dimanche 7 juin 2015

Fouquet’s, Rolex et Karcher

A votre avis, qui a dit : « la devise de la République est liberté, égalité, fraternité, ce n’est pas Fouquet’s, Rolex, Karcher. » 
C'est Jean-Christophe Cambadélis (1), toujours très intelligent, à l'occasion de son discours de clôture du Congrès du PS à Poitiers.
Est-ce que les militants UMP-Les Républicains réalisent à quel point, en élisant Nicolas Sarkozy à la tête de leur parti, ont fourni au Parti Socialiste la meilleure occasion non seulement de tuer le débat politique, mais aussi de fournir au PS un flot intarissable de propos dénués de fond ? 

Les militants UMP Les Républicains disent "Nicolas Sarkozy nous représente", malgré son bilan catastrophique en tant que président de la république et son manque de consistance idéologique, alors qu'ils pouvaient choisir soit la consistance, la cohérence et la sincérité totalement conservatrice (Hervé Mariton) ou le renouveau plutôt centriste (Bruno Le Maire).
Ils ont surtout oublié que Nicolas Sarkozy traîne une désastreuse une image bling bling qui annihile tout débat de fond. 
Pourtant, en matière de Fouquet’s, Rolex et Karcher, les socialistes de gauche en connaissent un rayon : 
  • François Hollande a son Fouquet's, le Laurent (2). Ce restaurant est au Fouquet's ce qu'un Hippopotamus est au kebab du coin : pas la même catégorie de prix, ni le même standing. 
  • Les montres de prix, les socialistes, frondeurs ou non, connaissent bien. N'était-ce pas Cahuzac qui avait 100 000 euros de montres chez lui (3) ? Et Moscovici, Dray, Jospin ou Fabius, ils ne sont plus socialistes (4) ? 
  • En matière de karcher, il semblerait que même si Tourcoing, Marseille ou la Seine Saint Denis ne sont pas complètement sous contrôle, Valls et Cazeneuve ne se débrouillent pas trop mal contre les Roms ou les sans-papiers (5)


Il n'y a aucune différence majeure sur la politique étatiste, dirigiste et liberticide menée entre les socialistes de droite (2002-2012) et celle à l'oeuvre depuis 2012, et ça, Jean-Christophe Cambadélis ne peut pas l'ignorer. Valls s'est glissé dans les habits de Sarkozy, Cazeneuve a repris les dossier d'Hortefeux, et Sapin est aussi inconséquent que Baroin.




Alors, il attaque sur l'anecdotique, en pratiquant une sorte de racisme social qui ne dit pas son nom, en dénigrant un parvenu. La stratégie est risquée : en procédant de la sorte, Cambadelis rappelle l'ascendance Neuilléenne d'un certain nombre de socialistes de premier plan ou leur membership dans des clubs comme le Siècle.
Etre riche ou de bonne famille comme peut l'être l'actuel président de la République est-il un crime ? Non, assurément, pas plus qu'aimer les bons restaurants, les montres suisses et les nettoyeurs haute pression made in Germany n'est condamnable. 

Cambadelis préfère deviser sur les goûts, plutôt bas de gamme (pour du luxe), de Sarkozy, plutôt que commenter l'usage du pavillon de la Lanterne à Versailles par la copine du président de la République (6) ou les trajets Poitiers-Berlin en jet privé pour aller voir un match de foot (7). C'est son choix. Pas sur que cela relève le niveau du débat politique en France, surtout à un moment où nos libertés sont menacées, comme le rappelait encore ce soir le bâtonnier de Paris. 







(2) Contrepoints François Hollande a son Fouquet’s 30 avril 2012

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