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jeudi 3 mars 2016

Racisme, antisémitisme, islamophobie : quand le PS se moque de nous

Regardez ce twitt

Cambadelis ne se moquerait-il pas de nous ?

Quel maire (socialiste) a dit, parlant du marché de sa ville où il y avait trop de noirs selon lui : "tu me mets quelques white, quelques blancs, quelques blancos" (1), adoptant une vision racialiste et communautariste peu en ligne avec les canons officiels de la gauche ?
Ce maire a t-il vu sa carrière sanctionnée ? (Indice : on nous souffle dans l'oreillette qu'il serait devenu premier ministre).

Quel premier ministre a dit, parlant d'un peuple Européen "les roms ont vocation à rentrer chez eux " ? Ce politicien socialiste né en Catalogne est-il rentré chez lui ?

Quel élu municipal socialiste a dit " « Il veut niquer Ahmed Chekhab… tu veux Zeitoun ? Tu veux Zeitoun ? Tu veux un juif ? C’est ça, mais c’est ça quoi ! c’est ça qu’t’aimes, t’aime pas quand les gens qui sont en place ils te ressemblent, ils veulent t’aider tu préfères un juif qui te nique bien, qui te nique bien, tu préfères un enculé qui te nique bien, c’est ça que tu veux. Tu veux un enculé qui te nique bien… C’est bien Zeitoun… Tu me parlais de ça au marché, les sionistes, nanani, nanahein… Tu veux un juif, tu veux un Zeitoun ? c’est ça que t’aimes… t’as perdu un ami… »
Cet élu municipal a t-il été sanctionné ?  (Indice : on nous souffle dans l'oreillette qu'il aurait reçu une promotion (3)). Certes, il a été exclu du PS. Mais est-ce suffisant ? Où est la plainte en justice ?

Question : avant de donner des leçons à la terre entière, quand est ce que le PS, héritier de cette SFIO qui a voté les pleins pouvoirs à Petain, va faire le ménage en son sein, puisqu'elle refuse la solution de bon sens, celle qui consisterait à dépénaliser et à légaliser l'expression de propos racistes ?

Et quand est ce que le PS se montrera fidèle à une de ses promesses de campagne, l'arrêt des contrôles d'identité au faciès ? N'a t-on pas appris cette semaine que le gouvernement justifiait les contrôles au faciès au prétexte que Noirs et Arabes sont les « seuls susceptibles d'être étrangers » (4) ?

Pourquoi sanctionner préventivement et sur une procédure inédite Dieudonné, quand on a félicité Ahmed Chekhab malgré des propos avérés ?




(1) Liberation A Evry, Manuel Valls veut des «Blancs, des white, des blancos» 15 février 2009
(2) Le Parisien Manuel Valls : «Les Roms ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie» 24 septembre 2013
(3) BFM TV Un adjoint au maire de Vaulx-en-Velin promu après des insultes antisémites 13 octobre 2015
(4) BFM TV Devant la Cour de cassation, l'Etat justifie le contrôle au faciès 26 février 2016

dimanche 7 février 2016

Montebourg accuse le PS de devenir libéral, et il se trompe

Non, le paysage politico-médiatique français n'en a pas fini avec Arnaud Montebourg. Après tout, pourquoi pas, la liberté d'expression fait partie des valeurs fondamentales du pays, y compris quand on raconte des bétises des contrevérités.

Ainsi, on apprend que le PS (gouvernemental, au pouvoir) deviendrait libéral (1). 








Sacré Montebourg !

Passons sur la relation que le vice président développement d'Habitat, anti libéral donc, doit entretenir avec ses patrons et employeurs.

Non, concentrons nous sur l'analyse de l'ancien ministre de Hollande. 

Comment peut-on renvoyer dos à dos les deux formations UMP/ les Républicains et Parti Socialiste, «des partis dirigés par une sorte de bourgeoisie d'Etat, haut fonctionnarisée, qui mènent exactement les mêmes politiques, en connivence avec Bruxelles» ou évoquer un «sarkhollandisme économique», et ensuite parler de libéralisme au Parti Socialiste ? 

Pour le «sarkhollandisme économique», il n'y a pas de surprise. Les libéraux savaient, dès 2012, qu'il n'y aurait pas de changement majeur entre l'étatisme de Nicolas Sarkozy et l'étatisme de Hollande. 










Tout au plus pouvait-on deviner que François Hollande, poussé par ses hommages au communisme lors de sa campagne électorale en 2012, serait encore plus enclin à se montrer ultra étatiste et dirigiste. 

Quand à dénoncer la "haute bourgeoisie d'Etat, haut fonctionnarisée, qui mènent exactement les mêmes politiques, en connivence avec Bruxelles", c'est certes noter qu'il importe relativement peu que le pays soit dirigé par l'UMP/Les Républicains ou le PS quand l'administration (et donc le périmètre de l'Etat) ne change pas, mais pourquoi y associer Bruxelles, quand la France se montre incapable de respecter le traité de Maastricht (2) ou la Convention Européenne des Droits de l'Homme (3) ? Pour un pays soit-disant sous la coupe de Bruxelles, que d'écarts vis-a-vis des traités signés par la France et défendus, à l'époque, durant les années 90, par des gens comme François Hollande ou Manuel Valls !

Les libéraux, monsieur Montebourg, en ont assez d'être insultés par des gens qui, pourtant, ont dû suivre, dans leur cursus universitaire, un cours des idées politiques. Montebourg n'a t-il vraiment  pas lu Frédéric Bastiat, Jean-Baptiste Say ou Turgot ? 

Le libéralisme, c'est quoi (4) ? 
Le libéralisme est un ensemble de courants de philosophie politique visant à faire reconnaître la primauté des principes de liberté et de responsabilité individuelle sur l'autorité du souverain (que ce souverain soit un monarque ou le peuple). le libéralisme est une opposition à la dictature de l'absolutisme du souverain. Le libéralisme est une théorie du droit.
Les valeurs libérales sont la liberté individuelle, la créativité individuelle, la responsabilité individuelle, l'indépendance personnelle, le respect des droits individuels. On définit souvent le libéralisme par ces quelques principes, que l'on retrouve dans la Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen :
• l'égalité en droit;
• la liberté individuelle et la responsabilité qui en découle;
• la propriété privée ;
• le droit de résistance à l'oppression;
• la recherche du bonheur et la sûreté.
Actualisée avec les problématiques françaises d'aujourd'hui, le libéralisme a pour priorité la redéfinition du rôle de l'Etat (limité à ses fonctions régaliennes), la restauration du libre choix de dépense de la part du contribuable (et donc la baisse de la fiscalité), et le respect du préambule de la Constitution et de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 (dont la liberté d'opinion par exemple). C'est la base du programme du seul parti libéral en France, le Parti Libéral Démocrate.

Il existe de nombreux auteurs et essayistes français plus contemporains que Locke ou Bastiat, qui permettent de prendre conscience de ce qu'est le libéralisme. 









Quelle a été la politique menée par le Parti Socialiste depuis 2012, alors qu'il contrôle l'Elysée, les principaux ministères régaliens et, avant ses défaites électorales récentes, la majorité des collectivités territoriales ? 

  • dépense publique : elle a progressé en valeur absolue. Depuis 2012, il y a eu plus d’impôts, plus de dépense publique. 
  • périmètre de l'Etat : aucune mission publique n'a été remise en cause
  • démocratie : les parlementaires n'ont même pas le droit de se prononcer pour ou contre les guerres de Hollande, au Mali ou en Syrie. 
  • libertés civiles : la Loppsi est maintenue, la Hadopi aussi, l'extension du champs d'application du secret défense aussi, la Loi Renseignement est passée, ainsi que la Loi de Programmation Militaire

Human Rights Watch (5), l'Index of Economic Freedom (6), la Ligue des Droits de l'Homme (7) ou l'association Contribuables Associés (8) sont formels : les libertés reculent en France.
On peut donc logiquement en conclure que puisque les libertés reculent, Valls n'est pas un libéral. C'est un autoritaire (9)

Oui, on peut placer le Parti Socialiste et les Républicains sur le même plan. Mais ce plan n'est certainement pas libéral, Monsieur Montebourg !







(1) Tribune de Genève Montebourg accuse le PS de devenir libéral 7 février 2016
(4) Wikiberal Libéralisme
(5) Human Rights Watch France : Les pouvoirs liés à l’état d'urgence risquent de porter atteinte aux droits humains 24 novembre 2015
(6) Heritage Foundation France
(7) Ligue des Droits de l'Homme Etat d'urgence : l'urgence d'en sortir 3 février 2016
(8) Contribuables Associés La mère des réformes, c'est la baisse de la dépense publique 28 janvier 2016
(9) Le Point Un Fouché en imper noir 5 février 2016

jeudi 31 décembre 2015

Déchéance de nationalité : victoire de l'extrême droite avec Hollande ?

Le bloggeur Hervé Torchet (1) fait une excellente analyse de la "dérive" de François Hollande, qui a commencé avec l'usage du terme, autrefois lepéniste, de français de souche (2), et qui se poursuit aujourd'hui avec le débat sur la déchéance de nationalité (3), débat qui, rappelle Daniel Cohn-Bendit, fait dire n'importe quoi au premier ministre de la république française (4). Tant pis si cet activisme gouvernemental masque l'absence de vraie stratégie contre le risque terroristee, risque qui, au passage, menace en réalité moins que les risques d'accident de la route, les coups mortels portés aux femmes battues ou les accidents domestiques.

A dire vrai, il n'y a aucune surprise à cette dérive des socialistes (5). Le socialisme n'est cohérent que dans un cadre national, même si, pour parvenir à survivre, le socialisme est bien content que l'étranger nous fasse profiter de taux d'intérêts bas, de produits low cost Made in Asia ou de travailleurs à bas coûts, rappelez-vous les travailleurs détachés du congrès du PS.

Non, il n'y a pas de surprise, car le PS nous a répété pendant des années, au sujet de Marine le Pen "tel père, telle fille". Si on accepte une telle assertion, comment Hollande, et d'autres membres du PS, peuvent-ils échapper au "tel père, tel fils" ? Le père de Hollande n'était pas qu'acquis aux idées d’extrême droite. Il les a soutenu jusqu'à se présenter à des élections. Il faut croire que son fils a retenu la leçon, et les a habillé de la robe de la technocratie énarchienne ? 

Quelque soit l'origine de cette dérive, toujours est-il qu'elle est à combattre, puisque lutter contre l'extrême droite, c'est lutter contre les gens d'extrême droite, mais aussi et surtout contre leurs idées.Peu importe que l'état d'urgence soit mis en oeuvre par Marine le Pen ou par Manuel Valls. C'est la restriction des libertés publiques qui importe, pas le commanditaire. 

Sur ce constat sombre d'une - pauvre - France au mains d'un pouvoir détestable pour encore au moins 1 an et demi, sauf miracle, bonne Saint Sylvestre !



(1) Jour pour jour Hollande ne veut que des "Français de souche" 26 décembre 2015
(5) Le Parisien Libéral La logique dérive nationaliste du Parti Socialiste 24 février 2015

jeudi 5 novembre 2015

Et si la droite changeait d'angle d'attaque envers Taubira ?

N'êtes vous pas un peu surpris, pour ne pas dire fatigués, d'entendre en boucle les ténors de la droite se plaindre du "laxisme" de Christiane Taubira ?



Regardez un peu l'infographie que font circuler les militants "Jeunes Socialistes". 


Il n'y a rien qui vous interpelle ? 

Le Parti Socialiste se félicite du fait de mettre plus de gens en prison que l'UMP. Allo ? 

Voila un vrai angle d'attaque, si on part du principe que ces chiffres sont exacts : la droite devrait attaquer la gauche, non pas pour son laxisme, mais pour sa volonté de faire glisser notre pays vers une société de type soviétique. Rappelons quand même qu'en prison, un tiers des détenus sont en attente de procès, et que la France, pays des Droits de l'Homme, est plus proche de la Turquie de Midnight Express avec ses prisons surpeuplées (1), que de la Norvège ou du Luxembourg (oui, il y a une prison au Luxembourg). Voila un vrai angle d'attaque : la France promeut,  y compris par la force, de par les guerres de Hollande en Afrique et au Moyen Orient, des Droits de l'Homme qu'elle n'applique pas chez elle.

De plus : Bernard Cazeneuve se félicite d'expulser plus d'immigrés qu'Hortefeux. 
Les maires socialistes (Paris, Lille, Nantes) expulsent des Roms .
Valls tient des propos que même Marine le Pen n'a pas eu en public, envers les Roms toujours ou envers les white, les blancos (vs les blacks, les negros ?)
Le nombre de bavures policières entrainant la mort (Rémi Fraisse, Amadou Koumé) augmente, sans que personne, y compris la droite, ne réagisse.
La police aux frontières de Roissy retient pendant 5 jours une petite fille (2) soupçonnée d'être une clandestine (et personne à gauche ne s'indigne).

N'est-ce pas l'angle d'attaque qu'il conviendrait d'adopter, pour peu que la dignité humaine, puisqu'il en est question ici, puisse à ce point être politisée ? 

Comment des gens comme Wauquiez qui soutiennent la Manif pour Tous peuvent-ils oublier le fait que non seulement la police n'est pas de facto l'amie de la droite, mais qu'en plus, en terme de la laxisme de la justice, on avait vu mieux ? On t-ils oublié Nicolas Bernard Busse ? 

Arretons de parler de laxisme ! Si Fillon, Hortefeux et Dati avaient fait ne serait-ce que 10% de ce que Valls, Cazeneuve et Taubira se permettent, et ce dans un contexte dans lequel les juges défendent leur indépendance, la presse hurlerait au fascisme !

Alors, dirons les militants de droite, il n'y a pas que le laxisme judiciaire supposé de Taubira, il y a aussi son indépendantisme Guyanais. Mais la encore, allons au delà des mots, et voyons les faits. Les DOM-TOM n'ont rien d'indépendants, et l'action politique de Taubira en Guyane n'avait rien d'indépendantiste. La gauche a le jacobinisme dans son ADN, et Christiane Taubira ne fait guère exception.Mieux : la droite devrait au contraire soutenir tous les indépendantismes, puisqu'ils sont une réponse au centralisme républicain que défend contre vents et marées l'actuel gouvernement. 

Pourquoi ne pourrait-on pas rêver d'une Guyane vraiment indépendante, ou d'une Bretagne, d'une Flandre, d'une Ile de France, d'une Savoie, d'une Alsace, d'un pays Basque libres, au sein d'une Europe fédérale ? Voila qui constituerait l'exact contrepoint du projet politique porté par la gauche et mis en oeuvre par l'actuel gouvernement, et la campagne des régionales pourrait être le cadre de ce débat. 
Mais non. La droite préfère être plus royaliste que le roi plus dirigiste et jacobine que le Parti Socialiste, et préfère défendre, à l'unisson de la gauche, l'idée d'un pays "anti laxiste", y compris au détriment des libertés, et ultra centralisé. 
Evidemment, attaquer Taubira sur sa politique jacobine et liberticide forcerait à reconnaître que non seulement l'UMP a échoué sur ces deux points, y compris sur la sécurité quiu tenait tant à coeur à Sarkozy, mais qu'en plus, faute de projet alternatif, elle préfère être un parti socialiste de plus. Pas sûr que la remise en cause se produise, dans ces conditions ...


(1) Le Monde Prison : la France condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme 26 avril 2013
(2) Politis Cinq jours en centre de rétention, seule... à trois ans et demi ! 11 juin 2015

dimanche 1 novembre 2015

Valls colistier de Bartolone en Ile de France ?

Comme le rappelle le blogueur l'Hérétique (1), qui a fait l'effort d'analyser le programme de Valérie Pécresse (UMP-les Républicains) et de Claude Bartolone (PS) (2), il y a des élections régionales, dans un peu plus d'un mois, les 6 et 13 décembre 2015. 
Les nombreux étrangers qui viendront en France à l'occasion du sommet de la COP 21 (du 30 novembre au 11 décembre 2015) pourront prendre une leçon de démocratie. 

Enfin, nombreux étrangers, pas forcément tant que ça. Il parait que le gouvernement craint à la fois l'immigration de gens venus des pays du sud (3), et les attaques de Black Bloc , et du coup, on va limiter la délivrance de visa et rétablir les contrôles aux frontières (4) en suspendant la libre-circulation des citoyens de l’Union européenne. Maudits étrangers (5) ! A croire que c'est le parti dont il ne faut pas prononcer le nom qui pourrait avoir raison !

Quand à la leçon de démocratie, peut-être que les visiteurs seront un peu chagrinés par le mélange des genres pratiqué du niveau gouvernemental. 

En effet, quand Manuel Valls fait des propositions pour l'Ile-de-France, dans le respect de tradition planificatrice de la classe politique actuelle, quand il propose de créer 6 quartiers sur le modèle de la Défense, que fait le premier ministre, si ce n'est être le candidat surprise d'Ile-de-France, comme le dénonce le Parti Libéral Démocrate (6) ?



Question : est ce que les interventions du gouvernement vont être ajoutées au compte de campagne des candidats PS en région, à commencer par ceux de Claude Bartolone, qui fait lui-même campagne en utilisant les moyens de l'Assemblée Nationale (7) ? 

Quand est-ce que les socialistes vont enfin mettre en cohérence leurs propos et leurs pratiques ? Manuel Valls va t-il cesser de faire ce que le PS dénonçait en 2010, quand Pécresse était ministre ? Et Claude Bartolone, qui confond la station de RER Auber et la ville d'Aubervilliers, va-t-il enfin aller sur le site ratp.fr pour réaliser qu'il peut se rendre de son luxueux logement des Lilas (8) aux studios de BFM TV, Porte de Versailles, en métro (en 50 mn) ?  
C'est là où il comprendra que l'avenir, ce n'est certainement pas plus de transports en commun (on ne pourra de toutes façons jamais mettre une station de métro au pied de l'immeuble de chaque francilien), mais au contraire la fin annoncée des transports publics en Ile-de-France ? 



(2) L'Hérétique Transports et environnement : Bartolone-Pécresse 30 octobre 2015
(6) Parti Libéral Démocrate Manuel Valls candidat surprise d'Ile-de-France ? | 16 octobre 2015
(9) Le Huffington Post La fin annoncée des transports publics en Ile-de-France 20 octobre 2015

dimanche 7 juin 2015

Fouquet’s, Rolex et Karcher

A votre avis, qui a dit : « la devise de la République est liberté, égalité, fraternité, ce n’est pas Fouquet’s, Rolex, Karcher. » 
C'est Jean-Christophe Cambadélis (1), toujours très intelligent, à l'occasion de son discours de clôture du Congrès du PS à Poitiers.
Est-ce que les militants UMP-Les Républicains réalisent à quel point, en élisant Nicolas Sarkozy à la tête de leur parti, ont fourni au Parti Socialiste la meilleure occasion non seulement de tuer le débat politique, mais aussi de fournir au PS un flot intarissable de propos dénués de fond ? 

Les militants UMP Les Républicains disent "Nicolas Sarkozy nous représente", malgré son bilan catastrophique en tant que président de la république et son manque de consistance idéologique, alors qu'ils pouvaient choisir soit la consistance, la cohérence et la sincérité totalement conservatrice (Hervé Mariton) ou le renouveau plutôt centriste (Bruno Le Maire).
Ils ont surtout oublié que Nicolas Sarkozy traîne une désastreuse une image bling bling qui annihile tout débat de fond. 
Pourtant, en matière de Fouquet’s, Rolex et Karcher, les socialistes de gauche en connaissent un rayon : 
  • François Hollande a son Fouquet's, le Laurent (2). Ce restaurant est au Fouquet's ce qu'un Hippopotamus est au kebab du coin : pas la même catégorie de prix, ni le même standing. 
  • Les montres de prix, les socialistes, frondeurs ou non, connaissent bien. N'était-ce pas Cahuzac qui avait 100 000 euros de montres chez lui (3) ? Et Moscovici, Dray, Jospin ou Fabius, ils ne sont plus socialistes (4) ? 
  • En matière de karcher, il semblerait que même si Tourcoing, Marseille ou la Seine Saint Denis ne sont pas complètement sous contrôle, Valls et Cazeneuve ne se débrouillent pas trop mal contre les Roms ou les sans-papiers (5) ? 


Il n'y a aucune différence majeure sur la politique étatiste, dirigiste et liberticide menée entre les socialistes de droite (2002-2012) et celle à l'oeuvre depuis 2012, et ça, Jean-Christophe Cambadélis ne peut pas l'ignorer. Valls s'est glissé dans les habits de Sarkozy, Cazeneuve a repris les dossier d'Hortefeux, et Sapin est aussi inconséquent que Baroin.




Alors, il attaque sur l'anecdotique, en pratiquant une sorte de racisme social qui ne dit pas son nom, en dénigrant un parvenu. La stratégie est risquée : en procédant de la sorte, Cambadelis rappelle l'ascendance Neuilléenne d'un certain nombre de socialistes de premier plan ou leur membership dans des clubs comme le Siècle.
Etre riche ou de bonne famille comme peut l'être l'actuel président de la République est-il un crime ? Non, assurément, pas plus qu'aimer les bons restaurants, les montres suisses et les nettoyeurs haute pression made in Germany n'est condamnable. 

Cambadelis préfère deviser sur les goûts, plutôt bas de gamme (pour du luxe), de Sarkozy, plutôt que commenter l'usage du pavillon de la Lanterne à Versailles par la copine du président de la République (6) ou les trajets Poitiers-Berlin en jet privé pour aller voir un match de foot (7). C'est son choix. Pas sur que cela relève le niveau du débat politique en France, surtout à un moment où nos libertés sont menacées, comme le rappelait encore ce soir le bâtonnier de Paris. 







(2) Contrepoints François Hollande a son Fouquet’s 30 avril 2012

mercredi 13 mai 2015

Cambadelis fait du mal aux minorités raciales (mais cela lui importe t-il ?)

En ce moment, le gouvernement, toujours en mode bulldozer, défend son projet de réforme du collège. En dehors des militants socialistes, tout le monde semble à peu près contre. Pas seulement le blogueur centriste l'Hérétique, pas seulement le politicien UMP Bruno le Maire mais aussi Julien Dray (PS),  Jack Lang (PS), Jean-Marc Ayrault (PS) ou toute une flopée de "pseudos intellectuels" (Alain Finkielkraut, Régis Debray, Patrice Gueniffey, Pierre Nora, Marc Fumaroli, Jean-Pierre Le Goff, Pascal Bruckner et Michel Onfray).

Il y a UN personnage particulier qui a également donné son avis sur la réforme que propose Najat Belkacem, c'est le président de l'UMP, Nicolas Sarkozy. Et qu'a t-il déclaré ? Que «Dans le combat contre la médiocrité, [Christiane Taubira] est en passe d'être dépassée par la ministre de l'Education nationale».

Immédiatement, Jean-Christophe Cambadelis, (celui qui usurpe des diplômes, selon Mediapart)  a répondu : il "pense que l'attaque de Nicolas Sarkozy envers Najat Vallaud-Belkacem est légèrement xénophobe". (comme si Najat Belkacem, ministre en France, pouvait avoir une nationalité autre que française). 
Michel Sapin aussi, a répondu :  "Je pense que ça n’est pas par hasard si Sarkozy a mis dans une même phrase, et dans des termes injurieux, la ministre de la Justice et la ministre de l’Education nationale. C'est une ministre de la Justice qui a une couleur de peau et c'est une ministre de l'Education nationale qui porte un nom".

Quelle insulte ! Quel mépris pour les qualités et les défauts de Christiane Taubira et de Najat Belkacem ! Le Parti Socialiste, en assimilant toute critique de ministres qui seraient arabes ou noirs à du racisme, réifie ces ministres, les réduit à leur couleur/race/religion/apparence et dénie aux critiques le droit de ne pas être d'accord avec les politiques menées.

Mais d'un autre coté, à coté de la démarche méprisante de Cambadelis et Sapin (méprisante mais logique, vu l'attrait du PS pour les thèses rousseauistes), quelle erreur de casting à la tête de l'UMP ! Bravo Sarkozy ! Victimiser Najat Belkacem, quelle bonne idée !
Les militants du parti de "droite" n'ont-ils pas compris qu'en choisissant Nicolas Sarkozy, ils offraient le meilleur argument possible au Parti Socialiste et que jamais la gauche au pouvoir ne ferait d'analyse de fond de ce que l'opposition aurait éventuellement à lui dire ?

Le plus comique est que Christiane Taubira et Najat Belkacem ne sont même pas d'accord entre elles sur la question du racisme et de la lutte anti racisme. L’indépendantiste guyanaise et garde des sceaux Christiane Taubira a t-elle demandé à Najat Belkacem de s'expliquer sur ses propos révisionnistes sur la traite négrière (1) ? 

Cette polémique sur la nature des propos à tenir quand on parle de Christiane Taubira et de Najat Belkacem montre en tout cas que face à la prise en otage par le Parti Socialiste de la lutte anti racisme, il est vraiment temps qu'une option alternative émerge. La fin des tentatives de discrimination positive et des politiques implicites de quotas, par exemple. Après tout, comme l'a affirmé Marie-Ségolène Royal, si Najat Belkacem est la où elle est, c'est bien parce qu'elle ne s'appelle pas Claudine Dupont, non (2) ?




(1) lire Najat Belkacem chahutée sur l'esclavage sur Lyon Capitale
(2) Le Nouvel Obs Si Najat Vallaud-Belkacem s'appelait "Claudine Dupont"... 13 aout 2012




Sur le même sujet, lire sur le blog d'Anna Gueye Qui fait des amalgames ?, un post du 4 septembre 2014

jeudi 5 mars 2015

Roland Garros : Valls attaque sur le front Ouest !

Que vous soyez habitant de Boulogne ou du quartier d'Auteuil, ou spectateur du tournoi de Roland Garros, vous connaissez le problème : le très joli stade rétro de Roland Garros, souffre de plusieurs défauts,  dont sa surface relativement réduite et sa faible capacité d'extension. 
Que voulez-vous ! En 1927, alors que le XVIeme arrondissement sentait encore la peinture fraîche, les concepteurs ont oublié (excusez-les !) de penser qu'on créerait une liaison autoroutière de desserte de la banlieue ouest et de la Normandie, que Paris franchirait les portes du périf, et que le Qatar serait un jour en mesure de concurrencer Londres et New York sur le plan de l'organisation de tournois sportifs majeurs !
Serres d'Auteuil, victimes collatérales ?

Les spectateurs qui se rendent à Roland Garros, au moins durant la première semaine de la quinzaine du tournoi, le savent : le lieu, charmant au demeurant, est ingarable, desservi par une ligne 10 qui n'a pas été prévue pour cela et relativement exigu. D'ailleurs, les chiffres le montrent : alors que Wimbledon s'étend sur 17 hectares, le tournoi parisien bénéficie de quasiment moitié moins de surface (1). 

Cela fait des années que la Mairie de Paris sait qu'elle a un double problème à gérer : l'extension du stade, et la renégociation des redevances versées par la Fédération Française de Tennis à la ville de Paris. Cette mairie, Anne Hidalgo l'a co-géré avec Bertrand Delanoé (vous savez, celui qui n'est plus maire mais continue pourtant à bénéficier d'un bureau et d'un secrétariat (2)) depuis 2001. Madame le Maire de Paris ne peut donc pas nous faire le coup de l'héritage.. 
Seulement, pour les redevances, c'est raté. La FFT a plié la négociation; Roland Garros continuera à être son jackpot, tant mieux pour elle. 
En revanche, pour l'extension, rien n'est joué. Certes, il n'y a pas de ZAD porte d'Auteuil, et l'ouest Parisien ne s'est pas (encore ?) transformé en Notre Dame des Landes ou en Sivens. Mais, clairement, l'administration parisienne a sous-estimé le rejet que suscite son projet : étendre Roland Garros (utilisé à 100% moins de 3 semaines par an, donc) sur un espace vert très fréquenté, le jardin des Serres d'Auteuil. Ce rejet n'est même pas une question gauche-droite. A la base, le maire du XVIe, Claude Goasguen, était d'accord avec Delanoé (3), même s'il a révisé son jugement depuis. Quand aux "alliés" d'Anne Hidalgo à la mairie de Paris, les verts d'EELV, ils sont contre la destruction des Serres d'Auteuil. 

C'est là où intervient Marie-Ségolène Royal, dite Ségolène Royal. Cette riveraine (4) a eu une idée, curieuse si on part du principe que pour l'ex compagne de Hollande, la solidarité gouvernementale, c'est important (5), mais maligne si on admet le fait que cette thuriféraire de la démocratie participative", également ministre de la pacification des relations PS-EELV de l'environnement, a d'autres chats à fouetter (Ecomouv ? LGV Poitiers Limoges ? Fessenheim ?). Ségolène Royal a donc ressorti des cartons les plans alternatifs au massacre des Serres d'Auteuil. Même le Delanopolis n'en est pas revenu (6) !

Fallait-il en rester là ? Bien sûr que non ! Ce matin, le premier ministre Manuel Valls, qui a réussi à diminuer les impôts et taxes, régler le problème du chômage de masse en France, trouver des solutions pour lutter contre l'insécurité, réussir à proposer un budget en équilibre, recentrer l'Etat sur ses seules missions régaliennes ainsi que, bien sûr, repeupler le marché d'Evry de white, de blancos, s'est dit qu'il pouvait maintenant s'attaquer à ce dossier prioritaire pour le gouvernement de la sixième puissance mondiale : l'extension du stade de Roland Garros. Après tout, ce n'est pas comme si la ministre Royal ne s'était pas penché dessus, ou comme si il existait une mairie et des citoyens à Paris !

Et que nous dit Valls ? Qu'on a assez tergiversé, et que peut importe les propositions, il faut étendre Roland Garros selon les plans de la FFT, c'est à dire au détriment des Serres d'Auteuil. De toutes façons, la conclusion du débat sur la loi Macron a donné le ton : le gouvernement ne négocie pus avec les terroristes les français ! Et tout ça pour quoi ? Parce que Valls se place dans la perspective d'une France qui organiserait les JO en 2024. Il faut donc montrer au CIO la capacité du pays à avancer. Organiser le Jeux Olympiques ... on rêve ...! Est-ce que Valls n'a pas compris ce qui s'est passé à Athènes en 2004 ? Et pense t-il que la France, qui n'a plus de pain, a besoin de jeux (8) ? 

L'alternative
Donc en résumé, Valls s'oppose aux riverains, à une de ses ministres, à l'Unesco mais aussi au bon sens qui voudrait, faute de couverture de la A13, que l'on déménage Roland Garros à Versailles. Et tout ça pour quoi ? Quand-est ce que les français cesseront d'être les victimes collatérales des guerres interne à la gauche socialiste ?






(3) L'Hérétique Goasguen fait cause commune avec Delanoë 8 décembre 2011
(8) Koz Toujours Expo2025 vs JO2024, y’a pas débat ! 5 mars 2015

mercredi 4 mars 2015

Il parait que François Hollande redécouvre le centre ...

Selon la journaliste du Monde, Françoise Fressoz, le président Hollande tenterait de corriger le mépris qu'il avait pour les centristes, depuis 2012, en se rapprochant de Jean-Louis Borloo, par exemple (1). Difficile de dire si Borloo est dupe ou pas, mais ce qui est sûr, c 'est que Hollande ne l'est certainement pas. 

Certes, le président de la République a prouvé que ses convictions étaient fluctuantes, et que cela ne le gênait pas de tenir le discours du Bourget puis pratiquer la politique de Sarkozy. 

Mais quelle coopération pourrait-il y avoir entre, d'une part, une personne qui reste fondamentalement un socialiste, jacobin, laicard et interventionniste en économie, et les démocrates chrétiens, girondins et libéraux ? 

Au delà des positionnements tactiques des uns et des autres, et des écarts aux principes qui peuvent survenir ça et la, tout oppose, en terme de vision, les socialistes, qui croient fondamentalement à l'intervention de l'Etat dans tous les domaines et au pilotage de la France depuis le bureau d'un ministère, et les libéraux démocrates pour qui l'Etat doit se recentrer sur ses seules missions régaliennes, de préférence dans un cadre fédéral Européen. 

Les centristes ne s'y trompent pas : Hollande n'a toujours pas résolu son problème, à savoir ses mensonges de campagne en 2012. Les français qui soutiennent les "frondeurs" du Parti Socialiste (2) ont raison de demander à Hollande de bien vouloir respecter ses promesses de campagne. 
Hollande, élu avec les voix du Front de Gauche, comptait sur le retour miraculeux de la croissance pour masquer les contradictions de sa majorité. Qu'il commence par expliquer aux français qu'il s'est "trompé". Ensuite et seulement ensuite, il sera possible de réfléchir à des majorités de projet et à des votes au cas par cas, comme le proposent les députés UDI.






lundi 29 septembre 2014

Mauvaise nouvelle : le sénat repasse à "droite" !

Oui, très mauvaise nouvelle, que cette nouvelle défaite du parti socialiste et ses alliés, dimanche dernier, au Sénat. 
D'une part, la droite crie victoire. 
D'autre part, la gauche obtient une nouvelle excuse. 

En effet, depuis 2012, il y a une mission, et une seule, à laquelle l'UMP devait s'atteler : définir un projet, trouver une ligne politique et en tirer les conclusions en terme de message. On sait que, pendant 5 ans, le gouvernement Fillon a pratiqué du socialisme de droite, pavant la voie pour sa version extrême, le socialisme selon Hollande et Ayrault puis Valls. 
Qui, en effet, peut nier qu'entre 2007 et 2012, Fillon et Sarkozy n'ont pas du tout fait reculer l'Etat mais ont au contraire crée ou relevé une cinquantaine d’impôts et de taxes, nationalisé des entreprises et fait voté toujours plus de lois ? 
Et qui peut nier qu'Hollande, après avoir menti à ses électeurs, pratique peu ou prou la même politique que celle de son prédécesseur ? 
En 2012, il a manqué à Sarkozy les voix centristes et libérales, quand à celles du FN, clairement demandeuses de toujours plus d'Etat, elles sont logiquement allées au mieux disant en la matière, Hollande. Mais aucun bilan n'a été fait.

Aujourd'hui, au Sénat, l'UMP crie victoire. Grave erreur. Seul le FN assume son programme pour le moment. Lors de vraies élections à venir (car rappelons que les sénatoriales sont un scrutin de grands électeurs, donc totalement déconnectées d'enjeux de programmes et totalement liées à du clientélisme), les vrais électeurs, eux, sauront faire le tri. 

De plus, cette victoire de l'UMP et de ses alliés au Sénat est une bonne chose pour le PS et ses alliés : étant donné que le Sénat jouera un certain rôle de blocage (qu'il avait déjà, en réalité), les socialistes de gauche pourront s'abriter derrière cette excuse pour expliquer leurs difficultés.
Quand Hollande est arrivé au pouvoir en 2012, lui et le PS détenaient tous les pouvoirs : Elysée, Matignon, médias (9 journalistes sur 10 ont voté Hollande), la quasi totalité des régions, la majorité des départements, les principales villes (Lille, Paris, Nantes, Lyon ...) etc. 
Il avait donc de quoi mettre en oeuvre son programme.
Maintenant que la droite a regagné du terrain, Hollande pourra toujours dire que c'est du fait de la capacité de nuisance de l'UMP et ses alliés qu'il ne pourra pas mettre en place toutes ses réformes. 

Autrement dit, chaque victoire de l'UMP et de ses alliés d'ici à 2017 renforce Hollande et sa volonté de se maintenir au pouvoir. 

Puisque la "droite" revient, il convient, plus que jamais, pour ceux qui ont une sensibilité de droite, d'être en résistance contre l'UMP, un parti socialiste de droite.
Déjà, la première mesure à faire consiste à renvoyer Nicolas Sarkozy à son bilan (1).
Si l'UMP ne le fait pas, le PS le fera, comme il a déjà commencer à faire. N'est ce pas, à ce sujet, comique qu'un type comme Jean-Marie le Guen vienne donner des leçons ?
Ensuite, il faut que le débat d'idées ait lieu. L'UMP doit-elle être un parti socialiste de droite (étatiste, interventionniste), ou bien un parti conservateur, c'est à dire un peu moins anti libéral sur le plan économique et clairement traditionaliste ? A ce titre, Hervé Mariton, lui, assume ses idées. 
Enfin, les centristes, eux, doivent cesser d'accepter l'idée qui'il puisse y avoir un grand parti de la droite et du centre. L'UDI doit au contraire affirmer que face à une UMP qui serait idéalement de droite, elle assumerait sans ambages les valeurs des centristes et libéraux Européens de l'ALDE/ELDR. Ce n'est pas gagné, surtout avec un Bayrou qui rode. Heureusement, Hervé Morin et Jean-Christophe Fromantin sont sur cette ligne d'indépendance.

Les libéraux, eux, sont toujours invités à rejoindre le Parti Libéral Démocrate (2), qui sera en Université de Rentrée ce week end à Lyon. Plus que jamais, dans un paysage politique ravagé par l'idée qu'il faille toujours plus d'Etat, il faut une voie différente et qui, manifestement, ne prend ni à l'UMP, ni à l'UDI, ni au PS, et ce malgré les efforts de personnalités comme Hervé Novelli, Aurélien Véron ou Gérard Collomb.


(1) H16 Sarkozy : le retour du relou 21 septembre 2014
(2) Parti Libéral Démocrate Universite d'automne 2014

jeudi 28 août 2014

Les centristes ont raison de refuser de collaborer avec Valls

En général, quand quelqu'un arrive en poste dans une nouvelle entreprise, on lui laisse le temps de s'installer et de prendre ses marques, et on lui tend la main afin qu'il puisse faire son travail. Cela s'appelle la période d'essai. 

Au niveau de la politique, puisqu'il parait que la France n'est pas une entreprise mais un projet de société (dissidents, tremblez !), c'est un peu différent mais le projet reste le même : des gens se présentent avec un programme et tentent de convaincre les électeurs de leur donner les moyens de mettre celui-ci en oeuvre, dans le respect des institutions. 

Celles de la Veme République (1) prévoient notamment ceci :  

ARTICLE 6.
Le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct.
Nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs. 
ARTICLE 8
Le Président de la République nomme le Premier ministre. Il met fin à ses fonctions sur la présentation par celui-ci de la démission du Gouvernement. Sur la proposition du Premier ministre, il nomme les autres membres du Gouvernement et met fin à leurs fonctions.
ARTICLE 9.
Le Président de la République préside le conseil des ministres.
ARTICLE 20
Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la nation. Il dispose de l'administration et de la force armée. Il est responsable devant le Parlement.
ARTICLE 21
Le Premier ministre dirige l'action du Gouvernement. Il est responsable de la défense nationale. Il assure l'exécution des lois
ARTICLE 24
Le Parlement vote la loi. Il contrôle l'action du Gouvernement. Il évalue les politiques publiques.

Autrement dit, le responsable de l’exécutif français, c'est François Hollande. Ce dernier a été élu en battant un mauvais président socialiste de droite, Nicolas Sarkozy, mais sur des mensonges, notamment en niant l'existence même d'une crise (2). Les français ont librement choisi de voter pour l'ancien chef du Parti Socialiste. Ils ont ensuite librement choisi de donner à Hollande une majorité socialiste (majorité absolue à l'Assemblée Nationale) y compris en élisant des gens comme Sylvie Andrieu (3) ou Pascal Terrasse (4). 
François Hollande a donc eu, dès Juin 2012, les mains libres pour appliquer son programme, avec un gouvernement, une Assemblée Nationale, un Sénat, les villes de Paris, Lille, Lyon, Nantes, la majorité des départements et régions, un CSA et des médias, des grandes entreprises publiques acquises à sa cause. Il ne faut pas qu'il vienne maintenant rejeter la faute de ses échecs sur l'opposition.
Au delà même des points précis de son programme économique et social et de ses engagements, François Hollande parlait d'apaiser la France et de la réparer après la période Sarkozyste. La réparer de quoi ? Notamment de l'opposition des français les uns envers les autres, de la rupture diplomatique que constituait l'engagement dans le commandement intégré dans l'OTAN, du bling bling etc. 
Est ce qu'en 2 ans, Hollande a changé quoi que ce soit la dessus ? Non. Il a divisé la France comme jamais (mariage pour tous), il a stigmatisé les riches aussi bien que les Roms, il a poursuivi l'engagement de la France dans l'OTAN après avoir pourtant déposé une motion de censure contre il y a quelques années, il s'est rendu compte que Merkel n'était pas sa chose, et sur le plan personnel il a démontré qu'il était encore plus friand que Sarkozy de bling bling (Le restaurant le Laurent, les jets privés Paris Tulle, le pavillon de la Lanterne à Versailles ...). Il a aussi taxé à tout va, remettant même en cause sa promesse de ne pas augmenter la TVA, et Manuel Valls a été associé à ces décisions depuis le début, en tant que ministre régalien. 
Manuel Valls, parlons en. Ce donneur de leçons est quand même celui qui demande le respect de l'autorité, après avoir sans cesse piétiné celle de son ancien supérieur, Jean-Marc Ayrault. 
La presse (ou plus exactement une journaliste du Point) semble regretter que les centristes refusent de s'associer avec ce personnage (5). Pourtant, les centristes ont raison, et ce pour des raisons de forme aussi bien que de fond.


Sur la forme, Manuel Valls pourra faire autant de remaniements qu'il veut, le problème c'est le maintien de François Hollande en poste. Elu sur des mensonges (par action ou par omission) et sur la volonté de faire la synthèse entre des courants de pensée totalement irréconciliables (rendre hommage au communisme (6) et se déclarer humaniste, ce n'est pas possible), seule sa démission serait susceptible de redonner un peu d'air. Cette démission n'arrivera pas, Hollande veut rester en poste jusqu'en 2017 : et bien qu'il assume !
Quand au fond, est ce que les centristes peuvent-ils vraiment se rendre complice de la vision du monde selon Hollande et Valls ? Les centristes peuvent-ils cautionner le scandale de la Banque Publique d'Investissement (7) ? Peuvent-ils valider l'arrestation d'une française, en France, pour des crimes qui ne sont pas punis en France (8) ? Peuvent-ils accepter qu'un Premier Ministre ne réponde pas aux parlementaires en questions au gouvernement mais les insultent (9) ? Peuvent-ils vouloir travailler avec un président de la République qui fait preuve d'un insupportable populisme anti-européen quand ça l'arrange (10) ? Peuvent-ils vouloir travailler avec un exécutif qui il y a un an voulait "punir Bashar" et qui désormais va peut-être collaborer avec lui dans une perpétuelle guerre contre le terrorisme ? Peuvent-ils travailler avec un exécutif qui redessine les régions sur un coin de table un dimanche soir au lieu de prendre en compte les nombreux travaux faits sur le sujet ? Et peut-on passer sur le traitement anti démocratique mais pro République de l'affaire Dieudonné (11) ? Sur l'affaire Nicolas Bernard-Buss (12) ? Sur les bavures policières dont on ne parle plus ?
Il existe de nombreuses personnalités de qualité chez les centristes, mais ni la proposition de Charles de Courson (UDI) de réintégrer dans le revenu fiscal des députés leur IRFM (13), ni les idées de Jean-Christophe Fromantin (UDI) sur la réforme des régions (14), ni les signaux d'alarme émis par Sylvie Goulard (Modem) (15) n'ont jusqu'à présent trouvé grâce aux yeux de Valls et Hollande. Pourquoi cela changerait-il tout à coup ? 
On nous dit : Manuel Valls est un moderne, acquis aux idées libérales. C'est faux. Tout au plus est-il pleinement conscient du fait que le socialisme ne marche qu'avec l'argent des autres. Manuel Valls avant tout un politicien acquis à certains intérêts d'une certaine oligarchie. C'est totalement différent. C'est aussi un adepte du droit du plus fort, comme son patron François Hollande. C'est bien le droit de Manuel Valls, mais voila pourquoi les centristes ont à 1000% raison de refuser de s'associer à un personnage aussi peu proche des valeurs centristes. Si les socialistes veulent faire bouger les choses, ils n'ont qu'à demander l'adoption de la proportionnelle, la dissolution de l'Assemblée Nationale et la démission du président de la République. Tout cela n'arrivera pas. Oui, cela fait beaucoup trop longtemps que Hollande, Valls, Sapin, Taubira, Belkacem, Royal & co ont dépassé la durée de période d'essai. Et pendant cette période d'essai ratée, les socialistes se sont ingéniés à remettre en cause les quelques rares points positifs datant de la précédente majorité (heures sups défiscalisée, auto entrepreneur, réforme de la carte militaire).

Heureusement que sur le plan de l'économie aussi bien que sur celui des droits de l'homme, l'Europe et ses institutions arriveront à empêcher la France de dériver trop loin. Faute de pouvoir compter sur la volonté, réelle ou feinte, réformatrice de Manuel Valls, qui ne disposera de toutes façons pas d'une majorité au sein des députés PS, les français peuvent au moins espérer que l'Europe empêche l’exécutif de trop faire n'importe quoi. 



(1) Conseil Constitutionnel Texte intégral de la Constitution du 4 octobre 1958 en vigueur
(2) Des Paroles et des Actes La preuve qu'Hollande niait la crise en 2012
(3) Observatoire des Subventions Sylvie Andrieux
(4) Mediapart Les vacances d'un député PS aux frais de l'Assemblée 25 mai 2012
(5) Le Point Remaniement : les petits calculs du centre 28 Août 2014
(6) Libertarien TV François Hollande rend hommage au communisme
(7) Contrepoints Banque Publique d'Investissement
(8) Sud Ouest Arrestation d'Aurore Martin : "Valls a fait ce à quoi Guéant avait renoncé" 3 novembre 2013
(9) Le Lab Europe 1 Manuel Valls au député UMP Pierre Lellouche : "Je t’emmerde !" 4 février 2014
(10) Le Parisien Libéral La Commission n'a pas à nous dicter ce que nous avons à faire ? 29 mai 2013
(11) Nouvelles de France Dieudonné : hommes et femmes de loi dénoncent les méthodes Valls comme un danger pour la démocratie 14 janvier 2014
(12) Atlantico Mariage pour tous : l'opposant Nicolas B. raconte son arrestation et son emprisonnement 8 août 2013
(13) Impots Economie Les députés refusent de fiscaliser leur IRFM
(14) BFM TV Fromentin propose de passer à huit régions 17 janvier 2014
(15) Revue Civique Sylvie Goulard : l’Europe fédérale ou le chaos 2012

vendredi 18 juillet 2014

@pierremoscovici candidat à un poste de commissaire Européen ??

Egalement publié par Contrepoints


Pierre Moscovici, vous connaissez.

C'est un homme politique français (1), socialiste et ancien de la ligue communiste révolutionnaire. Il est âgé de 56 ans et il a été ministre de l'économie entre le 16 mai 2012 et 31 mars 2014, soit pendant presque 2 ans.
l'ex ministre de l'économie
Pierre Moscovici

Durant cette période, le chômage a progressé, contrairement à l'engagement de François Hollande d'"inverse la courbe", les déficits en % en PIB se sont maintenus au dessus des 3%, des nouveaux impôts et taxes ont été crées ou relevé, et la croissance a été atone. Certes, Pierre Moscovici n'était que l’exécutant, chargé de mettre en musique une partition impossible écrite par son chef, François Hollande. Et certes également, tout ne dépend pas du ministre de l'économie (2). Son rôle devrait être, non pas de laisser croire que François Hollande est autre chose qu'un cynique ou un incompétent, mais de créer un environnement favorable aux entrepreneurs (stabilité fiscale et juridique, notamment). 

Mais ce qu'on peut affirmer sans erreur, c'est qu'en tant que ministre de l'économie, le bilan de Pierre Moscovici, pourtant parfait représentant de l'élite française (DEA de philosophie, diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po) et de l’ENA (promotion Louise Michel (1982-1984)), est mauvais.

Question : comment, avec des résultats pareils, le président Hollande ose t-il proposer la candidature de Pierre Moscovici à un poste de commissaire Européen ? Parce que l'autre candidature française, Elisabeth Guigou, n'est guère plus attrayante (3) ?
Quid de personnes compétentes mais qui n'ont apparemment pas fait acte de candidature ? On peut penser à Sylvie Goulard (4), par exemple ?
En tout cas, si l'objectif de Jean-Claude Juncker est de redonner du dynamisme à l'Europe, il ne nommera ni Moscovici ni Guigou. Mais si son objectif est autre ...
Et delà même des calculs de tels ou tels, les électeurs Européens ont été clairs. Ils ont donné une majorité aux conservateurs. Des socialistes n'ont donc absolument rien à faire dans l’exécutif Européen. 

(4) Le Parisien Libéral Sylvie Goulard, députée Européenne, interviewée sur BFM 16 juillet 2013