Des auteurs libéraux, il y en a beaucoup, de toutes les périodes, de toutes les nationalités. Et tous ne sont pas recommandés quand on cherche à profiter de ses congés ;-).
D'autre donnent l'impression d'apprendre des choses, facilement.
Mais peut être qu'un auteur décédé il y a 165 ans vous apparaît comme trop éloigné des réalités d'aujourd'hui, bien qu'encore une fois, en ce qui concerne Bastiat, le style est clair.
Alors, si on devait recommander deux auteurs, il y en a peut-être deux qui sortiraient du lot ces jours-ci : Daniel Tourre et Gaspard Koenig.
Daniel Tourré, il a fait un travail énorme, tant sur la forme que sur le fond, pour démonter les clichés sur le libéralisme et expliquer de quoi il en retourne en particulier
Quand à Gaspard Koenig, il ne ménage pas ses efforts, face aux caméras ou face à un ordi, pour rappeler que le libéralisme est d'autant plus une bonne option pour la France, notre pays, que nous en sommes à l'origine.
Gaspard Koenig a une liste impressionnante d'essais et de romans à son actif, et le dernier, le révolutionnaire, l'expert et le geek, promet d'être au niveau
Juliette Méadel, 37 ans, avocate d'affaires et énarque, est anti libérale et directrice de Terra Nova, le think tank qui nous sert des analyses si exactes (relire Face à la désertification intellectuelle : contrer Terra Nova, un post du 12 avril 2011).
On l'a entendu chez #CarrementBrunet, ou elle challengeait les propos de Gaspard Koenig. (réécoutez le podcast sur le site de RMC) en débattant sur le sujet le libéralisme est il la clé pour sortir de la crise ?
#RMC je serai chez Brunet à 13h30 pour répondre à la question "le libéralisme est il la clé pour sortir de la crise"?
— Juliette Méadel (@juliettemeadel) July 24, 2013
Pour Juliette Méadel, la réponse est non, à l'inverse de ce que nombreux bloggeurs tentent pourtant de rappeler, comme :
Comme, finalement, en une heure de temps, Gaspard Koenig n'a pas forcément eu le temps de répondre précisément sur tous les points évoqués, voici les liens pour celles et ceux qui veulent creuser les sujets qui ont été abordés.
Poncif : La loi de 1973 crée les déficits publics
Réponse de H16 : on manque en réalité d'épargne pour financer des déficits de toutes façons trop importants (lire Pour en finir avec la loi de 1973)
Réponse : c'est quand même comique de parler de la loi de 1973, une loi qui a son équivalent dans les législations Suisses ou Suédoises, et de penser que ces lois font du déficit et de la dette.
Poncif : La main invisible date du XIXeme/XXeme siècle
Passons l'erreur factuelle (la Main invisible date du XVIIIeme siècle, Juliette Méadel confond avec le commissaire priseur Walrassien
Poncif : Si on laisse le marché tourner tout seul, ça provoque des catastrophes
Réponse : quand on laisse l'Etat réguler l'économie, cela donne Dexia, le Credit Lyonnais, le plan calcul, la dette de la SNCF, et, dans les versions extrêmes : Cuba, la Corée du Nord et le Venezuela (Etat pétrolier qui connait des pénuries alimentaires)
Réponse : si vraiment les politiciens pouvaient diriger l'économie, pourquoi, plutôt que le train, le téléphone ou la médecine, ils ne nationalisent pas le logement et la production alimentaire, qui sont bien plus vitaux ? Réponse : parce qu'ils savent que le marché décentralisé est la meilleure/moins mauvaise réponse à ces questions vitales
Réponse : les économies plutôt libérales (Hong Kong, Suisse, Canada, Ghana, Nouvelle Zélande, Luxembourg) sont en meilleur état que les économies régulées
Poncif : La crise des subprimes, née aux Etats-Unis, montre que si on intervient pas pour réglementer, il y a des catastrophes
Réponse : le subprime est un mécanisme de bonification de prêts pour des populations insolvables, d'origine gouvernementale, promu par l'administration Clinton, et la crise des subprimes a pour source l'excès de liquidités crées par la Fed après le 9/11
Poncif : La crise des subprimes est une crise du manque de régulation
Réponse : Freddie Mac et Fanny Mae étaient précisément des agences gouvernementales, et non pas d'obscurs hedge funds.
Réponse : la crise des subprimes est l'échec de l'interventionnisme fédéral US
Poncif : En France, où on régule, il n'y a pas eu de faillites bancaires, grâce à l'Etat
Natixis ? Dexia ? Les pertes de la Caisse des Dépots et Consignations ?
Poncif : Les Etats Unis sont un pays libéral
Réponse : Ronald Reagan a commencé le travail mais les Etats Unis ne sont pas libéraux, ils subventionnent leur agriculture, lèvent des droits de douanes protectionnistes sur l'acier, investissent l'argent du contribuable dans General Motors, et mènent sans sourciller des politiques liberticides. Les Etats Unis sont moins anti libéraux que l'Europe, dont la France, certes, mais rien de plus. Si des gens comme Edward Snowden ou Ron Paul prennent la parole, c'est justement pour dénoncer la glissade des Etats Unis.
Comme il existe de grosses différences entre Malte et la France, entre l'Allemagne et la Grèce, il y a des différences énormes entre le Delaware et New York, entre le New Hampshire (cf le Free State Project) et la Californie
Poncif : Economie de marché = capitalisme = libéralisme
Réponse : on peut être capitaliste et communiste (Chine)
Poncif : La France est un pays libéral
Réponse : 57% du PIB passe par les mains de l'Etat. Nous sommes très très loin de la limite de 40% dont parlait VGE.
Lire aussi : Mise au point sur les idées libérales : Non : il n'y a pas eu de mesures libérales en 5 ans, entre 2007 et 2012, en France, ou presque (hormis le statut de l'auto entrepeneur et l'autonomie des universités)
Poncif : Depuis 1986, il n'y a plus d'ordonnances pour définir les prix
Réponse : en 2013, une ministre imagine pouvoir réguler les prix de l'immobilier, alors que nous souffrons déjà , en région parisienne notamment, de pénurie
Poncif : La croissance ne viendra pas toute seule si l'Etat réduit son périmètre d'intervention
Réponse : pour "lutter contre la crise", le président Sarkozy a fait exploser les déficits et la dette. Or, la France a été en récession. La séquence post Lehman Brothers montre que, partout dans le monde, le keynesianisme a définitivement échoué.
Réponse : la croissance n'est un objectif que parce que nous sommes, en Occident, dans un sytème pyramidal à la Ponzi-Maddoff, pour les retraites notamment. Mais les libéraux, adeptes de l'école autrichienne d'économie, ne pensent pas la croissance économique puisse être un objectif de politique économique
Réponse : la croissance (réelle) survient quand des entrepreneurs parviennent à faire mieux, plus efficacement, ou différemment quelque chose. La croissance est le fruit indirect de décisions de création d'un environnement favorable aux entrepreneurs : stabilité juridique et fiscale, facilité d'accès aux facteurs de production
Poncif : Quand il n'y a pas d'Etat, c'est la loi de la jungle
Réponse : le nombre de SDF à Paris devrait nous inciter, nous français, à plus de modestie.
Réponse : en absence d'Etat, les gens donnent spontanément de l'argent ou du temps à des causes, et créent une société de solidarités réelles, à la place de la société de solidarités forcées que le fisc nous impose.
Poncif : Margaret Thatcher a fait progressé le chômage
Réponse : en URSS, le taux de chômage était effectivement à 0%. Si l'Etat veut vraiment lutter contre le chômage, effectivement, il le peut,en mettant tout le monde au "travail", ouvrier dans des usines improductives, employé du KGB ou gardien de goulag.
Réponse : en 1979, quand Maggie est arrivée au pouvoir, le UK était sous tutelle du FMI. Le taux de chômage était à 6%, comme en France, et, en 1990, il était à 5.8%, moitié moins qu'en France.
Poncif : Le système de santé britannique est une catastrophe
Réponse : le système de santé français est une catastrophe : 11% des français n'ont pas les moyens de se soigner
Poncif : le libéralisme heurte les plus faibles
Réponse : le libéralisme a tiré de la pauvreté absolue des milliards d'Asiatiques, et bientôt d'Africains, ce qui, pour les internationalistes que les socialistes disent être, devrait les réjouir.
Réponse : personne n'est définitivement plus faible. Chacun a une part de talents qui ne demande qu'à s'exprimer. Sur le plan académique, Steve Jobs n' pas la compétence d'un énarque. Mais il a crée un univers.
Tout ceci pousse à relire la thèse de Juliette Meadel, Les marchés financiers et l'ordre public, et à se poser des questions sur la formation des élites. Il est symptomatique d'entendre de la part de Gaspard Koenig qu'il a fallu qu'il traverse l'Atlantique pour entendre parler des origines Françaises et Européennes du libéralisme.
Cantillon, Say, Bastiat, Constant ou Toqueville ne sont pas des cow boys débarqués du Far West, mais bien des penseurs nés de ce coté ci de l'Atlantique. Mais pour diverses raisons, ils sont totalement passés sous silence ici chez nous.
Libres ! 100 auteurs, 100 idées, un essai collectif rédigé par des profs aussi bien que par des praticiens concrets du libéralisme : entrepreneurs, etc
Le libéralisme, on connait ! C'est (souvent ultra) les Etats Unis, les marchés financiers haute fréquence, le droit du plus fort, le développement de la pauvreté, etc.
Vraiment ?
Pulp Libéralisme, un livre écrit par Daniel Tourre et dont parle France Inter ce matin, démonte ces clichés et rétablit certaines vérités :
le libéralisme ne se limite pas à l'économie
le libéralisme n'est pas synonyme de capitalisme
le libéralisme est une philosophie politique privilégiant l'individu au système
Blogueur libéral connu et reconnu (1), Daniel Tourre est l’auteur de Pulp libéralisme, la tradition libérale pour les débutants (2012). Nouvelles de France a rencontré cet avocat du libéralisme et lui a posé toutes les questions qui fâchent…
Daniel Tourre, comment expliquer le désamour rencontré par le libéralisme de nos jours en France, alors que notre pays a donné de grands penseurs à la pensée libérale (Bastiat, Molinari, Aron, Tocqueville…) ?
C’est en effet paradoxal. La pensée classique française a pris une part considérable dans l’élaboration de la doctrine libérale, une part reconnue en particulier dans le monde anglo-saxon, mais beaucoup de Français semblent considérer le libéralisme comme un produit d’importation.
Les raisons de ce désamour sont complexes, mais la première de ces raisons est l’ignorance. L’Éducation nationale est une machine à diffuser la bonne parole socialiste. Les auteurs majeurs du libéralisme ne sont tout simplement pas cités, étudiés ou compris.
En passant, le plus drôle réside peut-être quand même dans le fait tous les politiciens sont le libéral d'un autre politicien. La fille à papa de Saint Cloud affirme qu'elle est "la seule et véritable opposition à la gauche ultralibérale, laxiste et libertaire", Jean-Vincent Placé dénonce le virage libéral clair du gouvernement, etc etc. Passons.
Le site Gauche Libérale, d'Alain Cohen-Dumouchel, répond aux clichés tels que celui du renard libre dans le poulailler libre. Non, vous n'êtes pas condamné à être des poules !
L'ouvrage collectif Libres ! 100 auteurs, 100 idées, crée par le collectif "la Main Invisible" sur une idée de Stéphane Geyres et Ulrich Genisson, vous propose de lire par vous-même ce que sont les idées libérales (dans leur diversité, des libéraux classiques aux libertariens d'aujourd'hui) du point de vue de 100 auteurs d'horizons différents, de l'artisan sans diplôme au professeur d'université titulaire d'un PhD, appliqué aux questions politiques d'aujourd'hui. Vous pouvez feuilleter un extrait de cet ouvrage ici.
Si vous voulez vous plonger dans les textes fondateurs du libéralisme ou les grands auteurs comme John Locke, Adam Smith, Alexis de Tocqueville, Benjamin
Constant, Montesquieu, vous pouvez les aborder grâce à La Tradition de la Liberté, de Corentin de Salle, un universitaire bruxellois. Ce bouquin est en libre téléchargement sur le site web de l'European Liberal Forum, petits chanceux ! Après cette lecture, vous ne pourrez plus dire que le libéralisme est un truc débarqué des Etats-Unis !
Si vous voulez suivre l'actualité du point de vue libéral, il y a l'excellent webzine Contrepoints. Ce site est développé et administré par l'association libéraux.org. Plus qu'un blog, c'est un véritable média reconnu au niveau international. Contrepoints.org a reçu le mois dernier le Templeton Award pour ses 160 000 visiteurs mensuels uniques
Vous pouvez aussi suivre Libertarien TV sur Youtube, Facebook ou sur le blog libertarienTV. ce blogueur actif se fait fort de démonter les inepties montebourgeoises ou les contradictions du président de la république qui porte un nom de crème dessert au caramel.
Mais que veulent les libéraux ? Certes, vous trouverez des nuances et des débats entre eux, comme dans toutes les familles. Mais les libéraux sont d'accord sur les points suivants :
il faut autant de marché que possible, autant d'état que nécessaire
on a confiance en l'individu, qui sait mieux qu'un ministère ce qui est bon pour lui
il faut gérer l'Etat selon principe de subsidiarité (au plus près du terrain et non pas d'en haut) et selon le principe de séparation des pouvoirs et de l'Etat de droit
l'égalité des citoyens devant la loi est fondamentale, et l'Etat n'est pas exempt du respect du droit (y compris pour aller faire la guerre à l'étranger ou videosurveiller ses citoyens)
créons une communauté de vraies solidarités réelles, choisies (exemple : que chacun fasse une mission humanitaire ou donne aux causes de son choix) et non pas une société de solidarités forcées (imposées par le fisc).
les politiciens nous doivent des comptes !
Rien à voir avec le Medef (il n'a jamais soutenu les libéraux), le renard libre dans le poulailler libre ou les banques et tout à voir avec la confiance en l'individu.
Pulp libéralismeest un essai graphique écrit par Daniel Tourre, qui fut premier conseiller du Conseil National du Parti Libéral Démocrate. Il est également l'auteur d'un blog, "Le libéralisme pour les débutants". Dans ce drôle de livre, il balaie de façon humoristique et didactique trente-six poncifs antilibéraux pour démontrer le bien-fondé du libéralisme.
Marc Weitzmann : "Le libéralisme est une tradition philosophique, juridique, qui se distingue de certaines de ses applications. Le libéralisme s'est autorisé des excès des Etats totalitaires. La question est : est-ce que ce refus de l'Etat a généré aujourd'hui quelque chose de différent de la tradition libérale ?"
Philippe Manière : "La tradition libérale est continue et il n'y a pas de raison de parler de néo-libéralisme. Les contradictions de la pensée libérale en France (où est née la tradition libérale !) donnent des gens qui ne comprennent pas que ce qui est au coeur de l'idée libérale est que le bien collectif puisse parvenir par surcroît, sans personne, Etat ou autre, qui en prenne la charge..."
Gérard Mordillat : "La devise de la République place l'égalité au centre de sa devise. Robespierre a fait de l'Etat le régulateur de l'égalité pour que la solidarité soit possible. Or, les libéraux, au sens contemporain, combattent l'Etat et donc toute idée de bien public au nom de la liberté individuelle."
Archives diffusées :
Bertrand Delanoë sur France 2, 21 mai 2008
John Papola et Russ Roberts, "Keynes VS Hayek, Fight of the century", Emergent Order et Mercatus Center
« Pulp libéralisme, La tradition libérale pour les débutants » de Daniel Tourre (éd. Tulys)