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dimanche 25 octobre 2015

Museum Mile de Paris : quoi de neuf en cette fin octobre 2015 ?


Le Museum Mile de Paris, c'est cette zone de la capitale dont la densité en musées d'exception fait écho au Museum Mile of New York, le long de la 5th avenue.  
En effet, entre la place du Trocadero et le Pont de l'Alma, ce ne sont pas moins de  9 musées qui sont présents dans le secteur.









La rénovation du Musée de l'Homme est achevée. Sa réouverture a donné lieu à pas mal de commentaires, en ces temps de débat sur le pays de race blanche, comme si, en 1938, quand le musée a ouvert pour la première fois, il n'y avait pas des scientifiques pour prouver la supériorité de telle ou telle race. D'ailleurs, à la même époque, que disaient-ils des zoos humains, des concepts portés et validés par la troisième république ? Il faudrait peut-être demander aux grands parents de Valls, le white, le blancos. Toujours est-il que le paradis des ethnologues s'est refait une beauté. A vous de voir si il doit être pris en otage par les débats politiciens (1).


Le Musée de la Marine propose une exposition intitulée "dans les mailles du filet". Allez comprendre comment les parents qui cherchent à faire manger du poisson à leurs enfants vont ensuite pouvoir résister à l'argument de la gestion des ressources face à la surpêche ;-). 



La Cité de l'architecture & du Patrimoine analyse le magnifique Mont Saint Michel. 




Le musée national des arts asiatiques – Guimet ,outre ses activités normales, propose de participer à l'acquisition d’une armure de Samouraï, par le biais d'un projet de type don participatif. On ne peut évidemment que saluer l'initiative, en ces temps où la ministre de la culture croit que les contribuables ne sont pas assez tondus.





Le Palais Galliera, le Musée de la mode de la Ville de Paris est fermé. Il devrait réouvrir en novembre, et consacrer une exposition à la Comtesse Greffulhe. 





Le Palais de Tokyo  propose la première rétrospective mondiale sur la vie et l’œuvre du poète américain John Giorno (né en 1936, vivant à New York), figure majeure de la scène underground américaine des années 1960. L’exposition est conçue par l’artiste suisse Ugo Rondinone.





Le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris rend en ce moment hommage à Andy Wahrol. 







Le musée Mona Bismarck American Center for Art & Culture propose de découvrir Particle Falls, une projection interactive, œuvre de l’artiste environnementaliste américaine Andrea Polli, présentée sur le façade de la Mona Bismarck American Center dans le cadre d’ArtCop21,







Enfin, le musée du Quai Branly propose un focus sur "le secret du masque"



Bonnes visites !



lundi 12 octobre 2015

Cheyenne Caron, ou l'impossibilité de sortir de la matrice

Quand on lit certains faits divers, on ne peut que se dire qu'on vit dans un pays de fous formidable.
Tenez, prenez le conflit qui oppose le CNC à Cheyenne-Marie Carron. Le CN quoi ? Cheyenne qui ? 

Cheyenne Carron
Le Centre National du Cinéma (CNC), vous connaissez. Il s'agit de cet organisme, dont, en 2011, l'inspection des finances (pas des anti étatistes, donc) estimait qu'il "avait trop d'argent" (1), et qui supervise l'ensemble du cinéma français.  Le budget du CNC est alimenté par des taxes spécifiques touchant le secteur de l'audiovisuel :
  • Taxe Spéciale Additionnelle prélevée à hauteur de 10,72% sur le prix des places de cinéma
  • Taxe sur les éditeurs et les distributeurs de services de télévision,
  • Taxe sur la vidéo physique et la vidéo à la demande
Autrement dit, tout spectateur de film, ou tout consommateur de services connexes à la TV contribue à faire fonctionner le CNC. Ce dernier se voit doté de diverses missions, dont celle de faire respecter la chronologie des médias (2) 
Quand à Cheyenne-Marie Carron, si vous n'êtes ni un lecteur de la presse qui n'est pas Charlie (Nouvelles de France, Islamisme.fr, B. Voltaire ...) ni un expert en films traitant de la religion (3), et de la chrétienté notamment (4), son existence et celle de ses oeuvres cinématographiques (cinq films) a pu vous échapper. 

Pourtant, ce que vit cette cinéaste est instructif, pour ne pas dire édifiant. Pour son dernier film comme pour les précédents, Cheyenne Carron s'est vu refuser une subvention du CNC. Jusque la, à la rigueur, on se dit que ça n'est pas grave, puisque Cheyenne Carron a mis en oeuvre son plan de se financer par le mécénat (5). Comme dans le cas emblématique de Kung Fury (6), on voit que la création artistique peut passer par d'autres circuits que le financement institutionnel classique. Mais les problèmes de Cheyenne Carron ne se sont pas arrêtés la. 
Après le financement et la réalisation, il a bien fallu distribuer le film. Et la, la dernière œuvre de Cheyenne Carron s'est heurtée aux limites de l'esprit Charlie. En France, en 2015, la liberté d'expression est acquise, dans les limites du "vivre ensemble". L’Apôtre, le film de Cheyenne Carron que le CNC avait refusé de subventionner, n'y voyant sans doute pas d'intérêt (malgré la mission du CNC de promouvoir le cinéma français dans toute sa diversité) a été interdit de distribution, car il risquait de porter atteinte à l'ordre public. De quoi parle ce film ? D'ultra libéraux mangeurs de chatons ? De pédonazis appelant à assassiner le président Hollande ? Non. Même pas. Il s'agit simplement d'une fiction dans laquelle un "musulman d'apparence", comme disait Sarkozy, se converti au catholicisme et est confronté à des réactions diverses de la part de son entourage.





Voila un sujet qui menace donc l'ordre public en France en 2015. Est-ce parce que, aussi minoritaire puisse être cette expérience, on, sait qu'elle existe, ici comme ailleurs (7) ? 

Mais les problèmes ne se sont pas arrêtés la pour la cinéaste. Puisque le CNC n'a pas voulu subventionner son film, et puisque diffuser un film au Lincoln (Champs Elysées) ou au Village (Neuilly sur Seine) peut porter atteinte à l'ordre public, Cheyenne Carron a décidé de vendre son film sous forme de DVD, ce qui n'est pas permis avant plusieurs mois par la règle de la chronologie des médias. Il faut attendre au minimum 4 mois entre la date de sortie du film et sa mise à disposition sous forme de DVD. 

Du coup, le CNC cherche à poursuivre Cheyenne Carron. 




Question : est-il logique que le CNC se permette de superviser la vie d'un film qui est déjà totalement hors circuit et qui n'a pas couté un seul euro d'argent public ? 

http://www.christianophobie.fr/la-une/lapotre-le-film-attendu-desormais-en-dvd#.Vhto2ZdmrYQ
Pourquoi, sur la forme aussi bien que sur le fond, s'acharner sur l’Apôtre et sur sa réalisatrice, sachant qu'ils sont complétement en marge des institutions culturelles ? Est-ce pour envoyer un signal aux outsiders, ou est-ce le sujet traité qui est en cause (à moins qu'il s'agisse des deux ?). 
Question subsidiaire : qui contrôle le CNC, cette institution totalement hors de contrôle et qui refuse jusqu'à l'idée d'appliquer les recommandations de l'Etat en matière immobilière (8)? 
Enfin, quand bien même le CNC serait désireux de faire taire celle qui'il doit probablement considérer comme une cinéaste d'extrême droite, ne pourrait-on pas rappeler que la liberté d'expression ne vaut pas que pour les idées et concepts qui nous plaisent (10) ? 

Il s'agit moins de brider le champ d'action de cette autorité administrative indépendante que d'éviter qu'ils donnent raison a posteriori à l'ennemi public numéro un, Dieudonné, dont la stratégie de victimisation découle du comportement du CNC (11), ne l'oublions pas. 


(2) Wikipedia Chronologie des Medias
(3) Le blog cinéphagemaniac L'apotre, de Cheyenne Carron 20 février 2015
(4) L'Obs Rue 89 Des films cathos retrouvent le chemin des salles, grâce à des mécènes 30 juin 2014
(5) Liberation La phrase de Cheyenne Carron
(6) H16 Du kung-fu, des dinosaures, des Valkyries ? Une autre façon de faire des films 17 mai 2017
(7) Aleteia Maroc : La conversion de musulmans au christianisme soulève la colère dans le pay 30 mars 2015
(8) BFM Business
(9) Le CNC ne veut pas quitter les beaux quartiers de Paris 1 septembre 2014
(10) Génération Libre Pour rétablir la liberté d'expression
(11) Grioo.com Film sur le "Code Noir": Dieudonné s'exprime 17 septembre 2004

samedi 28 mars 2015

Museum Mile de Paris : quoi de neuf en cette fin mars 2015 ?

Le Museum Mile de Paris, c'est cette zone de la capitale dont la densité en musées d'exception fait écho au Museum Mile of New York, le long de la 5th avenue.  
En effet, entre la place du Trocadero et le Pont de l'Alma, ce ne sont pas moins de  9 musées qui sont présents dans le secteur, et ils participent pour la plupart à la #MuseumWeek.







Le Musée de l'Homme est fermé pour rénovation. Sa réouverture est prévue pour le 17 octobre 2015.

Le Musée de la Marine retrace 2000 ans d'histoire du commerce maritime, "de l'amphore au conteneur".



La Cité de l'architecture & du Patrimoine propose de découvrir une maison Normande, la villa Sayer unique habitation individuelle construite en France par l’architecte de renommée internationale Marcel Breuer (1902-1981).




Le musée national des arts asiatiques – Guimet propose une exposition sur 2000 ans de théâtre en Asie.





Au Palais Galliera, le Musée de la mode de la Ville de Paris, on nous propose de (re) découvrir Jeann Lanvin, "la plus ancienne maison de couture française encore en activité".





Le Palais de Tokyo  rend hommage au sculpteur Takis, qui aura 90 ans en 2015, et qui est notamment connu des parisiens pour son monumental bassin de signaux lumineux sur l’esplanade de la Défense, réalisé en 1988.






Le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris rend en ce moment hommage à Georges Noel, artiste français, né en 1924 à Béziers et mort en 2010 à Paris.








Le musée Mona Bismarck American Center for Art & Culture propose de découvrir l'artiste scénique John Cage.  







Enfin, le musée du Quai Branly propose un focus sur "l'Ethiopie, à la confluence des temporalités"



Bonnes visites !


mercredi 25 mars 2015

Felipe VI, Roi d'Espagne, interrompt sa visite en France

Suite au dramatique crash du vol vol 4U9525 de Germanwings entre Barcelone et Dusseldorf, dans les Alpes Françaises, le roi d'Espage, Felipe VI, a préféré interrompre sa visite en France. En effet, ce mardi, le président Hollande et et son premier ministre Manuel Valls devaient accueillir le roi et la reine d’Espagne à Paris (1) , Felipe VI d'Espagne et la Reine Letizia d'Espagne, notamment pour visiter l’exposition Velasquez au Grand Palais (2). Apparemment, cette rétrospective est une première par son ampleur, d'autant plus que ses tableaux quittent manifestement rarement le musée le Prado de Madrid ou des collections privées. 

Evidemment, après l'accident du massif des 3 Evéchés, il n'était plus question de la visite officielle. 


Dommage que cette visite officielle soit annulée. Le motif, un deuil Européen que nous partageons tous aux cotés de nos voisins allemands et espagnols, est parfaitement légitime.



Mais même si Felipe VI n'a absolument aucun rôle constitutionnel, il aurait sans doute eu des choses à dire à la tête de l’exécutif français.
En effet, qui peut nier que alors que la France, depuis 2008, se montre incapable de se réformer, l'Espagne, elle, a supporté une politique de recentrage de l'Etat sur ses seules missions régaliennes, ainsi que d'une austérité sans précédent ?
Peut être qu'à la faveur d'une telle visite, le président Hollande aurait pu comprendre pourquoi l'Espagne reçoit moins de touristes que nous mais en tire plus de recettes, ou pourquoi ce pays se remet à exporter des voitures, y compris "françaises" PSA ou Renault (3).
Pendant qu'on s'interroge, en France, sur notre "modèle" social et qu'on s'imagine que l'Etat doit s'occuper de tout, en Espagne, l'EDF local, Endesa, est privatisé, ainsi que le gestionnaire des aéroports (4), l'eau (Aguas de Barcelona appartient à une entreprise française) ou le contrôle aérien (5), les télécoms bien sur (Il y a belle lurette que l'Etat espagnol n'intervient plus dans Telefonica).

Tout est très loin d’être rose en Espagne, et il faudra des années pour effacer les conséquences de la bulle immobilière des années 2000 alimentée par la politique accommodante de la FED et par la convergence des taux d'intérêts en Europe. Il faudra tout autant de temps pour arriver à un taux de chômage espagnol proche de la moyenne européenne. Certes, un pays ne peut pas se résumer à ses exportations d'huile d'olive ou de voitures crossover. De plus, Le cousin de Louis XX (et descendant de Louis XIV), qui règne sur l'Espagne depuis moins d'un an, a à faire face à un certain nombre de défis à commencer par l'unité de l'Espagne et la possible future sortie de la Catalogne de l'Espagne.

Mais force est de constater qu'entre ces deux monarchies, une officielle, avec un roi, l'autre républicaine, avec des marquis qui se servent de fonctionnaires porte-parapluie parce qu'ils sont plus égaux que les autres (comme la maire de Paris (6)), les sujets de discussion ne devraient pas manquer.

Un ministre français se cache sur cette photo.
Saurez-vous le retrouver ?




mercredi 10 décembre 2014

Zaz, Lilly Wood & The Prick, Steve Bug : mes 3 de l’année 2014

L'ami Lyonnais 100 000 V a décidé de prendre le pendant hivernal de la Radio des Blogueurs , ou quoi :-) ? 
En tout cas, il nous fait part de ses découvertes musicales de l'année en donnant son top 3 : La Smala, 20syl et Casseurs Flowters (Orelsan) et invite  le Faucon et Mehdi (de Geek and more) à faire de même. 

Alors, mettons en avant trois découvertes assez différentes de celles que nous proposent 100 000  V


Commençons par Zaz, qui chante "Paris sera toujours Paris". Zaz, à la base, c'est une "artiste engagée", une star du boboland qui, jusqu'à présent collectionnait les codes des artistes qui plaisent à la gauche. Il aura fallu qu'elle réalise, à ses dépends, qu'il ne faut surtout pas réouvrir le dossier de l'histoire de la France entre 1940 et 1944 pour qu'elle devienne intéressante. En effet, ça devient fatiguant d'entendre que quand les nazis ont débarqué, la vie s'est arrêtée et que 40 millions de français ont pris les armes. Non. à coté des combattants, il y a eu des artistes, des politiciens ou des entrepreneurs qui se sont accordés du nouvel ordre. D'ailleurs, la France n'a pas rejeté la période de Vichy puisque aujourd'hui encore, des centaines de lois liberticides, directement issues de cette période, subsistent et sont toujours en vigueur.
Alors, pour avoir ouvert ce dossier tabou et pour chanter Paris, Zaz mérite bien de représenter 2014.




Deuxième proposition, plus consensuelle, la chanson de l'été, Prayer in C, le remix du dj berlinois Robin Schulz d'un titre du duo parisien Lilly Wood & The Prick. Au moment où on déplore, à juste titre, la dégradation des relations franco allemandes, voila de quoi nous rassurer sur l'efficacité des collaborations entre Paris et Berlin !



Enfin, puisqu'on a franchi le Rhin, signalons ce titre du DJ allemand Steve Bug, Those Grooves, qui date de 2012 déjà. Allergique aux musiques électroniques, s'abstenir ! :-) Steve Bug, bien connu des fans de Miss Kittin, a sorti la un de ses meilleurs titres.



Au tour de l'Hérétique, Corto74 et Philippe Herlin de sortir leur top 3 de 2014 ? Pour Philippe Herlin, ce fan de musique classique qui gère le site dj classical music, parions que la date de sortie de son top 3 sera plutot situé entre 1700 et 1800 et que le violon remplacera le Mac Book Air ? ;-)



Sur le même sujet 

Françoise Hardy-VIP et Thorunn-Complicated 11 juillet 2011
Sex Assets and Waste Management-Disco Depression 21 juin 2012
Zazie - 20 Ans 21 juin 2013
Miss Kittin-Maneki Neko et les Plasticines-Blue Jeans 21 juin 2014

dimanche 27 avril 2014

Museum Mile de Paris : quoi de neuf en cette fin avril 2014 ?



Le Musée Guimet propose un voyage à travers 5000 ans de création en Chine


 Le Musée National de la Marine retrace l'histoire du voyage de l'obélisque de la Concorde



Le Musée de l'Homme est toujours fermé jusqu'en 2015 



 La Cité de l'Architecture propose de revisiter l'impact de la Seconde Guerre Mondial sur l’environnement bâti, en révélant les développements oubliés de l’architecture durant ces années.









Le Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris fait découvrir Raymond Mason 










Le Musée du Quai Branly propose un voyage chez les (amér)Indiens des plaines.








Le Mona Bismarck Museum propose de s'intéresser à Alex Ross, un peintre inspiré par les "super héros"








Le musée Galliera, qui a réouvert, propose "L’exposition Papier glacé, un siècle de photographie de mode chez Condé Nast"

mercredi 9 octobre 2013

La culture n'est pas une valeur marchande ?


Jean-Marie Cavada : "La culture n'est pas une... par www-touteleurope-eu



Les libéraux partagent avec leur famille centriste l’intérêt pour le fédéralisme Européen et les libertés économiques et sociétales. Mais il existe aussi un certain nombre de points de discussion. 

Exemple ? Les expressions du type "La culture n'est pas une valeur marchande". 
Jean-Marie Cavada, député Européen élu dans la circonscription Ile de France, le pense, et du coup arrive aux conclusions suivantes : 
  • les pays doivent s'occuper de la production culturelle
  • l'Europe doit  s'occuper pour donner des moyens d'acheminement auprès des gens, par les réseaux numériques, de la production culturelle
  • Il faut défendre l'exception culturelle
  • Si on marchandise, n'est produit uniquement ce qui est vendable
  • Le vivre ensemble Européen s'appuie sur la culture et permet de triompher de la barbarie qui a faillu tuer le continent Européen par deux fois

Certes, cette interview est un montage. Du coup, on ne comprend pas tout à fait si Jean-Marie Cavada défini avant de les utiliser les termes de culture, biens culturels et production culturelle. 

En effet, il existe une confusion permanente, y compris dans cette video, entre culture et produits culturels. La culture, ce serait non pas un ensemble 1 / connaissances dans un domaine particulier 2/ ensemble des phénomènes matériels et idéologiques qui caractérisent un groupe ethnique ou une nation ou 3/ ensemble de signes caractéristiques du comportement de quelqu'un (voir le Larousse) mais, simplement, des films, de la musique, des livres ...

A cette aune, l'Europe serait menacée par une hégémonie culturelle américaine (thèse des milieux culturels publics français) ou arabo-musulmane (thèse des français). 
Permettons d'en douter. 

Déjà, il est contestable de dire que les Etats-Unis dominent le monde, numérique notamment, par leur production culturelle. Ce sont des firmes, type Google, Yahoo, Disney ou Facebook qui dominent. Et ces firmes sont aux Etats-Unis et dirigées par des américains. Mais si la France et l'Europe sont autant perméables, non pas à la culture américaine mais aux biens culturels américains, c'est peut-être que, finalement, les Américains sont les gens les plus proches de nous sur une terre qui, rappelons le, est dominée par la Chine et l'Inde, démographiquement et culturellement. 

Vous ne croyez pas que l'Inde soit un pays dominant ? Un seul mot : Bollywood. Ils écrasent de très loin Hollywood de leur production cinématographique. Le fait que l'Inde se résume, en France, à deux rues aux odeurs de safran, près de la Gare du Nord à Paris, ne doit pas nous faire oublier cela. 

Ensuite, et en assimilant culture et pays, ce n'est pas un pays qui domine, mais un Etat, la Californie. La Silicon Valley est Californienne, tout comme le Plateau de Saclay est français avant d'être Européen. Il fat comparer les choses comparables. Les Etats Unis sont un pays disparate aux cultures (pratiques culturelles) variées et il n'y a absolument rien à voir entre le Mississippi et le New Hampshire, tout comme, en Europe l'Espagne et le Danemark ne partagent pas grand chose en dehors du fait d'être des monarchies constitutionnelles membres de l'UE et de l'OTAN. 

De plus, si on accepte d'assimiler culture et biens culturels, alors on se demande bien pourquoi l'ère pré
capitaliste et pré-mondialisation nous a legué tant de biens culturels en Europe, des grottes de Lascaux à la bible de Gutenberg, en passant par le plafond de la Chapelle Sixtine. Peut-être qu'il convient de dénoncer l'idée selon laquelle les artistes étatisés et subventionnés d'aujourd'hui aspirent tous, en réalité, à vivre plus que royalement de leur art. 
En vérité, la production culturelle se fait parce qu'il existe des passionnés, des gens qui aiment ce qu'ils font. Artiste, c'est à dire auteur et producteur de biens culturels, ce n'est pas un métier, c'est une vocation. Le fait que des artistes deviennent riches a toujours existé, le mécénat l'a permis. Mais cette conséquence n'a jamais été une intentionnalité.

Quand à ce qu'on appelle culture, au sens classique du terme, c'est à dire culture élitiste et que certains regrettent qu'elle se perde, elle n'est que le fruit d'un filtre historique qui a transformé les pop stars d'une époque en icones intertemporelles. N'hésitons pas à le dire, Mozart ou Picasso ne sont pas plus culturels que le joueur d’accordéon dans le métro. La seule différence est que, par rapport aux centaines de musiciens du XVIIIeme siècle ou de peintres cubistes du XXeme siècle, leur souvenir a survécu. Le Chevalier de Saint Georges ou Braque en savent quelque chose.

Alors, du coup, la culture française, on en fait quoi ?

Si on est libéral, on ne fait rien, et on fait confiance aux artistes. Déjà, on évite de dire qu'il y a un lien entre culture et civilisation (au sens classique du terme). On peut etre philosophe ou musicien et pan germaniste (Heidegger, Wagner) ou tueur en série et amateur éclairé de musique, ou écrivain et pédophile.
Ensuite, on se dit que si l'Europe a bien besoin d'un président élu au suffrage universel direct, comme aux Etats-Unis, afin de parachever le fédéralisme, elle n'a surtout pas besoin de politique culturelle. Le shutdown en cours aux Etats-Unis n'affecte en rien la culture américaine, qu'elle fusse populaire (MTV nous informe toujours des dernières frasques de Miley Cirus ou sur le culte de Scarlett Johansson) ou élitiste (le musée Mona Bismarck, dans le XVIe, est toujours ouvert et financé par des entreprises et donateurs). En effet, la culture populaire américaine n'a pas eu besoin de ministère de la culture pour se diffuser (Il n'y en a pas, d'ailleurs).
Enfin, on se dit que les français et les étrangers habitant en France sont assez grands pour savoir, chacun, ce qu'ils veulent. Certains sont excédés par les publicités pour des pizza Hallal ? Qu'ils fassent comme les gays qui protestent contre ce qu'ils perçoivent comme étant de l'homophobie et qui boycottent la vodka russe ou les pattes Barilla, et ne fréquentent plus que des enseignes commerciales qui leur correspondent. Mais qu'ils se posent aussi des questions sur leur abandon d'un des socles traditionnels de la culture française pendant des siècles : l'église catholique.

La culture, au sens courant du terme, ce n'est pas une masse fixe que l'on définirait une fois pour toutes. Elle est ce que nous voulons qu'elle soit, mais sans plan concerté. C'est quand l'Etat se mêle de culture que les choses se gâtent. Il n'y a a qu'à voir ce ridicule marchandage qu'est la loi Amazon, qui consiste à privilégier les libraires aux lecteurs pour comprendre qu'il n'y a que l'Etat, en réalité, qui a intérêt à voir en la culture un produit marchand physique et localisé. Question de taxes et de contrôle, sans doute.

La question reste ouverte, donc : ne pourrait-on pas considérer que si la culture (au sens courant du terme) n'est pas une valeur marchande (or, la production de bien culturels l'est), elle ne doive pas pour autant devenir une prérogative étatique ? La confiance que les centristes et les libéraux démocrates ont en l'action individuelle humaine les rend suffisamment confiants en la capacité de la France et de l'Europe à diffuser ses propres normes culturelles. Après tout, dans le seul cas de la France, le français et la francophonie ne sont-ils pas, déjà, une communauté globale ?