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dimanche 1 février 2015

#circo2504 : abstention !

Pour succéder à Pierre Moscovici, le commissaire européen socialiste chargé de mettre en oeuvre à Bruxelles ce qu'il était incapable d'appliquer à Paris (1), une élection législative partielle a été organisée dans le Doubs ce dimanche

L'enjeu est de taille : c'est celui de la majorité absolue à l'Assemblée Nationale (2) et donc la capacité de l’exécutif à faire passer ses projets de loi. Même en comptant sur les voix de Thomas Thévenoud ou de Sylvie Andrieux (3), cela devient difficile.

Notez que l'opposition au Parti Socialiste ne devrait absolument pas se réjouir du fait que le parti du président de la République et du premier ministre perde le contrôle de l'Assemblée Nationale : en effet, Valls et Hollande sont en échec sur à peu près tous les sujets (dette, déficits publics, chômage, croissance etc ...) sauf sur ceux qui concernent l'extension du champ d'action de l'Etat, et la restriction des libertés publiques. Si le PS ne parvenait désormais plus à mettre en oeuvre son programme, chacun peut être sûr du fait que Manuel Valls et François Hollande exploiteront cette excuse pour masquer leur incompétence.

Toujours est-il que 13 candidats ont sollicité les suffrages des électeurs. Voici les résultats du premier tour de la 4eme circonscription du Doubs (#circo2504) :

Inscrits 66 825
Abstention: 40 389 soit 60,44% des exprimés
Votants: 26 436 soit 39,56 % des exprimés
Blancs: 446 soit 1,69 % des votants
Nuls: 281 soit 1,06 % des votants
Exprimés: 25709 soit 97,25 % des votants

Sophie MONTEL (Front National): 8 382 voix, 32,60%
Frédéric BARBIER (Parti Socialiste): 7 416 voix, 28,85 %
Charles DEMOUGE (UMP): 6 824 voix, 26,54 %
Vincent ADAMI (Front de Gauche-PCF-PG-NPA-MRC): 941 voix, 3,66 %
Bernard LACHAMBRE (EELV): 799 voix, 3,11%
Michel TREPPO (Lutte Ouvrière): 404 voix, 1,57%
Alde VINCI (Parti de la France): 315 voix,1,23 %
Jean-Claude BONNOT (Fédéraliste): 152 voix, 0,59%
Yannick HERVÉ (Union Populaire Républicaine): 147 voix, 0,57 %
Ismaël BOUDJEKADA (Indépendant): 137 voix, 0,53 %
Antonio SANCHEZ (Communistes): 127 voix, 0,49 %
Marc Ouchebbouk (Indépendant): 40 voix,0,16 %
Nicolas ROUSSEAUX (Rebond Citoyen): 26 voix, 0,10 %

Notons déjà que ni l'UDI, ni le Parti Libéral Démocrate n'ont présenté de candidats. Il y avait le choix, donc, entre des étatistes de droite (UMP), des étatistes de gauche (PS), des extrémistes de gauche (Front de Gauche, Front National, Lutte Ouvrière, divers communiste) et des extrémistes de droite (Parti de la France).

Ensuite, observons le profil des candidats arrivés en tête : Sophie Montel est une cumularde professionnelle de la politique (députée Européenne et conseillère régionale), Frédéric Barbier est un professionnel de la politique (Vice-président du Conseil Général du Doubs / Ancien Député) et un cadre de la quasi fonction publique (employé par ERDF), Charles Demouge est un retraité de la fonction publique et un professionnel de la politique, quand à Vincent Adami (4), c'est aussi un professionnel de la politique, dont le père faisait déjà de la politique.

Le plus drôle, c'est la réaction des uns et des autres suite à ces résultats, qui ont vu le FN arriver en tête, et le PS arriver en second. 
Immédiatement, le PS en a appelé à "l'esprit du 11 janvier" et au "Front Républicain" (5). 

Mais si on y réfléchit une minute, comment l'UMP pourrait appeler à voter PS, et ensuite expliquer que l'UMPS n'existe pas ? 

D'autre part, en appeler au Front Républicain signifie que le FN ne serait pas un parti légal, en accord avec les lois de la république. Dans ce cas, pourquoi Manuel Valls ne dissout pas ce parti immédiatement ?

Si la stratégie est d'exclure les extrêmes comme le Front National, ce qui pourrait se comprendre, dans ce cas, Hollande va t-il s'excuser d'avoir rendu hommage au communisme (6), et le candidat socialiste de la 4eme circonscription du Doubs, Frédéric Barbier, va t-il annoncer très rapidement qu'il ne veut pas des voix de Vincent Adami, le candidat Front de Gauche ? Comment peut-on parler de Front Républicain alors que le PS est un allié de l'Extrême Gauche ?

D'ailleurs, comment Vincent Adami, soutenu par Syriza (7), pourrait appeler à voter Pasok Parti Socialiste ? Son fit naturel, c'est le Front National, tout comme Syriza est associé, en Grèce, à un parti nationaliste de droite anti libérale.

Enfin, et de manière plus fondamentale, programmatique, quelle différence entre la politique anti libérale que le FN propose, et ce que veut Frédéric Barbier, justice sociale, politique de réindustrialisation, services publics etc ? 


Même sur les marronniers mensongers, le PS et le FN sont d'accord, cf le cumul des mandats !

Il y a bien une différence entre le FN et le PS, mais elle est de degré, pas de nature. FN comme PS veulent toujours plus d'Etat. 

Dans ce contexte, il n'y a qu'une seule décision à prendre pour les électeurs : abstention !
Quand à l'UMP, elle serait fort inspirée de cesser son allégeance aux valeurs républicaines (8). Celles-ci forcerait l'UMP à rentrer dans la logique du front républicain, alors qu'on sait bien, de toutes façons, que les électeurs n'attendent certainement pas que Fillon, Juppé, Pécresse, NKM ou Sarkozy leur disent quoi voter. Comme si, en 2014, des consignes de vote pouvaient encore prendre. Arrêtons de prendre les gens pour des moutons !






vendredi 3 octobre 2014

Pierre Moscovici n'a rien à faire au sein de la commission Juncker

Pierre Moscovici a passé un sale moment hier, devant la commission affaires économiques du Parlement Européen, et c'est tant mieux. Il a eu du mal à démontrer sa légitimité à rejoindre la Commission Européenne qui devrait être dirigée par le luxembourgeois Jean-Claude Juncker.

En effet, si le Parlement Européen est en quelque sorte l'organe législatif de l'UE, et la CJCE son organe judiciaire, la Commission Européenne serait l'organe exécutif, partagant ce pouvoir avec le conseil des ministres.

L'architecture institutionnelle de l'UE s'appuie sur deux principes : la séparation des pouvoirs, et l'équilibre entre l'intergouvernemental et le fédéralisme. 
Que le parlement ait le droit d'auditionner les futurs commissaires européens est une bonne chose. Mais le dispositif qui consiste à trop faire la part belle aux états atteint ses limites : on le voit avec Moscovici.

En juin dernier, au niveau Européen, les conservateurs ont gagné les élections. Question : comment Hollande, qui a nommé Moscovici, par ailleurs un mauvais ex ministre des finance, espère t-il pouvoir influer sur l'Europe ?

Et puis surtout, les députés Européens n'ont pas été dupes. Ils ont questionné Moscovici sur sa capacité à être un commissaire européen crédible, notamment quand il faudra rappeler à la France qu'elle viole les traités européens, alors qu'il a voté, en tant que député, la confiance à Manuel Valls, celui qui a déclaré "la France décide seule" (sous entendu : sans tenir compte de l'avis de ses 27 partenaires).


En réalité,  Pierre Moscovici ne fait que prouver qu'il n'a rien à faire au sein de la commission Juncker.

vendredi 18 juillet 2014

@pierremoscovici candidat à un poste de commissaire Européen ??

Egalement publié par Contrepoints


Pierre Moscovici, vous connaissez.

C'est un homme politique français (1), socialiste et ancien de la ligue communiste révolutionnaire. Il est âgé de 56 ans et il a été ministre de l'économie entre le 16 mai 2012 et 31 mars 2014, soit pendant presque 2 ans.
l'ex ministre de l'économie
Pierre Moscovici

Durant cette période, le chômage a progressé, contrairement à l'engagement de François Hollande d'"inverse la courbe", les déficits en % en PIB se sont maintenus au dessus des 3%, des nouveaux impôts et taxes ont été crées ou relevé, et la croissance a été atone. Certes, Pierre Moscovici n'était que l’exécutant, chargé de mettre en musique une partition impossible écrite par son chef, François Hollande. Et certes également, tout ne dépend pas du ministre de l'économie (2). Son rôle devrait être, non pas de laisser croire que François Hollande est autre chose qu'un cynique ou un incompétent, mais de créer un environnement favorable aux entrepreneurs (stabilité fiscale et juridique, notamment). 

Mais ce qu'on peut affirmer sans erreur, c'est qu'en tant que ministre de l'économie, le bilan de Pierre Moscovici, pourtant parfait représentant de l'élite française (DEA de philosophie, diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po) et de l’ENA (promotion Louise Michel (1982-1984)), est mauvais.

Question : comment, avec des résultats pareils, le président Hollande ose t-il proposer la candidature de Pierre Moscovici à un poste de commissaire Européen ? Parce que l'autre candidature française, Elisabeth Guigou, n'est guère plus attrayante (3) ?
Quid de personnes compétentes mais qui n'ont apparemment pas fait acte de candidature ? On peut penser à Sylvie Goulard (4), par exemple ?
En tout cas, si l'objectif de Jean-Claude Juncker est de redonner du dynamisme à l'Europe, il ne nommera ni Moscovici ni Guigou. Mais si son objectif est autre ...
Et delà même des calculs de tels ou tels, les électeurs Européens ont été clairs. Ils ont donné une majorité aux conservateurs. Des socialistes n'ont donc absolument rien à faire dans l’exécutif Européen. 

(4) Le Parisien Libéral Sylvie Goulard, députée Européenne, interviewée sur BFM 16 juillet 2013