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mercredi 30 mars 2016

Et si on sortait du "débat" Clinton - Trump ?

Comme le faisait très justement remarquer le blog le Taurilon, par la force des choses, on parle plus, en Europe de Donald Trump, Hillary Clinton ou Bernie Sanders que des affaires européennes (1).En effet, le milliardaire new yorkais, l'épouse du 42eme président des Etats Unis (également une multi millionnaire new yorkaise), le sénateur du Vermont ou même le phénomène des Primaires Américaines ne sont-ils désormais pas plus connus, de ce coté ci de l'Atlantique que Donald Tusk (président du Conseil européen), la présidence néerlandaise de l'UE ou Martin Schulz, député (socialiste) Allemand à Bruxelles et président du Parlement européen ?
Ceci est peut être soit la faute aux séries TV type House of Cards, soit celle du focus des journalistes sur les affaires internes aux US (2).

En tout cas, plus personne n'ignore le fait qu'Hillary Clinton sera probablement investie, cet été, par le Parti Démocrate pour les représenter à la présidentielle cet automne, et que l'avance de Donald Trump lui donne de très sérieuses chances de s'imposer aux Républicains.

Oui, ils se connaissent. (Peut-être même qu'ils sont amis)
Une présidentielle Clinton-Trump, c'est mieux qu'un duel Jeb Bush-Hillary Clinton. 

Mais la faiblesse de l'offre saute aux yeux. 

Hillary Clinton dit de voter pour elle parce qu'elle serait la première femme présidente des Etats Unis, mais même la militante féministe Susan Sarandon hésite à voter Hillary Clinton, même face à Donald Trump (3). 
Quand à Donald Trump, le cauchemar américain (4), il propose de voter pour lui "to make América great again", comme si les Etats Unis n'étaient plus la première puissance économique et militaire de la planète. 

Mais force est de constater que Donald Trump séduit, y compris en dehors des Etats-Unis, et y compris chez certains libéraux français. 
Il est vrai qu'il y a, au niveau mondial, un constat largement partagé, l'arrogance des élites Davos (5) -Bilderberg, et un phénomène global, la fatigue, pour ne pas dire le vif ressentiment vis a vis de ces mêmes élites ultra interventionnistes. C'est ce que traduit assez justement Charles Gave, de l'Institut des Libertés, qui explique pourquoi Donald Trump a mis le doigt à un endroit qui fait très mal, et qu'il y a un coté réjouissant à cela (6).

Qu'Hillary Clinton séduise l'élite américaine, pourquoi pas. Mais il est quand même étonnant qu'une représentante du lobby militaro industriel parvienne au même résultat en Europe.
Hillary Clinton, pour ne parler d'elle, ancienne secrétaire d'Etat sous Obama, c'est à dire ministre des affaires étrangères, n'est-elle pas directement comptable de la guerre des drones lancée par les Etats-Unis contre un certain nombre de pays ? Comment les "humanistes" comme le blogueur "La France centriste" peut-il soutenir Clinton (7) ? 
Soutiennent-ils vraiment le droit du plus fort, tel que la "diplomate" Victoria Nuland l'a clairement exprimé (8), sans qu'elle ne se fasse désavouer par Hillary Clinton ? 

On ne sait pas ce que Trump ferait, notamment en politique étrangère. Un jour il parle de mur avec le Mexique (mur qui, au passage, existe déjà partiellement), le lendemain il formule l'intéressante idée d'en finir avec le néoconservatisme (9), le surlendemain il formule l'idée que la série 24h constituera une trame pour les interrogatoires.
En revanche, on sait ce que Clinton fera. 

Face à cette alternative, heureusement, d'autres options existent. A commencer par le refus de l'enfermement dans le bipartisme.

Par exemple, qui mentionne le fait que Gary Johnson, le candidat libertarien, est à 11% dans les sondages (10) ? 

La route est encore très longue jusqu'en novembre 2016. Et bien que Rand Paul ait choisi d'abandonner l'idée de conquérir la Maison Blanche, on voit bien que le courant libertarien jouera un rôle dans cette présidentielle. 



(2) Views of the world Everything’s Changing: A World of News 5 août 2013
(4) Le Parisien Liberal Donald Trump, le cauchemar américain ? 27 aout 2015
(5) Wall Street Journal-Washington Wire Clinton or Trump? How Executives at Davos See Their Chances 20 janvier 2016
(6) Institut des Libertés  A propos du Donald 28 mars 2016

jeudi 18 février 2016

La géométrie variable des journalistes vis-à-vis du Pape François

Les médias ont tous rapporté avec gourmandise la déclaration du Pape François, qui est de retour du Mexique.
Le pape François a déclaré "qu’une personne qui veut construire des murs et non des ponts n’est pas chrétienne" (1) et chacun y a compris qu'on parlait de Donald Trump, qui fait campagne notamment sur la lutte anti immigration mexicaine aux États-Unis.




Les journalistes, unanimement anti Trump, ont applaudi cette déclaration. Pourquoi ? Parce Trump est tout ce que des journalistes français détestent :

  • il veut représenter le Parti Républicain
  • il confond l'Allemagne et la France (2) (combien de journalistes européens placeraient correctement l'Illinois et le Kentucky sur une carte ? Allez savoir)
  • il est pour le port d'armes généralisé, comme l'a rappelé le chanteur du groupe Eagles of Death Metal, Jesse Hugues, "plus si cool que ça" (3)
  • il aime l'argent/c'est un promoteur immobilier/il a l'air un peu stupide/il est une star de la téléréalité/il est raciste/il est beauf etc etc, souvenez-vous la Une de Libé du 27 août 2015 (4)

Évidemment, toutes ces raisons sont peu pertinentes. Trump, s'il faut le critiquer, c'est plutôt parce qu'il présente un programme protectionniste et donc anti libéral. Quand à la politique d'immigration, Trump est plus proche de Clinton (femme et mari) que de Reagan, et ça aussi c'est dommage. Mais ces critiques n'entrent pas dans le champ culturel de la presse française.

Mais comme le Pape François, par ailleurs perçu comme une sorte de "progressiste" (comme si l'Eglise catholique entrait dans ce type de grille de lecture), critique Trump, alors les journalistes applaudissent. 

Toutefois, le Pape François a aussi tenu des propos beaucoup moins cools.
Il a aussi réaffirmé que "L'avortement n'est pas un mal mineur, c'est un crime" et là, forcément, chez les progressistes, ça passe moins bien. 
On a même lu chez certaines publications "les déclarations choc du Pape" (5), comme si on parlait de petites phrases d'un quelconque animateur TV qui clasherait ses confrères ou des propos de tel ou tel ministre qui ferait le buzz en trahissant ses convictions. 
Pourtant, si il y a bien un domaine où l'on peut signaler la constance de la Papauté moderne, post Vatican 2, c'est bien sur la question du rapport à la vie sous toutes ses formes, et notamment sur la problématique de l'avortement. Mais à chaque sortie du Pape, la presse s'étonne, comme elle s'étonne même de le voir prier (6) !

Le Pape, semble t-il, n'est pourtant, qu'avant tout un responsable religieux, et plus spécifiquement l'un des responsables d'une organisation à la gestion hiérarchisée et centralisée, sur le plan temporel. 

Alors, puisque l’évêque de Rome est avant tout un religieux, pourquoi ne pas ramener ses propos à ce qu'il devrait être, c'est à dire un message du leader des catholiques à l'attention des catholiques, ce qui, en ce qui concerne la France, ne représente pas plus de 3 millions de personnes (5% des français) ? Ce qui a de pratique, dans les pays type Europe ou États-Unis, chrétiens culturellement donc laïcs, c'est que la religion est une option, même là où on prête serment sur la Bible ou même là ou le souverain est aussi le chef de l’Église, comme chez nos amis et voisins britanniques. Dans ce contexte, on se demande bien pourquoi les propos du Pape ont autant d'écho et sont autant rapportés par les journalistes, surtout dans un pays aussi déchristianisé que la France. 

Accessoirement, les murs ne sont pas l'apanage de Trump (7).




Par exemple, il semble qu'Obama n'ait pas démantelé le mur qui existe déjà entre la Californie et le Mexique ?





(1) France TV Info Le pape François estime que Donald Trump n'est "pas chrétien" 18 février 2016
(2) L'Indépendant Donald Trump situe-t-il Paris en Allemagne ? 7 janvier 2016
(3) Le Point Eagles of Death Metal : Jesse Hughes n'est pas si cool que ça 3 décembre 2015
(4) LPL Donald Trump, le cauchemar américain ? 27 aout 2015
(5) Huffington Post Virus Zika, avortement, pédophilie... Les déclarations chocs du pape François 18 février 2016
(6) Le Figaro L'énigme de la longue prière silencieuse du pape devant la Vierge de Guadalupe 14 février 2016
(7) The Economist Boundary walls and fences worldwide 7 janvier 2016

mercredi 6 janvier 2016

Les larmes d'Obama : la ficelle est un peu grosse

Les images ont fait le tour du monde


Barack Obama en train de verser des larmes, pensez donc !

A t-il aussi eu une larme au sujet des exécutions extrajudiciaires exécutées par drones, sous sa responsabilité, lui le prix Nobel de la Paix ?
A t-il pleuré pour ne pas avoir fermé Guantanamo ?

Le port d'armes est garanti par la constitution des Etats Unis. Respectons les valeurs de ce pays. point final.





Sur le meme sujet, lire l'article d'Edouard H, sur Contrepoints Armes à feu : Obama pleure, l’hypocrisie est à son comble

vendredi 9 octobre 2015

La liberté de port d'armes a trouvé le pire avocat possible : Louis Sarkozy


Il y a vraiment des interviews que certains devraient s'abstenir de donner, y compris dans le but de protéger les causes qu'ils défendent. 
Par exemple, grâce à BFM TV, on a des nouvelles du petit Louis, Louis Sarkozy, et plus précisément, on apprend que "Loin de l'Elysée, il évoque sa vie américaine et sa passion pour les armes" (1). 


Passion pour les armes ? Dans un pays tel que la France, autant avouer sa fascination pour Hitler ou Staline (encore que la seconde, l'admiration des crimes du communisme, n'est jamais sanctionnée). 

On a beau être un pays qui a (aussi) fait la Révolution de 1789 afin que les paysans puissent chasser librement, un pays dans lequel le Comte de Mirabeau avait proposé : « Tout citoyen a le droit d’avoir chez lui des armes et de s’en servir, soit pour la défense commune, soit pour sa propre défense, contre toute agression illégale qui mettrait en péril la vie, les membres ou la liberté d’un ou plusieurs citoyens » (2) , un pays, enfin, dans lequel plus de 3 millions d'armes déclarées circulent (3), le sujet semble toujours sulfureux.


Quand on parle de liberté du port d'armes, immédiatement des clichés surviennent, et Louis Sarkozy, du haut de ses 18 ans, ne parvient pas à les éviter. En France, qui dit passion des armes dit républicain américain qui se montre le digne héritier des cow boys du far west, armés de Smith & Wesson.
Jamais ne surviennent les images plus proches de nous, de la Finlande (4), de la Corse (5), d'Israel (6) ou de la Suisse (7). 
Jamais, de plus, on explique que les Etats-Unis, c'est 50 états différents, et donc 50 législations sur les armes à feu différentes, tout comme entre la France, la Roumanie ou la Suède, il n'y a pas non plus exactement les mêmes lois.

Les journalistes entretiennent l'idée que la liberté du port d'armes aboutirait forcément à un carnage en France. Les gens, forcément, s’entre-tueraient. 
Seulement, on attend  toujours une statistique fiable qui montrerait que, effectivement, il y a plus de morts aux Etats-Unis (à 50 états) par armes à feu, par rapport à l'Europe (à 28 états). Par exemple, comment expliquent-ils la fusillade de l'Ile Saint Denis de ce jour (8) ? Et la fusillade de l'agence Pole Emploi de Bobigny du 17 septembre (9) ? Et les nombreux incidents qui émaillent la vie de la cité phocéenne ? C'est un excès de liberté du port d'armes, qui explique tous ces morts, ici chez nous en France ? Ou bien tout simplement la constatation que les délinquants, eux, ne s'encombrent pas de formalités administratives ? 

Enfin, peut-on se permettre de penser que les 16 et 17 juillet 1942, ou le 6 mars 2015, les milliers de juifs arrêtés par la police française (10) ou Amadou Koumé (11), mort dans un commissariat du Xeme arrondissement à la suite d'une interpellation par la B.A.C, seraient peut-être encore en vie s'ils avaient pu opposer au "monopole de la violence légitime" une résistance, armée ? 




(2) Union Française des Amateurs d'armes Armes : un droit constitutionnel ! 4 novembre 2008
(4) Slate Why do Finns own so many guns? 31 décembre 2009
(10) Wikipedia Rafle du Vel d'Hiv

jeudi 27 août 2015

Donald Trump, le cauchemar américain ?

A la une de Libé, ce jeudi : Donald Trump, le cauchemar américain (1). 

Diantre !

Que peut-il bien se passer pour que le quotidien du Marais, celui qui trouve vulgaire rien que l'idée de déménager à Bagnolet (2), parle en ces termes d'un candidat à la primaire des présidentielles aux Etats Unis ? 

Passé la Une, on comprend que Donald Trump a tout du parfait "bon client" de Libé, qui n'y va pas avec le dos de la cuillère : Trump aurait contre lui le fait d'être : 

  • complotiste (car climato-sceptique)
  • menteur compulsif
  • raciste invétéré
  • "connard laqué" au niveau style
  • égotiste vantard
  • beauf multirécidiviste
  • insultant et en "dérapage" permanent
N'en jetez plus !

Le problème, c'est que toutes ces critiques mettent sur le même plan des éléments d'importance différente, sans les mettre en perspective, et dans certains cas, en les faisant tomber à plat. 

Commençons par le climato-scepticisme. Rappelons que la thèse communément admise par la majorité des médias, alimentée par le GIEC, c'est que le réchauffement climatique auquel nous assistons actuellement et qui va faire s'élever le niveau des océans a pour cause l'activité humaine, et non pas une origine naturelle et séculaire. La conclusion des partisans de cette thèse, c'est qu'il faut de toute urgence cesser la consommation d'énergies fossiles et hâter la transition écologique. 
C'est vrai qu'il y a réchauffement. Et c'est vrai aussi qu'une économie décarbonée pourrait présenter bien des avantages, à commencer par le fait d’arrêter de donner de l'argent à la Russie de Poutine ou à l'Arabie Saoudite.
Mais pourquoi les journalistes de Libération n'ont-ils jamais entendu parler ni des falsifications du GIEC (3), ni des intérêts des partisans de la thèse du Peak Oil dans des investissements boursiers dans l'énergie (4)
Enfin, pourquoi sont-ils incapables de comprendre que les Etats-Unis ne sont pas seuls à ne pas vouloir renoncer au confort que procure l'usage des énergies fossiles, il y a aussi et surtout tous les pays moins développés et moins riches que l'Occident, à savoir la Chine, l'Inde et l'Afrique ? Les pays du sud rêvent, eux aussi, de supermarchés ravitaillés par des camions et aux parkings remplis d'automobiles. Et ce n'est ni Libé ni les écolos occidentaux qui vont les empêcher.

Ensuite, Libé explique que Trump est un menteur compulsif. No comment, surtout en ce jour de publication des chiffres du chômage en France. Quand on a pour président de la république François Hollande, celui qui a promis d'"inverser la courbe du chômage", critiquer le mensonge d'autres politiciens, c'est rappeler le proverbe de la paille et de la poutre.

Ensuite, Donald Trump serait un raciste, un "connard laqué" au niveau style, un égotiste vantard et un beauf multirécidiviste. On ne se souvient pas du fait que, la dernière fois où Manuel Valls a fait la Une de Libération, le premier ministre ait eu droit à des qualificatifs similaires, malgré le manque de white, de bancos à Evry, malgré les costumes aux couleurs improbables, malgré l'usage d'un jet privé de la République pour aller voir un match de football.

Les critiques de Libération envers Donald Trump se concentrent sur des aspects secondaires, car au niveau programme, les idées de Trump pourraient avoir le terrible tort de leur plaire. Par exemple, Trump oppose l'économie dite réelle (Main Street) à la finance (Wall Street).   



N'est-ce pas du niveau du discours du Bourget, une sortie pareille ?

La seule critique qui pourrait sonner juste, c'est quand Libération dénonce les propos de Trump sur l'immigration, qu'il veut sérieusement restreindre (enfin, sauf quand il veut se remarier puisqu'il- a épousé une immigrée).

En effet, les Etats Unis d'Amérique sont une terre d'immigration. Les amérindiens n'ont pas demandé de visa aux passagers du Mayflowers. C'est donc plutôt anti américain que de développer une critique de l'immigration, sur une perspective historique. Mais Libération n'ose pas pour autant dire que Donald Trump n'est pas en ligne avec l'histoire et les valeurs de son pays, car, dans la foulée, il faudrait aussi dénoncer les tentatives de doter les Etats-Unis d'un système social proche de celui en vigueur en Europe. Les Etats Unis sont une terre d'immigration, certes, mais aussi une terre de refus du socialisme. L'Obamacare est tout aussi en dehors des valeurs américaines que la régulation de l'immigration. C'est pourquoi le président Reagan a, lui, baissé les dépenses sociales et régularisé massivement des immigrés clandestins en 1986 (6). La, il y a une logique et une cohérence !

En fait, il y a un point sur lequel Libération oublie de critiquer Donald Trump : c'est sur un point clef, antilibéral, de son programme économique. Donald Trump ne veut pas seulement que l'Amérique se protège contre d'éventuels nouveaux immigrés, il veut aussi que l'industrie US bénéficie d'un protectionnisme accru. Pointer cet aspect du programme, un classique au sein de la branche isolationniste du Parti Républicain, obligerait à qualifier de populistes tous les adeptes de ce genre de solutions, y compris au sein de la gauche européenne. Chez nous aussi, de ce coté de l'Atlantique, au Royaume Uni (7) comme en France, nous avons nos adversaires au libéralisme !

La candidature de Donald Trump a au moins une vertu : elle sera financée par le candidat lui-même. Pour le reste, Donald Trump ressemble trop à ses congénères politiciens, prêts à la surenchère verbale afin de se trouver une clientèle. Ceci étant dit, puisqu'on parle de cauchemar, le rêve américain, n'est-ce pas aussi l'idée exactement inverse à celle véhiculée par Jeb Bush et Hillary Clinton, les fils de et femmes de ?



(1) Libération Etats-Unis Trump, candidat primaire 26 août 2015
(2) Libération A nos risques et périph’ 4 mars 2014
(3) Mediapart Climate Gate: nous ment-ont a propos du climat ? 3 décembre 2009
(4) Wikipedia Matthew Simmons
(5) Libération Bush tente de dresser des barrières d'acier 7 juin 2001
(6) Wikipedia Immigration Reform and Control Act of 1986
(6) L'Opinion Comment les démocraties finissent 24 aout 2015

mercredi 17 juin 2015

Il y a 130 ans, la France offrait la Statue de la Liberté aux États-Unis

Vous avez vu le Doodle du jour ? 


Il y a 130 ans la France offrait la Statue de la Liberté aux États-Unis pour célébrer le centenaire de la Déclaration d’indépendance américaine, et en signe d’amitié entre les deux nations (1), et Google célèbre cela aujourd'hui.

L'occasion de se rappeler que le libéralisme, il vient de chez nous, pas d'outre Atlantique, même si notre pays se traduit souvient par une réelle obsession anti-libérale (2), et l'occasion également de se souvenir que chez nous aussi, il y a une statue de la liberté !





jeudi 27 novembre 2014

Pendant que Christiane Taubira commente une décision de justice aux Etats Unis ...

Le garde des sceaux de la République Française, Christiane Taubira, a cru bon commenter une décision d'un jury populaire de l'état du Missouri, visant à ne pas inculper Darren Wilson, un policier, pour homicide volontaire de Mickael Brown. 



Chacun arguera du fait que Christiane Taubira a bien le droit d'avoir ses opinions personnelles, y compris quand il s'agit de ne rien dire quand son collègue et désormais supérieur Manuel Valls innove et crée des dangereux précédants en violant les libertés civiles (1), dans le cadre de l'affaire Dieudonné. Taubira n'a rien trouvé à redire à Valls, à ce moment la. Pourquoi ? 

En revanche, ce que chacun pourra constater, c'est que pendant que Christiane Taubira commente une décision de justice aux Etats Unis, elle ne parle pas de la violence policière, ici, chez nous, en France. Le sujet serait-il trop tabou (2) ?

Certes, toujours sur Twitter, Christiane Taubira avait évoqué le cas Rémi Fraisse. 



Mais où sont les critiques contre le ministre de l'intérieur, Bernard Cazeneuve ? La solidarité franc-maçonne (3) (4) (5) serait-elle plus forte que la nécessité de la dénonciation des méthodes de répression du ministère de l'intérieur ? 

Et sans aller jusqu'à ce cas extrême, qui s'est soldé par la mort d'un manifestant, pourquoi n'a t-on pas entendu Christiane Taubira sur le cas de ce retraité parisien en frappé par un policier ? 

En France source : le Parisien

Et où était Christiane Taubira quand il fallait dénoncer les violences, ici chez nous en France, dans le contexte de la répression de la Manif Pour Tous ?

D'autre part, on sait que la coalition de gauche qui soutient François Hollande est très attachée aux promesses du candidat Hollande. Pourquoi n'entend-on pas Christiane Taubira pour rappeler que la suppression des contrôles d'identité au faciès était justement une promesse de campagne (6) ? Voila un sujet précis, concret, qui correspond à une violence symbolique et qui est, de plus, un de ces fameux "marqueurs de gauche", sur lesquels on entend pas la garde des sceaux. Pourtant, et ce alors qu'il parait que ce gouvernement socialiste dit lutter contre la méchante extrême droite, les contrôles d'identité sont un héritage direct, parmi d'autres mesures, de Vichy (7). 

Enfin, il existe une inégalité fondamentale que n'évoque jamais ce gouvernement pourtant, dit-il, tellement attaché à l'égalité. C'est le fait que lors d'un procès entre un policier et un citoyen non policier, le policier pourra toujours invoquer le délit d'outrage à agent, et gagnera toujours. C'est légal, certes, mais pourquoi ne pas supprimer cette loi ? On n'entend pas Christiane Taubira suggérer aux parlementaires de mettre un tel projet de loi à l'agenda. Il y a pourtant des rapports qui montrent que certains policiers abusent des plaintes pour outrage à agent (8). Pourquoi Chistiane Taubira ne tweete t-elle pas pour dénoncer les abus des policiers en matière d'outrage à agent, ici chez nous en France, surtout qu'en plus, alors que le citoyen paie sa défense, c'est le contribuable qui paie celle du policier ? 

Les Etats Unis en général, et le Missouri en particulier, n'ont rien d'idéal, c'est certain, mais pas plus que l'Europe en général et la France en particulier sont non plus exempts de critiques. En revanche, ce qui est certain, c'est qu'une personne aussi littéraire et éloquente que Christiane Taubira ne peut pas ne pas connaitre le proverbe qui parle de la paille du voisin et de la poutre chez soi.

En France, pas dans le Missouri

L'Hérétique écrit que Christiane Taubira devrait réfléchir avant de parler (9). Soyons plus précis : Christiane Taubira ferait mieux d'abandonner Twitter pour se mettre au travail (le vrai, pas celui qui consiste à aller défendre le mariage pour tous à l'Assemblée Nationale). Entre la surpopulation carcérale, et les violences policières dont des français de tous ages (10) (11) (12), de toutes conditions (13) (14), sont victimes tous les jours, il y en a, effectivement, du boulot ! Oui, il y a du racisme dans la police aux Etats Unis, c'est d'ailleurs une opinion et non pas un délit la bas, mais commençons par être irréprochables, ici chez nous en France. Il parait que, en tant que ministre, Christiane Taubira a un certain role à jouer pour atteindre cet objectif ...





(1) Liberté, libertés chéries Les Invités de LLC : Serge Sur : Jour de deuil pour la liberté 10 janvier 2014

samedi 5 juillet 2014

Un bel hommage rendu par l'@USEmbassyFrance au Marquis de Lafayette

Cérémonie au cimetière de Picpus en l'honneur du Marquis de La Fayette, 4 juillet 2014


Le Chargé d'Affaires ad interim Mark A. Taplin (DOS photo)
Le Chargé d'Affaires ad interim Mark A. Taplin (DOS photo)
Le Chargé d'Affaires ad interim de l'ambassade des Etats-Unis d'Amérique, Mark A. Taplin, participait ce matin à une cérémonie en l'honneur du Marquis de La Fayette, enterré au cimetière de Picpus dans le 12eme arrondissement.





Discours de Mark A. Taplin, Chargé d'Affaires ad interim de l'ambassade des Etats-Unis d'Amérique, Cimetière de Picpus, Paris, 4 juillet 2014
Tous les 4 juillet, nous nous réunissons ici pour rendre hommage à un grand homme, le Marquis de La Fayette.  Mais La Fayette était un personnage multiple, de son vivant aussi bien qu'il l'est pour nous aujourd'hui.  Il y a La Fayette l'officier courageux; La Fayette le démocrate; La Fayette l'amoureux, La Fayette l'ami loyal de l'Amérique.  D'aucuns diraient aussi qu'il y avait La Fayette l'homme politique indécis, La Fayette l'idéaliste naïf.  Mais au regard de la grande et magnifique toile de fonds de sa vie, ces imperfections sont à peine visibles.
Le La Fayette que je veux saluer aujourd'hui est bien vivant : c'est celui qui représente la voix immuable de la liberté et de la justice.  Il semble particulièrement à propos de l'honorer ici-même, au cimetière de Picpus, qui a vu tant d'innocents souffrir un sort cruel et inhumain.  La Fayette servit avec passion l'humanité, bien plus que les simples hommes.  Dans sa façon de voir le monde, il y avait le bien -- et le mal qu'il fallait corriger. C'était un grand orateur, qui savait comment pousser les hommes à agir. S'il eut un tort, ce fut celui d'avoir de l'ambition, non pas pour le pouvoir, mais bien pour la gloire, comme il le reconnut lui-même. Mais cette quête de la grandeur le conduisit à embrasser des causes justes et nobles, plutôt qu'à les éviter au profit de l'intrigue politique.
Contribuer à la dignité humaine fut une conviction que La Fayette fit sienne dès le début. Lorsqu’il fut opposé à Lord Cornwallis à la tête d’une troupe de moindre force, dans le comté de New Kent en Virginie, dans les mois précédant la Bataille de Yorktown, il s’en remit à son courage, à son intelligence ainsi qu’à un jeune esclave dont le rôle était de s’introduire dans le quartier général anglais afin d’en rapporter des compte-rendus fidèles sur ce qu’il y entendait. A plusieurs reprises, James Amistead risqua sa vie pour la cause américaine. Après le succès de la Guerre d'Indépendance, il dut pourtant retourner à sa vie d’esclave. La Fayette s’empressa alors de rédiger un témoignage sur les qualités d’Amistead. “Par la présente, je certifie que le porteur de cette lettre… a rendu des services essentiels lorsque j’ai eu l’honneur d'assurer ce commandement... Les renseignements qu’il rapporta du camp ennemi furent collectés avec assiduité et fidèlement délivrés. Il s’acquitta parfaitement de son rôle...” L’appui de La Fayette fut décisif. James Amistead se vit accorder la liberté, et décida en signe de gratitude d’adopter le nom de “James Amistead Lafayette” pour le reste de ses jours.
Voici un autre exemple du La Fayette vivant. Le Marquis a été durant toute sa vie un partisan de l’émancipation. Lors de son séjour en Amérique en 1825, il exprima clairement son rejet de l’esclavage, même à ses amis de longue date, Thomas Jefferson et James Monroe. Lors d’une interview dans un journal afro-américain de New York – le fait même d’accorder cet interview était déjà un geste incroyable de la part d’un Français d’un si haut rang – La Fayette interrogea: “Où dans le monde alors, mon cher monsieur, se trouvera la dernière trace de l’esclavage ? Est-il fatal que cela soit l’opprobre de ce grand pays ?”
La Fayette aimait et admirait les Etats-Unis mais il n’était pas du genre à craindre d’exprimer ses propres vues. Ses mots font encore écho aujourd’hui, en particulier sa conviction que la liberté et la justice l’emporteraient un jour: “Je ne vivrai probablement pas assez longtemps pour assister aux profonds changements de la condition humaine qui sont sur le point de se manifester dans le monde; mais ce temps a déjà commencé, les progrès se voient et l’issue est certaine.”
Alors que nous nous trouvons devant la dépouille de La Fayette, nous saluons son idéal et ses mots puissants qui continuent de nous inspirer, alors que les profonds changements de la condition humaine dont il parlait représentent un processus toujours à l’oeuvre. Un chef militaire courageux; un démocrate convaincu; un ami et un compagnon plus grand que la vie – à n’en pas douter.  Un symbole vivant de liberté et de justice – bien plus encore.

mardi 10 juin 2014

Affaire #BNPParibas : la haine de l’Amérique plus forte que celle de la finance ?

(merci à "Letaulier" pour avoir inspiré le titre !)
Egalement publié sur Contrepoints

Avant toute chose, rendons hommage à BNP Paribas, une belle entreprise, non pas Française, mais Européenne. En effet, BNP Paribas n'est pas juste une banque opérant en France avec des capitaux français, mais une banque à la fois Italienne, Belge, Luxembourgeoise et Française, avec des activités à l'international.
Salutations à tous les lecteurs de ce blog qui travaillent chez BNP Paribas, ils sont nombreux, et à tous ceux qui ont un compte bancaire chez BNP Paribas, ils sont plus nombreux encore !

Cependant, permettons nous de rire !

Oui, c'est risible de voir tous ces gens qui vouaient aux gémonies la finance et qui maintenant défendent BNP Paribas, alors qu’ils ne contestent même pas que cette banque fait commerce avec des pays sous embargo …


En effet, rappelons les principaux points de l'affaire BNP Paribas :
  • 9 banques, dont 8 Européennes sont formellement accusées par le U.S. Treasury’s Office of Foreign Assets Control d'avoir violé des lois fédérales US sur l'embargo envers l'Iran, le Soudan et Cuba (1)
  • Un procureur de l'Etat de New York propose une amende contre BNP Paribas de 10 milliards de dollars, soit près de 10 fois le montant des actifs concernés

Aussitôt le montant de l'amende proposée connu, les réactions ont commencé à pleuvoir en France, du Front National au Front de Gauche, en passant par le PS et même des centristes d'habitude modérés (2) comme l'Hérétique, sur le mode :

  • Les Etats Unis pratiquent une justice extra territoriale
  • Les Etats Unis en veulent à la France et rackettent BNP Paribas
  • Les Etats Unis protègent leurs banques et détruisent l'Europe
  • BNP Paribas fait partie du patrimoine national 
  • Obama doit faire pression sur la justice américaine

Ces critiques font rire. Quand les politiciens français font pression sur Credit Suisse pour que cette dernière adopte la vision française du secret bancaire et de la fraude fiscale, c'est normal. Mais quand la justice US demande à BNP Paribas, une banque active aux Etats Unis, de se conformer aux lois américaines, ce n'est pas normal ? 
Quand à la demande qu'Obama fasse pression sur la justice américaine, elle est hallucinante. 
D'une part, on peut quand même se féliciter du fait que l’exécutif américain et le judiciaire ne fonctionne pas main dans la main, surtout quand, comme nous, on est le ressortissant d'un pays qui a donné les travaux de Montesquieu au monde. 

D'autre part, quand la justice française condamne les chefs d'Etats africains pour des biens mal acquis (avec de l'argent détourné chez eux) grâce à leurs biens immobiliers en France (3), ce n'est pas une justice extra territoriale menée en toute indépendance du monde politique français ? 

Il est donc parfaitement heureux, à ce titre, que non seulement Obama a renvoyé Hollande à ses études (4) mais qu'en plus la justice US ne se laisse pas influencer et propose au contraire d'augmenter le montant de l'amende (5). On a en effet trop tendance à penser que les pays et leurs administrations (au sens large), c'est la même chose. Pourtant, que penserait-on si un chef d'état africain demandait à Hollande de faire pression sur un juge pour qu'il laisse tomber une enquête ? 


Imaginons qu'il y ait vraiment un complot américain pour détruire la finance française. Déjà, Hollande et ses amis de gauche et d'extrême gauche devraient être contents. Ils avaient promis, un certain jour de 2012, de lutter contre cet ennemi sans visage. Mais surtout, qu'est ce qui empêche des citoyens Européens de porter plainte contre Citigroup, Goldman Sachs ou JP Morgan, si quelques faits puissent leur être reprochés ? Que ces mêmes citoyens Européens n'oublient pas d'inclure Laurent Fabius et François Hollande dans leur plainte car, sauf preuve du contraire, la France soutient les embargos contre Cuba, l'Iran et le Soudan.

Certes, l'affaire BNP Paribas montre que les politiciens des Etats Unis jouent le même jeu que la France et les autres pratiquent, à savoir le droit du plus fort visant à étendre sa souveraineté au détriment des autres (voir les réflexions de Charles Gave (6) à ce sujet sur son blog Institut des Libertés). Nos voisins et amis Suisses s'en étaient déjà rendus compte, et on avait pas entendu Fabius ou Hollande défendre UBS, elle aussi menacée de retrait de licence à Wall Street (7).  Mais la convergence entre  la volonté politique d'un pays démocratique et une décision de justice montre que c'est surtout contre l'étatisme et le capitalisme de connivence, de part et d'autre de l'Atlantique, qu'il faut lutter !

Les choses sont en réalité très simples : une poignée de cadres de BNP Paribas, une banque qui est aussi américaine, ont pratiqué des transactions illégales. BNP Paribas a déjà commencé à prendre des sanctions, et la justice US s'en mêle.

Dès lors, plusieurs attitudes sont possibles : soit on admet que la classe politique française prenne la défense de BNP Paribas, ce qui implique que nous ne croyons pas à l'indépendance de la justice US et que nous rejetons aussi les choix diplomatiques de notre pays, la France, soit on laisse la justice US faire son boulot. 

Mais, en France, manifestement, la haine de l’Amérique semble décidément plus forte que celle de la finance  (8) !





Edit : hypothèse alternative. Partant du principe que le Président Hollande est loin d'etre stupide et qu'il a quand même une petite idée du fonctionnement des Etats Unis, alors cet ancien Young Leader de la French American Foundation serait volontairement intervenu, sachant très bien que cela allait accroître la détermination de la justice US à punir BNP Paribas ? Ainsi, le Président Hollande ferait faire un sale boulot par d'autres ?






(1) Wall Street Journal BNP Paribas In Probe by NY, Federal Investigators 13 février 2014
(2) L'Hérétique BNP : les Américains méritent une méga-claque dans la gueule 29 mai 2014
(3) Le Monde Les "biens mal acquis" africains gênent la France 9 juin 2011
(4) Wall Street Journal Obama Says He Has No Role In Any BNP Paribas Penalties 5 juin 2014
(5) Atlantico BNP Paribas : l'amende serait en réalité de 16 milliards de dollars 6 juin 2014
(6) Institut des Libertés A propos de l’ affaire BNP et de mes certitudes 8 juin 2014
(7) Le Parisien Libéral Secret bancaire : les Suisses ne doivent pas céder ! 5 septembre 2011
(8) Démystifier la finance BNP Paribas. La leçon de gouvernance du Professeur Obama 8 juin 2014

vendredi 6 juin 2014

#DDay70 : un hommage, des questions






Nous nous souvenons du sacrifice de ces jeunes hommes débarqués du Nouveau Monde, ainsi que des forces françaises d'Afrique, venus libérer la France du joug national socialiste.

En revanche, les commémorations du 6 Juin 2014 soulèvent des questions. Rappelons que le 6 Juin 1944, c'est le débarquement en Normandie des forces armées anglo-américaines, composées de britanniques et ressortissants du Commonwealth, ainsi que d'américains principalement. Quelques français (les 177 du Commando Kieffer ainsi que quelques dizaines de soldats incorporés à l'US Army), quelques Polonais, Belges, Norvégiens, Néerlandais,  Tchécoslovaques et Grecs complètent le tableau, certes, mais l'énorme majorité des 156 000 soldats sont des anglo-américains. 

Du coup, on se demande bien ce que font sur les plages de Normandie Vladimir Poutine, président de la Fédération de Russie et Angela Merkel, chancelière allemande. Que nous voulions rendre hommage à l'Armée Rouge des Soviétiques et à la victoire de Stalingrad peut se comprendre, mais la place de Poutine n'est-elle pas alors plutôt au 8 mai, commémoration de la fin de la guerre ? 
Quand à Merkel, sa présence est encore plus surprenante. Que nous soyons aujourd'hui en paix avec l'Allemagne va évidemment de soi. Mais à quel titre Merkel est-elle en Normandie ? 

Si Hollande voulait faire une célébration rassemblant tous les belligérants de la Seconde Guerre Mondiale, pourquoi n'a t-il pas invité les présidents Algériens, Marocains, Sénégalais et Camerounais également ? En plus, dans le cas de l'Algérie, cela aurait été bien plus pertinent que de les faire venir au 14 juillet prochain sur les Champs Elysées ...

Bref, même dans ce qui, dans le cadre des institutions et de la pratique de la Veme République, apparaît comme étant une prérogative du Président de la République, Hollande arrive à embrouiller un message pourtant limpide à la base : les français remercient les anglo-américains d'avoir combattu les nazis en Normandie puis jusqu'à Berlin.






Sur le même sujet 

L'Opinion TextO’ : Vladimir Poutine au D-Day, l'invité qui dérange ?


Contrepoints D-Day 2014 : Hollande participe ! 

vendredi 11 avril 2014

Qui décide aux Etats-Unis ?

Il y a maintenant une semaine, voila ce qu'on pouvait lire dans la presse.


Dans un monde idéal, à la base, Boeing ni aucune autre entreprise n'aurait jamais du être interdit de vendre ce qu'il voulait à qui il voulait. Mais dans le monde réel du droit du plus fort et des gouvernements interventionnistes, "les Etats-Unis" avaient réussi à imposer un programme de sanctions contre l'Iran. 

Déjà, on peut, jusqu'à présent, se demander de quoi on se mêle quand on interdit à tel ou tel pays de se doter de bombes nucléaires, alors qu'on en possède soi-même. 

Mais surtout, on se souvient du fait que les autorités américaines (une tierce partie, donc) avaient réussi à imposer à Peugeot Citroen SA de ne plus vendre en Iran, un marché sur lequel cette firme avait de bonnes parts de marché. 

Questions : 
  • qu'est ce qui justifie ce revirement soudain dans la politique américaine, et ce alors que l'on parle toujours d'"aller bombarder l'Iran" ? 
  • Puisque Boeing peut vendre des pièces détachées en Iran, PSA va t-il pouvoir reprendre ses affaires la bas, avec ou sans autorisation de quiconque, d'ailleurs ? 
Il y a, de manière plus générale, de plus en plus de voix qui veulent remettre en cause l'atlantisme français, c'est à dire la coopération automatique, d'Etat à Etat. La nouveauté est qu'elles n’émanent plus uniquement de l'extrême gauche communiste. La dernière en date est la tribune de Jean Arthuis, un centriste, qui a écrit :  "7 bonnes raisons de s'opposer au traité de libre-échange transatlantique" (1). Certains de ses arguments semblent frappés au coin du bon sens. 

Tout ceci renvoie au manque de clarté de la diplomatie américaine et à la confusion de la politique étrangère du Président Obama qui, d'un coté, a échoué à combattre le complexe militaro industriel qui dirige vraiment les Etats-Unis (2) et, de l'autre, a renoncé à revenir sur la patriotactisation des Etats-Unis, initiée par W. Bush. Comment les autorités américaines peuvent ne pas comprendre qu'elles n'ont pas, par exemple, de juridiction en dehors de leurs frontières et qu'évaluer la sécurité d'une usine Suisse ne semble pas de leur ressort ? 




Aux Etats-Unis comme ailleurs, il faut que les gens reprennent le pouvoir sur des Etats devenus complètement fous, et hors de contrôle. 
Si les libertariens, derrière Ron Paul, ne prennent pas le contrôle du pays, on peut s'attendre à d'autres actions liberticides du genre de celles que dénoncaient Edward Snowden. Ne laissons pas, ici comme outre Atlantique, les liberticides gagner la guerre contre les libertés. 


(2) La Chronique Agora L’Etat profond s’est installé aux Etats-Unis 1er Avril 2014


samedi 15 février 2014

Quand on pense qu'Hollande a déposé une motion de censure contre la France dans l'OTAN


Encore un sujet qui doit faire monter les larmes aux yeux de tous ces gens qui pensaient voter pour la fin du sarkozysme, en 2012, en glissant un bulletin Hollande dans une urne. 

Et quand on pense que les socialistes comme Cambadelis se demandent pourquoi tout le monde déteste tant Hollande et son équipe (lire Arrêtons le massacre !)

C'est simple, monsieur Cambadelis : l'homme qui occupe les fonctions de président de la République est, au mieux, un serial amnésique, une personne sans convictions autres que celles de garder le pouvoir et les avantages qui vont avec, et, au pire, un menteur. 

Il n'y a pas de honte à assumer son atlantisme. Certains, comme Hervé Morin, le font sans états d'ames et sans varier dans leurs convictions. Ce qui est moche, c'est de se moquer ouvertement des français.

dimanche 17 novembre 2013

OTAN : le changement, c'est pas maintenant !

Beaucoup de français, de l'extrême gauche mélenchonienne à l'extrême droite lepéniste, s'étaient opposés à pratiquement tous les choix de Sarkozy en matière de défense, de la guerre en Afghanistan (commencée par Jospin et Chirac) à la réintégration de la France dans le commandement intégré de l'OTAN. 

Parmi tous ces français, il y en avait un qui s'était distingué plus que les autres puisqu'il était allé jusqu'à déposer une motion de censure contre la politique du gouvernement de l'époque.
Cet homme s'appelle François Hollande. 

Il a dit : "L’OTAN devient le bras armé d’un bloc occidental dont la mission principale est de défendre partout ses valeurs. Une sorte de substitut à l’ONU permettant aux Etats-Unis de ne pas agir seuls. Cette dérive avait été, jusque-là, rejetée par la France hostile à l’idée d’un gendarme d’un monde occidental bien pensant . Elle est aujourd’hui acceptée par le Chef de l’Etat lorsqu’il lie, dans son discours de Washington, l’avenir de nos valeurs à celui de l’Alliance. Or, la France est bien plus qu’un pays occidental . C’est un pays européen et un pays original. Et si notre pays reste l’ami et l’allié des Etats-Unis, ami ne veut pas dire soumis ; et allié ne veut pas dire aligné [...] Or, le Président vient de prendre, au nom de la France, deux décisions majeures sans avoir mis au clair sa stratégie et défini ses moyens correspondants. Et le risque, c’est que nous perdions sur tous les tableaux. La France en sortira minorée, l’Europe empêchée, l’Alliance Atlantique empêtrée Voilà pourquoi le Parlement devait être saisi de ces choix . Pour les approuver ou pour les rejeter. En tout cas, pour alerter les Français.

Nous allons perdre en indépendance ce que nous ne gagnerons pas en sécurité. Nous allons être entraînés sur des terrains et des opérations où nous ne voulons pas aller. Nous allons donner un autre cours à la construction européenne qui ne sera qu’un pilier du monde occidental au lieu de constituer une capacité autonome de décision.
Il n’appartient pas au Président de la République de décider seul de notre politique étrangère et de défense. Le domaine réservé ne peut être un domaine exclusif . Et l’on ne peut pas apprendre en regardant la télévision la création d’une base navale permanente à Abu Dhabi. Je souhaite que cette motion de censure soit un exercice de vérité sur l’envoi sans condition de renforts en Afghanistan et sur l’intégration sans restriction à l’OTAN. En la votant, vous exprimerez un double refus, mais une même conception de l’indépendance de la France."
Le texte est encore disponible sur le site web du Parti Socialiste (1)



François Hollande (PS) devant l'Assemblée... par azg848

Voila un homme qui était un "simple député". Depuis, il est devenu le Président de la République, et dès lors chef des armées, comme la Constitution le mentionne (2). Cet homme a donc les mains libres pour mettre en oeuvre sa vision des choses et proposer les changements stratégiques qu'il estime juste. A t-il par exemple demandé l'avis du parlement pour embourber la France au Mali ? A t-il fermé la base militaire française dans le Golfe ? Et surtout, a t-il sorti la France du commandement intégré de l'OTAN ?

Apparemment pas, si on en croit ce tweet émanant du Ministère de la Défense.


Les invités de Frédéric Taddei, à "Ce Soir Ou Jamais" de cette semaine, se demandaient d'où provenait l'impopularité record de François Hollande (3). C'est une question récurrente depuis plusieurs semaines (4). Au delà même de l'ensemble des mesures économiques et fiscales désastreuses prises par le Président Hollande et Jean-Marc Ayrault depuis 18 mois, peut-être que l’exécutif actuel, qui décidément prouve tous les jours qu'il fait du (sous)-Sarkozy, devrait se poser des questions. Les français ont tout simplement l'impression d'être floués par un homme qui se présentait comme étant l'opposé de l'avocat bling bling et américanophile de Neuilly . 

Quand aux commentateurs qui pensent que Hollande est faible et ne fait rien, qu'ils réalisent qu'ils sont partiellement dans l'erreur. Hollande travaille. Tous les jours, au risque de confirmer l'impression qu'ont les français, notamment ceux de gauche et ceux qui espéraient quelque chose du PS, il consolide l'édifice de dirigisme, d'ultra étatisme érigé depuis des décennies par a gauche et par la droite, tout en n'hésitant pas à renier des prises de positions vieilles de moins de 5 ans, que ce soit sur la réforme Fillon des retraites ou l'engagement de la France dans l'OTAN. 

Du coup, effectivement, quand on est à ce point engagé dans une relation transatlantique déséquilibrée, il est difficile de refuser de se soumettre aux ordres sur l'avion du président Morales (5) ou de rejeter l'accord FATCA (6).
"Etonnant", de la part d'un homme qui raillait l'atlantisme et le tropisme américain de Sarkozy. Moins, de la part d'un énarque, programmé pour prendre un max de pouvoir (s) au détriment des citoyens, et d'un ancien Young Leader (7). Si personne en France ne parle de l'étrangeté des choix diplomatiques du Président Hollande, nos partenaires étrangers, eux, ne s'en privent pas (8).
Les français qui ont voté Hollande ont fini par comprendre pourquoi Sarkozy s'était permis de mettre en doute la crédibilité de sa parole, lors du débat du 6 mai 2012.  La participation de l'armée française aux plus importantes manoeuvres de l'OTAN depuis plusieurs années (9) n'est qu'un exemple parmi d'autre. 


(1) Parti Socialiste Intervention de François Hollande – Motion de censure – mardi 8 avril 2008 
(2) Conseil Constitutionnel Constitution de 1958
(3) France 2 François Hollande au plus bas dans les sondages 15 novembre 2013
(4) Atlantico Comment François Hollande a réussi à susciter autant d’irritation chez les Français que Nicolas Sarkozy 8 septembre 2013
(5) L'Opinion Evo Morales, dernière victime de l'affaire Snowden 3 juillet 2013
(6) Ambassade des Etats Unis en France Cérémonie de Signature de l’Accord FATCA 14 novembre 2013
(7) Atlantico Washington sur Seine ? Ces ministres de François Hollande qui ont été formés par les Américains 22 mai 2012
(8) Le Courrier International VU D'ALGÉRIE François Hollande, ce Terminator à la botte des Américains 4 septembre 2013
(9) Opex 360 L’exercice “Steadfast Jazz” de l’Otan est lancé 3 novembre 2013

mardi 22 octobre 2013

Aller punir Obama ?

NDLR : que les analystes de la NSA qui liront ce post ne s'inquiètent pas, ce billet est à prendre au second degré en ce qui concerne son aspect de politique étrangère, précisons quand même ...


Article 323-1 du code pénal 

Le fait d'accéder ou de se maintenir, frauduleusement, dans tout ou partie d'un système de traitement automatisé de données est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30000 euros d'amende.


Question : est-ce que Fabius et Hollande vont faire traduire en justice, voire punir par la force comme il en avait l'intention pour Bachar el Assad (qui, lui, ne menaçait pas la vie quotidienne des français), le Lieutenant général Keith B. Alexander, le directeur de la NSA, ainsi que son supérieur hiérarchique, le président Obama

Le gouvernement français va t-il envoyer quelques Mirage 2000 chargés de bombes menacer Washington DC ? Va t-il interdire à l'avenir le survol du territoire national par Obama, comme Hollande l'avait fait pour Evo Morales ? 

Non, bien sur. Tout ceci est une plaisanterie. Fabius et Hollande ne feront rien, et ce pour plusieurs raisons. 

D'une part, pour critiquer, il vaut mieux ne pas être exposé à la critique soi-même. Or, la France passe son temps à espionner, à commencer par sa propre population. Un exemple simple ? Les nombreux fichiers de police, et le peu de cas que les administrations font de l'avis de la CNIL. Souvenez-vous, quand l'Ile de France a adopté le Pass Navigo RFID, qu'est ce que Huchon a dit face à l'avis négatif et consultatif de la CNIL sur ce fichage/flicage des franciliens ? Absolument rien. Que dit Taubira face au FNAEG qui, au départ, a été crée "juste pour les violeurs" et qui maintenant intègre les données des gens qui ont eu l'outrecuidance d'aller manifester contre Hollande ? Taubira ne dit rien. Fabius, Hollande, Valls et Taubira sont très content d'avoir la main sur un système d'espionnage aussi sophistiqué que celui des Etats-Unis. 

D'autre part, Hollande adopte, en matière de politique interne et externe, de très sages principes de réal politik. Soyons faibles avec les forts, et durs avec les faibles. Il est plus facile d'aller bombarder le désert malien que de critiquer les ventes d'armes chinoises ou l'espionnage américain. Question de poids, sans doute, tout comme il est plus facile de virer Delphine Batho  que de se débarrasser de Manuel Valls. Alors, si on ne peut pas aller bombarder, peut-être peut-on essayer de provoquer des révolutions de l'intérieur ? En matière de politique française, cela commencerait par une dissolution suivie de, rêvons, démission de Hollande et Ayrault ?

Vous l'aurez compris, il n'y a pas grand chose à attendre des gesticulations du ministre des affaires étrangères, sans doute plus occupé d'ailleurs au cas de conscience du moment : 28 ans après avoir tenté de couler le Rainbow Warrior, le bateau de Greenpeace (1), Laurent Fabius va t-il devoir venir en aide aux militants Greenpeace emprisonnés en Russie et qui communiquent sur leur cas, dans le métro parisien, en utilisant le vocabulaire de Georges W. Bush ?