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mardi 5 avril 2016

Football, rugby : attention à la bulle des stades en Ile de France !

Pas trop branché football, surtout en ce qui concerne les petits matchs locaux ?

Alors sans doute le derby parisien, le match Red Star de Saint Ouen contre le Paris FC, vous aura échappé. Pour info, c'est le Paris FC qui a remporté ce derby (rencontre sportive entre deux villes géographiquement voisines) face au Red Star, à Beauvais (2-4).



Le fait qu'il y ait trois clubs franciliens qui évoluent en Ligue 2, l’US Créteil-Lusitanos, le Paris FC, et le Red Star est un peu exceptionnel, surtout quand on pense que le Red Star pourrait monter en Ligue 1, la division dans laquelle les grands clubs comme le PSG jouent. Et après 32 journées de Championnat, le Red Star est 5e à deux points du podium (1) et donc de la montrée en Ligue 1. 

Or, le problème, et il s'est illustré avec ce match entre deux clubs francilien joué en Picardie, c'est que le stade du Red Star, le Stade Bauer, situé à Saint Ouen juste derrière le périf, est vétuste, à tel point que les autorités interdisent d'y jouer. 

C'est la que le contribuable, celui qui n'aime pas forcément le football, ou même celui qui aime le foot mais qui n'a pas envie de payer des dizaines de millions pour des stades occupés au mieux une fois par semaine, intervient.

Chaque fan de foot vous dira : un club, c'est une équipe, et un stade. Et pas n'importe quel stade. Tous les stades ne se prêtent pas de manière optimale à la pratique du football, (bien que les Brésiliens, pour ne citer qu'eux, ont crée parmi les meilleurs joueurs du monde, sur de simples terrains vagues). Par exemple, le stade Charlety, dans le XIIIeme arr, stade du Paris FC, n'est pas un stade de foot, et la fréquentation s'en ressent : le Paris FC ne fait jamais le plein. Le problème, c'est que construire un stade coûte très cher. 

A Saint Ouen, depuis 2014, un maire UDI, William Delannoy, tente de redresser les finances de sa ville qui avait été gérée par le Parti Communiste Français depuis 1945. En 69 ans, entre 1945 et 2014, trois maires communistes se sont succédés à la tête de Saint Ouen. Ils ont eu le temps de mettre en oeuvre leur politique. Leur successeur, William Delannoy, a décidé qu'il vallait mieux détruire un stade devenu dangereux et, en plus, plombé par l'amiante, et ne pas consacrer 20 millions d'euros à la reconstruction d'un stade. Mais il ne s'est pas contenté de faire du blocage : il a aussi avancé une solution en formulant la proposition suivante aux dirigeants du Red Star : une signature de convention de bail emphytéotique. «La ville de Saint Ouen aurait mis le foncier à disposition du club pour 1 € symbolique de loyer par an, sur une durée à déterminer. Après, ensuite, le Red Star aurait eu à trouver les partenaires financiers pour construire un stade.

Quelle est la réaction des diverses parties prenantes impliquées dans le dossier ? Celle de Vikash Dhorasso, ancien joueur des Bleus et soutien d'Anne Hidalgo, est édifiante (3). Face au plan du maire de Saint Ouen de ne pas mettre d'argent public dans le Red Star, Vikash Dhorasso parle carrément de "position radicale". Au modèle Lyonnais de club de foot privé, et coté en bourse, Vikash Dhorasso préférerait le modèle niçois "dans lesquels les collectivités territoriales se sont engagées et ont participé au financement". 
On croit rêver ! peut-on rappeler que l'Allianz Arena de Nice est un gouffre financier à la charge des contribuables locaux (4) en plus d'être un désastre écologique ?
Vikash Dhorasso rappelle le palmarès et l'historique du club, pour envisager un rôle "social" de "réaménagement de tout un quartier", tout en envisageant que le Red Star corresponde à une demande en football en région parisienne. C'est très possible qu'il ait raison. Après tout, le Red Star est une marque forte, et l'Ile de France est notoirement sous dotée en clubs de foot de haut niveau, surtout en comparaison du nombre d'équipe Ligue 1 ou Ligue 2 à Londres (5). Mais si  Vikash Dhorasso croit tellement au potentiel fédérateur du Red Star, pourquoi ne se sert-il pas de sa notoriété pour lever des fonds ? Les plateformes de crowdfunding sont la pour ca !



La remarque vaut aussi pour le rugby. Face au Stade Français et au Racing 92, les londoniens alignent les London Irish, les London Wasps, les Saracens, les London Welsh, ...

Mais face à ce retard francilien, est ce qu'il faut que les contribuables soient sollicités ? En ce moment, grâce au Conseil Départemental des Hauts de Seine, le Racing 92 se construit l'Arena 92, à la Défense (6). 
Faut-il que les contribuables financent également, contre l'avis de la Cour des Comptes, un stade de rugby de 80000 places (mais soutenu par seulement 40000 fans) dans l'Essonne (7) ? En ce qui concerne ce stade en Essonne, il s'agit d'un projet évalué à 600 millions d'euros, "au montage financier risqué" et "à la rentabilité incertaine", que Manuel Valls, Premier Ministre et conseiller municipal d'Evry veut classer comme "contrat d'intérêt national" (8),
En ce qui concerne le stade de rugby, la Cour des Comptes est très claire : elle conseille de "mettre à profit la période restant jusqu'en 2017 pour rechercher avec la FFR des alternatives à son projet de construction".
Pourquoi Manuel Valls ne lit-il pas ses rapports ? 

C'est quand même paradoxal que des socialistes, des gens a priori opposés à la privatisation des gains et à la socialisation des pertes, soutiennent tous ces projets de stade. 

Peut-être qu'on manque de bons stades de football et de rugby en région parisienne, mais les contribuables ont déjà sur les bras le gouffre du Stade de France. Alors, stop ou encore ?




(5) Liberation Foot : Londres et le désert parisien 17 février 2015
(6) Le Parisien Le conseil général vole au secours de l'Arena 6 juillet 2013


vendredi 15 janvier 2016

Paris, l'Essonne et la Seine Saint Denis sont dans un bateau ...

... Et le bateau coule !

Ce bateau, il ne s'appelle pas Titanic, il s'appelle finances publiques de la République socialiste Française. 

Prenez un peu l'actualité de ces derniers jours : 

  • "L’Essonne se dit dans l’impossibilité de payer ses aides sociales" (1) 
  • "La Seine-Saint-Denis a décidé de ne pas prendre en compte dans son budget la hausse du RSA" (2)
  • "Standard & Poor's prévoit toutefois une dégradation des comptes de la capitale en raison des baisses de dotations de l’Etat, la hausse des dépenses sociales et l’augmentation de la péréquation"
les faits sont clairs : les collectivités franciliennes sont pour certaines en grande difficulté (euphémisme), pour d'autres contraintes de faire face à une explosion des dépenses sociales. Et cela ne dépend pas de la couleur de la majorité actuellement aux commandes : le socialisme, de gauche comme de droite, atteint ses limites. 
En effet, que s'est-il passé ? Le contexte global, chacun l'a bien en tête. Alors que les finances publiques sont globalement déficitaires (il y a soit trop de dépense publique au sens large, soit pas assez de prélèvements d’impôts et de taxes), l'Etat a mené une politique assez hypocrite de transfert de charges (notamment, le paiement du RSA, délégué aux départements), sans transférer aux collectivités territoriales les ressources afférentes. 
Il ne s'agirait quand même pas que les départements soient libres de taxer et de dépenser comme ils le veulent ! 

Cette politique de cavalerie jacobine, encore une fois, on ne peut pas simplement l'attribuer à Valls et Hollande. C'est bien la précédente majorité qui l'a initié. En revanche, ce qui pourrait être considéré comme drôle (ce qui ne l'est pas, puisqu'au final, ce sont les bénéficiaires potentiels qui trinqueront), c'est que les collectivités locales, toutes de gauche jusqu'aux premières défaites socialistes, à partir de 2013, ont avalisé cet état de fait, mieux, elles l'ont applaudi, comme si il s'agissait, dans ce domaine comme dans d'autres, de dire qu'une bêtise mise en oeuvre par la gauche n'est pas vraiment une bêtise. 

Souvenez-vous de la renonciation d'Anne Hidalgo et Bertrand Delanoé à réclamer à l'Etat PS le milliard d'euros des Parisiens, alors qu'ils n'avaient cesse de s’époumoner quand Sarkozy et Fillon dirigeaient le pays (5) !


Anne Hidalgo : "L'Etat doit plus d'un milliard... par AnneHidalgo


Mieux, faut-il traiter en psychiatrie tous ces élus députés PS qui sont aussi, à temps partiel, des élus départementaux dans le 93 ou ailleurs ? 
On entend dire "l'Etat doit prendre en charge les difficultés budgétaires des départements". Mais l'Etat, outre le fait qu'en théorie, on devrait dire "les contribuables, représentés par les autorités publiques", n'est ce pas toujours un peu les mêmes personnes qui, un jour, sont conseillers généraux, le lendemain ministre de la ville (chargé de dépenser), le surlendemain député (charger de voter et contrôler les dépenses) ? 

Les citoyens ont voulu croire au miracle, oubliant que dépenses publiques ne tombent pas de nulle part. Le retour au réel va faire mal.
Dommage qu'ils n'aient pas voulu entendre le langage de vérité, notamment celui des libéraux, surtout quand on sait que le RSA et les dépenses sociales n'aident pas les pauvres à s'en sortir. Ils ne font, au mieux, que maintenir les bénéficiaires dans la pauvreté et la précarité sous tutelle (6) administrative  !



(3) Le Parisien Budget : la Ville de Paris conserve son « AA » 20 décembre 2015