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lundi 23 novembre 2015

Logement : extraordinaire gauche parisienne

Le conseil municipal de Paris se tient avec une semaine de retard, du fait des attentats du 13 novembre 2015. Mais nous ne perdions rien pour attendre. 
Dans la même séance, au sein du même groupe socialistes et communistes, voila ce qu'ils ont réussi à nous sortir, les mêmes qui, rappelons le, luttent contre les marchands de sommeil, régulent et plafonnent les loyers ou encore imposent la loi ALUR :

1. Hausse des droits de mutation 
2. Découverte du fait que les chambres de bonnes sont pour partie inoccupées, du moins de manière officielle et permanente. 

Pour la hausse des droits de mutation, no comment, cela correspond parfaitement à l'analyse de Serge Federbusch (3), qui dit que le PS et le PCF parisien sont dans une impasse, où seule la capacité à profiter de la bulle immobilière en la taxant toujours plus permettra de financer leur programme délirant de HLMisatioin de la ville. 

Quand à la découverte d'un million (oui, un million) de mètres carrés "inoccupés", qui plus est dans "les beaux quartiers", franchement on se demande sur quels planète ils vivent, ces grands découvreurs. Ne seraient-ce pas les mêmes qui pensent qu'il est indigne de louer moins de 11m² ? 

Dans ce domaine comme pour d'autres, on ne peut pas dire que ce soient les contradictions qui gênent Anne Hidalgo ou son adjoint communiste Ian Brossat.




samedi 1 août 2015

Droit de préemption : l’extrême gauche parisienne reine de la géométrie variable !

Ce qu'il  a de fascinant avec l'extrême gauche, dans la capitale ou ailleurs, c'est sa maitrise du double think (1). Quand on défend les valeurs extrémistes de gauche, il faut, dans un difficile exercice de novlangue, être capable d'accepter simultanément deux points de vue opposés et donc de rejeter le principe de non-contradiction.

Prenez, par exemple, le droit de propriété. Un enfant de deux ans sait très bien ce qu'est le droit de propriété : essayez un peu de reprendre un cadeau d'anniversaire ou un doudou. Ce droit, il a également été rappelé par la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 (2) : "Art. 17. La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n'est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l'exige évidemment, et sous la condition d'une juste et préalable indemnité." Les juristes nous parlent du droit de propriété comme étant le droit d'user (usus), de profiter (fructus) et de disposer (abusus) d'une chose, d'en être le maître absolu et exclusif dans les conditions fixées par la loi.

Or, malgré le caractère "inviolable et sacré" du droit de propriété, régulièrement, des politiciens tentent d'en priver les citoyens, pour des raisons de "nécessité publique". Ces politiciens se recrutent le plus souvent à la gauche de la gauche (3), mais pas seulement . Or, ces politiciens ont d'autres valeurs, comme la volonté de faire du social" (au sens gauchiste du terme) qui peuvent rentrer en conflit avec un droit pourtant issu de 1789, la révolte du "tiers état" contre l'absolutisme. Du coup, attention, c'est la où ça se complique. Une personne d’extrême gauche, on ne peut pas lui demander de renoncer au droit de propriété dans n'importes quelles conditions :

  • Laisser les associés d'une SCOP de faire ce qu'il veulent de leur entreprise : bien (4)
  • Laisser un méchant patron de faire ce qu'il veut de son entreprise ? : pas bien (5)
  • La mairie de Paris consacre 140 millions d'euros : a priori, c'est bien (6)
  • La mairie de Paris use de son droit de propriétaire pour changer l'affectation de locaux : pas bien du tout dans certains cas !!

Ainsi, prenez l'affaire  du collectif Ramponeau, du nom de cette rue du XXeme arrondissement de la capitale, vers Belleville. C'est assez exemplaire. 



Le collectif explique très clairement l'objet de son courroux : la mairie de Paris, qui a préempté une ancienne usine en 2005 (en violant donc le droit de propriété de l'ancien propriétaire) et en est devenue propriétaire, choisit maintenant de changer à nouveau l'affectation des locaux. 


Comme il s'agit d'artistes qui bloguent via Mediapart (7), et non pas d'une petite vieille à la retraite en butte à une bande d'antifas, ici, pas de bad buzz, pas de procès en sorcellerie, pas d'accusation d'extrémisme de droite. 
Au contraire, un soutien bienveillant, pas d'Anne Hidalgo évidemment, ni de Ian Brossat, bien embeté, mais du reste de la nomenklatura parisienne, de Danielle Simonnet (Parti de Gauche) aux collègues de NKM (les Républicains) (8). 

Et au fait, pourquoi les socialo-communistes au pouvoir à la mairie de Paris préfèrent virer des artistes pour permettre à une auberge de jeunesse de s'installer ? C'est simple. Pour l'argent. Il faut bien financer toutes ces préemptions et ces HLM, surtout dans un contexte dans lequel la ville de Paris a, contrairement à l'opinion communément admise, un très gros problème de fuite de sièges sociaux d'entreprises  (9) et toutes les taxes qui vont avec ? 

Le collectif de la rue Ramponeau, qui, au vu des scores électoraux aux dernières municipales (10), est sans doute ok avec le point de vue de l’extrême gauche sur les préemptions, ne comprend t-il donc pas que le respect des principes constitutionnels ne saurait être subordonné à des contingences politiques de court terme, sous peine de vérifier deux maximes bien connues, à savoir "dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes" et "le socialisme ne dure que jusqu'à ce que se termine l'argent des autres" ?
Un enfant de deux ans pourrait presque dire : tel est pris qui croyait prendre !


(1) Wikipedia Double pensée (1984)
(3) Ian Brossat (Parti Communiste, mairie de Paris) préemption

vendredi 31 juillet 2015

Réguler les loyers à Paris, refuser le réel

Demain, les propriétaires parisiens auront l'obligation de se soumettre aux dispositions de la loi ALUR et du décret n°2015-650, paru au Journal officiel le 10 juin 2015 (1). 

Réguler les loyers ... faut vraiment être très loin du réel pour avoir une idée pareille. Parce que, rappelons quelques évidences : un loyer, c'est quoi ? C'est bien un prix. C'est, dans le cadre d'une relation librement consentie entre un propriétaire et un locataire, une somme d'argent versée par l'un à l'autre en échange du droit d'occuper un logement ? 

Mais pourquoi le propriétaire loue t-il ? Par altruisme ? Non. Il loue car il pense que son bien peut lui rapporter. 
Et pourquoi les loyers sont-ils plus élevés à Paris qu'à Roubaix ou à Tulle ? Est-ce que les propriétaires sont plus méchants dans la capitale ? Non, c'est simplement le résultat de l'offre et de la demande : il y a plus de gens qui veulent habiter à Paris qu'à Roubaix ou à Tulle. 

Mais, avec ces loyers élevés, est ce que les propriétaires parisiens se gavent, au moins ? Même pas. 


Même s'il vaut évidemment mieux recevoir un loyer, quand on possède un bien immobilier, plutôt que ne rien recevoir, les rendements ne sont pas élevés dans la capitale. 

Autrement dit, peut etre que cette loi est un mauvais coup contre Paris, une ville qui a pourtant besoin d'investissement immobilier, pour autant que le foncier soit disponible. 

La Fondation Abbé Pierre nous dit que cette loi ALUR, c'est "enfin de l'action contre la crise du logement" (3). Mais ne comprennent-ils donc pas que, plus on régule le logement, plus la barrière à l'entrée est haute, et plus les propriétaires seront enclins à demander des garanties et des documents sur les postulants locataires ? 
La garantie des loyers, certes, mais que répond la Fondation Abbé Pierre à celles et ceux qui n'ont pas de garants, pas de fiches de paie, pas de sceau de l'Etat au bas d'un contrat d'embauche au sein de la fonction publique ? 

Le réel, il est la : la demande en logement à Paris demeure forte. Les arrangements avec le réel ne peuvent se faire qu'au détriment des faits. Et les faits, c'est que sur le territoire des 105 km² de la capitale, la demande en logement est croissante face à une offre relativement stable. 





(3) Le Monde Agir enfin contre la crise du logement 28 juillet 2015

vendredi 22 mai 2015

AirBnB Paris vs AirBnB London !

Ah ah ah, pauvres moujiks électeurs des arrondissements 1 à 5 et 10 à 12 ! Ils pensaient élire des démocrates bon teint à la tête de l’exécutif parisien, ils se retrouvent avec des commissaires politiques communistes assumés qui traquent le koulak qui ose louer son appartement sur AirBnB (1). 

Et oui, camarades, on ne peut pas dire, pourtant, que vous n'étiez pas prévenus ! Souvenez-vous du post du 27 mai 2014, "AirBnB : ces parisiens, de gauche, qui vont comprendre leur douleur". 

Alors, vous direz : il faut bien lutter contre ces locations sauvages qui raréfient l'offre de logement dans la capitale, ne sont pas déclarées, au fisc notamment, et génèrent trop de va et vient. D'ailleurs, Ian Brossat, l'adjoint communiste à la mairie de Paris, en charge du logement, le dit lui-même : ce sont les riverains qui sont les principaux pourvoyeurs de plaintes contre les appartement AirBnB. 
Vous direz également : Barcelone lutte bien contre ces sous-locations, alors pourquoi pas Paris ? 

Soit. 

Mais à votre avis, pourquoi AirBnB marche si bien à Paris ? N'est ce pas parce que l'offre hôtelière est saturée ? Les taux de remplissages des hôtels parisiens ne sont-ils pas en cause, qu'ils soient liés à l'industrie des congrès professionnels, à l'attrait touristique de la capitale ou, pour le bas de gamme, au scandale des locations, aux frais des contribuables, de chambres à prix d'or et à la limite de la salubrité, fournies aux sans-papiers ? 
Autrement dit, le succès de AirBnB n'est-il pas tout simplement la réponse que le marché fournit à un besoin ? 

Peut-être que les méchants propriétaires qui louaient sur AirBnB choisiront de passer à la location classique, plutôt que de devenir de vrais hôteliers. Mais pensez-vous vraiment, dans ce cas, qu'ils seront enclins à entretenir leur bien, surtout si le rendement locatif est contraint par les lois sur le blocage des loyers ? Ou alors, la situation actuelle perdurera : pour se prémunir contre les risques, la sélection (des années  de fiches de paye, les avis d'imposition, etc) sera encore plus forte, et seuls les hauts fonctionnaires genre Agnès Saal (2) (très haut salaire et totale sécurité de l'emploi ...) parviendront à se loger !

Franchement, en jouant aux inspecteurs du fisc, la mairie de Paris s'engage dans une voie qui ne se révélera pas être à l'avantage des parisiens. Alors que la capitale, et Anne Hidalgo, ouvre les yeux et note que l'alternative existe. 
Apparemment, à 2 heures et quelques d'Eurostar d'ici, ils ont une toute autre approche : ils dérégulent" et autorisent les londoniens à louer librement leur logement, ou une propriété, jusqu'à 90 jours par an sans risquer une amende, ou avoir besoin de demander une autorisation.



Oui vous avez bien lu (3) : Quand Paris lutte contre Airbnb, Londres l'accueille à bras ouvert (et Airbnb sait dire merci). 

Et oui les amis, il n'y a pas de fatalité à ce que, comme dirait H16,  des fonctionnaires sachent mieux que des propriétaires  ce qui est bon pour leur logement (4) !  
Mais bon, si ce sont les touristes qui nous gênent, il faut le dire. Après tout, ils ne sont juste que ceux qui font vivre les employés de Roissy Charles de Gaulle, le Louvre, Louis Vuitton, Eurodisney ou tous ces cafés et restos si charmants du Marais, n'est ce pas ? 

Pour conclure, juste un chiffre : il y a 100 000 français à Londres. Demandez leur si ils sont tous SDF,au pays de l'ultra libéralisme giga capitaliste et méchant, ou bien si c'est plus facile de se loger à Londres qu'en Socialie, à Paris. 



(4) H16 AirBnB à Paris, ça suffit à la fin ! 22 mai 2015. 

jeudi 26 mars 2015

Le fichier "coups de pouce" des Hôpitaux de Paris ? Pas de surprises !

Avez-vous lu la nouvelle révélée par Rue89 ? 

Leurs journalistes ont mis la mis la main sur un fichier de l’AP-HP publié par erreur sur Internet. "Demandes d’emploi, de logement : ce document illustre la manière dont les élus interviennent auprès du service public"

L'AP-HP, c'est quoi ? 
C'est cet énorme organisme dont le conseil de surveillance est présidé par Anne Hidago, et qui gère plusieurs hôpitaux parisiens, dont le célèbre Hotel-Dieu, l’hôpital que  la maire de Paris s'était engagée à maintenir en activité mais qui va finalement peut-être fermer (2). 

Des milliards d'euros de budget, des connexions politiques, un parc immobilier de milliers de logement (3), et ce depuis des années (4) ? La tentation était sans doute trop forte, et les pressions inévitables. Il apparaît en effet évident que dans une ville où le logement est un des principaux problèmes des habitants, être en mesure de "donner des coups de pouce" est une source de pouvoir que nul ne se priverait d'exploiter.
Voila pourquoi le marché est le meilleur arbitre possible en matière de logement. La justice, n'est-ce pas que chacun puisse se loger là où il peut, en fonction de ses moyens, et non pas parce qu'il a une connexion avec tel ou tel politicien ?







Sur le même sujet 



lundi 27 octobre 2014

Bonne nouvelle, @sylvianebulteau voulait juste "susciter le débat" ! (lol !)

Vous avez été très nombreux à lire "La députée socialiste @sylvianebulteau, vous connaissez ?" sur ce blog, sur Contrepoints ou sur Agoravox.

Rappelons la question au gouvernement, posée par Sylviane Bulteau, qui a généré tant de commentaires. 

Mme Sylviane Bulteau interroge M. le ministre des Finances et des comptes publics sur la concurrence que constituent certains sites d’annonces gratuites, notamment pour les professionnels de l’immobilier qui considèrent que celle-ci s’exerce de façon tout à fait déloyale, et même au détriment de l’État, en laissant s’installer un marché parallèle de l’immobilier. En effet, lorsqu’une transaction immobilière est réalisée par l’intermédiaire d’un professionnel, ce dernier pratique des honoraires qui sont assujettis à l’impôt (TVA). Ce qui n’est naturellement pas le cas dans le cadre d’un arrangement entre particuliers. Le principal site internet d’annonces gratuites en France, accessible sans inscription préalable, propose environ 260 000 annonces. Si l’on considère une somme moyenne de 6 000 euros HT sur ces transactions, à laquelle on applique 20% de TVA, on obtient 312 millions d’euros environ de manque à gagner pour l’État. La vente de particuliers à particuliers s’est donc indéniablement « professionnalisée » grâce aux nouvelles technologies. Aussi, elle lui demande quelle est la position du Gouvernement à ce sujet et s’il envisage de réglementer ces nouveaux usages.




Vous avez été nombreux à réagir, il n'y a qu'à voir les très nombreux commentaires sur Twitter.

Tout ceci a fini par interpeller la députée socialiste, ou, plus probablement, ses équipes, à commencer par Matthieu Boisdron (1), l'attaché parlementaire de Sylviane Bulteau (2). Cet ancien du Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS) (3) a l'air assez investi sur sa mission (4). Et que raconte t-il ? 
Ceci.
Attention, artillerie lourde juridique.

Madame, Monsieur,

Conformément à la réglementation en vigueur (Décret n° 2007-1527 du 24 octobre 2007 relatif au droit de réponse applicable aux services de communication au public en ligne et pris pour l'application du IV de l'article 6 de la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique), qui permet à toute personne, physique ou morale, "nommée ou désignée" dans un média de faire publier sa propre version des faits, nous vous demandons la publication sans délai de ce droit de réponse en tête de cette page internet hébergée par votre site :

http://leparisienliberal.blogspot.fr/2014/10/la-deputee-socialiste-sylvianebulteau.html

Une question que j'ai adressée au Gouvernement, relative à l'immobilier et à la vente de particulier à particulier, a fait couler beaucoup d'encre ces derniers jours. Voici quelques éléments de réponse que je tenais à apporter à ce sujet.

1°/ Sur la forme. Il s'agit d'une « Question au Gouvernement ». Cette procédure permet d'interpeller le ministre concerné par le sujet afin de connaître sa position ou celle du Gouvernement. Je le précise, car cela semble apparemment nécessaire, une « question au Gouvernement » n'est pas une proposition de loi. Elle n'appelle pas de décisions immédiates. Elle ouvre la porte à un débat et permet de faire « remonter » les préoccupations, les inquiétudes ou les interrogations qui viennent du « terrain », c'est-à-dire des particuliers, des professionnels ou des acteurs du secteur associatif. Oui, j'ai bien été sollicitée par un professionnel indépendant de ma circonscription qui est loin d'être un nanti ou le porte-voix d'un lobby. Ses inquiétudes sont-elles pour autant moins légitimes ?

2°/ En conséquence, et de façon plus générale, la très grande hostilité, voire la violence verbale parfois extrême, qu'a suscitée la publication de cette question démontre bien la sclérose actuelle du débat public. Est-il désormais impossible dans ce pays de susciter un débat ? Est-il désormais impossible de discuter d'une question, même sensible et complexe ? Avons-nous perdu toute capacité à nous parler sans nous lancer des anathèmes en pleine figure ?

3°/ Sur le fond, enfin, car c'est finalement le plus important. L'objet de cette question n'est pas de remettre en cause la vente de particuliers à particuliers. Il s'agit d'alerter sur les abus. Car oui, certains particuliers propriétaires de plusieurs logements, les louent ou les vendent uniquement via ces sites d'annonces. Des exemples de particuliers propriétaires d'appartements, organisés sous le régime de la SCI, qui louent via ces sites d'annonces et pratiquent illégalement des frais de dossier, il en existe désormais beaucoup dans les grandes agglomérations ou les zones touristiques. Ce faisant, ils agissent en agents immobiliers déguisés sans en subir les contraintes réglementaires ni en assumer les coûts. Internet a permis une "professionnalisation" de ces pratiques.

N'en déplaise, il y a donc en la matière un véritable sujet.

Merci de votre réponse.

Cordialement,

Le cabinet parlementaire
02 51 31 18 54



C'est là où ont voit à que point ces élus se moquent de nous. 

Déjà, Madame Bulteau semble prendre les citoyens pour des idiots, en écrivant "une « question au Gouvernement » n'est pas une proposition de loi.", comme si nous ne pouvions le remarquer. Ensuite, en bonne socialiste, Madame Bulteau excuse donc le lobbying de son contact par le fait qu'il ne soit pas un nanti. Qu'est ce qu'un nanti ? Mystère. Avec Hollande, on sait que les riches, c'est au dessus de 4000 euros par mois. Et avec Madame Bulteau ?

Sur le débat : Madame Bulteau regrette "la très grande hostilité, voire la violence verbale parfois extrême, qu'a suscitée la publication de cette question". Ici, il y a un amalgame entre l'hostilité exprimée par les citoyens et ce que Madame Bulteau prend pour de la violence. Mais ne comprend -elle pas que le principe même de son raisonnement, qui consiste quand même, rappelons le, à calculer un manque à gagner fiscal virtuel, sur une transaction qui aurait pu se faire par l'intermédiaire d'un professionnel, facturant des honoraires et donc collectant de la TVA, est de la violence ?

Madame Bulteau semble à ce point déconnectée de la réalité sociale de ce pays qu'elle n'a même pas réalisé que sa question met en lumière le fait que le monde idéal des socialistes est en réalité totalement marchandisé, étatisé, intermédié et fliqué, aux antipodes de ce que les socialistes disent d'eux-mêmes. Quand deux personnes échangent un bien immobilier, sans agent, ils sont de toutes façons soumis aux frais de notaires. Madame Bulteau voudrait par dessus qu'une commission, soumise à TVA, se greffe obligatoirement la dessus. Voilà ce que les internautes ont critiqué, rien de plus !

Et puis, si on pousse le raisonnement, faudra t-il taxer les jardiniers particuliers qui font concurrence aux maraîchers professionnels et font donc perdre de la TVA à l'Etat en dégustant leurs propres légumes ? 
Faudra t-il taxer les piétons et cyclistes qui font concurrence aux bus, métros et taxis,  et font donc perdre de la TVA à l'Etat ? 
Faudra t-il taxer les récupérateurs d'eau de pluie qui font concurrence à Véolia, Lyonnaise des Eaux et autres géants de l'eau, et  et font donc perdre de la TVA à l'Etat ? Ah, on souffle dans l'oreillette que ça, c'est déjà prévu !

Et comme l'écrivait si justement Frédéric Bastiat, faudra t-il un jour taxer le soleil qui fait une concurrence si déloyale aux chandelles ? 

Et que Madame Bulteau ne vienne pas nous parler de "pacte républicain autour de l'impot", et autre "redressement dans la justice". Non seulement elle fait partie des cumulards, mais en plus on ne l'a pas vu défendre l'amendement Courson sur la fiscalisation de l'IRFM, par exemple. On a d'ailleurs jamais entendu de sa part une proposition de diminution de la dépense publique. Au contraire, Madame Bulteau a voté le volet recettes du budget de Manuel Valls. 
N'ont-ils toujours pas compris la nature du ras le bol fiscal, qui, nouveauté, touche même à gauche ? 

Donc, n'en déplaise, les français veulent moins d'impots, moins de taxes, moins et mieux d'Etat, et non pas des députés qui veulent toujours plus de taxes !
En 2017, ou auparavant si Hollande décide de dissoudre, les français seront face à un choix clair : reconduire des gens comme Sylviane Bulteau, ou les renvoyer. On semble deviner de quel coté la balance va pencher ...



(1) Ouest France  Sylviane Bulteau commence sa journée par la lecture du courrier. Quelques mots échangés avec Matthieu Boisdron, son attaché parlementaire. 18 juin 2013
(2) Débarras, opinions et pensées en vrac un dénommé Matthieu B. (@Mtth85), portant comme description « Assistant parlementaire d’une députée socialiste #circo8502 27 mai 2013
(3) Les Jeunes Socialistes de Vendée Appel à la jeunesse - Matthieu Boisdron, animateur fédéral 6 janvier 2007
(4) Cache Google du site web de Sylviane Bulteau Permanences sur le canton Roche Sud 26 mars 2009 

vendredi 24 octobre 2014

La députée socialiste @sylvianebulteau, vous connaissez ?

Sylviane Bulteau, vous connaissez ? Non ? Vous devriez ! Sylviane Bulteau est députée de la Vendée, ainsi que Conseillère générale et première secrétaire fédérale du Parti Socialiste de Vendée. Elle est assez connectée, puisqu'elle dispose d'un blog, d'un compte Facebook et de Twitter. Vous direz, elle peut bien se payer tout ça, avec ce qu'elle gagne en tant que députée ! Vous auriez raison !

Mais pourquoi faudrait-il la connaitre ? A t-elle trouvé le moyen de permettre à Hollande de tenir sa promesse d'inversion de la courbe du chômage ? A t-elle coaché Valls et Cazeneuve pour faire baisser l'insécurité en France ? A t-elle convaincu Andrieux, Emmanueli, Thévenoud, Balkany, et autres de bien vouloir renoncer à leur siège à l'Assemblée Nationale ? A t-elle volontairement mis en oeuvre la promesse numéro 48 du candidat Hollande concernant le cumul des mandats ? 
Rien de tout ça, rassurez-vous ! 

Non, Sylviane Bulteau est juste, dans le cadre de sa mission de législateur et de contrôleur de l'action du gouvernement, à l'origine d'une question à Bercy totalement hallucinante. 
La Voici.

Mme Sylviane Bulteau interroge M. le ministre des finances et des comptes publics sur la concurrence que constituent certains sites d'annonces gratuites, notamment pour les professionnels de l'immobilier qui considèrent que celle-ci s'exerce de façon tout à fait déloyale, et même au détriment de l'État, en laissant s'installer un marché parallèle de l'immobilier. En effet, lorsqu'une transaction immobilière est réalisée par l'intermédiaire d'un professionnel, ce dernier pratique des honoraires qui sont assujettis à l'impôt (TVA). Ce qui n'est naturellement pas le cas dans le cadre d'un arrangement entre particuliers. Le principal site internet d'annonces gratuites en France, accessible sans inscription préalable, propose environ 260 000 annonces. Si l'on considère une somme moyenne de 6 000 euros HT sur ces transactions, à laquelle on applique 20 % de TVA, on obtient 312 millions d'euros environ de manque à gagner pour l'État. La vente de particuliers à particuliers s'est donc indéniablement « professionnalisée » grâce aux nouvelles technologies. Aussi, elle lui demande quelle est la position du Gouvernement à ce sujet et s'il envisage de réglementer ces nouveaux usages.



Cette question a été publiée au Journal Officiel, et on ne peut qu'en rester coi, bouche bée. 

Est-ce que vous avez lu ce que demande la députée socialiste ? Elle se plaint du fait que PAP ou Le Bon Coin 1. existent 2. "enlèvent du travail" aux agents immobiliers 3. induisent un préjudice pour l'Etat qui aurait dû toucher plus de taxes !


On rêve ! Mais non, c'est la vérité, Sylviane Bulteau est une vraie personne, pas juste un troll sur Internet chargée de caricaturer la gauche socialiste. C'est une vraie députée, payée avec des vrais impôts pour pondre des trucs pareils. 

On peut adopter deux postures : soit se dire que c'est n'importe quoi, et qu'en fait Sylviane Bulteau est payée par la FNAIM, Century 21 ou autre pour casser PAP, le Bon Coin et ces vilains citoyens qui commercent entre eux directement sur le net, les méchants ! Dans ce cas, ce serait un coup de lobbying à l'ancienne. Après tout, c'est de bonne guerre, Foncia (Banques Populaires), Arthur Optimist (Caisses d'Epargne), Square Habitat (Crédit Agricole) et autres ont l'oreille des politiciens, pourquoi n'en profiteraient-ils pas ? Cette hypothèse pourrait être limite, elle est donc très peu probable. 

Soit on se dit que Sylviane Bulteau croit en ce qu'elle raconte, et alors là, les implications idéologiques sous jacentes sont impressionnantes. Déjà, cela voudrait dire que, pour les gens comme Sylviane Bulteau, jamais les solutions décentralisées ne seront préférables.  Vous comprenez pourquoi, dans un monde capitaliste à défaut d'être également libéral, le Parti Socialiste et ses affidés (syndicats, Libération, etc ...) préfèrent, in fine, traiter avec les grandes entreprises, adorent la macro économie et se méfient des PME ? L'attachement au capitalisme de connivence et aux rentes de situations établies vient de là : le PS (mais aussi les socialistes de droite) ne veut pas tenir compte des individus, il veut des grandes masses (les consommateurs, les entreprises, l'Etat...) modélisables par Bercy. 

Ensuite, cela signifierait que dans le monde idéal de Sylviane Bulteau, l'Etat, c'est 100% du PIB, sauf exception, et non pas l'inverse. L'inverse, c'est évidemment, chacun agit de manière décentralisée, sauf si les citoyens s'accordent à financer en commun, par l’impôt, des services publics tels que l'armée, la diplomatie, la police et la justice. 

Les socialistes en sont là : traquer des "manques à gagner pour l'Etat". Un peu comme la personne qui vous explique que le gazole bénéficie d'un avantage, d'une détaxe, par rapport à l'essence, alors qu'il est en réalité juste un peu moins taxé. 

Ce qui est terrible, dans cette question au gouvernement, c'est qu'elle reflète le décalage entre les législateurs et la réalité. Voila une personne dont on aurait éventuellement pu se dire qu'elle était plus en phase avec la réalité que des gens d'une génération au dessus, type Juppé, Hollande ou Bayrou. Mais non. C'est le même aveuglement face aux conséquences positives de cette contestation de la verticalité, que le développement de l'Internet permet. 

Les agents immobiliers, voilà typiquement un métier de marché, dont la valeur ajoutée réside dans la qualité du conseil et de l'assistance au client. Si les gens préfèrent échanger directement plutôt que de passer par des agents immobiliers, peut être est ce parce qu'ils estiment que la qualité de leur aide,parfois, ne vaut pas les honoraires qu'ils facturent, ou qu'ils estiment pouvoir faire mieux pour moins cher ! (A leurs risques et périls, d'ailleurs, vu la complexification de l'acte d'achat rendue possible par la loi ALUR de Cécile Duflot). 

Sylviane Bulteau a juste oublié que la base taxable n'est plus une matière stable, inerte. le monde bouge, il change ! Ce qu'elle appelle marché parallèle de l'immobilier ne correspond même pas à une volonté de frauder. C'est juste le développement d'une nouvelle réponse à un besoin, celui de trouver des logements. Sylviane Bulteau et ses amis paniquent parce que le gouvernement a réussi à démontrer l'existence de la courbe de Laffer : trop impôts a tué l’impôt. Ils devraient aussi s'inquiéter du fait que leur logiciel a sérieusement besoin d'être mis à jour, afin d'intégrer les paramètres tels que : processus de destruction créatrice de Schumpeter et liberté de choix du consommateur, qui peut préférer les agences immobilières ou Internet. 
Ah oui mais alors, comment on finance le budget de l'Etat, répondront les socialistes ? Qu'ils commencent par regarder si, en ces temps de déficit, 4 guerres en cours sont bien raisonnables, ou bien si nous avons les moyens d'avoir autant de profs pour des résultats scolaires si catastrophiques. En cherchant bien, ils trouveront de quoi économiser. Ils n'ont qu'à commencer par le rapport de la Cour des Comptes. 

jeudi 19 juin 2014

Anne Hidalgo, maire de Paris : incompétente ou menteuse ?

Il n'y a que deux conclusion auxquelles on peut arriver en lisant le dernier article de Capital consacré aux finances de la Capitale (1) : soit Anne Hidalgo, la maire socialiste de Paris est une incompétente, soit est une menteuse ! On ne sait pas ce qui est pire entre les deux hypothèses. 


Egalement publié sur Contrepoints


En effet, comment la Maire de Paris peut-elle tomber des nues en ce qui concerne les finances de la Ville ? Anne Hidalgo ne débarque pas de nulle part et elle ne s'est pas vu opposer de l'obstruction, comme dans les villes communistes conquises par l'UDI, sur la passation (2), puisque la dauphine de Bertrand Delanoé a fait partie de l'équipe précédente, à un niveau très senior ? Si Anne Hidalgo découvre la situation financière de Paris, c'est qu'elle n'a pas suivi le travail effectué par Anne Hidalgo entre 2001 et 2014 ? Peut-être était-elle occupée dans son arrondissement, le XVeme ? Ah non, on souffle dans l'oreillette qu'Anne Hidalgo ne s'occupait pas des affaires locales ... (3)

Mieux, l'extrême gauche parisienne (4) aussi bien que l'opposition ont dénoncé avec force le double langage de la maire de Paris concernant les liens financiers de la Ville de Paris avec l'Etat. Pour mémoire, Paris, comme toutes les villes, doit recevoir des dotations de l'Etat. Or ce dernier était en retard dans ses paiements vis a vis de Paris, pour un montant d'un milliard. Alors que sous Sarkozy et Fillon, Anne Hidalgo et Bertrand Delanoé réclamaient avec force les sommes dûes, l’exécutif parisien a délibérément choisi de ne pas réclamer cette somme quand Hollande et Ayrault sont arrivés au pouvoir. N'est-il pas absolument scandaleux qu'Anne Hidalgo transforme ainsi son rôle de représentante des contribuables et citoyens parisiens ? Pire, qu'elle se place en victime d'une politique mise en oeuvre par ses soins et ceux de Delanoé ? 

Aujourd'hui, la mairie de Paris peut aussi dire merci à Duflot. En effet, on sait que la loi ALUR contribue à bloquer les transactions immobilières et ce alors que tout le business plans de ces joueurs à découvert que sont Hidalgo et son équipe consiste à profiter des droits de mutations pour faire toujours plus de social et de clientélisme.
Un bel effet de ciseau se profile à l'horizon. Et quand tous les sièges sociaux auront quitté Paris pour la banlieue ou la province, ce sera pire encore, à moins évidemment que la création du Grand Paris sauce socialiste ne masque le problème ...

Penchons pour le mensonge, signe manifeste de vista politique, plutôt que pour l'incompétence. Le symbole serait trop lourd, autrement. 




(1) Municipales 2014 à Paris Mairie de Paris : qui va payer les 400 millions d'euros manquants ? 19 juin 2014