait que de rire ... il y aura aussi à espérer que les centristes et la droite comprennent ce qui s'est passé. Dans un combat, on ne peut pas compter que sur la nullité de son adversaire. Il faut aussi mobiliser ses forces. Aucun élu de droite ne l'est en faisant la course aux problématiques trustées par le PS. Les électeurs ne sont pas complètement idiots : ils savent distinguer la copie de l'original. 
Dommage, car sur les problématiques sociétales, on pourrait entendre un discours autre que l'essentialisme en vogue au PS qui consiste à enfermer les gens dans des cases. 
La fédération UMP de Paris, pour ne parler que d'elle, a les noms, adresses et numéros de téléphone de tous les UDI (dont le PLD Aurélien Véron), qu'elle a méprisé, ainsi que les francs tireurs qui ont voulu porter un discours différent : Douce de Franclieu, Charles Beigbeider, les militants de Paris Libéré ... Ils savent qui joindre pour le debriefing !

Les municipales 2014 nous ont fait monté dans un métro qui ne s’arrête pas avant la station 2020. Gardons un œil sur le signal d'alarme !