lundi 9 avril 2012

A J-30 du retour des communistes au gouvernement

Il y a quand même quelque chose d'étonnant, dans le silence du Parti Socialiste vis-à-vis des propos de son ancien ami, mais toujours allié, Jean-Luc Mélenchon. Certes, pour quiconque étudie leurs programmes, comme le blog Simply Left, on voit qu'il n'y a pas grand chose de compatible.

Mais ce qui est peut-être encore pire, c'est l'absence de protestation émanant de l'UMP. Nathalie Kosciusko-Morizet est très forte pour dénoncer les outrances de la fille à papa de Saint Cloud, et elle a raison, mais pourquoi ne met-elle pas sur le même plan Jean-Luc Mélenchon ?



Sur ce blog, on essaye d'éviter les points Godwin, mais force est de constater que le Front de Gauche se réclame d'un programme socialiste et nationaliste. Est ce que c'est sur cette base que François Hollande veut constituer un gouvernement ? Les électeurs du Front de Gauche ne plaisantent pas. Ils veulent vraiment faire sortir la France de l'OTAN, de l'Union Européenne et de l'Euro, et ils veulent, c'est écrit sur tous leurs blogs, ressortir la guillotine (lire sur "place au peuple"). A l'heure où on procède à des interpellations dans les milieux islamistes qui tiendraient des propos terroristes ou anti-français, comment se fait-il que Mélenchon et ses troupes soient librement autorisés à appeler à l'insurrection ou au viol des principes constitutionnels de ce pays tels que la liberté d'entreprendre ?

Est-ce que l'UMP serait en réalité satisfaite de voir Mélenchon progresser, et casser la dynamique de Hollande,  tout comme en 2007, Besancenot avait été utile à l'UMP ? (cf la thèse du Bouffon du Roi). Si tel était le cas, et on aurait du mal à le croire, cette tactique de la terre brulée pourrait être un jeu dangereux. Mélenchon a déjà prévenu que sa réalité n'avait rien à voir avec le monde réel.  Une fois que l'épargne aurait été nationalisée de force et que les rebelles (les amoureux des libertés, les entrepreneurs, les libéraux, les hackers, les journalistes indépendants, les artistes non encartés et les pacifistes)  neutralisés, la seule issue d'un gouvernement socialo-communiste serait d'entrer en guerre avec nos voisins. D'ailleurs, Arnaud de Montebourg développe une telle thèse depuis des années (lire J'aurai préféré que "le Luxembourg n'existe pas", un post du 19 septembre 2010Montebourg est prevenu, un post du 14 février 2011ou l'Allemagne paiera, un post du 25 septembre 2011).

Tout le problème provient peut-être du fait, qu'à droite, on n'est pas prêts, manifestement, à proposer un programme différent de celui que les gauches proposent, un programme alternatif, un programme libéral. Tant que la droite affirmera que

  • l'Etat peut lutter contre la soit-disant crise du capitalisme (et non pas la crise des Etats)
  • l'argent public puisse servir à autre chose qu'organiser les fonctions régaliennes 
  • l'Europe et le fédéralisme, on peut s'en passer si besoin 
  • il faut organiser le Made in France (et non pas le Made by French)
  • on peut continuer encore quelques années avec des budgets déséquilibrés
alors la gauche sera toujours meilleure et mieux-disante à ce petit jeu socialiste et nationaliste, question d'ADN. 

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