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samedi 27 février 2016

Taxis Parisiens vs VTC : le combat d'arrière garde ?

N'est-il pas significatif que les archi conservateurs de l'extrême gauche ou de l'extrême droite soient parmi les derniers soutiens pro statu quo des taxis parisiens ?

Pendant que le Front de Gauche (1) et le Front National (2) dénoncent la stratégie d'ubérisation de notre société/les américains / les paradis fiscaux / la concurrence déloyale et se battent pour "protéger le modèle social français", le front de l'innovation se déplace.

La guerre est-elle entre Uber/Le Cab/Chauffeur-Privé et les taxis ? Même plus. C'est limite du passé. 

On a appris cette semaine que, dans le cadre de l'analyse des projets de smart city, Jean-Louis Missika, en charge de ces dossiers à la mairie de Paris, "étudie la mise en place à Paris de transports sans chauffeur d'ici 2020" (3).
Les taxis se battent contre les VTC, alors que les VTC sont déjà dans le paysage et qu'une autre offre est en train d'émerger. 

Il n'y a pas de surprise à une telle annonce de la part de la ville de Paris..

Déjà, chez Google, les voitures sans chauffeurs avancent, et ce n'est pas le seul acteur.
Par exemple, Londres va lancer des voitures sans chauffeur à Heathrow cet été (4). Même Uber a une réflexion (sans doute très avancée) sur le sujet (5).

Ensuite, et c'est dommage que la campagne 2015 des régionales Ile de France ait préféré mettre l'accent sur des petites phrases type "candidat de la race blanche" plutôt que sur des enjeux stratégiques, le candidat centriste et libéral Aurélien Véron, de la plateforme aux Urnes Citoyens, avait fait passé le message d'un archaïsme des monopoles publics type RATP (6) ou privés type taxis sous licence, face à l'émergence de nouvelles technologies alternatives, comme la voiture ou les bus sans chauffeur.




Les électeurs, dont les taxis, et les médias, avaient-ils reçu le message ? Le message est en train de se transformer, sous nos yeux, en faits.

Face à cette vague technologique, des taxis, et même des VTC, n'ont pas tout à perdre. Ils ont même une carte à jouer, celle du service et de la relation directe, humaine.
Disons bien : Des taxis, pas Les taxis. Les taxis, ça ne veut rien dire. Il y en a des inutiles (au véhicule sale ou obsolète, pas équipées en lecteur de carte de crédit, à la conversation insipide ou pénible) et il y en a des bons (a propos dans la conversation, conduisant bien, équipés de véhicules plaisants).
Il y aura toujours des gens qui préféreront faire des déplacements en taxi. Tout est dans l'offre, tout comme le concept de la start up parisienne 4 roues sous un parapluie (se promener dans Paris en Citroen 2 CV décapotée) n'a tué le Vélib, ni la ligne 73 des bus RATP, ni la ligne 6 du métro, ni les velos-taxis, ni les même les taxis. Le même client peut avoir envie d'expériences différentes et peut donc être amené à utiliser tous ces services. Et ne parlons pas de ceux qui, véhicules sans chauffeur ou pas, ne seront jamais des clients des taxis.

Si les politiciens voulaient rendre service au taxis, ils leur proposeraient deux choses : d'une part, une opération vérité sur ces fameuses licences. Ils rappelleraient que les licences de taxis font certes l'objet d'un commerce, mais qu'elles ont aussi été distribuées gratuitement par la préfecture de police de Paris. 

D'autre part, ils leur feraient lire la pétition des marchands de chandelles, le classique de Frédéric Bastiat (7). Les plaintes des vendeurs de bougie contre la concurrence déloyale du soleil sont décidément d'une telle actualité ...


On pourrait ajouter une troisième action : faire prendre conscience aux 12 millions de franciliens que nous sommes tous des ambassadeurs de Paris, et de l'image, positive ou négative, véhiculée auprès des touristes.
Faire brûler des pneus sur le périf ou organiser des opérations escargot sur la A1 est-elle la meilleure réponse que les taxis puissent apporter, dans ce contexte ? 
Toutes les villes de la terre, qui ont vu fleurir les VTC, sont la preuve vivante que le marché est assez grand pour tous et que le marché s’est étendu, sans faire de victimes de la faillite (7). C'est normal : la diversité crée le marché !

Ce qui est sûr, c'est que c'est fini, les rentes de situation, et tant mieux ! Les taxis parisiens, une fois qu'ils auront fini de pleurer la perte du contrat Agnès Saal (9), pourront peut-être passer à autre chose ? 




(2) Front National Taxis : les raisons d’une juste colère 27 janvier 2016
(3) Municipales 2014 à Paris Transports: Des minibus sans chauffeurs à Paris avant 2020 26 février 2016
(5) Les Echos Uber accélère sur la voiture autonome 25 février 2016
(6) Huffington Post La fin annoncée des transports publics en Ile-de-France 20 octobre 2015

jeudi 4 février 2016

17 arrondissements Parisiens là où il en faudrait 30 ?

Dernière idée de la maire de Paris : Anne Hidalgo propose de réduire à dix-sept le nombre d’arrondissements à Paris, en fusionnant les arrondissements 1, 2, 3 et 4. (1).


A priori, le fait qu'Anne Hidalgo ne se préoccupe pas que de la soviétisation clientéliste du logement  politique de logement social (2) ou de gérer une fronde en carton, mais aussi des problèmes institutionnels de la ville serait un point à porter à son crédit. Et ce d'autant plus que la proposition ne semble pas politicienne, les 4 arrondissements étant d'abord gérés par le Parti Socialiste et alliés écolos EELV.

Pourtant, il s'agit d'une idée mal calibrée, et également un peu hypocrite. 

Regrouper les arrondissements centraux répond, selon le document, au souci d’«une meilleure représentation démocratique» des Parisiens, nous dit-on, ainsi qu'au besoin d’unifier la représentation politique et l’organisation administrative des moins peuplés 

Autrement dit, Anne Hidalgo s'attaquerait à deux problèmes en même temps : le mille-feuille administratif, source d'inefficacité, et le déficit démocratique lié au poids démographique inégal des arrondissements. 

Mais il n'en est rien. En quoi la réforme d'Anne Hidalgo va t-elle adresser un début de solution au problème de manque de représentativité du maire de Paris ?
En effet, rappelons quand même que le maire de Paris n'est pas élu par les 2 millions de parisiens, mais par au moins 82 des 163 conseillers municipaux de Paris, et que ne pas être élue dans son arrondissement n'a pas empêché Anne Hidalgo de devenir maire. 

Il faut se souvenir du score d'Anne Hidalgo dans le XVeme arrondissement face à Goujon (3) : les électeurs avaient clairement dit non. Pourtant, la magie du spectacle en a voulu autrement.

Et encore, les magouilles et les bizarreries de la carte électorale sont un sujet mineur.
Le vrai sujet, que l'on soutienne le programme ultra socialiste d'Anne Hidalgo, ou pas, notamment en matière de logement social, ce sont les finances de la ville de Paris. Après même pas deux ans de gouvernance Hidalgo, on sait enfin qu'elles sont catastrophiques.

La question que la maire de Paris devrait chercher à résoudre, ce n'est pas faut-il fusionner le 3eme et le 4eme arr, mais comment trouver des ressources financières à un moment où de plus en plus d'entreprises partent en banlieue, que ce soit à Neuilly, à Montreuil, à Saint Denis, à Malakoff ou à la Défense (4), et comment rapprocher les structures politiques et administratives de l'évolution des modes de vie, dans lesquels, on l'a vu le 13 novembre dernier, le Stade de France fait autant partie de l'échosystème Parisien que le Parc des Princes, et les squatts de Saint Denis autant que ceux du quartier de l'Evangile.

Peut-être est-il temps de revenir sur l'agrandissement de 1860.



Peut-être qu'Issy les Moulineaux, Ivry, Bagnolet ou Saint Ouen pourraient devenir des nouveaux arrondissements parisiens, tout comme les Batignolles, la Villette, Charonne ou la Butte aux Cailles sont devenus des arrondissements parisiens.
Les nouveaux arrondissements bénéficieraient des économies d'échelles des infrastructures parisiennes et la capitale récupérerait la CVAE et la CFE payée par les entreprises en banlieue.

 Evidemment, un tel projet obligerait Anne Hidalgo à discuter avec les parisiens, les maires des villes concernées et les habitants, plutôt que de décider, seule, en autocrate, dans son bureau, avant d'informer les manants de citoyens par le biais du Monde.
Accessoirement, ca permettrait d'avoir une raison pour en finir avec cette structure inutile qu'est la métropole du Grand Paris (5), structure que la gauche parisienne est bien contente de pouvoir mettre sur le chemin de la région Ile de France.

Oui, ca serait vraiment un tout autre projet.




(1) Le Monde Hidalgo propose de réduire à dix-sept le nombre d’arrondissements à Paris  29 janvier 2016
(2) la Tribune Hidalgo promet 30% de logements sociaux à Paris, bluff électoral ou objectif réaliste ? 16 septembre 2013
(3) Slate Anne Hidalgo, patronne de Paris mais pas de son arrondissement 31 mars 2014
(4) Contrepoints Les grandes entreprises fuient Paris : Hidalgo sous pression ! 15 mats 2015
(5) Fromantin : L’Ile-de-France, championne du monde du millefeuille territorial ! » 23 janvier 2015

mercredi 16 décembre 2015

Jeux Olympiques 2024 : et si on consultait les parisiens et les franciliens ?

On savait que les français n'avaient qu'une confiance assez limitée en leur gouvernement et en leurs politiciens. 
Maintenant, on sait aussi que les politiciens n'ont, eux, pour le coup, pas du tout confiance en le peuple français, pourtant jugé assez grand pour pouvoir voter de devoir payer toujours plus d’impôts, toujours plus de taxes. 
Un exemple : le dossier des Jeux Olympiques 2024. 

En terme de finances, il y a deux éléments à prendre en compte : le coût de la candidature, et le coût des JO lui même. La candidature seule coûte entre 60 et 100 millions d'euros. 

Le comité de candidature, voyant le succès du crowdfunding en matière de financement d'entreprises, de chanteurs ou de causes diverses et variées, avait eu la bonne idée de demander aux citoyens eux-mêmes de financer la candidature, et comptait sur la mobilisation des Français. Le comité  espérait récolter en quelques semaines une dizaine de millions d’euros de dons du grand public, notamment via la vente de bracelets «Je rêve des jeux !», et au moins autant de la part de 2024 "grands donateurs".Ce bracelet de tissu blanc, décoré de pétales bleus et rouges et portant le slogan « Je rêve des Jeux », était vendu au prix de deux euros dans les grandes surfaces et magasins spécialisés.
Un bon retour sur cette opération commerciale, en plus d'apporter des sous dans les caisses du comité, aurait constitué un bon ersatz de sondage grandeur nature. 


Or, il se trouve que l'opération est un flop. Au lieu de plusieurs dizaines de millions d'euros, le comité a récolté 629.000 euros, 6% du montant prévu (1). N'est ce pas un signe, parmi d'autres, d'une certaine réticence des parisiens et des franciliens à financer les Jeux Olympiques 2024 ? Les autres signes résident sans doute dans l'existence d'une réelle opposition politique aux JO à Paris. La presse avait mentionné, de manière assez drole, que "seuls les élus d'Europe-Ecologie et Danielle Simonnet, l'unique représentante du Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon dans l'hémicycle parisien, s'opposent à la candidature de la capitale".
C'est drôle car comment peut-on présenter les opposants comme des groupuscules isolés, alors qu'ils représentent entre 10 et 15% des électeurs parisiens et que, surtout, ils sont membres de la majorité parisienne (EELV gouverne avec Hidalgo). Et comment peut-on éluder les fait qu'Anne Hidago ellle-même était plus que réticente, avant que Hollande et Valls ne lui tordent le bras ? De toutes façons, les JO 2024 à Paris ne faisaient pas partie du programme d'Anne Hidalgo. 

L'opposition politique ne s'arrête pas à l'extrême gauche et aux Verts. Il y a aussi le Delanopolis (3). Les contribuables ont donc bien de quoi s'interroger (4), autant que les amis de l'environnement. 

Nous sommes en République. Mais il parait que nous sommes aussi en démocratie, même si nous ne sommes pas entièrement sur de ce point précis, surtout après l'adoption de l'état d'urgence. En tout cas, c'est au nom de la démocratie que la France donne des leçons au monde entier, et, parfois, engage ses armées sur des opérations extérieures. 
Certes, il existe diverses formes de démocratie, et en France, la classe politique se méfie de la démocratie directe de type Suisse. Elle préfère la démocratie représentative, dans laquelle nous élisons des représentants qui s'engagent sur un programme. Quel est le point du programme de Hollande qui prévoit une dépense de plusieurs milliards d'euros pour organiser des Jeux Olympiques ? Quand est-ce que, dans son discours de politique générale, Valls a affirmé qu'il fallait que la France, déjà surendettée, poursuive sur le chemin tracé par la Grèce, avec Athènes 2004 ? 
Est-ce que la ville de Boston, ou celle de Hambourg (5), sont des principautés tyranniques et anti démocratiques ? 

En guise de consultation des contribuables et citoyens parisiens, la mairie de Paris a lancé, non pas un referendum sur l'opportunité d'organiser ou pas les Jeux Olympiques en 2024, mais un processus de collecte d'idées pour enrichir le dossier de candidature. La Mairie de Paris est d'ailleurs tellement génée par le caractère cynique de cette consultation qu'elle n'a toujours pas, au 16 décembre 2015, supprimé la ville de Hambourg de la liste des concurrentes de Paris. 


Pourquoi ne pas poser la question suivante, aux parisiens ou aux franciliens : êtes-vous pour l'organisation des Jeux Olympiques 2024 à Paris et en Ile de France ? Oui ou Non. 
Chacun présenterait les arguments allant dans le sens ou à l'encontre d'une telle décision, comme c'est d'usage en démocratie. 
Et que l'on ne nous sorte pas l'argument de la réponse à celui qui pose la question plutôt qu'à la question posée. Claude Bartolone, en dépit de l'impopularité record du gouvernement, n'a t-il pas été vainqueur en voix dans une majorité d'arrondissements, dimanche dernier à l'occasion des Régionales 2015 ? Le fait est que, c'est plutôt les politiciens qui ne tiennent pas toujours compte des réponses formulées par les électeurs, comme tous ceux qui avaient voté non au TCE en 2005 ont pu le voir. 
Et le fait est, également, que Marty Walsh (démocrate, élu maire de Boston en 2014) ou Olaf Scholz, (SPD, maire de Hambourg depuis 2011) sont au même niveau qu'Anne Hidalgo : des maires, pas des chefs d'Etat. Si la question posée est claire, et simple, il n'y a pas de raison que la réponse soit alambiquée. 

Il semble que faute de don volontaire, le gouvernement s'apprête à créer une taxe sur les licences annuelles des sportifs amateurs, en plus de la surtaxe de 10 millions d’euros sur les stades de l’euro, déjà décidée par le gouvernement. Vous courez pour votre plaisir, vous faites du foot amateur ? Vous contribuerez, de force, à la candidature de Paris 2024 ! Et ce , que vous pratiquiez le don volontaire pour d'autres causes (Téléthon, Croix Rouge, etc) ou pas ! Un peu comme si vous n'aviez pas assez d'argent pour repeindre votre maison et que, faute de dons de la part de votre famille et vos amis,vous alliez racketter vos voisins pour qu'ils contribuent à vos frais de peinture !

A la mairie de Paris de rependre la main, en reprenant la proposition d'Aurélien Véron (Parti Libéral Démocrate / Aux Urnes Citoyens (6)). 
Madame Hidalgo, soyez démocrate, organisez un referendum au sujet des JO 2024 à Paris !




On verra bien, à l'issue d'un tel scrutin, si les parisiens et les franciliens veulent vraiment dépenser entre 5 et 15 milliards d'euros pour 3 semaines de jeux Olympiques et s'ils sont prêts à ce que nous accordions au CIO le droit d'amender les lois françaises (7) en matière de sécurité ou d'écologie. 





(2) France 3 Paris Ile de France Les opposants politiques à la candidature de Paris aux JO lancent l'offensive 22 février 2015
(4) Les enquètes du Contribuable JO de Paris 2024 : à quel prix ? 28 juillet 2015

lundi 26 octobre 2015

Les "contraintes" du budget 2016 de la ville de Paris

Le conseil municipal de Paris discute du budget 2016, et Anne Hidalgo, pour préparer ses électeurs à des lendemains qui déchantent, a envoyé le message suivant : "La situation dans laquelle s’élabore le budget pour 2016 est marquée par des contraintes inédites". Ce message est accompagné de l'infographie suivante :



On croit rêver ! Anne Hidalgo dénonce la "baisse sans précédent des dotations de l'Etat".

Est-ce qu'on parle de la maire socialiste de Paris qui a codirigé avec Bertrand Delanoé la ville, et a donc accepté, non seulement de manière générale le bilan de 12 ans de mandature (2001-2013), mais aussi plus précisément la décision de renoncer à la dette de l'Etat envers la ville de Paris ? (1)
Qu'est devenu le milliard d'euros des parisiens réclamé au gouvernement ? Anne Hidalgo et Bertrand Delanoé n'ont-ils pas explicitement subordonné une dette à une couleur gouvernementale ? 

Qui plus est, cette semaine, on a appris que non seulement, depuis la fin de l'ère Tiberi, l'enveloppe des subventions accordées aux associations a explosé de plus de 60 %, mais qu'en plus, Hidalgo a ainsi distribué 242 millions d'euros en 2014 et 246 millions en 2015 (2). 

Est-ce qu'on parle bien de la ville a qui il manquait 400 millions d'euros pour boucler le budget 2015 (3), et a qui il manque toujours 400 millions en 2016 ? 

Les parisiens ne pourront pas dire qu'ils n'étaient pas au courant. Aurélien Véron, le président du Parti Libéral Démocrate, les avaient prévenu du fait que les finances de la ville étaient en danger (4), contrairement à ce qu'affirmait le pourtant sérieux Institut Montaigne. Les parisiens avaient aussi à disposition les analyses Serge Federbusch, qui note depuis des années que le budget de la ville de Paris, structurellement plombé par le clientélisme immobilier de la mairie, ne repose que sur la bulle immobilière et ses droits de mutations (5). Cette analyse est d'ailleurs corroborée par d'autres observateurs, comme le blogueur Social Nec Mergitur (6). 

N'est ce pas comique ? Afin de lutter contre les baisses de dotations de l'Etat, conséquence directe des besoins croissants de l'Etat en argent public (qui découlent directement de la politique socialiste menée), la majorité parisienne, socialiste, se transforme en promoteur immobilier qui spécule. C'est en effet la dernière option avant la hausse de toutes les taxes possibles, et la baisse des prestations de services publics qui seront rendus. 

Tout en se gardant bien de tomber dans l'anti socialisme primaire, force est de constater qu'avec le socialisme, c'est toujours la même histoire : il fonctionne tant que le mur de la réalité n'est pas percuté de plein fouet. Les excuses, c'est bie, même si il faut aller les chercher du coté du gouvernement duquel on est censé être solidaire, mais assumer sa politique, c'est mieux !
Alors, du coup, anecdotiquement, la ville de Paris va t-elle renoncer à dépenser 60 millions d'euros uniquement pour sa candidature aux JO 2024 ? Et sur le fond, va t-elle abandonner son objectif de soviétisation du parc immobilier ? 




(4) Les Echos Paris, finances en danger, par Aurélien Véron 17 décembre 2013

samedi 10 octobre 2015

#JO2024 à Paris : alors, @Anne_Hidalgo, ce referendum ?

Sacrée Anne Hidalgo !
Quand on pense que certains la qualifient de frondeuse en chef au sein du Parti Socialiste (1) !

Souvenez-vous ! 
Le 31 mai 2014, Anne Hidalgo déclarait, au sujet des Jeux Olympiques 2024 à Paris : "Je n'ai pas porté ce projet dans ma campagne" et "Les Parisiens attendent de moi du logement, des équipements, de la justice et de la facilité économique. J'aime beaucoup le sport et la compétition sportive, je sais ce qu'elle apporte comme rêve et part d'énergie dans une société et dans une ville. Mais aujourd'hui, nous sommes les uns et les autres dans des contraintes financières et budgétaires qui ne me permettent pas de dire que je porte cette candidature (2).

Et aujourd'hui, le discours a changé. Pourquoi ? Peut-être parce que le Président Hollande, à la recherche de son grand projet de quinquennat et de perspectives de futur pour la France, a, lui, tout seul, comme un grand et dans son coin, décidé qu'il fallait les Jeux Olympiques à Paris !
Justification : "C'est très important parce que ça sera un moment de ferveur et surtout ça fera plein d'équipements avant, plein d'emplois, plein d'industries qui pourront se montrer"
Comme si les investisseurs désireux de créer des industries en région parisienne avaient attendu Hollande. 

Quel est le marchandage interne au Parti Socialiste qui a eu lieu, pour que Anne Hidalgo change d'avis (maintenant, elle soutient le projet) ? 




Du coup, où est passé la démocratie participative promise par Anne Hidalgo ?
58% des Parisiens favorables aux JO en 2024 et 72% sont pour un référendum (4). Un referendum, voila une bonne occasion de mettre en valeur les principes tant mis en avant par la gauche parisienne ! On peut pour cela poser une question simple aux contribuables et citoyens franciliens : êtes vous pour ou contre l'organisation des Jeux Olympiques à Paris ?



On verra si les franciliens sont pour ou contre la dépense de 6 à 10 milliards d'euros que nous n'avons pas et s'ils pensent, au vu des performances de la classe politique française depuis 40 ans, que  Paris 2024 a plus de chances de ressembler, financièrement parlant, à Los Angeles 1984 ou à Athènes 2004.

Dans ce contexte, on ne peut que rire de la "consultation"Faites vos jeux" de la mairie de Paris.On nous demande, non pas si nous voulons des JO, mais comment faire coller un projet déjà décidé aux valeurs affichées par la gauche parisienne (égalité est-ouest, soutien de la pratique sportive "populaire", etc).

Alors, Madame Hidalgo, maire de Paris, à quand le référendum ?

Et qu'on ne nous fasse pas croire que l'opposition plus ou moins résolue aux Jeux Olympiques 2024 à Paris ne serait que le fruit d'une petite minorité, comme certains médias tentent de le laisser penser (5). Même en ne retenant que l'hypothèse que d'EELV et du Front de Gauche seuls opposants aux JO 2024 à Paris, ils représentent quand même une partie des alliés de la maire de Paris !




(1) Le Monde Anne Hidalgo, la frondeuse qui ne dit pas son nom 17 septembre 2015

jeudi 13 août 2015

#TelAvivSurSeine : incorrigible extrême gauche parisienne

Alors, même au coeur de l'été, et même sur une opération aussi anodine que Paris Plages, il faut que l'extrême gauche, celle qui a voté pour le président Hollande, et celle qui gouverne partiellement avec Anne Hidalgo à Paris, se préoccupe des combats hors sujet ?

La ville de Paris, qui organise la célèbre opération "Paris Plages " ( à ne pas confondre avec Paris Plage, depuis 1882 (1)) a décidé cette année, non pas, une fois de plus, de faire place nette en expulsant les SDF des berges de Seine  (2) (et oui, c'est ça aussi, la gauche), mais de s'associer, dans le cadre des partenariats ponctuels que la mairie est amenée à signer, à la ville de Tel Aviv.

Face à ce partenariat, l'extrême gauche parisienne s'est réveillée. Elle qui est traditionnellement un "soutien" de la "cause palestinienne" ne supporte pas l'idée que la ville de Paris puisse, d'une manière ou d'une autre, donner l'idée qu'une institution française légitime la politique israélienne. Oui, vous avez bien lu, dire "I love Tel Aviv", c'est cautionner le sionisme (qui est, au passage, né à gauche), la lutte d'Israel contre le terrorisme (*) palestinien ou les exactions que Tsahal aurait pu être amenée à commettre. Lisez la tribune de Julien Salingue docteur en science politique et membre du NPA, par exemple (3), celle de Madjid Messaoudene, conseiller municipal délégué à Saint-Denis (93) et militant du Front de Gauche (4) ou les propos d'Alexis Bachelay,  député socialiste des Hauts-de-Seine (5).

La réponse d'Anne Hidalgo face à ses détracteurs est tellement symbolique des contradictions de cette gauche française ultra communautariste. Lisez plutôt la tribune publiée par le Monde :
"Face à Même dans le contexte enlisé et violent du conflit israélo-palestinien, Tel-Aviv reste une ville ouverte à toutes les minorités, y compris sexuelles, créative, inclusive, en un mot une ville progressiste, détestée à ce titre en Israël par tous les intolérants C’est à Tel-Aviv qu’ont eu lieu les manifestations de solidarité les plus impressionnantes avec la famille de l’enfant palestinien brûlé vif par des fanatiques.

C'est d'un risible.

C'est vrai que Tel Aviv est une ville festive, une ville balnéaire, et une ville gay friendly. Mais cette façon de juger de la sociologie de Tel Aviv à l'aune des problématiques internes au Parti Socialiste français est tout bonnement ridicule. Si Anne Hidalgo juge les moeurs de Tel Aviv tellement attractives, pourquoi ne demande t-elle pas immédiatement la légalisation de la gestation pour autrui (légale chez nos amis Israéliens) ? Quand le progressisme est à géométrie variable ...

De plus, le Parti Socialiste français est surtout, sur le sujet de la question Israélo-Palestinienne comme sur d'autres, prisonnier de ses contradictions internes. Il  y a quelques années, quand l'actuel premier ministre français n'était que le maire de la ville d'Evry, il était un fervent soutien de la cause palestinienne (6). La ville d'Evry, connue pour son apparent manque de white, de blancos (si on en croit son ex maire (7)...), valait bien cela.
Aujourd'hui, il se présente comme l'ami éternel d’Israël et soutient notamment Anne Hidalgo dans son opération Tel Aviv Sur Seine. Et pour soutenir ce partenariat, l'Etat n'hésite donc pas à mobiliser des centaines de policiers (8), en pleine période de restrictions budgétaires et de mobilisation des forces de sécurité contre l'insécurité.

Simplement, en attendant que le Parti Socialiste prenne conscience de ses contradictions et dénonce également le discours de haine tenu par l'extrême gauche, comme il le faut à l'encontre de l'extrême droite, osons deux questions simples. 
D'une part, pourrait-on faire le bilan financier et le bilan carbone de l'opération Paris Plages, puis demander leur avis aux citoyens et contribuables parisiens afin de savoir s'ils sont pour ou contre le maintien d'habillage par Bertrand Delanoë d'une pratique qui existait depuis des années, à savoir l'usage estival des berges par les Parisiens et les touristes ?
D'autre part, est-ce le rôle de la mairie de Paris que de se mêler de questions diplomatiques, ou bien Anne Hidalgo devrait-elle concentrer ses efforts sur ce pour quoi elle a été désignée ? Il parait que Paris a quelques problèmes de budget (9), ainsi que de propreté (10) ...




(2) Liberation A Paris, les SDF priés de sortir de la photo 22 juillet 2006
(*) un mot ambigu puisque les résistants français contre l'occupant national socialiste, entre 1940 et 1944, étaient qualifiés de terroristes
(6) Mediapart Palestine : le revirement de Manuel Valls 31 juillet 2014
(10) Municipales 2014 à Paris @Paris, ville sale ? - Beurk sur la ville 27 juillet 2014




jeudi 6 août 2015

Paris: Un «trou» de plus de 300 millions d'euros dans le budget 2016 de la Ville

Apparemment, la hausse du prix des parking et des amendes ne sera pas suffisante !

La Ville de Paris va être confrontée à un «manque à gagner» de plus de 300 millions d'euros pour boucler son budget 2016, a-t-on appris auprès de l'adjoint en charge des Finances Julien Bargeton (PS). (1)

Il va en falloir du stationnement payant en août pour compenser ...!

Quand on pense que même l'Institut Montaigne avait contribué à l'enfumage et avait critiqué la parole de vérité relayée par Aurélien Véron, du Parti Libéral Démocrate, lors des dernières municipales, rappelez-vous (2) !







(2) Le cercle Les Echos Paris, finances en danger 17 décembre 2013

samedi 1 août 2015

Droit de préemption : l’extrême gauche parisienne reine de la géométrie variable !

Ce qu'il  a de fascinant avec l'extrême gauche, dans la capitale ou ailleurs, c'est sa maitrise du double think (1). Quand on défend les valeurs extrémistes de gauche, il faut, dans un difficile exercice de novlangue, être capable d'accepter simultanément deux points de vue opposés et donc de rejeter le principe de non-contradiction.

Prenez, par exemple, le droit de propriété. Un enfant de deux ans sait très bien ce qu'est le droit de propriété : essayez un peu de reprendre un cadeau d'anniversaire ou un doudou. Ce droit, il a également été rappelé par la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 (2) : "Art. 17. La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n'est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l'exige évidemment, et sous la condition d'une juste et préalable indemnité." Les juristes nous parlent du droit de propriété comme étant le droit d'user (usus), de profiter (fructus) et de disposer (abusus) d'une chose, d'en être le maître absolu et exclusif dans les conditions fixées par la loi.

Or, malgré le caractère "inviolable et sacré" du droit de propriété, régulièrement, des politiciens tentent d'en priver les citoyens, pour des raisons de "nécessité publique". Ces politiciens se recrutent le plus souvent à la gauche de la gauche (3), mais pas seulement . Or, ces politiciens ont d'autres valeurs, comme la volonté de faire du social" (au sens gauchiste du terme) qui peuvent rentrer en conflit avec un droit pourtant issu de 1789, la révolte du "tiers état" contre l'absolutisme. Du coup, attention, c'est la où ça se complique. Une personne d’extrême gauche, on ne peut pas lui demander de renoncer au droit de propriété dans n'importes quelles conditions :

  • Laisser les associés d'une SCOP de faire ce qu'il veulent de leur entreprise : bien (4)
  • Laisser un méchant patron de faire ce qu'il veut de son entreprise ? : pas bien (5)
  • La mairie de Paris consacre 140 millions d'euros : a priori, c'est bien (6)
  • La mairie de Paris use de son droit de propriétaire pour changer l'affectation de locaux : pas bien du tout dans certains cas !!

Ainsi, prenez l'affaire  du collectif Ramponeau, du nom de cette rue du XXeme arrondissement de la capitale, vers Belleville. C'est assez exemplaire. 



Le collectif explique très clairement l'objet de son courroux : la mairie de Paris, qui a préempté une ancienne usine en 2005 (en violant donc le droit de propriété de l'ancien propriétaire) et en est devenue propriétaire, choisit maintenant de changer à nouveau l'affectation des locaux. 


Comme il s'agit d'artistes qui bloguent via Mediapart (7), et non pas d'une petite vieille à la retraite en butte à une bande d'antifas, ici, pas de bad buzz, pas de procès en sorcellerie, pas d'accusation d'extrémisme de droite. 
Au contraire, un soutien bienveillant, pas d'Anne Hidalgo évidemment, ni de Ian Brossat, bien embeté, mais du reste de la nomenklatura parisienne, de Danielle Simonnet (Parti de Gauche) aux collègues de NKM (les Républicains) (8). 

Et au fait, pourquoi les socialo-communistes au pouvoir à la mairie de Paris préfèrent virer des artistes pour permettre à une auberge de jeunesse de s'installer ? C'est simple. Pour l'argent. Il faut bien financer toutes ces préemptions et ces HLM, surtout dans un contexte dans lequel la ville de Paris a, contrairement à l'opinion communément admise, un très gros problème de fuite de sièges sociaux d'entreprises  (9) et toutes les taxes qui vont avec ? 

Le collectif de la rue Ramponeau, qui, au vu des scores électoraux aux dernières municipales (10), est sans doute ok avec le point de vue de l’extrême gauche sur les préemptions, ne comprend t-il donc pas que le respect des principes constitutionnels ne saurait être subordonné à des contingences politiques de court terme, sous peine de vérifier deux maximes bien connues, à savoir "dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes" et "le socialisme ne dure que jusqu'à ce que se termine l'argent des autres" ?
Un enfant de deux ans pourrait presque dire : tel est pris qui croyait prendre !


(1) Wikipedia Double pensée (1984)
(3) Ian Brossat (Parti Communiste, mairie de Paris) préemption

vendredi 29 mai 2015

LVMH étend son emprise sur la capitale ?

Des bizarreries qui émaillent la vie politique parisienne, il y en a. Par exemple, on peut citer cette alliance contre-nature entre le Parti Socialiste et Europe Ecologie les Verts (1) , qui a volé en éclat hier (2) avec le vote sur Roland Garros (encore que ce n'était pas une surprise puisque les écolos avaient toujours dit qu'ils n'étaient pas d'accord (3) avec le PS). 

Mais une qui est plus drôle encore, c'est cet amour du PS pour Louis Vuitton Moet Hennessy

Vous direz, qu'y a t-il de mal à apprécier un des symboles de l'excellence du luxe à la française et qui, de plus, est non seulement basé à Paris, mais a de plus son histoire profondément inscrite dans le terroir parisien d'hier (4) à aujourd'hui (5) ? Et puis, qui n'aime pas une bonne flûte de champagne, des jolies montres hors de prix, des parfums luxueux ou des fringues exclusives ? 

Le Président Hollande, Bernard Arnault, Anne Hidalgo, Fleur Pellerin
source Pure People

Enfin, le rôle de l’exécutif municipal n'est-il pas d'aider les entreprises présentes sur son territoires, quelles que soient ces entreprises, surtout quand on fait face à une problématique de fuite de sièges sociaux (6) ? 

Alors, qu'y a t-il de mal à voir Anne Hidalgo rester silencieuse sur le projet de rachat du quotidien francilien le Parisien par LVMH, après avoir défendu LVMH sur le dossier la Samaritaine ou accepté une modification des règles d'urbanisme en vigueur dans le bois de Boulogne pour permettre l'installation du (joli et spectaculaire) musée de la fondation Louis Vuitton ? 

La réponse, c'est la distinction entre les principes et le cynisme que la poursuite du but autoriserait. Quand on donne en permanence, comme le fait le Parti Socialiste, des leçons sur tout, sur les riches, sur le bling bling, sur l'ultra libéralisme méga capitaliste qui ravagerait la France (lol ...), peut-on, au nom du but légitime de la localisation des emplois, se permettre ce grand écart entre les mots et les actes ? 
Canal Plus prend avec humour le projet de rapprochement entre le Parisien et LVMH. 

L'Opinion voit même un réel rationale à l'opération (7), notant que ce deal est un mariage publicitaire entre Les Echos (déjà possédé par LVMH) et Le Parisien.  

Mais qui peut raisonnablement penser que le Parisien, une fois dans le groupe LVMH, continuera à parler de la Samaritaine (8), de Sephora ou du deux poids deux mesures quand le PS parle des expatriés fiscaux (9) ? 

Vous direz : si le Parisien n'informe plus, alors cela libérera de la place pour un nouveau média (à créer)  désireux de tenir les parisiens au courant des affaires qui pourraient ou non concerner LVMH, la mairie de Paris ou toute autre institution, et vous auriez raison. Le pluralisme, notamment sur Internet, existe. 

Simplement, il ne faudra plus qu'on vienne nous dire que "les libéraux sont les alliés du grand capital", ce cliché si répandu (10). la vérité c'est que le PS s'en charge bien !





(4) Exponaute Exposition Louis Vuitton et Paris 13 octobre 2010
(5) Ville de Paris Découvrez la Fondation Vuitton 21 mai 2015
(10) Gauche Libérale Les libéraux sont les alliés du grand capital 11 juillet 2010

jeudi 14 mai 2015

L'engrenage de la video surveillance à Paris

Décidément, à chaque fois que l'Etat nous annonce quelque chose de nouveau "pour notre sécurité", on peut s'attendre à ne pas être déçu.

Prenez les caméras de vidéosurveillance qui ont transformé depuis des années la ville de Paris, en dépit du fait que ce soit une ville "de gauche".


A la base, on nous avait dit que la vidéosurveillance devait servir à faire baisser la délinquance (1), et ce depuis 2009. 

Notons que l'ancienne première adjointe socialiste Anne Hidalgo était pour le  projet tandis que Sylvain Garel (EELV) et Ian Brossat (PCF) étaient contre. Que le PS, EELV et le PCF aient quand même été alliés lors des dernières municipales alors qu'il ne sont d'accord sur rien, c'est secondaire. Passons.

Est-ce que la délinquance et l'insécurité ont baissé à Paris depuis 2009 ? Ne nous focalisons pas sur les incidents du Trocadéro liés au PSG, sur le décès d'Antoine, 20 ans, décédé à la dernière Saint Sylvestre (2) ou sur l'attaque de l'HyperCasher Porte de Vincennes. Prenons simplement la délinquance ordinaire, ces milliers d'actes qui pourrissent la vie des citoyens, commet évoluent-ils ?
Apparemment, ils explosent (3) ! Et encore, on ne parle que des actes qui peuvent être recensés et faire l'objet de l'enregistrement d'une plainte. Mais quid des incivilités subie par les jeunes femmes dans le métro (voir sur le blog d'Eloody : Hé Madmoizelle, j'peux t'aider ? T'es charmante !), quid des nombreuses atteintes à la propriété privée qu'on prend même plus la peine de relever, et enfin quid des libertés prises avec la loi par les agents mandatés par l'Etat lui-même (5) ? 

Bref, l'insécurité ne diminue pas, et ce n'est certainement pas avec des images de vidéosurveillance que l'on fera baisser les incivilités qui impactent la vie quotidienne des parisiens. Ce n'est d'ailleurs même pas avec la videosurveillance qu'on arrivera à combattre des événements exceptionnels tels que la fusillade de Charlie Hebdo (en plein XIeme arrondissement, un jour de semaine avec ses embouteillages habituels...).

Alors, à quoi vont servir toutes ces caméras ? Réponse : à vidéoverbaliser ! Les caméras de videosurveillance, pour faire oublier leur inutilité dans la lutte contre le terrorisme aussi bien que contre les incivilités, auront au moins une utilité : ramener de l'argent dans les caisses de la ville de Paris. Et désormais, la vidéoverbalisation s’étendra à tout Paris (6). Comme le note Aurélien Véron, du Parti Libéral Démocrate : Les caméras de surveillance devaient assurer notre sécurité, pas nous racketter. Au final, devinez ce qui l'emporte ...






(4) Libre Affichage Hé Madmoizelle, j'peux t'aider ? T'es charmante ! 21 avril 2015
(5) Municipales 2014 à Paris La majorité des 800 enlèvements quotidiens par les fourrières de la capitale seraient illégaux ! 5 avril 2015
(6) Le Parisien La vidéoverbalisation s’étend à (presque) tout Paris 10 mai 2015


samedi 11 avril 2015

@Anne_Hidalgo : #1anParis

Ce samedi, Anne Hidalgo organisait une réunion d'information appelée "compte rendu de mandat" devant les parisiens, à l'occasion de l’achèvement de sa première année en tant que maire de Paris.



Sans surprise, le Parti Socialiste parisien se félicite de cette première année. Il parle même d'un an de promesses tenues (1) !



C'est drôle, ils ont même organisé des tractages ce week end. On pensait que le PS n'avait plus d'argent. 
On a du se tromper.

Là où on ne se trompe pas, c'est que même sur les thèmes sur lesquelles Anne Hidalgo a choisi de communiquer, il y a beaucoup à dire. 

Mythe : Priorité au logement : 10000 nouveaux logements par an
Fait : Pour développer du logement social, la mairie de Paris ne fait pas construire des nouveaux appartements, elle préempte ou rachète des logements existants, et en fait artificiellement des HLM. Outre le maintien de cette notion surréaliste qu'est l'existence de logements hors marché, cette politique a deux conséquences néfastes : d'une part, elle alimente le clientélisme, d'autre part, elle pèse sur le budget de la ville de Paris. La vérité, c'est que la politique logement de la ville de Paris va dans le mur (2). 
Mythe : Lutte contre la pollution : sortir du diesel d’ici 2020
Fait : Anne Hidalgo n'est pas arrivée au pouvoir en 2014. Cela fait depuis 2001 qu'elle participe à la gestion de Paris et de l'Ile de France. Entre 2001 et 2014, Hidalgo a validé la politique d'achats de bus diesel de la RATP, par ses votes et par les subventions de Paris au STIF (3). Ces bus, récents pour certains, ne seront pas mis à la poubelle en 2020. La sortie du diesel ne concerne que les manants de banlieue qui ont le mauvais gout de venir travailler en voiture à Paris. 

Mythe : Développer l’attractivité de Paris
Fait : la fuite des sièges sociaux du centre de Paris va devenir un problème croissant (4), dont la réponse n'est pas que municipale. 

Mythe : Notre grande cause : prendre en charge les plus démunis
Fait : Anne Hidalgo n'a aucun outil positif et viable pour prendre en charge les démunis qui, au passage, n'ont jamais été aussi nombreux à Paris. Ce combat, c'est celui des associations et ONG comme la Croix Rouge, la Mie de Pain ou Fleur de Bitume à qui il faut donner de la liberté d'action et des moyens récoltés par la générosité des donateurs (5). 

Mythe : Budget participatif : c’est vous qui décidez
Fait : le coté participatif du budget participatif d'Anne Hidalgo était doublement limité : d'une part, il ne portait que sur 5% du budget d'investissement (qui lui même représente moins de 20% du budget total), d'autre part, toutes les propositions des parisiens n'étaient pas recevable. Par exemple, il n'était pas possible de proposer de ne pas dépenser, et de rendre un peu d'argent aux contribuables et citoyens Parisien (6).

On pourrait aussi évoquer l'abandon du milliard d'euros des parisiens (7), ou encore le plan social envisagé par Madame le Maire alors que la candidate Hidalgo le refusait (8). 

Evidemment, pas la peine de demander ce que l'opposition pense ou dit, c'est pas facile d'être à la fois conseillère municipale de Paris et députée de Longjumeau ou députée Européenne. Sinon, on aurait entendu des propositions de légalisation des crèches clandestine, de circulation des métros H24, de suppression des feux rouges pour fluidifier le trafic, d’arrêt de la répression de la prostitution, de franche baisse des effectifs de fonctionnaires de Paris ou de fusion des communes limitrophes, pour ne prendre quelques exemples.




(1) Parti Socialiste Paris Avec Anne Hidalgo pour Paris : un an de promesses tenues 3 avril 2015
(2) Delanopolis Le record du HLM le plus cher de nouveau pulvérisé à Paris ! 4 juillet 2013
(3) Libération Diesel : la mémoire d’Anne Hidalgo a des ratés 17 mars 2014
(4) Contrepoints Les grandes entreprises fuient Paris : Hidalgo sous pression ! 15 mars 2015
(5) Le Parisien En achetant son DVD, aidez les sans-abri parisiens 31 mars 2015
(6) Contribuables Budget participatif de Paris : une parodie de démocratie 3 février 2015
(7) Municipales 2014 à Paris Relations avec l'Etat : Anne #Hidalgo (#PS) réclamerait-elle le milliard d'euros des parisiens ? 8 février 2014
(8) Le Parisien Libéral Effectifs de l'administration parisienne : Anne Hidalgo "change d'avis" ... ? 14 octobre 2014

vendredi 20 mars 2015

Pollution à Paris ? Panique au gouvernement !

Ça fait plusieurs jours que le nord de la France est touché par un pic de pollution impliquant des particules PM 10 (1). 

Pollution atmosphérique à Paris, le 18 mars 2015
Source : AFP

Et dans ces conditions, il est recommandé, que les jeunes enfants, les personnes âgées et les malades évitent les activités physiques, en plein air ou en intérieur, les particules affectant particulièrement les systèmes respiratoire et cardio-vasculaire.
Cette recommandation d'éviter les efforts physiques, pour tous mais plus particulièrement pour les personnes les plus fragiles sus-mentionnés, n'a pas empêché la mairie de Paris  de mettre ainsi en place la gratuité d’une heure d’Autolib’ mais surtout du ticket 1 jour Vélib (2)’ accompagné des 30 premières minutes offertes par trajet. Passons ! Ceux qui se sentent mal sur leurs Vélib pourront toujours tenter une Autolib pour le trajet retour !

Dans ce contexte de pollution atmosphérique, un certain nombre de mesures sont normalement prévues : il s'agit, d'une part, de l'abaissement des limitations maximales de vitesse de circulation sur les routes franciliennes, et, d'autre part, de la circulation alternée. Le but est de réduire les émissions de polluants par les véhicules, à la fois par véhicule circulant et par réduction du nombre de véhicule en circulation. La mesure de circulation alternée, on connait déjà, une avait eu lieu le 1er octobre 1997 pour lutter contre un pic de pollution au dioxyde d'azote, et une autre, le 17 mars 2014 (3) pour lutter contre un pic de pollution aux particules fines. Pas de chance, c'est toujours sur la gauche que ça tombe !

Cette fois-ci, étant donné que nous sommes dans le même contexte qu'en mars 2014, la ville de Paris a demandé à l'Etat de mettre en place la circulation alternée (4), puisqu'il ne peut s'agit que d'une décision préfectorale. Quelle erreur ! Anne Hidalgo, la maire de Paris, a provoqué un drame au sommet de l'Etat !
Déjà, ne cherchez surtout pas à savoir quel texte peut bien régir cette situation de circulation alternée : la préfecture de police de Paris est aux abonnés absents sur le sujet. En revanche, pour "lutter contre le terrorisme", ça va, elle est bien présente !

Circulation alternée : mode d'emploi - La préfecture de Police ? Erreur 401 !

En réponse à la demande de la maire de Paris, le gouvernement a dit non à cette demande de circulation alternée, malgré la dégradation de la situation, et bien que nous soyons exactement dans la même situation qu'en mars 2014

Mieux, Ségolène Royal fait de l'explication de texte directement, sur twitter, dans une réponse aussi ininformée que démagogique : la ministre de l'environnement ne sait-elle donc pas que les parisiens circulent déjà en métro  (moins d'un parisien sur deux a une voiture), métro qui, au passage, est aussi pollué que l'air ambiant à proximité immédiate du périf  (6) ? 






Imposer du jour au lendemain à la banlieue la circulation alternée ne serait pas respectueux ... ce gouvernement touche vraiment le fond. 
Est-ce que, quand le RER A se met en grève subitement et prive juste quelques centaines de milliers de travailleurs de moyen de transport, les mettant en retard, les faisant rater des examens, les poussant à s'entasser comme des sardines dans les lignes de substitution, est ce que Ségolène Royal vient parler de respect ? 
Quand le gouvernement prend des lois rétroactives, notamment au niveau fiscal, est ce que Ségolène Royal vient parler de respect ? 
Quand le gouvernement déjuge des lois votées à l'unanimité comme celles sur Ecomouv' et force ce pauvre bougre de con-tribuable à payer la note de plusieurs centaines de millions d'euros, est ce que Ségolène Royal vient parler de respect ? 

L'explication, c'est le quotidien l'Opinion qui la fournit (7) : à quatre jours du premier tour des élections départementales, le dispositif de circulation alternée mettrait en colère les milliers de banlieusards qui viennent chaque jour travailler dans la capitale. C'est impensable pour un Parti Socialiste menacé par une gifle électorale historique.


Anne Hidalgo pollue l'action du gouvernement par Lopinionfr


Voila où nous en sommes. La majorité socialiste (alliée, théoriquement, aux écologistes d'EELV) est tellement paniquée qu'elle est prête à sacrifier ses propres principes d'action au profit de minables tactiques de court terme, et ce au détriment de la santé publique.

Dans ce contexte, comment l'Essonne ou la Seine Saint Denis peuvent-elles rester socialistes dimanche ? Parce que, il ne faut pas que la banlieue s'y trompe. Les parisiens ne votent pas dimanche (8), donc c'est tant pis pour eux. Mais les électeurs des communes d'Ile de France n'ont évidemment aucune raison pour faire confiance à des gens qui seraient prêts à déclarer quelque chose en conseil départemental et tout autre chose en tant que ministre. Il est d'ailleurs très significatif que l'on n'ait pas entendu Valls sur le sujet. En tant que conseiller municipal d'Evry (tiens, un cumul mandat local - fonction ministérielle !), le premier ministre doit bien avoir un avis sur la question de la pollution atmosphérique en Ile de France, non ?

Ségolène Royal a commencé sa carrière au début des années 80, et a été ministre au début des années 90. A l'époque, malgré le sang contaminé, malgré le Rainbow Warrior, les citoyens avaient peu de moyens de contester les décisions politiques . Aujourd'hui, les class actions existent en France. Après celle du RER A (9), celle de l'absence de décision en faveur de la circulation alternée ?






(7) Ecologie Libérale Anne Hidalgo pollue l'action du gouvernement 19 mars 2015
(8) Le Parisien Libéral Pas d'élections cantonales à Paris ! 18 mars 2015
(9) Le Monde Des usagers du RER A lancent une action de groupe 3 mars 2015