Il y a quelque chose de comique à constater que l'actuelle majorité, malgré toutes ses nuances (frondeur ou pas) se retrouve sur un point : une certaine aversion pour la démocratie, mâtinée de très hypocrites plaidoyers pour la préservation de la démocratie.
En clair, ces propos, tenues surtout par ceux qui amalgament république et démocratie (comme si le royaume de Norvège était une dictature et la république populaire de Chine une démocratie), ça donne ce genre d'analyses :
.@Anne_Hidalgo "Le combat contre le FN est un combat pour la démocratie" "Le choix du FN est un choix qui conduit dans le mur" (@itele)
Le contexte de cette petite phrase, c'est les milliards d'euros qu'Anne Hidalgo et le gouvernement s’apprêtent à dépenser afin de financer les Jeux Olympiques 2024 à Paris, jeux qui n'étaient même pas au programme de la campagne municipale de 2014.
Mieux : une partie de la majorité municipale, les écolos d'EELV, ne veulent pas des Jeux Olympiques et demandent, comme le Front de Gauche, comme une partie de la droite parisienne, comme les libéraux, au minimum un référendum afin de mettre les Parisiens et les Franciliens au courant de ce qui les attend.
JO Paris : Anne Souyris et David Belliard, lettre ouverte à Anne Hidalgo pour une consultation publique ! @leJDDhttp://t.co/TYtjh8Th50
A quel moment Anne Hidalgo a oublié ses cours d'instruction civique, notamment le chapitre qui dit "Le droit de vote est à la base de la démocratie. Le droit de vote permet aux citoyens d’exprimer leur volonté. Ils peuvent ainsi élire leurs représentants (parlementaires) et leurs gouvernants (président de la République), et participer directement à la prise de décision politique lorsqu’un texte est présenté à leur approbation par la voie du référendum.".
Si Anne Hidalgo a zappé ce détail du droit de vote condition de base (mais non suffisante) de la démocratie, qu'elle consulte le très officiel site web "la vie publique", paragraphe citoyenneté.
Le plus drôle pire, c'est qu'Anne Hidalgo est-elle même victime d'un certain mépris pour la démocratie, provenant de François Hollande lui-même.
En effet, quand le Président de la République, chef de l’exécutif, occupé à mener quelques guerres aux quatre coins du monde ou à valider les restrictions de liberté avec l'état d'urgence, se pique d'urbanisme et a pour prétention de régler, seul, le futur de l'Ile de la Cité, dans le centre de Paris, que fait-il, si ce n'est oublier qu'il existe un maire d'arrondissement, le socialiste Christophe Girard, une maire de la capitale, Anne Hidalgo, et 2 millions et quelques de parisiens qui ont sans doute plus de légitimité à s'exprimer sur le futur de leur ville que l'ex maire de Tulle ?
Le locataire du 55 rue du Faubourg Saint Honoré se plait, à chaque élection, à rappeler aux contribuables qu'il est de Tulle, pas de Paris. Pourquoi Anne Hidalgo ne le lui rappelle pas ?
Peut-être parce qu'elle même ne semble, d'après ses dires et ses actes, que partiellement d'accord avec les principes de démocratie et de subsidiarité ?
La petite phrase d'Anne Hidalgo a été prononcée dans un contexte : celui d'une série de prises de distance de l'oligarchie vis a vis du peuple. Quand les gouvernants ne respectent pas le résultat des votes (cf le référendum de 2005), quand ils imaginent le vote à bulletin secret des députés, ou quand ils restreignent les conditions d'accès à l'élection présidentielle, il devient un peu difficile, pour ces mêmes gouvernants, de s'étonner de la montée du populisme ...
Anne Hidalgo ne cesse de répéter que le projet des Jeux Olympiques en 2024 à Paris est un bon projet, malgré l'impact environnemental, juridique et financier à attendre. Qu'elle fasse donc appel à l'intelligence des citoyens, qu'elle organise un référendum en bonne et due forme, et non pas ces ridicules "consultations" (3) auxquelles il n'est possible de de répondre "oui".
Il y a un métier d'avenir pour les agences de communication : la défense des causes perdues, comme le soutien aux habitants du XVIe qui ne veulent pas d'un centre d'hébergement pour SDF près de chez eux (1).
En effet, la révolte de 2000 habitants activistes du XVIe (sur un total de 160 000 habitants) contre le projet d'Anne Hidalgo d'installer un centre d'hébergemement dans le Bois de Boulogne constitue un cas d'école de ce qu'il ne faut pas faire.
En effet, et ce alors que le phénomène Not in My Backyard (NIMBY) touche la France entière, comme le reconnait même la très peu droitière France Culture (2), les activistes du XVIe n'oint-ils pas permis à l’exécutif socialiste parisien de se refaire une virginité à peu de frais ?
Envolées, les images d'un exécutif (socialiste) parisien employant les mêmes méthodes expéditives que la droit, 20 ans plus tôt à Saint Bernard.
Oubliées, les nombreuses destructions de camps de Roms demandées par Anne Hidalgo (comme Aubry à Lille ou Ayrault à Nantes).
Effacé, le nettoyage des Berges des SDF pour cause de Paris Plage.
Le méchant, désormais, c'est l'habitant du XVIe.
Et il faut dire qu'au vu des insultes qui ont fusé lors de la réunion publique qui s'est tenue à Dauphine, il y a des preuves pour en attester.
On se demande même comment un vieux routier de la politique politicienne comme Claude Goasguen a pu tomber dans le panneau.
Bien que les dommages soient faits, il reste quelques options (dont certaines libérales) pour les riverains du Bois de Boulogne, comme Max Guazzini, qui ne veulent pas de SDF en bas de chez eux.
Passons ces options en revue
L'appel au bon sens : contre productif
Anne Hildago et son adjoint communiste au logement, Ian Brossat, celui qui est fier de "créer" des HLM surtout s'ils se situent juste au dessus d'un concessionnaire Porsche (véridique), ont un projet : créer un centre d'hébergement pour SDF dans le XVIe, dans le Bois de Boulogne.
Déjà, le projet a changé. Au départ, il s'agissait d'héberger des réfugiés (3) avant de passer au public des SDF, mais passons. L'executif parisien a changé son fusil d'épaule face à ce que certains appelaient déjà un "Sangatte du Bois de Boulogne".
La vraie question est : en dehors du fait (non négligeable) d'avoir un endroit où s'abriter et habiter, est ce que des SDF au RSA ont envie d'habiter entre la Porte de la Muette et la Porte d'Auteuil, loin de tout métro et de commerces aux prix abordables ? Car, oui, 25 ans après le Auteuil Neuilly Passy des Inconnus et leur "pas un arabe du coin ni un Euromarché", force est de constater que le quartier où Hidalgo prévoit d'implanter son centre n'est pas très bien fourni en quoi que ce soit.
La logique voudrait que les SDF, comme les migrants, ne soient pas logés ensemble dans des Algéco, (quelque soit le quartier) mais au contraire, dispersés et fondus dans la population et sur le territoire, de façon à s'intégrer.
Mais face à cet argument, l’exécutif parisien répondra "solidarité obligatoire du XVIe !". Il ne sert donc à rien.
Le combat juridique : perdu d'avance
Face à ce projet, une autre réponse logique serait de s'engager dans le combat juridique. Après tout, le Bois de Boulogne est inconstructible. Mais, pourtant, c'est perdu d'avance.
En effet, à l'occasion d'autres projets qui lui tiennent à coeur comme l'extension du stade de Roland Garros au détriment des Serres d'Auteuil, ou la construction du musée d'art moderne de la fondation Louis Vuitton (oui, tout ça c'est dans le XVIe), la mairie de Paris ne s'est-elle pas assise sur les recours en justice, y compris en foulant aux pieds l'opinion de ses alliés d'Europe Ecologie les Verts ?
Anne Hidalgo, au pouvoir à Paris depuis 2001 puisqu'elle était 1er adjointe de Bertrand Delanoë, a toujours privilégié son alliance avec, curieusement, le très Grand Capital de LVMH ou celui de la Fédération Française de Tennis, contre les intérêts des petits capitalistes du XVIe.
On a donc bien compris que pour le centre d'accueil des SDF comme pour les autres sujets, le droit saura se plier à la raison du plus fort, celle de la Mairie de Paris.
Après tout, n'oubliez pas : quand la Mairie de Paris (comme les autres collectivités) est engagée dans une action en justice, c'est avec l'argent des contribuables qu'elle joue, pas avec celui des élus.
Ca aide à prendre de la hauteur et à laisser le temps au temps.
L'action directe et médiatique type ZAD (zone à défendre) : peu réaliste
Et si les habitants activistes du XVIe se muaient en véritables ZADIstes, comme à Notre Dame des Landes ? Après tout, le projet d'Ayraulport est devenu un véritable bourbier type Vietnam pour le gouvernement (4) ?
Et il existe d'autres foyers de cristallisation dans le XVIe, à savoir le stupide projet d'extension de Roland Garros qui va détruire une partie des Serres d'Auteuil sans constituer une solution de long terme pour le tournoi de tennis de la Porte d'Auteuil, beaucoup plus petit que Flushing Meadow ou Wimbledon.
Seulement, l'idée est peu réaliste. Notre Dame des Landes, Sivens ou même les Serres d'Auteuil bénéficient du soutien d'une partie de la population qui n'est pas directement concernée par ces projets car ils constituent tous, à divers degrés, des aberrations écologiques et financières. Le centre d'hébergement pour SDF dans le XVIe ne correspond pas à un grand projet inutile. Il ne mobilisera donc jamais au delà du N.A.P.
La comparaison avec d'autres arrondissements : pas mobilisatrice
Les habitants du XVIe opposés au centre d'hébergement pour SDF dans le XVIe pourraient alors montrer, à juste titre, qu'à aucun moment il n'a été envisager de construire ce centre dans le bien plus sympathique quartier du jardin du Luxembourg, dans le VIe arr, en plein coeur de la capitale, ou du coté de l'Avenue Gabriel, dans les jardins qui se situent entre le Palais de Elysée et l'avenue des Champs Elysées.
Ce faisant, ils oublieraient juste une chose : les politiciens, de droite comme de gauche, vivent dans ces quartiers. Eux sauront activer leurs relais pour tuer dans l'oeuf tout projet de ce type. Après tout, n'a t-on pas un premier ministre (socialiste) qui a su faire appel à la police pour débarrasser de sa rue les SDF qui incommodaient la vue de sa violoniste d'épouse ?
Il faut, par exemple, s'appeler Edith Cresson, ancienne première ministre (socialiste), pour pouvoir tenir des propos douteux les gens du voyage sans que cela ne déclenche un scandale.
La grève de la solidarité : à manier avec précaution
Dans le XVIe, c'est un fait, il y a un peu plus, en moyenne, d'argent qu'à la Courneuve. Et qui dit argent dit deux formes de solidarité : forcée, ou volontaire.
Pour la solidarité forcée, no comment. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Il y a 160 000 habitants dans le XVIe, 2.2 millions de parisiens, 11 millions de franciliens et 66 millions de français.
Les franciliens représentent 17% de la population française mais 43% de l’impôt sur le revenu payé en France. Et les habitants du XVIeme arr paient 20% de l'impôt sur le revenu payé dans Paris pour 7% de la population parisienne.
Autrement dit, les habitants du XVIe sont "naturellement" solidaires.
Mais c'est sans compter la vie associative, ou encore les dons aux associations.
Échapper au fisc, c'est difficile. Même expatriés, même morts, les français sont harcelés par Bercy.
En revanche, décider d'une grève de la solidarité, c'est possible. Seulement, les conséquences d'une grève de la solidarité réelle ne seraient pas les mêmes que celle d'une hypothétique grève de l’impôt. Dans un cas, l'Etat français serait obligé de balancer moins de bombes sur des pays lointains pour cause de guerre contre le terrorisme et le président Hollande aurait à lever le pied sur les voyages avec Air Sarko One, dans l'autre, les bénéficiaires des solidarités seraient directement affectés. Est-ce bien le but ?
La sécession avec Paris : difficile à imaginer
Puisque Anne Hidalgo a le pouvoir sur Paris, et que son pouvoir s'impose à celui des maires d'arrondissement, une autre option consisterait à se séparer définitivement de Paris.
Après tout, 160 000 habitants; n'est ce pas bien plus que l'immense majorité des communes françaises ?
En revanche, si on a déjà vu des communes fusionner, on n'a pas encore assisté à des splits de villes. Tout est donc à écrire en la matière.
De plus, n'oublions pas que la ville de Paris n'évolue pas, seule en apesanteur, mais, au contraire, est insérée dans un mille feuille administratif de plus en plus épais. L'intercommunalité du Grand Paris vient de rajouter une énième strate (5) au maquis, avec le soutien des Républicains comme du PS. Dans ce contexte, qui peut imaginer une quelconque sécession ? Anne Hidalgo, Maire de Paris, est aussi 1ère vice-présidente de la Métropole du Grand Paris ...
La privatisation du Bois de Boulogne : la vraie solution
En 1852, la propriété du Bois de Boulogne a été cédée par Napoléon III à la ville de Paris, qui voulait l'aménager sur le modèle des parcs londoniens. Entre 1852 et 1929, bien que propriété de la ville de Paris, le Bois de Boulogne est resté administrativement rattaché aux communes de Boulogne-Billancourt et Neuilly-sur-Seine jusque dans les années 1920. Il a été officiellement annexé par la ville de Paris par le décret du 3 avril 1929 pour la partie boulonnaise et par le décret du 18 avril 1929 pour la partie neuilléenne. Le Bois de Boulogne est devenu rattaché au 16e arrondissement.
Actuellement, donc, le Bois de Boulogne est la propriété de la Mairie de Paris, qui en assure l'entretien, la "propreté", les plantations d'arbres et décide des concessions (hippodromes avec France Galop, Roland Garros et la FFT, le Racing Club de France, le Tir aux Pigeons, des restaurants et bâtiments.).
Est ce que cette propriété publique est satisfaisante ? Non, évidemment.
D'abord, chacun sait que la gestion du Bois de Boulogne souffre de la schizophrénie de l'Etat qui, d'un coté, par exemple, lutte contre la prostitution, mais d'un autre coté, en tire profit.
On n'entend guère la Mairie de Paris, officiellement abolitionniste, protester contre ce qui se passe dans le Bois de Boulogne la nuit. L’enchevêtrement des responsabilités entre l’État et la ville, dans ce domaine comme dans d'autre, mérite un sérieux démêlage.
D'autre part, est-il logique que la Mairie de Paris organise l'entre-soi des clubs privés du Bois de Boulogne, et touche sa commission sur leurs business ? Chacun pourra juger de l'hypocrisie qui consiste à dénigrer les riches mais à bénéficier quand même de leurs dépenses.
Pour info, si vous voulez nager à la Croix Catelan, ça coutera un peu plus que dans une piscine municipale classique.
Le fait est que la proximité du Bois de Boulogne est un vrai plus, comme disent les agents immobiliers, sur la valorisation des appartements situés à proximité. (On s'étonne, d'ailleurs, que la Mairie de Paris, pourtant accro à la bulle immobilière, ne soit pas sensible à cet argument. Sans doute le faible niveau de transactions immobilières dans le quartier concerné par le projet de centre d'hébergement dans le XVIe joue en défaveur des opposants ?). Si le Bois de Boulogne est un plus, ne seraient pas aux riverains à assumer les charges liées à ce plus ? De la sorte, ils seraient en mesure d'influer sur l'usage de l'espace.
A Paris, la propriété privée (collective) des parcs et jardins n'existe pas. A Londres, elle est monnaie courante. Certains parcs et jardins de la capitale britannique, les locked gardens, ne sont en effet accessible qu'aux riverains qui possèdent une clef. Pourquoi les parisiens du XVIe, qui disent être attachés à la propriété privée, ne tenteraient pas une telle expérience ? Pourquoi ne pas privatiser le Bois de Boulogne ?
Certes, le Bois de Boulogne et ses 846 hectares (8,4 millions de mètres carrés) sont un gros morceau, et à 500 euros le mètre carré, c'est 4,2 milliards d'euros qu'il faudrait débourser, ou 26 000 euros par habitant du XVIe.
Cette somme, il faut la relativiser. 26 000 euros, c'est juste un peu plus de 3m² de logement habitable. Et avec un peu de chance, racheter le Bois de Boulogne permettra de défiscaliser (L'intérêt d'investir dans la forêt ne réside t-il pas, outre l'amour du bois et du vert, dans l'existence d'une exonération successorale et d'ISF ?)
Alors, habitants du XVIe ? Et si vous vous montriez proactifs ? Anne Hidalgo, elle, a décidé qu'elle fera son centre d'hébergement de SDF.
On voit déjà le prochain reportage de Zone Interdite, de Bernard de la Villardière : "le Bois de Boulogne dans le XVIe : sa drogue, ses prostituées, ses SDF, ses milliardaires".
La candidature de Paris vient de dévoiler le logo de la candidature. C'est vrai qu'il est pas mal, avec cette Tour Eiffel stylisée en un 2 et un 4 et les couleurs Olympiques.
Les parisiens peuvent en profiter sur l'Arc de Triomphe.
Il change sensiblement des précédentes éditions
Maintenant, pourquoi ne faut-il pas suivre aveuglément le comité d'organisation des Jeux Olympiques 2024 à Paris, ou, autrement dit, qu'est ce qui a changé par rapport aux précédentes candidatures, 2005 notamment (pour les JO de 2012) ?
Le premier point , c'est le changement d'opinion de la maire de Paris, Anne Hidalgo, ainsi que son soit-disant attachement à la démocratie participative.
Les Jeux Olympiques ne faisait pas partie du programme d'Anne Hidalgo. Rappelez-vous ! Anne Hidalgo était réticente en ce qui concerne les JO à Paris en 2024, mais ça c'était avant (1) ! Avant quoi ? Avant que François Hollande, qui a perdu tous ses paris, au détriment des français (inverser la courbe du chômage, apaiser le pays, faire oublier le Sarkozysme) mise tout, comme un vulgaire joueur de casino, sur le rouge sur les Jeux Olympiques, faute de pouvoir, à l'instar de Mitterrand ou Pompidou, léguer un musée à Paris.
Quel est le deal entre Hidalgo et Hollande ? Mystère. La maire de Paris a déjà renoncé au milliard d'euro des parisiens (2) , et maintenant elle accepte que Hollande dépense encore plus de milliards d'euros que nous n'avons pas. L'histoire dira peut-être pourquoi, un jour. En attendant, la démocratie participative, celle que Anne Hidalgo met tant en avant quand il s'agit de poser deux ou trois plantes vertes à un carrefour lambda de la capitale, passe à la trappe : la maire de Paris, contrairement à Hambourg ou Boston, ne veut pas organiser de referendum (3) ! Pourquoi ? Parce que la mairie a peur que les opposants se mobilisent !
Le deuxième point, celui qui préoccupe une partie des opposants aux Jeux Olympiques 2024 à Paris, ce sont l'état des finances de la ville de Paris, des collectivités d'Ile de France et celles du pays. En gros, on peut légitimement craindre que la France devienne une nouvelle Grèce.
Souvenez-vous, à la fin des années 90 et au début des années 2000, qui, dans les médias, parlait des déséquilibres, pourtant connus des experts, des finances publiques Grecques ? Athènes s'est ruinée pour organiser les JO 2004.
Or, la France n'est pas la Grèce, certes, mais elle n'est pas la Suisse non plus. Ce qui se passe en ce moment est inquiétant. La Ville de Paris a du mal à boucler son budget, au point que, comme le note l'économiste Philippe Herlin, elle en est à maquiller des opérations immobilières par des manifestations écologiques (4).
On veut, nous dit-on, associer la banlieue à l'organisation des Jeux Olympiques 2024 à Paris. Ok, mais quid des Yvelines qui augmentent leur taxe foncière de 60% ? Quid de l'Essonne et de la Seine Saint Denis qui ne peuvent pas payer le RSA ? Si ces collectivités locales ont de quoi financer entre 6 et 12 milliards d'euros, alors elles peuvent finances les missions sur lesquelles elles se sont déjà engagées, non ?
Le troisième point, ce sont les soucis que pose le CIO. Peut-on faire comme si on ignorait que l'organisation des Jeux Olympiques suppose des amendements aux droits et aux libertés civiles des citoyens, et que le CIO est entouré d'un halo de suspicion en ce qui concerne la corruption, qui semble de moins en moins acceptable ?
Anne Hidalgo et François Hollande nous parlent souvent de rupture avec les vieilles pratiques. Pactiser avec le CIO, cet organisme peu démocratique et peu écologique, ressemble, à ce titre, à une sorte de retour en arrière, non ?
Les JO 2012 à Londres étaient magnifiques. Ils ont fait rêver. Et organiser une épreuve d'escrime au pied de la Tour Eiffel ou un Triathlon sur les berges de Seine aurait une classe folle, même si nous n'avons ni James Bond, ni la Queen pour la cérémonie d'ouverture.
Mais il n'est pas sûr que nous devions signer les yeux fermés pour des JO 2024 à Paris. Entre 6 et 12 milliards d'euros, c'est beaucoup d'argent, qui pourrait être utilisé autrement. Pour vérifier le soutien des citoyens et contribuables, le meilleur moyen, c'est d'organiser un référendum avec une question simple : parisiens, franciliens, pour ou contre l'organisation des Jeux Olympiques à Paris ?
Dernière idée de la maire de Paris : Anne Hidalgo propose de réduire à dix-sept le nombre d’arrondissements à Paris, en fusionnant les arrondissements 1, 2, 3 et 4. (1).
A priori, le fait qu'Anne Hidalgo ne se préoccupe pas que de la soviétisation clientéliste du logement politique de logement social (2) ou de gérer une fronde en carton, mais aussi des problèmes institutionnels de la ville serait un point à porter à son crédit. Et ce d'autant plus que la proposition ne semble pas politicienne, les 4 arrondissements étant d'abord gérés par le Parti Socialiste et alliés écolos EELV.
Pourtant, il s'agit d'une idée mal calibrée, et également un peu hypocrite.
Regrouper les arrondissements centraux répond, selon le document, au souci d’«une meilleure représentation démocratique» des Parisiens, nous dit-on, ainsi qu'au besoin d’unifier la représentation politique et l’organisation administrative des moins peuplés
Autrement dit, Anne Hidalgo s'attaquerait à deux problèmes en même temps : le mille-feuille administratif, source d'inefficacité, et le déficit démocratique lié au poids démographique inégal des arrondissements.
Mais il n'en est rien. En quoi la réforme d'Anne Hidalgo va t-elle adresser un début de solution au problème de manque de représentativité du maire de Paris ?
En effet, rappelons quand même que le maire de Paris n'est pas élu par les 2 millions de parisiens, mais par au moins 82 des 163 conseillers municipaux de Paris, et que ne pas être élue dans son arrondissement n'a pas empêché Anne Hidalgo de devenir maire.
Il faut se souvenir du score d'Anne Hidalgo dans le XVeme arrondissement face à Goujon (3) : les électeurs avaient clairement dit non. Pourtant, la magie du spectacle en a voulu autrement.
Et encore, les magouilles et les bizarreries de la carte électorale sont un sujet mineur.
Le vrai sujet, que l'on soutienne le programme ultra socialiste d'Anne Hidalgo, ou pas, notamment en matière de logement social, ce sont les finances de la ville de Paris. Après même pas deux ans de gouvernance Hidalgo, on sait enfin qu'elles sont catastrophiques.
La question que la maire de Paris devrait chercher à résoudre, ce n'est pas faut-il fusionner le 3eme et le 4eme arr, mais comment trouver des ressources financières à un moment où de plus en plus d'entreprises partent en banlieue, que ce soit à Neuilly, à Montreuil, à Saint Denis, à Malakoff ou à la Défense (4), et comment rapprocher les structures politiques et administratives de l'évolution des modes de vie, dans lesquels, on l'a vu le 13 novembre dernier, le Stade de France fait autant partie de l'échosystème Parisien que le Parc des Princes, et les squatts de Saint Denis autant que ceux du quartier de l'Evangile.
Peut-être est-il temps de revenir sur l'agrandissement de 1860.
Peut-être qu'Issy les Moulineaux, Ivry, Bagnolet ou Saint Ouen pourraient devenir des nouveaux arrondissements parisiens, tout comme les Batignolles, la Villette, Charonne ou la Butte aux Cailles sont devenus des arrondissements parisiens.
Les nouveaux arrondissements bénéficieraient des économies d'échelles des infrastructures parisiennes et la capitale récupérerait la CVAE et la CFE payée par les entreprises en banlieue.
Evidemment, un tel projet obligerait Anne Hidalgo à discuter avec les parisiens, les maires des villes concernées et les habitants, plutôt que de décider, seule, en autocrate, dans son bureau, avant d'informer les manants de citoyens par le biais du Monde.
Accessoirement, ca permettrait d'avoir une raison pour en finir avec cette structure inutile qu'est la métropole du Grand Paris (5), structure que la gauche parisienne est bien contente de pouvoir mettre sur le chemin de la région Ile de France.
On savait que les français n'avaient qu'une confiance assez limitée en leur gouvernement et en leurs politiciens.
Maintenant, on sait aussi que les politiciens n'ont, eux, pour le coup, pas du tout confiance en le peuple français, pourtant jugé assez grand pour pouvoir voter de devoir payer toujours plus d’impôts, toujours plus de taxes.
En terme de finances, il y a deux éléments à prendre en compte : le coût de la candidature, et le coût des JO lui même. La candidature seule coûte entre 60 et 100 millions d'euros.
Le comité de candidature, voyant le succès du crowdfunding en matière de financement d'entreprises, de chanteurs ou de causes diverses et variées, avait eu la bonne idée de demander aux citoyens eux-mêmes de financer la candidature, et comptait sur la mobilisation des Français. Le comité espérait récolter en quelques semaines une dizaine de millions d’euros de dons du grand public, notamment via la vente de bracelets «Je rêve des jeux !», et au moins autant de la part de 2024 "grands donateurs".Ce bracelet de tissu blanc, décoré de pétales bleus et rouges et portant le slogan « Je rêve des Jeux », était vendu au prix de deux euros dans les grandes surfaces et magasins spécialisés.
Un bon retour sur cette opération commerciale, en plus d'apporter des sous dans les caisses du comité, aurait constitué un bon ersatz de sondage grandeur nature.
Or, il se trouve que l'opération est un flop. Au lieu de plusieurs dizaines de millions d'euros, le comité a récolté 629.000 euros, 6% du montant prévu (1). N'est ce pas un signe, parmi d'autres, d'une certaine réticence des parisiens et des franciliens à financer les Jeux Olympiques 2024 ? Les autres signes résident sans doute dans l'existence d'une réelle opposition politique aux JO à Paris. La presse avait mentionné, de manière assez drole, que "seuls les élus d'Europe-Ecologie et Danielle Simonnet, l'unique représentante du Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon dans l'hémicycle parisien, s'opposent à la candidature de la capitale".
C'est drôle car comment peut-on présenter les opposants comme des groupuscules isolés, alors qu'ils représentent entre 10 et 15% des électeurs parisiens et que, surtout, ils sont membres de la majorité parisienne (EELV gouverne avec Hidalgo). Et comment peut-on éluder les fait qu'Anne Hidago ellle-même était plus que réticente, avant que Hollande et Valls ne lui tordent le bras ? De toutes façons, les JO 2024 à Paris ne faisaient pas partie du programme d'Anne Hidalgo.
L'opposition politique ne s'arrête pas à l'extrême gauche et aux Verts. Il y a aussi le Delanopolis (3). Les contribuables ont donc bien de quoi s'interroger (4), autant que les amis de l'environnement.
Nous sommes en République. Mais il parait que nous sommes aussi en démocratie, même si nous ne sommes pas entièrement sur de ce point précis, surtout après l'adoption de l'état d'urgence. En tout cas, c'est au nom de la démocratie que la France donne des leçons au monde entier, et, parfois, engage ses armées sur des opérations extérieures.
Certes, il existe diverses formes de démocratie, et en France, la classe politique se méfie de la démocratie directe de type Suisse. Elle préfère la démocratie représentative, dans laquelle nous élisons des représentants qui s'engagent sur un programme. Quel est le point du programme de Hollande qui prévoit une dépense de plusieurs milliards d'euros pour organiser des Jeux Olympiques ? Quand est-ce que, dans son discours de politique générale, Valls a affirmé qu'il fallait que la France, déjà surendettée, poursuive sur le chemin tracé par la Grèce, avec Athènes 2004 ?
Est-ce que la ville de Boston, ou celle de Hambourg (5), sont des principautés tyranniques et anti démocratiques ?
En guise de consultation des contribuables et citoyens parisiens, la mairie de Paris a lancé, non pas un referendum sur l'opportunité d'organiser ou pas les Jeux Olympiques en 2024, mais un processus de collecte d'idées pour enrichir le dossier de candidature. La Mairie de Paris est d'ailleurs tellement génée par le caractère cynique de cette consultation qu'elle n'a toujours pas, au 16 décembre 2015, supprimé la ville de Hambourg de la liste des concurrentes de Paris.
Pourquoi ne pas poser la question suivante, aux parisiens ou aux franciliens : êtes-vous pour l'organisation des Jeux Olympiques 2024 à Paris et en Ile de France ? Oui ou Non.
Chacun présenterait les arguments allant dans le sens ou à l'encontre d'une telle décision, comme c'est d'usage en démocratie.
Et que l'on ne nous sorte pas l'argument de la réponse à celui qui pose la question plutôt qu'à la question posée. Claude Bartolone, en dépit de l'impopularité record du gouvernement, n'a t-il pas été vainqueur en voix dans une majorité d'arrondissements, dimanche dernier à l'occasion des Régionales 2015 ? Le fait est que, c'est plutôt les politiciens qui ne tiennent pas toujours compte des réponses formulées par les électeurs, comme tous ceux qui avaient voté non au TCE en 2005 ont pu le voir.
Et le fait est, également, que Marty Walsh (démocrate, élu maire de Boston en 2014) ou Olaf Scholz, (SPD, maire de Hambourg depuis 2011) sont au même niveau qu'Anne Hidalgo : des maires, pas des chefs d'Etat. Si la question posée est claire, et simple, il n'y a pas de raison que la réponse soit alambiquée.
Il semble que faute de don volontaire, le gouvernement s'apprête à créer une taxe sur les licences annuelles des sportifs amateurs, en plus de la surtaxe de 10 millions d’euros sur les stades de l’euro, déjà décidée par le gouvernement. Vous courez pour votre plaisir, vous faites du foot amateur ? Vous contribuerez, de force, à la candidature de Paris 2024 ! Et ce , que vous pratiquiez le don volontaire pour d'autres causes (Téléthon, Croix Rouge, etc) ou pas ! Un peu comme si vous n'aviez pas assez d'argent pour repeindre votre maison et que, faute de dons de la part de votre famille et vos amis,vous alliez racketter vos voisins pour qu'ils contribuent à vos frais de peinture !
A la mairie de Paris de rependre la main, en reprenant la proposition d'Aurélien Véron (Parti Libéral Démocrate / Aux Urnes Citoyens (6)).
Madame Hidalgo, soyez démocrate, organisez un referendum au sujet des JO 2024 à Paris !
On verra bien, à l'issue d'un tel scrutin, si les parisiens et les franciliens veulent vraiment dépenser entre 5 et 15 milliards d'euros pour 3 semaines de jeux Olympiques et s'ils sont prêts à ce que nous accordions au CIO le droit d'amender les lois françaises (7) en matière de sécurité ou d'écologie.
Il était temps que la campagne des régionales 2015 se termine ! Après cette semaine grand-guignolesque, la liste de Valérie Pécresse a gagné en Ile de France, sur fond de contexte national de chiffres records pour le FN. Il faut croire que les white, les blancos, la race blanche si chère à Valls et à Bartolone (pour des raisons différentes, manifestement) n'ont pas donné de blanc-seing aux Républicains ou au Parti Socialiste et alliés d'extrême gauche.
Ce qu'on a beaucoup entendu hier soir, à l'occasion de la soirée électorale, c'est qu'il fallait :
écouter le message des français
faire de la politique autrement
Justement, les socialistes parisiens tiennent une occasion de faire de la politique autrement, en ce lundi matin de conseil municipal de Paris.
Pourquoi les électeurs votent pour les politiciens ? Ne serait-ce pas pour désigner des gens en charge de la gestion de l'argent public, et de la mise en oeuvre de projets collectifs tels que l'organisation des services publics qu'affectionnent tant le PS aussi bien que les Républicains et leurs deux Front, de gauche ou national ?
Et ces politiciens n'ont-ils pas, au minimum, un devoir de vérité en ce qui concerne l'argent public ?
Dès lors, comment Anne Hidalgo, maire de Paris depuis 2014, après avoir la première adjointe de Bertrand Delanoë depuis 2001, ose t-elle tweeter des messages du type
Le vote du 2nd Budget de la mandature intervient dans le contexte douloureux des attentats terroristes. #ConseildeParis
Oui, vous lisez bien : la mairie (socialiste) de Paris critique la politique du gouvernement socialiste.
Quel est le rapport entre le terrorisme et le budget 2016 ? Et en quoi relever les taxes, plutôt que baisser les dépenses, constitue un gage de sérieux budgétaire ? Enfin, Anne Hidalgo n'a t-elle pas avalisé les décisions budgétaires du gouvernement ?
Le budget 2016 n'est pas impacté par le "contexte de terrorisme". Il est marqué par les silences, les non-dit ou les impasses d'Anne Hidalgo envers quelques vérités simples.
La première de ces vérités est qu'Anne Hidalgo et Bertrand Delanoë n'ont toujours pas expliqué ce qu'est devenu le milliard d'euros des parisiens.
Comme toutes les villes, Paris lève des taxes et impôts (1), mais reçoit également des dotations de l'Etat. Or, l'Etat accusait un certain retard en matière de paiement de ces dotations, sous Sarkozy et Fillon, ce que rappelait fréquemment Hidalgo et Delanoë.
Ce sont ces deux mêmes personnes qui, lorsque Hollande est arrivé au pouvoir, ont, de leur propre chef, décidé que qu'ils ne demanderait pas à François Hollande de payer la dette de 1,3 milliard d'euros due à Paris par l'Etat (2) !
Il y a bien des parisiens qui ont alerté l'opinion sur le manque de sérieux d'Anne Hidalgo en matière budgétaire. Parmi ceux-ci, Danielle Simonnet (extrême gauche), rappelez-vous (3).
Il y avait aussi Aurélien Véron, du Parti Libéral Démocrate, ou encore Serge Federbusch, du Parti des Libertés.
Que disait Federbusch ? Que la majorité socialo-communiste parisienne est bien gentille (ou pas) mais que son budget ultra socialiste repose sur l'hypothèse un peu bancale d'une bulle immobilière sans fin, qui rapporterait toujours plus de droits de mutations.
Quand à Aurélien Véron, il écrivait que les finances parisiennes étaient en danger (4).
Aujourd'hui, on nous parle d'un trou de 400 millions d'euros à combler par des augmentations des frais de notaire et de la taxe sur les résidences secondaires ainsi que par des amendes accrues sur les stationnement.
Question ; faire de la politique autrement ne devrait-il pas commencer par le fait de tenir un langage de vérité et d'assumer ses responsabilités, surtout quand on a été au pouvoir depuis 2001 ?
Le conseil municipal de Paris se tient avec une semaine de retard, du fait des attentats du 13 novembre 2015. Mais nous ne perdions rien pour attendre.
Dans la même séance, au sein du même groupe socialistes et communistes, voila ce qu'ils ont réussi à nous sortir, les mêmes qui, rappelons le, luttent contre les marchands de sommeil, régulent et plafonnent les loyers ou encore imposent la loi ALUR :
1. Hausse des droits de mutation
2. Découverte du fait que les chambres de bonnes sont pour partie inoccupées, du moins de manière officielle et permanente.
Pour la hausse des droits de mutation, no comment, cela correspond parfaitement à l'analyse de Serge Federbusch (3), qui dit que le PS et le PCF parisien sont dans une impasse, où seule la capacité à profiter de la bulle immobilière en la taxant toujours plus permettra de financer leur programme délirant de HLMisatioin de la ville.
Quand à la découverte d'un million (oui, un million) de mètres carrés "inoccupés", qui plus est dans "les beaux quartiers", franchement on se demande sur quels planète ils vivent, ces grands découvreurs. Ne seraient-ce pas les mêmes qui pensent qu'il est indigne de louer moins de 11m² ?
Dans ce domaine comme pour d'autres, on ne peut pas dire que ce soient les contradictions qui gênent Anne Hidalgo ou son adjoint communiste Ian Brossat.
Le conseil municipal de Paris discute du budget 2016, et Anne Hidalgo, pour préparer ses électeurs à des lendemains qui déchantent, a envoyé le message suivant : "La situation dans laquelle s’élabore le budget pour 2016 est marquée par des contraintes inédites". Ce message est accompagné de l'infographie suivante :
On croit rêver ! Anne Hidalgo dénonce la "baisse sans précédent des dotations de l'Etat".
Est-ce qu'on parle de la maire socialiste de Paris qui a codirigé avec Bertrand Delanoé la ville, et a donc accepté, non seulement de manière générale le bilan de 12 ans de mandature (2001-2013), mais aussi plus précisément la décision de renoncer à la dette de l'Etat envers la ville de Paris ? (1)
Qu'est devenu le milliard d'euros des parisiens réclamé au gouvernement ? Anne Hidalgo et Bertrand Delanoé n'ont-ils pas explicitement subordonné une dette à une couleur gouvernementale ?
Qui plus est, cette semaine, on a appris que non seulement, depuis la fin de l'ère Tiberi, l'enveloppe des subventions accordées aux associations a explosé de plus de 60 %, mais qu'en plus, Hidalgo a ainsi distribué 242 millions d'euros en 2014 et 246 millions en 2015 (2).
Est-ce qu'on parle bien de la ville a qui il manquait 400 millions d'euros pour boucler le budget 2015 (3), et a qui il manque toujours 400 millions en 2016 ?
Les parisiens ne pourront pas dire qu'ils n'étaient pas au courant. Aurélien Véron, le président du Parti Libéral Démocrate, les avaient prévenu du fait que les finances de la ville étaient en danger (4), contrairement à ce qu'affirmait le pourtant sérieux Institut Montaigne. Les parisiens avaient aussi à disposition les analyses Serge Federbusch, qui note depuis des années que le budget de la ville de Paris, structurellement plombé par le clientélisme immobilier de la mairie, ne repose que sur la bulle immobilière et ses droits de mutations (5). Cette analyse est d'ailleurs corroborée par d'autres observateurs, comme le blogueur Social Nec Mergitur (6).
N'est ce pas comique ? Afin de lutter contre les baisses de dotations de l'Etat, conséquence directe des besoins croissants de l'Etat en argent public (qui découlent directement de la politique socialiste menée), la majorité parisienne, socialiste, se transforme en promoteur immobilier qui spécule. C'est en effet la dernière option avant la hausse de toutes les taxes possibles, et la baisse des prestations de services publics qui seront rendus.
Tout en se gardant bien de tomber dans l'anti socialisme primaire, force est de constater qu'avec le socialisme, c'est toujours la même histoire : il fonctionne tant que le mur de la réalité n'est pas percuté de plein fouet. Les excuses, c'est bie, même si il faut aller les chercher du coté du gouvernement duquel on est censé être solidaire, mais assumer sa politique, c'est mieux !
Alors, du coup, anecdotiquement, la ville de Paris va t-elle renoncer à dépenser 60 millions d'euros uniquement pour sa candidature aux JO 2024 ? Et sur le fond, va t-elle abandonner son objectif de soviétisation du parc immobilier ?
Quand on pense que certains la qualifient de frondeuse en chef au sein du Parti Socialiste (1) !
Souvenez-vous !
Le 31 mai 2014, Anne Hidalgo déclarait, au sujet des Jeux Olympiques 2024 à Paris : "Je n'ai pas porté ce projet dans ma campagne" et "Les Parisiens attendent de moi du logement, des équipements, de la justice et de la facilité économique. J'aime beaucoup le sport et la compétition sportive, je sais ce qu'elle apporte comme rêve et part d'énergie dans une société et dans une ville. Mais aujourd'hui, nous sommes les uns et les autres dans des contraintes financières et budgétaires qui ne me permettent pas de dire que je porte cette candidature (2).
Et aujourd'hui, le discours a changé. Pourquoi ? Peut-être parce que le Président Hollande, à la recherche de son grand projet de quinquennat et de perspectives de futur pour la France, a, lui, tout seul, comme un grand et dans son coin, décidé qu'il fallait les Jeux Olympiques à Paris !
Justification : "C'est très important parce que ça sera un moment de ferveur et surtout ça fera plein d'équipements avant, plein d'emplois, plein d'industries qui pourront se montrer"
Comme si les investisseurs désireux de créer des industries en région parisienne avaient attendu Hollande.
Quel est le marchandage interne au Parti Socialiste qui a eu lieu, pour que Anne Hidalgo change d'avis (maintenant, elle soutient le projet) ?
Du coup, où est passé la démocratie participative promise par Anne Hidalgo ?
58% des Parisiens favorables aux JO en 2024 et 72% sont pour un référendum (4). Un referendum, voila une bonne occasion de mettre en valeur les principes tant mis en avant par la gauche parisienne ! On peut pour cela poser une question simple aux contribuables et citoyens franciliens : êtes vous pour ou contre l'organisation des Jeux Olympiques à Paris ?
On verra si les franciliens sont pour ou contre la dépense de 6 à 10 milliards d'euros que nous n'avons pas et s'ils pensent, au vu des performances de la classe politique française depuis 40 ans, que Paris 2024 a plus de chances de ressembler, financièrement parlant, à Los Angeles 1984 ou à Athènes 2004.
Dans ce contexte, on ne peut que rire de la "consultation"Faites vos jeux" de la mairie de Paris.On nous demande, non pas si nous voulons des JO, mais comment faire coller un projet déjà décidé aux valeurs affichées par la gauche parisienne (égalité est-ouest, soutien de la pratique sportive "populaire", etc).
Alors, Madame Hidalgo, maire de Paris, à quand le référendum ?
Et qu'on ne nous fasse pas croire que l'opposition plus ou moins résolue aux Jeux Olympiques 2024 à Paris ne serait que le fruit d'une petite minorité, comme certains médias tentent de le laisser penser (5). Même en ne retenant que l'hypothèse que d'EELV et du Front de Gauche seuls opposants aux JO 2024 à Paris, ils représentent quand même une partie des alliés de la maire de Paris !
300 policiers supplémentaires pour surveiller l'opération Tel Aviv sur Seine !(1) Est-ce que ca en valait la peine ?
Mais prêtons à Anne Hidalgo deux neurones d'intelligence, et imaginons que derrière l'opération Tel Aviv à Paris Plages, la maire de Paris cherche réellement à proposer un modèle alternatif à la subordination classique des villes aux pays auxquels elles appartiennent. En effet, malgré le caractère émotif du contexte du conflit israélo-palestinien, la tribune d'Anne Hidalgo contient des éléments intéressants. Certes, ceux-ci auraient été plus visibles dans le cadre d'Athènes Paris Plages mais la gauche et l'extrême gauche préfèrent combattre Israël plutôt que la Grèce.
Anne Hidalgo nous dit : «Tel Aviv est une ville balnéaire appréciée des noctambules du monde entier (...) ouverte à toutes les minorités, y compris sexuelles, créative, inclusive, en un mot une ville progressiste, détestée à ce titre en Israël par tous les intolérants». «C'est à Tel-Aviv qu'ont lieu les manifestations de solidarité les plus impressionnantes avec la famille de l'enfant palestinien brûlé vif par des fanatiques». «Je ne saurais rendre une ville ou une population comptable de la politique de son gouvernement» (2).
Ces propos n'ont rien d'évidents. Ils ont d'ailleurs immédiatement été critiqués par Claude Goasguen (3), le maire UMP /Les Républicains du XVIeme arrondissement. Il a dit : «Tel-Aviv ne se borne pas à une plage». «Comment peut-on distinguer la ville de Tel-Aviv de l'État d'Israël? La distinction laisse perplexe (...) Je ne crois pas non plus que les habitants de Tel-Aviv aient refusé de défendre leur pays lorsqu'il a été victime des roquettes du Hamas». Autrement dit, pour Claude Goasguen, soutenir Tel Aviv, c'est soutenir Israël.
Qu'est-il passé par la tête d'Anne Hidalgo pour qu'elle expose une telle vision ? Pensait-elle au fait qu'elle est qualifiée de "frondeuse" de facto par une partie de la presse quotidienne (4) ou hebdomadaire (5) et que donc, elle ne se sent pas comptable de la politique de Valls et Hollande ? Avait-elle en tête le défi lancé par le maire du IIeme arrondissement, l'écolo Jacques Boutauld, officier d'état civil et chargé de faire appliquer la loi de par ses fonctions et pourtant recensé comme participant à une manifestation interdite par le pouvoir (6) ? Ou bien pensait-elle à la mairie du XXeme arrondissement, qui agit fréquemment comme un contrepoids au Quai d'Orsay en affichant sur la façade de la mairie ses propres orientations diplomatiques (7) ?
La maire de Paris, la collectivité locale la plus peuplée et la plus riche de France, vient de tranquillement affirmer qu"on ne saurait rendre une ville ou une population comptable de la politique de son gouvernement". Pourquoi ?
Le phénomène de prise de distance de certaines villes vis a vis du pouvoir n'a rien de neuf. Pensons par exemple au conflit qui a opposé Etienne Marcel à la royauté, ou à l'autonomie croissante des villes marchandes de Flandres au Moyen Age;
Mais cette problématique a récemment été réactualisée, par le biais des "villes-monde" qui cherchent à être autre chose que de simples municipalités. New York et Paris ne cherchent-elles pas, par exemple, à prendre acte du fait que leurs populations ne sont pas toujours en règle avec les lois sur l'immigration et qu'il faut donc offrir aux sans papiers une alternative aux politiques bureaucratiques gouvernementales (7) ?
C'est donc un vieux débat qu'Anne Hidalgo vient de réactualiser. Mais ses implications peuvent aller bien plus loin que l'analyse de la relation entre villes et états.
Prenons le cas de la France, son système social payé à crédit, ses guerres en Afrique décidées sans en avoir référé au parlement, ses lois parfois violemment contestées par une partie croissante de la population. Anne Hidalgo, en affirmant que nous ne sommes pas forcément comptables de la politique d'un gouvernement, a t-elle conscience qu'elle s'attaque au principe de la démocratie représentative ? Si tel est le cas, alors cela peut etre une bonne chose. Mais alors, qu'elle en tire quelques conclusions pratiques, comme la mise en place plus fréquente de référendums, à commencer par l'échelon qui est le sien, au niveau de la ville de Paris. Fiscalité, Jeux Olympiques, Tour Triangle ... il y a tant de sujets sur lesquels les parisiens sont comptables malgré eux de la politique de l’exécutif parisien ...!
Alors, même au coeur de l'été, et même sur une opération aussi anodine que Paris Plages, il faut que l'extrême gauche, celle qui a voté pour le président Hollande, et celle qui gouverne partiellement avec Anne Hidalgo à Paris, se préoccupe des combats hors sujet ?
La ville de Paris, qui organise la célèbre opération "Paris Plages " ( à ne pas confondre avec Paris Plage, depuis 1882 (1)) a décidé cette année, non pas, une fois de plus, de faire place nette en expulsant les SDF des berges de Seine (2) (et oui, c'est ça aussi, la gauche), mais de s'associer, dans le cadre des partenariats ponctuels que la mairie est amenée à signer, à la ville de Tel Aviv.
Face à ce partenariat, l'extrême gauche parisienne s'est réveillée. Elle qui est traditionnellement un "soutien" de la "cause palestinienne" ne supporte pas l'idée que la ville de Paris puisse, d'une manière ou d'une autre, donner l'idée qu'une institution française légitime la politique israélienne. Oui, vous avez bien lu, dire "I love Tel Aviv", c'est cautionner le sionisme (qui est, au passage, né à gauche), la lutte d'Israel contre le terrorisme (*) palestinien ou les exactions que Tsahal aurait pu être amenée à commettre. Lisez la tribune de Julien Salingue docteur en science politique et membre du NPA, par exemple (3), celle de Madjid Messaoudene, conseiller municipal délégué à Saint-Denis (93) et militant du Front de Gauche (4) ou les propos d'Alexis Bachelay, député socialiste des Hauts-de-Seine (5).
La réponse d'Anne Hidalgo face à ses détracteurs est tellement symbolique des contradictions de cette gauche française ultra communautariste. Lisez plutôt la tribune publiée par le Monde :
"Face à
Même dans le contexte enlisé et violent du conflit israélo-palestinien, Tel-Aviv reste une ville ouverte à toutes les minorités, y compris sexuelles, créative, inclusive, en un mot une ville progressiste, détestée à ce titre en Israël par tous les intolérants C’est à Tel-Aviv qu’ont eu lieu les manifestations de solidarité les plus impressionnantes avec la famille de l’enfant palestinien brûlé vif par des fanatiques.
C'est d'un risible.
C'est vrai que Tel Aviv est une ville festive, une ville balnéaire, et une ville gay friendly. Mais cette façon de juger de la sociologie de Tel Aviv à l'aune des problématiques internes au Parti Socialiste français est tout bonnement ridicule. Si Anne Hidalgo juge les moeurs de Tel Aviv tellement attractives, pourquoi ne demande t-elle pas immédiatement la légalisation de la gestation pour autrui (légale chez nos amis Israéliens) ? Quand le progressisme est à géométrie variable ...
De plus, le Parti Socialiste français est surtout, sur le sujet de la question Israélo-Palestinienne comme sur d'autres, prisonnier de ses contradictions internes. Il y a quelques années, quand l'actuel premier ministre français n'était que le maire de la ville d'Evry, il était un fervent soutien de la cause palestinienne (6). La ville d'Evry, connue pour son apparent manque de white, de blancos (si on en croit son ex maire (7)...), valait bien cela.
Aujourd'hui, il se présente comme l'ami éternel d’Israël et soutient notamment Anne Hidalgo dans son opération Tel Aviv Sur Seine. Et pour soutenir ce partenariat, l'Etat n'hésite donc pas à mobiliser des centaines de policiers (8), en pleine période de restrictions budgétaires et de mobilisation des forces de sécurité contre l'insécurité.
Simplement, en attendant que le Parti Socialiste prenne conscience de ses contradictions et dénonce également le discours de haine tenu par l'extrême gauche, comme il le faut à l'encontre de l'extrême droite, osons deux questions simples.
D'une part, pourrait-on faire le bilan financier et le bilan carbone de l'opération Paris Plages, puis demander leur avis aux citoyens et contribuables parisiens afin de savoir s'ils sont pour ou contre le maintien d'habillage par Bertrand Delanoë d'une pratique qui existait depuis des années, à savoir l'usage estival des berges par les Parisiens et les touristes ?
D'autre part, est-ce le rôle de la mairie de Paris que de se mêler de questions diplomatiques, ou bien Anne Hidalgo devrait-elle concentrer ses efforts sur ce pour quoi elle a été désignée ? Il parait que Paris a quelques problèmes de budget (9), ainsi que de propreté (10) ...
Apparemment, la hausse du prix des parking et des amendes ne sera pas suffisante !
La Ville de Paris va être confrontée à un «manque à gagner» de plus de 300 millions d'euros pour boucler son budget 2016, a-t-on appris auprès de l'adjoint en charge des Finances Julien Bargeton (PS). (1)
Il va en falloir du stationnement payant en août pour compenser ...!
Quand on pense que même l'Institut Montaigne avait contribué à l'enfumage et avait critiqué la parole de vérité relayée par Aurélien Véron, du Parti Libéral Démocrate, lors des dernières municipales, rappelez-vous (2) !