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lundi 28 mars 2016

Chômage : quand le PS inverse la responsabilité

Le ministre des Finances, Michel Sapin, invité de Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFMTV, a déclaré la semaine dernière qu'il aimerait que "les entreprises tiennent leurs engagements", alors que le Medef avait promis la création d’un million d’emplois. "


De plus,le premier secrétaire du PS a renvoyé la responsabilité du chômage en France sur les organisations patronales, le MEDEF en tête. Pour Jean-Christophe Cambadélis, la population devrait se plaindre, non pas seulement au gouvernement, mais également au MEDEF. Il a déclaré :  "Je constate quand même qu'on interpelle les politiques, on interpelle le Parti socialiste, on interpelle même parfois les syndicats mais on interpelle jamais le MEDEF". Pour le député de Paris, les 40 milliards d'euros de CICE versés aux entreprises auraient dû permettre de créer des emplois :


C'est quand même un peu fort !


D'une part, c'est le Parti Socialiste qui est élu, pas  le MEDEF. 
Gattaz ne s'est présenté à aucune élection. Hollande, si. Et c'est le président Hollande qui a promis l'inversion de la courbe, pas Gattaz, d'ailleurs en espérant un retournement du cycle économique bien plus qu'une action spécifique des entreprises.  



D'autre part, le MEDEF ne représente pas les entreprises. Le syndicat Mouvement des Entreprises de France, non seulement n'est pas aux 3 millions d'entreprises de France ce que le Ministère de la Fonction Publique et Bercy sont à la fonction publique, mais en plus, même si le MEDEF avait le pouvoir d'imposer quoique ce soit à ses membres, alors ses directives ne porteraient que sur 750.000 entreprises, une boite sur quatre.
Même si le MEDEF avait eu un mandat des 3 millions de chefs d'entreprises en France, comment aurait-il pu ensuite imposer des créations d'emplois ? Les entreprises ne créent pas des emplois. pour faire plaisir aux MEDEF, au gouvernement ou aux salariés, mais parce qu'elles pensent que ca les aidera à faire du profit.



Qui plus est, le CICE n'est pas un cadeau, c'est juste un rabais. Le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi est, d'abord, un crédit d’impôt. Il n'y a pas de don d'argent aux entreprises, il y a un crédit d’impôt, un rabais sur prélèvements. 
D'ailleurs, ce CICE vient après une énorme hausse des prélèvements obligatoires,commencée sous Sarkozy, et accélérée par Hollande. Il conviendrait donc d'arrêter de présenter le CICE comme un cadeau aux entreprises. C'est juste une ristourne sur la facture finale qui, elle, est très élevée.


Le MEDEF  a eu tort de laisser penser, d'une manière ou d'une autre, qu'il y pouvait avoir une quelconque contrepartie à toutes les mesures gouvernementales. Les emplois ne sont pas un but des entreprises, mais un moyen. D'ailleurs, le Parti Socialiste et le gouvernement en savent quelque chose : combien d'emplois ont été crées à la Poste, plus gros bénéficiaire du CICE ?

Et tout ce que demandent les entrepreneurs, c'est la stabilité juridique et fiscale, pas des "aides". L'environnement pro business est un préalable à l’éventuelle création d'emploi, mais certainement pas une condition de type causale.

mercredi 24 février 2016

Des questions sur les chiffres du chômage

Les chiffres de chômage pour le mois de janvier ont été publiés. Ils montrent une amélioration pour la catégorie A de France métropolitaine. 




Le chômage a baissé de 0,8% le mois dernier. C'est évidemment une bonne nouvelle pour les ex chômeurs qui ont retrouvé du travail. Surtout que, depuis que Hollande est au pouvoir, le nombre de chômeurs est passé 4,4 millions en mai 2012 à 5,5 millions en novembre 2015

Mais ces chiffres de janvier 2016, selon Marc Landré, journaliste au Figaro, incluent une hausse "inhabituellement forte" des radiations pour défaut d'actualisation. C'est aussi le constat de RTL (1)




Les sorties enregistrent dans le même temps une hausse de 3,0%, une évolution qui recouvre une augmentation sensible des reprises d'emploi déclarées (+5,1%), des arrêts de recherche (+5,6%) et des radiations administratives (+4,0%). Quant aux cessations d'inscription pour défaut d'actualisation, le principal motif de sorties, elles sont en hausse de 1,5% sur trois mois après une baisse continue depuis l'automne (2).  

Les radiations et les stages ? Est-ce là, la méthode que Hollande privilégiera pour oser se représenter en 2017 ? 

D'autre part, en France (y compris Dom), le nombre de demandeurs d’emploi s’élève à et 5 764 300 pour les catégories A, B, C (–0,3 % sur un mois, +4,1 % sur un an).

Du coup, au vu de ces chiffres, on peut rappeler ce que Ségolène Royal disait, à l'époque, c'est à dire en 2011, quand le chômage progressait, puisque même pour la stat affichée pour la catégorie A métropolitaine, les chiffres sont au mieux peu clairs :





Que nous dit Eurostat ? Le chômage en France est plus élevé en France qu'au Royaume Uni, aux Pays Bas, en Allemagne, en Lettonie, en Suède, en Finlande, en Irlande, au Danemark, en Belgique ...

Pourtant, parmi la population de 15 à 64 ans, hommes et femmes, le taux d'emploi est faible en France. Alors que 80% des Suisses en age de travailler disposent d'un emploi (Allemagne, 74%), en France, c'est 64%.

Les faits montrent qu'on ne peut donc accuser ni l'euro (il existe en Finlande ou aux Pays Bas) ni les 40h (cf la Suisse), certains veulent sortir de l'euro, d'autres passer aux 32h.
Le chômage est donc un problème intrinsèque à nos choix, ici chez nous en France.C'est notre code du travail, nos choix de société, anti outsiders et pro outsiders, qu'il faut interroger.

Oui, Ségolène Royal a raison, si on estime que la politique peut s'attaquer au taux de chômage : Le chômage a encore progressé, la France n'est ni présidée ni gouvernée. 
Son tweet de 2011, dans une perspective dirigiste, est encore d'actualité. 

Évidemment, il en couterait trop, à un socialiste, d'avouer qu'il ne peut rien pour l'emploi, ce sont les entreprises qui le créent, mais qu'en revanche, son rôle en tant que politicien est de créer un environnement favorable à la création d'emploi, c'est à dire un environnement pro business, donc de stabilité juridique et fiscale.
Dans ce contexte, il n'est pas certain du tout que la loi travail présentée par El Khomri et Valls  soiot la réponse adaptée, même si, en ce qu'elle représente une sorte de loi Hartz, elle était sans doute nécessaire.

En tout cas, bravo au gouvernement qui, après avoir rendu à la droite française avec son très controversé (à gauche) projet de loi sur le travail, dit PJL El Khomri, rend maintenant un hommage involontaire à Winston Churchill, qui disait "Je ne crois aux statistiques que lorsque je les ai moi-même falsifiées".


(1) RTL Chômage : le nombre de demandeurs d'emploi en baisse de 0,8% en janvier 2016 24 février 2016
(2) Zone Bourse France-Baisse de 0,8% du chômage en janvier 24 février 2016

lundi 18 janvier 2016

2017 : Juste une question sur les velléités de Hollande

une question, qui est appuyée par deux illustrations

La première, c'est l'évolution de la fameuse courbe du chômage depuis que Hollande est au pouvoir



La deuxième, c'est la comparaison européenne


Ajoutons le vrai taux de chômage français



Question : comment l'homme qui, en 2012, reprochait à son prédécesseur ses piètres résultats en matière de chômage, comment l'homme qui disait qu'il ne pouvait pas se représenter si la courbe n'était pas inversée, comment cet homme ose t-il seulement penser à se représenter ? 

Espère t-il, en un an et trois mois, soit d'ici au mois d'avril 2017, faire baisser le nombre de chômeurs de 700 000,soit la hausse constatée depuis le 6 mai 2012, et encore en ne prenant en compte que la catégorie A en métropole (on s'en moque, des DOM TOM, non, l'INSEE ?) ? 



mercredi 4 novembre 2015

Réformons le Code du Travail sans y toucher

On touche le fond avec ce gouvernement. Prenez l'exemple de la réforme annoncée du Code du Travail.
Avant même le début des négociations, on nous annonce que ni les 35 heures, ni le contenu du CDI, ni le SMIC ne seront modifiés.

Est-ce si difficile à comprendre que le Code du Travail crée du chômage en France, ou bien la préférence française pour le chômage est-elle plus forte que l'idée qu'il faille revoir notre "modèle social" ?



samedi 31 octobre 2015

Le #chômage en #Europe en septembre


mercredi 12 août 2015

Et si on nommait Peter Hartz pour remplacer François Rebsamen ?

Alors comme ça, François Rebsamen, l'ex sénateur maire (socialiste) de Dijon, et ancien administrateur de la banque Dexia, préfère redevenir maire de Dijon plutôt que de poursuivre sa mission d'inversion de la courbe du chômage à la tête du ministère de l'emploi ? 

Notons donc que, contrairement à l'engagement présidentiel ("Moi président de la République, les ministres ne pourront pas cumuler leur fonction avec un mandat local, parce que je considère qu'ils devraient se consacrer pleinement à leur tâche"), Rebsamen gardait un pied dans le conseil municipal de Dijon, à l'instar de son supérieur hiérarchique à Evry, d'ailleurs, puisque, évidemment, pour être élu maire, il faut être conseiller municipal.

Se pose donc la question du remplacement de François Rebsamen, futur ex ministre de l'inversion de la courbe promise par Hollande mais qui n'arrive pas. Et la, le microcosme politico-médiatique s'interroge : Valls va t-il nommer un socialiste Hollandais pur jus ? Va t-il au contraire donner la parole aux frondeurs en nommant un Aubryste ? Montebourg signera -il son retour au gouvernement ? Voire, pourquoi pas l'ouverture façon Sarkozy, en nommant un élu Les Républicains ? Xavier Bertrand, par exemple. Mais ce faisant, cela illustre le retard de plusieurs dizaines d'années accumulé par la sphère politique. 

La forme que prend cette quête d'un successeur à François Rebsamen est quand même critiquable, car elle omet de penser un peu plus large que les frontières de l'hexagone. A aucun moment, les politiciens français ne se disent que vu que de nombreux pays européens font mieux que nous en terme de chômage, alors peut être que nous pourrions nous inspirer de recettes venues d'ailleurs, voire recruter les personnes qui ont eu des résultats positifs dans le domaine.
Après tout, les entreprises "françaises" ne comportent elles pas de nombreux cadres étrangers, et inversement, de grands groupes mondiaux ne sont-ils pas dirigés par des français ? 
De plus, l'Europe, l'Etat supranational que la France a choisi de rejoindre, n'a t-il pas aussi pour but de favoriser la mobilité professionnelle ?

Au jeu des candidats, un CV se distingue. C'est celui de Peter Hartz. Né le 9 août 1941 à Saint-Ingbert (Sarre), Peter Hartz est un dirigeant industriel allemand, membre du parti socialiste allemand (SPD) et un ancien ministre de Schroder. Il est à l'origine des réformes Hartz qui ont remanié le marché du travail allemand pendant les années 2000.
Vous direz : il a été condamné par la justice pour corruption ! Oui, et alors, aurait-on envie de répondre malicieusement ? Quand on voit le CV judiciaire des politiciens français, tant à l'UMP / les Républicains qu'au Parti Socialiste (Andrieux, Guerini, Dalongeville) sans même parler des "vieilles" affaires (Urba Graco, Pechiney Triangle, sang contaminé, MNEF, etc ...) on se dit que Hartz doit un peu être français. 
En tout cas, lui a su s'attaquer aux rigidités du marché du travail allemand.

Evidemment, la meilleure solution serait de supprimer le ministère du travail, et de faire en sorte que le gouvernement se concentre sur un objectif et un seul : créer un environnement favorable aux entrepreneurs, et laisser tomber l'objectif formel de lutte contre le chômage, au profit de la lutte pour l'employabilité. 

mardi 28 juillet 2015

Au vu des chiffres du chômage, Hollande devrait démissionner

Comment le président Hollande peut-il envisager si, en ce qui concerne la prochaine présidentielle en 2017, il y a encore matière à réflexion ?
En ce qui concerne sa candidature, les choses sont claires : il ne devrait même plus y penser ! Explications.

Souvenons-nous. Lors du débat du 2 mai 2012, le candidat Hollande avait reproché, à juste titre, à l'ancien président de la République, de se trouver des excuses (La crise, m'sieurs dames !) pour expliquer pourquoi il n'avait pas fait baissé le chômage :

«Avec vous c'est très simple, ce n'est jamais de votre faute , vous avez toujours un bouc-émissaire», accuse François Hollande qui charge le bilan de Nicolas Sarkozy en matière de chômage. (1)


Une fois élu, pour en finir avec le sarkozysme (guerres de l'OTAN, bling bling, échec en économie, scandales politico-financiers), le président Hollande avait fait une promesse très claire, le 9 septembre 2012 : "inverser la courbe "d'ici un an" (2).
Cette promesse a été réitérée le 3, le 21 et le 31 décembre 2012, puis le 23 février et le 3 mai 2013.

Mieux : le 6 novembre 2014, le Président Hollande disait qu'à moins d'une baisse du chômage, il ne se représenterait pas.


Preuve s'il en fallait du fait qu'il croyait (?) en ses propos ?

Nous sommes en Juillet 2015. Pour les guerres de l'OTAN, c'est raté, la France est engagée sur un nombre record de théatres d'opérations, sans que cela ne fasse l'objet du moindre débat au parlement, alors qu'il y a 7 ans, Hollande déposait des motions de censure contre la politique de son prédécesseur en la matière (3).
Pour le bling bling, n'en parlons pas. La Lanterne est désormais un squatt présidentiel (4), Air Sarko One tourne à plein régime au lieu d'avoir été revendu (5), l'Elysée, un bâtiment public, sert toujours à régler des affaires privées (6),
Les scandales politico-financiers ? Ils seront la marque de fabrique du quinquennat. Faut-il rappeler Cahuzac, Andrieux, Guerini, Augier ou Morelle ? 

Mais en matière d'économie, et plus particulièrement sur le chômage, les chiffres sont encore plus implacables. 
Il y avait 2,9 millions de chômeurs catégorie A en France en mai 2012, il y en a actuellement 3,5 millions, toujours en catégorie A (6 millions toutes catégories confondues) et ce malgré les radiations de Pole Emploi ou malgré les révisions des méthodes de calcul (7). 


Autrement dit, il n'y a pas d'inversion de la courbe, et à moins qu'au moins 600 000 emplois soient crées en France d'ici à 2017, il n'y aura toujours pas d'inversion de la courbe.

Dans ce contexte, comment le président Hollande peut-il avoir l'outrecuidance de penser qu'il pourrait être candidat à la présidentielle de 2017 (8) ?
On se rappelle ce que disaient les socialistes avant 2012, un peu à l'image de ce tweet de Ségolène Royal.




Puisque la France n'est ni présidée, ni gouvernée, peut être que celles et ceux qui jouent aux ministres et au président de la république devraient démissionner ?





vendredi 19 juin 2015

Travailler 32 heures par semaine ...

Impayable Christiane Taubira !

Alors qu'on n'entend pas trop la garde des sceaux sur le projet de loi renseignement, dont on ne rappelera jamais assez la liste des opposants (le bâtonnier de Paris, l’ordre des avocats, le syndicat de la magistrature, le juge Marc Trévidic, la CNIL, la “Commission numérique” de l’Assemblée nationale, L’ARCEP, le président de l’actuelle Commission de contrôle des services de renseignement, le Conseil National du Numérique, Dalloz, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, Le Contrôleur Européen de la Protection des Données Personnelles Human Rights Watch, Amnesty International, Ligue des droits de l’Homme, Fédération Internationale des ligues des droits de l’Homme, La Commission nationale consultative des droits de l’homme, les fournisseurs d’accès Internet, les hébergeurs, la Quadrature du Net, Mozilla, le W3C, Reporters Sans frontières, l’Ordre des médecins, Syntec Numérique, le New York Times, beaucoup d ‘entrepreneurs du numérique, le Parti Pirate, le Parti Libéral Démocrate), ne voila t-il pas qu'elle vient de faire une sortie loin de son champ de compétence, le temps de travail ?

Christiane Taubira rêve de la semaine des 32 heures, apprend-on, (1), elle qui, en tant que ministre, doit plutôt être à 70 ou 80 heures par mois de temps de travail. 

L'attachement d'une certaine gauche à la réduction du temps de travail reste d'autant plus mystérieuse que c'est cette même gauche qui, par souci de désaliénation du travailleur, a rejeté le taylorisme et le fordisme, pour promouvoir une économie de services et de prestations intellectuelles. Si le fait d'effectuer une seule tache, par exemple viser toujours le même boulot sur le même tableau de bord de voiture permet effectivement de remplacer un travailleur A par un travailleur B, humain ou robot, et de partager son temps de travail de manière efficace, qui peut croire, ou, pire, espérer, que dans l'économie de la connaissance, le travail puisse se partager ? 

Les contradictions de la gauche (mais pas que les leurs) ont vraiment quelque chose de fascinant.



jeudi 18 juin 2015

Et maintenant, une loi anti discrimination des pauvres !

L'enfer législatif est pavé de bonnes intentions. Vous le saviez déjà. Mais avez vous vu la dernière idée des sénateurs ?  Le Sénat a reconnu ce jeudi que la pauvreté pouvait être un critère de discrimination, en adoptant un projet de loi d'un sénateur socialiste. (1)

Cela fait des années qu'ATD Quart Monde dénonce l'existence de cas dans lesquels les pauvres (2). Les cas les plus connus, ce sont ces affaires où des médecins refusent de soigner des gens qui sont couvert par le dispositif CMU. 

ATD Quart Monde nous apprend également ce qu'on savait intuitivement, à savoir le fait que dans des testings de CV, quelqu'un qui a, dans son parcours, été dans une structure d'insertion sociale par le travail, est discriminé. Autrement dit, les emplois jeunes enferment leurs bénéficiaires mais ne leur permettent surement pas de s'insérer.




Alors, face aux refus de soin ou face aux discriminations diverses et variées, fallait-il légiférer ? 
Le législateur propose de punir de peine de prison et d'amendes les auteurs de telles discriminations. L'intention, lutter contre les discriminations, est louable, mais dans un pays qui comprend entre 5 et 8 millions de pauvres selon l'INSEE, soit autant de victimes potentielles, qui peut croire que l'on va pouvoir lutter contre cela ? 
Va t-on mettre en prison les sans doute milliers de médecins qui discriminent ? Forcer les employeurs à embaucher, surtout s'ils ont le choix des candidats ? 

Evidemment, c'est trop compliqué pour des socialistes (de gauche comme de droite) de reconnaître quelques vérités simples : d'une part, les dispositifs publics censés aider les gens tombent souvent à coté de leur objectif, de manière intrinsèque, car l'intervention publique introduit toujours de la complexité (papiers à remplir, critères à respecter, administrations à contacter ...). Or, tout le monde n'est pas adepte du "pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?"
D'autre part, les dispositifs d'aide sont effectivement des marqueurs sociaux (pensez aux tickets de rationnement que l'UMP proposait en 2010) et c'est exactement pour cela que, quand ils ont encore le choix, les pauvres n'en veulent pas (3). Et oui, eux aussi ont leur dignité. 

La meilleure lutte contre la discrimination, c'est une politique pro business, qui permettra de revenir à de meilleurs niveaux d'emploi. Quand les employeurs auront épuisé le stock de candidats 100% désirables (la bonne adresse, la bonne apparence, le bon sexe), alors ils se tourneront vers les autres. Quand à la lutte publique anti pauvreté, elle est inutile tant que les politiciens n'auront pas compris qu'il faudrait passer d'une logique centralisée de stock à une logique décentralisée de flux. Evidemment, cela présuppose un certain nombre d'actions (4) que des étatistes ne sont pas près de mettre en oeuvre ...




(3) Le Parisien Libéral Tickets de rationnement pour les pauvres : stop ! 16 août 2010 
(4) Contrepoints « Mort aux pauvres ! » 4 mars 2015

lundi 4 mai 2015

Quand est-ce qu'on se débarrasse de l'Etat ?

Loin l'idée de vouloir trouver des bouc émissaires à la situation actuelle de la France, dont le Parti Libéral Démocrate rappelle à quelle point elle peut être tendue en ce qui concerne la vie des entreprises (1), mais force est de constater que les français sont à la fois pessimistes pour le futur (2) et cependant parfaitement capables de trouver des solutions par eux-mêmes, loin des plans des hauts fonctionnaires qui fonctionnent en vase clos dans les ministères.

Ainsi, la question du chômage trouve un début de solution non pas auprès de Pole Emploi, mais chez le Bon Coin (3).



Les étatistes, de gauche comme de droite, répondent souvent aux libéraux "si on ne paye pas d’impôts, qui construira les routes  (variante soignera les malades/s'occupera des personnes âgées, éduquera les jeunes/fera la police sur la route etc) ?

Mais dans la réalité, il semble que partout, des solutions locales, décentralisées et inattendues soient capables d'émerger pour peu que les acteurs aient un peu de liberté d'action. 

Dès lors, on obtient un début de réponse à la question de l'ampleur du recentrage de l'Etat qu'il conviendrait d'opérer : nous pourrions aller aussi loin que possible.
Il n'y a pas besoin, par exemple, d'une agence nationale pour l'emploi, publique et bureaucratique.

Peut être qu'en allégeant l'Etat, ce qui contribuerait notamment à alléger la pression fiscale et réglementaire sur les individus, on relancerait la machine économique, sans plan prédéfini, et on pourrait enfin aboutir à la situation de nos voisins allemands qui licencient au sein de leur ANPE locale (4), faute de chômeurs ...




(1) Parti Libéral Démocrate 18000 failites au premier trimestre 17 avril 2015

mardi 10 février 2015

Les #QAG qu'on entendra pas cette après-midi à l'@AssembleeNat

Egalement publié sur Contrepoints
Après la mobilisation générale contre le FN, qui aura permis l'élection d'un nouveau député socialiste de gauche (1), les affaires courantes peuvent reprendre.
Enfin, courantes ...
Ça dépend si on considère comme étant des affaires courantes la gestion d'un pays qui compte 5,5 millions de chômeurs et 2000 milliards d'euros de dette !

Alors, puisqu'il y a un nouveau député, suggérons-lui, dans le cadre de sa mission de contrôle de l'activité du gouvernement, notamment par le biais de son droit aux questions au gouvernement (QAG) de poser les questions suivantes à l’exécutif. Evidemment, les 576 autres députés ont aussi le droit (pour ne pas dire le devoir !) de s'interroger : 

  • Question au premier ministre, Manuel Valls : le peuple a tendance à l'oublier, mais les ministres, y compris vous, Monsieur le Premier Ministre, ont signé une charte de déontologie. Cette charte dit notamment " ils remplissent et signent une déclaration d’intérêts lors de leur entrée en fonctions, déclaration qui est rendue publique". Mr Valls, pouvez-vous justifier l'information selon laquelle "vous cumuleriez les fonctions de Premier ministre et de commerçant inscrit au registre du commerce et des sociétés» (2) ? Et puisque nous abordons le sujet de vos liens avec la justice, pourriez-vous nous dire ce qu'il en est des accusations de Médiapart, à savoir un potentiel conflit d’intérêt à Evry (3) ? 
  • Question au ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius : selon votre collègue le Drian,  des bombardiers russes se sont récemment aventurés au large de la Normandie (4). Suite à cela, les britanniques ont convoqué l'ambassadeur de Russie au Royaume-Uni pour lui demander des explications, sachant que le trafic aérien civil a été perturbé (5). Nous ne doutons pas du fait, Monsieur le ministre, que vous aillez vous aussi convoqué l'ambassadeur russe en France. En effet, voila l'occasion de faire travailler, au service de la sécurité des français, le deuxième réseau diplomatique du monde. Quelles sont vos conclusions suite à cet entretien qui n'a pas manqué de survenir ?
  • Question au Ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu : quand il s'agit d'analyser l'efficacité des services publics, les français ne peuvent se poser qu'une seule question : mais où sont donc nos 5,5 millions de fonctionnaires français ? Pour un pays dont 25 % de la main d’œuvre salariée appartient à la fonction publique nationale ou locale, c'est à se demander comment une situation de sous-effectifs est possible (6). Madame le ministre, alors que l'on parle beaucoup de la réforme des professions réglementées, pouvez-vous nous dire en quoi l'Etat effectue lui aussi sa réforme et réorganise la fonction publique dans le sens de plus de flexibilité ? 
  • Question au Ministre de l'Écologie, Ségolène Royal : si on en croit ce que raconte le président Hollande, l'Etat souhaiterait "un "règlement global et définitif", dans les "prochains jours", du contentieux avec les sociétés d'autoroutes" (7). Mais de quel contentieux parlez-vous ? N'y a t-il pas, non pas un contentieux, mais la volonté unilatérale de l'Etat de revenir sur des modalités de fixation de prix définies par contrat ? Pouvez-vous nous confirmer, Madame le ministre, que toute cette gesticulation n'est que de la politique politicienne, proche du populisme que vous dites combattre, on peut en prendre pour preuve le fait que l'Etat, lui, augmente ses tarifs sur les sociétés d'autoroutes et de tunnels qu'il contrôle encore (8) ? 
  • Question au Ministre de l'Éducation nationale, Najat Belkacem : pourriez-vous confirmer, Madame le ministre, le montant de la prime offerte aux recteurs d'académie (9) ?  Ces primes sont-elles la raison pour laquelle vous cherchez maintenant à faire appel au bénévolat, cf http://www.lareservecitoyenne.fr/ ? 
  • Question au Garde des sceaux, Christiane Taubira : dans notre pays, dont le classement en terme de liberté d'expression n'est pas à la hauteur des idéaux qu'il prétend défendre (10), partout dans le monde, un média a été condamné pour avoir mis en couverture une Marianne voilée (11). Madame le ministre, dans le respect de l'indépendance de la justice, pouvez-vous exprimer votre inquiétude face à cet évident cas de deux-poids-deux-mesures, annonciateur, si nous n'y prenons garde, d'une potentielle guerre civile si les choses ne changent pas rapidement ? Ne sommes-nous tous pas "Tous Charlie" ?
  • Question au Ministre des Finances : Michel Sapin : Monsieur le ministre, vous avez déclaré « Il faut respecter le vote grec et les règles européennes ». De quel droit vous permettez-vous de dire ce qu'il convient de faire, tant aux Grecs qu'à Bruxelles, alors que la France ne respecte pas ces mêmes règles budgétaires européennes (12) ? 
  • Question au Secrétaire d'Etat aux Affaires Européennes  : Harlem Désir : votre poste sera toujours une source d'étonnement, étant donné qu'en théorie, toutes les matières ministérielles relèvent de l'Europe. N'avez-vous pas l'impression d'être un inutile doublon ? Nonobstant ce point, auriez-vous l'amabilité, Monsieur le secrétaire d'Etat, de bien vouloir rappeler à Alexis Tsipras la teneur du projet européen, à savoir la réconciliation post deuxième guerre mondiale ? Comme le note l'eurodéputée centriste Sylvie Goulard, réclamer des indemnités mettrait en péril l’ordre de paix mis en place après la seconde guerre mondiale (13).
  • Question au Ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian : Monsieur le ministre, l'opération Vigipirate coûte un million d'euros par jour. Au vu de l'attaque au couteau de 3 militaires à Nice, au vu des tirs de kalachnikov à Marseille, peut-on considérer que la mission est un échec ?
  • Question au Ministre de l'emploi, François Rebsamen : Monsieur le ministre, un commentaire ? 


  • Question au Secrétaire d'Etat au budget, Christian Eckert : Monsieur le secrétaire d'Etat, les contribuables seront ravis de constater qu'il y a encore assez d'argent à Bercy pour que la France se permette d'acheter un ensemble de 14.000 manuscrits de Turgot pour 8,5 millions d'euros. Mais la question que chacun ne manquera pas de se poser est, évidemment : avez-vous lu Turgot, et ne trouvez-vous pas dans ses analyses un certain écho à l'actualité ? 
  • Question au Ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve : profanation d'une église à Montluel (01), tronçonnage d'une croix à Saint Augustin des Bois (49), la minorité chrétienne de France est attaquée. Allez-vous, Monsieur le ministre, réagir et vous indigner, ou bien la christianophobie sera t-elle définitivement la seule attaque contre une religion qui ne fera l'objet d'aucune sanction  ? 

Mais vous verrez ! Plutôt que de s'interroger sur les performances du gouvernement en matière de conduite des affaires de la France, le parlement s'acharnera à jouer le sketch suivant : incantations envers "l'esprit du 11 janvier" à gauche (assorties de velléités de "lutte" "contre le FN" !) et opposition de forme à droite, incapable d'assumer des positions radicalement opposées à celles du PS ou de dénoncer la collaboration entre la gauche et l'extrême gauche. Dommage. Les députés ont pourtant le droit (et le devoir) de mettre le gouvernement en face de ses échecs.




Les épisodes précédents







(1) Contrepoints Doubs : la défaite au goût de victoire du FN 9 février 2015
(7) BFM Business Autoroutes: Hollande veut une sortie de crise rapide 8 février 2015 
(13) Sylvie Goulard Grèce, Allemagne : dette et paix 2 février 2015

jeudi 29 janvier 2015

Les dérapages du Tous Charlie

Fermez les yeux. Les cigales chantent, nous sommes à Marseille, dans une classe il y a plusieurs dizaines d'années en arrière.
"Monsieur Berlaudier ! Comment traduisez-vous "Paete, non dolet" ? 
-Euh... "Péter n'est pas douloureux." 
Rires. 
-Comment ! Silence ! 2h de consigne. Prenez votre passeport, ..M. Berlaudier"
Source :Marcel Pagnol, le temps des secrets (1).


Rouvrez les yeux et prenez une des actu du jour :

Dans une école primaire de Nice, les élèves d'une classe de CE2 discutent du drame avec leur instituteur. 
- Êtes-vous Charlie ?», demande-t-il. 
Ahmed, 8 ans, répond que non. Pourquoi ? «Parce qu’ils ont caricaturé le prophète. Moi, je suis avec les terroristes.» 
Le prof alerte son directeur. Ce dernier décide de convoquer le gamin, puis ses parents, qui raisonnent leur rejeton. Mais il ne s’arrête pas là. Le 21 janvier, le directeur de cette école, située dans le sud de la ville, dépose plainte au commissariat pour «apologie du terrorisme» (2).


On ne va pas forcément comparer une blague potache avec des propos idiots. 

Mais, première question : qu'est ce que le professeur d'une classe de CE2 (est-ce que vous vous rappelez de votre niveau de conscience politique en CE2, vous, chers lecteurs ??) avait à demander à des gamins de 8 ans, donc, s'ils étaient Charlie ?

Deuxième question : est-ce que la réponse du gamin (ou plutôt ce qu'il a répété après avoir sans doute entendu un frère ou ses parents en discuter) valait autre chose qu'une heure de colle ou une bonne gifle ? 

Troisième question : sachant que ce gamin de 8 ans (!!) a été convoqué par la police (!!), ne risquera t-il pas de constituer t-il pas un vecteur privilégié de haine anti-française d'ici quelques années ? 


Récapitulons. Nous sommes tous Charlie, c'est à dire tous attachés à la défense de nos valeurs, dont la liberté d'expression, mais :

  • un gamin de 8 ans est mis en examen pour propos qui ne lui appartiennent sans doute pas (tiens, où sont les associations de gauche qui protestaient, sous Sarkozy, contre les interventions de police dans les écoles (3) ?)
  • la ville de Clichy se pose des questions sur une expo qui pourrait heurter la sensibilité des musulmans (4) (mais, pas d'amalgames) quelques semaines après la polémique Houellebecq sur son dernier roman, "soumission"(5).
  • Hollande ne s'excuse pas d'avoir rendu hommage à feu le roi Abdallah d'Arabie Saoudite, tout en rappelant que nous sommes toujours en guerre contre le terrorisme et le fondamentalisme (non, il n'y a pas de contradictions !). 
  • dans le cadre d'une simple législative partielle, Manuel Valls en appelle à "l'esprit du 11 janvier" (6), sous entendant que seul le PS "défend les valeurs de la République"  (mais, non, il n'y a pas de récupération ...)
  • La gauche et l'extrême gauche se félicitent de l'existence des lois Pleven, Gayssot et Taubira, "anti expression raciste", oubliant par la même qu'elles sont à l'origine directe de la concurrence mémorielle dont on voit les conséquence aujourd'hui.


Les réveils en sursaut, c'est mauvais pour le cœur. Certes, il était temps que la France (enfin, plus
précisément la France bobo) se réveille en prenant conscience du décalage, voire du gouffre qui existe entre les valeurs qu'elle affiche et celles qu'elle poursuit.

Oui, il y a des questions à se poser quand à l'existence de systèmes de pensée qui, à l'évidence, ne favorisent pas le vivre ensemble. De là à dire que nous devrions tous penser la même chose, de préférence sous l'égide de ce que peut raconter l’exécutif socialiste, il y a un pas que nous serons nombreux à ne pas franchir, surtout si ce dernier n'est pas capable de surmonter ses contradictions idéologiques.

Tous Charlie, vraiment ?

Vous verrez ! Puisque le gouvernement est en total échec sur le chômage (7), la lutte "contre le terrorisme" sera la carte unique qu'il jouera jusqu'en 2017. C'est plus simple de faire des sites web rigolos (8) que de remettre tout le monde au travail, aspirants djihadistes y compris. 






(1) MarcelPagnol.com le forum
(5) Contrepoints « Soumission » de Michel Houellebecq 10 janvier 2015

vendredi 2 janvier 2015

Hollande rejette la responsabilité du chomage sur les entrepreneurs

En théorie, il aurait fallu s'abstenir de commenter les voeux présidentiels de Hollande. D'ailleurs, les français ne les ont pas regardé (1). Ca tombe bien, Hollande n'a rien dit d'intéressant (2).
Le problème est qu'il est impossible d'ignorer les stupidités étatistes que le président Hollande répète en boucle, espérant peut être qu'elles seront crues, à force, voire qu'elles deviendront des vérités.

Il en est une parfaitement ridicule, qui pourrait être risible si elle ne concernait pas le cas du chômage. Il s'agit de l'attitude de Hollande par rapport au pacte de responsabilité. Le président de la république, constatant que les charges sociales sont plus élevées en France que chez nos voisins, a décidé de mettre en oeuvre un plan d'allègement des charges sur les salaires. Ce plan a été assorti de "contreparties" : les patrons doivent créer des emplois. Citons Hollande : "Aux entreprises maintenant d'embaucher et d'investir, c'est le sens du mot responsabilité. Notre obligation commune, c'est la lutte contre le chômage" (3).

Pauvre François Hollande ... est ce que le président de la République, ex professeur d'économie, (4) diplômé des meilleures écoles, ignore vraiment que le role des entreprises n'est pas de créer de l'emploi, mais de faire des profits, en répondant à une demande et en combinant des facteurs de production, dont le travail ?
François Hollande ne sait-il vraiment pas que les entrepreneurs ne se reconnaissent aucune responsabilité d'aucune sorte en terme d'emploi ?

A sa décharge, notons que le président de la République est prisonnier d'un système de pensée dans lequel il n'y a pas d'individus, avec leurs aspirations propres, mais des agrégats, les ménages, les entreprises, à la tête desquels on peut nommer des syndicalistes chargés de négocier en leur nom. Hollande ne peut pas admettre que les 2 millions d'entrepreneurs de France n'ont pas à obéir aux injonctions venues d'en haut et que le MEDEF ne sera jamais aux entreprises ce que la CGT ou Sud sont éventuellement à la fonction publique.

Les entreprises recrutent notamment quand elles pensent qu'une embauche rapportera plus que ce qu'elle va couter. Si Hollande veut favoriser les embauches, il sait ce qu'il doit faire : commencer par un plan d'économie au niveau de la dépense publique, ce qui permettra de rendre crédible les baisses de charges annoncées. En effet, tous les entrepreneurs ainsi que les contribuables et cotisants sociaux, savent que les taxes et impôts ne peuvent qu'augmenter puisque rien n'annonce une baisse du périmètre de la dépense publique. Ensuite, il doit annoncer la stabilité juridique et fiscale. Dans un pays où même EDF, entreprise publique, est obligée d'aller ouvrir des filiales aux Bermudes ou à Luxembourg pour pouvoir s'en sortir, il est vraiment temps de simplifier et stabiliser l'environnement dans lequel les entreprises opèrent. Enfin, Hollande doit expliquer aux français qu'il n'y a pas de distinction entre les charges sociales patronales et les charges sociales salariales, et qu'il est temps qu'on aborde la question du salaire complet (5).

Le pacte de reponsabilité n'a aucun sens. Le MEDEF a tort de laisser penser qu'il puisse en être autrement. Les emplois ne sont pas un objectif des entreprises, mais un moyen. Les entreprises ne s'engagent à rien. C'est l'Etat qui veut leur forcer la main, de manière parfaitement artificielle, faute de pouvoir créer encore plus d'emplois publics.
Hollande n'a donc qu'à s'en prendre à lui-même et à sa promesse d'inversion de la courbe. Mais évidemment, en tant que chef de l'Etat, il a les moyens de réécrire l'histoire ...!




mardi 2 décembre 2014

Les #QAG qu'on entendra pas cette après-midi à l'@AssembleeNat

Pauvre scène politique française ...! Il aura suffi qu'une élection se tienne au sein d'un parti politique d'opposition, pour que tout le reste disparaisse des écrans radars des journalistes, et donc des députés. Car il apparaît de plus en plus clairement que le théâtre des questions au gouvernement a de moins en moins à voir avec le contrôle de l'action de l’exécutif par les élus de la Nation, et de plus en plus à voir avec une comédie, jouant sur le comique de répétition, le ridicule et l'anecdotique. 

Il existe pourtant des députés sérieux, à gauche, au centre ou à droite. Espérons qu'eux mêmes reprennent les QAG suivantes ou bien qu'ils les soufflent à leurs collègues dont les deux missions fondamentales sont, rappelons le, le vote du budget et le contrôle de l'action du gouvernement :

  • Question pour le Ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius : La ministre des Affaires étrangères du Rwanda, Louise Mushikiwabo (1), n'a guère apprécié ce nouveau discours de Dakar prononcé  samedi 30 novembre 2014 par le président Hollande lors du sommet de la francophonie. Passons sur le fait que les médias n'aient fait écho ni du sommet ni du ton paternaliste de Hollande qui rappelle le discours de Guaino-Sarkozy sur l'homme africain. Mr Fabius, pourriez-vous nous rappeler le contenu de la promesse numéro 58 (2) du candidat Hollande, celle qui promettait de rompre avec la Françafrique et de relancer la Francophonie ? Comment articulez-vous cet engagement présidentiel avec les nombreuses guerres lancées depuis 2012, d'une part, et avec le ton de ce nouveau discours de Dakar, d'autre part ? 
  • Question pour la Ministre de l'Écologie, Ségolène Royal : les Bonnets Rouges avaient été clairs : pas d'écotaxe ! Comment se fait-il que l'écotaxe revienne sur la table (3) ? Et en quoi une ecotaxe régionalisée serait compatible avec le concept d'égalité des français devant l’impôt ? 
  • Question pour la Ministre de l'Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem : Par un décret, paru au J.O du 20 novembre, vous avez mis un terme au redoublement (4). Madame Belkacem, plutôt que de diriger l'Education Nationale de haut en bas, pourquoi ne pas faire confiance aux communautés éducatives et les laisser gérer elles-mêmes leurs programmes et ses modalités d'application ? A quand la liberté scolaire ? 
  • Question pour la Garde des sceaux, Christiane Taubira : de nombreux articles de presse , publiés notamment par le Figaro (5) ou Paris Match (6) évoquent, en parlant de la situation fiscale du fils d'un de vos collègues, un possible cas de blanchiment derrière l'achat d'un appartement à 7 millions d'euros par une personne sans activité ni revenus. Madame Taubira, pouvez-vous nous confirmer que la prescription dan cette affaire interviendra dans un mois et que le fils de ce ministre pourra librement jouir de son 285 m² acheté pour près du double du prix qu'il coûtait 4 ans auparavant ? 
  • Question pour le Ministre des Finances, Michel Sapin : vendredi dernier, les allemands ont voté pour un budget en équilibre (7). Est ce que l'Allemagne soigne moins bien ses citoyens ? Eduque t-elle moins bien ses enfants ? Même pas ! Du coup, la question est : quel est le plan français pour tendre vers une telle situation ? Mr Sapin, vous qui êtes si doué pour trouver quelques milliards d'économie à quelques heures d'une réunion avec les autorités européennes à Bruxelles, avez-vous identifié d'autres postes sur lesquels nous pourrions économiser ? Envisagez-vous par exemple, un recentrage de l'état sur ses seules missions régaliennes (police, justice, armée et diplomatie) de préférence gérées au niveau fédéral européen, par Bruxelles, et du coup une mise en concurrence de tout le reste (santé, éducation, etc) ou bien continue t-on avec cette dépense publique énorme, inefficace et injuste ?
  • Question pour le Ministre de la Défense , Jean-Yves Le Drian : pouvez-vous confirmer ou infirmer les informations de l'Opinion (8) qui note que trois après la chute de Mouammar Kadhafi, la France réfléchit à un nouvel engagement de ses forces armées en Lybie ? Avec quelle budget voulez-vous vous lancer dans une nouvelle guerre, et pour quels objectifs stratégiques ? 
  • Question pour la Ministre de la Santé, Marisol Touraine : madame la ministre, pendant que vous commentez la révolte des patrons contre l'excès de contraintes et de réglementations (9), vous ne vous occupez pas de la santé des français. Un seul exemple ? Où est votre réactions au sujet de l'incendie dans la centrale nucléaire de Tihange (Wallonie) dimanche dernier (10) ? Avez-vous rappelé aux populations du Nord, de Lorraine et d'Alsace quels sont les plans à suivre en cas d'incident nucléaire ? Vous-êtes vous mis en relation avec votre homologue belge pour suivre la situation ? Attendez-vous un vrai nouveau Tchernobyl pour dévoiler des plans ou bien constatez vous que, comme pour l'incident de l'usine chimique Lubrizoil de Rouen (11), les gens feront mieux tout seul qu'avec votre "aide" ? 
  • Question pour le Ministre de l'Emploi, François Rebsamen : vendredi dernier, les chiffres du chômage pour le mois d'octobre ont été révélés (12). Le nombre de demandeurs d'emplois en France, inscrits à Pôle Emploi de catégorie A s'établit à 3,46 millions en France métropolitaine à la fin du mois d'octobre 2014. Sur une année, le nombre de personnes au chômage a augmenté de 5,5%. Et au total, le nombre total de demandeurs d'emplois inscrits à Pôle Emploi (catégories A,B,C) était de 5,15 millions en France métropolitaine à la fin du mois d'octobre. Mr Rebsamen, nous n'avons pas vu votre réaction sur ces chiffres du chômage, où étiez vous ? En week end à Dijon, ville dont vous êtes toujours conseiller municipal ?
  • Question pour le Secrétaire d'État, chargé de la Réforme de l'État et de la Simplification, Thierry Mandon : entendez-vous le message des citoyens, qu'ils soient chef d'entreprise ou salariés ? Ils en ont assez des propos vides de sens. Mr Mandon, quand est-ce que le gouvernement va cesser de moquer du monde ? Qu'en-est il de cette simplification administrative où, par exemple, le silence de l'administration vaut approbation sauf... dans la majorité des cas (13) ? 
  • Question pour le Ministre de l'Économie, Emmanuel Macron : votre gouvernement n'a toujours pas transposé la directive européenne 92/50/CEE (14) et votre majorité socialiste a récemment renforcé les sanctions contre les personnes qui ne souhaitent plus, conformément à la législation européenne, être forcément affiliées à la Sécurité Sociale. Puisque les autorités publiques affirment être dans leur bon droit, peuvent-elles au moins apporter la preuve de la légalité de l'existence du RSI (15) ? Etant donné que le RSI tue (16), il serait bon qu'il le fasse au moins légalement !
  • Question pour Manuel Valls, premier ministre : votre ministre des relations avec le parlement, Jean-Marie le Guen, ne semble pas être interessé par une PPL visant, comme le propose l'association Contribuables Associés (17), à rendre inéligible à vie les élus fraudeurs. Allez-vous, Mr le Premier Ministre, reprendre cette proposition et batir cette république irréprochable sur laquelle vous aviez tant communiqué ? 

Gageons que les députés préféreront parler d'obscurs amendements de régularisation du budget 2014, du "danger fasciste qui menace". C'est vrai que, voter un budget en équilibre (donc en baisse) et contrôler l'action du gouvernement, ça serait trop demander ...!



Sur le même sujet 





(5) Paris Match Thomas Fabius - la roue tourne 25 juillet 2013
(6) Le Figaro Thomas Fabius dans l'œil du fisc 1 mai 2013 
(11) Le Parisien Libéral Fuite de gaz de Rouen : on a connu le gouvernement plus bavard 24 janvier 2013

vendredi 27 juin 2014

Chômage : @RoyalSegolene dit ce qu'elle en pense.

Le chômage a encore augmenté.La France n'est ni présidée, ni gouvernée. Ségolène Royal, 28 juillet 2011.
L'analyse de la ministre et ex-compagne de François Hollande est-elle toujours valable ?



Finalement, face aux 5 millions de chômeurs, c'est peut-être Michel Sapin qui a trouvé la bonne réaction (1)