mardi 5 mai 2015

Les #QAG qu'on n'entendra pas cette après-midi à l'@AssembleeNat

Dette, déficits, chomage et faillite du système social : la France est en danger. Et de quoi s'occupe les journalistes et les politiciens ? Des affaires internes à un parti, le FN, qui n'est même pas au pouvoir, au lieu de regarder ce que fait le gouvernement. Or, force est de constater que le gouvernement ne chôme pas, à l'inverse des 6 millions de français privés de travail. La preuve, c'est que malgré l'intense mobilisation contre le projet de loi renseignement, la majorité va le voter, sur quasi ordre du gouvernement.

Toutefois, nous le peuple élisons des représentants, les mêmes qui qualifient de populiste toute suggestion de démocratie directe (pétitions, référendums) afin que ceux-ci contrôlent l'action de l’exécutif, en plus de voter le budget et les lois. C'est uniquement si ce contrôle est effectué que la séparation des pouvoirs est valide. Alors, suggérons aux députés quelques questions au gouvernement, qu'ils pourraient poser en vertu des pouvoirs que la Constitution leur octroient : 

  • Question au Premier Ministre, Manuel Valls : le 11 janvier dernier, des millions de français ont manifesté leur soutien à la liberté d'expression, pas à la surveillance d'Etat. Le 28 avril dernier, vous avez reçu, à Matignon, une pétition signée par 119.000 Français contre la loi Renseignement (1). Monsieur le premier ministre, allez-vous rester sourd à tous les appels de nombreux français pour qui la liberté est la première des sécurités, contrairement à ce que vous, et d'autres gens, pouvez penser (2) ? Même en vous accordant le bénéfice du doute, c'est à dire en imaginant que vous êtes animé d'intentions démocratiques, comment pouvez en même temps exprimer vos "craintes" sur l'arrivée du FN au pouvoir et promouvoir une législation qui inscrira das le marbre des pratiques liberticides ?
  • Question au Ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian : suite à la dénonciation par un lanceur d'alerte (3) de cas de viols commis en Centrafrique par des militaires français, vous avez demandé, Monsieur le Ministre, aux coupables de se dénoncer (4). En attendant que les coupables soient punis par la justice, allez-vous demander au parlement de débattre de l'opportunité de mener plusieurs guerres, notamment en Afrique, puisque le PS, avant 2012, déniait à l’exécutif le droit de décider seul des guerres et voulaient impliquer les parlementaires ?
  • Question au Ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius : Monsieur le Ministre, étant donné que vous êtes toujours Conseiller municipal délégué au développement durable de la ville de Grand Quevilly, trouvez-vous que votre situation est conforme à l'engagement de "Moi Président de la République" énonçant le fait que "les ministres ne pourront pas cumuler leur fonction avec un mandat local parce que je considère qu'ils devraient se consacrer pleinement à leur tâche" ? 
  • Question à la Ministre de l'Écologie, Ségolène Royal : Madame la Ministre, le 4 juillet 2010, vous avez demandé à Nicolas Sarkozy de sacrifier "son avion privé à 180 millions d'euros" (Air Sarko One) pour financer la reconstruction des digues endommagées par la tempete Xynthia (5). Est-ce même avion que vous avez utilisé pour rentrer d'une conférence à Lima (6) ? Allez-vous demander au président Hollande de vendre cet avion à 180 millions d'euros pour financer les travaux à mener sur les autoroutes publiques de région parisienne ?
  • Question à la Ministre de l'Éducation nationale, Najat Belkacem : Madame la Ministre, personne ne semble accrocher à votre proposition de réforme de l'Education Nationale,  peut etre notamment parce qu'elle part du haut au lieu de partir du bas. Pourquoi ne pas reprendre la proposition de Nelly Guet, ancienne proviseur et spécialiste de l’éducation, régionaliser l’Éducation nationale (7) ? 
  • Question au Garde des sceaux, Christiane Taubira : le bâtonnier de l'Ordre des avocats de Paris, Pierre-Olivier Sur, parle du projet de loi renseignement comme d’un “mensonge d’État”

  • Allez vous, Madame la Ministre, transmettre cette opinion à vos collègues, notamment à l'intérieur et à Matignon et dire aux députés qui s’apprêtent à voter que 1984 n'était pas censé être un manuel d'instruction ? 
  • Question au Ministre des Finances, Michel Sapin : Monsieur le Ministre,  malgré les baisses du pétrole, de l’euro et des taux d’intérêts (l'alignement des planètes si cher au président Hollande ...), le moral des entreprises reste en berne en France (8). Conclusion, comme vous ne voyez pas d'effets aux mesures de la "boite à outils" que vous avez prises (CICE, BPI ...), vous et votre collègue Marisol Touraine préférez insulter les entrepreneurs. Mais comprendrez-vous que les chefs d'entreprises n'obéissent pas à des directives venues d'en haut ?
  • Question au Ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve : Monsieur le Ministre, Amadou Koumé, 33 ans, est mort dans la nuit du 5 au 6 mars dernier au commissariat du Xe arrondissement de Paris, (en France, pas à Baltimore ou Jakarta), suite à une interpellation (9). Le gouvernement n'a pas commenté le cas, contrairement à celui de Serge Atlaoui, reconnu coupable par l'Indonésie de participation à une entreprise de narco trafic. Le 2 mai, deux Juifs ont été attaqués par des individus apparemment colleurs d'affiche du NPA dans le XIeme arrondissement. Le cas a moins été commenté que l'opération des Femen au sein du défilé du Front National. Quand le gouvernement cessera t-il ce deux poids deux mesures dans sa dénonciation des crimes et délits, notamment quand ils impliquent des fonctionnaires ou des militants d'extrême gauche ?
  • Question au Ministre de l'Emploi et du Travail, François Rebsamen : à l'occasion de sa visite officielle en Suisse, le président Hollande s'est vu remettre par Jean-François Liess , délégué consulaire en Suisse et membre du Parti Libéral Démocrate, un code du travail suisse (130 pages). Allez-vous vous en inspirer pour tailler dans le code du travail français ?
  • Question à la Ministre de la Santé, Marisol Touraine : Madame la Ministre, votre projet e loi, actuellement en discussion à l'Assemblée Nationale, prévoit de socialiser un peu plus la médecine générale, dont le vocable de "libéral" est surréaliste. Pourra t-on admettre que le contrôle des prix met à mal notre médecine générale (10) et, dès lors, engager la réflexion sur d'autres pistes ?
  • Question au Ministre l'Emploi, François Rebsamen : Monsieur le Ministre, au vu des chiffres du chomage publiés au titre du mois de mars 2015, reprendrez-vous la célèbre formule de votre collègue Ségolène Royal qui concluait, avant 2012, face à une situation identique, que "la France n’est ni présidée ni gouvernée" (11) , ou bien comptez-vous sur plus de ventes d'armes à des pays tels que le Qatar, pour enfin "inverser la courbe" (12) ?

Le gouvernement Valls ne peut comprendre seul que la France a envie de rester une démocratie et donc un pays de libertés. C'est au parlement, qui a le droit et le devoir, en tant que corps législatif, de contrôler l'action de l’exécutif, qu'il revient de formuler ce rappel. Mesdames et Messieurs les députés, au travail !



Episodes précédents 







(5) Sud Ouest Ségolène Royal : « Sarkozy doit sacrifier son avion de luxe » 4 juillet 2010
(6) Le Lab Europe 1 Le jour où Ségolène Royal a forcé Laurent Fabius a prendre un vol low-cost 25 avril 2015
(7) Trop Libre Il faut régionaliser l’Éducation nationale ! 17 avril 2015
(8) L'Opinion Reprise : la France à petite vitesse 23 avril 2015
(9) Le Parisien Paris : mort au commissariat 20 avril 2015
(10) Objectif Liberté Comment le contrôle des prix met à mal notre médecine générale ? 23 avril 2015
(11) Le Blog du Duff Le chômage a encore progressé, la France n’est ni présidée ni gouvernée. 30 avril 2015
(12) Le blog de Nathalie MP L’inversion de la courbe du Qatar 3 mai 2015

lundi 4 mai 2015

Quand est-ce qu'on se débarrasse de l'Etat ?

Loin l'idée de vouloir trouver des bouc émissaires à la situation actuelle de la France, dont le Parti Libéral Démocrate rappelle à quelle point elle peut être tendue en ce qui concerne la vie des entreprises (1), mais force est de constater que les français sont à la fois pessimistes pour le futur (2) et cependant parfaitement capables de trouver des solutions par eux-mêmes, loin des plans des hauts fonctionnaires qui fonctionnent en vase clos dans les ministères.

Ainsi, la question du chômage trouve un début de solution non pas auprès de Pole Emploi, mais chez le Bon Coin (3).



Les étatistes, de gauche comme de droite, répondent souvent aux libéraux "si on ne paye pas d’impôts, qui construira les routes  (variante soignera les malades/s'occupera des personnes âgées, éduquera les jeunes/fera la police sur la route etc) ?

Mais dans la réalité, il semble que partout, des solutions locales, décentralisées et inattendues soient capables d'émerger pour peu que les acteurs aient un peu de liberté d'action. 

Dès lors, on obtient un début de réponse à la question de l'ampleur du recentrage de l'Etat qu'il conviendrait d'opérer : nous pourrions aller aussi loin que possible.
Il n'y a pas besoin, par exemple, d'une agence nationale pour l'emploi, publique et bureaucratique.

Peut être qu'en allégeant l'Etat, ce qui contribuerait notamment à alléger la pression fiscale et réglementaire sur les individus, on relancerait la machine économique, sans plan prédéfini, et on pourrait enfin aboutir à la situation de nos voisins allemands qui licencient au sein de leur ANPE locale (4), faute de chômeurs ...




(1) Parti Libéral Démocrate 18000 failites au premier trimestre 17 avril 2015

dimanche 3 mai 2015

Retour sur "En finir avec le #libéralisme à la française" de @guillaumesarlat


Le point de départ de l'auteur, c'est de dire que :

  • comme la France des années 80 a libéralisé les marchés financiers
  • comme la France est le deuxieme pays d'Europe pour les LBO
  • comme le CAC 40 arrive à échapper à la pression fiscale
Alors, il existe une France libérale, qui vit aux cotés d'une France sous perfusion publique rendue nécessaire par le fait que tout le monde n'a pas suivi le mouvement.

Aux libéraux d'expliquer à Guillaume Sarlat (et à tant d'autres qui partagent certainement son opinion) que le libéralisme ne doit pas se découper en tranche et qu'il ne peut pas se résumer à un simple mouvement d'autonomisation des grandes entreprises, quand dans le même temps, la dépense publique a augmenté (en valeur absolue comme relative) ainsi que le poids de l'Etat.

L'idée de Guillaume Sarlat, c'est qu'en fait nous devrions former "un tout" national, où les grandes entreprises tireraient les petites, un peu comme si le maintien de General Motors avait permis de soutenir la création de Facebook.

On voit bien que même sous l'angle entrepreneurial, ça n'a pas beaucoup de sens.

Bref, comme craint précédemment (lire En finir avec le #libéralisme à la française ? Réponse à @guillaumesarlat ), l'usage du mot libéralisme prete bien à confusion, et le livre de Guillaume Sarlat est bien une ode à l'état stratège.

samedi 2 mai 2015

Un premier mai qui a tenu toutes ses promesses ...

Tous les ans, à l'occasion de la fête du travail, dont on ne rappellera jamais assez qu'elle est d'origine pétainiste (1), on assiste à la même pièce de théâtre, dans laquelle les mêmes acteurs jouent le même scénario.

D'un coté, on a l'extrême droite, qui, débarquée des 4 coins de France, hurle en plein Paris, entre le Louvre et la place de l'Opéra "on est chez nous", et de l'autre, on a l'extrême gauche, celle qui a pris en otage le pays en 1945, qui crie du coté de Bastille-République-Nation "gardons notre modèle social"

En fait, ils jouent le même sketch, d'autant plus surréaliste que la scène n'est pas adaptée.
Prenez le Front National (FN). De quel "nous" parlent-ils ? De la France de la bière, ou de la France du vin ? De celle du beurre, ou celle de l'huile d'olive ? De celle de la langue d'oc, ou celle de la langue d'oil ?
Cette propension à fantasmer la concordance de la vision jacobine et de la réalité un peu plus complexe qu'est la France réelle est toujours fascinante, surtout chez des gens pour qui le substrat historique de notre pays est soi disant important.

Et prenez, identiquement, le Front de Gauche (FDG). Quand ils réclament plus de social, plus d'intervention de l'Etat, plus de dépense publique (comme leurs alter ego du FN qui partagent le même programme économique et social) ou quand ils se réclament de l'exception française ou du programme du conseil national de la résistance, quand admettrons t-ils que bien loin de nous protéger, le système social français n'est qu'un dommage de guerre qui nous plombe, y compris et surtout "les plus faibles" que la gauche dit protéger ?


Dans ce match extrême gauche - extrême droite, l'une de deux parties bénéficie quand même d'un sacré désavantage : elle joue le role du méchant. L'autre, en revanche, se voit pardonner ses petits écarts, surtout quand ils ne collent pas avec le script.

Il y avait deux infos, hier, qui auraient dû faire l'objet d'un traitement médiatique au moins équivalent.
D'une part, une série d'incidents ont émaillé le défilé du FN (intrusion des Femen place de l'Opéra, qui ont fait le salut nazi et prise de bec entre un élu FN et des équipes de Canal +).
D'autre part, une agression antisémite s'est produite dans le 11eme. Deux  juifs tabassés par des colleurs d’affiches du NPA, qui est au FDG ce que le Parti de France est au FN, l'extrême dans l'extrême.



Comment se fait-il que cette agression n'ait pas fait l'objet d'une couverture médiatique large et de condamnations unanimes, notamment de la part des anti racistes professionnels (SOS Racisme & co). Et où sont tous ceux qui, comme Anne Hidalgo, Julien Dray ou David Assouline, passent leur temps à combattre la résurgence du racisme ? Ils sont gênés par leur sympathie pour l'extrême gauche ? 

Quand est-ce qu'on va enfin mettre sur le même plan extrême droite et extrême gauche ? C'est la même haine, des deux cotés.


(1) Contrepoints Le 1er Mai, héritage du pétainisme 1er mai 2015