lundi 14 janvier 2013

La République des écrouelles

Ça valait bien la peine de faire tomber la monarchie il y a maintenant 220 ans. Les français ne semblent pas s'êtes remis du fait qu'il n'y a plus de roi pour guérir les écrouelles. Est-ce que nous pensons vraiment que l'Etat nounou peut apaiser toutes nos souffrances individuelles ? 

Ce qui s'est passé hier dans les rues de Paris et par médias interposés, c'est justement un débat sur le degré de nurserie dans lequel nous devrions vivre, par l'intermédiaire de la loi. D'un coté, nous avons des conservateurs (au sens neutre du terme), plutôt de droite mais pas uniquement, qui sont sincèrement gênés du fait que l'Etat ne les aide pas à : 
  • aligner le monde réel sur le monde rêvé par les philosophes ou les religions
  • protéger leur projet éducatif 
De l'autre, nous avons des militants "pro égalité", plutôt de gauche mais pas seulement, qui espèrent que la loi les aidera à dépasser : 
  • le long passé homophobe d'une partie de la France
  • les difficultés individuelles que les gays rencontrent en famille
Mais qui peut croire que, une fois que le mariage pour - presque - tous sera adopté, les souffrances individuelles seront apaisées ? Qui peut croire que des situations individuelles et familiales différentes de fait, que ce soit pour des raisons physiques, biologiques ou autres, aboutissent à une égalité réelle ? 

Le désir d'enfant semble être la nouvelle frontière ultime, et donc la souffrance ultime pour ceux que la nature . Etant donné que les couples gays ont déjà des enfants, par des moyens visiblement illégaux ou du moins détournés (PMA ou GPA en Belgique, en Ukraine ou aux Etats Unis), l'alignement des droits du mariage et de la parentalité semble être une mesure de bon sens. Mais bien plus que la loi, quid du contrat ? Les individus, aidés d'avocats ou des notaires ne sont-ils pas plus qualifiés que quiconque pour organiser eux-mêmes leur vie ? 

Ouvrons les yeux, une fois que le mariage gay sera adopté, il faudra adopter des lois favorisant une égalité réelle sur tous les aspects de la parentalité. 

Que l'État cesse de s'occuper de définir ce que doit être ou ne pas être un mariage ! Nous sommes fatigués de cette intervention permanente de la loi dans les aspects les plus intimes de la vie de chacun. Les libertariens proposent tous simplement que l'on privatise le mariage, et Pierre-Antoine Delhommais évoque leur point de vue dans le Point (lire Et si on privatisait le mariage?) .

Le Point qui publie un édito digne de Contrepoints ? Il se passe quelque chose en France. Peut-être que nous arriverons enfin à dépasser le régime de la République des écrouelles. A une semaine de l'anniversaire de la mort de Louix XVI, c'est le minimum que l'on pourrait attendre.


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