mardi 3 avril 2012

Gauche, droite, frontières floues

Oublions le Parisien de ce jour, qui titre "Selon notre enquête exclusive BVA, réalisée auprès de 2807 personnes, François Hollande l’emporterait largement au second tour contre le président sortant."

Prenons plutôt l'un des vrais marqueurs de la politique menée pendant 5 ans, notamment son volet fiscal. Par quoi commencer ? Par l'abaissement du seuil de taxation des plus values sur cessions de valeurs mobilières, au premier euro de cession ? Par la création de la taxe Coca Cola ? Ou par des éléments plus fondamentaux encore, comme l'abolition du pourtant logique paquet fiscal de la loi Tepa ?
A force de se soumettre à la critique de gauche, l'UMP a fini par, comme le note la Tribune, Nicolas Sarkozy a augmenté les impôts des riches, mais il a visé les revenus, et non le capital. Les gagnants sont donc les rentiers au patrimoine élevé et aux revenus relativement faibles, qui ont bénéficié de la baisse de l'ISF.

Est-ce qu'on peut parler de Sarkozy comme du président des riches (et dynamiques entrepreneurs) ? Pas tout à fait.


Et pendant que le gouvernement taxe les entrepreneurs et la finance, François Hollande, de manière ultra surprenante, fait des déclarations choc devant la CGPME :  il s'engage à garantir le principe de non-rétroactivité des lois - une mesure prioritaire pour la CGPME - et surtout une stabilité juridique pour éviter une profusion de textes (source : le Figaro), autrement dit un début de commencement de stabilité juridique et fiscale, le minimum en termes d'environnement favorable au développement des entrepreneurs.

On peut se dire que tout ça, ce sont des mots, et qu'une fois élu, Hollande, poussé par ses alliés communistes, aura une politique cohérente avec la vision de gauche. Toujours est-il que les 51 taxes et impots crées ou relevés depuis 2007, eux, existent, et que le Président de la République concentre sa campagne sur le toujours plus d'Etat au lieu du mieux et moins d'Etat.

Il reste trois semaines pour que l'UMP se mette à l'écoute de la galaxie libérale (Alternative Libérale, Parti Libéral Démocrate, Nouveau Centre, Les Libéraux du Modem, les Réformateurs, Gauche Libérale) plutôt que de chercher à faire concurrence aux socialistes de gauche et de droite. 

Une proposition intéressante et originale de Cheminade

Sur son site, Jacques Cheminade a rédigé "L’espace, vecteur fondamental de mon engagement politique", d'où, sans doute, son image de candidat tout droit débarqué de la planète Mars. C'es sûr que ça n'aide pas à adoucir son image de politicien à la limite du mouvement sectaire. 

Ceci étant dit, comment se fait-il que Cheminade soit le seul à parler de cet enjeu majeur pour notre future souveraineté, le contrôle de l'espace ?
Parce que, pendant qu'on refuse d'explorer les ressources en gaz de schiste de la France ou qu'on discute pour savoir si  on va fusionner la CSG et l'IRPP (sans dire si on va baisser massivement les prélèvements obligatoires), les chinois poursuivent de manière méthodique leur programme d'exploration et de conquête de la Lune (lire Futura Sciences, la Chine veut un lanceur de 100 tonnes pour aller sur la Lune).

Que se passera t-il le jour où la Chine trouvera sur la Lune les ressources minières et énergétiques lui permettant de remplacer le pétrole et l'uranium  ? N'oublions pas que les Chinois cherchent à se venger, par tous les moyens possibles, de la guerre de l'opium, du sac du palais d'été (lire l'anniversaire refoulé du sac du palais d'été sur le blog La Règle du Jeu) et du fiasco de la révolte des Boxers ? 

Pendant qu'on s'invente des conflits de civilisation envers un soit disant monde islamique (alors qu'en réalité, les jeunes musulmans du Moyen Orient ne rêvent que d'Occident), les Chinois, eux, préparent la prochaine guerre en 

Qu'Hollande, influencé par l'ami des dictatures, Mélenchon, n'ait rien à dire sur le sujet, c'est normal, mais les autres candidats ?


lundi 2 avril 2012

Les hommes du président Sarkozy piégés par leurs comptes suisses




"A posteriori, les assauts lancés par la France contre le secret bancaire suisse passent pour un incroyable autogoal. Cet aveuglement n’était pas l’unique fait du chef de l’Etat. En 2009, Eric Woerth, alors ministre du Budget, avait brandi la liste des clients volée à HSBC. Des éléments suggèrent aujourd’hui que le ministre en aurait retiré le nom de l’avocat Patrice de Maistre, gérant de fortune de Liliane Bettencourt, qui était aussi l’employeur de son épouse."




Cette nouvelle péripétie des affaires autour du Président de la République n'aura sans doute aucun effet sur les intentions de vote en faveur de Sarkozy, mais ce début de retour de flamme montre, a posteriori, à quel point il était stupide de s'attaquer au secret bancaire et plus généralement à la législation d'un pays ami, démocratique et voisin.

Rappelons quand même que quand Eric Woerth venait à Genève collecter les fonds des donateurs de l'UMP Suisse, il "ne cherchait pas alors à savoir si les chèques qu'on lui remettait étaient prélevés sur des comptes suisses non déclarés au fisc" , dixit les Français de Suisse (source : Tribune de Genève). 


On a toujours du mal à comprendre pourquoi Sarkozy a  voulu s'attaquer au secret bancaire Suisse.

Dénonçons l'ineptie du message de gauche

Il y avait de quoi rire, ce week end, en entendant Mélenchon proférer ses inepties ou en regardant Hollande jouer à l'humaniste. Commençons justement par le président du conseil général de Correze, Monsieur Hollande.


Parce qu'on a jamais vu Hollande dénoncer l'alliance objective entre les socialistes et les logiques esclavagistes. 

D'une part, les principaux promoteurs de la colonisation et de l'esclavagisme ont été, en France, de bons socialistes type Jules Ferry (lire le discours du 28 février 1885) et avant eux, Rousseau et son mythe du bon sauvage. C'est donc insupportable de voir la gauche se draper dans la vertu de ceux qui pensent être seuls à représenter la justice et les Droits de l'Homme.

D'autre part, et la gauche n'ose pas l'avouer à ses électeurs, une partie du niveau de vie de la classe ouvrière Occidentale est justement liée aux conditions de travail esclavagistes, au sens occidental du terme, en vigueur en Chine et ailleurs en Asie. C'est d'ailleurs la pression de l'opinion publique et des mécanismes de marché qui font que les salaires remontent rapidement en Asie, ce qui est le vrai problème des consommateurs Occidentaux bien plus que les délocalisations encore. Quand est ce que Hollande et ses amis expliqueront que les caddies à bas prix, les téléphones portables pour tous (alors que c'était un bien de luxe il y a 30 ans) ne sont possibles que parce que les salaires sont encore, pour le moment, 100 fois moindres en Asie, mais que ceci ne va pas durer ? En attendant que la convergence économique se produise, disons merci aux ouvriers chinois qui travaillent pour nous. 

Enfin, il semble que chez nous, en France, en 2012, la gauche ne soit pas exempte de reproches sur le plan du droit du travail et des Droits de l'Homme. Faut-il rappeler l'affaire Vallini ? L'employée de Marie-Ségolène Royal qui traine son ex employeur aux prud'hommes ? La gauche incapable d'appliquer le touffu droit du travail qu'elle souhaite pourtant renforcer est-elle en position de donner des leçons ailleurs dans le monde ?

Ensuite, il y a le cas Mélenchon. Ce qui est vraiment incompréhensible, c'est que la même presse qui, à juste titre, dénonce l'extrémisme de la droite pop ou du parti de la fille à papa de Saint Cloud, accepte que Mélenchon, lui aussi un héritier fils à papa (source Libération), et un politicien pro (et absentéiste, source le Point) puisse ouvertement appeler ses "Chemises Rouges" à faire des "marches" pour  la "6eme République". 

Comment peut-on ne pas dénoncer le caractère profondément anti démocratique de Mélenchon ? Ne parlons même pas de sa haine du libéralisme économique et politique, c'est un trait de caractère qu'il partage avec 80% de la classe politique française. 

Pourquoi les journalistes ne disent pas clairement que, si le projet politique de Mélenchon est certes possible, il implique cependant de transformer notre pays en RDA d'avant 1989 ou en Corée du Nord ? Pourquoi ne disent-ils pas qu'il est possible d'avoir un SMIC à 1700 euros mais que ce SMIC n'achetera rien du tout en termes de biens échangeables sur le marché mondial ?

C'est Jean-Louis Bourlanges qui, dès 2010, notait que la gauche socialiste serait prise en otage par son extrême-gauche tout comme une partie de la- droite serait tentée par le nationalisme et le protectionnisme de l'extrême-droite. Il avait raison. Le seul problème réside dans le fait que la presse se soit arrêtée à la moitié de son constat, et concentre son tir sur la seule extrême-droite, au lieu de noter que la fille à papa de Saint Cloud et Mélenchon sont les deux faces d'une seule et même pièce anti libérale. 

Quand est ce que Hollande, ce grand humaniste, va dénoncer les outrances de son ami Mélenchon ?