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vendredi 5 février 2016

Le retour de Nicolas Sarkozy : quelle crédibilité ?

Autant l'avouer tout de suite, votre serviteur n'en revient pas. 

Oui, il en faut du courage à l'ancien président de la République pour oser se représenter devant les français, surtout au vu du bilan de 2007-2012. Rappelons, en effet, ce qui s'est passé pendant 5 ans : les français ont pris cher, ils ont souffert. Nous avons été assaillis par un déluge de taxe, validé par un gouvernement de "droite" : taxe sur les stock options, surtaxe sur le certificat d'immatriculation, taxe sur les véhicules polluants, taxe sur les complémentaires santé, baisse du 1er euro du seuil de taxation des plus values sur cessions de valeurs mobilières, taxes sur les taxes (TVA sur TIPP), taxe sur les sodas, etc... sans oublier l'incroyable exit taxe, une sorte de Mur de Berlin fiscal, taxer les riches qui partent de France. 


A l'époque, et surtout après Lehman Brothers, Sarkozy nous disait :

  • on ne va pas abandonner le "modèle social" français
  • je ne me lève pas le matin en me demandant ce qu'aurait dit Hayek
Bref, Sarkozy, en bon socialiste de droite (1), avait en tête bien plus le catéchisme étatiste que les méthodes de Margaret Thatcher. 

Depuis, Sarkozy est parti, et nous avons pire : toujours plus d'Etat, de lois, de dépense payée à crédit (et donc de déficits et de dette). Rien de surprenant à cela. Pourquoi ? Parce que tant qu'on ne remet pas en cause le périmètre de l'Etat, alors il faut bien financer toutes ces dépenses, et donc il faut bien taxer, ou emprunter pour payer les services publics et les fonctionnaires. Dont acte. 

Aujourd'hui, alors que Hollande a fait la démonstration de son incompétence, Sarkozy tente un retour au niveau des idées, dans les médias. Cela a commencé par la publication de "la France pour la vie". 


On pensait que celui qui faisait son jogging avec un tshirt "NYPD" (!) avait ses rêves orientés vers les Etats Unis, mais bon, passons. 

Cela s'est poursuivi avec la participation à l'émission Des Paroles et des Actes. Et là, force est de constater que celui qui ne rendait même pas hommage au statut de l'auto entrepreneur dans son livre, a choisi de défendre, comme François Fillon, sur le plan économique, des mesures qu'il n'a pas appliqué pendant 5 ans, mais qui vont plutôt dans le bon sens (2) : 
  • contre-choc fiscal de 25 milliards d’euros
  • baisse de 10 % de l’impôt sur le revenu
  • suppression de l’ISF
  • baisses de charges pour les entreprises
  • programme d’économies de 100 milliards d'euros
  • retour du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite étendue aux collectivités locales
  • augmentation du temps de travail dans la fonction publique
  • recul de l’âge légal de départ à la retraite
  • dégressivité des allocations chômage votées « dès l’été 2017 »
  • programme de privatisation affecté au désendettement
  • arrêt des régimes spéciaux de retraite


Ce sont des bonnes idées pour la plupart. Quel dommage qu'elles n'aient pas été mises en oeuvre entre 2007 et 2012, comme la suppression de l'ISF ou celle des 35 heures.

Mais, le vrai problème, c'est, comme le note l'Opinion, il y a un problème de méthode.





Economie : pourquoi Nicolas Sarkozy se trompe... par Lopinionfr



Passons sur le fait qu'un contre-choc de 25 milliards, ce n'est pas assez. Passons aussi qu'il n'est pas très logique de promettre des baisses de charges sans affirmer que le corollaire, c'est la fin de la protection sociale telle que les français, y compris à droite, l'entendent. 

Le problème, c'est que Nicolas Sarkozy tente d'attirer la droite et les libéraux par effet d'affichage. Les médias comme la Croix ne tombent-ils pas déjà dans le panneau d'un Sarkozy qui serait un libéral (3) ? On en rirait presque, car désolé d'affirmer que, pour les libéraux, le compte n'y est pas du tout. 

La question, certes, est de baisser les impôts puisque la France est déjà à un niveau record. Mais le préalable doit d'abord être une question philosophique, et non pas fiscale. 
Où est la réflexion sur le rôle de l'Etat ? Où est l'analyse de la nécessité de recentrer l'Etat sur ses seules missions régaliennes ? Où est l'étude de l'articulation entre la possibilité de gérer au niveau fédéral européen les missions régaliennes de l'Etat et de déléguer à des régions redevenues des patries d'autres missions de service public ? Pourquoi devrait-il y avoir le même modèle, imposé par un ministère, en Bretagne, en Provence, en Savoie, en Corse ou en Flandres ? 

L'autre souci avec Nicolas Sarkozy est sa crédibilité. On avait déjà vu sa capacité à changer d'avis comme de chemise, notamment avec l'affaire du mariage pour tous. Sur le plan économique, quand bien même les idées de Sarkozy iraient dans le bon sens : qui a envie de le croire (4) ? 

Nous n'avons pas oublié 2007-2012, un quinquennat de légitimation du socialisme et du dirigisme.










Egalement publié sur Contrepoints




(3) La Croix Nicolas Sarkozy repart à l’offensive 5 février 2016
(4) Nathalie MP Le cas Sarko : pas aimé, pas voulu, et pourtant bouge encore 5 février 2016

samedi 26 septembre 2015

Sarkozy à Barcelone : très intéressant

Les catalans voteront dimanche pour un scrutin qui pourrait conduire à l'indépendance de la Catalogne vis a vis de l'Espagne. 
Dans ce contexte, les indépendantistes (de gauche) et les unionistes (dont le gouvernement Espagnol dirigé par Mariano Rajoy, du Parti Populaire, droite) font campagne. Rien que de très normal. 

Or, s Sarkozy, le président du parti Les républicains ex UMP, s'est rendu vendredi au dernier meeting du Partido Popular (PP), aux côtés de la tête de liste Xavier García Albio. 


Ceci a été critiqué par un certain nombre d'observateurs, dont l'extrême gauche, mais aussi par certains libéraux. 
En effet, pour ceux-ci, on peut se demander de quoi se mèle l'ancien président de la République Française. 
Imagine t-on, disent-ils, que Tony Blair vienne à un meeting du gouvernement Hollande pour dénoncer les vélléités indépendantistes des Bonnets Rouges bretons ou des Corses ? 

Et bien au contraire. ! C'est très intéressant que Sarkozy se soit rendu à Barcelone, et ce à plus d'un titre. 

D'une part, on peut être pour l'indépendance de la Catalogne, et admettre que chacun puisse exprimer son point de vue. A priori, Sarkozy ne s'est pas rendu de son propre chef, il a été invité par le PP Espagnol. Si les Unionistes pensent que Sarkozy avait quelque chose à apporter à leur message, pourquoi leur en faire grief ?  

D'autre part, on reproche trop souvent, à juste titre d'ailleurs, le fait que les classes politiques Européennes soient nationales et non pas fédéralisées, à l'échelle du continent. C'est très bien qu'un leader français soit allé exprimer son point de vue en Espagne, en tant que membre du même parti Européen, le PPE (2), le groupe qui rassemble l'UMP-Les républicains, le PP, la CDU, le Conservative Party ...

Enfin, sur le fond, en exprimant son point de vue, Sarkozy a rappelé que partout en Europe, y compris chez nous en France, il existe un point de vue globalement toujours pro Etats (dans leur périmètre actuel), et très rarement pro régions. A ce titre, ne saluons pas les menaces de la Commission Européenne qui a annoncé que si la Catalogne devient indépendante, elle sortira de l'UE. C'est justement au nom de l'application du principe de subsidiarité, un principe Européen, et de la volonté de séparer les missions régaliennes (police, justice, armée et diplomatie, qui pourraient être fédéralisées au niveau Européen) des autres services publics que les régionalistes agissent.

Difficile de dire si Sarkozy aura été décisif dans cette campagne. Toutefois, il aura au moins eu le mérite d'aller exprimer en personne le point de vue des conservateurs européens. Cette prise de parole contraste avec le silence d'un certain premier ministre français, que la Catalogne concerne au premier chef.


jeudi 2 juillet 2015

Mixité sociale : la "droite" parisienne prise au piège de son penchant socialiste

Sacrés soi-disant droitards !
Faute de formuler une alternative claire à la politique menée par le Parti Socialiste, ils en sont réduis, en plein conseil municipal, à élever la voix contre les "staliniens" qui pratiquent une politique "dogmatique" en matière de logement (1). 
L'objet de la discorde : les HLM dans le XVIeme arrondissement. Le communiste Ian Brossat est fier de pouvoir en implanter. 

Il est vrai que si on considère que la loi SRU est légitime et que, deuxième condition, les arrondissements parisiens sont, en ce qui concerne le logement, des villes à part entière, alors force est de constater que le seizième arrondissement n'est pas un bon élève du logement social. 


Source : APUR
Alors que 36% des logements du XIXeme sont des HLM, cette proportion tombe à moins de 3% dans le XVIeme.


Pourtant, les critiques du parti Les Républicains contre la politique du Parti Socialiste et du Parti Communiste à Paris tombe un peu à plat, faute de s'attaquer au coeur du problème : l'existence du concept de LM, une hérésie. 

A t-on vu la "droite" parisienne expliquer, lors de la dernière campagne municipale, qu'il fallait remettre en cause la loi SRU et l'existence du parc HLM ? Non. Trop soucieuse de courir après le PS, et désireuse de ne pas faire de vagues, elle a préféré faire profil bas sur le sujet, dont on sait pourtant qu'il a contribué à la victoire d'Hidalgo (2). 

Un logement, c'est quoi ? Citons Wikipedia : Un logement, C'est un local, un appartement ou une maison et plus généralement tout endroit où une ou plusieurs personnes peuvent s'abriter, en particulier pour se détendre, dormir, manger et vivre en privé. C'est un endroit pour s'abriter (héberger) le jour et la nuit.
Et un logement social, c'est quoi ? Un logement social est un logement destiné, à la suite d'une initiative publique ou privée, à des personnes à revenus modestes qui auraient des difficultés à se loger sur le marché privé. L'expression sert aussi à désigner le secteur économique constitué par ce marché immobilier et les politiques d'économie sociale qui président à son administration.

Première erreur de la "droite" : penser qu'il faille aider les personnes à revenus modestes qui auraient des difficultés à se loger sur le marché privé.
Si on reprend la pyramide des besoins selon Maslow, le logement, certes indispensable, vient néanmoins, dans la hiérarchie des besoins auxquels les êtres humains sont confrontés, directement derrière les fonctions vitales, telles que se nourrir. Or, depuis l'échec de l'expérience communiste, personne ne songe sérieusement à nationaliser l'agriculture, Danone, Auchan et Carrefour pour que l'Etat s'assure que chacun mange. Pour se nourrir, une fonction vitale, on fait confiance au marché et à ses millions d'intervenants décentralisés, du producteur de semences au caissier du magasin. Alors pourquoi le logement devrait sortir de ce schéma ? 

Si des parisiens n'arrivent pas à se loger dans Paris, pourquoi les aider alors qu'ils peuvent tout simplement déménager pour aller plus loin ? 

Deuxième erreur de la droite : souscrire au concept de mixité sociale. L'idée du PS, c'est que le logement social permet aux "pauvres" de vivre aux cotés des "riches". Mais qui a dit que les différents groupes sociaux aient envie de se méler ? 
Pas les pauvres, en tout cas, ni les riches, pour peu que l'on puisse adopter une typologie aussi simpliste. 
Quand les habitants de HLM s'installent dans le VIIeme ou le XVIeme, ils ne font pas leur course à Passy ou rue Cler, ils prennent le métro pour trouver des produits moins cher. Et oui, habiter quelque part ne fait pas tout, encore faut-il que l'environnement ne soit pas hostile. 
On peut d'autant plus rire quand on évoque la question de la mixité sociale quand on reprend toutes es stratégies que les plus informés mettent en oeuvre pour éviter à leur enfant la mixité scolaire. Entre les options rares, les classes spéciales ou carrément les écoles privées, n'est ce pas la caractéristique des CSP+ de gauche, pas forcément ultra fortunées mais à fort capital intellectuel, que de penser que leurs enfants n'ont pas à subir les volontés niveleuses de l'Education Nationale ? Il ne s'agit pas de blâmer ces parents, mais juste de voir les choses en face : la mixité sociale, personne n'en veut (3). 

Troisième erreur de la droite : valider l'idée de mixité sociale se fait par arrondissement. C'est vrai, pourquoi ne pas chercher à affiner le concept, et vérifier que dans chaque rue, voire dans chaque immeuble, il y a maximum 40% de diplomés de l'enseignement supérieur, 10 ou 15% de gays, 52% de femmes, 10% de maghrébins, bref que chaque immeuble reflète bien la sociologie de l'Ile de France ? Mieux, pourquoi ne pas bloquer les mariages de CSP + (4) ou de CSP +++, afin de s'assurer que la mixité sociale s'applique aussi aux familles ? 

Résumons nous : les HLM sont une arnaque sur le plan intellectuel. Ils octroient un pouvoir démesuré au politique, et ce au détriment des contribuables. De plus, des gens qui y résident n'ont rien à y faire. L'avantage qu'il implique est tel qu'il fait l'objet de trafics. 
Si la droite était vraiment une opposition, elle proposerait la seule idée qui vaille : privatiser ces logements sociaux, en les proposant à la vente à qui veut, à commencer par leurs actuels occupants. 




(1) Municipales 2014 à Paris #HLM : affrontement Goasguen-Brossat en #Conseil de Paris 2 juillet 2015
(2) Challenges Et si la résistance du PS à Paris s'expliquait par... ses HLM ? 31 mars 2014
(3) LPL La mixité sociale, personne n'en veut 28 mars 2012
(4) Le Parisien Paris : Anne Hidalgo a marié Emmanuelle Cosse et Denis Baupin 20 juin 2015
(5) Le Parisien Anne Hidalgo va marier Pierre Moscovici 3 juin 2015




Sur le même sujet 


La question du logement à Paris, un post du 16 novembre 2011

Privatiser pour en finir avec le scandale des HLM, un post du 23 mars 2012
Pas surpris par l'affaire Philippe Kaltenbach (sénateur maire #PS de Clamart) ...! 5 aout 2013
Affaire #FrigideBarjot & scandale des HLM parisiens : tous les vendre, au prix du marché. 18 septembre 2013
S'opposer à l'idée de logement social à Paris, oui et alors ? 19 décembre 2013
#MUN75003 - Affaire de HLM donnés à des cadres sups de la FFT ? Quelle surprise ! 20 février 2014
Contrôle des sous-locations de HLM parisiens : hypocrite mais bienvenu ! 7 mars 2015

dimanche 7 juin 2015

Fouquet’s, Rolex et Karcher

A votre avis, qui a dit : « la devise de la République est liberté, égalité, fraternité, ce n’est pas Fouquet’s, Rolex, Karcher. » 
C'est Jean-Christophe Cambadélis (1), toujours très intelligent, à l'occasion de son discours de clôture du Congrès du PS à Poitiers.
Est-ce que les militants UMP-Les Républicains réalisent à quel point, en élisant Nicolas Sarkozy à la tête de leur parti, ont fourni au Parti Socialiste la meilleure occasion non seulement de tuer le débat politique, mais aussi de fournir au PS un flot intarissable de propos dénués de fond ? 

Les militants UMP Les Républicains disent "Nicolas Sarkozy nous représente", malgré son bilan catastrophique en tant que président de la république et son manque de consistance idéologique, alors qu'ils pouvaient choisir soit la consistance, la cohérence et la sincérité totalement conservatrice (Hervé Mariton) ou le renouveau plutôt centriste (Bruno Le Maire).
Ils ont surtout oublié que Nicolas Sarkozy traîne une désastreuse une image bling bling qui annihile tout débat de fond. 
Pourtant, en matière de Fouquet’s, Rolex et Karcher, les socialistes de gauche en connaissent un rayon : 
  • François Hollande a son Fouquet's, le Laurent (2). Ce restaurant est au Fouquet's ce qu'un Hippopotamus est au kebab du coin : pas la même catégorie de prix, ni le même standing. 
  • Les montres de prix, les socialistes, frondeurs ou non, connaissent bien. N'était-ce pas Cahuzac qui avait 100 000 euros de montres chez lui (3) ? Et Moscovici, Dray, Jospin ou Fabius, ils ne sont plus socialistes (4) ? 
  • En matière de karcher, il semblerait que même si Tourcoing, Marseille ou la Seine Saint Denis ne sont pas complètement sous contrôle, Valls et Cazeneuve ne se débrouillent pas trop mal contre les Roms ou les sans-papiers (5)


Il n'y a aucune différence majeure sur la politique étatiste, dirigiste et liberticide menée entre les socialistes de droite (2002-2012) et celle à l'oeuvre depuis 2012, et ça, Jean-Christophe Cambadélis ne peut pas l'ignorer. Valls s'est glissé dans les habits de Sarkozy, Cazeneuve a repris les dossier d'Hortefeux, et Sapin est aussi inconséquent que Baroin.




Alors, il attaque sur l'anecdotique, en pratiquant une sorte de racisme social qui ne dit pas son nom, en dénigrant un parvenu. La stratégie est risquée : en procédant de la sorte, Cambadelis rappelle l'ascendance Neuilléenne d'un certain nombre de socialistes de premier plan ou leur membership dans des clubs comme le Siècle.
Etre riche ou de bonne famille comme peut l'être l'actuel président de la République est-il un crime ? Non, assurément, pas plus qu'aimer les bons restaurants, les montres suisses et les nettoyeurs haute pression made in Germany n'est condamnable. 

Cambadelis préfère deviser sur les goûts, plutôt bas de gamme (pour du luxe), de Sarkozy, plutôt que commenter l'usage du pavillon de la Lanterne à Versailles par la copine du président de la République (6) ou les trajets Poitiers-Berlin en jet privé pour aller voir un match de foot (7). C'est son choix. Pas sur que cela relève le niveau du débat politique en France, surtout à un moment où nos libertés sont menacées, comme le rappelait encore ce soir le bâtonnier de Paris. 







(2) Contrepoints François Hollande a son Fouquet’s 30 avril 2012

mardi 26 mai 2015

Régionales 2015 en Ile de France : Valérie Pécresse (UMP) sur une drôle de voie

C'est parti ! Les élections régionales 2015 n'auront beau se tenir qu'en décembre prochain, entre le Téléthon et la trève des confiseurs, la campagne est déjà lancée.

Et en Ile de France, l'UDI a déjà quasiment abandonné l'idée d'avoir une liste autonome, au profit d'une possible stratégie d'union avec l'UMP.
Logique ! Comment l'UDI peut expliquer à ses électeurs que ce qui a fonctionné aux départementales 2015, les listes d'union UMP-UDI, n'est plus pertinent ?

Toujours est-il qu'on va rire quand les centristes vont nous expliquer les affinités qu'ils se trouvent avec Laurent Wauquiez, Guillaume Peltier & co, et même avec Valérie Pécresse.

Oui, Valérie Pécresse. La versaillaise bien née, qu'on pensait bien pensante (comme Wauquiez, né fils de bonne famille et maintenant qualifié de "bad boy de la droite"). Elle n'a pas hésité, cette apres midi et en partant d'un constat de bon sens (il y a trop d'impayés sur la fraude dans les transports en commun), à faire une proposition choc.


Ecoutez plutôt :


Transports en commun : Pécresse (UMP) propose... par LCP


La députée des Yvelines veut obliger les usagers à "prendre des papiers d’identité quand ils prennent les transports".

Bah alors Valérie,  c'est ça les idées neuves de la droite, donner plus d'importance à la carte d'identité nationale, dont on ne rappellera jamais assez qu'elle est un héritage de Vichy (1) ?

Vous direz : il faut bien lutter contre la fraude. Mais si on luttait plutot contre la RATP ? Comment ? C'est simple :
  • en rejetant, comme le propose l'économiste Philippe Herlin, le projet du Grand Paris Express, en bloc (2)
  • en citant Margaret Thatcher, qui disait "use your own car !"

Alors, Valérie Pécresse, la RATP, on la privatise quand ? 

Et si on se démarquait  de la gauche française étatiste et dirigiste en regardant ce qui se fait outre Manche (toujours pas de carte nationale d'identité chez nos voisins britanniques) ou outre Rhin (le controle social et l'auto régulation (pas de tourniquets dans le métro à Berlin) ? La Transport For London ,Authority et la Berliner Verkehrsbetriebe n'ont pas plus de difficultés que la Régie Autonome des Transports Parisiens. 

Quand aux Conservatives ou les membres du Christlich Demokratische Union, ils ne donnent pas forcément l'impression d'être laxistes. Seule différence : l'inexistence de contrôles au faciès permet de couper court aux théories de harcelement des minorités. 

Quelle Ile de France valérie Pécresse veut-elle ? Une région socialiste de droite, ou une région libre ? 




mercredi 13 mai 2015

Cambadelis fait du mal aux minorités raciales (mais cela lui importe t-il ?)

En ce moment, le gouvernement, toujours en mode bulldozer, défend son projet de réforme du collège. En dehors des militants socialistes, tout le monde semble à peu près contre. Pas seulement le blogueur centriste l'Hérétique, pas seulement le politicien UMP Bruno le Maire mais aussi Julien Dray (PS),  Jack Lang (PS), Jean-Marc Ayrault (PS) ou toute une flopée de "pseudos intellectuels" (Alain Finkielkraut, Régis Debray, Patrice Gueniffey, Pierre Nora, Marc Fumaroli, Jean-Pierre Le Goff, Pascal Bruckner et Michel Onfray).

Il y a UN personnage particulier qui a également donné son avis sur la réforme que propose Najat Belkacem, c'est le président de l'UMP, Nicolas Sarkozy. Et qu'a t-il déclaré ? Que «Dans le combat contre la médiocrité, [Christiane Taubira] est en passe d'être dépassée par la ministre de l'Education nationale».

Immédiatement, Jean-Christophe Cambadelis, (celui qui usurpe des diplômes, selon Mediapart)  a répondu : il "pense que l'attaque de Nicolas Sarkozy envers Najat Vallaud-Belkacem est légèrement xénophobe". (comme si Najat Belkacem, ministre en France, pouvait avoir une nationalité autre que française). 
Michel Sapin aussi, a répondu :  "Je pense que ça n’est pas par hasard si Sarkozy a mis dans une même phrase, et dans des termes injurieux, la ministre de la Justice et la ministre de l’Education nationale. C'est une ministre de la Justice qui a une couleur de peau et c'est une ministre de l'Education nationale qui porte un nom".

Quelle insulte ! Quel mépris pour les qualités et les défauts de Christiane Taubira et de Najat Belkacem ! Le Parti Socialiste, en assimilant toute critique de ministres qui seraient arabes ou noirs à du racisme, réifie ces ministres, les réduit à leur couleur/race/religion/apparence et dénie aux critiques le droit de ne pas être d'accord avec les politiques menées.

Mais d'un autre coté, à coté de la démarche méprisante de Cambadelis et Sapin (méprisante mais logique, vu l'attrait du PS pour les thèses rousseauistes), quelle erreur de casting à la tête de l'UMP ! Bravo Sarkozy ! Victimiser Najat Belkacem, quelle bonne idée !
Les militants du parti de "droite" n'ont-ils pas compris qu'en choisissant Nicolas Sarkozy, ils offraient le meilleur argument possible au Parti Socialiste et que jamais la gauche au pouvoir ne ferait d'analyse de fond de ce que l'opposition aurait éventuellement à lui dire ?

Le plus comique est que Christiane Taubira et Najat Belkacem ne sont même pas d'accord entre elles sur la question du racisme et de la lutte anti racisme. L’indépendantiste guyanaise et garde des sceaux Christiane Taubira a t-elle demandé à Najat Belkacem de s'expliquer sur ses propos révisionnistes sur la traite négrière (1) ? 

Cette polémique sur la nature des propos à tenir quand on parle de Christiane Taubira et de Najat Belkacem montre en tout cas que face à la prise en otage par le Parti Socialiste de la lutte anti racisme, il est vraiment temps qu'une option alternative émerge. La fin des tentatives de discrimination positive et des politiques implicites de quotas, par exemple. Après tout, comme l'a affirmé Marie-Ségolène Royal, si Najat Belkacem est la où elle est, c'est bien parce qu'elle ne s'appelle pas Claudine Dupont, non (2) ?




(1) lire Najat Belkacem chahutée sur l'esclavage sur Lyon Capitale
(2) Le Nouvel Obs Si Najat Vallaud-Belkacem s'appelait "Claudine Dupont"... 13 aout 2012




Sur le même sujet, lire sur le blog d'Anna Gueye Qui fait des amalgames ?, un post du 4 septembre 2014

mercredi 18 février 2015

Affaire Stéphane Tiki : un bienfait pour l'UMP ?

Vous connaissez Stéphane Tiki  (1) ? 

C'est un "Sarkozyste",ex responsable de la structure jeune de l'UMP, les Jeunes Pop (2). Ce militant fait partie des enthousiastes qui n'ont pas compris qu'en ramenant Sarkozy à la tête de l'UMP, ils donnaient des forces à Hollande et à la gauche, tout en détruisant l'UMP.

Stéphane Tiki est plus connu pour être un immigré camerounais sans papiers, qui a du démissionner de son poste quand il s'est su que son titre de séjour avait expiré depuis un an.

Franchement, chapeau Stéphane Tiki ! Qui aurait pu deviner, en le suivant sur Twitter, que ce militant de la Droite Forte n'était pas français ?

Il avait quand même poussé le détail jusqu'au fait d'aller militer au sein du même groupe que l'ex FNJ  Guillaume Peltier !
Maintenant, au delà de l'anecdote, cette affaire est intéressante pour l'UMP, et ce à plus d'un titre.

D'abord, peut-etre que cette affaire Tiki fera évoluer les mentalités en ce qui concerne l'immigration. L'UMP est sur la ligne suivante : "réduire l'immigration pour réussir l'intégration et empêcher la montée du communautarisme, durcir les conditions d'accès à la nationalité française" (3). Pourquoi n'adoptent-ils pas la vision de Ronald Reagan, qui a régularisé des milliers de sans papiers (4) , au lieu de se complaire dans une gestion malthusienne de l'immigration ?

Ensuite, peut etre que l'UMP pourra se poser des questions sur l'allocation de ses ressources militantes. Stéphane Tiki était connu pour son engagement aux cotés de l'euro députée cumularde Rachida Dati, dans le VIIIeme. C'est donc bien parce qu'il était implanté dans un arrondissement où il n'y avait rien à faire qu'il a pu dégager du temps pour se consacrer à l'ensemble de son mouvement. Question : pourquoi cette concentration de l'UMP sur ses bastions de droite, à la place d'un vrai travail de conquête, ne s'accompagne alors pas d'une réflexion accrue sur l'idéologie de ce mouvement ? Comment se fait-il qu'après deux ans dans l'opposition, l'UMP ne soit toujours pas capable de dire qui elle est et ce qu'elle veut ? 

Enfin, peut être que l'UMP va évoluer sur l'analyse de son potentiel électoral. Voila des années que les minorités ethniques et religieuses françaises votent à gauche, c'est à dire pour des gens qui sont d'accord pour avoir de la diversité, sauf dans les écoles que fréquentent leurs enfants. Or, on le sait, ce quo'on appelle les banlieues sont fondamentalement de droite, en tout cas elles n'ont rien à voir avec le progressisme de Terra Nova et du Parti Socialiste. 

L'affaire Stéphane Tiki prouvera, si ce n'est déjà intégré, à tous les militants, de l'UMP ou d'ailleurs, qu'un sans papier en France, ce n'est pas synonyme d'immigré clandestin.
Il existe plusieurs façons de devenir sans papiers, à commencer par le fait d'être un immigré, légalement arrivé, mais qui a pu en avoir marre d'aller faire la queue dans une administration quelconque pour devoir se justifier devant un fonctionnaire.
Les immigrés, sans papiers ou non, qu'ils soient venus par avion ou en traversant la Méditerranée dans une embarcation dangereuse, font partie de notre pays et contribuent à son fonctionnement et à son dynamisme (5). Il n'y a qu'à voir ce qui se passe pas seulement chez les Jeunes Pop mais aussi dans les cuisines de restos. Si au moins Tiki aura fait comprendre cela à Guillaume Peltier, çe sera toujours ça de pris !




(1) France 3 Paris Ile de France Stéphane Tiki ou la génération Sarkozy en campagne 8 novembre 2014

lundi 29 septembre 2014

Mauvaise nouvelle : le sénat repasse à "droite" !

Oui, très mauvaise nouvelle, que cette nouvelle défaite du parti socialiste et ses alliés, dimanche dernier, au Sénat. 
D'une part, la droite crie victoire. 
D'autre part, la gauche obtient une nouvelle excuse. 

En effet, depuis 2012, il y a une mission, et une seule, à laquelle l'UMP devait s'atteler : définir un projet, trouver une ligne politique et en tirer les conclusions en terme de message. On sait que, pendant 5 ans, le gouvernement Fillon a pratiqué du socialisme de droite, pavant la voie pour sa version extrême, le socialisme selon Hollande et Ayrault puis Valls. 
Qui, en effet, peut nier qu'entre 2007 et 2012, Fillon et Sarkozy n'ont pas du tout fait reculer l'Etat mais ont au contraire crée ou relevé une cinquantaine d’impôts et de taxes, nationalisé des entreprises et fait voté toujours plus de lois ? 
Et qui peut nier qu'Hollande, après avoir menti à ses électeurs, pratique peu ou prou la même politique que celle de son prédécesseur ? 
En 2012, il a manqué à Sarkozy les voix centristes et libérales, quand à celles du FN, clairement demandeuses de toujours plus d'Etat, elles sont logiquement allées au mieux disant en la matière, Hollande. Mais aucun bilan n'a été fait.

Aujourd'hui, au Sénat, l'UMP crie victoire. Grave erreur. Seul le FN assume son programme pour le moment. Lors de vraies élections à venir (car rappelons que les sénatoriales sont un scrutin de grands électeurs, donc totalement déconnectées d'enjeux de programmes et totalement liées à du clientélisme), les vrais électeurs, eux, sauront faire le tri. 

De plus, cette victoire de l'UMP et de ses alliés au Sénat est une bonne chose pour le PS et ses alliés : étant donné que le Sénat jouera un certain rôle de blocage (qu'il avait déjà, en réalité), les socialistes de gauche pourront s'abriter derrière cette excuse pour expliquer leurs difficultés.
Quand Hollande est arrivé au pouvoir en 2012, lui et le PS détenaient tous les pouvoirs : Elysée, Matignon, médias (9 journalistes sur 10 ont voté Hollande), la quasi totalité des régions, la majorité des départements, les principales villes (Lille, Paris, Nantes, Lyon ...) etc. 
Il avait donc de quoi mettre en oeuvre son programme.
Maintenant que la droite a regagné du terrain, Hollande pourra toujours dire que c'est du fait de la capacité de nuisance de l'UMP et ses alliés qu'il ne pourra pas mettre en place toutes ses réformes. 

Autrement dit, chaque victoire de l'UMP et de ses alliés d'ici à 2017 renforce Hollande et sa volonté de se maintenir au pouvoir. 

Puisque la "droite" revient, il convient, plus que jamais, pour ceux qui ont une sensibilité de droite, d'être en résistance contre l'UMP, un parti socialiste de droite.
Déjà, la première mesure à faire consiste à renvoyer Nicolas Sarkozy à son bilan (1).
Si l'UMP ne le fait pas, le PS le fera, comme il a déjà commencer à faire. N'est ce pas, à ce sujet, comique qu'un type comme Jean-Marie le Guen vienne donner des leçons ?
Ensuite, il faut que le débat d'idées ait lieu. L'UMP doit-elle être un parti socialiste de droite (étatiste, interventionniste), ou bien un parti conservateur, c'est à dire un peu moins anti libéral sur le plan économique et clairement traditionaliste ? A ce titre, Hervé Mariton, lui, assume ses idées. 
Enfin, les centristes, eux, doivent cesser d'accepter l'idée qui'il puisse y avoir un grand parti de la droite et du centre. L'UDI doit au contraire affirmer que face à une UMP qui serait idéalement de droite, elle assumerait sans ambages les valeurs des centristes et libéraux Européens de l'ALDE/ELDR. Ce n'est pas gagné, surtout avec un Bayrou qui rode. Heureusement, Hervé Morin et Jean-Christophe Fromantin sont sur cette ligne d'indépendance.

Les libéraux, eux, sont toujours invités à rejoindre le Parti Libéral Démocrate (2), qui sera en Université de Rentrée ce week end à Lyon. Plus que jamais, dans un paysage politique ravagé par l'idée qu'il faille toujours plus d'Etat, il faut une voie différente et qui, manifestement, ne prend ni à l'UMP, ni à l'UDI, ni au PS, et ce malgré les efforts de personnalités comme Hervé Novelli, Aurélien Véron ou Gérard Collomb.


(1) H16 Sarkozy : le retour du relou 21 septembre 2014
(2) Parti Libéral Démocrate Universite d'automne 2014

dimanche 6 juillet 2014

Bayrou, l'homme que les idées centristes n'intéressent pas ?

Egalement
publié
sur Facebook
On ne peut qu'être soufflé à la lecture de l'interview que François Bayrou, l'homme de l'indépendance du centre version 2007, a donné au Figaro (lire Bayrou évoque une possible «alliance» avec Juppé et Fillon) et au Point (Le manifeste de François Bayrou). D'abord, pourquoi le maire de Pau, qui ne devait s'occuper que de ses sujets municipaux et locaux, vient nous parler de politique nationale ?

Au delà même de interrogation, l'interview de Bayrou soulève trois problèmes :

  • une main tendue peu cohérente, idéologiquement parlant, avec Fillon, le surprenant néo thatchérien (3) et tactiquement parlant, avec Juppé
  • son mépris du parti centriste, l'UDI 
  • l'incohérence avec le vote "à titre personnel pour François Hollande" de Bayrou en 2012 et avec le discours de 2007
Cohérence idéologique et tactique

Comment François Bayrou, dont chacun s'accordera à affirmer qu'il est plutôt l'héritier de la démocratie chrétienne à la française, peut il proposer une quelconque alliance avec François Fillon, anciennement séguiniste (donc ultra républicain, laïcard et jacobin) et nouvellement thatchérien ? Il suffit d'ailleurs de jeter un coup d'oeil sur Facebook aux échanges des derniers militants Modem pour constater l'aversion de ces derniers pour tout ce qui ressemble au libéralisme économique. François Bayrou lui-même a, depuis 2001, répété à maintes reprises qu'il était antilibéral économiquement parlant (4). Seuls le girondisme, le fédéralisme européen et la recherche d'un réel équilibre des pouvoirs pouvait rendre Bayrou susceptible d'attirer les suffrages libéraux.
Egalement publié sur Contrepoints

Quand à l'idée d'un rapprochement avec Alain Juppé, franchement, cela ressemble à une plaisanterie. Comment peut-on parler de renouveau avec celui qui fut le catastrophique premier ministre de 1995 à 1997 ? Le "meilleur d'entre nous" est celui qui, alors que la France aurait pu profiter du dynamisme d'Alain Madelin, a préféré céder devant tous les conservatismes syndicaux. De plus, le maire de Bordeaux (les habitants ont effectivement des raisons d'être satisfaits par la gestion de leur ville, notamment en terme de rénovation urbaine) est, quand même, condamné par la justice. N'y a t-il pas suffisamment de gens, à droite comme au centre, vierges en termes judiciaires pour envisager d'envoyer à la retraite tous ces politiciens du passé ? Que Juppé ait purgé sa peine est un fait non contestable, mais au moment où ce que l'élite politique appelle "vague populiste" progresse, quel intérêt tactique y a t-il à vouloir mettre sur le devant de la scène des gens qui alimentent l'idée du "tous pourris" ? 

Mépris de l'UDI

S'il y a bien des gens qui doivent se mordre les doigts d'avoir remis en selle Bayrou, c'est Borloo et l'UDI. Dans les deux interviews sus-mentionnées, il n'y a pas un mot pour l'UDI, Borloo et les autres leaders centristes. Rappelons quand même que si on accepte la théorie de l'axe gauche droite (avec toutes ses limites), L'UDI, le parti de centre droit, se trouve justement entre le Modem ("centre") et l'UMP ("droite"). Certains disent que le Modem est indispensable à l'UDI pour la réussite du centre. C'est pourtant inexact. Les élections européennes, une déception pour les centristes, ont surtout servi à préserver le siège de Marielle de Sarnez et à donner une visibilité nationale à François Bayrou. A Paris lors des municipales 2014, les militants UDI ont bien constaté que le Modem n'avait absolument pas été une valeur ajoutée à la soi disante "union de la droite et du centre". Le Modem était à terre en 2012 après la présidentielle 2012, surtout parce que François Bayrou, concentré uniquement sur la présidentielle, avait échoué à créer un vrai parti, qui ne soit pas qu'un fan club. Jean-Louis Borloo, lui, avait prolongé la vision de gens comme Hervé Morin qui voulaient un positionnement clair (au centre droit) et effectué un vrai travail de construction d'un parti politique, avec ses réseaux d'élus et de militants. La main tendue à Bayrou aura été une erreur fatale : le Modem ne cherche pas à rejoindre l'UDI mais à la préempter.


Incohérence avec le vote "à titre personnel pour François Hollande" 

Le plus gros reproche que l'on peut faire à François Bayrou est son inconsistance en terme de positionnement. Comment peut-on se tourner vers ce qui semble être une droite "centriste compatible" que représenteraient Fillon et Juppé, après non seulement avoir critiqué la création, en 2007, du Nouveau Centre (qui voulait un centre tourné vers la droite) puis décidé de voter Hollande en 2012 ?
Nombreux, y compris les libéraux, seront d'accord pour dire que la candidature du socialiste de droite en chef, Nicolas Sarkozy, était insupportable. En effet, Nicolas Sarkozy a étendu de manière hallucinante les pouvoirs de l'Etat (extension du domaine d'application du secret défense, création de nouvelles taxes, poursuite des recrutements de fonctionnaires) tout en préparant le terrain pour la gauche, ultra étatiste (hausse d’impôts, vote de lois liberticides).
Mais, si on critique Sarkozy, comment peut-on soutenir Hollande ? 



Par définition, Hollande ne pouvait qu'être pire que Sarkozy, puisque le socialiste se réclame ouvertement d'une famille politique pour qui l'Etat est l'alpha et l'omega de la politique. De plus, Bayrou n'est pas un bleu en politique. Il ne pouvait donc pas ignorer que sous ses airs de fils à papa éduqué dans les meilleurs écoles de France, et de degôche bon teint, Hollande était tout aussi bling bling que Sarkozy.
Bayrou aurait tenu une position honorable, tout en étant fidèle à sa vision du centre, ni à gauche ni à droite, s'il avait affirmé, à l'issue du premier tour des présidentielles, qu'il irait voter blanc car ni Sarkozy ni Hollande n'étaient des personnalités convenables pour la France


Clairement, il y a un problème avec la classe politique française. L'interview de Bayrou n'apporte aucun début de solution. La politique française souffre du bipartisme, et il serait bon que nous commencions par avoir des partis politiques d'idées, et non pas des coalitions de gens que tout opposent.
Plutôt que les menteurs actuels, qui disent certaines choses pour être élus puis font autre chose une fois élus, voici une répartition qui permettrait d'envisager un positionnement doctrinal clair :
  • divers extrême gauche anti libérale et nationaliste (Marine le Pen, Arnaud Montebourg, Jean-Luc Mélenchon, Cécile Duflot, Jean-Jacques Candelier, Christian Eckert, Benoit Hamon, Alexis Tsipras)
  • social démocratie (Jean-Vincent Placé, François Bayrou, Bernard Cazeneuve, Axelle Lemaire, Pierre Larrouturou (Nouvelle Donne), Martin Schulz ...) 
  • écologie (Chantal Jouanno, François de Rugy, Bertrand Pancher, Nicolas Hulot, José Bové, Ska Keller ...)
  • centristes et libéraux démocrates (Fleur Pellerin, Jean-Christophe Fromantin, Hervé Morin, Denis Payre, Aurélien Véron, Laure de la Raudière, Bruno le Maire, Guy Verhofstadt ...)
  • conservateurs (Yves Jego, François Fillon, Christian Vanneste, Michèle Alliot Marie, Christine Boutin, Nicolas Dupont-Aignan, Marion-Maréchal le Pen, Jean-Claude Juncker ...)
  • divers extrême droite antilibérale et nationaux socialistes (Guillaume Peltier, Henri Guaino, Jean-Marie le Pen, Fabien Engelman ...)

Pour Bayrou, manifestement et au vu de ses dernières interviews, les idées comptent moins que les combinazione de baby boomers qui ont essayé, et qui ont échoué. Dommage. Mais tellement révélateur d'une classe politique périmée. Au vu des espoirs que Bayrou aura soulevé en 2007, c'est d'autant plus regrettable.





(2) Le Point  Le manifeste de François Bayrou 3 juillet 2014


(4) Wikilibéral -  François Bayrou

mardi 27 mai 2014

Unir l'UDI et l'UMP ? Quelle idée saugrenue !

Avant qu'il ne démissionne de la présidence de l'UMP, le maire de Meaux employait déjà fréquemment l'expression "la droite et le centre" (1).
Aujourd'hui, c'est au tour d'Alain Juppé, le respecté maire de Bordeaux mais néanmoins calamiteux ex-premier ministre condamné par la justice (2), de prendre la main des électeurs et de suggérer un rapprochement entre la droite et le centre (3). 

Avant tout, une remarque de bon sens : Si Alain Juppé aime le centre, il n'a qu'à adhérer à l' UDI. C'est 20€ la cotisation, et 30€ si Madame Juppé est intéressée.
Au passage, si Alain Juppé aime le centre et ses idées, on se demande bien pourquoi, en 1995, il a viré Alain Madelin (ex Démocratie Libérale) du gouvernement ?

Ensuite, pourquoi Alain Juppé ne commence t-il pas par peser au sein de l'UMP afin de faire en sorte que SON parti politique ait les idées et une ligne claires sur des idées telles que le souverainisme, le socialisme de droite, le conservatisme sociétal. Que pense l'UMP sur l'Europe ? Qu'il faut revenir à l'Europe des 6 (Wauquiez) ou suivre les idées fédéralistes du PPE (Lamassoure) ? Que pense l'UMP sur l'économie ? Qu'il faut du socialisme de droite (Guaino, Peltier) ou du libéralisme (Raffarin) ? Et sur la famille, c'est abstention militante (NKM) ou suivi du pacte de la Manif pour Tous ?

Enfin, pourquoi Alain Juppé ne comprend t-il pas qu'au delà des incroyables capacités de mise en avant de François Bayrou et Marielle de Sarnez, il n'y a plus de Modem et que le centre, c'est l'UDI ?

En réalité, la position d'Alain Juppé se comprend dans le cadre d'une bipolarisation de la vie politique de la Veme République, qui, vraiment, ne peut plus continuer. Juppé, Hollande et autres caciques semblent continuer à croire que la France, seule en Europe, peut continuer à se séparer sagement entre droite et gauche, UMP et PS, et ce alors que rien que l'UMP rassemble des personnalités et opinions aussi différentes que Guillaume Peltier (ex FNJ), Nathalie Kosciusko-Morizet, Nadine Morano ou Laure de la Raudière. Ca en devient comique. La fiction d'une union qui rassemblerait de manière permanente des libéraux, des gaullistes, des ex-FNJ et des bobos du 14eme tient de moins en moins. Qu'ils devraient se séparer ne veut pas dire qu'ils ne puissent pas travailler ensemble, dans le cadre de coalitions gouvernementales. Mais on a vraiment envie de rire quand on les voit singer le PS et son unité de facade. En effet, chez leurs amis "concurrents", quel rapport entre Christian Eckert et Gaétan Gorce ?


Chez tous nos partenaires Européens, qui pour la plupart sont des démocraties parlementaires, certaines  étant des monarchies, il y a en proportion variable 6 familles politiques :

  • une extrême gauche d'inspiration communiste anti libérale
  • des sociaux démocrates 
  • des écologistes
  • des centristes, libéraux démocrates et fédéralistes Européens
  • des conservateurs
  • une extrême droite d'inspiration nationaliste anti libérale


En France, cela donnerait les partis suivants 
  • le Front de Gauche (Mélenchon rejoint par Eva Joly, Christian Eckert, Arnaud Montebourg et autres adeptes du socialisme nationaliste)
  • le Parti Socialiste (expurgé de ses canards boiteux)
  • EELV (rassemblée autour de Nicolas Hulot et NKM)
  • L'ALDE France (avec des personnalités comme Denis Payre, Hervé Morin ou Jean-Christophe Fromantin), fédéraliste et libérale
  • Le Parti Populaire (RPR / DLR avec Michele Alliot-Marie ou Nicolas Dupont-Aignan), eurosceptique 
  • le Front National (avec les Le Pen, Guaino, Peltier, Engelmann et autres), socialiste et nationaliste

Si les partis politiques sont intelligents, ils feront ce travail de reconstruction. A Alain Juppé d'y contribuer, à commencer par sa propre famille, l'UMP. Une fois ce travail fait et une fois la réforme constitutionnelle introduisant la proportionnelle adoptée, alors on pourra envisager des coalitions de projet. 




lundi 31 mars 2014

#Paris2014 : passé la déception, l'espoir

Oui, c'est quelque part une déception que de voir un profil aussi médiocre que celui d'Anne Hidalgo gagner Paris, surtout face à NKM. En effet, entre l'inspectrice du travail au ton désagréable et à la carrière à l'image de sa retraite de la fonction publique, et la polytechnicienne ancienne ministre de l'environnement, il n'y aurait pas dû y avoir de match, s'il s'était agit d'un match de tennis. Simplement, il s'agissait d'un match de foot, dans lequel la sélectionneuse en chef de droite a mal construit son équipe ?

Les parisiens ont préféré la descendante de conquistadors à la princesse polonaise. Respectons leur choix, avec toutes les bizarreries que le mode de scrutin parisien permet (Anne Hidalgo à 30% dans le XVeme ?). 

Mais passé la déception, demeure le sourire et l'espoir. 

Les sourires viendront très vite (mais à notre détriment de parisiens) quand on va voir les "écolos" d'EELV affronter Anne Hidalgo sur les bus diesel, la Tour Triangle ou la destruction des Serres d'Auteuil. 
Les sourires viendront vite (toujours à notre détriment d’intérêt de parisien) quand Didier le Reste (CGT) et Ian Brossat (Parti Communiste) proposeront encore plus de fonctionnaires à embaucher alors que la Ville de Paris en emploie déjà bien plus que l'ensemble de toutes les administrations de l'Union Européenne.
Les sourires viendront vite quand Anne Hidalgo ne réclamera pas au prochain gouvernement le milliard d'euros des parisiens qu'elle a abandonné à Ayrault alors qu'elle les réclamait à Fillon au titre de la dotation de l'Etat. 
Les sourires viendront encore plus vite quand les habitants du XVIIIeme, XIXeme et XXeme réaliseront que derrière les sourires, les exigences de la compétition scolaire révéleront très vite le vrai (et compréhensible) visage des bobos, "de gauche", qui ne veulent pas de mixité sociale et surtout pas d'arabes et de noirs dans les classes de leurs enfants.

Mais s'il ne s'agissait que de rire ... il y aura aussi à espérer que les centristes et la droite comprennent ce qui s'est passé. Dans un combat, on ne peut pas compter que sur la nullité de son adversaire. Il faut aussi mobiliser ses forces. Aucun élu de droite ne l'est en faisant la course aux problématiques trustées par le PS. Les électeurs ne sont pas complètement idiots : ils savent distinguer la copie de l'original. 
Dommage, car sur les problématiques sociétales, on pourrait entendre un discours autre que l'essentialisme en vogue au PS qui consiste à enfermer les gens dans des cases. 
La fédération UMP de Paris, pour ne parler que d'elle, a les noms, adresses et numéros de téléphone de tous les UDI (dont le PLD Aurélien Véron), qu'elle a méprisé, ainsi que les francs tireurs qui ont voulu porter un discours différent : Douce de Franclieu, Charles Beigbeider, les militants de Paris Libéré ... Ils savent qui joindre pour le debriefing !

Les municipales 2014 nous ont fait monté dans un métro qui ne s’arrête pas avant la station 2020. Gardons un œil sur le signal d'alarme ! 

samedi 1 mars 2014

#MUN75000 - A 3 semaines du 1er tour, #NKM réalise que sa liste est incohérente idéologiquement parlant !

Selon le Lab Europe 1, Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP) va destituer Hélène Delsol, sa tête de liste du IIe (1). La cause de cette destitution serait la préférence donnée par Hélène Delsol à Aurélien Véron (Parti Libéral Démocrate) vs Christophe Lekieffre ainsi que des propos ou attitudes homophobes qu'Hélène Delsol aurait eu.

Ce dernier point reste à confirmer, sachant que l'article du Lab Europe 1 contient une erreur majeure qui n'échappera ni aux libéraux ni aux observateurs de la vie politique : classer Aurélien Véron (Parti Libéral Démocrate) comme étant un proche de la Manif pour tous et se classant "très à droite de l'échiquier politique". 
Chacun sait que, si être  "très à droite" c'est être contre le mariage pour tous, Aurélien Véron est, de ce point de vue qui n'a rien à voir avec les municipales parisiennes (puisque la loi est votée, applicable et appliquée), très à gauche de l'échiquier politique (lire Oui au mariage homo, pour une famille durable sur Atlantico ou voir « Mariage » homosexuel : l’abbé Guillaume de Tanoüarn vs Aurélien Véron, un post du 29 aout 2011).

Mais, du. coup, puisque Nathalie Kosciusko-Morizet vire Hélène Delsol, va t-elle aussi demander à Jean-François Legaret (75001) ou à Claude Goasguen (75016) de partir ? N'étaient-ils pas en pointe sur la Manif pour Tous, et en porte à faux avéré et assumé vis-à-vis de leur tête de liste ? Quid d'Atanase Périfan (75020). De manière plus générale, les positions de toutes ces têtes de liste,  y compris Delsol, sont connues.

En réalité, il est stupide de faire de l'opinion des uns et des autres un critère clé pour une place de tête de liste aux cotés de NKM, et ce pour les raisons suivantes :

  • la loi, répétons le, est adoptée et s'applique. Il n'y a plus de débat jusqu'à un prochain changement de majorité au parlement. Quelques soient les gens qui seront élus en mars prochain, ils marieront des couples gays si l'occasion se présente
  • en virant Delsol, NKM donne raison à celles et ceux, notamment à droite, qui critiquent ce qui serait une soumission aux desiderata du lobby LGBT et des franc-maçons
  • en voulant se donner une image gay friendly au sens PS du terme, NKM ne comprend pas qu'elle ne fera jamais mieux qu'Hidalgo, qui a préempté le terrain et affiche des têtes de listes pour qui la sexualité est un élément d'identité, carrément.
  • NKM ne pense pas aux gens, y compris gays, qui refusent les thèses essentialistes que la gauche fait circuler, et elle ignore les solutions que les libéraux auraient pu (dans un cadre, répétons le une fois de plus, national et législatif, et non pas municipal) lui apporter, à savoir la privatisation du mariage et la fin du mariage civil.
Bref, il était temps que NKM réalise qu'il n'y a rien d'idéologiquement commun entre ses différentes têtes de liste. A 3 semaines du 1er tour, la vérification s'imposait, en effet. 



(1) Le Lab Europe 1, Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP) va destituer Hélène Delsol, sa tête de liste du IIe (1).  28 février 2014
(2) Atlantico Oui au mariage homo, pour une famille durable, par Aurélien Véron, 25 juillet 2011

lundi 27 janvier 2014

#MUN75000 : #NKM peut gagner

L'Hérétique semble séduit par la dernière proposition de NKM en matière de circulation. On peut, au contraire du bloggeur centriste, partager les réserves d'Arnaud Dassier, du Parti Libéral Démocrate. 

Malgré cela, malgré cette énième tentative de NKM de passer pour une Hidalgo de la droite modérée, et parce qu'il reste  55 jours avant le premier tour des municipales 2014 à Paris, Nathalie Kosciusko-Morizet peut encore gagner la municipale parisienne. 

L'auto proclamée tueuse connait la mission : avoir 81 conseillers de Paris qui voteront pour elle lors de l'élection du Maire de Paris. Pour arriver à cet objectif, Nathalie Kosciusko-Morizet a deux éléments à sa disposition : 


  • Anne Hidalgo est au pouvoir depuis 12 ans et elle est soutenue par tout le PS, d'Antoni Duarte à François Hollande en passant par Manuel Valls ou Arnaud Dassouline
  • Nathalie Kosciusko-Morizet est détestée par une partie de l'UMP, à commencer par son top management, et moquée par la presse. 
Anne Hidalgo est donc comptable des résultats du PS, quand NKM ne l'est pas des propos de Copé. 

Première observation : qu'est ce que Anne Hidalgo peut promettre actuellement qu'elle n'aurait pas pu faire en 12 ans ? Certes, sa campagne démontre qu'elle et son équipe maitrisent les dossiers, ce qui est bien le minimum vu que le PS dirige Paris depuis 2001. Mais il suffit d'écouter les alliés d'Hidalgo, EELV les Verts et les Communistes, pour savoir ce qui a été réussi et ce qui a été raté. 

C'est la deuxième remarque : on parle beaucoup des listes dissidentes de l'UMP, mais quid des listes concurrentes au PS, qu'elles soient sous couleur Europe Ecologie les Verts, MRC ou MUP, avec le retour de Michel Charzat ou Robert Jurassic Park Hue ? Tous ces gens n'ont-ils pas gouverné ensemble ? Pourtant, eux aussi, en présentant des candidats, disent "12 ans ca suffit". 

Troisième remarque, l'image. On présente souvent Anne Hidalgo comme une personne cool (car de gauche), branchée sur l'écologie et les circulations douces, républicaine et issue du peuple, en opposition à NKM qui serait une pauvre petite fille riche et déconnectée du peuple. Ce faisant, on oublie plusieurs choses : d'une part, NKM est plus jeune et moins cumularde que Hidalgo. A l'heure où on parle de renouvellement de la classe politique, Hidalgo est plutôt mal placée pour donner des leçons. D'autre part, pourquoi veut-on à tout prix que les élus soient "proches du peuple" ? Pas plus que le PDG de Total est proche de ses pompistes, le maire de Paris n'a pas forcément à faire 45 mn de RER A pour venir travailler à Paris, il est surtout élu pour faire son boulot au mieux. 

Quatrième et dernière remarque, alors que Anne Hidalgo est associée à une partie de l'extrême gauche communiste (le PCF, détaché du Front de Gauche), NKM, elle, a toujours été hyper claire avec l'extrême droite. Et si elle prenait un peu plus de temps pour le rappeler à Hidalgo et surtout aux électeurs qui, originaires d'Europe de l'est, d'Asie ou d'Afrique, savent ce que communisme veut dire ? 

Nathalie Kosciusko-Morizet ne doit pas avoir peur de ne pas présenter de programme. Qui dans les électeurs d'Anne Hidalgo ou parmi la presse lira les 197 pages de Paris qui Ose ? De plus, les partenaires de Nathalie Kosciusko-Morizet, comme Christian Saint-Etienne, ont déjà réfléchi au sujet. 
En revanche, il y a un message simple que Nathalie Kosciusko-Morizet peut diffuser : 12 ans ça suffit !

samedi 4 janvier 2014

#Paris2014 : A la différence d'#Hidalgo, #NKM peut être fière d'elle

A la base, fin décembre, il n'était plus tellement prévu de commenter la campagne des municipales #Paris2014. En effet, Christian Saint-Etienne (1) rallié à Nathalie Kosciusko-Morizet, on perdait la moins antilibérale des têtes de liste, pour se retrouver dans un classique débat UMP-PS, droite-gauche, étatisme de droite vs étatisme de gauche.

En plus, les medias avaient décidé que, de toutes façons, une femme serait élue à la tête de Paris, et on pouvait donc en conclure que les idées devaient passer au deuxième plan, derrière le sexe du candidat. 

Certes, NKM avait bien avoué son admiration pour Margaret Thatcher (2), mais les libéraux, Libertarien (3) ou H16 (4) par exemple étaient d'accord, il ne pouvait s'agir que d'une blague

Or, en ce début janvier, les choses sont un peu différentes. D'une part, NKM subit des attaques que l'Hérétique a raison de qualifier de ridicules (5), quand ce n'est pas carrément du sexisme à l'état pur (6). A ce sujet, la gauche, si prompte à se mobiliser, est toujours absente quand il s'agit de défendre Valérie Pécresse face à Bernard Cazeneuve ou toute autre personnalité de droite de sexe féminin.

De plus, la menace d'une liste dissidente menée par Charles Beigbeider dans les 20 arrondissements se précise, et ce alors que le programme de Paris Libéré ne convainc pas largement (7). 
Pire, alors que Beigbeider est un libéral assumé, il va aller travailler avec des constructivistes comme Géraldine Poirault-Gauvin (8), ou des gens aux convictions gaullistes ou indéterminées, tout en laissant de coté des personnalités intéressantes comme la liste j'aime 7eme.

Il faut donc revenir sur le fond du problème : la tête de liste de l'UMP. 
Déjà, le point de départ est qu'après la défaite de Sarkozy en 2012, l'UMP a évité le débat d'idée et on ne sait toujours pas si l'UMP est ploutocrate, libérale, socialiste de droite ou nationaliste. Ce flou se ressent aussi sur la volonté de NKM de rassembler des gens qui ne pensent pas pareil. Mais, à Paris, l'UMP a organisé une primaire, certes imparfaite, qui a donné le leadership à NKM. Et là, il faut quand même applaudir le geste. 

En effet, en octobre 2012, le PS voulait organiser une primaire ouverte à Paris (9). On sait ce qu'il en est advenu : Anne Hidalgo a été désignée seule candidate par Delanoé et adoubée par un congrès de socialistes en mai 2013 (10). Où est le débat ? Où est la démocratie au PS ? 
NKM a le mérité d'avoir entamé le débat d'idée à l'UMP Paris, là où Anne Hidalgo l'a étouffé. 

Un autre mérite de NKM est sa constance vis à vis des extrêmes, la où Anne Hidalgo n'en a aucune. Nathalie Kosciusko-Morizet a toujours été ferme sur la question du Front National, on l'a encore vu hier avec la question de l'hommage à la victime du meurtre du Trocadero à la Saint Sylvestre.

En revanche, a t-on vu Anne Hidalgo :
  • dénoncer les agissements des bandes antifas à la Motte Piquet Grenelle
  • dénoncer la récupération par l'extrême gauche de la mort de Clément Méric
  • refuser de s'allier avec une partie du Front de Gauche et du Parti Communiste
Pas du tout ! Au contraire, Anne Hidalgo s'affiche avec Ian Brossat, insultant par la même les victimes du communisme (100 millions de morts), ceux qui ne veulent pas voir le Sacré Coeur détruit et tous ceux pour qui le mot liberté a un sens.


Idéalement, une coalition rassemblant NKM,  Saint-Etienne, Sarnez, Beigbeider, Federbusch, les centristes et les libéraux aurait travaillé ensemble, rejetant les extrêmes, de gauche et de droite, sur les marges, et débarassant la droite et le centre des apparatchiks ou des gens périmés.
Mais les choses (et les personnalités) sont ce qu'elles sont. Et face à une droite bancale mais démocratique, la gauche oppose un front uni. Dommage.

Quoi qu'il en soit, NKM peut, par certains aspects, être fière d'elle. Reste le programme ...(qui ne peut pas être pire que celui d'Hidalgo).



(1) Christian Saint-Etienne Tribune de NKM et CSE : L’urgence d’un projet pour le Grand Paris 17 décembre 2013
(2) Le Parisien Libéral NKM confie admirer Margaret Thatcher ?? Mind the gap ! 7 mars 2013
(5) L'Hérétique Des critiques contre NKM incroyablement ridicules 3 janvier 2014. 
(6) Municipales 2014 à Paris Vague d'insultes sexistes envers #NKM 3 janvier 2014
(7) L'Hérétique J'ai lu le pacte pour Paris : je suis sceptique. 2 janvier 2014 
(8) Le Parisien Libéral Dati vs Debré, vive l'UMP ! 22 mai 2012
(10) Le JDD Delanoë passe le témoin à Hidalgo 28 mai 2013