jeudi 29 mai 2014

Barnier ? Lagarde ? Et le respect des électeurs Européens ?

Les élections Européennes 2014 comportaient, nous avait-on dit, une nouveauté à fort enjeu : le choix du Président de la Commission Européenne.

En effet, étant donné que les électeurs des 28 pays pouvaient, peu ou prou, voter pour une couleur politique donnée, des conservateurs aux écolos, en passant par les socialistes ou les libéraux, il avait été dit que de la majorité sortant du Parlement Européen sortirait le nom du chef de la Commission.




Ces candidats avaient dépensé une certaine énergie à se faire connaitre, en se lançant dans une véritable campagne pan-européenne, avec des débats (1).

Or, avant même le vote des citoyens du 25 mai se diffusait la rumeur selon laquelle Christine Lagarde pourrait être, elle aussi, candidate.

La question se repose aujourd'hui, parce que les gouvernements continuent à faire leur travail de sape du fédéralisme, au profit des décisions prises entre gouvernants, au détriment des décisions des électeurs.

Et puisqu'on se permet de remettre en cause les décisions des électeurs, qui, en plaçant le PPE en tête relative à Bruxelles, ont indirectement choisi Juncker, pourquoi, à l'instar de l'élite française, ne pas relancer la candidature de Michel Barnier, pourtant blackboulé il y a quelques mois ?


Tout ceci est bien surprenant. Le Monde écrit "Et si Michel Barnier finissait par l'emporter ? La candidature du Français à la présidence de la Commission européenne est clairement relancée. Elle est jugée très possible dans les milieux français." ou encore " l'ancien premier ministre luxembourgeois se heurte au refus du premier ministre britannique, David Cameron, mais aussi du premier ministre des Pays-Bas, Mark Rutte". 

Autrement dit : le mot final n'appartient pas à l'électeur de base mais au compromis entre chefs d'Etats, y compris Hollande. 

Les mêmes gens qui critiquent les Eurosceptiques et populistes de tous poils sont aussi ceux qui, sur une chose aussi simple de décider de mettre en oeuvre ce qui a été prévu précédemment. 

Quand Hollande choisira le nom du Président de la Commission Européenne, qu'ils n'oublie surtout pas qu'on ne peut pas en même temps accuser l'Europe de tous les maux, critiquer les eurosceptiques et tout faire pour que les Etats conservent leur pouvoir d'intervention sur les institutions Européennes. Peut être qu'à l'occasion de la nomination du futur Président de la Commission Européenne, le Président Hollande pourra rappeler à l'ensemble des français que les Directives Européennes (2), pour ne citer cet exemple, sont toutes avalisées par les chefs des 28 gouvernements (le Conseil) et que les députés Européens n'ont qu'un rôle consultatif.

Qu'on ne vienne pas nous dire qu'il y a trop d'Europe et trop de fédéralisme, alors qu'il y a surtout trop de nationalismes.


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