lundi 4 février 2013

Etre élu à Paris sans être gay friendly ?

Si on en croit Roselyne Bachelot et son fils : 

  • [pour être élu maire de la capitale], "Être gay friendly, c'est pas une condition suffisante, mais c'est une condition nécessaire". 
  • et "Vu la saturation du 1er, 2e, 3e, et 4e arrondissements en termes de sociologie[ne pas être gay friendly], c'est aussi bien de se balader avec un uniforme SS en Israël. T'as un grand succès !"



Déjà, rien ne permet d'affirmer cela. En 2001 comme en 2008, rien ne permet d'affirmer que les électeurs Parisiens ont voté pour Delanoé sur un quelconque projet gay (à part son coming out, il n'a jamais mis l'accent sur un quelconque communautarisme de ce coté là. Cet fait est à mettre à son honneur). Les électeurs ont voté pour un projet au "halo progressiste" comprenant de l'écologie et de la dépense publique joyeuse et festive. Ensuite, il n'y a pas de source fiable pour dire que les gays seraient si nombreux dans les 1er, 2e, 3e, et 4e arrondissements. Etant donné que l'identité sexuelle n'est pas (encore ...) inscrite sur notre carte d'identité, mettons quiconque au défi de prouver que les 105 155 habitants des arrondissements centraux de la rive droite ( % de la population parisienne), qui élisent 12 conseillers de Paris (sur un total de 163 conseillers de Paris), sont majoritairement gays. 

Ensuite, si vraiment l'affirmation de Roselyne Bachelot était vraie, cela serait un peu triste pour les gays. Déjà, c'est quoi, être gay friendly ? Si on en croit Wikipedia, c'est "ouvert et accueillant envers les gays (et membres de la communauté LGBT en général) afin de créer un environnement de soutien, de respect, d'égalité sans jugement". En dehors de quelques irréductibles, qui n'est pas gay friendly ? Dans le cadre du boulot, d'après Yagg, c'est ne pas être discriminé en fonction de son orientation sexuelle. Mais qui, en dehors des énarques, n'est pas discriminé dans son travail ?

A Paris, y-a-t-il besoin d’être "gay friendly" ? Déjà, ce qui se passe dans d'autres pays comme la Russie ne peut pas se passer chez nous, de par la loi. La loi protège tout le monde contre les atteintes à sa personne, et donc contre les violences dont sont victimes les gays, dans d'autres pays, parce qu'ils sont gays, ou les juifs, parce qu'ils sont juifs. Ensuite, est-ce que les gays ne réclament pas, surtout, le droit à l'indifférence ?  Il y a une ghettoisation involontaire dans le fait d'affirmer "Vu la saturation du 1er, 2e, 3e, et 4e arrondissements". Les gays ne vivent-ils pas à Paris justement pour ne pas être fichés/affichés/fliqués/montrés ? Grace au débat sur le mariage pour presque tous, on a au moins découvert qu'au delà des militants, il y avait aussi et surtout des gens qui voulaient cantonner leur sexualité à ce qu'elle est : un aspect privé de leur vie, et qui n'interfère pas avec leur vie professionnelle ou publique.

Enfin, si l'affirmation de Roselyne Bachelot était vraie, alors ça serait à chaque groupe de parisien de se mobiliser. Il y a beaucoup de gays dans les 1er, 2e, 3e, et 4e arrondissements ? Et combien d'arabes et/ou de musulmans dans les XVIIIeme et XIXeme ? De juifs ? De catholiques ? De noirs ? Faut-il une organisation de défense des hétéros ? Quelle revendication devrait porter les entrepreneurs ? 
23.5% de  cadres supérieurs et professions libérale et  5,5% d’artisans, commerçants et patrons (source CIEP) alors qu'au niveau national, les cadres sups et entrepreneurs  sont 22.5% au total. Ne faudrait-il pas, sur une logique communautariste, avant tout un maire cadre sups & patrons de PME friendly ? 

Ce que veulent les gays, c'est la même chose que ce que veulent les hétéros : des services publics d'un bon rapport qualité prix par rapport aux impots qu'ils payent, et une administration simple et qui leur fiche la paix. A Paris, avec Anne Hidalgo qui est au pouvoir depuis 10 ans, le compte n'est pas bon.

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