Affichage des articles dont le libellé est guerres. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est guerres. Afficher tous les articles

lundi 5 octobre 2015

La Sécurité Sociale a 70 ans, elle peut supporter la vérité

Egalement publié sur Contrepoints
Ah, les commémorations ! Certaines sont ridicules, mais elles servent principalement à occuper un président de la République impuissant, qui attend la reprise (1). D'autres sont carrément obscènes, comme quand, par exemple, François Hollande le socialiste rend hommage à Jules Ferry, ce grand "républicain" (2).  Vous vous souvenez du "Messieurs, [...] les races supérieures ont un droit vis à vis des races inférieures [...]. Elles ont un devoir de civiliser les races inférieures.[...] (3) ? 
Enfin, il y en à d'autres qui confinent au crime tant elles perpétuent des mensonges, avec des conséquences bien réelles pour notre vie quotidienne. 
Ainsi, à l'occasion du 70e anniversaire de la Sécurité sociale, François Hollande prononcera le 6 octobre 2015 un discours sur le modèle social français. Pourtant, on peut parier sur le fait que le président de la République oubliera de mentionner quelques vérités.


La Sécurité Sociale a des racines Vichystes

On nous présente très souvent la Sécurité Sociale comme une superbe conquête progressiste, un héritage républicain. Or, rien n'est plus inexact. La Sécu, fille de la Résistance  ? C'est un mythe récent et artificiel (4). Il n'y a rien de progressiste dans la Sécurité Sociale française. En 1941, le régime de Vichy de Pétain impose la retraite par répartition: les pensions sont financées par des cotisations basées sur certains impôts et les revenus de la population active. Ce dispositif, en partie géré par les syndicats, est intégré à la Sécurité sociale en 1945. A t-on, depuis, dénoncé le dispositif ?


La Sécurité Sociale ne devrait plus en avoir pour très longtemps, théoriquement

Ce qui frappe quand on parle de Sécurité Sociale, c'est la récurrence du mot "déficit". A 70 ans, la Sécurité Sociale est plutôt mal en point (5). Mais ce n'est pas la faute aux managers de cette administration. C'est le système, digne de Ponzi, qui est vicié et pose problème. Chacun constate que, d'une manière ou d'une autre, les diverses cotisations salariales progressent sans cesse. C'est normal, il faut bien payer la répartition, intenable dans le cadre du vieillissement de la population, sauf à vraiment saigner les jeunes.


La Sécurité Sociale n'aide pas les français à se soigner

Il y a un mythe, en France, d'une population bien soignée, grâce à la Sécurité Sociale. Premier accro au mythe : l'existence de toute une population qui échappe aux bienfaits, puisqu'ils renoncent à se soigner, faute d'argent (6). Mais parmi la majorité, celle qui se soigne, il y a un autre problème : l'abus de substances médicamenteuses. Comment explique t-on que notre pays, supposé être celui de l'équilibre, abuse autant de pyschotropes ? La France est toujours le numéro un en ce domaine. Il faut croire que la promesse d'un Etat qui s'occupe de tout et protège ne passe pas parmi la population.


Les français ne sont pas si attachés que ça à la Sécurité Sociale

On nous dit : Les Français sont attachés à leur système social. Si'ils le sont autant, pourquoi créer ds peines de prison envers ceux qui osent mentionner l'idée qu'éventuellement, des alternatives rendues possibles par la législation européenne, puissent exister (7) ?





A l'aune de tous ces éléments, pas sûr qu'on veuille lui souhaiter un bon anniversaire, à la Sécu ...!





(1) Le blog de Nathalie MP Y a-t-il un mystère Hollande ?/ 2 octobre 2015

mardi 25 août 2015

Charles de Gaulle : "Paris libéré !"

Discours de l'Hôtel de Ville de Paris, 25 août 1944





"Pourquoi voulez-vous que nous dissimulions l'émotion qui nous étreint tous, hommes et femmes, qui sommes ici, chez nous, dans Paris debout pour se libérer et qui a su le faire de ses mains.

Non ! nous ne dissimulerons pas cette émotion profonde et sacrée. Il y a là des minutes qui dépassent chacune de nos pauvres vies.

Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré ! libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le concours des armées de la France, avec l'appui et le concours de la France tout entière, de la France qui se bat, de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle.


Eh bien ! puisque l'ennemi qui tenait Paris a capitulé dans nos mains, la France rentre à Paris, chez elle. Elle y rentre sanglante, mais bien résolue. Elle y rentre, éclairée par l'immense leçon, mais plus certaine que jamais, de ses devoirs et de ses droits.

Je dis d'abord de ses devoirs, et je les résumerai tous en disant que, pour le moment, il s'agit de devoirs de guerre. L'ennemi chancelle mais il n'est pas encore battu. Il reste sur notre sol. Il ne suffira même pas que nous l'ayons, avec le concours de nos chers et admirables alliés, chassé de chez nous pour que nous nous tenions pour satisfaits après ce qui s'est passé. Nous voulons entrer sur son territoire comme il se doit, en vainqueurs. C'est pour cela que l'avant-garde française est entrée à Paris à coups de canon. C'est pour cela que la grande armée française d'Italie a débarqué dans le Midi ! et remonte rapidement la vallée du Rhône. C'est pour cela que nos braves et chères forces de l'intérieur vont s'armer d'armes modernes. C'est pour cette revanche, cette vengeance et cette justice, que nous continuerons de nous battre jusqu'au dernier jour, jusqu'au jour de la victoire totale et complète. Ce devoir de guerre, tous les hommes qui sont ici et tous ceux qui nous entendent en France savent qu'il exige l'unité nationale. Nous autres, qui aurons vécu les plus grandes heures de notre Histoire, nous n'avons pas à vouloir autre chose que de nous montrer, jusqu'à la fin, dignes de la France. Vive la France !"





On remercie évidemment les anglo-américains qui ont rendu cette libération possible. Tout à la joie de voir la capitale libérée de l'occupation nationale socialiste allemande, le général de Gaulle a "oublié" de mentionner le fait que les Alliés ont laissé la 2eme Division Blindée libérer Paris, qui n'était pas un objectif militaire mais symbolique et politique. Le travail, lui, a été fait entre le 6 juin 1944 et la fin juillet, dans le bocage Normand. L'art de la récupération ne date pas d'aujourd'hui ...!
Accordons toutefois à de Gaulle en 1944 d'avoir eu la clairvoyance nécessaire pour éviter une guerre civile. Reste à évaluer le prix de cette clairvoyance ...Nous payons en 2015 les dommages collatéraux du programme du Conseil National de la Résistance.

Toutefois, puisqu'en ce 25 août, jour de la Saint Louis, nous fêtons la libération de Paris, souvenons nous avant tout du sacrifice de toutes les personnes qui ont rendu ce discours "Paris Libéré" possible !

vendredi 17 juillet 2015

Pourquoi il faut arrêter avec la repentance

Nous sommes le 17 juillet.

Il y a 73 ans (ce n'est pas si vieux, soixante-treize ans, il y a encore des témoins de cette époque en vie), la police française, de son propre chef, raflait des français, de confession juive, pour les mettre dans les trains à destination des camps d'extermination des nationaux socialistes allemands. 


A l'époque, un doute pouvait subsister sur la destination finale des convois, puisque la réalité des camps était encore inconnue. En revanche que les autorités françaises aient agi par pur antisémitisme, une opinion répandue et légale à l'époque, ne fait aucun doute. Depuis, et parce que 1945 est passé par là, avec la découverte de l'ampleur du processus d'assassinat de masse de gens parce que de telle religion, la France a eu deux attitudes. 


Dans un premier temps, la France s'est dissociée de ces crimes, en arguant du fait que Vichy, ce n'était pas la France, et que de toute façons, la France ne s'excuse pas de son histoire. C'était la position de Mitterrand. Puis, dans un second temps, avec Chirac, on a admis l'idée que, même si Vichy, ce n'était pas la France, il fallait quand même que la Veme République endosse les crimes commis par la police nationale en 1942. Mais surtout, la Shoah a fait l'objet de réparations, financières notamment, comme on l'a encore vu avec l'exemple de la SNCF qui a choisi de verser de l'argent à des victimes américaines (1). 

Pourtant, il n'est pas certain que d'assortir la reconnaissance de certains génocides de compensations financières soit une bonne idée. 

D'une part, le préjudice de la Shoah, comme de tout génocide, est incalculable. Au delà des biens appartenant à des juifs qui furent "aryanisés", comment calculer de manière réaliste le cout d'une vie gâchée, voire détruite ? Comment évaluer, des années après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, ce qui aurait du être, à la place que ce qui fut ? 

D'autre part, l'argent n'achète pas tout. Dans le cas spécifique de la SNCF, on peut même parler de dépense qui n'aidera pas l'entreprise. Si des stakeholders influents dans le processus de décision des transports aux Etats-Unis estiment qu'in fine, la SNCF de 2015, ses hommes, ses femmes, restent comptables des actes commis par leurs prédécesseurs, pourquoi voulez-vous que 60 millions de dollars effacent quoi que ce soit ? De toutes façons, la réussite économique d'Hugo Boss (fournisseur d'uniformes de l'armée allemande et du parti national socialiste) ou de BMW montrent qu'une telle tache n'est manifestement pas un obstacle au commerce. 

Enfin, la repentance et les réparations laissent l'impression d'un traitement à géométrie variable des crimes. Or, l'idée du deux poids deux mesures est précisément l'un des facteurs qui alimente le ressentiment (2) de certains. Est-ce que les français de 2015 ont à payer, moralement ou financièrement, pour la Shoah, le Rwanda (3) ou le génocide Camerounais (4) ?  Pourquoi continuer à alimenter la fort logique concurrence victimaire ? 

Avoir une réponse claire, cohérente et définitive à cette question permettait aussi au président Hollande d'éviter les "maladresses" quand il parle de la "dette" de la France envers Haiti (5) ou encore à Fabius de pouvoir reprendre les propos de bon sens de la députée Européenne Sylvie Goulard, en disant une fois pour toute à Alexis Tsipras que la Grèce, membre de l'UE, n'est pas fondée à demander des réparations à l'Allemagne, membre de l'UE .


Grèce, Allemagne : dette et paix par sgoulard




(2) Ligue des Droits de l'Homme L'antisémite Dieudonné condamné pour son hommage à Faurisson 27 octobre 2009

jeudi 9 juillet 2015

"Lutte contre le terrorisme" : la détestable baseline de notre AngSoc (*)


Pas besoin de revenir sur l'état global du pays, on connait tous les chiffres. Mais, comme nous sommes en 2015, il devient très difficile pour l'actuelle majorité d'accuser la précédente. Vous vous souvenez que depuis 3 ans, le Parti Socialiste au pouvoir fait le coup de l'héritage. C'est vrai que le précédent président de la République, et sa politique de socialisme de droite, nous a légué 600 milliards d'euros de dette publique supplémentaire, 51 taxes et impôts créés ou relevés, aucune baisse significative du nombre de fonctionnaires, etc.
Egalement publié sur Contrepoints

Mais, au vu des chiffres que chacun peut observer depuis 2012, le Parti Socialiste est obligé de changer de discours. Il ne peut plus seulement accuser la gestion de l'UMP. 
Il est vrai que quand on prend le bilan, il n'est pas fameux : en ce qui concerne la dette publique, elle a progressé de 236 milliards d’euros depuis mai 2012 (1) . Quand au chômage : il n'y a pas eu d'inversion de la courbe, puisque fin 2014, il y avait déjà 600 000 chômeurs de plus depuis 2012.

Face à cela, que font nos voisins ? Ils parviennent manifestement à combiner baisse du chômage et baisse de la dépense publique. En France, le chômage augmente, à l'inverse de tout ce qui se passe partout ailleurs en Europe (3)


En Allemagne, (4.7% de chômage), les comptes publics sont en équilibre, grâce à la bonne santé économique et grâce à la politique menée par Angela Merkel (4). 
En Pologne  (7.9% de chômage), dirigée de 2007 à 2014 par le libéral Donald Tusk, la loi de finances pour 2015 prévoit un déficit des finances publiques inférieur à 3.3 % du PIB en 2015 et 2.6% en 2016 (5)
Au Royaume Uni (5.5% de chômage), le gouvernement conservateur vise 10 milliards de livres excédent en 2020 (6)

Ce jeudi matin, François Kalfon, secrétaire national au travail, à l'emploi et à la formation professionnelle du Parti Socialiste, était invité à commenter, sur BFM Business, les politiques de nos voisins. 


Voici en résumé les principaux points de son intervention :

  • Les conservateurs allemands de la CDU ne peuvent pas diriger l'Europe
  • Les retraités allemands imposent leur point de vue aux autres
  • C'est dommage qu'il n'y ait pas de gouvernement économique de l'Europe
  • La Grande Bretagne n'est pas un pays industriel, mais reste un paradis fiscal avec la City 
  • La France ne veut pas de contrats zéro heures comme au Royaume Uni
  • Le modèle britannique n'est pas le modèle de société dans lequel nous voudrions vivre
  • Chez nous, en France, il y a des hopitaux et une armée à faire tourner

Il y a donc tous les poncifs d'une certaine gauche antilibérale et parfois germanophobe, et qui ignore que l'Allemagne n'est pas un pays du tiers monde, que le Royaume Uni produit plus d'automobiles que la France, et que chez nous aussi, il y a des contrats zéro heures, ça s'appelle le chômage. 

Mais c'est l'un des derniers points de l'intervention de François Kalfon qui est intéressant. 
Il a expliqué que, contrairement à d'autres, la France "assume ses responsabilités au sein de l'union Européenne" et que du coup, la France "se tape le sale boulot" en allant faire la guerre contre le terrorisme au Mali. En conséquence, c'est nous, les français, qui faisons face à une vague de terrorisme sans précédent.
Egalement publié sur Agoravox

François Kalfon réalise t-il la portée de ses propos ?
Première information : le cofondateur de "la Gauche Pop", le supposé "frondeur" (7),  adhère donc à la vision de Manuel Valls : la France mène une guerre contre le terrorisme, au nom de l'Europe.
Relisez plutôt ce que disait Valls le 13 janvier 2015 suite à la tuerie de Charlie Hebdo et à l'attentat de l'Hypercasher de la Porte de Vincennes :

"À cette menace terroriste, la République apporte et apportera des réponses sur son sol national. Elle en apportera aussi là où les groupes terroristes s’organisent pour nous attaquer, pour menacer nos intérêts comme nos concitoyens.
C’est la raison pour laquelle le Président de la République a décidé d’engager nos forces au Mali, un 11 janvier, le 11 janvier 2013, le jour où tombait notre premier soldat dans ce conflit, Damien Boiteux. Et la même nuit, monsieur le ministre de la défense, trois membres de nos services tombaient en Somalie. Le Président de la République a pris une telle décision pour venir en aide à un pays ami, menacé de désintégration par des groupes terroristes, le Mali, pays musulman.
Le Président de la République a décidé de renforcer notre présence aux côtés de nos alliés africains avec l’opération Barkhane. C’est un gros effort qu’assume la France, au nom, notamment, de l’Europe et de ses intérêts stratégiques, un effort coûteux : la solidarité de l’Europe doit être dans la rue, elle doit être aussi dans les budgets à nos côtés." (8)

Vous direz : le domaine de compétence du conseiller régional qu'est François Kalfon ne s'étend peut-être pas jusqu'à l'analyse des tenants et aboutissants de la politique étrangère française. On ne peut apparemment pas être un spécialiste des joutes publiques (9) et de la diplomatie. Mais en tout cas on a compris que la fronde du PS ne s'étend pas aux questions de fond comme la politique étrangère.

Deuxième information, François Kalfon adhère à l'idée selon laquelle la France, alors qu'elle est censée faire partie d'un ensemble partiellement fédéral ou supranational, peut décider seule d'aller faire la guerre au Mali, en partant par ailleurs d'une interprétation contestable de l'article 50 de la charte des Nations Unis, sans même en référer au préalable aux 27 partenaires de l'UE, ou au moins au Haut Représentant de l'Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité (Auparavant Catherine Ashton, actuellement Federica Mogherini), et seulement après, aller présenter la note à l'Union Européenne.

Mais admettons que tout comme Georges Bush est allé faire la guerre en Afghanistan, il faut que nous approuvions les intervention militaires françaises au Mali, en Centrafrique ou en Irak, le coeur du quadrilatère des territoires disputés de 1984, de George Orwell,. Est ce que ces interventions militaires, dites OPEX, expliquent l'Etat catastrophique des finances publiques françaises, et leur absence, la bonne santé des finances publiques allemandes ?

C'est la dernière idée : François Kalfon fait semblant de ne savoir ni lire ni compter. En effet, comment peut-il ignorer ces informations pourtant aisément accessibles, à savoir la hausse des dépenses militaires allemandes (10), la participation du Royaume Uni ou de l'Allemagne au même type d'opérations militaires que celles que nous menons en Afrique ou encore le poids non négligeable mais loin d’être décisif des dépenses militaires françaises dans le poids de l'ensemble de la dépense publique française.
En effet, imaginons que nos partenaires Européens, l'Allemagne, le Royaume Uni, mais aussi la Pologne, l'Espagne ou le Luxembourg adhèrent à l'idée qui consiste à dire que pour lutter contre le terrorisme, il faut aller faire la guerre en Afrique ou au Moyen Orient. 
Première question : puisque le Royaume Uni (11), la Pologne et l'Allemagne, mais aussi le Luxembourg ont participé à l'ISAF (la force multinationale qui a combattu en Afghanistan aux cotés des Etats-Unis) vont-ils demander à la France de Hollande, celle qui s'est retirée prématurément de ce pays, contre toute logique militaire et même financière, mais en lien avec des problématiques de politique intérieure, que nous leur payons une partie de leurs dépenses militaires ? Le Kenya a récemment rejoint la liste des pays victimes d'un attentat islamiste. L'armée française n'est pas au Kenya, mais l'armée britannique, si. Faut-il que Cameron envoie une facture à Manuel Valls et aux 26 autres premiers ministre d'Europe ?
On voit bien que le genre de comptabilité que le PS tente d'imposer n'a pas beaucoup de sens si il oublie de mettre dans la colonne débit toutes les guerres menées par toutes les armées européennes.

Deuxième question : imaginons que, malgré tout, nos partenaires décident de couvrir le cout de nos OPEX. Quel serait l'impact sur nos finances publiques ?
Déjà, n'oublions pas que si la France a dépensé 35  milliards d'euros en 2011 et 31 milliards en 2014 (12), une partie de ces dépenses correspondent en fait à de la police (fonctionnement de la gendarmerie). Les milliards d'euros de la défense ne correspondent pas tous à des dépenses de guerre au Mali ! Et la totalité des 113.000 militaires actifs (13) de l'armée de terre ne sont pas sur le terrain ! Les OPEX concernent moins de 10.000 hommes et femmes.
Si nos partenaires nous donnaient le 1.1 milliard d'euros que nous coutent nos OPEX (14), il ne nous resterait plus qu'à trouver 84.5 milliards pour combler le déficit de 85.6 milliards d'euros que nous avons constaté en 2014. Nous serions donc toujours largement en dehors des clous de Maastricht. 
Qu'inventerions-nous alors ? Que l'Education Nationale lutte contre le terrorisme et protège la jeunesse non seulement de France mais également d'Europe, et qu'à ce titre, il faut que nos partenaires payent nos profs ? Rappelons quand même que

Dans 1984, une guerre extérieure à laquelle personne ne comprend rien (puisque son récit est réécrit en fonction des enjeux changeants), permet à Big Brother d'asseoir son pouvoir totalitaire, quand ce ne sont pas les deux minutes de la haine qui permettent de ressouder le peuple.
L'existence de l'ennemi intérieur et extérieur et la menace contre l'AngSoc justifie l'existence d'un système policier qui traque les opposants (15).

Est-ce vraiment le rêve du Parti Socialiste que de tout justifier, de l'adoption de lois liberticides (16) à l'absence de contrôle des dépenses publiques, par l'existence du terrorisme ? 
Ne pourrait-il pas, plus simplement, expliquer que nos dépenses sociales sont trop élevées, et que nos guerres, au Mali ou ailleurs, qu'elles soient justifiées ou non, pèsent bien peu à coté de ce que nous coûte la Sécurité Sociale, pour ne citer qu'elle ?




(3) Le Parisien Le chômage baisse en Europe, sauf en France 30 avril 2015
(5) BNP Paribas Pologne Q1 2015 
(6) BBC Budget 2015: Osborne offers country 'new contract' 9 juillet 2015
(7) Le JDD Le texte et la liste des 90 frondeurs du PS 5 avril 2014
(8) Assemblée Nationale Compte rendu intégral 13 janvier 2015
(9) Le Huff Post François Kalfon (PS) gifle un élu UDI et lui propose une "joute" sur Twitter 14 avril 2015
(10) Le Figaro L'Allemagne dope son budget de la Défense de 8 milliards d'euros pour 2016 18 mars 2015
(11) British Army The British Army in Afghanistan
(12) Le Monde, En euros constants, le ministère de la défense a perdu 20 % de son budget en 25 ans 30 avril 2015
(13) Défense Les effectifs de l'armée de terre
(14) Le Figaro Défense: 1,1 milliard € pour les Opex en 2014 1 octobre 2014
(15) Wikiberal 1984 (roman)
(16) Economie Matin Loi Renseignement : une loi liberticide pour les Français13 mai 2015


(*) ANGSOC : Le personnage principal de 1984, Winston Smith, vit en Océania, un ensemble de pays dominé par une idéologie, l'AngSoc. La finalité de l'AngSoc, c'est le pouvoir pour le pouvoir. Big Brother est la personification de l'AngSoc. 

mardi 13 janvier 2015

#JeSuisCharlie : "#onfaitquoi maintenant ?" Réponse : rien !

Des millions de français ont manifesté hier contre le terrorisme et en hommage aux victimes des terroristes. 

Alors, quelles réponses apporter à cet épisode terroriste ?

Commençons par poser une question qui fâche : est-ce que Charlie Hebdo a été victime d'un attentat terroriste ? Le code pénal définit l'acte terroriste comme un acte se rattachant à « une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l'ordre public par l'intimidation ou la terreur » (2).

Question : à la différence de la prise d'otage du magasin casher de la Porte de Vincennes, un acte clairement antisémite, est ce que Charlie Hebdo a été victime d'un acte terroriste ou bien d'une sorte de vendetta ? Attention, poser la question, ce n'est nullement exonérer les frères Kouachi de leurs responsabilités ou leur donner un quelconque blanc-sein. Il va de soi que leur acte est inexcusable et aurait mérité, s'ils étaient toujours vivants, l'application pleine et entière des lois en vigueur dans ce pays.
Mais s'ils étaient vivants, les frères Kouachi auraient répondu que puisque le Coran lu au sens littéral appèle à châtier ceux qui se moquent du Prophète, alors les deux tueurs étaient dans leur logique de mort. Comment expliquer autrement le soutien, minoritaire mais néanmoins réel, que la tuerie de Charlie Hebdo a rencontré, dans certaines banlieues notamment (3)  ?

Quelque soit la qualification des actes de frères Kouachi et de celui de Koulibaly, une chose est claire : il ne faut rien faire, en tout cas au niveau législatif et politique ! 

Il ne faut rien faire car il existe déjà des lois qui punissent les atteintes à l'intégrité physique des gens, dont le meurtre. Les terroristes auteurs des actes de la semaine dernière dont morts, donc la justice ne se penchera pas sur leur cas, mais ne doutons pas du fait que s'ils avaient été jugés, ils auraient été condamnés à la réclusion perpétuelle. Le meurtre, l'apologie d'actes terroristes, les actes en réunion tombent déjà sous le coup de la loi. Pourquoi en rajouter ? Rien ne fera revenir les 17 personnes tuées la semaine dernière.

Il ne faut rien faire car la France vient déjà de se doter d'un corpus législatif liberticide, l'article 20 de la loi de programmation militaire (4), dont les effets porteront sur tous, et non pas juste sur les terroristes présumés. Voulons-nous vraiment d'une police autorisée à faire n'importe quoi au nom de la lutte contre le terrorisme, pour que dans 10 ans nos soyons comme les américains actuellement, à ouvrir le dossier de la violation des libertés civiles ? Et sans même faire parler les morts, est ce que les journalistes de Charlie Hebdo auraient approuvé un Patriot Act ?

Il ne faut rien faire car le président Hollande et l'ensemble de la classe politique regrettaient, à juste titre,  qu'entre 2007 et 2012, le fait que l'actualité dirige l'agenda de l'Assemblée Nationale. Sous le précédent quinquenat, le pouvoir avait tendance à réagir à l'actualité en proposant de nouvelles lois. Est-ce que nous allons continuer à faire des lois en fonction des faits divers, aussi dramatiques et sanglants soient-ils ? L'ancien président de la République veut par exemple réouvrir le débat sur le port d'armes, notamment pour les policiers municipaux. Mais en quoi la jeune policière antillaise tuée à Montrouge, Clarissa Jean-Philippe, aurait été aidée ? Coulibaly lui a tiré dans le dos. Nicolas Sarkozy  a eu 5 ans, entre 2007 et 2012, pour autoriser d'autres citoyens que les gendarmes et les policiers à porter des armes. Il n'a rien fait mais profite de cette actualité pour ouvrir le débat. Sont-ce des bonnes façons de procéder ?

Il ne faut rien faire car la France (en tout cas ses politiciens) n'est pas au clair sur ses options politiques et militaires en matière de guerre contre le terrorisme. La précédente majorité avait déclaré la guerre au terrorisme, aux cotés des américains, en envoyant notamment les soldats de l'armée française en Afghanistan. Or, l'actuelle majorité, non seulement avait déposé une motion de censure contre cette guerre (5) mais avait aussi accéléré le retrait d'Afghanistan. C'est cette même majorité qui, après avoir d'abord voulu aider les ennemis de Bachar El Assad, (6) est maintenant membre de la coalition qui bombarde l'Etat Islamique en Irak et au Levant (Daech) en Syrie et en Irak.
Autrement dit, au delà de la permanence de l'administration, notamment celle du Quai d'Orsay, nous avons un exécutif qui n'a aucune doctrine et qui change en permanence d'opinion. Peut-être qu'un bon point de départ serait la réflexion sur ce que nous pensons et sur ce que nous voulons. Le Président Hollande, s'il est cohérent, va t-il rendre hommage à l'intervention militaire menée par le président Sarkozy et par Hervé Morin  (7) ?

Il ne faut rien faire car même sur le motif direct de l'attaque, l'attentat contre la liberté d'expression, nous les français, ne sommes pas parfaitement au clair. Les journalistes de Charlie Hebdo sont morts car ils se sont donnés le droit, parfaitement légitime tant au regard du droit français que des valeurs françaises (y compris la liberté d'expression) de caricaturer le prophète Mahommet, (tout comme ils s'arrogeaient le droit de représenter le Pape en train de sodomiser de jeunes enfants !) Normalement, ces caricatures n'auraient du faire l'objet d'aucun commentaire. Pourtant, l'ancien premier ministre, Jean-Marc Ayrault, n'avait-il pas désapprouvé (8) ? Tant que des français, notamment socialistes, par volonté de ne pas froisser les musulmans d'ici ou d'ailleurs ou par souci d'éviter le débat sur la repentance vis a vis de la guerre d'Algérie, ne diront pas clairement que l'islam n'a pas de droit particulier sur la loi et sur les coutumes françaises, pourquoi voulons-nous que des islamistes, d'ici ou d'ailleurs, pensent autrement ?

En fait, plutôt que toujours plus de lois qui ne changeront rien au terrorisme en France, il faut évidemment autre chose : une France libérale.

Déjà, partons du principe que ce qui est arrivé menace de se reproduire. Il n'y a pas de raison fondamentale pour penser que ce qui a crée les Kouachi, Mennouche, Merah, Coulibaly et autres se soit volatilisé. Une des questions qu'il convient d'ouvrir, c'est de déterminer si le cas des terroristes relèvent de la psychiatrie, ou bien si ces types sont "rationnels" et se sont engagés consciemment dans une guerre asymétrique (mais juste selon leur point de vue). Rappelons que le but des terroristes n'est pas unique (tuer des cibles et répandre la terreur) mais a aussi une composante politique :  susciter l'adhésion, notamment auprès des populations qui pourraient basculer, en terme de soutien, dans les banlieues françaises ou dans le Maghreb.

Tout d'abord, sur la durée, il faut rouvrir les perspective des jeunes en libérant la croissance par une vraie politique libérale créatrice de richesse et d'emploi. Dans les banlieues et au sein de la population musulmane de France, il n'y a pas que des délinquants, loin de la, il y a aussi des entrepreneurs dynamiques dont on entend la parole partout sauf chez nous (9) ou des activistes qui ont compris que face à l'échec de l'État sur tous les plans, dans tous les domaines, il nous faut des solutions libérales (10).

Qui plus est, il faut combattre le sentiment d'humiliation par la remise en cause des lois mémorielles, dont la surenchère nourrit les rancœurs, et par la suppression des contrôles d'identité sans motif, blessants et inutiles. Pour ce dernier point, c'est simple, c'est une promesse du candidat Hollande, au même titre que le mariage pour tous ou la suppression du cumul des mandats ... Quand au premier point,  il est tabou, mais pourquoi ignorer le fait que Dieudonné, le discours Soralien et les propos antisémites de certains trouvent leur origine directe dans l'existence du refus d'ouvrir la question de la nocivité des lois Pleven-Gayssot-Taubira  (11) et de l'inévitable concurrence victimaire qui en découle (12) ?

Enfin, à court terme, il faut réparer les trous dans la raquette des renseignements et de la justice à partir des outils existants, mais surtout pas par le biais d'un "Patriot Act" à la française qui ne ferait qu'offrir une victoire supplémentaire aux terroristes.


(1) France Info "On fait quoi maintenant ?", France Info ouvre le débat #onfaitquoi 2 janvier 2014
(2) Sénat  Projet de loi relatif à la lutte contre le terrorisme
(3) RMC BFM TV Écoles: quand la minute de silence "part en vrille" 12 janvier 2014
(4) Next Impact Le décret de l’article 20 de la LPM publié : on fait le point 
(5) Le Monde François Hollande (PS) : "Nous refusons, par notre motion de censure, le renfort militaire de la France en Afghanistan 8 avril 2008
(6) le Monde comment et pourquoi la France a livré des armes aux rebelles en Syrie 21 août 2014
(7) Le Parisien Afghanistan : l'interview exclusive d'Hervé Morin 25 aout 2008
(8) RTL Charlie Hebdo publie des caricatures de Mahomet, Ayrault désapprouve 18 septembre 2012
(9) Facebook Aziz SENNI 9 janvier 2015
(10) Zaman France Yassine Lamaoui : des idées libérales pour les quartiers
(11) La Lime Dieudonné, fils de Gayssot et de Taubira 11 janvier 2014
(12) Le CRAN Dieudonné 31 décembre 2013

jeudi 8 janvier 2015

Aujourd'hui, ils sont tous Charlie ! Vraiment ?

Le journal satirique Charlie Hebdo a été la cible hier d'un attentat. Deux personnes lourdement armées ont fait irruption mercredi matin au siège de Charlie Hebdo, dans le XIe arrondissement de Paris. Le bilan, très lourd, fait état d'au moins 12 victimes. 

Peut-on se contenter d'afficher sur Facebook l'image suivante "je suis Charlie", ou est-ce qu'on va essayer d'aller au delà de l'émotion, légitime, qui nous caractérise tous ? 



Première remarque : la liberté d'expression à géométrie variable, ça ne marche pas.

Souvenez vous de l'affaire des caricatures du prophète Mahommet, en septembre 2012 (1). A l'époque, alors que Ayrault (et Valls, et les autres) n'avait rien dit quand Charlie Hebdo avait caricaturé le Christ, le même Ayrault avait "désapprouvé" la caricature de Mahomet, au nom de l'idée selon laquelle on peut pratiquer la christianophobie, mais par contre il ne faut surtout pas se moquer des symboles de l'islam.
Les terroristes d'hier, ils pensent apparemment la même chose : il ne faut pas se moquer des symboles de l'islam.
La conclusion pratique que les autorités françaises devraient tirer est que la liberté d'expression ne peut pas être à géométrie variable. En France, il ne faut pas soumettre les lois sur la liberté d'expression aux contingences de telle ou telle repentance. Et les imams de France, partisans d'un islam modéré, laïcisé, restreint à la sphère privée, doivent affirmer que caricaturer le prophète, ce n'est pas un blasphème mais une pratique conforme à la manière dont les français vivent et pensent.


Deuxième remarque : les guerres de Hollande "contre le terrorisme" ne servent à rien

Rappelez vous ! Nous n'en avons pas forcément conscience au quotidien, mais la France de Hollande est en guerre, sur de multiples théatres d'opérations, principalement pour lutter contre le terrorisme. Le Président de la République, qui s'était donc opposé pour des raisons bassement politiciennes et tactiques contre la présence française en Afghanistan, au sein de la coalition de l'OTAN et aux cotés de nos alliés anglais et américains, est cette même personne qui a envoyé l'armée française en Irak et au Mali pour aller lutter contre le terrorisme. Passons sur le manque de cohérence, force est de constater que ces guerres qui nous coutent des centaines de milliers d'euros par jour ne contribuent pas à améliorer la sécurité, ici, en France.
Il semble même qu'elles alimentent la propagande anti occidentale.

Question : quand est ce que le Parlement va demander au gouvernement de s'expliquer sur ses objectifs diplomatiques et militaires, et les moyens utilisés pour les atteindre ?


La vidéo surveillance de la capitale ne sert pas à lutter contre le terrorisme

Deux hommes armés de kalachnikov se rendent, en pleine journée, dans une rue d'un quartier animé du 11eme arrondissement, en plein centre de la capitale, tuent, reprennent leur voiture, prennent des rues à sens unique, parcourent plusieurs kilomètres et passent le périf.
Oui, vraiment, le réseau de videosurveillance qui quadrille la capitale aura servi à épargner la vie de 12 de nos concitoyens.


L'interdiction de port d'armes ne concerne que les honnetes citoyens, pas les terroristes ou les braqueurs. 

Quand deux terroristes armés de kalachnikov se pointent quelque part, la seule option semble de composer le 17 (police secours) et d'attendre que l'on donne suite à l'appel.
Quand comprendra t-on que dans l'urgence, la réponse armée aurait pu être une autre option ?
En France, il est interdit de se promener ne serait-ce qu'avec un simple couteau suisse. En cas de controle de police (2), le risque pour le casier judiciaire du citoyens est beaucoup plus élevé que celui que le Guen ,Ayrault, Balkany, Andrieux, Thévenoud et autres courent effectivement.
Quand comprendra t-on que les restrictions à la liberté du port d'armes ne profitent pas au citoyen ?


Traiter les terroristes de déséquilibrés ne semble pas vraiment marcher. 

Le video blogueur Aldo Stérone aborde le sujet du profil des terroristes.


Il n'est pas le seul à aborder la question du danger de l'abdication de nos principes face au terrorisme (au sens très large). Il est vraiment temps que nous écoutions les amoureux des libertés que l'Occident accorde, malgré tout, surtout quand ils connaissent l'envers du décor.
Si des connaisseurs de l'islam nous affirment, preuve à l'appui, que le jihad n'est pas une déviance, peut-être que nous pourrions au moins ouvrir le débat ?
 

Bref, la solidarité avec les journalistes de Charlie Hebdo était le service minimum que l'on pouvait attendre de tous ces politiciens que leurs contradictions n'étouffent pas. 
De plus, attendons nous à voir, ces prochains jours, un renforcement des lois anti terroristes, c'est à dire une nouvelle victoire des terroristes.
N'oublions jamais que les terroristes se battent contre notre mode de vie. Comme le rappelle le Parti Libéral Démocrate (3) Céder sur nos libertés constituerait la plus grande victoire du fanatisme.


(1) Le Parisien Libéral Charlie Hebdo caricature Mahomet, Ayrault "désapprouve" 18 septembre 2012
(2) Métro Nantes : jugé pour avoir transporté... un couteau suisse dans sa voiture  10 décembre 2014
(3) Parti Libéral Démocrate nous sommes Charlie 7 janvier 2014 

vendredi 6 juin 2014

#DDay70 : un hommage, des questions






Nous nous souvenons du sacrifice de ces jeunes hommes débarqués du Nouveau Monde, ainsi que des forces françaises d'Afrique, venus libérer la France du joug national socialiste.

En revanche, les commémorations du 6 Juin 2014 soulèvent des questions. Rappelons que le 6 Juin 1944, c'est le débarquement en Normandie des forces armées anglo-américaines, composées de britanniques et ressortissants du Commonwealth, ainsi que d'américains principalement. Quelques français (les 177 du Commando Kieffer ainsi que quelques dizaines de soldats incorporés à l'US Army), quelques Polonais, Belges, Norvégiens, Néerlandais,  Tchécoslovaques et Grecs complètent le tableau, certes, mais l'énorme majorité des 156 000 soldats sont des anglo-américains. 

Du coup, on se demande bien ce que font sur les plages de Normandie Vladimir Poutine, président de la Fédération de Russie et Angela Merkel, chancelière allemande. Que nous voulions rendre hommage à l'Armée Rouge des Soviétiques et à la victoire de Stalingrad peut se comprendre, mais la place de Poutine n'est-elle pas alors plutôt au 8 mai, commémoration de la fin de la guerre ? 
Quand à Merkel, sa présence est encore plus surprenante. Que nous soyons aujourd'hui en paix avec l'Allemagne va évidemment de soi. Mais à quel titre Merkel est-elle en Normandie ? 

Si Hollande voulait faire une célébration rassemblant tous les belligérants de la Seconde Guerre Mondiale, pourquoi n'a t-il pas invité les présidents Algériens, Marocains, Sénégalais et Camerounais également ? En plus, dans le cas de l'Algérie, cela aurait été bien plus pertinent que de les faire venir au 14 juillet prochain sur les Champs Elysées ...

Bref, même dans ce qui, dans le cadre des institutions et de la pratique de la Veme République, apparaît comme étant une prérogative du Président de la République, Hollande arrive à embrouiller un message pourtant limpide à la base : les français remercient les anglo-américains d'avoir combattu les nazis en Normandie puis jusqu'à Berlin.






Sur le même sujet 

L'Opinion TextO’ : Vladimir Poutine au D-Day, l'invité qui dérange ?


Contrepoints D-Day 2014 : Hollande participe ! 

jeudi 8 mai 2014

69 ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, le combat continue

Aujourd'hui, la France, et les alliés fêtent leur victoire du 8 mai 1945 (1) sur l'Allemagne Nazie.

Quand on y pense (et certains y ont pensé (2)), cette phrase simple donne vraiment matière à réflexion.

D'une part, on ne saluera jamais assez la vista du Général de Gaulle qui a réussi à ramener la France dans le camp des nations Alliées, alors que pendant 4 ans, le pays a formellement été dirigé par un régime dit de Révolution Nationale, dont peu diront qu'il semblait être tellement opposé aux forces nationales socialistes allemandes. Rappelons que le Vichysme n'est pas tombé de nulle part, et qu'il ne s'est pas évanoui dans la nature après la Seconde Guerre Mondiale. Certes, le Vichysme était un régime d'inspiration dictatorial (au sens actuel du terme), mais son background idéologique s'est bien ancré sur toute la réflexion anti libérale et anti démocrate que l'on a pu observé en France durant les années 30, à l'extrême droite (les ligues) aussi bien qu'à gauche et à l'extrême gauche. Les fonctionnaires du régime de Vichy étaient-ils seuls à afficher leur anglophobie et leur judéophobie ?


D'autre part, saluons la capacité qu'ont eu les anglo-américains d'accueillir les forces démocrates d'Europe occupée et de coaliser les combattants anti-nazis. On a tous en tête le séjour du Général de Gaulle à Londres, mais n'oublions pas, également, l'accueil que les anglais ont su manifester pour les gouvernements en exil de pays tels que la Pologne, la Norvège, les Pays Bas, la Yougoslavie ... (3).

Enfin, et surtout, on peut vraiment se demander si le combat pour la liberté est terminé. 
Rappelons que la Seconde Guerre Mondiale est née de l'antagonisme entre des pays expansionnistes et totalitaires (Allemagne national socialiste, Empire du Japon et Union des Républiques Socialistes Soviétiques) et des démocraties libérales (monarchies et républiques) qui n'ont pas demandées à être envahies (Pologne, France, Benelux) ou à être attaquées (Royaume Uni). En effet, les pays totalitaires ont tous théorisé puis mis en pratique l'idée qu'il faille que l'individu s'efface devant le collectif, et que ce collectif devait avoir accès à des ressources, terrestres notamment, situées dans d'autres pays, tout en pensant que le droit du plus fort devait primer sur la négociation bilatérale ou multi latérale.

Est-ce que, aujourd'hui, nous sommes certains d'en avoir fini avec :
  • le non respect des droits des minorités
  • les revendications territoriales, y compris au sein de l'Europe
  • la tentation de bafouer les libertés civiles, au profit de "l’intérêt général" représenté par l'Etat
  • les dérives eugénistes et la volonté plus ou moins explicite de créer un homme nouveau
  • la collusion entre les hauts fonctionnaires et les grandes entreprises
Oui, le communisme stalinien et le nazisme ne se sont pas "contentées" de créer des camps de concentration et de massacrer en masse, comme à Oradour sur Glane (4) pour les SS ou à Katyn pour les soviétiques. Les deux extrémismes ont aussi proposé un mode de régulation opposé au capitalisme libéral, et leurs idées se sont diffusées bien au delà des frontières du IIIeme Reich ou de l'Union Soviétique. Le non respect absolu de la vie humaine a été un des points des plus frappants de la Seconde Guerre Mondiale et donc le plus rejeté par la suite, mais d'autres idées, elles, ont survécu.

Ainsi, en ce qui concerne le cas français, il serait sain que nous menions une réflexion sur l'héritage de Vichy, qu'il comprenne l'accouchement sous X, la fête du travail, la fête des mères, cantine d’entreprise, le salaire minimum, l'Ordre des médecins, le CNC, la carte nationale d'identité ... (6). Certaines de ces mesures ne sont pas uniquement gênantes car héritées de Vichy, elles expliquent aussi aujourd'hui, en 2014, certains des blocages qui paralysent le pays. 
Là encore, l'après-guerre donne l'impression d'une refondation. Mais le fait est que de Gaulle a passé un pacte avec les communistes, pour éviter une guerre civile, et s'est appuyé sur l'administration, y compris passablement non dévichysée, pour éviter que l'AMGOT prenne le pouvoir en France, comme il l'a fait en Allemagne.

Ainsi, nous français avons été trop indulgents avec les communistes qui nous ont légué des boulets comme les nationalisations ou la sécurité sociale. Nous avons aussi échoué à nous débarasser des boulets étatistes légués par Vichy. Au vu de ces deux faits, on comprend aussi pourquoi l'extrême gauche actuelle (le Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon) et l'extrême droite actuelle (le Front National de Marine le Pen) s'entendent aussi bien (idéologiquement parlant) et parviennent à séduire la gauche du PS (Eckert, Lienneman, Galut ...) ou la droite de l'UMP (Guaino, Wauquiez ...).

69 ans après la fin de la deuxième guerre mondiale, le combat continue donc. Tant que le gouvernement actuel, socialiste, ne rejettera pas le programme du Conseil National de la Résistance, tant qu'il ne supprimera pas l'obligation d'avoir une carte d'identité sur soi, tant qu'il acceptera que l'on puisse faire l'apologie du communisme en France, tant qu'il ne réalisera pas l'incongruité à ce qu'il existe un ministère de la Jeunesse et des Sports, alors la Seconde Guerre Mondiale ne sera pas terminée.


(1) France 3 Paris Ile de France Le programme des cérémonies du 8 mai 2014 à Paris 7 mai 2014 
(2) France TV Infos Le 8 mai 1945, une date pas si simple 6 mai 2014
(3) Wikipedia Gouvernement de Londres
(5) Katyncrime Le massacre de Katyn
(6) Enquête & Débat L’héritage de Vichy – Ces 100 mesures toujours en vigueur 16 octobre 2012

jeudi 30 janvier 2014

Pourquoi aller légiférer sur l'Arménie ?

Pourquoi aller légiférer sur l'Arménie, un génocide dans lequel la France n'a rien à voir, et non pas sur notre histoire ?





L'indignation sélective fait courir un risque, il serait tellement plus simple de mettre tous les génocides sur le même plan, ou alors d'abolir la repentance sélective.

Idéalement, ce serait des personnes (Robespierre, Thureau, Messmer, de Gaulle) et non pas des pays (France) qui devraient etre jugés pour génocides. Mais puisque les arméniens, et d'autres avant eux, ont réussi à imposer la jurisprudence selon laquelle des Etats étaient responsables de génocide (exemple : la Turquie) , alors, il apparait logique à ce que chaque communauté qui a été, à un moment ou à un autre, victime, fasse valoir ses revendications.