samedi 10 janvier 2015

La France va résister au terrorisme ! Mais à l'Etat ?

Ces derniers jours, 17 français ont été victimes des attentats perpétrés par trois terroristes auteurs de l'attentat contre Charlie Hebdo, de la fusillade de Montrouge et de la prise d'otages de Vincennes.

  • Chez Charlie Hebdo, mercredi : les dessinateurs Stéphane Charbonnier alias Charb, Cabu, George Wolinski ,Tignous et Honoré. Bernard Maris, économiste. Mustapha Ourrad, correcteur, ainsi que deux autres collaborateurs : Elsa Cayat et Frédéric Boisseau.  Invité de la rédaction de Charlie Hebdo, Michel Renaud, un ancien directeur de cabinet du maire de Clermont-Ferrand, a aussi été tué. Deux policiers ont également trouvé la mort à Charlie. Franck Brinsolaro du service de protection des personnalités, affecté à la protection de Charb, et Ahmed Merabet., rattaché au commissariat du 11e arrondissement. 
  • Clarissa Jean-Philippe, policière municipale de Montrouge, âgée de 26 ans, tuée alors qu'elle était en patrouille. 
  • Dans l'Hyper Casher de la Porte de Vincennes, Yoav Hattab, Philippe Braham, Yohan Cohen, François-Michel Saada. 
La France a déjà commencé à leur rendre hommage (1), et le fera encore lors des manifestations parisiennes  de ce dimanche auxquelles assisteront nombre de politiciens français et étrangers. Outre l'hommage rendu aux victimes, ces manifestations seront le meilleur témoignage possible des français qui crieront leur refus de la victoire des terroristes. Même si la presse se fait écho de représailles visant des lieux fréquentés par les musulmans (2), même si la communauté juive exprime son inquiétude, (3), la diversité professionnelle et ethnique des victimes des actes terroristes de ces trois derniers jours soulignera à quel point les terroristes ne pourront jamais gagner contre les français, car nous sommes tous ces victimes !


Qu'est ce qui a amené ces franciliens à devenir des terroristes djihadistes? Nous ne le saurons jamais avec précision, puisqu'ils ont été tués lors des opérations de police, ce qui est dommage (il n'y aura pas de procès) mais semble conforme avec les idéaux suicidaires qui les animaient.
Peut-être qu'il reste des Kouachi ou des Amedy Coulibaly en liberté dans la nature, et qu'il y aura encore des attentats.
Mais ne nous y trompons pas.
Ces actes terroristes restent par nature exceptionnels, tant du fait de la  rareté (heureusement) du type de profil psychologique qu'implique de tels comportements que du fait du travail de l'ombre des services de police et de renseignement.

En revanche, outre tous les risques habituels auxquels nous sommes "naturellement" exposés (il est plus probable de mourir écrasé en traversant la rue qu'en vivant un nouveau 11 septembre), il y a un risque que l'on sous-estime en permanence : mourir par la faute de l'Etat.

Entendons nous bien. Prenons l'Etat comme cet ensemble d'institutions ainsi que le personnel chargé de les faire fonctionner, selon un protocole de séparation des pouvoirs (conforme aux idéaux de démocratie.) Parfois, la démocratie fonctionne, et dans ce cas, l'Etat, recentré sur ses missions régaliennes, met en œuvre des lois claires et simples, votées par des parlementaires indépendants et responsables, surveillant effectivement le gouvernement et comptant sur une justice diligente et impartiale pour faire appliquer la loi et faire respecter les contrats.
Dans d'autres cas, parfois hélas plus proches d'une certaine réalité, des parlementaires dépendants de leur parti politique, parfois lestés d'un casier judiciaire, échouent à contrôler l'action d'un exécutif liberticide et avide d'extension sans vergogne du domaine d'action de l'Etat, sans que la justice, parfois politiquement orientée à coup de Mur des Cons et autres prises de positions partisanes, ne parvienne à faire appliquer des lois dans le respect du droit naturel.

Sur le plan des relations internationales, le XXeme siècle a prouvé la capacité que les Etats avaient à envoyer des jeunes gens se faire tuer au nom d'idéologies. Il n'est pas contestable de dire que l'étatisme au sens large a été la première cause de mortalité violente de masse, notamment du fait des guerres mondiales. Mais sur le plan intérieur, a t-on évalué ne serait-ce qu'un instant l'impact du terrorisme d'Etat ? 

Dans le cadre du "contrat social" (qu'on attend toujours de signer ...) qui lit les citoyens à l'Etat, ou même dans le cadre de la relation quasi contractuelle qui lit l'électeur au politicien, nous déléguons à l'Etat le fait d'agir au nom de l'intérêt général, en notre nom.
Est-ce au nom de l'intérêt général que l'Etat, un piètre employeur, se révèle aussi être le plus mauvais des payeurs (4) ?
On parle très souvent des délais de paiements qui pèsent sur la trésorerie, et parfois sur la survie, des PME.  Mais quand on évoque le sujet, on pense spontanément à a grande distribution, ou aux entreprises du CAC 40 qui présureraient les petites sociétés. Pourquoi ne parle t-on jamais des PME que l'Etat a coulé (5) et de ces entrepreneurs qui en sont mort, souvent de manière symbolique, parfois de manière réelle ?
Pourquoi n'évoque t-on jamais ces lois qui tuent, comme le concept de monopole des jeux qui, de proche en proche, a tué Mamie Yvette (6) ?
Pourquoi ne mentionne t-on jamais le manque d'humanité des services fiscaux, même quand des contribuables en sont à se donner la mort faute de perspectives ? 

Sans même aller chercher en dehors de nos frontières et dans le passé plus ou moins lointain  des actes d'assassinats commandités par l'Etat, au nom de la fameuse raison d'Etat, pourquoi ne parle t-on jamais, ici chez nous, de toutes ces situations où le citoyen se soumet à des forces qui le dépassent d'autant plus qu'elles ont pour elles la légitimité du droit du plus fort ?

L'épisode terroriste actuel nous interpelle par son aspect ponctuellement violent et spectaculaire, et parce qu'il fait intervenir le champ lexical de la guerre dans des paysages de notre quotidien, en l'occurrence les rues de la capitale. Mais il doit aussi nous rappeler que la principale menace qui pèse sur la France, ce n'est pas le djihadisme mais l'omniprésence d'un Etat qui dépense trop, gère mal, s'endette trop, édicte trop de lois et étouffe le citoyen dans un carcan de lois, règlements et autres décrets, parfois contradictoire.
Nous sommes à titre collectif bien plus menacés par les dettes et les déficits publics (signes d'un Etat trop dépensier et trop présent) ou par les menaces sur les libertés (loi de programmation militaire, fichiers de police divers et variés) que par des djihadistes, même armés de Kalashnikov. 

Alors formons un double vœu : d'une part, restons vigilants, c'est capital, sur le fait que l'exécutif ne profite pas de cette crise terroriste pour faire passer un réel Patriot Act à la française. (8) La meilleure réponse au terrorisme sera la fermeté sur nos valeurs, pas la restriction des libertés. D'autre part, espérons que la majorité socialiste ne profitera pas de la situation actuelle pour mettre au second plan ses calamiteux résultats sur le plan économique. 
La combinaison du maintien des 35 heures +  la proposition de taxer les revenus à 75% +  l'idée qu'il faille recruter 60 000 profs + la progression de la dépense publique y compris en 2014 + l'absence de simplification et de clarification de l'environnement économique (notamment sur le plan législatif) sont un 11 septembre qui a bien plus d'impact négatif sur la France que trois djihadistes.

Par leur amour de la liberté, les français arriveront bien mieux à lutter contre le terrorisme qu'un gouvernement qui n'adopte pas la bonne grille de lecture en matière de relations internationales (9) et n'ouvre pas les yeux sur les contradictions  du politiquement correct (10) (encore une fois, rappelons que l'ancien premier ministre, Ayrault, désapprouvait les caricatures de Charlie Hebdo sur Mahomet, mais pas celles sur Benoit XVI). Puisque le gouvernement n'est pas qualifié pour proposer un plan de lutte contre le terrorisme djihadiste, qu'il se concentre sur la lutte contre une autre forme de terrorisme : l'excès d'Etat qui étouffe la France.




(1) Atlantico 700.000 français ont défilé dans plusieurs villes de province, annonce Bernard Cazeneuve 10 janvier 2014
(2) BFM TV Plusieurs tirs et explosions contre des mosquées 9 janvier 2014
(3) Le CRIF Réunion de crise au sein de la Communauté juive 9 janvier 2014
(4) Yahoo ! News La vérité sur l’Etat mauvais payeur (serait-ce là la raison pour laquelle les médecins ne veulent pas du tiers payant ?) 7 janvier 2015
(5) France Bleu Etat mauvais payeur : une PME gardoise au bord du gouffre 28 novembre 2013
(6) 20 Minutes Loto illégal: Mamie Yvette est décédée le jour de Noël 26 décembre 2014
(7) La Dépêche Créteil. Un quinquagénaire se suicide devant le centre des impôts 26 janvier 2012
(8) Le Monde Pour Manuel Valls, il faut envisager de « nouveaux dispositifs » en matière de sécurité 10 janvier 2014
(9) Contrepoints Le terrorisme contemporain : comment y faire face 9 janvier 2014
(10) Contrepoints Quand la loi française donne une légitimité aux actes terroristes 10 janvier 2014
(11) Le Parisien Libéral Charlie Hebdo caricature Mahomet, Ayrault "désapprouve"18 septembre 2012

vendredi 9 janvier 2015

Union Nationale

Le gouvernement et le PS appellent à manifester dimanche en soutien à Charlie Hebdo, dans une démarche d'"union nationale". 
Couac dans la démarche : tous les partis politiques sont invités à manifester, sauf le Front National, qui ne serait pas un parti républicain.

Quand cette crise de terrorisme sera derrière nous, il faudra que le gouvernement nous explique :

  • si on peut à ce point ostraciser le parti qui rassemble un électeur sur quatre
  • en quoi le FN n'est pas républicain mais pourtant légal (s'il n'est pas conforme aux lois, il faut l'interdire ?)
  • en quoi le FN est plus ou moins républicain que le Front de Gauche
  • si la République, et non pas la démocratie, est vraiment l'horizon de la France
 Le fait est que le parti politique dirigé par Marxine le Pen semble surtout être un parti hyper socialiste à court sûr, et probablement républicain, sachant qu'une république n'est pas forcément démocratique.



En tout cas, au delà de la crise, on peut féliciter les stratèges du PS qui ont encore donné des points de sondage au FN. Bravo les gars ...!


Sur le même sujet, lire aussi le point de vue de H16 (une unité millimétrée), celui de l'Hérétique (Convier ou non le FN à la marche républicaine ?) ou celui de Corto74 (Faut-il interdire le Front National ? Monsieur Da Silva, vous avez la parole... )

jeudi 8 janvier 2015

Aujourd'hui, ils sont tous Charlie ! Vraiment ?

Le journal satirique Charlie Hebdo a été la cible hier d'un attentat. Deux personnes lourdement armées ont fait irruption mercredi matin au siège de Charlie Hebdo, dans le XIe arrondissement de Paris. Le bilan, très lourd, fait état d'au moins 12 victimes. 

Peut-on se contenter d'afficher sur Facebook l'image suivante "je suis Charlie", ou est-ce qu'on va essayer d'aller au delà de l'émotion, légitime, qui nous caractérise tous ? 



Première remarque : la liberté d'expression à géométrie variable, ça ne marche pas.

Souvenez vous de l'affaire des caricatures du prophète Mahommet, en septembre 2012 (1). A l'époque, alors que Ayrault (et Valls, et les autres) n'avait rien dit quand Charlie Hebdo avait caricaturé le Christ, le même Ayrault avait "désapprouvé" la caricature de Mahomet, au nom de l'idée selon laquelle on peut pratiquer la christianophobie, mais par contre il ne faut surtout pas se moquer des symboles de l'islam.
Les terroristes d'hier, ils pensent apparemment la même chose : il ne faut pas se moquer des symboles de l'islam.
La conclusion pratique que les autorités françaises devraient tirer est que la liberté d'expression ne peut pas être à géométrie variable. En France, il ne faut pas soumettre les lois sur la liberté d'expression aux contingences de telle ou telle repentance. Et les imams de France, partisans d'un islam modéré, laïcisé, restreint à la sphère privée, doivent affirmer que caricaturer le prophète, ce n'est pas un blasphème mais une pratique conforme à la manière dont les français vivent et pensent.


Deuxième remarque : les guerres de Hollande "contre le terrorisme" ne servent à rien

Rappelez vous ! Nous n'en avons pas forcément conscience au quotidien, mais la France de Hollande est en guerre, sur de multiples théatres d'opérations, principalement pour lutter contre le terrorisme. Le Président de la République, qui s'était donc opposé pour des raisons bassement politiciennes et tactiques contre la présence française en Afghanistan, au sein de la coalition de l'OTAN et aux cotés de nos alliés anglais et américains, est cette même personne qui a envoyé l'armée française en Irak et au Mali pour aller lutter contre le terrorisme. Passons sur le manque de cohérence, force est de constater que ces guerres qui nous coutent des centaines de milliers d'euros par jour ne contribuent pas à améliorer la sécurité, ici, en France.
Il semble même qu'elles alimentent la propagande anti occidentale.

Question : quand est ce que le Parlement va demander au gouvernement de s'expliquer sur ses objectifs diplomatiques et militaires, et les moyens utilisés pour les atteindre ?


La vidéo surveillance de la capitale ne sert pas à lutter contre le terrorisme

Deux hommes armés de kalachnikov se rendent, en pleine journée, dans une rue d'un quartier animé du 11eme arrondissement, en plein centre de la capitale, tuent, reprennent leur voiture, prennent des rues à sens unique, parcourent plusieurs kilomètres et passent le périf.
Oui, vraiment, le réseau de videosurveillance qui quadrille la capitale aura servi à épargner la vie de 12 de nos concitoyens.


L'interdiction de port d'armes ne concerne que les honnetes citoyens, pas les terroristes ou les braqueurs. 

Quand deux terroristes armés de kalachnikov se pointent quelque part, la seule option semble de composer le 17 (police secours) et d'attendre que l'on donne suite à l'appel.
Quand comprendra t-on que dans l'urgence, la réponse armée aurait pu être une autre option ?
En France, il est interdit de se promener ne serait-ce qu'avec un simple couteau suisse. En cas de controle de police (2), le risque pour le casier judiciaire du citoyens est beaucoup plus élevé que celui que le Guen ,Ayrault, Balkany, Andrieux, Thévenoud et autres courent effectivement.
Quand comprendra t-on que les restrictions à la liberté du port d'armes ne profitent pas au citoyen ?


Traiter les terroristes de déséquilibrés ne semble pas vraiment marcher. 

Le video blogueur Aldo Stérone aborde le sujet du profil des terroristes.


Il n'est pas le seul à aborder la question du danger de l'abdication de nos principes face au terrorisme (au sens très large). Il est vraiment temps que nous écoutions les amoureux des libertés que l'Occident accorde, malgré tout, surtout quand ils connaissent l'envers du décor.
Si des connaisseurs de l'islam nous affirment, preuve à l'appui, que le jihad n'est pas une déviance, peut-être que nous pourrions au moins ouvrir le débat ?
 

Bref, la solidarité avec les journalistes de Charlie Hebdo était le service minimum que l'on pouvait attendre de tous ces politiciens que leurs contradictions n'étouffent pas. 
De plus, attendons nous à voir, ces prochains jours, un renforcement des lois anti terroristes, c'est à dire une nouvelle victoire des terroristes.
N'oublions jamais que les terroristes se battent contre notre mode de vie. Comme le rappelle le Parti Libéral Démocrate (3) Céder sur nos libertés constituerait la plus grande victoire du fanatisme.


(1) Le Parisien Libéral Charlie Hebdo caricature Mahomet, Ayrault "désapprouve" 18 septembre 2012
(2) Métro Nantes : jugé pour avoir transporté... un couteau suisse dans sa voiture  10 décembre 2014
(3) Parti Libéral Démocrate nous sommes Charlie 7 janvier 2014 

vendredi 2 janvier 2015

Hollande rejette la responsabilité du chomage sur les entrepreneurs

En théorie, il aurait fallu s'abstenir de commenter les voeux présidentiels de Hollande. D'ailleurs, les français ne les ont pas regardé (1). Ca tombe bien, Hollande n'a rien dit d'intéressant (2).
Le problème est qu'il est impossible d'ignorer les stupidités étatistes que le président Hollande répète en boucle, espérant peut être qu'elles seront crues, à force, voire qu'elles deviendront des vérités.

Il en est une parfaitement ridicule, qui pourrait être risible si elle ne concernait pas le cas du chômage. Il s'agit de l'attitude de Hollande par rapport au pacte de responsabilité. Le président de la république, constatant que les charges sociales sont plus élevées en France que chez nos voisins, a décidé de mettre en oeuvre un plan d'allègement des charges sur les salaires. Ce plan a été assorti de "contreparties" : les patrons doivent créer des emplois. Citons Hollande : "Aux entreprises maintenant d'embaucher et d'investir, c'est le sens du mot responsabilité. Notre obligation commune, c'est la lutte contre le chômage" (3).

Pauvre François Hollande ... est ce que le président de la République, ex professeur d'économie, (4) diplômé des meilleures écoles, ignore vraiment que le role des entreprises n'est pas de créer de l'emploi, mais de faire des profits, en répondant à une demande et en combinant des facteurs de production, dont le travail ?
François Hollande ne sait-il vraiment pas que les entrepreneurs ne se reconnaissent aucune responsabilité d'aucune sorte en terme d'emploi ?

A sa décharge, notons que le président de la République est prisonnier d'un système de pensée dans lequel il n'y a pas d'individus, avec leurs aspirations propres, mais des agrégats, les ménages, les entreprises, à la tête desquels on peut nommer des syndicalistes chargés de négocier en leur nom. Hollande ne peut pas admettre que les 2 millions d'entrepreneurs de France n'ont pas à obéir aux injonctions venues d'en haut et que le MEDEF ne sera jamais aux entreprises ce que la CGT ou Sud sont éventuellement à la fonction publique.

Les entreprises recrutent notamment quand elles pensent qu'une embauche rapportera plus que ce qu'elle va couter. Si Hollande veut favoriser les embauches, il sait ce qu'il doit faire : commencer par un plan d'économie au niveau de la dépense publique, ce qui permettra de rendre crédible les baisses de charges annoncées. En effet, tous les entrepreneurs ainsi que les contribuables et cotisants sociaux, savent que les taxes et impôts ne peuvent qu'augmenter puisque rien n'annonce une baisse du périmètre de la dépense publique. Ensuite, il doit annoncer la stabilité juridique et fiscale. Dans un pays où même EDF, entreprise publique, est obligée d'aller ouvrir des filiales aux Bermudes ou à Luxembourg pour pouvoir s'en sortir, il est vraiment temps de simplifier et stabiliser l'environnement dans lequel les entreprises opèrent. Enfin, Hollande doit expliquer aux français qu'il n'y a pas de distinction entre les charges sociales patronales et les charges sociales salariales, et qu'il est temps qu'on aborde la question du salaire complet (5).

Le pacte de reponsabilité n'a aucun sens. Le MEDEF a tort de laisser penser qu'il puisse en être autrement. Les emplois ne sont pas un objectif des entreprises, mais un moyen. Les entreprises ne s'engagent à rien. C'est l'Etat qui veut leur forcer la main, de manière parfaitement artificielle, faute de pouvoir créer encore plus d'emplois publics.
Hollande n'a donc qu'à s'en prendre à lui-même et à sa promesse d'inversion de la courbe. Mais évidemment, en tant que chef de l'Etat, il a les moyens de réécrire l'histoire ...!




jeudi 1 janvier 2015

Belle et bonne année 2015 à toutes et à tous !

Qu'espérer pour 2015, sur le plan politique, si ce n'est que de voir un peu plus les libéraux présents dans le débat public ?
Il parait, selon un sondage révélé par i-Télé, que 43% des français pensent que Nicolas Sarkozy incarne le mieux le libéralisme ? Ce sondage illustre à quel point le libéralisme n'est pas présent en France.
Il y a vraiment un gros travail d'explication à effectuer pour que les français comprennent que le libéralisme n'a rien à voir avec le sarkozysme mais qu'il consiste en une théorie du droit, celle du droit naturel, et donc en une critique du droit positif (1).

Les libéraux sont anti étatiques car l'Etat ne protège pas la plus petite minorité, l'individu, mais l'opprime. En quoi Sarkozy a t-il jamais défendu les valeurs libérales, lui qui a augmenté les impots entre 2007 et 2012 et lui qui a accru les pouvoirs de l'Etat, au détriment de la protection des libertés civiles ?

Le successeur de Sarkozy, le président Hollande, n'est pas un libéral non plus. Certes, sous la pression de la réalité, il est obligé de tenir compte de certaines vérités telles que l'existence de la courbe de Laffer (trop d'impot tue l'impot), l'équivalence ricardienne (la relance keynésienne se heurte à la perspective d'impôts futurs), la nécessité d'envisager d'équilibrer notre budget (même si nous en sommes loin) ou le développement de concurrents vis a vis de monopoles garantis par la puissance publique (notamment grâce à Internet et grâce à l'esprit entrepreneurial de certains).

Mais le libéralisme ne saurait se résumer à ces quelques mesures que l'on met parfois en avant, telles que la fin de telle ou telle profession réglementée. Le point de départ du libéralisme, c'est la séparation des pouvoirs, parfois allègrement piétinée, et l'Etat de droit, réduit à ses fonctions régaliennes (police, justice, armée et diplomatie). L'Europe fédérale, qui promeut le principe de subsidiarité et qui fournit théoriquement un cadre de contrainte budgétaire supplémentaire, peut paradoxalement nous aider, nous français, à revenir aux valeurs libérales qui, rappelons le, ne sont pas d'essence anglo saxonne mais bien d'origine française. Il n'y à qu'à relire les grands auteurs libéraux, à commencer par Frédéric Bastiat, pour s'en rendre compte (2).

Nous sommes en 2015. Frédéric Bastiat est mort il y a un moment, il y a 165 ans précisément. Idem pour Montesquieu, Constant ou Tocqueville. En revanche, les libéraux, eux, sont bien actifs. Que ce soit au niveau politique (plusieurs conseillers municipaux élus sous les couleurs du Parti Libéral Démocrate en France en 2014) ou de la diffusion des idées (la blogosphère libérale (3)(4)(5)(6)(7)(8)(9)(10) non exhaustif, la presse comme Contrepoints, Atlantico ou l'Opinion), les choses avancent, sans compter sur le fait qu'au niveau du terrain, partout en France, loin de toute idéologie, des hommes et des femmes prouvent, par leur action, qu'on peut faire avec moins et mieux d'Etat.
Par construction, les libéraux, un mouvement post politique, ne veulent pas s'occuper de politique et proposer des idées constructivistes. En effet, nous refusons de croire que les français aient besoin d'un Etat nounou qui leur tienne la main en permanence. En revanche, les socialistes de gauche, de droite, d'extrême gauche ou d'extrême droite, eux, s'occupent de nous tous, avec une logique auto nourrie : plus il y a d'Etat, plus il semble justifier d'intervenir pour en corriger les échecs. Alors, libéraux, libérons la France et souvenez-nous de l'adage "Occupe-toi de la Politique, sinon la Politique va s'occuper de toi !"
Aux libéraux de faire savoir qu'ils sont la seule et vraie opposition au toujours plus d'Etat, leitmotiv de l'UMP, du PS et des deux Fronts, de Gauche ou National.

Bonne année 2015 !



(1) Wikilibéral Libéralisme 
(2) Contrepoints Les penseurs libéraux 14 septembre 2012 
(3) H16
(4) Ordre Spontané
(5) Le Bobo Libéral
(6) Je quitte la sécu
(7) Le French Libertarien
(8) Le blog du Duff
(9) Libertas
(10) La liberté par principe