lundi 5 décembre 2011

L'Etat, un "ami" (?) qui ne vous veut pas du bien

Une des dérives de (l' a priori juste) lutte contre le terrorisme réside dans l'adoption de lois d'exception. N'oublions pas le but des terroristes, qui ne sont pas dans une guerre symétrique mais bien dans un combat perdant perdant, nihiliste. Chaque recul de la démocratie est une victoire terroriste. A ce titre, la mentalité kamikaze s'accorde parfaitement avec la prolongation de conflits tels que celui de l'Afghanistan. 

Qu'avons-nous, Occident, gagné depuis le 11/9 ? Des questionnaires plus précis ? Des screenings automatiques de passager ? Les fouilles de plus en plus intrusives ? L'interdiction d'emporter des liquides ? Les honnêtes gens, c'est à dire presque tout le monde, diront que c'est pour notre bien et que quand nous n'avons rien à nous repprocher, nous n'allons pas protester contre des mesures d'exception qui ne visent que les méchants, les criminels et les tueurs. 

Sauf qu'après les sacs fouillés à l'entrée des magasins, il y a eu le camp extra territorial de Guantanamo, qui, malheureusement, a vu des innocents emprisonnés sans procès ni motif particulier si ce n'est un simple soupson, puis, pire, relachés. Pourquoi pire ? Pensons donc une seule minute à l'état d'esprit d'un type emprisonné trois ou quatre ans dans une prison simplement parce qu'arabe ou connaisssant un présumé terroriste. N'aura t-il pas eu le temps d'apprendre à haïr le système et à devenir ce qu'il n'était pas ? 

Vous avez bien lu. Il pourrait être légal pour l'armée US de procéder à ce qui existait déjà, sous forme d'opérations non déclarées. Peut-on raisonnablement penser que, d'une part, cette mesure ne sera pas un jour totalement universelle, et non pas limitée aux citoyens US, et qu'ensuite elle ne sera pas imitée par tous ceux qui en auront les moyens ou la volonté ? 
Tous les politiciens qui vous déclament leur amour de la liberté et de l'indépendance, où étaient-ils quand le Parlement Européen a adopté la directive PNR (transfert automatique de vos données personnelles et confidentielles telles que votre menu, kasher, hallal ou autre, ou votre numéro de carte de crédit, directement aux services secrets, légalement). Où étaient ils quand on a adopté les scanners deshabillants ? Et aujourd'hui, où sont-ils ? 

Il est apparemment plus commode d'aller à Alger discuter immigration et terrorisme (voir Claude Guéant à Alger - le Figaro) que d'aller à Langley ou à Washington, si on en croit l'agenda de notre ministre des affaires étrangères de l'intérieur. C'est normal, l'Etat ne veut pas votre bien. Pourquoi refusons-nous de voir que l'Occident est doucement mais surement en train de reproduire les erreurs de l'ex-URSS, voire de s'acheminer vers 1984 ?

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