Affichage des articles dont le libellé est diplomatie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est diplomatie. Afficher tous les articles

vendredi 14 août 2015

#TelAvivSurSeine à Paris-Plages : Anne Hidalgo n'ose pas aller au bout de sa démarche

300 policiers supplémentaires pour surveiller l'opération Tel Aviv sur Seine !(1) Est-ce que ca en valait la peine ?

Mais prêtons à Anne Hidalgo deux neurones d'intelligence, et imaginons que derrière l'opération Tel Aviv à Paris Plages, la maire de Paris cherche réellement à proposer un modèle alternatif à la subordination classique des villes aux pays auxquels elles appartiennent. En effet, malgré le caractère émotif du contexte du conflit israélo-palestinien, la tribune d'Anne Hidalgo contient des éléments intéressants. Certes, ceux-ci auraient été plus visibles dans le cadre d'Athènes Paris Plages mais la gauche et l'extrême gauche préfèrent combattre Israël plutôt que la Grèce.

Anne Hidalgo nous dit : «Tel Aviv est une ville balnéaire appréciée des noctambules du monde entier (...) ouverte à toutes les minorités, y compris sexuelles, créative, inclusive, en un mot une ville progressiste, détestée à ce titre en Israël par tous les intolérants». «C'est à Tel-Aviv qu'ont lieu les manifestations de solidarité les plus impressionnantes avec la famille de l'enfant palestinien brûlé vif par des fanatiques». «Je ne saurais rendre une ville ou une population comptable de la politique de son gouvernement» (2).

Ces propos n'ont rien d'évidents. Ils ont d'ailleurs immédiatement été critiqués par Claude Goasguen (3), le maire UMP /Les Républicains du XVIeme arrondissement. Il a dit : «Tel-Aviv ne se borne pas à une plage». «Comment peut-on distinguer la ville de Tel-Aviv de l'État d'Israël? La distinction laisse perplexe (...) Je ne crois pas non plus que les habitants de Tel-Aviv aient refusé de défendre leur pays lorsqu'il a été victime des roquettes du Hamas». Autrement dit, pour Claude Goasguen, soutenir Tel Aviv, c'est soutenir Israël.

Qu'est-il passé par la tête d'Anne Hidalgo pour qu'elle expose une telle vision ? Pensait-elle au fait qu'elle est qualifiée de "frondeuse" de facto par une partie de la presse quotidienne (4) ou hebdomadaire (5) et que donc, elle ne se sent pas comptable de la politique de Valls et Hollande ? Avait-elle en tête le défi lancé par le maire du IIeme arrondissement, l'écolo Jacques Boutauld, officier d'état civil et chargé de faire appliquer la loi de par ses fonctions et pourtant recensé comme participant à une manifestation interdite par le pouvoir (6) ? Ou bien pensait-elle à la mairie du XXeme arrondissement, qui agit fréquemment comme un contrepoids au Quai d'Orsay en affichant sur la façade de la mairie ses propres orientations diplomatiques (7) ? 
La maire de Paris, la collectivité locale la plus peuplée et la plus riche de France, vient de tranquillement affirmer qu"on ne saurait rendre une ville ou une population comptable de la politique de son gouvernement". Pourquoi ? 

Le phénomène de prise de distance de certaines villes vis a vis du pouvoir n'a rien de neuf. Pensons par exemple au conflit qui a opposé Etienne Marcel à la royauté, ou à l'autonomie croissante des villes marchandes de Flandres au Moyen Age;
Mais cette problématique a récemment été réactualisée, par le biais des "villes-monde" qui cherchent à être autre chose que de simples municipalités. New York et Paris ne cherchent-elles pas, par exemple, à prendre acte du fait que leurs populations ne sont pas toujours en règle avec les lois sur l'immigration et qu'il faut donc offrir aux sans papiers une alternative aux politiques bureaucratiques gouvernementales (7) ?

C'est donc un vieux débat qu'Anne Hidalgo vient de réactualiser. Mais ses implications peuvent aller bien plus loin que l'analyse de la relation entre villes et états. 
Prenons le cas de la France, son système social payé à crédit, ses guerres en Afrique décidées sans en avoir référé au parlement, ses lois parfois violemment contestées par une partie croissante de la population. Anne Hidalgo, en affirmant que nous ne sommes pas forcément comptables de la politique d'un gouvernement, a t-elle conscience qu'elle s'attaque au principe de la démocratie représentative ? Si tel est le cas, alors cela peut etre une bonne chose. Mais alors, qu'elle en tire quelques conclusions pratiques, comme la mise en place plus fréquente de référendums, à commencer par l'échelon qui est le sien, au niveau de la ville de Paris. Fiscalité, Jeux Olympiques, Tour Triangle ... il y a tant de sujets sur lesquels les parisiens sont comptables malgré eux de la politique de l’exécutif parisien ...!



(4) L'Opinion Anne Hidalgo, frondeuse capitale 10 décembre 2014

lundi 27 juillet 2015

Pozzo di Borgo qui vante la politique russe en Crimée

Si on nous avait dit qu'un UDI se montrerait pro russe (1) et qu'à l'inverse, les socialistes seraient le gouvernement le plus atlantiste (bushiste, aurait on envie de dire !) qu'on ait jamais vu en France ...!

En tout cas, le voyage d'Yves Pozzo di Borgo et Claude Goasguen aura une vertu, quelque soit notre opinion sur le sujet : on peut donc être français et à 100% en désaccord avec la politique, notamment en ce qui concerne les affaires étrangères, menée par le gouvernement.

Que l'on ne vienne plus critiquer les uns et les autres sur leur manque d'assimilation des soi-disantes valeurs nationales, celles de "la République", puisque la dissidence s'est glissée jusqu'aux plus hautes sphères.




(1) L'Opinion Yves Pozzo di Borgo, sénateur et provocateur 27 juillet 2015

samedi 6 juin 2015

Il y a un an, Hollande recevait Poutine sur les plages de Normandie pour le #DDay70 ...

Aujourd'hui, c'est le 6 juin, et comme tous les ans, nous nous souvenons du sacrifice des jeunes soldats anglo-américains (ainsi que de la poignée de français, de polonais, de néerlandais) qui sont venus libérer la France du joug de la Wehrmacht et du Parti National Socialiste Ouvrier allemand. 
Mais, souvenez-vous, il y a un an. A l'occasion du DD70, et parce que Hollande se voyait en faiseur de paix, le président de la fédération de Russie, Vladimir Poutine, était invité à Omaha Beach.
Le message du Président Hollande était multiple, et pour d'obscurs motifs diplomatico-médiatiques, François Hollande avait réussi à embrouiller un message pourtant limpide à la base : les Français remercient les Anglo-Américains d’avoir combattu les nazis en Normandie (1).

Qu'est ce que Poutine faisait en Normandie ? Les soviétiques avaient-ils débarqué, il y a 70 ans, à Juno, Omaha, Utah et Sword ?

Et surtout, un an après, quel est le bilan ? Le voici :

  • une guerre diplomatique oppose la France et l'UE à la Russie (2)
  • nous devons plusieurs milliards d'euros à la Russie pour cause de non livraison de matériel militaire (3)
  • des agriculteurs et industriels français qui misaient sur le marché russe sont en difficulté
Bravo, brillant !

En réalité et au delà de l'ironie, ce qui est en cause, ce sont les hésitations du président Hollande en matière diplomatique, ou plus exactement les décisions contradictoires prises depuis 2012 (4). 

Les médias n'y reviennent plus, mais ne peut-on pas s'étonner du fait que Hollande, qui a aussi été battu en réaction au supposé atlantisme de Sarkozy,s'est en réalité révélé être le président qui aura lancé l'armée française dans le plus de guerres aux cotés ou au nom de l'OTAN ? Comment se fait-il que le PS né réagisse même pas à la contradiction qui consiste à déposer une motion de censure contre le retour de la France dans le commandement intégré de l'OTAN (5), puis, parce qu'au pouvoir, poursuit la politique Sarkozyste ? 

Hollande a, jusqu'à présent en tout cas, raté le quinquennat en matière d'économie (notamment, absence d'inversion de la courbe ...). Moi Président aura également échoué à ramener de la morale en politique (Cahuzac, Morelle, trésorier actif aux Bermudes, etc). Il n'aura même pas réussi à sortir de la peopolisation et du bling bling (la Lanterne ? Trierweiler ? Le scooter ? Air Sarko One ? Les jets privés pour aller voter). Il aura divisé la France avec sa politique sociétale controversée et incohérente. 

Mais on pourrait encore admettre tout cela si celui qui voulait "redresser la France" avait au moins un minimum de cohérence en matière de défense et de diplomatie. L'évolution de la relation franco-russe tend à prouver qu'il n'en est rien. On dit souvent que la crise que traverse la France n'est pas qu'économique, mais qu'elle serait liée à un manque de cap. Le Président Hollande ne contribue pas à rendre la situation plus lisible. 




jeudi 9 avril 2015

Le pape ne veut pas d'un ambassadeur gay au Vatican ?

Les "progressistes" sont en émoi !

Le pape aurait refusé un ambassadeur envoyé par la France au Vatican, du coup du, Libération sous titre " Le pape François ne serait-il finalement pas si progressiste que cela ?" (1)



Pourtant, si on en croit Riposte Catholique (2),  l’archevêque de Paris, le cardinal André XXIII, a envoyé une lettre au pape François pour soutenir le choix de l’Elysée qui s'était porté sur  Laurent Stefanini, chef du protocole de la République depuis 2010 et diplomate depuis 1985. C'est à y perdre son latin, vous ne trouvez pas ? André XXIII, on s'en souvient, était, aux cotés de Gilles Bernheim, le grand rabbin de France, Dalil Boubakeur, recteur de la mosquée de Paris, et d'autres, opposé au projet de loi Taubira sur le mariage pour tous. Comme quoi, l'argument simpliste de l'homophobie des uns et des autres ne suffit pas à expliquer la situation ?

Première nouvelle : les pratiques sexuelles des gens figurent donc désormais sur leur CV. La prochaine fois que vous enverrez un CV à l'Elysée, chez Libération ou dans tout autre endroit dominé par le "progressisme de gauche" (qui consiste, donc, à essentialiser la sexualité) vous saurez pourquoi vous n'aurez pas été retenu, si comme 80 ou 90% des gens, vous êtes hétérosexuel. 

Deuxième nouvelle, il parait donc le Pape François avait "suscité l'enthousiasme général il y a deux ans". C'est drôle, parce que finalement, Libération avait presque oublié que le Pape est, en plus d'être le chef de l'état du Vatican, avant tout l’évêque de Rome et le chef de la communauté catholique, rien de plus. Point positif : personne n'est obligé d'être catholique, et l'apostasie n'y est même pas un crime, à la différence d'autres religions. 

Troisième (bonne) nouvelle, puisque la nomination de tel ou tel ambassadeur à tel ou tel endroit devient un sujet de conversation mainstream chez les "progressistes", alors peut-être demanderont-ils des comptes à François Hollande, voire instruiront-ils de logiques procès en racisme, face au refus de la France de voir Mohamed Mahmoud Ould Brahim Khalil au poste d'ambassadeur de Mauritanie en France (3) ou face au plafond de verre dont semble avoir été victime Zair Kedadouche, diplomate français auparavant en poste en Andorre (4) ? Ne semble t-il légèrement pas plus grave que la France, pays des droits de l'homme, de l'assimilation et de la méritocratie, refuse de nommer un consul au nom à consonance arabe à un poste dans une ville sous prétexte qu'on y trouverait une forte communauté juive ? Ou bien chacun admettra t-il que tous les pays du Monde, même la France, sont souverains dans leurs décisions et peuvent refuser toutes les nominations qu'ils veulent, que ce soit pour être représenter aussi bien que pour accueillir des représentants ? 

En vérité, le président Hollande n'a rien fait pour cacher le mépris qu'il semble ressentir envers la communauté catholique et vis a vis du pape François, rappelez-vous la rencontre de janvier 2014.
Alors, que le poste d'ambassadeur près le saint Siège reste vacant quelques mois de plus, alors qu'il l'est depuis le 1er mars 2014, qu'est ce que cela peut bien faire ? 
En revanche, cette polémique sur le réseau diplomatique français, le deuxième du monde après celui des Etats Unis, tombe bien. Nous cherchons à faire des économies budgétaires, non ? Alors pourquoi ne pas proposer à nos 27 partenaires européens de mettre enfin en commun notre réseau d'ambassades ? Quel sens y a t-il à ce qu'il y ait 28 ambassades différentes des différents membres de l'UE à Washington, au Vatican ou à Pekin ? Que Fabius ferme le Quai d'Orsay et confie les clefs de la diplomatie à Federica Mogherini, en charge du même dossier à Bruxelles !

EDIT 10 avril 2015 : s'il s'agit d'un cas avéré d'homophobie, la France doit activer l'option logique qu'elle a entre ses mains : la rupture des relations diplomatiques avec le Vatican. En quoi la France de François Hollande a t-elle finalement besoin d'entretenir des relations avec ce petit pays ? Et après tout, d'autres pays occidentaux comme les Etats Unis ou le Royaume Uni (5) ont déjà pris des options diplomatiques fortes pour montrer que la lutte contre l'homophobie était une priorité. En revanche, puisque le sujet plus largement est celui de la discrimination à l'embauche, peut être que les progressistes pourraient adopter une attitude moins communautariste dans leur approche, et considérer toutes les discriminations.



(1) Libération Le pape ne veut pas d'un ambassadeur gay au Vatican 9 avril 2015
(2) Riposte Catholique Le cardinal Vingt-Trois promeut un homosexuel pour l’ambassade de France 7 avril 2015
(3) Cridem La France refuse les lettres de créance d’Ould Brahim Khlil depuis un an 9 mai 2013
(4) Le Parisien Racisme : un ambassadeur claque la porte du Quai d'Orsay 13 mai 2014

mardi 13 janvier 2015

#JeSuisCharlie : "#onfaitquoi maintenant ?" Réponse : rien !

Des millions de français ont manifesté hier contre le terrorisme et en hommage aux victimes des terroristes. 

Alors, quelles réponses apporter à cet épisode terroriste ?

Commençons par poser une question qui fâche : est-ce que Charlie Hebdo a été victime d'un attentat terroriste ? Le code pénal définit l'acte terroriste comme un acte se rattachant à « une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l'ordre public par l'intimidation ou la terreur » (2).

Question : à la différence de la prise d'otage du magasin casher de la Porte de Vincennes, un acte clairement antisémite, est ce que Charlie Hebdo a été victime d'un acte terroriste ou bien d'une sorte de vendetta ? Attention, poser la question, ce n'est nullement exonérer les frères Kouachi de leurs responsabilités ou leur donner un quelconque blanc-sein. Il va de soi que leur acte est inexcusable et aurait mérité, s'ils étaient toujours vivants, l'application pleine et entière des lois en vigueur dans ce pays.
Mais s'ils étaient vivants, les frères Kouachi auraient répondu que puisque le Coran lu au sens littéral appèle à châtier ceux qui se moquent du Prophète, alors les deux tueurs étaient dans leur logique de mort. Comment expliquer autrement le soutien, minoritaire mais néanmoins réel, que la tuerie de Charlie Hebdo a rencontré, dans certaines banlieues notamment (3)  ?

Quelque soit la qualification des actes de frères Kouachi et de celui de Koulibaly, une chose est claire : il ne faut rien faire, en tout cas au niveau législatif et politique ! 

Il ne faut rien faire car il existe déjà des lois qui punissent les atteintes à l'intégrité physique des gens, dont le meurtre. Les terroristes auteurs des actes de la semaine dernière dont morts, donc la justice ne se penchera pas sur leur cas, mais ne doutons pas du fait que s'ils avaient été jugés, ils auraient été condamnés à la réclusion perpétuelle. Le meurtre, l'apologie d'actes terroristes, les actes en réunion tombent déjà sous le coup de la loi. Pourquoi en rajouter ? Rien ne fera revenir les 17 personnes tuées la semaine dernière.

Il ne faut rien faire car la France vient déjà de se doter d'un corpus législatif liberticide, l'article 20 de la loi de programmation militaire (4), dont les effets porteront sur tous, et non pas juste sur les terroristes présumés. Voulons-nous vraiment d'une police autorisée à faire n'importe quoi au nom de la lutte contre le terrorisme, pour que dans 10 ans nos soyons comme les américains actuellement, à ouvrir le dossier de la violation des libertés civiles ? Et sans même faire parler les morts, est ce que les journalistes de Charlie Hebdo auraient approuvé un Patriot Act ?

Il ne faut rien faire car le président Hollande et l'ensemble de la classe politique regrettaient, à juste titre,  qu'entre 2007 et 2012, le fait que l'actualité dirige l'agenda de l'Assemblée Nationale. Sous le précédent quinquenat, le pouvoir avait tendance à réagir à l'actualité en proposant de nouvelles lois. Est-ce que nous allons continuer à faire des lois en fonction des faits divers, aussi dramatiques et sanglants soient-ils ? L'ancien président de la République veut par exemple réouvrir le débat sur le port d'armes, notamment pour les policiers municipaux. Mais en quoi la jeune policière antillaise tuée à Montrouge, Clarissa Jean-Philippe, aurait été aidée ? Coulibaly lui a tiré dans le dos. Nicolas Sarkozy  a eu 5 ans, entre 2007 et 2012, pour autoriser d'autres citoyens que les gendarmes et les policiers à porter des armes. Il n'a rien fait mais profite de cette actualité pour ouvrir le débat. Sont-ce des bonnes façons de procéder ?

Il ne faut rien faire car la France (en tout cas ses politiciens) n'est pas au clair sur ses options politiques et militaires en matière de guerre contre le terrorisme. La précédente majorité avait déclaré la guerre au terrorisme, aux cotés des américains, en envoyant notamment les soldats de l'armée française en Afghanistan. Or, l'actuelle majorité, non seulement avait déposé une motion de censure contre cette guerre (5) mais avait aussi accéléré le retrait d'Afghanistan. C'est cette même majorité qui, après avoir d'abord voulu aider les ennemis de Bachar El Assad, (6) est maintenant membre de la coalition qui bombarde l'Etat Islamique en Irak et au Levant (Daech) en Syrie et en Irak.
Autrement dit, au delà de la permanence de l'administration, notamment celle du Quai d'Orsay, nous avons un exécutif qui n'a aucune doctrine et qui change en permanence d'opinion. Peut-être qu'un bon point de départ serait la réflexion sur ce que nous pensons et sur ce que nous voulons. Le Président Hollande, s'il est cohérent, va t-il rendre hommage à l'intervention militaire menée par le président Sarkozy et par Hervé Morin  (7) ?

Il ne faut rien faire car même sur le motif direct de l'attaque, l'attentat contre la liberté d'expression, nous les français, ne sommes pas parfaitement au clair. Les journalistes de Charlie Hebdo sont morts car ils se sont donnés le droit, parfaitement légitime tant au regard du droit français que des valeurs françaises (y compris la liberté d'expression) de caricaturer le prophète Mahommet, (tout comme ils s'arrogeaient le droit de représenter le Pape en train de sodomiser de jeunes enfants !) Normalement, ces caricatures n'auraient du faire l'objet d'aucun commentaire. Pourtant, l'ancien premier ministre, Jean-Marc Ayrault, n'avait-il pas désapprouvé (8) ? Tant que des français, notamment socialistes, par volonté de ne pas froisser les musulmans d'ici ou d'ailleurs ou par souci d'éviter le débat sur la repentance vis a vis de la guerre d'Algérie, ne diront pas clairement que l'islam n'a pas de droit particulier sur la loi et sur les coutumes françaises, pourquoi voulons-nous que des islamistes, d'ici ou d'ailleurs, pensent autrement ?

En fait, plutôt que toujours plus de lois qui ne changeront rien au terrorisme en France, il faut évidemment autre chose : une France libérale.

Déjà, partons du principe que ce qui est arrivé menace de se reproduire. Il n'y a pas de raison fondamentale pour penser que ce qui a crée les Kouachi, Mennouche, Merah, Coulibaly et autres se soit volatilisé. Une des questions qu'il convient d'ouvrir, c'est de déterminer si le cas des terroristes relèvent de la psychiatrie, ou bien si ces types sont "rationnels" et se sont engagés consciemment dans une guerre asymétrique (mais juste selon leur point de vue). Rappelons que le but des terroristes n'est pas unique (tuer des cibles et répandre la terreur) mais a aussi une composante politique :  susciter l'adhésion, notamment auprès des populations qui pourraient basculer, en terme de soutien, dans les banlieues françaises ou dans le Maghreb.

Tout d'abord, sur la durée, il faut rouvrir les perspective des jeunes en libérant la croissance par une vraie politique libérale créatrice de richesse et d'emploi. Dans les banlieues et au sein de la population musulmane de France, il n'y a pas que des délinquants, loin de la, il y a aussi des entrepreneurs dynamiques dont on entend la parole partout sauf chez nous (9) ou des activistes qui ont compris que face à l'échec de l'État sur tous les plans, dans tous les domaines, il nous faut des solutions libérales (10).

Qui plus est, il faut combattre le sentiment d'humiliation par la remise en cause des lois mémorielles, dont la surenchère nourrit les rancœurs, et par la suppression des contrôles d'identité sans motif, blessants et inutiles. Pour ce dernier point, c'est simple, c'est une promesse du candidat Hollande, au même titre que le mariage pour tous ou la suppression du cumul des mandats ... Quand au premier point,  il est tabou, mais pourquoi ignorer le fait que Dieudonné, le discours Soralien et les propos antisémites de certains trouvent leur origine directe dans l'existence du refus d'ouvrir la question de la nocivité des lois Pleven-Gayssot-Taubira  (11) et de l'inévitable concurrence victimaire qui en découle (12) ?

Enfin, à court terme, il faut réparer les trous dans la raquette des renseignements et de la justice à partir des outils existants, mais surtout pas par le biais d'un "Patriot Act" à la française qui ne ferait qu'offrir une victoire supplémentaire aux terroristes.


(1) France Info "On fait quoi maintenant ?", France Info ouvre le débat #onfaitquoi 2 janvier 2014
(2) Sénat  Projet de loi relatif à la lutte contre le terrorisme
(3) RMC BFM TV Écoles: quand la minute de silence "part en vrille" 12 janvier 2014
(4) Next Impact Le décret de l’article 20 de la LPM publié : on fait le point 
(5) Le Monde François Hollande (PS) : "Nous refusons, par notre motion de censure, le renfort militaire de la France en Afghanistan 8 avril 2008
(6) le Monde comment et pourquoi la France a livré des armes aux rebelles en Syrie 21 août 2014
(7) Le Parisien Afghanistan : l'interview exclusive d'Hervé Morin 25 aout 2008
(8) RTL Charlie Hebdo publie des caricatures de Mahomet, Ayrault désapprouve 18 septembre 2012
(9) Facebook Aziz SENNI 9 janvier 2015
(10) Zaman France Yassine Lamaoui : des idées libérales pour les quartiers
(11) La Lime Dieudonné, fils de Gayssot et de Taubira 11 janvier 2014
(12) Le CRAN Dieudonné 31 décembre 2013

lundi 8 décembre 2014

Retraite, Kazakhstan, faut-il être choqué par les dernières frasques de Hollande ?

La future retraite du Président Hollande fait jaser. On apprend que Le chef de l'Etat pourrait cumuler jusqu'à 35.700 euros de pension mensuelle, grâce à sa carrière de fonctionnaire de la Cour des comptes et ses différents mandats d'élu (1).
D'abord, le chef de l'Etat serait à l'Elysée "détaché" de ses fonctions à la Cour des comptes, son corps d'origine, et non pas en disponibilité. Il continuerait donc de cotiser pour sa retraite. A part quelques mois entre 1993 et 1995, François Hollande a toujours été détaché comme élu, et non en disponibilité: il a donc accumulé 32 ans de droits à la retraite à la Cour des comptes, et bénéficierait donc d'une pension de 5.000 euros brut par mois. A cela s'ajoutent ses différentes fonctions locales, qui lui permettront de toucher 6.000 euros mensuels. Ses mandats de députés et eurodéputé lui ouvriront le droit à 6.800 euros supplémentaires, ainsi qu'un bonus de 6.000 euros comme président de la République et 12.000 euros en tant que futur membre du Conseil constitutionnel, lorsqu'il aura quitté ses fonctions de président.


Ce chiffre, l'Elysée le conteste (2) : François Hollande devrait toucher moins de 20.000 euros par mois de retraite. On est rassurés ! Surtout au moment où le Parti Socialiste réclame le fait que le prédécesseur de Hollande renonce à ses avantages de retraite !


Outre sa future retraite, un autre bad buzz atteint le président Hollande : son escapade au Kazakhstan, illustré par cette photo qui circule. 

Ridicule ? Franchement ? 


En fait non. Par contre, significatif, oui. 
Qu'est ce qui est choquant dans le fait que l'ancien conseiller général, maire de Tulle, membre de la cour des comptes bénéficie des prestations retraites, même au prix de contorsions avec la morale (mais pas avec la loi !) auquel il a droit ? 

Et pourquoi se moquer d'une photo ridicule, sachant que les prédécesseurs de Hollande se sont retrouvés dans des situations similaires ? 

Hollande n'est pas critiquable sur ces deux points. Au contraire, il est un excellent reminder de ce qu'est la réalité du monde politique UMPS et ses deux Fronts (de Gauche ou National) :  le contribuable et le citoyen est assez fou pour confier du pouvoir à des gens pour qui la fin justifie tout. 
Le problème n'est pas Hollande. Il n'est que le top, le modèle le plus abouti de la caste des 500 (3), ces fonctionnaires cumulards qui vivent à 100% de l'argent public et entretiennent un réseau d'obligés. Le problème, c'est donc l'existence de ces cumulards qui, pour conserver le pouvoir, n'hésitent pas à dire noir après qu'ils aient dit blanc, sans sourciller. 

La vraie question, ce n'est pas de savoir si Hollande aurait du se faire photographier de la sorte. La vraie question, celle que les médias n'ont pas posé, c'est de savoir si celui qui, en 2011, était chef du Parti Socialiste, le principal parti d'opposition alors, a eu raison d'aller visiter le dictateur Kazakh, alors que le Parti Socialiste avait critiqué les initiatives diplomatiques de Sarkozy sur cette même question Kazakh. 


Souvenez-vous ! Fut un temps où le PS pensait que la France ne devait pas discuter avec des dictateurs. 
Voila le crime de Hollande, celui de nous imposer son doublethink, et à nos frais bien sur. Si nous voulons le retour de la cohérence et du juste en politique, il nous faut bien plus combattre le système qui permet à des Hollande d'émerger et de se maintenir ou à des Parti Socialiste de pouvoir dire tout et son contraire, plutôt que de se moquer du président Hollande, au moins sur ces deux points précis. 







samedi 3 août 2013

Armée : l'Etat joue au poker avec l'argent public

Jean-Yves le Drian, PS
En grande forme, le gouvernement a choisi de parler d'armée, avant de partir en vacances (1). Simplement, le ministre de la défense, Jean-Yves le Drian,  a oublié de parler de stratégie. A quoi sert l'armée française, et quels sont ses objectifs stratégiques ? Protéger le territoire national ? Contribuer, dans le cadre de coalitions multinationales, à aller déloger de leurs sanctuaires des terroristes islamistes ? Faire du social ?

D’où la réaction de l'ancien ministre de la défense (2), Hervé Morin, qui parle de mystification par rapport à la loi de programmation militaire (voir le site web du Nouveau Centre UDI). 




Hervé Morin dit, notamment, que François Hollande aurait dû avoir le courage de procéder à de véritables arbitrages : 
Hervé Morin, UDI

  • d’une part, assumer le fait que la France n’est plus capable de financer deux composantes
    pour la dissuasion
    , afin de dégager les crédits nécessaires pour les priorités de nos forces conventionnelles (hélicoptères, avions de transport militaire, drones, présence navale) et donc aller vers l’extinction progressive de la composante aéroportée. 
  • d’autre part, au lieu de procéder à une réduction proportionnelle de nos forces armées, s’engager dans un format résolument nouveau qui consisterait à créer un corps expéditionnaire capable de mener dans une autonomie stratégique totale. 
Ces arbitrages n'ont pas été faits, et au lieu de cela, le gouvernement, par la voix de le Drian, a préféré rentrer dans un tweetclash que mentionne l'Opinion (lire #Tweetclash : #Défense, gueguerre Morin / Le Drian).



Tweetclash : #Défense, gueguerre Morin / Le Drian par Lopinionfr

Pourtant, la France ne peut s'économiser un débat qui existe aux Etats Unis (3) ou en Suisse (4).  Alors, la France, pourquoi se montre t-elle incapable de le mener, que ce soit au niveau national ou, mieux, au niveau fédéral Européen ?

Plus frappant encore est le titre du Monde : Le budget de l'armée repose sur l'hypothèse d'une vente des Rafale à l'étranger. C'est là où on se rend compte que le gouvernement joue au poker avec l'argent du contribuable.

Quand on pense que les socialistes, quand ils étaient dans l'opposition, avaient reproché à la précédente majorité à la fois son atlantisme et son affairisme. Ne voilà t-il pas que non seulement la France n'est toujours pas sortie de l'OTAN, mais qu'en plus, elle va contribuer, qu'elle soit de gauche ou de droite, à la richesse de la famille Dassault ?

Cette affaire de loi de programmation militaire illustre parfaitement tout ce qu'on peut reprocher à l'actuel gouvernement :

  • incapacité à définir les missions de l'Etat
  • absence totale de vision stratégique
  • fuite en avant garantie, in fine, par le contribuable
  • communication qui ne colle pas à la réalité
Accessoirement, à qui la France compte t-elle vendre des Rafale ? 




En Inde, comme tentait de le faire le Drian (5) ? N'oublions pas que le précédent gouvernement a longuement  travaillé sur ce contrat, au point d'annoncer fin 2012 la vente de 126 Rafale à ce pays (6) un peu prématurément. N'oublions pas, également, la réaction des Indiens face aux propos de Montebourg au sujet de Mittal (7). 
Aux Saoudiens ? On peut douter qu'ils apprécient le fait qu'on bloque leurs touristes à Roissy Charles de Gaulle (8) pour cause de niqab (une mesure pourtant logique et qui va enfin dans le sens d'une diplomatie active). 
Aux Chinois ? Confondus avec des Japonais (9), ils risquent de confondre Rafale et F16, avant de développer leurs propres avions.
Aux Suisses ? La France leur a déjà déclaré la guerre (10), et les Suisses ont bien raison de préférer des Saab Gripen, moins chers avant rabais Dassault de surcroît (11), afin de garder de l'argent pour entraîner leurs forces contre le risque que présente une France ultra socialiste à leur frontière (12). 
Au Tchad ? Ils nous réclament le paiement de factures apparemment impayées (13). 
A l'Amérique du Sud ? Le précédent de l'avion du président Morales leur restera en travers de la gorge un moment, et avec raison, alors que le danger révélé par Edward Snowden est bien réel. 


En fait, le souci, et partant du principe que le Rafale est en réalité pas juste le produit non pas d'une entreprise privée mais un enjeu national et public, c'est que nous n'avons pas dit clairement quel type de diplomatie nous souhaitions, nous français, privilégier, et, de là, quelles étaient nos alliances. 

Peut-être que François Hollande, chef des armées et chargé du domaine réservé (diplomatie, notamment) pourrait profiter de quelques jours dans la quiétude de la Lanterne (14) pour réfléchir à tout cela. Ça sera sans doute plus productif que des déplacements démagogiques à Clichy sous Bois.


Sur le même sujet 
Ni Atlantiste, ni pro droits de l'homme, ni Bolivarienne, ni fédéraliste Européenne, je suis ?, un post du 6 juillet 2013


(1) Atlantico : Le gouvernement est en vacances... mais les a-t-il bien méritées ? La réponse avec le bulletin de notes des ministres
(2) Atlantico : Programmation militaire: Morin dénonce une "mystification" sur les moyens
(3) L'Opinion : Le Pentagone contraint de réduire l'US Army
(4) RTS : L'obligation du service militaire soumise au verdict des urnes
(5) Jean-Dominique Merchet : Jean-Yves Le Drian, le politique du business
(6) Opex 360 : Le contrat de vente du Rafale à l’Inde pourrait être finalisé d’ici “3 ou 4 mois”
(7) Europe 1 : En Inde, l’encombrant M. Montebourg
(8) Le Monde : Des Saoudiennes refoulées à Roissy pour refus d'ôter leur voile intégral
(9) Libertarien TV YouTube : François Hollande confond les Japonais et les Chinois !
(10) La Tribune de Genève : Une banque épiée par des douaniers français
(11) Opex 360 : Suisse : Dassault Aviation propose le Rafale au prix d’un Gripen
(12) Le Parisien Libéral : Suisse : L'armée prépare ses frontières au chaos social européen
(13) Al Wihda : Le Tchad exige le remboursement de sa note au Mali
(14) Contrepoints : Comme Sarkozy, Hollande adore la Lanterne

samedi 6 juillet 2013

Ni Atlantiste, ni pro droits de l'homme, ni Bolivarienne, ni fédéraliste Européenne, je suis ?

Le président Hollande enchaîne un nombre si élevé de bourdes que cela en devient un running gag. 






Mais au delà des gags, il y a l'orientation générale de la diplomatie française, sujet sur lequel le candidat Hollande avait d'ailleurs peu fait campagne, alors que les options sarkozystes (Atlantisme, OTAN, Qatar, BRICS) avaient été largement débattues et critiqué par le public. 

On a déjà constaté un certain immobilisme vis à vis de l'OTAN ou de la Francafrique. Mais : ni Atlantiste, ni pro droits de l'homme, ni Bolivarienne, ni fédéraliste Européenne, je suis, je suis ?
Oui, c'est bien de la diplomatie française version 2013 dont on peut parler ainsi.
Il ne se passe pas une journée à l'issue de laquelle la perplexité du peuple français et de ses partenaires ne peut que grandir.


Ainsi, Edward Snowden met tellement la France dans l'embarras que notre pays s'est permis une action non réfléchie, simplement pour masquer le fait que nous aussi nous écoutons la terre entière, nous aussi nous ne sommes pas exemplaires ? 

En empêchant le président Morales de survoler la France, non seulement le Président Hollande a envoyé, sur le plan intérieur, un signal fort à son électorat d’extrême gauche, mélenchoniste, mais il a aussi montré que la France ne craignait pas de faire apparaître au grand jour ses contradictions. 

Le gouvernement a protesté contre l'espionnage de la NSA dans des bâtiments officiels français et européens (mais pas contre l'espionnage des citoyens) ? Mais malgré cette protestation, la France refuse d'accorder l'asil politique à Edward Snowden ? Est-ce parce que la France, comme la plupart des Etats occidentaux, est en pleine dérive ? (Lire Les Etats occidentaux ont les mains sales! #NSA #Snowden sur le blog de Libertarien).

Real politik first, soit. Mais dans ce cas, comment et pourquoi aller donner des leçons de démocratie à la terre entière, au Mali, par exemple, y compris en utilisant des faux prétextes ? 




Récapitulons :


  • La France de Hollande ne manifeste aucune volonté de promouvoir un vrai fédéralisme Européen 
  • La France ne s'aligne pas, officiellement en tout cas, sur les Etats-Unis, puisqu'au lieu de considérer que la surveillance du monde par la NSA se fait pour le bien commun de tous, elle s'indigne de ses pratiques 
  • La France se permet d'user de moyens illégaux tels que le recel de données volées pour aller faire la leçon à la Suisse et au Luxembourg, des "petits pays" libres et démocratiques. NB : cette dérive anti petits pays a commencé sous Fillon et Woerth. 
  • La France de Hollande se met à dos l'Amérique du Sud
  • La France de Hollande poursuit la Francafrique, en tordant un peu le bras à la légalité (voir la vidéo ci-dessus)
  • La France se tire une balle dans le pied en méprisant la francophonie (lire le post du 27 Juin 2013, Francophonie : la France qui se tire une balle dans le pied).
Cette stratégie diplomatique a franchement de quoi laisser perplexe, si on ne garde pas en tête le fait que le socialisme fonctionne mieux dans un seul pays, dans un cadre nationaliste.

Continuons à accepter le fait que la France puisse s'absoudre des responsabilités qui incombent aux démocraties occidentales, et un jour nous réaliserons que pour certaines personnes au pouvoir, 1984 était bien un manuel d'instructions. 

mardi 27 décembre 2011

Diplomatie française

N'aurions-nous vraiment que des intérets, et aucuns principes ?

Au début du quinquenat actuel, une voie s'était dessinée : diplomatie des droits de l'homme, focus sur les acteurs émergents et appui sur l'Europe.
Ce tryptique aurait logiquement conduit la France à poursuivre les taches suivantes :
  • rupture des liens avec la Lybie, réforme de la Francafrique, discours et actes fermes vis à vis de la Chine et de la Russie, resserement des liens avec la Suisse ou la Norvège
  • poursuite du rapprochement avec le Mexique, le Brésil, les Emirats Arabes Unis, l'Inde
  • approfondissement de l'intégration Européenne (donc abandon de la souveraineté nationale au profit de la fédéralisation des fonctions régaliennes, et arrêt de l'élargissement)
  • développement de notre politique maritime

Au contraire, depuis 4 ans, nous avons :
  • accueilli la tente de Khadafi à Paris (avant d'aller le bombarder, voir le post quelle guerre menons nous ? du 11 Aout 2011), fait plus de visites officielles au Gabon qu'en Ukraine, laissé tomber la Suisse pendant l'affaire des otages Lybiens, fait des courbettes à l'occasion des JO de Pékin après avoir hésité à y aller, inauguré Nordstream (voir le post Marché Européen du gaz, le vrai événement du week-end, du 19 septembre 2011), "serré la pogne" de Poutine, rien dit sur les massacres de Chrétiens au Moyen Orient.
  • brouillé notre relation avec le Mexique du fait de l'affaire Florence Cassez, généré le soupson dans ce même pays pour cause de séjour chez un possible narco trafiquant (voir l'article de rue89).
  • tout fait pour créer de l'intergouvernemental au lieu de promouvoir des organes Européens autonomes et respectés : élection du fade Van Rompuy (alors que VGE, Vaira Vike-Freiberga, Jean-Claude Juncker et Tony Blair étaient candidats, voire Arnold Schwarzenegger ;-) ) intégration de la Croatie, pressions sur la BCE, rejet de la directive Bolkestein, envoi de députés Européens UMP et PS pas motivés à Bruxelles, rejet de la proposition One Seat
  • maintenu le statut des opérateurs du Port de Marseille (au lieu de les aider à faire de Marseille un port compétitif), réduit le Grand Paris à sa seule dimension francilienne au lieu d'englober la vallée de Seine, délaissé St Pierre & Miquelon, oublié Tahiti, integré Mayotte (une erreur manifeste, voir Expérience à renverser, Mayotte, un post du 31 Octobre 2011), refusé de donner aux Corses leur indépendance totale et définitive.

On reproche souvent au gouvernement actuel des faits sur lesquels il n'a aucune prise, ou, pire, dont il s'occupe en aggravant les choses au lieu de laisser faire les gens, exemple : la croissance et l'emploi. (Comme le note Ron Paul ou le Von Mises Institute,  People create jobs, not the Government) Par contre, la diplomatie est du seul domaine du pouvoir politique. Ils n'ont pas d'excuses à aller chercher du coté des immigrés Arabes, des spéculateurs de Wall Street, des banquiers Suisses ou des industriels Chinois pour masquer leurs réalisation dans ce domaine.
Force est de constater qu'elles ne sont pas à la hauteur des attentes. Peut-être que France 24, les vacances en jet privé en Tunisie ou la gestion des affaires courantes bordelaises ont pris trop de temps ?



jeudi 11 août 2011

Lybie : quelle guerre menons nous exactement ?

L'histoire officielle est a priori limpide. Il y a d'un coté un méchant (c'est lui !) et de l'autre les gentils (c'est nous !). Donc logiquement il faut aller botter les fesses du méchant.
La où ca se complique, c'est que, d'une part, on aurait bien voulu faire ami-ami avec le méchant.
Rappelez vous du séjour de Khadafi en 2007, qui réhabilitait le responsable de Lockerbie ou du DC10 UTA.


SARKOZY Rubrique HUMOUR ou POLITIQUE ? par sarkozy_bayrou

Pourtant, le Président de la République se dit fan de la culture populaire Etats-Unienne. Pas assez fan apparemment. S'il regardait suffisamment la TV, il saurait qu'il ne faut pas négocier avec les terroristes, ni croire qu'on pourra trouver un terrain d'entente. Qu'il passe un coup de fil à Jack Bauer pour se faire briefer sur le sujet s'il le faut.  
Non seulement les rues parisiennes ont été bloquées pendant une semaine, mais surtout la France a renié sa promesse de diplomatie des droits de l'homme.

On aurait pu se rattraper deux ans plus tard, en 2009. Nos amis et voisins Suisses, un pays Européen, démocratique, aveint deux otages retenus en Lybie. Mais au lieu d'aider les Suisses, nous avons preféré, par le biais de Bruxelles, donner la préférence à la Lybie et à son pétrole, plutôt qu'à la Suisse qui avait intelligemment déployé l'arme de l'espace Shenghen pour faire pression sur la Lybie.

Aujourd'hui, sous couvert d'intervention multinationale, nous pouvons enfin aller faire le ménage en Lybie. Les contribuables, associés ou non, ont beau soulever le cout des opérations, les bombardements suivent leur cours, y compris sur des objectifs non militaires (cf la video de Michel Collon, sur le blog de Vlad). Or, ca fait des semaines que Mediapart nous dit que en fait, la guerre de Lybie couvre plusieurs objectifs, dont celui de régler un conflit inter personnel entre un marchand d'arme qui serait proche de l'UMP et une partie de l'administration Lybienne (voir Mediapart : Les documents Takieddine. Les négociations secrètes de l'Elysée pour blanchir le bras droit de Kadhafi). Oublions les photos de Hortefeu ou Copé en short dans la piscine de ce Mr Takieddine, puisque c'est Mediapart qui les révèlent (feuille de ragots trotskystes, dixit Morano), appuyons nous sur une source d'information  plus institutionnelle, le Parisien. Il dit que en pleine guerre de Lybie, et alors que les migrants ont un peu du mal à faire le trajet inverse, 4 parlementaires français vont en Lybie discuter avec une partie de la famille Khadafi. L'info est reprise par Contrepoints, qui se demande légitimement s'il existe une diplomatie parrallèle à l'oeuvre en Lybie.
Il est vrai que le maire de Bordeaux ministre de la défense ministre des affaires étrangères est un peu aux abonnés absents ces jours ci. Est-il reparti à Montreal ?

Bref, on n'y comprend rien. S'agit-il de faire tomber Khadafi ? D'armer les rebelles ? D'autre chose ? Les choses sont compliquées, pas si limpides que ca.  Simplifions les : ramenons les forces armées à la maison, n'achetons plus de pétrole Lybien, laissons les migrants circuler (mais aux conditions libérales, c'est à dire sans visas mais sans droits à une quelconque aide sociale une fois qu'ils sont chez nous) et surtout, ne bloquons pas la justice même quand il s'agit de juger des trafics d''arme ou des actes terroristes sur aéronefs civils.

mercredi 13 juillet 2011

Diplomatie des Droits de l'Homme

Le gouvernement actuel tente de rompre avec la première partie de son mandat, la diplomatie du cynisme, alias real politik. C'est plutôt positif, même si à coté on continue à vendre des systèmes d'armements aux Russes.
Maintenant, est-ce le rôle des diplomates que d'aller sur le terrain de manifestations hostiles à tel ou tel régime ?
Imaginons que, lors de manifestations anti UMP (en gros, la plupart des manif'), l'ambassadeur Russe en France, ou Syrien, ou Venezuelien, aille ouvertement se promener entre Bastille et République, bras dessus dessous avec Besancenot et Mélenchon ? Accepterions-nous cela ?

Difficile de dire ce qui s'est passé à Hama avec Eric Chevallier, même si il semble, a priori, plus logique de croire le Nouvel Obs que la presse syrienne, étant donné le degré de liberté dont jouissent les Syriens. Toujours est-il qu'on reste étonné devant l'absence de réponse forte face à l'attaque de l'Ambassade de France en Syrie, du rarement vu sur le plan des relations internationales. Le prix de nos ambiguités passées ?