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vendredi 15 janvier 2016

Paris, l'Essonne et la Seine Saint Denis sont dans un bateau ...

... Et le bateau coule !

Ce bateau, il ne s'appelle pas Titanic, il s'appelle finances publiques de la République socialiste Française. 

Prenez un peu l'actualité de ces derniers jours : 

  • "L’Essonne se dit dans l’impossibilité de payer ses aides sociales" (1) 
  • "La Seine-Saint-Denis a décidé de ne pas prendre en compte dans son budget la hausse du RSA" (2)
  • "Standard & Poor's prévoit toutefois une dégradation des comptes de la capitale en raison des baisses de dotations de l’Etat, la hausse des dépenses sociales et l’augmentation de la péréquation"
les faits sont clairs : les collectivités franciliennes sont pour certaines en grande difficulté (euphémisme), pour d'autres contraintes de faire face à une explosion des dépenses sociales. Et cela ne dépend pas de la couleur de la majorité actuellement aux commandes : le socialisme, de gauche comme de droite, atteint ses limites. 
En effet, que s'est-il passé ? Le contexte global, chacun l'a bien en tête. Alors que les finances publiques sont globalement déficitaires (il y a soit trop de dépense publique au sens large, soit pas assez de prélèvements d’impôts et de taxes), l'Etat a mené une politique assez hypocrite de transfert de charges (notamment, le paiement du RSA, délégué aux départements), sans transférer aux collectivités territoriales les ressources afférentes. 
Il ne s'agirait quand même pas que les départements soient libres de taxer et de dépenser comme ils le veulent ! 

Cette politique de cavalerie jacobine, encore une fois, on ne peut pas simplement l'attribuer à Valls et Hollande. C'est bien la précédente majorité qui l'a initié. En revanche, ce qui pourrait être considéré comme drôle (ce qui ne l'est pas, puisqu'au final, ce sont les bénéficiaires potentiels qui trinqueront), c'est que les collectivités locales, toutes de gauche jusqu'aux premières défaites socialistes, à partir de 2013, ont avalisé cet état de fait, mieux, elles l'ont applaudi, comme si il s'agissait, dans ce domaine comme dans d'autres, de dire qu'une bêtise mise en oeuvre par la gauche n'est pas vraiment une bêtise. 

Souvenez-vous de la renonciation d'Anne Hidalgo et Bertrand Delanoé à réclamer à l'Etat PS le milliard d'euros des Parisiens, alors qu'ils n'avaient cesse de s’époumoner quand Sarkozy et Fillon dirigeaient le pays (5) !


Anne Hidalgo : "L'Etat doit plus d'un milliard... par AnneHidalgo


Mieux, faut-il traiter en psychiatrie tous ces élus députés PS qui sont aussi, à temps partiel, des élus départementaux dans le 93 ou ailleurs ? 
On entend dire "l'Etat doit prendre en charge les difficultés budgétaires des départements". Mais l'Etat, outre le fait qu'en théorie, on devrait dire "les contribuables, représentés par les autorités publiques", n'est ce pas toujours un peu les mêmes personnes qui, un jour, sont conseillers généraux, le lendemain ministre de la ville (chargé de dépenser), le surlendemain député (charger de voter et contrôler les dépenses) ? 

Les citoyens ont voulu croire au miracle, oubliant que dépenses publiques ne tombent pas de nulle part. Le retour au réel va faire mal.
Dommage qu'ils n'aient pas voulu entendre le langage de vérité, notamment celui des libéraux, surtout quand on sait que le RSA et les dépenses sociales n'aident pas les pauvres à s'en sortir. Ils ne font, au mieux, que maintenir les bénéficiaires dans la pauvreté et la précarité sous tutelle (6) administrative  !



(3) Le Parisien Budget : la Ville de Paris conserve son « AA » 20 décembre 2015



jeudi 18 juin 2015

Et maintenant, une loi anti discrimination des pauvres !

L'enfer législatif est pavé de bonnes intentions. Vous le saviez déjà. Mais avez vous vu la dernière idée des sénateurs ?  Le Sénat a reconnu ce jeudi que la pauvreté pouvait être un critère de discrimination, en adoptant un projet de loi d'un sénateur socialiste. (1)

Cela fait des années qu'ATD Quart Monde dénonce l'existence de cas dans lesquels les pauvres (2). Les cas les plus connus, ce sont ces affaires où des médecins refusent de soigner des gens qui sont couvert par le dispositif CMU. 

ATD Quart Monde nous apprend également ce qu'on savait intuitivement, à savoir le fait que dans des testings de CV, quelqu'un qui a, dans son parcours, été dans une structure d'insertion sociale par le travail, est discriminé. Autrement dit, les emplois jeunes enferment leurs bénéficiaires mais ne leur permettent surement pas de s'insérer.




Alors, face aux refus de soin ou face aux discriminations diverses et variées, fallait-il légiférer ? 
Le législateur propose de punir de peine de prison et d'amendes les auteurs de telles discriminations. L'intention, lutter contre les discriminations, est louable, mais dans un pays qui comprend entre 5 et 8 millions de pauvres selon l'INSEE, soit autant de victimes potentielles, qui peut croire que l'on va pouvoir lutter contre cela ? 
Va t-on mettre en prison les sans doute milliers de médecins qui discriminent ? Forcer les employeurs à embaucher, surtout s'ils ont le choix des candidats ? 

Evidemment, c'est trop compliqué pour des socialistes (de gauche comme de droite) de reconnaître quelques vérités simples : d'une part, les dispositifs publics censés aider les gens tombent souvent à coté de leur objectif, de manière intrinsèque, car l'intervention publique introduit toujours de la complexité (papiers à remplir, critères à respecter, administrations à contacter ...). Or, tout le monde n'est pas adepte du "pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?"
D'autre part, les dispositifs d'aide sont effectivement des marqueurs sociaux (pensez aux tickets de rationnement que l'UMP proposait en 2010) et c'est exactement pour cela que, quand ils ont encore le choix, les pauvres n'en veulent pas (3). Et oui, eux aussi ont leur dignité. 

La meilleure lutte contre la discrimination, c'est une politique pro business, qui permettra de revenir à de meilleurs niveaux d'emploi. Quand les employeurs auront épuisé le stock de candidats 100% désirables (la bonne adresse, la bonne apparence, le bon sexe), alors ils se tourneront vers les autres. Quand à la lutte publique anti pauvreté, elle est inutile tant que les politiciens n'auront pas compris qu'il faudrait passer d'une logique centralisée de stock à une logique décentralisée de flux. Evidemment, cela présuppose un certain nombre d'actions (4) que des étatistes ne sont pas près de mettre en oeuvre ...




(3) Le Parisien Libéral Tickets de rationnement pour les pauvres : stop ! 16 août 2010 
(4) Contrepoints « Mort aux pauvres ! » 4 mars 2015