Affichage des articles dont le libellé est CAC 40. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est CAC 40. Afficher tous les articles

jeudi 12 mars 2015

Fuite de Paris des sièges du CAC 40 : Anne Hidalgo sous pression !

Il y a un cliché si fermement établi que même l’exécutif (socialiste) parisien pourrait être tenté d'y croire : Paris est assuré de voir ses recettes fiscales maintenues, notamment grâce à la présence d'un grand nombre d'entreprises, à commencer par celles du CAC 40, sur le territoire de la capitale. 

Pourtant, rien n'est moins sûr. Il y a une réalité : la fuite de Paris des sièges de grandes entreprises, notamment celles du CAC 40. 

Selon l'Insee, la capitale comptait officiellement 138 établissements de plus de 1.000 salariés en 2008 mais 123 en 2009. En 2007, Paris concentrait encore 32 % des sociétés, divisions et autres filiales installées en Île-de-France employant plus de 1000 personnes. En 2009, la proportion n'atteignait plus que 29,7 % (1). Et en 2010 déjà, à peine plus de la moitié du CAC 40 avait son siège social à Paris (2). 
La banlieue proche constitue un sérieux challenger pour la ville de Paris (3), puisque le Val de Marne, la Seine Saint Denis et surtout les Hauts de Seine avec la Défense constituent les terres d'accueil prioritaires des sièges des grandes entreprises, quand elles ne choisissent pas d'aller directement à l'étranger, pour diverses raisons ... (4). 

Le mouvement est loin d'être achevé : la Bourse de Paris, Euronext Paris, est sur le départ pour la Défense (5), Aéroports de Paris déménage à Roissy (6) et PSA Peugeot Citroen se rapproche de son usine de Poissy (7).
C'est un problème qu'Anne Hidalgo ne peut pas ignorer. Elle ne le découvre pas non plus, puisqu'elle a été l'adjointe de Bertrand Delanoé depuis 2001. Anne Hidalgo ne peut même pas se cacher derrière les autres fonctions qu'elle occupait durant la période, puisqu'elle était soit manifestement absentéiste en ce qui concerne sa mission d'élue du XVeme arrondissement (8) soit carrément portée disparue en ce qui concerne ses fonctions d'inspecteur du travail  (9) !

Mais en quoi la fuite de Paris des sièges du CAC 40 pose problème ? 

D'une part, la ville de Paris va progressivement devoir se poser de plus en plus de questions sur ses recettes fiscales. Si l'immobilier reste une manne pour Paris (10), avec tous les risques pour le budget de la ville que cela comporte en cas de retournement avéré du nombre de transactions, les entreprises et leurs contributions restent la base du business model parisien de faible imposition des particuliers. 

D'autre part, un siège social en moins, c'est autant de besoins en moins en terme de sandwicheries, de crèches privées d'entreprises, de gardiennage sécurité, bref de tous ces emplois qui nourrissent le tissu entrepreneurial parisien.  Certes, les besoins sont toujours la, ils sont simplement déplacés là où les sièges sociaux se trouvent. 
Et c'est là où ces localisations hors centre posent aussi un problème aux salariés eux-mêmes : en effet, il faut bien se rendre au travail, que ce soit en voiture ou en transports en commun, ou même en Velib' comme semble le suggérer Anne Hidalgo. Or, n'a t-on pas remarqué que l'un des problèmes de la Défense réside dans le fait qu'à la différence de Châtelet les Halles, une seule ligne de RER y passe ? (en attendant le prolongement du RER E vers la Défense et au delà (11)).

Face à l'effet de ciseau (baisse des recettes fiscales issues des transactions immobilières et baisse des taxes payées par les entreprises vs hausse des dépenses pour financer un programme surréaliste de HLM), qu'aurait pu faire Anne Hidalgo ? 

Certes, si les entreprises partent, notamment les plus grandes, ce n'est pas que de la faute de l'exécutif parisien. Il n'est pas que du ressort d'Hidalgo de faire en sorte que Paris puisse offrir des vastes surfaces modernes de bureaux, des accès et des parkings. Les contraintes urbanistiques et environnementales ne sont pas que du ressort de la Mairie de Paris, et Anne Hidalgo ne part pas d'une page blanche. Et ce n'est pas non plus du ressort d'Anne Hidalgo, mais plutot de clui du gouvernement, d'arbitrer entre une TTF pour faire plaisir à l’extrême gauche et des salles de marché à Paris plutôt qu'à Londres.
Mais, sans empêcher les entreprises de déménager, L'actuelle maire de Paris, et précédemment adjointe de Bertrand Delanoé, disposait de la meilleure monnaie qui soit, puisqu'elle est gratuite : la renommée (pas la sienne, celle de la ville de Paris, la marque Paris) pour éviter l'effet ciseau de baisses de recettes et de hausse de la structure de coûts. L’exécutif municipal, qui était si prompt à dénier au Touquet Paris Plage d'utiliser le nom de Paris Plage (cela ne faisait que depuis 1912 que cette ville s'appelait Paris Plage ...(12)) aurait pu proposer à Montreuil (siège d'Ubisoft), Malakoff (siège de LCL) à Saint Ouen ou à Saint Denis (SFR, GDF ...) de devenir des nouveaux arrondissements parisiens, tout comme, en 1860, Belleville, Auteuil, Charonne ou Montmartre ont rejoint la ville de Paris. 
Ce plan, évidemment, devient moins attractif pour les communes riveraines de Paris au fur et à mesure que les entreprises les préfèrent à la capitale, obligeant à ajuster la fair value de la marque Paris ? 

Comme dans tout bon match, l'horloge tourne. Peut être qu'Anne Hidalgo, plutôt que de s'occuper d'arbitrage de matchs de football (13) (surtout qu'avant 2014, on ne lui connaissait pas une grande passion pour le PSG), pourrait s'occuper de l'attractivité économique de la capitale. Ce n'est pas comme si il y avait urgence ...



(1) La Tribune Pourquoi Paris se vide de ses grandes entreprises 10 octobre 2010
(2) Cadremploi Reste-il des grosses entreprises à Paris ? 23 mars 2010
(3) CCIP Nos paris pour Paris 13 décembre 2013
(10) Votre Argent L'immobilier reste une manne financière pour paris 18 décembre 2014

vendredi 20 février 2015

Patronat, les mauvais joueurs ? Libé n'a encore rien compris !

Sacré Libé !  

plutôt que d’enquêter sur le risque de faillite prochaine des régimes de retraite Agirc-Arrco (1), plutôt que de parler des signes de faillite de l'Etat français (profs payés en retard, armée qui se sépare de son matériel, négociations pour vendre des iles ...), ou même plutôt que de parler du fait que les profanateurs du cimetière juif de Sarre-Union étaient des antifas (2), d'extrême gauche donc, Libération, toujours dans sa stratégie de recherche de bouc émissaires et d'alignement sur les thèses du gouvernement, décide de faire sa Une sur "le patronat, les mauvais joueurs"(3). 

Mauvais joueurs dans quelle pièce ? Le sketch, assez mauvais, que nous servent Hollande et le gouvernement en guise de politique de redressement de la compétitivité des entreprises, le pacte de responsabilité.

Pour Libération, Le double échec des discussions par branche sur les contreparties au pacte de responsabilité ainsi que celles sur la réforme des rapports sociaux révèle "le peu de cas que le patronat fait des négociations". Globalement, le "patronat" ne s'engagerait pas à un nombre suffisant de créations d'emplois, d' amélioration des conditions de travail ou d'investissements en échange de 40 milliards d'euros de baisse du coût du travail que le gouvernement promet.
Egalement publié sur Contrepoints

Seulement, il y a un double problème que le gouvernement refuse d'envisager, en dehors de l'hypothèse des méchants patrons : d'une part, et malgré ce que le MEDEF a pu dire, l'idée même de négocier des contreparties à telle ou telle loi est stupide.
D'autre part, les syndicats patronaux auront beau négocier quoique ce soit, ils ne représentent qu'eux mêmes bien plus que les 2 millions de chefs d'entreprises de France.

Parce que, quand on y réfléchit deux secondes, quel est le lien entre le MEDEF et les entreprises, dont la plupart ne sont pas des membres du CAC 40, mais plutôt des boites entre 0 et 10 salariés ?
Dès lors, et sachant que pour une entreprise, créer des emplois est un moyen mais certainement pas une fin, comment un syndicat patronal pourrait s'engager sur des créations d'emplois ? 

Les syndicats patronaux ont décidé de prêter le flanc à la critique. Ils vont accepter des allègements de charge en échange de contreparties qui n'ont ni queue ni tête et sur lesquelles ils ne peuvent pas formellement s'engager. Ce n'est pas le bon sens qui les étouffent.

Les entrepreneurs ne jouent pas. A la différence des administrations sous pefusion d'argent public ou des médias subventionnés.

Sinon, chez Libé, c'est quoi le plan d'embauche ? 









(3) Libération Des patrons de mauvaise volonté 19 février 2015

mardi 21 octobre 2014

Mort de Christophe de Margerie: un peu de décence

Christophe de Margerie, le patron de Total, est mort la nuit dernière dans le crash d'un jet privé de Total à l'aéroport de Vnoukovo, près de Moscou (1). Il avait 63 ans (2). 
L'appareil est entré en collision au moment du décollage avec une déneigeuse, provoquant la mort du chef d'entreprise et des trois membres d'équipage du jet Falcon-50. 

En ces temps d'actualité dominée par la chute du baril (3) et par les tensions géopolitiques, notamment avec la Russie, la mort de Christophe de Margerie prend un relief particulier, qui va au delà de la disparition d'un "simple" PDG du CAC 40.

Ce qui frappe parmi les réactions (4), au niveau national, c'est la nature des remarques que les politiciens formulent ce matin. Globalement, il y a trois camps : les nationalistes qui voient en Margerie un "patriote", les gauchistes partageux qui se réjouissent de l'accident, et les amis du capitalisme de connivence

En ce qui concerne le camp gouvernemental, on ne peut que rire devant tant d'hypocrisie. 

Le Premier Ministre, Manuel Valls, salue "un grand capitaine d'industrie et un patriote" (5). Quelle est la nature et la signification d'un tel message ? Manuel Valls salue t-il celui qui gérait les intérêts de Total (et non pas ceux du parti socialiste au pouvoir), ou bien souligne t-il en creux sa honte de ne pas avoir une famille aussi implantée en terre de France que celle de Margerie ? Certes, le socialisme est forcément nationaliste, mais l'insistance de Valls sur les valeurs patriotes finissent par diluer la signification des mots.
Les intérêts de Total, entreprise multinationale autant française (Elf, CFP) que belge (Fina) ou gabonaise, ne devraient pas se confondre avec ceux de la France, comme tentent de le faire croire un certain nombre de politiciens, comme Michel Sapin, Emmanuel Macron et autres. D'ailleurs, ces mêmes politiciens ne regrettaient-ils pas que Total choisisse, en toute logique, de réduire la voilure des raffineries en France (6), faute de rentabilité ? Ne passaient-ils pas leur temps à commenter la stratégie d'exploration-production en Birmanie ou dans la mer de Barents ? Et Margerie ne critiquait-il pas les sanctions décidées par la France et infligées à la Russie  (7) ?  

Du coté de la gauche de la gauche, les choses sont comiques tant elles sont caricaturales. Il n'y a qu'à lire le tweet de Gérard Filoche, membre du bureau national du Parti Socialiste, ce matin


On rappellera simplement qu'avec, en moyenne, 8% de marge nette (bénéfice/chiffre d'affaires), Total n'est pas une entreprise qui exploite, à la différence de l'Etat qui n'hésite pas à taxer à près de 150% le litre d'essence, avec la TIPP et la TVA (8).
Filoche n'aime pas le vol ? Pourquoi ne demande t-il pas à ses amis du PS d'annuler la hausse de 4 centimes de taxe supplémentaire par litre de gazole décidée la semaine dernière (9) ?

Enfin, certaines affichent leurs larmes à la télévision, sans que l'on sache si elles reflètent la mort d'un ami ou la disparition d'un partenaire de business. La deuxième hypothèse n'aurait rien d'infamant si elle était clairement affichée. Mais bon, on sait que pour certaines cumulardes du parlement européen, l'indécence n'a pas de limites.

On ne peut que saluer la mémoire de Christophe de Margerie, un manager reconnu et apprécié par les salariés de Total. Mais les politiciens devraient se limiter à transmettre leurs condoléances à sa famille. Pour le reste, ils devraient s'abstenir de commentaires.




(1) L'Opinion La Matinale : Total perd son président 21 octobre 2014