Affichage des articles dont le libellé est pacte de responsabilité. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est pacte de responsabilité. Afficher tous les articles

lundi 20 avril 2015

"Il faut que les entreprises jouent le jeu" (@MarisolTouraine)

Avez-vous écouté Marisol Touraine, hier, sur BFM TV, interviewée par Apolline De Malherbe ? Quand on lit ce qu'elle a déclaré, on comprend mieux certains des problèmes dont souffre notre pays.
Il y avait une vérité dans ce que  Marisol Touraine a pu raconter :

En effet, dans la configuration actuelle, comme le rappelait le bloggeur le Duff (1), la situation est incertaine et bien que le pays soit à "droite", Hollande conserve toutes ses chances pour 2017. 

En revanche, la Ministre des Affaires sociales, de la Santé, et des Droits des Femmes a aussi déclaré ceci : "Il faut que les entreprises jouent le jeu", "et toutes ne remplissent pas leur part du contrat pour l'instant. Il faut les dirigeants d'entreprises "mettent les bouchées doubles" pour atteindre les objectifs du gouvernement" (2). Et là, c'est plus gênant. 

C'est plus gênant car des propos pareils ne peuvent trahir que deux attitudes : le cynisme ou l'incompétence. 
Soit Marisol Touraine ne croit pas ce qu'elle dit, et il ne s'agira finalement que d'un foutage de gueule de la traduction de la propension qu'ont les ministres (de droite comme de gauche) à prendre les français pour des idiots et des enfants incapables de supporter la vérité. 
Soit Marisol Touraine croit ce qu'elle dit, et là c'est plus grave, il s'agirait de la part d'une ministre d'une méconnaissance du réel. 

En effet, les entreprises ne sont pas la pour jouer un jeu, elles n'ont aucun contrat avec les autorités publiques et les dirigeants d'entreprises ne sont pas la pour permettre au gouvernement d'atteindre ses objectifs. 

Si vraiment des membres du gouvernement sont persuadés du contraire, c'est inquiétant. Du coup, on pourrait comprendre pourquoi ils pensent que quand ils négocient quelque chose avec le MEDEF, ils pensent négocier avec les entreprises. Mais le fait est que dans une économie libre, les syndicats patronaux ne peuvent pas être aux entrepreneurs ce que les syndicats de salariés sont à des fonctionnaires grévistes. Les entrepreneurs n'attendent de directives ni du MEDEF, ni du gouvernement.
Quand est-ce que le gouvernement comprendra que l'emploi n'est pas un but, mais un moyen des entreprises, et que par conséquent, il conviendrait d’arrêter aussi bien les "aides" que le matraquage ? 

Oui, il ne faut PAS aider les entreprises. Soit elles parviennent à survivre en faisant du profit et donc en satisfaisant leurs clients, soit elles doivent disparaître. Mais on ne voit pas très bien pourquoi (ni même comment) elles répondraient aux injonctions de Marisol Touraine ? 
Les entreprises ne recrutent pas pour le plaisir, mais parce qu'elles estiment qu'une telle action leur rapportera plus qu'elle ne leur coûtera, tout en ayant des risques limités. 
Or, l'instabilité juridique et fiscale fait partie de ses risques. 

On veut bien que Marisol Touraine ne soit pas au courant de ce genre de réalités assez basiques. Mais rien ne lui empêche de s'informer. 
Et si elle veut "aider", alors qu'elle coupe dans les "aides" (3) et autres "dispositifs de soutien".





Il n'y a qu'un environnement de stabilité juridique et fiscale, sur fond d’impôts faibles (et donc de dépense publique réduite) qui permettra de créer les conditions de possibles créations d'emplois. Rien d'autre.


(1) Le blog du Duff La victoire en trompe l'oeil 4 avril 2015
(2) BFM TV Marisol Touraine 19 avril 2015
(3) Contribuables Associés Les Enquêtes du contribuable "Le grand scandale des aides aux entreprises" (avril/mai 2015) 

vendredi 20 février 2015

Patronat, les mauvais joueurs ? Libé n'a encore rien compris !

Sacré Libé !  

plutôt que d’enquêter sur le risque de faillite prochaine des régimes de retraite Agirc-Arrco (1), plutôt que de parler des signes de faillite de l'Etat français (profs payés en retard, armée qui se sépare de son matériel, négociations pour vendre des iles ...), ou même plutôt que de parler du fait que les profanateurs du cimetière juif de Sarre-Union étaient des antifas (2), d'extrême gauche donc, Libération, toujours dans sa stratégie de recherche de bouc émissaires et d'alignement sur les thèses du gouvernement, décide de faire sa Une sur "le patronat, les mauvais joueurs"(3). 

Mauvais joueurs dans quelle pièce ? Le sketch, assez mauvais, que nous servent Hollande et le gouvernement en guise de politique de redressement de la compétitivité des entreprises, le pacte de responsabilité.

Pour Libération, Le double échec des discussions par branche sur les contreparties au pacte de responsabilité ainsi que celles sur la réforme des rapports sociaux révèle "le peu de cas que le patronat fait des négociations". Globalement, le "patronat" ne s'engagerait pas à un nombre suffisant de créations d'emplois, d' amélioration des conditions de travail ou d'investissements en échange de 40 milliards d'euros de baisse du coût du travail que le gouvernement promet.
Egalement publié sur Contrepoints

Seulement, il y a un double problème que le gouvernement refuse d'envisager, en dehors de l'hypothèse des méchants patrons : d'une part, et malgré ce que le MEDEF a pu dire, l'idée même de négocier des contreparties à telle ou telle loi est stupide.
D'autre part, les syndicats patronaux auront beau négocier quoique ce soit, ils ne représentent qu'eux mêmes bien plus que les 2 millions de chefs d'entreprises de France.

Parce que, quand on y réfléchit deux secondes, quel est le lien entre le MEDEF et les entreprises, dont la plupart ne sont pas des membres du CAC 40, mais plutôt des boites entre 0 et 10 salariés ?
Dès lors, et sachant que pour une entreprise, créer des emplois est un moyen mais certainement pas une fin, comment un syndicat patronal pourrait s'engager sur des créations d'emplois ? 

Les syndicats patronaux ont décidé de prêter le flanc à la critique. Ils vont accepter des allègements de charge en échange de contreparties qui n'ont ni queue ni tête et sur lesquelles ils ne peuvent pas formellement s'engager. Ce n'est pas le bon sens qui les étouffent.

Les entrepreneurs ne jouent pas. A la différence des administrations sous pefusion d'argent public ou des médias subventionnés.

Sinon, chez Libé, c'est quoi le plan d'embauche ? 









(3) Libération Des patrons de mauvaise volonté 19 février 2015

vendredi 2 janvier 2015

Hollande rejette la responsabilité du chomage sur les entrepreneurs

En théorie, il aurait fallu s'abstenir de commenter les voeux présidentiels de Hollande. D'ailleurs, les français ne les ont pas regardé (1). Ca tombe bien, Hollande n'a rien dit d'intéressant (2).
Le problème est qu'il est impossible d'ignorer les stupidités étatistes que le président Hollande répète en boucle, espérant peut être qu'elles seront crues, à force, voire qu'elles deviendront des vérités.

Il en est une parfaitement ridicule, qui pourrait être risible si elle ne concernait pas le cas du chômage. Il s'agit de l'attitude de Hollande par rapport au pacte de responsabilité. Le président de la république, constatant que les charges sociales sont plus élevées en France que chez nos voisins, a décidé de mettre en oeuvre un plan d'allègement des charges sur les salaires. Ce plan a été assorti de "contreparties" : les patrons doivent créer des emplois. Citons Hollande : "Aux entreprises maintenant d'embaucher et d'investir, c'est le sens du mot responsabilité. Notre obligation commune, c'est la lutte contre le chômage" (3).

Pauvre François Hollande ... est ce que le président de la République, ex professeur d'économie, (4) diplômé des meilleures écoles, ignore vraiment que le role des entreprises n'est pas de créer de l'emploi, mais de faire des profits, en répondant à une demande et en combinant des facteurs de production, dont le travail ?
François Hollande ne sait-il vraiment pas que les entrepreneurs ne se reconnaissent aucune responsabilité d'aucune sorte en terme d'emploi ?

A sa décharge, notons que le président de la République est prisonnier d'un système de pensée dans lequel il n'y a pas d'individus, avec leurs aspirations propres, mais des agrégats, les ménages, les entreprises, à la tête desquels on peut nommer des syndicalistes chargés de négocier en leur nom. Hollande ne peut pas admettre que les 2 millions d'entrepreneurs de France n'ont pas à obéir aux injonctions venues d'en haut et que le MEDEF ne sera jamais aux entreprises ce que la CGT ou Sud sont éventuellement à la fonction publique.

Les entreprises recrutent notamment quand elles pensent qu'une embauche rapportera plus que ce qu'elle va couter. Si Hollande veut favoriser les embauches, il sait ce qu'il doit faire : commencer par un plan d'économie au niveau de la dépense publique, ce qui permettra de rendre crédible les baisses de charges annoncées. En effet, tous les entrepreneurs ainsi que les contribuables et cotisants sociaux, savent que les taxes et impôts ne peuvent qu'augmenter puisque rien n'annonce une baisse du périmètre de la dépense publique. Ensuite, il doit annoncer la stabilité juridique et fiscale. Dans un pays où même EDF, entreprise publique, est obligée d'aller ouvrir des filiales aux Bermudes ou à Luxembourg pour pouvoir s'en sortir, il est vraiment temps de simplifier et stabiliser l'environnement dans lequel les entreprises opèrent. Enfin, Hollande doit expliquer aux français qu'il n'y a pas de distinction entre les charges sociales patronales et les charges sociales salariales, et qu'il est temps qu'on aborde la question du salaire complet (5).

Le pacte de reponsabilité n'a aucun sens. Le MEDEF a tort de laisser penser qu'il puisse en être autrement. Les emplois ne sont pas un objectif des entreprises, mais un moyen. Les entreprises ne s'engagent à rien. C'est l'Etat qui veut leur forcer la main, de manière parfaitement artificielle, faute de pouvoir créer encore plus d'emplois publics.
Hollande n'a donc qu'à s'en prendre à lui-même et à sa promesse d'inversion de la courbe. Mais évidemment, en tant que chef de l'Etat, il a les moyens de réécrire l'histoire ...!




mardi 22 juillet 2014

Tuez le messager !

Pour Pierre Gattaz, le patron du Medef, "la situation du pays est catastrophique", "proche de la liquidation". L'interview du Figaro a été largement commentée, du Parisien à RTL, en passant par Mediapart. Les réponses les plus épiques et surréalistes sont sans doutes celles de Jean-Claude Mailly, de Force Ouvrière (1), ou inénarrable Christian Eckert (2)  

Mais que répond François Hollande, le Président de la République ? Que Pierre Gattaz a raison ? Que quand on est à presque 100% de dette/PIB, 4% de déficits publics, 0.5% de croissance, 3 millions de chômeurs, on essaye de faire profil bas et on réfléchit à sa politique ? 
Non. Il affirme que Pierre Gattaz doit changer de ton.



Hollande a texto dit à des journalistes "Ce n'est pas la première fois qu'il a ce type de déclarations. Il y a un problème de langage, ce langage-là doit changer."

Déjà, sur la forme, chacun reconnaîtra le "baisse les yeux" caractéristique des gens au profil agressif qu'on peut parfois croiser dans les couloirs du RER ;-) ou à l'Assemblée Nationale (4). De quel droit le Président de la République intime t-il l'ordre à Pierre Gattaz de changer de langage ? Du droit du plus fort ? 





On l'a bien compris. Au sein de l’exécutif en mode panique, l'heure est à l'invective plus qu'au débat de fond.

Ensuite, sur le fond, justement, on se rend compte à quel point le Président Hollande se moque du monde. Partons du principe que le Président de la République, diplômé d'HEC et de l'ENA, certes socialiste donc dogmatique mais néanmoins doté de deux yeux, deux oreilles et un cerveau, sait lire et écouter, notamment les chroniques de sa nouvelle conseillère, Laurence Boone (5). Gageons aussi le fait que François Hollande a entendu les prédictions économiques de son ami Dominique Strauss-Kahn (6). Autrement dit, même si Hollande et ses ministres en charge des affaires économiques, Valls, Montebourg et Eckert, n'ont pas (re)lu Hayek (7), ils ne peuvent pas ne pas savoir que le rôle de l'Etat doit se limiter au fait de mettre en place un environnement économique, fiscal et social favorable aux entrepreneurs, et non pas tenter de diriger l'économie ou même de favoriser la croissance économique.


Toutefois, la prise de parole de François Hollande permet de rappeler que Pierre Gattaz, lui aussi, a un énorme problème : non seulement il a fait une énorme erreur de communication, avec son badge "1 million d'emploi", mais il a aussi et surtout un problème de représentativité. 
En effet, le Medef a beau être une association d'entrepreneurs (plutôt à la tête d'entreprises plus grosses, plus anciennes et moins dynamiques que ceux d'autres organismes patronaux comme la CGPME ou Croissance Plus), il n'est pas aux entreprises ce que le ministère de la fonction publique est aux fonctionnaires; Pierre Gattaz aura beau négocier tous les pactes du monde, le Medef n'a aucun moyen de forcer ou même d'inciter les entreprises à créer un million d'emploi, ou même 10 000. Les emplois ne sont pas un but des entreprises, ce sont des moyens. Le but des entreprises est de faire du profit. Créer des emplois sont un des moyens, parfois, pour parvenir à ce but. Ni Gattaz ni Hollande ne peuvent ignorer cela. 

Autrement dit, Hollande donne à Gattaz l'importance qu'il n'a pas, pour se dédouaner à l'avance de l'échec 100%  prévisible du pacte de responsabilité. Cette stratégie du bouc émissaire, disons le, est un peu cheap. Pourtant, Hollande avait le choix d'une autre stratégie. Il pouvait par exemple choisir d'arrêter le massacre ultra étatiste, plutôt que de continuer à ménager la chèvre et le chou. Mais il est clair que jusqu'à présent, le président Hollande est en droite ligne avec sa campagne électorale de 2012, fondée sur le mensonge et la politique de l'autruche. La seule chose qui "rassure", c'est qu'en 1979, le Royaume Uni était dans un état voisin de celui de la France de 2014. Alors, même si le Président Hollande choisit de tuer le messager Gattaz et de mettre la poussière sous le tapis, certes les problèmes ne disparaîtront pas, mais les solutions non plus. les solutions, on les connait. Elles s’appellent liberté pour les entrepreneurs.



(1) L'Express l'Entreprise Mailly (FO): Gattaz se situe "entre thatchérisme et poujadisme" 21 juillet 2014
(2) Public Sénat Situation économique de la France «catastrophique» ? 21 juillet 2014 

lundi 28 avril 2014

Soutien conditionnel à Manuel Valls : l'erreur de l'UDI

Egalement publié sur Contrepoints
Dans une volonté d’apparaître non pas comme une opposition de base, mais une opposition constructive, l'Union des Démocrates et Indépendants (UDI) de Jean-Louis Borloo a décidé voter le pacte de responsabilité de Manuel Valls à deux conditions (1) :

  • assortir le coup de « rabot financier » du plan Valls à une série de réformes structurelles plus ambitieuses, « par exemple en appliquant dès 2015 la réforme des retraites fixant l'âge légal de départ à 62 ans »
  • l'accélération des baisses de charges et des impôts pour les entreprises.

Même si les conditions fixées par l'UDI vont dans le bon sens, ce soutien conditionnel du centre droit à Manuel Valls, le premier ministre d'un gouvernement socialiste et fier de l'être, est une triple erreur.

D'une part, la proposition de Manuel Valls est insuffisante (2), tant quantitativement que qualitativement.
Comme le rappelle le Parti Libéral Démocrate (3),  pour Valls, il n’est pas question de diminuer le montant des prestations sociales et il n'est pas question de revenir sur la création de postes dans la fonction publique : les postes d’enseignants (60 000 en 5 ans) seront créés.
Manuel Valls a beau être un peu moins dogmatique que Christian Eckert, Karine Berger ou Yann Galut, il n'en reste pas moins un socialiste qui veut "sauver le système de protection sociale à la Française". On est donc à des années lumières de la révolution Thatchérienne qui, rappelons-le, a sauvé le Royaume Uni de la faillite totale au début des années 80.
Soyons clairs : l'UDI a fort à propos publié un contre pacte, prévoyant d'économiser non pas 50 milliards d'euros comme propose Valls, mais 80. Le contre pacte de l'UDI va dans le bon sens (4) mais c'est un plancher. On sait, notamment grâce à l'IFRAP, qu'on pourrait économiser non pas 50 milliards d'ici à 2020, mais 50 milliards par an (5), de manière récurrente !

D'autre part, la démarche conciliante de l'UDI s'inscrit dans la bonne volonté coopératrice que les centristes s'attachent à mettre en oeuvre à Bruxelles, au niveau Européen. Seulement, ici, c'est la France, un régime politique réglementé par les règles de la majorité. Combien de fois Manuel Valls, lors des questions au gouvernement, lorsqu'il était le désastreux ministre de l'intérieur que l'on connait, a clairement fait comprendre à l'opposition UMP-UDI qu'ils n'étaient pas au pouvoir et qu'ils n'avaient qu'à la fermer ? Combien de fois Valls a t-il insulté, au sens propre du terme, l'opposition et tous ceux qui ne pensent pas comme le PS ? C'est tout à l'honneur de l'UDI, héritière de la démocratie chrétienne, que de ne pas rompre le dialogue avec la majorité socialiste et franc-maçonne, mais que les élus centristes gardent à l'esprit que l'introduction de la proportionnelle pour les élections législatives, une promesse du candidat Hollande, n'est plus à l'ordre du jour (6)

Enfin, c'est encore une fois à l'honneur de l'UDI de pallier l'incompétence de la majorité, mais la vérité est, qu'au delà de l'état objectif du pays, ce dernier est aggravé par la présence du Parti Socialiste au pouvoir. Une sage décision serait de laisser couler le PS et tout ce qui s'y rattache. Comment tendre la main à des gens qui, depuis 2 ans, ne cessent de répéter, en questions au gouvernement notamment, que leurs échecs sur le chômage ou sur la dette publique et les déficits sont uniquement dus à la politique de Sarkozy ? L'UDI a la légitimité pour demander que le PS, qui malgré les municipales, détient encore quasiment tous les pouvoirs en France (Elysée, Matignon, Intérieur, Affaires étrangères, villes de Paris, Lille, Nantes et Lyon, majorité de départements et de régions, etc), fasse le ménage. Comment se fait-il que tant d'affaires de corruptions éclatent sans que personne ne dise rien (7) ? Comment est-ce possible que Manuel Valls puisse dire tout et son contraire sans que personne ne réagisse ? Pourquoi laisse t-on le pouvoir à des gens manifestement incapables d'être cohérents et consistents avec eux-mêmes ?

L'UDI ferait mieux de proposer à Manuel Valls de démissionner du PS, de faire amende honorable sur la répression de la Manif pour Tous ou les événements du Trocadero et de dénoncer les extrémistes de gauche autant que ceux de droites. Après examen de son attachement sincère au libéralisme, au principe de subsidiarité, à la décentralisation et au fédéralisme européen ainsi qu'à l'équilibre entre pouvoirs, l'UDI pourrait proposer une adhésion à Manuel Valls. 

Comme cela n'arrivera pas, le plus simple est que l'UDI demande à François Hollande de démissionner et de provoquer des législatives anticipées après dissolution car, in fine, un des problèmes de la France, c'est bien son Président de la République. 




(2) Parti Libéral Démocrate plan d'économies de Manuel Valls : est-on sur la bonne voie ? 17 avril 2014
(4) Le Parisien Libéral #ContrePacte de l'@UDI_off : ca va dans le bon sens 22 avril 2014

mardi 4 mars 2014

Pacte de responsabilité : Hamon veut « baisser le coût du capital »

C'est fou comme même sur les bonnes idées, le gouvernement socialiste arrive à sortir des énormités. 
Exemple : Pacte de responsabilité : Hamon veut « baisser le coût du capital ». C'est rapporté par le Monde, Libération ou Boursier.com
Qui peut être contre n'importe quel juste prix ? Et si le capital est trop cher, en effet, son coût doit baisser. 

Seulement, lisons avec attention les propos de Benoit Hamon. Il dit, pour établir une relation entre pression des dividendes et cout du capital, ceci : 
« Jusqu'en 2008, les entrepreneurs allemands se sont serrés la ceinture puisqu'ils ont consenti une baisse des taux de distribution de dividendes de 10%. Pendant la même période, les chefs d'entreprises français faisaient quoi ? Il augmentaient les distributions de dividendes de 50 % »« Si les marges des entreprises sont plus basses aujourd'hui qu'elles ne l'étaient auparavant, c'est aussi qu'il y a une captation des marges par la distribution des dividendes. »
Hamon nous dit : pour restaurer la rentabilité des entreprises françaises (et donc leur compétitivité), il faut que les entrepreneurs baissent leurs exigences de rémunération sur le capital, à savoir les dividendes. 
Or, ce que raconte Hamon n'a pas de fondement sur le plan de la théorie comptable. Pire, c'est de la com politique qui accrédite des thèses d'extrême gauche et induisent en erreur des non spécialistes des entreprises. Autrement dit, en parlant d'un sujet sérieux, Hamon fait en fait un clin d'oeil électoraliste à la clientèle de Mélenchon. 
Benoit Hamon ne peut pas ignorer comment on calcule une marge.
bourde journaliste france 2 allemagne 640x316 Un journaliste de France 2 confond lAllemagne avec le Royaume Uni
S'il ne le sait pas, il peut aller sur Wikipedia, sur Impots Gouv.fr ou sur la finance pour tous. Ainsi, il apprendra qu'une marge opérationnelle, c'est le chiffre d'affaire d'une entreprise ("ses ventes") moins ses coûts opérationnels, à savoir : le cout d'achat des marchandises, les salaires et charges sociales, principalement. Les dividendes (et même les frais financiers) n'interviennent pas du tout dans le calcul des marges opérationnelles
Benoit Hamon ne peut ignorer non plus que les dividendes sont une fraction des bénéfices. Si cette fraction est de 0%, l'entreprise garde tous ses bénéfices pour renforcer ses fonds propres et, pourquoi pas, réinvestir. Si ce taux est de 100%, l'entreprise distribue tous ses bénéfices à ses actionnaires. Notons que quand l'Etat investit dans une entreprise, le taux est plus souvent au dessus de 50% qu'en dessous. Un hasard sans doute ...(1)
Bref, à partir du moment où Benoit Hamon utilise des raisonnements faux pour étayer ses conclusions, on comprend ce que ces dernières valent. 
Evidemment, se poser des questions sur le coût du capital évite de se demander si les charges sociales sont juste beaucoup trop élevées en France par rapport à ce qu'elles sont en Allemagne, par exemple. 
Décidément, le gouvernement donne tous les jours une raison au Medef pour qu'il refuse purement et simplement le "pacte" de responsabilité ...



(1) Contrepoints L’État actionnaire, un actionnaire impitoyable 8 décembre 2012



Sur le même sujet 

Stupide pacte de responsabilité, un post du 14 février 2014
Près de la moitié des TPE ne connaissent pas le Pacte de responsabilité 21 février 2014

vendredi 21 février 2014

Près de la moitié des TPE ne connaissent pas le Pacte de responsabilité

Or, les TPE, entreprises de 0 à 19 salariés, au nombre de 2,4 millions, représentent 96,8% du nombre total d'entreprises en France. 
Cette évidence, prenons-en le pari, surprendra les autorités politiques. Pourtant, il n'y a rien d'étrange à cela. 
Déjà, être dirigeant d'une TPE, c'est se concentrer sur l'activité de son entreprise au jour le jour tout en essayant d'être à jour avec les obligations administratives et fiscales existantes. 

Ensuite, dans l'esprit de Hollande, Ayrault & co, il existe une sorte d'entité appelé le patronat à la tête duquel on trouverait le patron du Medef, celui ci étant en capacité de diriger l'action des entrepreneurs. 
Mais rien n'est plus inexact. Le patron du Medef n'est pas aux chefs d'entreprises ce que le ministre de la fonction publique est aux fonctionnaires. Le Medef n'a aucun ordre à donner aux chefs d'entreprises.

De plus, il suffit de se rendre sur le site web du Gouvernement pour comprendre que le Pacte de responsabilité est une sorte de projet, sans décisions actées pour l'instant, et qui ajoutera de la confusion au magma administratif et fiscal qui caractérise l'environnement juridique français.  

En conclusion, que les autorités politiques se rassurent. Les entrepreneurs seront assez vite au courant du pacte de responsabilité. Quand ils recevront des avis d'imposition et autres appels à cotisations. 

vendredi 14 février 2014

Stupide pacte de responsabilité

Que se passe t-il quand des incompétents en économie prennent le pouvoir ? Ceci :


des parfaits ignorants, qui répètent en boucle les éléments de langage gouvernementaux, faute de réflexion propre fondée sur le réel.

Oui, Pierre Gattaz et sa par ailleurs très critiquable organisation, le MEDEF, a eu raison de dire qu'il ne pouvait pas y avoir de contreparties au pacte de stabilité, car le "patron des patrons"


  • est à la tête d'une organisation qui représente un nombre réduit d'entreprises françaises
  • n'est pas le chef des entrepreneurs, mais l'animateur d'un de leurs mouvements
  • n'a pas le pouvoir de décider, à la place des entrepreneurs, où et pourquoi il faut créer des emplois. 

Que le gouvernement veuille baisser le taux de prélevements obligatoires, c'est bien. Mais il ne saurait être question de pacte.