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samedi 11 avril 2015

@Anne_Hidalgo : #1anParis

Ce samedi, Anne Hidalgo organisait une réunion d'information appelée "compte rendu de mandat" devant les parisiens, à l'occasion de l’achèvement de sa première année en tant que maire de Paris.



Sans surprise, le Parti Socialiste parisien se félicite de cette première année. Il parle même d'un an de promesses tenues (1) !



C'est drôle, ils ont même organisé des tractages ce week end. On pensait que le PS n'avait plus d'argent. 
On a du se tromper.

Là où on ne se trompe pas, c'est que même sur les thèmes sur lesquelles Anne Hidalgo a choisi de communiquer, il y a beaucoup à dire. 

Mythe : Priorité au logement : 10000 nouveaux logements par an
Fait : Pour développer du logement social, la mairie de Paris ne fait pas construire des nouveaux appartements, elle préempte ou rachète des logements existants, et en fait artificiellement des HLM. Outre le maintien de cette notion surréaliste qu'est l'existence de logements hors marché, cette politique a deux conséquences néfastes : d'une part, elle alimente le clientélisme, d'autre part, elle pèse sur le budget de la ville de Paris. La vérité, c'est que la politique logement de la ville de Paris va dans le mur (2). 
Mythe : Lutte contre la pollution : sortir du diesel d’ici 2020
Fait : Anne Hidalgo n'est pas arrivée au pouvoir en 2014. Cela fait depuis 2001 qu'elle participe à la gestion de Paris et de l'Ile de France. Entre 2001 et 2014, Hidalgo a validé la politique d'achats de bus diesel de la RATP, par ses votes et par les subventions de Paris au STIF (3). Ces bus, récents pour certains, ne seront pas mis à la poubelle en 2020. La sortie du diesel ne concerne que les manants de banlieue qui ont le mauvais gout de venir travailler en voiture à Paris. 

Mythe : Développer l’attractivité de Paris
Fait : la fuite des sièges sociaux du centre de Paris va devenir un problème croissant (4), dont la réponse n'est pas que municipale. 

Mythe : Notre grande cause : prendre en charge les plus démunis
Fait : Anne Hidalgo n'a aucun outil positif et viable pour prendre en charge les démunis qui, au passage, n'ont jamais été aussi nombreux à Paris. Ce combat, c'est celui des associations et ONG comme la Croix Rouge, la Mie de Pain ou Fleur de Bitume à qui il faut donner de la liberté d'action et des moyens récoltés par la générosité des donateurs (5). 

Mythe : Budget participatif : c’est vous qui décidez
Fait : le coté participatif du budget participatif d'Anne Hidalgo était doublement limité : d'une part, il ne portait que sur 5% du budget d'investissement (qui lui même représente moins de 20% du budget total), d'autre part, toutes les propositions des parisiens n'étaient pas recevable. Par exemple, il n'était pas possible de proposer de ne pas dépenser, et de rendre un peu d'argent aux contribuables et citoyens Parisien (6).

On pourrait aussi évoquer l'abandon du milliard d'euros des parisiens (7), ou encore le plan social envisagé par Madame le Maire alors que la candidate Hidalgo le refusait (8). 

Evidemment, pas la peine de demander ce que l'opposition pense ou dit, c'est pas facile d'être à la fois conseillère municipale de Paris et députée de Longjumeau ou députée Européenne. Sinon, on aurait entendu des propositions de légalisation des crèches clandestine, de circulation des métros H24, de suppression des feux rouges pour fluidifier le trafic, d’arrêt de la répression de la prostitution, de franche baisse des effectifs de fonctionnaires de Paris ou de fusion des communes limitrophes, pour ne prendre quelques exemples.




(1) Parti Socialiste Paris Avec Anne Hidalgo pour Paris : un an de promesses tenues 3 avril 2015
(2) Delanopolis Le record du HLM le plus cher de nouveau pulvérisé à Paris ! 4 juillet 2013
(3) Libération Diesel : la mémoire d’Anne Hidalgo a des ratés 17 mars 2014
(4) Contrepoints Les grandes entreprises fuient Paris : Hidalgo sous pression ! 15 mars 2015
(5) Le Parisien En achetant son DVD, aidez les sans-abri parisiens 31 mars 2015
(6) Contribuables Budget participatif de Paris : une parodie de démocratie 3 février 2015
(7) Municipales 2014 à Paris Relations avec l'Etat : Anne #Hidalgo (#PS) réclamerait-elle le milliard d'euros des parisiens ? 8 février 2014
(8) Le Parisien Libéral Effectifs de l'administration parisienne : Anne Hidalgo "change d'avis" ... ? 14 octobre 2014

jeudi 19 mars 2015

Valls : face au terrorisme, «l'armée européenne existe, c'est la France». Vraiment ?

Est-ce que le premier ministre a perdu un pari, pour tenir un propos aussi insensé  contestable que celui rapporté par le Figaro (1) de ce jour, à savoir "face au terrorisme, «l'armée européenne existe, c'est la France»" ?


Ou bien, réalité des chiffres aidant, la panique gagne Matignon et l'Elysée ? 

Car les chiffres, les voici : d'une part, la France a un budget en déficit de 85,6 milliards d'euros en 2014 (2), soit 32% de déficit (86 Mds de déficit /273 Mds de recettes). 





Nous nous montrons incapable, depuis le début des années 80, de présenter un budget en équilibre (à la différence de nos voisins et amis allemands (3), dont le budget est en équilibre).  

Sur nos 364 milliards d'euros d'argent dépensés en 2014, le ministère de la défense en a consommé 42,2 milliards ,soit 13,8 % du budget général de l’Etat (4). 
Est ce que ces 42,2 milliards ont été dépensés entièrement en opérations extérieures (OPEX) de lutte contre le terrorisme ? Bien sur que non. Déjà, il y a 250 000 militaires en France. Mais 2300 d'entre eux sont impliqués dans l'opération Serval (Mali). Les OPEX coûtent d'ailleurs un peu plus d'un milliard d'euros par an. 
Evidemment, 1 milliard d'euros, c'est beaucoup trop pour un pays qui vit à crédit. Mais cela ne représente que moins de 2% du déficit total. 
En imaginant donc que nos 27 partenaires européens nous donnent 1 ou 2 milliards d'euros, il nous resterait à trouver 84 milliards d'euros pour boucler notre budget. 
Est-ce que Manuel Valls va aussi accuser les terroristes de nous pousser à dépenser trop (et mal) en éducation, en santé, en transports en commun, en subventions diverses et variées ? 

De plus, quand est-ce que Manuel Valls va cesser d'insulter nos partenaires européens ? Les Belges se sont impliqués dans Serval (5), ainsi que les Allemands (6). Est ce que c'est une bonne méthode de négociation, que d'admonester des participants potentiels ? Est-ce que les Allemands, les Polonais ou les Luxembourgeois se sont plaint du fait que l'armée française ait quitté, sur décision unilatérale de François Hollande, l'Afghanistan et l'ISAF (forces de l'OTAN) ? 

Et puis, les mots sont important :  "face au terrorisme, l'armée européenne existe, c'est la France". Si il n'y avait pas tous ces morts liés au terrorisme, à Paris, à Copenhague, et maintenant à Tunis, on aurait envie de rire ! Le respect que l'on doit aux personnes décédées nous pousse plutôt à hurler contre l'ineptie d'une telle sentence. 
Manuel Valls, premier ministre de la république française, pas forcément sur-éduqué (il n'est titulaire que d'une licence d'histoire) mais suffisamment instruit et informé pour comprendre ce qu'il dit, essaye de nous persuader du fait que contre le terrorisme, il faut une armée, d'une part, et que les interventions militaires françaises effectuées sous couvert de "lutte contre le terrorisme" tiennent lieu et place d'opérations sous bannière Européenne. 

Y a t-il besoin d'être un expert militaire formé à Saint Cyr pour comprendre que face à un Kouachy ou un Coulibaly qui font un carnage en région parisienne, équipés d'armes qui se négocient quelques centaines d'euros en banlieue, l'armée française, ses Rafale, son porte avion, ses bombes nucléaires, son état major, auront vraiment du mal ? 

Est-ce que Manuel Valls pourrait au moins avoir la décence de nous dire que la guerre du Mali est menée par la France tout simplement parce que nous, la France, avons des accords de coopération technique ou des accords de défense avec les pays de la région ? Passons sur le fait que cette guerre du Mali est justifiée par une interprétation vraiment plus que limite de l'article 50 de la charte des Nations Unies.



Alors, Manuel Valls nous explique que quand la France intervient au Mali, ou ‎au Liban, ou en ‎Côte d'Ivoire , ou au ‎Tchad, c'est au nom de l'Europe. 
La encore, on ne peut que rire devant une telle affirmation. Elle revient à dire que, déjà, les OPEX sont validées par les français. C'est évidemment faux. On attend toujours les débat à l'Assemblée Nationale pour chacune des guerres engagées par le président Hollande, puisque la Constitution de 1958 nous dit :
  • "La déclaration de guerre est autorisée par le Parlement.
  • Le Gouvernement informe le Parlement de sa décision de faire intervenir les forces armées à l'étranger, au plus tard trois jours après le début de l'intervention. Il précise les objectifs poursuivis. Cette information peut donner lieu à un débat qui n'est suivi d'aucun vote.
  • Lorsque la durée de l'intervention excède quatre mois, le Gouvernement soumet sa prolongation à l'autorisation du Parlement. Il peut demander à l'Assemblée nationale de décider en dernier ressort."

A défaut d'avoir informé les représentants du peuple français pour chacune de leurs guerres, le président Hollande et Manuel Valls ont-ils au moins informé Federica Mogherini, Haut Représentant de l'Union Européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité (chef de la diplomatie européenne), afin de recueillir son aval, pour ne pas dire son approbation ? 
Si ce n'est pas le cas, que Manuel Valls ne vienne pas nous dire que l'armée européenne existe, c'est la France. Une armée, c'est par essence un instrument de souveraineté. Une armée européenne doit nécessairement avoir un financement et un commandement fédéral, pas national. 
L'armée européenne, les socialistes français de la SFIO l'ont refusé en 1954 (7), et continuent à la refuser aujourd'hui, par leur nationalisme forcené, en totale opposition avec une quelconque option fédérale. 


Egalement publié sur Agoravox




(1) Le Figaro Valls : face au terrorisme, «l'armée européenne existe, c'est la France» 19 mars 2015
(2) Boursorama France-Déficit budgétaire de l'Etat estimé à 85,6 mds en 2014 15 janvier 2015
(3) La Croix Allemagne: équilibre budgétaire de l'Etat pour la 1ère fois depuis 1969 13 janvier 2015
(4) Ministere de la Défense Budget
(5) RTBF Mali: la Belgique retire ses C-130 mais maintient ses hélicoptères 18 février 2013
(6) Deustche Welle German military on Mali mission 23 mars 2013
(7) Le Monde Comment fut rejeté en 1954 le projet d'une Communauté européenne de défense 9 juin 2004

dimanche 15 mars 2015

Budget participatif parisien : une bonne idée, mais biaisée

Dans les gadgets du programmes d'Anne Hidalgo, on se souvient du "budget participatif".
A la base, que les citoyens soient consultés sur les dépenses de leur commune, cela semble être une bonne chose. Les parisiens avaient jusqu'à minuit pour soumettre des idées.



5 % du budget investissements de la ville, seront consacrés à leur réalisation sur la mandature.

C'est la où on se dit que l'idée participative est biaisée. Non, les parisiens n'ont pas été consultés sur le budget investissement de la ville de Paris, mais sur 5% de celui-ci. Vous direz : c'est déjà mieux que rien, et ce même si le budget investissement dans son ensemble ne représente que moins de 20% du budget total. Les parisiens se sont donc exprimés sur 1% du budget total. 

L'autre problème, c'est que toutes les idées n'étaient pas acceptables, pour la mairie de Paris. Il n'était par exemple pas possible de proposer d'économiser, tout simplement, ces 5% du budget investissements de la ville.




A la proposition de rendre de l'argent aux contribuables,  la mairie de Paris a répondu que l'idée n'était pas recevable ... (1).

No comment ! Participatif, vous avez dit ? Oui, mais avec beaucoup de limites !





(1) Contribuables Associés budget participatif de Paris : une parodie de démocratie 3 février 2015