jeudi 15 mai 2014

Que voter aux Européennes 2014 ?

Dans 10 jours, nous allons voter pour les Elections Européennes. Pour quoi aller voter ? 





Du 22 au 25 mai prochains, près de 400 millions d'électeurs se rendront aux urnes à travers les 28 pays de l'Union européenne pour élire 751 députés pour cinq ans qui occuperont des fonctions globalement semblables à celle d'un Parlementaire de l'Assemblée nationale française, note BFM TV (1). En France, le scrutin se déroulera le 25 mai et enverra à Bruxelles 74 Eurodéputés, soit près de 10% des députés Européens (soit quasiment la part des français dans la population Européenne, 60/500 millions). 
En France, les députés Européens sont élus à la proportionnelle, sur des listes, par circonscriptions qui sont des grandes régions élargies, sur un seul tour

Que font les députés Européens ? 
Les députés Européens ont un rôle législatif partagé. 


D'une part, ils investissent la fameuse Commission Européenne (autrement dit, ils choisissent de mettre à la tête de la Commission Européenne Delors, Santer ou Barroso), et d'autre part, ils codécident des lois européennes, en partenariat avec le Conseil de l'Union Européenne, ce dernier étant composé de représentants nationaux (qui changent selon le sujet traité). 

Est-ce que c'est compliqué ? Oui et non. Les institutions européennes répondent à trois buts contradictoires : respecter les souverainetés nationales (les ministres qui assistent aux Conseils de l'UE y veillent), pousser en avant le projet fédéraliste (c'est le rôle du Parlement Européen, élu au suffrage universel direct par l'ensemble des Européens) et respecter le principe de séparation des pouvoirs. Et ça n'est pas plus ou moins compliqué que le processus législatif national. En France, la majorité des lois sont des projets de lois, et non pas des propositions de loi. Autrement dit, en France, c'est le gouvernement, non élu, qui majoritairement propose aux députés (élus) de voter telle ou telle loi, à commencer par la plus importante : la loi de finance. 

Bien que ce ne soit pas simple, nous Européens profitons des bienfaits que la législation Européenne a apporté aux pays membres. Par exemple ? Le dégroupage. Sans législateur européen, France Telecom n'aurait pas été forcé d'ouvrir ses boucles locales, et l'ADSL serait une offre restreinte et chère. Si Free et tous les autres existent, c'est parce que l'Europe a imposé l'ouverture du secteur. 
Un deuxième exemple ? Le transport aérien. Sans législateur européen, Air Inter (l'actuel Hop) aurait encore le monopole des liaisons intérieures françaises) et aller de Paris à Marseille coûterait bien plus que 100 euros. 
En fait, la lutte contre les monopoles est le principale acquis, pour le grand public, de l'Europe. Pendant que Montebourg et ses prédécesseurs disent vouloir des ententes dans les telecoms, au niveau national bien sur, et sans méchant patron étranger type Patrick Drahi (2) pour perturber le jeu, la justice européenne, elle, sanctionne ces ententes (3).  
Alternative Libérale, en  2009 avait souligné tout cela (4). 

C'est bien dans ce sens que l'on peut dire, à l'instar du discours de l'UDI-Modem/Les Européens, qu'il faut plus d'Europe (5). On voit bien que non seulement les projets Européens sont souvent entravés par des intérêts nationaux, mais que, de  plus, quand des législations européennes sont adoptées, chaque pays les adaptent à sa sauce, quand ils ne camouflent pas, carrément, leur ultra étatisme national derrière des soi-disant règles Européennes. Un seul exemple : l'affaire des escabeaux pour les ramasseurs de fruits. Morano, Alliot-Marie et Copé n'ont pas hésité à accuser l'Europe (6) alors que c'est bien notre pays, le pays des socialistes de gauche et de droite, le pays des 35 h et du Code du Travail le plus épais de l'UE, qui a juste voulu protégé les pauvres ados de 16 à 18 ans contre les méchants patrons exploiteurs

En fait, ces élections Européennes tombent vraiment à pic. 

Elles permettent de souligner l'absence de vision des partis type UMP et PS, qui sont tous les deux attirés par leurs Fronts (de Gauche ou National) pour le coté eurosceptiscisme, leur présence parfois symbolique à Bruxelles, pour cause de cumul des mandats (cf Rachida Dati ou Harlem Désir) et leur incroyable capacité à accuser l'Europe de tous les maux, même quand c'est les faiblesses de la seule France qui sont en cause. 

Du coup, puisque nous n'avons pas UKIP en France, pour qui voter ? Déjà, faites, comme le Duff (7), le test "Européennes 2014 : de quel parti êtes-vous le plus proche ? sur le site web du Monde (8), égalemement proposé par le Soir (9)

Ensuite, regardez le programme de Nous Citoyens, de Denis Payre.

Denis Payre, vous connaissez. C'est cet entrepreneur, qui expliquait à Aymeric Caron  (le tristement célèbre chroniqueur de France 2, payé par l'argent public pour insulter le bon sens) qu'il avait crée 7000 emplois en France et à qui Caron avait répondu "peu importe" (voir à 3'40)



Sa liste, Nous Citoyens, est présente dans l'ensemble du pays (voir l'agenda).

Il y a, pour la circonscription Ile de France, 31 listes qui cherchent à attirer nos suffrages (10). On ne peut donc pas dire que le débat n'a pas lieu, même si ceux qui, comme Paris Europe (11), mettent en scène la campagne ont tendance à faire l'impasse sur ce qu'ils appellent "les petites listes", contribuant ainsi au fatalisme (12) qui veut que la politique soit l'affaire de professionnels accros à leurs mandats.

Alors, allons voter dans 10 jours ! Cela vaut la peine de se mobiliser pour une institution démocratique qui, globalement et même si elle est loin d’être parfaite, tente de protéger les citoyens des dérives qui ont touché et touchent encore l'Europe, telles que le nationalisme.

Mention spéciale à nos amis de l'UMP qui ne savent toujours pas si leur parti est bien fédéraliste, tendance UDI (comme Constance le Grip ou Alain Lamassoure) ou souverainiste (comme Laurent Wauquiez et Henri Guaino). Pourquoi donner vos voix à des gens qui ne considèrent l'UE que comme un soutien à leur propre pouvoir d'achat, un passe-temps en attendant de retrouver un poste à Paris ?








Sur le même sujet, lire aussi : Contrepoints Élections européennes : 4 questions à Denis Payre 15 mai 2014




(4) Le JDD "L'Europe c'est vous" 24 avril 2009

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