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vendredi 13 mars 2015

Alors comme ça, le PS Parisien a laissé tomber l'idée de salle de shoot ?

Vous vous rappelez de l'affaire de la salle de shoot que l'actuelle majorité à la mairie de Paris devait installer au 39 boulevard de la Chapelle dans le Xeme arr ? 
Ça avait fait grand bruit, à l'occasion de l'élection municipale de 2014. Il faut dire qu'Anne Hidalgo avait clairement déclaré son soutien au projet (1), tout comme Rémi Féraud, le maire (socialiste) du Xeme arr (2) qui avait dit qu'il était bête de s'y opposer.

Apparemment, si on en croit le blog Action Barbès, qui a lu le Quotidien du Médecin, le projet est abandonné (3) !



On croit rêver ! 

La salle de shoot, alias salle de consommation à moindre risque, devait se situer en plein cœur du triangle Barbès-Gare du Nord-Stalingrad. 

L'idée à la base, n'était pas stupide : partant du principe que les drogués existent, faut-il qu'en plus de leur consommation , qui par définition les met en danger, les toxicomanes se mettent également en risque pour défaut de conditions sanitaires suffisantes, comme c'est le cas lorsque certains utilisent des seringues usagées, par exemple ? 
Et faut-il mettre en danger les riverains, notamment les enfants, avec les déchets sur lesquels les gens peuvent tomber ? 

Une salle de consommation à moindre risque, ce n'est pas un lieu de légalisation de la drogue. C'est juste un lieu où les toxicomanes s'injectant par voies intraveineuses peuvent venir pratiquer leur injection dans des conditions sanitaires et d'hygiène  satisfaisantes ainsi qu'en présence d'un personnel formé.

Autrement dit, une salle de shoot est un lieu qui permet à la collectivité (qui paie quand les toxicomanes vont à l’hôpital pour des pathologies liées à une infection, et non pas à la prise de drogue en elle-même) d’être gagnante (5). 

Mais cela reste aussi un lieu de consommation de drogue, et c'est là où l'expérience était doublement mal partie, comme n'ont cessé de le répéter les riverains, à une majorité socialiste sourde à leurs arguments. 
D'une part, salle de shoot ou pas, la détention et la consommation de drogues sont interdites en France (ça n'a pas été toujours le cas, mais c'est un autre débat (6)). Dans ce contexte, comment peut-on autoriser une sorte de zone franche ? Fallait-il que la police, qui est là pour appliquer la loi, attende sagement à la sortie de la salle de shoot ?
D'autre part, une salle de shoot attire, par définition, des toxicomanes, c'est à dire une population dont, c'est ainsi, personne ne veut comme voisins, ne serait-ce que pour des raisons de sécurité : en effet, le coût des drogues pousse les toxicomanes à devenir des délinquants. Et, évidemment, les drogues dures favorisent les comportements asociaux (tout comme la consommation excessive d'alcool, d'ailleurs).

Tous ces arguments, le Parti Socialiste parisien les connaissaient, mais les a toujours balayé du revers de la main, traitant les opposants à la salle de shoot du Xeme de ringards, de conservateurs, d'idiots. Ces qualificatifs s'appliquent-ils aujourd'hui au maire du Xeme, Rémi Féraud, et à Anne Hidalgo ? 

En plus, en laissant tomber le projet de salle de shoot qui, répétons le, avait quand même l'avantage d'offrir un lieu plus sûr que la rue, un squatt ou une cage d'escalier à des gens malgré tout en détresse personnelle, le PS va plomber le débat de la dépénalisation de la distribution et de la consommation des drogues douces type cannabis. En effet, les salles de shoot n'adressent pas la question du cannabis, qui, lui, pourrait très bien faire l'objet d'un commerce en bar tabac ? C'est néanmoins désormais peu vraisemblable que ce dossier soit réouvert, par amalgame et ne serait-ce que parce qu'il nécessite un débat national. Peu importe si les expériences chez nos voisins portugais (7) ou plus loin (Colorado) (8) ont montré des résultats positifs. Les partisans de la thèse de la continuité drogues douces/drogues dures auront de toutes façons beau jeu de souligner le fait que même les "progressistes (9)" autoproclamés sont d'accord avec eux.

Il y a deux façons de voir la décision du Parti Socialiste de laisser tomber le projet de salle de shoot : d'un coté, les socialistes ont fini par écouter les riverains. C'est le minimum qu l'on puisse demander à une majorité municipale. Mais de l'autre coté, on voit bien à quel point le PS n'a pas hésité, cyniquement, à mentir, que ce soit sur les économies à réaliser à Paris (10), ou sur des dossiers sociétaux du genre salle de shoot. 
Cela va bientôt faire un an qu'Anne Hidalgo dirige le conseil municipal parisien. Élue avec un programme quasiment identique à celui de sa soi-disante opposante Nathalie Kosciusko-Morizet (11), Hidalgo montre que finalement, elle sait être aussi plus conservatrice que les gens de droite qui critiquaient NKM pour sa timidité. La fin justifie les moyens ? 




(3) Action Barbès Salle de conso : au 39 au pas ? 11 mars 2015

vendredi 20 juin 2014

Le projet de "salle de shoot à Paris" remis sur les rails

Apparemment, le projet de loi santé, en cours de rédaction (1) remet sur les rails le projet d'expérimentation en France de "salle de shoot" (2). Ce projet de salle de shoot est au point mort depuis un avis négatif du Conseil d'Etat en octobre 2013, et il avait suscité une vive opposition chez les futurs riverains (3).

Encore un projet qui va faire du bruit ! En effet, l'opposition parisienne est contre, sur des critères moraux aussi bien qu'en raisons de problèmes objectifs, tandis que le PS va mettre en oeuvre le projet de salle de shoot dans un contexte défavorable. 

Disons le clairement, l'idée de salles de shoot est un bon concept, dans l'absolu. Les drogués existent. Alors, tant qu'à faire, il vaut mieux qu'ils s'adonnent à leur activité dans des conditions sanitaires saines plutôt que dans un contexte qui favorise des maladies opportunes. C'est tout l'objet des salles de shoot (dont le nom proposé par les partisans est "salles de consommation à moindre risque"). Dans ces salles, les drogués utilisent des seringues propres, et accessoirement (pas tant que ça, en fait ...), ces seringues finissent dans les poubelles de la salle, et non pas dans un bac à sable de jardin public où jouent des enfants ...

Cependant, les opposants aux salles de shoot notent que non seulement ce n'est pas aux autorités publiques à aider les drogués dans leurs activités mais qu'il reviendrait plutôt à la collectivité de les aider à sortir de la drogue (argument moral), mais qu'en plus les salles de shoot vont concentrer des populations à problèmes à certains endroits, ce qui va avoir un effet négatif sur l'attractivité du quartier, le prix de l'immobilier, la sécurité, etc (argument économique). 

On peut entendre ces deux arguments, même si le premier relève plus de l'hypocrisie que du réalisme. Déjà, rien n’empêche de mener en même temps des campagnes de prévention contre la consommation de drogue et de favoriser, pour ceux qui en prennent, des modes de consommation moins dangereux sanitairement parlant. Certains diront : "pourquoi parler de santé, alors que la consommation de drogue est par définition dangereuse" ? On pourra toujours leur répondre que c'est toute la vie qui est risquée, et que le risque n'est pas limité à la prise de cocaïne. On peut aussi mourir, étouffé dans son cholestérol, suite à une consommation abusive de vin de de saucisson ? Tout est question de mesure de de proportion. La drogue tue, certes, masi la viande rouge aussi. On pourra aussi ajouter que ce n'est certainement pas à l'Etat de nous dire quoi consommer ou non, mais que c'est plutôt à l'individu, éventuellement aidé de son entourage (parents, amis, etc) à faire ses propres choix dans la vie
Que nos amis conservateurs soient un peu cohérents : pourquoi dans le même temps regretter que l'Etat se mêle de dire quoi dire ou quoi penser, pour ensuite s'étouffer quand l'Etat, dans le contexte d'une salle de shoot, s'abstiendrait de dire ce qui est mal ou pas ? C'est à nous citoyens à se mobiliser, non pas contre la drogue, ça n'a aucun sens, mais pour le retour à une vie plus saine de telle ou telle personne que nous connaîtrions !
Le deuxième argument, l'impact sur le quartier, est tout à fait recevable. Personne n'a envie de vivre à coté d'une salle de shoot, surtout quand on habite déjà dans un quartier qui a tant de problèmes, le triangle Gare du Nord-Villemin-Barbès. C'est bien le coeur du problème de ce projet de salle de shoot. Ce n'est pas UNE salle de shoot qu'il faudrait, mais 50 ou 100, afin que consommer à moindre risque des stupéfiants ou substituts soit aussi banal que de descendre au tabac aller chercher des cigarettes. De plus, la politique de guerre contre la drogue, elle, continue, malgré son échec retentissant et son coût démentiel. 40% du temps de travail des policiers et 20% des personnes en prison en France ont un lien, de près ou de loin, avec le problème de la drogue.

Tant que nous poursuivrons cette politique de prohibition qui ne fait qu'enrichir des mafias, il n'y a aucune raison pour que nous citoyens ne continuions pas à payer pour les damages collatéraux de la consommation de drogue : activités illégales et criminelles pour se procurer de l'argent et surpopulation carcérale, sans parler de la Sécurité Sociale !

En parallèle de l'expérimentation, limitée, d'une salle de shoot, c'est la refonte de notre approche du problème qu'il faudrait aborder. 
Comme cela n'a a priori aucune chance de se produire, il est donc cohérent que les habitants du Xeme arr se mobilisent contre la salle de shoot. Dommage mais logique ! Nous ne sommes plus à l'époque où c'était la République, la dealer numéro un (4) ! 



lundi 15 avril 2013

Le débat sur la salle de shoot du Xeme arr

Hier, Serge Federbusch (Parti des Libertés), élu local du Xeme arrondissement, a organisé une votation populaire, tout seul, comme un grand, sur un sujet qui intéresse les habitants du quartier. Grave erreur ! En République Normale et Socialiste, seuls les ministres ont le droit d'avoir une opinion. 


On est donc pas surpris par la réflexion de Rémi Féraud, le maire socialiste de l'arrondissement, qui pense qu'il s'agit d'une opération de communication de l'UMP et non pas une initiative citoyenne. Comme si l'UMP pouvait perdre du temps à se pencher sur des problèmes locaux. Passons.

Les habitants ont massivement dit non à la salle de shoot vers la Gare du Nord. Ont-ils raison ? Oui, et non. 
Evidemment, dans le contexte actuel et au vu de la sociologie des drogués, personne n'a envie d'avoir une salle de shoot en bas de chez lui. Cependant, est ce qu'une salle de shoot est quelque chose de si stupide que ça ? 

Dans un monde idéal, il n'y aurait pas de drogue, et tout ce qui va avec (les maladies liées aux horribles conditions sanitaires dans lesquelles les toxicomanes vivent, la petite délinquance qui permet de se procurer de l'argent liquide, les fraudes à la sécurité sociale etc). Mais nous sommes dans le monde réel, et on sait aussi qu'il ne sert à rien de lutter contre la toxicomanie. Pourquoi ? A cause de la caractéristique même de l'offre et de la demande de drogue. Pour la plupart des produits, quand leur prix augmente (trop), les gens cherchent des alternatives : trouver un produit de remplacement, moins cher, ou ne plus consommer le produit. Mais quand il s'agit de biens soit vitaux soit de luxe, les choses, tout le monde le sait, ne marchent pas comme ça. Quand le prix de l'eau ou celui des sacs Vuitton augmentent, les gens ne consomment pas moins d'eau ou de sacs Vuitton, ils mettent le prix et se privent d'autres choses.

Pour la drogue, c'est pareil. La police aura beau saisir autant de kilos de drogue qu'elle veut, faire des filatures, surveiller des trafiquants, mettre des gens sur écoute, faire des perquisitions, envoyer des gens en prison, si le client final, le toxico, a décidé de sniffer/se piquer/fumer, alors il y aura juste un dealer qui fournira un produit plus cher que si la police n'avait rien fait. En matière de drogue, la morale classique (pro répression) s'oppose à la réalité. La question que chacun devrait se poser est : étant donné qu'il y a des drogués, est ce qu'il faut minimiser le coût pour la collectivité (donc dépénaliser) et renvoyer les drogués à leurs propres choix, ou bien est-ce qu'il faut sauver les apparences morales, au prix d'un coût démentiel pour chacun de nous ? 

Ceci étant dit, les socialistes n'ont absolument pas l'intention de dépénaliser quoi que ce soit. Valls veille, quand il n'est pas occupé à déloger des Roms (source le Monde), à nettoyer de ses SDF les rues du XIeme arr proche du domicile de son épouse (source Europe 1 le Lab) ou à fuir la Manif pour Tous (source le Parisien). La lutte contre le trafic de drogue est une priorité du gouvernement, comme elle fut celle du précédent, et sera celle du suivant. Il y a donc une contradiction majeure à vouloir ouvrir une salle de shoot dans un quartier déjà connu pour ses trafics tout en poursuivant par ailleurs une politique de répression, sauf pour les directeurs de cabinet (source Corriere del Veneto ou 24h Actu), les ambassadeurs (source Europe 1 le Lab) et autres élites.
Soit on libéralise et on met chacun face à ses responsabilités, soit on maintient le statu quo. En l'absence de vraies perspectives de libéralisations des salles de shoot dans le VIIeme ou le VIIIeme arrondissement, les habitants du Xeme ont été rationnels en refusant une salle de shoot près de chez eux.